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vacances

  • Aux buffets des gares

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    A propos de « La nostalgie des buffets de gare » de Benoît Duteurtre chez Payot, collection « Manuels »

     

    littérature, société, nostalgie, paris, gares, benoit duteurtre, amaury watremezCe livre m’a rappelé des après-midi et des soirées entières passées avec toi qui te reconnaîtras sûrement au buffet de la Gare Saint Lazare, devant ses fenêtres en demi-lunes « art déco », ses décorations « nouilles » « début de siècle ». Je parlais, parlais, parlais comme le font tous les timides, il faut me pardonner, j’adorais te faire rire. Cela illuminait ton regard gris-clair, tes yeux « mauves » ainsi que l’on disait il y a longtemps. Nous nous prenions pour des personnages de film, nous rêvions de « virée tzigane », prendre le train de nuit pour n’importe où, fuir en direction d'une possibilité de « Sud », le nôtre bien sûr.

     

    Le train était encore une promesse de véritable « ailleurs », de retrouver au bout du voyage autre chose que les mêmes « non-lieux » si modernes et normés tous de la même manière, la décoration la plus indispensable y devenant la prise pour brancher sa babiole numérique, le souci le plus grave étant de savoir s’il y a ou non la « ouifie »…

     

    Au buffet du Buffet, si j’ose dire, l’on trouvait de tout, il y avait le « cloche » racontant pour la énième fois son histoire au garçon de salle en réclamant un sandwich au jambon sans beurre « passe que c’est moins cher » ainsi qu’il affirmait avec un clin d’œil. Il y avait le tourniquet à œufs durs sur le « zinc », les petites boîtes de « cacahouètes » dans les distributeurs à « cent balles » que personne ne se risquait à acheter. Et de temps en temps une vieille dame perdue avec son mari à une table en formica, tels des croquis de Dubout. Nous aimions observer ces petits gestes de tendresse qu’ont les vieux couples, fugaces et émouvants, quand tremblant un peu et rosissant comme des écoliers ils se prenaient un instant la main au-dessus de leurs consommations....

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  • La mort d'un écrivain populaire qui emmerdait les calotins et les purotins, Gérard de Villiers

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    C'est pour toi Christine-Laure Morgan aussi, et pour ceux qui savent ce qu'était ce monde à jamais perdu...


    sas1.jpgGérard de Villiers est mort, un écrivain populaire, au style toujours plus fluide que Marc Musso ou Guillaume Lévy, ou que celui d'Anna Nothomb. Il écrivait ce que l'on appelait un rien péjorativement des « romans de gare », car oui ami lecteur dans le monde d'il y a à peine quelques décennies, quand ils voyageaient tes parents ou grands parents lisaient des livres quand ils partaient en voyage. La lecture n'était pas seulement une occupation de prétentieux, ou d'intello qui veut se donner un genre, non tout le monde lisait sans qu'il n'y ait besoin de grands mots grandiloquents sur l'accès à tous de la littérature.

     

    C'était avant l'invention de tous ces gadgets tous plus inutiles les uns que les autres qui non seulement empêche leurs possesseurs de voyager dans les contrées toujours magnifiques des livres, mais qui les ramènent sans cesse à leurs nombrils.

     

    devilliersgerardsas059c.jpgEt pour un homme qui a grandi dans les années 70 et 80, De Villiers ce sont d'abord et avant tou les couvertures, les poses des modèles, totalement inconcevables dans le monde de l'édition actuel et une société se voulant moderne mais devenue des plus pudibonde, puritaine au dernier degré dans laquelle les bons apôtres, pour diverses raisons, parfois opposées, ne laissent pas passer un bout de sein ou de chute de reins dans un film réputé « tout public » mais tolèrent sans trop de problèmes des carnages sanglants, des intrigues cyniques ou brutales destinées à vendre des « produits dérivés » aux brouteurs de « pop corn » à la sortie du cinoche qui est devenu plus un genre de centre commercial qu'un cinéma digne de ce nom.

     

    Ces couvertures me rappellent les vacances, les filles en bikini à la peau couleur pain d'épices, ces livres sentant visiblement le souffre que les parents rangeaient hors de portée du regard de leur progéniture, ce qui rendait ces livres encore plus attirants.

     

    Quand on entend causer dans le poste de littérature ouverte « au plus grand nombre », de culture vraiment « populaire » par les laudateurs du festivisme artistique ou mondain, ça fait rire quand on songe à Gérard de Villiers, que les festivistes honnissent pour ces prises de positions sans complexes à droite. Je me rappelle de lui les exposant au « Tribunal des Flagrants délires » de Villers, Rego et Desproges, une émission de radio qui est également une « madeleine » évoquant un monde à tout jamais disparu, plus libre, moins cynique aussi, toutes choses qui ne m'ont pas encouragé à renoncer à la posture de « l'anar de droite » bien au contraire.


    Ce n'est pas de ma faute monsieur le juge, le père d'un copain les avait tous, et nous les parcourions fébrilement en cachette le mecredi !

    littérature,infréquentables,société,politique,hypocrisie,monde perdu 

    Grâce à de Villiers et d'autres comme Frédéric Dard, les transports ferroviaires se doublaient de transports aventureux ou amoureux des héros de ces livres méprisés par les trou du cul pompeux qui portent pourtant aux nues les « pulps » américains depuis le film de Tarantino, « pulps » qu'ils n'ont il est vrai jamais lu. Le bruit des roues sur les rails rythmaient les ébats du prince, et remplaçaient avantageusement celui des tirs de mitrailleuse des affreux que Malko finissait toujours par dézinguer, des affreux toujours politiquement incorrects, ne respectant jamais le point de vue angélique de mise sur la diversité, toussa....

     

    Le commissaire San Antonio et son adjoint « hénaurme », et énorme, Béru, sont deux autres de ces héros « de gare » avec les tribulations jamais mièvres, toujours épicées, de Son Altesse Sérénissime Malko Linge, agent contractuel de la CIA. Ses aventures comme dirait l'oncle Fernand, « c'est plutôt une boisson d'hommes », des aventures pas si fantaisistes car correspondant toujours à la réalité « de terrain » que les copains de l'auteurs, des « services » eux aussi, lui rapportaient, même si d'ailleurs, et contrairement aux préjugés, beaucoup de femmes lisaient « SAS ». Dard avait pour lui, aux yeux des z-élites d'être de gauche et beaucoup plus consensuel sur le plan politique. De Villiers est pour eux un « infréquentable », et ils ont sur son œuvre un dédain finalement très petit bourgeois, et tout aussi moralisateur que celui des calotins qu'ils feignent de prendre pour leurs ennemis héréditaires alors qu'ils se rejoignent dans l'étroitesse d'esprit...

     

     

    Votre serviteur s'était fendu d'un petit pastiche de SAS, « KO à Bamako »


    couverture du haut prise ici

    couverture du bas prise

  • Journal de vacances 8 – Du zéro à l'infiniment zéro

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    Sur Agoravox aussi

     Quelques citations pour la journée de vacances :

    « On ne comprend rien à la civilisation moderne si on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

    Georges Bernanos dans « la France contre les robots »

    « On reconnaît la valeur d'une société à ce qu'elle célèbre »

    Sandy Bates (Woody Allen) dans « Stardust Memories »

    « Qui c'est qu'a pété ? »

    Delphine dans « Loft Story 2 »

    Impressions de vacances :

    Excellent dessin pris sur ce blog très bien fait

    T%25C3%25A9l%25C3%25A9%2Br%25C3%25A9alit%25C3%25A9.jpgMaraudant sur le net, je tombe, alors que l'économie mondiale se casse la figure et que la Grande Bretagne brûle, sur le titre en « une » de Yahoo : « FX est mort ».

    Du point de vue personnel, cela m'a tellement ému que comme a dit Desproges à l'occasion d'un autre événement majeur dans le même style, j'ai repris deux fois des moules.

    Aujourd'hui, on nous annonce que le pauvre garçon qui participait à « Secret Story 3 » se serait peut-être suicidé n'ayant pas trouvé la célébrité « kleenex » dont il rêvait au bout du tunnel télévisuel et de l'enfermement volontaire sous l’œil des caméras et des spectateurs voyeurs et décérébrés.

    Il vendait sa personne, comme Vincent MacDoom sur la base d'une ambiguïté sexuelle marquée, jouant sur l'androgynie métrosexuelle poussée à son paroxysme, un peu au bout du compte comme les travestis du Bois de Boulogne qui vendent la même chose. Sauf que lui désirait plus que « Chon frons l'amoûûrrre ».

    Il voulait les paillettes et sa photo dans « Gala », « Closer » ou tout autre magasine torchonnesque. Évidemment, il n'eut que des entrefilets un peu glauques dus à son personnage.

    Ironiquement, il pourrait maintenant être content, on parle de lui abondamment.

    Une de ses camarade enfermées, Cindy Lopes, la blonde à forte poitrine de l'émission, il y en a une par émission dans ce genre de shows, en profite pour se faire un peu de pub en passant en pleurnichant sur son « ami ».

    C'est toujours ça de pris.

    Ces émissions de téléréalité sont apparues en France en 2001 avec le premier « Loft Story ». Selon leur créateur hollandais, John de Mol, qui s'avouait « fier de lui » à l'époque, c'est un formidable progrès quant à la transparence et à l'affirmation des libertés de pouvoir enfermer pendant quinze jours ou plus une dizaine de médiocres infantiles et décervelés et voir ce qui se passe. C'est la version moderne du trou de serrure, visible partout grâce aux progrès fulgurants de la technique. Le succès de ces émissions est basé sur l'identification des spectateurs qui s'imaginent que ça pourrait être eux qui passent à la télévision car les candidats de ce genre d'aventures est généralement aussi nul que le quidam moyen (pléonasme) rêvant de ce que « les marchés », les médias, et la pub lui ordonnent de rêver.

    Tant que lui peut continuer à consommer et rêvasser devant ce style de spectacles, le monde peut crouler.

    Les jeunes émeutiers de Grande Bretagne sont les enfants de ce décervelage, de l'infantilisation du consommateur (ou conso-mateur dans le cas de la téléréalité), de l'hyper-libéralisme.

    Il n'y a quant à leur révolte aucun autre motif que la frustration de ne pas avoir en poche le dernier gadget électronique totalement inutile et celle de ne pas être célèbre comme les vedettes de téléréalité que ces mêmes émeutiers plébiscitent, et la violence c'est aussi l'occasion de se faire remarquer à la télévision. Ils ne font qu'appliquer un peu plus hardiment le programme ultra-libéral, tout ce qui gêne entre eux et la satisfaction de leurs désirs les plus primaires est à incendier. Certains m'ont fait remarquer qu'au moins ils brûlent des supermarchés, oui, mais pour voler tout ce qu'il y a dedans.

    On le voit dans de nombreuses chansons de rap, où les « artistes » ont plaisir à montrer tous les signes de réussite sociale obligatoires selon la vulgate libérale :

    531753675_small.jpgDes billets de banque à foison, une belle bagnole avec une peinture qui claque, et de belles filles, souvent rechapées comme la bagnole, autour.

    Leur colère n'a rien à voir avec une rébellion, voire avec les conséquences d'une politique qui les aurait brimés, la Grande Bretagne étant montrée jusque là comme un modèle de communautarisme qui fonctionne.

    Bien sûr, à entendre les belles consciences c'est la faute de Breivik, c'est sûr. Certains vont même jusqu'à affirmer que comme il y a eu la colonisation c'est un juste retour de bâton, s'appliquant à eux mêmes ces coups de bâtons dans un masochisme assumé naïf et suicidaire.

    Depuis plus de quarante ans, on nous serine que l'éducation qui pousse les enfants et les adolescents à se responsabiliser, en leur inculquant des valeurs, des repères, le sens de l'autre, c'est paternaliste, ringard et réactionnaire. Le maître mot c'est qu'il ne faut pas culpabiliser les enfants, ni les adultes.

    D'un côté, les libéraux conchient tout cela car c'est un frein à la consommation, un consommateur qui réfléchit est un consommateur qui n'achète pas assez, de l'autre les libertaires mollassons ou durs considèrent que les règles s'assimilent à l'oppression, se conduisant même s'ils ne le reconnaitront jamais comme des « idiots utiles » du libéralisme.

    La chanson ci-dessous s'impose, non ?

  • Journal de vacances 1 -les bourgeois et l'amour en 2011

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    Le début du journal est aussi sur Agoravox

     devoirs de vacances en cours :

    lecture du « Bestiaire » de Léautaud, admirable, un emmerdeur au style superbe, en habits de clown.

    lecture de la correspondance de Céline avec la NRF, où l'on peut découvrir, à moins qu'on ne le sache auparavant que l'âme des prétendus salauds est largement plus complexe que ce que l'on veut bien croire.

    ci-dessous portrait de Léautaud pris ici

    176777_866386055_paul_leautaud_H162029_L.jpgImpressions de vacances :

    «Qu'est-ce que le bourgeois ? C'est un cochon qui voudrait mourir de vieillesse.»

    Léon Bloy dans « l'Invendable »

    Je passe, après certains articles, pour un mauvais français, un malfaisant vraiment pas gentil qui n'aime pas les gens, un sarcastique méchant comme une teigne, un jaloux, un pas beau. De cela je m'en fiche complètement, ça ne me déplait pas en plus de déplaire aux cons, aux valets, aux serviles, aux bonnes têtes de troupeau bien dociles qui classent, classifient, rangent et catégorisent par paresse intellectuelle. Les injures des tarés haineux ne me gênent pas tant que ça, même si c'est parfois dur à encaisser, mais après tout, cela montre que ce que j'écris touche dans le mille et qu'à défaut de leur donner le grand de coup de pied au cul qu'ils méritent, j'ai donné un grand coup de pied dans la fourmilière.

    Les imbéciles ne comprennent pas grand-chose, et le pire c'est qu'ils sont persuadés d'avoir tout lu, tout vu, tout sur, et que « la chair est faible ». Ils se révèlent un peu plus bas dans leurs moqueries.

    « Dire qu'il faudra partir un jour, alors que tant de gens continueront à faire l'amour. »

    Paul Léautaud dans son journal...

    Voilà un homme bien ridicule à leurs yeux qui tombe amoureux fou d'une jeune femme très différente de lui, et qui en plus, préfère les femmes.

    Quel con se disent-ils !

    Quel con !

    Il ne réfléchit pas ou quoi ?

    Comment peut-on aimer quelqu'un sans espoir en plus ?

    Quel con !

    Vouloir vivre des sentiments un peu plus élevés, un peu en dehors des normes, des rails, et des conventions actuelles, voilà qui est très con à leurs yeux car au fond ce sont des con-formistes.

    Chercher à vivre ces sentiments un peu plus élevés c'est aussi se tirer du néant, car rien d'autres n'a vraiment de sens le reste n'en ayant aucun, fût-ce pour un croyant cette personne que l'on aime être Dieu.

    image de Céline prise ici

    lettres%2Bnrf%2Bchoix.jpgL'amour, cet "infini à portée des caniches" selon Céline dont l'hypersensibilité du verbe montre qu'il disait cela surtout par amertume, par colère devant la sottise et la lenteur des autres êtres humains à le ressentir, était considéré comme un sentiment ridicule par les paysans et les familles dites bourgeoises sous l'Ancien Régime, et pas seulement, c'était encore ainsi il y a soixante soixante-dix ans, on se mariait pour réunir des terrains, pour s'approprier quelque chose, les sentiments venaient après, si il y en avait, c'était tant mieux, sinon, cela n'était pas bien grave, tant que mari et femme exerçaient leur devoir conjugal régulièrement.

    Depuis « Soissantuite » et la libération « sessuelle », on parle beaucoup d'amour, que l'on confond surtout avec le cul. Il s'agit de baiser à droite à gauche un maximum, on imagine presque des juges comme au championnat de gymnastique. Exprimer des sentiments amoureux un peu plus élevés que simplement exprimer le désir de se vider les génitoires est perçu comme tout autant ridicule que par nos ancêtres . L'amour est toujours aussi ridicule aux yeux de leurs descendants, pseudo-libertaires de mœurs qui restent au bout du compte des bourgeois amoraux ressemblant beaucoup à ceux du XIXème siècle.

    Rien n'a changé contrairement à ce qu'ils voudraient nous faire croire.