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Tourisme

  • Aux buffets des gares

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    A propos de « La nostalgie des buffets de gare » de Benoît Duteurtre chez Payot, collection « Manuels »

     

    littérature, société, nostalgie, paris, gares, benoit duteurtre, amaury watremezCe livre m’a rappelé des après-midi et des soirées entières passées avec toi qui te reconnaîtras sûrement au buffet de la Gare Saint Lazare, devant ses fenêtres en demi-lunes « art déco », ses décorations « nouilles » « début de siècle ». Je parlais, parlais, parlais comme le font tous les timides, il faut me pardonner, j’adorais te faire rire. Cela illuminait ton regard gris-clair, tes yeux « mauves » ainsi que l’on disait il y a longtemps. Nous nous prenions pour des personnages de film, nous rêvions de « virée tzigane », prendre le train de nuit pour n’importe où, fuir en direction d'une possibilité de « Sud », le nôtre bien sûr.

     

    Le train était encore une promesse de véritable « ailleurs », de retrouver au bout du voyage autre chose que les mêmes « non-lieux » si modernes et normés tous de la même manière, la décoration la plus indispensable y devenant la prise pour brancher sa babiole numérique, le souci le plus grave étant de savoir s’il y a ou non la « ouifie »…

     

    Au buffet du Buffet, si j’ose dire, l’on trouvait de tout, il y avait le « cloche » racontant pour la énième fois son histoire au garçon de salle en réclamant un sandwich au jambon sans beurre « passe que c’est moins cher » ainsi qu’il affirmait avec un clin d’œil. Il y avait le tourniquet à œufs durs sur le « zinc », les petites boîtes de « cacahouètes » dans les distributeurs à « cent balles » que personne ne se risquait à acheter. Et de temps en temps une vieille dame perdue avec son mari à une table en formica, tels des croquis de Dubout. Nous aimions observer ces petits gestes de tendresse qu’ont les vieux couples, fugaces et émouvants, quand tremblant un peu et rosissant comme des écoliers ils se prenaient un instant la main au-dessus de leurs consommations....

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  • Piéton dans le Paris littéraire et historique

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    À propos de « l'Invention de Paris - il n'y a pas de pas perdus » de Eric Hazan en « Points Seuil »

     

    histoire, Paris, société, péquenots, nostalgie, littérature, eric hazan, amaury watremezOn dit d'un trésor qui est découvert qu'on « l'invente », Paris est « inventée » et « réinventée » chaque jour par celles et ceux qui aiment cette ville. Eric Hazan, éditeur curieux, écrivain, dans ce livre dense et extrêmement documenté, et agrémenté de citations de tous les écrivains ou presque ayant écrit sur la ville, se promène dans ce Paris littéraire et réel sans cesse « réinventé » au sens de redécouverte d'un trésor. Ce trésor est toujours là malgré les centaines de mètres carrés des immeubles plus ou moins abandonnés des « beaux » quartiers, de la « façadisation » odieuse (« maquiller » un bâtiment en ripolinant l'extérieur), de la « bobolisation » de nombreux endroits, malgré les putes de luxe et autres gigolos de salon....

     

    Il suffit de vouloir regarder dans la bonne direction, d'accepter de se perdre dans des rues encore préservées, il y en a encore, d'accepter d'oublier son ressentiment contre les « bourgeois pédagogues » transformant progressivement Pantruche en conservatoire à la fois social et culturel, en musée à ciel ouvert. Et bien sûr, ceux qui ne vont à Paris que pour baver à la fois d'envie et de rancœur, un peu comme ces Tartuffes l’œil rivé sur les trous de serrure des chambres des couples tout en ne perdant pas une miette de leurs ébats supposés ou réels tout en les qualifiant de pécheurs, les anathématisant et les jalousant maladivement dans le même temps, ne me comprendront pas.

     

    Cet ouvrage a pourtant failli faire partie de mes « pages 61 » : effectivement curieusement quand un bouquin me tombe des mains je l'abandonne toujours à la page 61. Il faut s'accrocher un peu afin de « rentrer » dedans du fait de la multiplication des notes de bas de pages ce qui en rend parfois la lecture un peu malséante. Et puis Paris, mon Paris, était bien loin quand je l'ai commencé, et je ne voulais pas éprouver le chagrin d'avoir perdu cette ville. Cela n'aurait pas servi à grand-chose. Ce livre me tombait des mains non pas par trop d'éloignement mais car il m'était trop proche, je suis aussi un de ces piétons de Paris en ayant arpenté les artères inlassablement...

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  • Les parfums de l'Orient étrange et mystérieux : laideur des clichés, beauté de la vie

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    politique,société,jérusalem,mon journal terre sainte Si le parfum de la cardamone, du café, les couleurs vives des agrumes à l'étal des marchands de « quatre saisons », encore teintés de vert en Palestine et dans les échoppes israéliennes, les effluves des épices en pyramides vives, l'odeur douceâtre de la viande de mouton exposée à l'air, me ramènent sur la « Via Dolorosa » dans la « Vieille Ville » de Jérusalem, l'odeur d'un moteur diesel mal entretenu, d'une eau de toilette bon marché ou d'un déodorant odoriférant pour hommes, les senteurs du cuir bon marché surchauffé des sièges d'une « Mercédès » hors d'âge dans laquelle on attend parfois trois bons quarts d'heure qu'elle se remplisse, le bruit d'une mobylette pétaradante aussi, les sirènes des policiers israéliens qui sonnent comme dans les feuilletons américains, le soleil au zénith au-dessus du poste-frontière de Gaza qui puait l'eau de javel.

     

    C'est également le goût d'une bière israélienne mêlé à la douceur de l'iode dans l'atmosphère sur le front de mer à Tel Aviv, d'un « Arak » à Jéricho sur la « grand-place », d'un « cocktail » au nez et à la barbe des « hassidim » rue Ben Yehuda ; la saleté des rues dans les quartiers anciens, les poubelles dégorgeant leur contenu fétide un peu partout, les chats « parias » marquant leurs territoires, ces bouquetins venus nous renifler la plante des pieds au cratère de Mitzpeh-Ramon un lendemain de réveillon du Nouvel An....

     

    C'est plus trivial à première vue, à courte vue, moins romantique ou romanesque, loin du cinémascope de « Lawrence d'Arabie » mais plus proche de l'authenticité d'un endroit que d'aucuns verraient plutôt comme leur terrain de jeu religieux, politique ou idéologique favori. Ils viennent faire trois petits tours et s'en vont, font la leçon aux uns et autres morigénant les palestiniens de ne pas être assez durs avec les israéliens, les israéliens de ne pas avoir d'ambitions millénaristes. Une foule d'exaltés attend l'Apocalypse, la Fin du Monde, des destructions qu'elle appelle de ses vœux afin de se consoler de si mal sentir la beauté de la Création tout autour d'elle. Dans le désert du Jourdain, il fallait être d'une sottise remarquable pour ne pas voir la sensualité douce et joyeuse des lieux, la vie qui se manifeste dés qu'un peu de pluie tombe.

     

    Quand j'évoque cette cité cosmopolite dont j'aimais le bruit et la fureur, turbulente, violente, douce, agressive, austère et sensuelle, antique mais qui est pourtant bien aussi de son époque, sa vie, ses peuples, beaucoup parmi ceux qui m'écoutent en sont restés aux clichés, ne supportent que l'on démystifie leurs représentations erronées, de celui pour qui il ne faut considérer cette ville que sous son aspect « spirituel », et ne pas s'occuper du présent, de la « simple » humanité, à celui qui voit une occasion de se prendre pour « Robin des bois » pro-palestinien ou pro-sioniste, exacerbant les tensions internes déjà existantes, plus ou moins consciemment, ce qui a toujours des conséquences visibles, violentes et mortelles.

     

    Ce n'est pas un reproche de ma part à leur encontre, il est normal que lorsque l'on n'est pas allé sur place, que l'on n'a pas vécu dans sa chair ce qui fait la beauté, l'originalité de ses terres, il est difficile de comprendre certaines choses et qu'au fond la vie, la réalité sont plus intéressantes que ces lieux communs parfois grandioses, parfois exprimés avec style sur tel ou tel pays, tel ou tel endroit du monde, ainsi Pierre Loti, à qui je préfère Henry de Monfreid, « Abd El Haï » ce qui implique que tu me trouves incorrigible ami lecteur car c'est aussi un « infréquentable ». Je retrouve chez lui le même amour du Proche-Orient, la même passion pour ces peuples sans pour autant les idéaliser ou les voir plus angéliques qu'ils ne le sont.

     

     

     

    Ces histoires orientalistes contemporaines fortement enjolivées sont souvent racontées par un explorateur du dimanche qui ne peut s'empêcher de se déguiser en « autochtone », ou du moins de revêtir la panoplie qu'ils supposent que les « indigènes » portent ! Certains mettent des sandales aux pieds comme les apôtres, enroulent un « keffieh » noir et blanc autour de leur cou, coiffent une « kippah » qu'ils arborent en toute inconscience dans le quartier musulman, ou chrétien. D'autres se contentent de photos sur fond de soleil couchant...

     

    Ce fût mon cas les premières semaines, ce qui me fit moquer des enfants au Sinaï qui m'appelaient « Camel Bedouin » en rigolant bien et je les comprend...

     

    Cette vie, cette réalité paraissent toujours triviales à ceux qui ne s'y attendent pas, qui leur préfèrent leurs fantasmes et idéalisations hasardeuses, surtout quand ils s'aperçoivent que ce qu'ils découvrent n'a rien à voir avec leurs rêves d'une Terre Sainte de pacotille qui appartiennent à un ou deux peuples bien distincts, bien identifiés, à une ou deux cultures bien reconnaissables et délimitables alors que dans cette ville, le réel est extrèmement complexe et non réductible à quelque slogan que ce soit, inspiré par des intentions certes parfois sincèrement bonnes. Mon souvenir de cette Ville, la nostalgie que j'en ressens encore vient de cet ensemble, de ce quotidien relié à ces paysages naturels grandioses où flottent le souvenir de divers conquérants que parfois l'Histoire elle-même a oublié ce qui fait souvent dire aux vieux palestiniens, se rappelant des empereurs byzantins, ottomans, des rois croisés, des souverains de toutes origines, que « les maîtres d'un jour passent toujours malgré leur vanité... ».

     

    Mon « Journal de Jérusalem » est toujours à ce lien

     

  • La semaine du développement durable : un exemple sur le terrain, l'Eure

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    On parle aussi du Développement Durable sur Agoravox

    Semaine du Développement Durable : du 1er au 7 Avril (voir site)

    On parle beaucoup du développement durable au sujet de Paris, de l'Ile de France, et des grandes agglomérations mais jamais en région ou dans les petites villes de province (ou de banlieue).

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    Ci-contre l'hotel de ville d'Évreux, photo prise ici

    Les articles en traitant vont rarement sur le terrain, se contentant d'aligner les grands principes sans essayer de voir les problématiques concrètes, les ignorant, voire les laissant se développer. On proteste de ses bonnes intentions, on organise des « fêtes de l'écologie » des fêtes de la « responsabilité écologique », et finalement, rien n'est fait. Pour parler de terrain, il semble qu'Évreux et le département de l'Eure sont deux excellents exemples.

    Avant que l'on accuse ce texte d'être négatif, signalons les initiatives très positives quant au développement durable à Évreux comme ce blog signalant les initiatives d'un collectif de citoyens.

    Le principal problème de l'Eure, et de sa préfecture, Évreux, c'est la difficulté à exister face à trois grandes métropoles proches : Paris, Rouen et dans une moindre mesure, Caen. Évreux devient un gigantesque centre administratif de second ordre où se concentrent quelques services et reste considérée comme une sous-préfecture de la Seine-Maritime. Les couches sociales représentées à Évreux sont donc principalement des employés, des salariés issus de la classe moyenne supérieure, des « cols blancs ».

    Les eurois et les ébroïciens sont donc dans leur grande majorité obligés de prendre leur voiture ou les transports en commun, pour ceux qui travaillent à Paris ou à Rouen, pour aller travailler, donc d'émettre un peu plus de pollution.

    Or, dans les deux cas, un problème se pose.

    ligne_evreux-louviers-rouen.jpg

    ligne Evreux-Rouen désaffectée ci-contre : image prise ici

    Rappelons également en passant que pour aller de Évreux à Rouen en train il faut passer par Paris, ce qui est un non-sens. La liaison ferroviaire de ces deux villes est un peu un « serpent de mer » qu'invoque tous les politiques du département au moment des élections, pour l'oublier ensuite totalement.

    Ce projet est d'ailleurs combattu en sous-main, ou non, car tout le monde en veut tant que c'est le voisin qui est embêté.

    Ce serait pourtant une solution pour désengorger la circulation dans ces deux agglomérations, un investissement lourd rapportant à long terme. Mais, comme partout ailleurs en France, on pense surtout au court terme et aux bénéfices électoraux rapides.

    En voiture, le matin, il suffit de regarder les véhicules que l'on croise pour aller à Rouen, on y voit à chaque fois une personne et une seule. Si des solutions de covoiturage sont proposées (sur la base du volontariat, et des propositions des conducteurs, voir lien), elles tiennent pour l'instant du gadget.

    On note d'ailleurs que les propositions mises en ligne sur le site du Conseil Général ne sont pas actualisées, ce qui montre l'intérêt qui y est vraiment porté.

    Du fait de l'augmentation des prix de l'essence, il est incompréhensible que ce système ne se développe pas beaucoup plus car il permettrait aux personnes obligées de prendre leur voiture de faire des économies substantielles.

    Le covoiturage plus développé permettrait également d'aider les habitants des communes rurales autour d'Évreux et des grandes villes du département et qui sont excessivement mal desservies :

    Souvent les habitants ne disposant pas d'un moyen de transport personnel ont le choix entre un car à 6h, 6h30 du matin, et puis plus rien jusqu'en début d'après-midi. Le fait que le billet ne soit qu'à deux Euros, ce qui en soit est déjà un progrès afin d'encourager à utiliser le car, ne change donc rien, les horaies étant souvent conçus en dépit du bon sens.

    De plus, personne ne semble tenir compte des correspondances. Par exemple, une personne voulant se rendre d'Évreux à Gasny en car prendra le car de 6h40, qui arrive à 7h15 à Vernon, soient 5 minutes après le départ du car pour Gasny.

    Le car a aussi une image déplorable, c'est le moyen de transport, dans la tête des eurois, excepté pour celui qui va à Rouen curieusement, des « moins que rien », de pauvres hères que l'on méprise plus ou moins.

    Ceux qui habitent Évreux et prennent le train tôt n'ont pas d'autre choix que d'aller à pieds à la gare ou prendre la voiture car le service de bus commence trop tard, ou ne dessert pas la gare, ce qui implique de graves problèmes de stationnement et de circulation.

    Prendre sa voiture devient, comme ailleurs, un geste automatique pour faire des trajets courts voire très courts, et ce pour toutes les générations, contre toute logique parfois.

    Alors que leurs prédecesseurs venaient au lycée en bus ou emmenés par les parents, les élèves arrivent maintenant dans leur véhicule.

    Ne parlons pas du week-end, où beaucoup sorte la grosse et belle automobile du garage, rutilante et bien propre, pour la montrer (même si on ne sait pas la conduire d'ailleurs), comme avant on s'« habillait » le dimanche car cela reste un geste d'ostentation sociale fondamental.

    On prend le 4X4 pour aller chasser car cela reste important de montrer ce que l'on peut se payer. Selon les professions, il devrait être possible de reconnaître chaque profession ou secteur d'activités d'ailleurs, ou si les personnes sont en retraite ou pas.

    Le programme de l'actuel maire d'Évreux incluait pourtant la création d'une zone piétonne au coeur de la ville, pour l'instant, celle-ci se limite à deux petites ruelles de part et d'autres de la fontaine de la place de l'Hotel de ville. Les commerçants du centre n'en veulent pas, ne concevant les déplacements de leurs clients potentiels qu'en voiture pour le moment.

    On ne peut leur donner tort car c'est le cas également pour leurs clients.

    C'est tout juste symbolique.

    Les mentalités n'ont guère évoluées, que ce soit pour aller acheter du tabac, le journal, poster une lettre, les ébroïciens, comme les eurois venant à Évreux, préfèreront prendre leur automobile quitte à se garer en double-file ou sur les places handicapées, ce qui n'est de toutes façons que très rarement pénalisé.

    Il ne devrait pourtant pas y avoir autant de problèmes de stationnement du fait du parking de la place du marché et de celui derrière l'hotel de ville, sans parler des plus petits emplacements pourtant très proches, ou des possibilités de circulation en bus.

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    photo ci-contre à Guichainville prise ici

    Et alors qu'il était question de largement développer les transports en commun afin de rassurer justement les commerçants du centre-ville, « l'ébroïbus » qui était une navette très pratique pour les personnes âgées comme pour les enfants, ou les habitants sans moyen de locomotion, a été supprimé alors qu'il aurait été largement plus pertinent d'envisager une deuxième ligne l'utilisant !

    A l'agglomération d'Évreux, on parle beaucoup du développement durable, mais on se contente pour l'instant de quelques mesures qui sont certes spectaculaires mais très modérément et concrètement incitatives, tout en favorisant les quartiers électoralement les plus intéressants (coutume française qui est effectivement répandue un peu partout dans notre pays et qui n'est pas le fait seulement de cette commune).

    Sur le lien indiqué ci-dessus, j'ai eu beau chercher également une information sur la question des livraisons intempestives en plein Évreux à n'importe quelle heure du jour, ce qui bloque la circulation à chaque fois alors que cela n'aurait pas lieu d'être, je n'ai rien vu. On est assez étonné de constater que des poids lourds continuent à circuler dans Évreux malgré les préoccupations affichées par la droite et la gauche au Conseil Général ou à la municipalité quant à l'écologie.

    Il est même question de réhabiliter le quartier de Nétreville en en faisant un quartier écologiquement responsable, ce qui est bel et beau, et qui entraîne un effet d'annonce là aussi tout bénéfices pour les futures échéances , mais avant peut-être conviendrait-il de songer à résoudre les problèmes de développement durable en urgence.

    Il s'agit finalement pour les politiques et les décideurs de faire preuve de courage, sans pour autant stigmatiser forcément les automobilistes, qui sont déjà des « vaches à lait » quant aux taxes qu'ils subissent déjà

  • "Tokyo électrique" - Cinq nouvelles au coeur du Japon inconnu

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    Soyons sérieux et parlons du Japon...

    Quand il voulait éviter de parler des emballements fugaces du jour, des engagements vers un grand soir qui n’est pas encore venu (viendra-t-il un jour ?), quand il voulait signifier la prétention à trouver des solutions à tout et moraliser le comportement de ses congénères, tous aussi pitoyables primates les uns que les autres, Roger Nimier disait « et maintenant, soyons sérieux et parlons du Japon ».

    L’esprit de sérieux, tout comme la gravité, la fausse gravité, est le bonheur des imbéciles sentencieux. Ils aiment les grandes phrases pontifiantes et sont comme les marins pour Michel Audiard.

    Parlons donc du Japon, et de la littérature japonaise en particulier, très loin de se réduire aux stéréotypes en usage : aux mangas, aux histoires de yakusas, ou de karatéka ou de samouraïs ou aux « non-lieux » de « Lost in Translation » qui avait déjà l’avantage de montrer une chose, on ne connaît rien du Japon, ou encore aux monstres en latex qui écrasent des maquettes filmées en grand angle. On a sur ce pays que des idées préconçues et arrêtées qui ne reflète pas la réalité.

    Les films de Takeshi Kitano, qui est dans son pays un mélange improbable entre un clown médiatique plutôt lourd et grossier et un auteur d’une grande élégance de livres, comme « la vie en gris et rose » ou « Asakusa Kid » et de films extrêmement intelligents qu’il parle de gangsters gagnés par le désespoir et de l’été fantaisiste de petits garçons ingrats.

    Cinq moment quotidiens et remarquables...

    Il est pourtant tentant de se perdre dans cette réalité différente, pas si différente de la nôtre cependant, la nature humaine y étant tout autant méprisable et remarquable qu’ailleurs.

    Les cinq nouvelles du recueil « Tokyo électrique », de Muramatsu Tomomi, Morita Ryûji, Hayashi Mariko, Shiina Makoto et Fujino Chiya permettent d’en découvrir de nombreuses facettes et de rentrer dans des histoires écrites avec beaucoup de finesse qui partent toujours de faits sans importance, apparemment, des tranches de vie du quotidien de la mégalopole. Cependant l’écriture et le talent des cinq auteurs les subliment et en font des instants de grande poésie ou triviaux, des instants symboliques qui montrent les ravages de la modernité, de la solitude des « salary men », du désert des sentiments dans une société dont l’idéal se résume à la satisfaction des désirs et quatre volontés des marchés économiques.

    Il n’y est nulle part question du bouddhisme du grand ou du petit véhicule, on y aborde aucun sujet politique.

    Dans la première histoire, des hommes mûrs se remémorent au son du jazz de Thad Jones d’une femme fatale dont ils étaient tous amoureux, et qui un jour disparut sans laisser rien d’autres que des souvenirs nostalgiques, qu’ils comparent à la flamme d’une allumette, fragile et flamboyante, dont la clarté dure très peu de temps.

    On y découvre Tokyo la nuit, une ville qui ne cesse jamais de vivre. Les néons l’illuminent, et les écrans géants y déversent dans ses rues un flot incessant de spots de publicité et d’informations tonitruants. A regarder de loin, on n’y voit aucun être humain. A y regarder de plus près c’est tout une humanité hétéroclite qui y grouille, y vit, y travaille, qui aime et rêve malgré tout.

    Dans la deuxième, des marginaux drogués, des mauvais garçons lamentables, violents, enfantins et malhonnêtes tentent de protéger une jeune fille de treize ans, prostituée venue des Philippines, violentée quotidiennement dans un des dancings de Shinjuku. Ils risquent jusqu’à leur propre survie pour elle, le plus yen de leurs économies, acceptant le moindre petit boulot dans les restaurants de bols de pâtes de leur quartier.

    Un temps ils y trouveront une rédemption, mais le réel se rappellera à eux tragiquement.

    La troisième raconte l’amour d’une jeune femme pour un garçon timide et emprunté qui s’invente une fiancée imaginaire pour ne pas s’engager trop avant car ils ne sont pas du même milieu, la jeune fille étant d’un quartier populaire. Elle finit par découvrir que son amant ne veut pas se fiancer avec elle car ses parents lui interdisent ce qu’ils considèrent comme une mésalliance.

    J’aime beaucoup l’avant-dernière nouvelle qui raconte l’histoire d’un jeune « salary man » qui ne trouve comme seule et unique solution pour se loger, après l’incendie de son ancien appartement, que de planter une tente toute jaune au sommet du building géant de la société qui l’emploie.

    Il y prend goût rapidement, se débrouillant rapidement pour avoir de l’eau et de l’électricité, ayant une vue unique sur la baie de Tokyo et les étoiles rien que pour lui.

    Il tremble de plus en plus qu’on le surprenne sur son refuge haut perché, comme le baron d’Italo Calvino, appréciant tout comme lui cette existence en marge qui lui redonne sa liberté : un couple d’amoureux illégitimes, le concierge de l’immeuble qui a vu la tente mais n’a rien dit, un chef de bureau qui vient prier, une employée qui cache sur le toit un tout petit chien que le campeur urbain finit par adopter.

    tokyo_electrique_98.jpgDans la dernière nouvelle, qui ressemble beaucoup au manga « mes voisins les Yamada », une ménagère trompe son ennui en racontant ses petites misères au policier compatissant du commissariat de son quartier, les railleries des écoliers, des gamines insolentes en uniformes et socquettes blanches, les « otakus » qui mettent le volume de leur console de jeux vidéos trop fort, les vieux qui vident leurs poubelles un peu partout.

    Ces histoires sont à déguster en prenant son temps, il faut y chercher les saveurs sans impatience et non les gober en deux ou trois bouchées comme un sushi.

    On découvre Tokyo aussi sur Agoravox

    « Tokyo électrique »

    aux éditions Philippe Picquier poche 


    Mes Voisins Les Yamada
    envoyé par irakaz. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

  • Enculé, sélectionneur de l'Équipe de France - une note du Père Fouettard sur le sport

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    En ce moment, à la télévision, dans les journaux, il semble qu'il n'y ait rien de plus important que les sottises des vingt-deux anelka_domenech.jpgcaïds sans cervelle de l'équipe de France, tous rêvant d'être Tony Montana ou rien : le fric, les filles faciles, les bagnoles puissantes ceci pour compenser leur problème visiblement très grave de microcéphalie (pas de problèmes de micro-génitoires visiblement, cela devient même préoccupant). Tous viennent de milieux plutôt modestes, et se sont hissés par leur haut niveau sportif et leur ambition, ce sont un peu les modèles d'intégration que l'on voudrait nous vendre, drôles de modèles soit dit en passant puisque si je comprend bien les français d'origine africaine ou arabe, les français de souche de petite extraction, ne seraient capables que de ça : bien jouer à la baballe et non réussir de bonnes études, devenir enseignant, médecin, avocat, que sais-je. Non, c'est ou la baballe ou faire rigoler à la télévision (on ne compte plus dans les collèges et lycées ceux qui se prennent pour autant d'Eddie Murphy, ou Djamel Debbouze, dés qu'ils ont un peu de tchatche, se conformant d'eux-même au cliché du noir tchatcheur et marrant ou du petit « beur » sympa et tellement drôôôle quand il dit des gros mots comme les lascars de banlieue mais sur une scène (le rire lié à une condescendance certaine que l'on a du mal à s'avouer est alors d'autant plus confortable).

    Il se murmure également que les communautés représentées par tous les joueurs, la fameuse équipe « black, blanc, beur », ne s'entendent pas entre elles et ce depuis longtemps : les africains ne peuvent pas piffer les joueurs qui viennent des DOM-TOM, les musulmans ont du mal avec les non-musulmans, les lascars avec les gosses bien élevés. C'est une sorte de laboratoire du communautarisme qui montre bien où ça mène, à savoir nulle part, ou dans le mur. Sans parler des joueurs qui n'en ont rien à foutre du pays pour lequel ils jouent, ce qui change cette fois-ci, on descend un peu plus dans la vase à chaque fois

    Au moins avant jouaient-ils au foûtebôle, maintenant c'est le psychodrame boueux à chaque match. Je n'aime pas vraiment le foot, ou du moins j'aimerais bien un football moins pro, avec des amateurs qui y jouent pour le plaisir du sport et du geste, un peu comme celui du Nord de la France. Et qui sont réellement tristes quand leur pays perd. Quand je vois la comédie jouée par Ribéry hier je ne peux m'empêcher de penser à certains gamins de banlieue, ces « cas-soss » (pour cas sociaux), qui font dans la pleurnicherie pour se trouver des excuses parce qu'ils savent bien au fond qu'ils sont indéfendables, tout comme Anelka. Et je rigole bien quand même en songeant à tous les contrats de pub signés par les bleus, qui ridiculisent, ringardisent, les marques dont ils font la réclame. Il suffit d'aller dans un magasin qui positive, on les voit partout, du débouche-chiotte aux céréales du matin.

  • Exilez vous au Groland !

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    Un pays où c'est qu'il fait bon y vivre en cas de victoire du nabot éructant, sans lui, sans les autres...

    J'ai déjà mon passeport et mon permis de boisson grolandais, on ne sait jamais (j'aime beaucoup Kuntz, d'ailleurs, je suis résident à Mufflins où il est correspondant permanent). Ou alors peut-être aimez-vous le thé tiède à l'UDF ?

    medium_kael.jpgAlors que les gratte-ciels s'effondrent en Amérique, le pays des gros, alors qu'en France, terre des coqs au vin, les notables sont assez pervers, il reste un tout petit bout de terre, une "présipauté" démocratique où le président est élu de père en fils : le Groland. Ce pays a pour particularité de communiquer avec tous les autres et surtout de rassembler en lui tous les défauts des autres.
    Le guide a été rédigé, avec l'accord du président Salengro, par des figures grolandaises médiatiques mondialement reconnues : Jules-Edouard Moustic, présentateur vedette de notre télé, Michael Kael, journaliste et pleutre vedette, et Francis Kuntz, le journaliste que nous aimons détester.
    medium_index02-moustic.jpgCe pays s'enorgueillit de son alcool de pneu, de ses retraités, de cette invention révolutionnant la sexualité moderne : la pilule du surlendemain, de ses alcooliques et de ses 24 heures en mob. Pour finir, une déclaration de notre président :
    ...???
    COMMUNIQUÉ :
    Notre Président étant enroué,
    nous différons à une date ultérieure
    la mise en ligne de ses citations.
    medium_kuntz.jpgVeuillez nous excuser de la gêne occasionnée mais Notre Hiver est rude, et Notre Président a d'ores et déjà assidûment entamé une cure de grogs à l'alcool de poire afin de résorber le mal. Bien entendu, nous vous tiendrons informés de l'état de Notre Président dès que la situation s'améliorera.
    (si toutefois Notre Président, ci-dessus à droite avec deux personnalités du "Tout-Groland" tient encore debout !)

    Titre : Le Guide du Groland | Auteur : Jules-Edouard Moustic, Michael Kael, Francis Kuntz | Editeur : Michel Lafon