lundi, 14 mai 2012

Des envies de Sud...

fontaine-rose.jpg

Déjà sur Agoravox

image prise ici

Face à toute la comédie politique en train de se jouer sous nos yeux, et qui va recommencer d'ici peu pour les législatives, j'aurais pu sortir un texte décapant, moitié caustique, moitié sarcastique sur l'hypocrisie de l'un pour qui si sa politique n'a pas fonctionné, c'est parce que c'est la faute à la crise, et de l'autre pour qui s'il ne peut pas appliquer ses promesses c'est la faute à l'Europe, en particulier aux allemands, à qui il réserve pourtant sa première visite officielle.

Mais finalement, avec le soleil qui revient un petit peu en ce début de semaine, j'ai des envies de Sud, pas forcément le sud réel, celui qui attend les cars de parisiens en leur vendant des santons fabriqués à Shanghai ou de la bouillabaisse made in pays de l'Est, celui qui se bétonne à vitesse grand « V » du fait de la corruption et des diverses mafias ou assimilées qui le tiennent en coupe réglée, mais ce Sud qui est un peu ma « terre sainte », et en quelque sorte mon Atlantide personnelle, où l'on peut trouver une certaine douceur de vivre et dans l'air, des restes d'un art de vie un peu plus humain, des bribes de convivialité, un sud certes rêvé mais parfois le rêve console de toute les bêtises accumulées, de toutes les inepties débitées avec un sérieux papal par des personnes qui ne sont en somme que des marionnettes du système, même celles s'imaginant rebelles.

Par exemple, se rebeller contre le libéralisme en utilisant un instrument qui en est l'émanation la plus pure, Internet, en s'imaginant que cet outil est un outil de révolte.

Ce sud rêvé n'est pas difficile à retrouver, pour s'échapper ne fût-ce qu'un instant, il suffit d'un tout petit coin de ciel bleu, d'un peu de soleil sans nuages. Des hommes au cours de l'histoire ont souvent sauté le pas et sont allé chercher ce sud, même jusqu'en Patagonie, comme le personnage de Jean Raspail, Antoine de Tounens, Bernanos en Espagne puis ensuite jusque sur le « chemin de la Croix des âmes » et Henry de Monfreid à travers la mer Rouge, dans le désert et jusque Djibouti. Là-bas aussi ils n'y ont trouvé qu'un autre désert, spirituel, celui de l'âme de la plupart de leurs congénères, qui n'ont de l'appétence le plus souvent, que pour la malveillance.

Ce sud c'est aussi celui de la mélancolique chanson de Nino Ferrer, un endroit où «  le temps dure longtemps et la vie sûrement ».

C'est aussi comme dans une nouvelle de Pierre Gripari, dans « Dieu, diable et autres contes de menterie », où il est midi tout le temps, et le soleil constamment au zénith au dessus d'un Paris rêvé dans lequel toutes les époques se croisent, sans heurts.

A quoi cela sert-il de pointer encore une fois du doigt la farce en train de se jouer ? Comme dit l'adage, quand on lui montre la lune l'imbécile regarde le doigt, et la plupart ne veut pas voir le réel en face, à savoir la comédie qui se donne sous ses yeux.

De plus, pour lui, plus c'est gros plus ça passe, plus on lui fait de promesses impossibles à tenir, plus ça passe. Comme de dire que celles-ci ne pourront pas être tenus à cause des difficultés de croissance en Europe avant même d'avoir débuté quelque politique que ce soit.

Le croyez-vous ?

Quand on lui dit que demain on ras gratis, le peuple le croit presque toujours. Comme disait Desproges, « l'adulte ne croit pas au Père Noël, il vote ». Cela devient dramatique quand on évoque tous ces ouvriers à qui l'on a promis monts et merveilles, à Continental, à Arcelor-Mittal, qu'ils garderaient leurs emplois, que le nouveau pouvoir ferait les gros yeux aux dirigeants de ces entreprises et qu'ils garderaient leurs emplois.

Ces travailleurs ont cru cela possible. Ils ont repris espoir, il faut espérer qu'ils ne soient pas cruellement déçus.

Tout le monde sait parfaitement que faire les gros yeux à un patron de multinationale suffit pour qu'il ne licencie plus ici ou ailleurs !

Elle continuera de se dérouler, la comédie politique, jusqu'à la lie, avec l'assentiment des peuples encore en plus, l'un et l'autre camp s'entre-déchirant jusqu'au bout pour le plus grand bonheur des carriéristes qui nous gouvernent qui feignent le clivage idéologique et l'affrontement des idéaux, la simplicité sous le feu des projecteurs, alors qu'ils ne songent qu'à garder leurs postes ou en obtenir un autre correspondant plus à l'idée qu'ils se font de leur « destin ».

Le sud, l'Europe et le système en ont fait le cœur du problème, qui viendra de Grèce, mais aussi d'Espagne ou d'Italie.

Il y a un peu plus de cinquante ans, les fondateurs de l'Europe, tous bien intentionnés, se sont dit que pour éviter une guerre il suffisait de créer un grand marché unique qui rendrait les pays tellement interdépendants qu'ils seraient obligés de s'aimer et de tous se tenir la main comme des frères.

C'était méconnaitre profondément l'humaine nature, ne vivre que dans l'abstraction, qui est confortable, mais qui n'a rien de réelle, et nous emmener doucement mais sûrement à la catastrophe sur le point d'arriver.

Depuis cette période, les identités nationales et régionales n'ont pas cessé d'être revendiquées et ce parfois, de manière extrêmement radicale, de plus en plus depuis quelques années, avec un « retour de bâton » identifié comme protestataire, face auquel les édiles se bouchent le nez, en particulier la gauche « olfactive « , les yeux, les oreilles.

Il faut dire que les constructeurs de l'Europe n'ont pas tenu compte du tout de l'expression démocratique des peuples, s'en moquant, comme lors du référendum de 2005, pour faire le bonheur des européens malgré eux, et un déni total de démocratie soit dit en passant, pour en faire d'ailleurs tous des européens pour de bon, quitte pour cela à nier les réalités concrètes de pays comme l'Irlande, ou du Sud de l'Europe, absolument pas préparés à rentrer dans le marché uni du « vieux » continent.

Face à tant d'inconséquence, et d'inconscience, de la part de politiques, mais pas seulement, réputés responsables et plus intelligents, je me prend à rêver de ce Sud où la vie est encore un peu douce, et l'humanité encore un peu elle-même.

mercredi, 18 avril 2012

Le français sinistré

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 article dédié à monsieur G. mon professeur de français de collège, amoureux de la belle phrase et de la bonne orthographe

image empruntée ici

 orthographe-468x260.jpgIl y a quelques temps lors d'un dîner un ami exprimait ses complexes sur son orthographe et son expression française, se trouvant mauvais. Il eut l'occasion le soir-même de comparer son niveau avec ceux d'adolescents trainant dans les parages qui lui montrèrent leurs copies. Il s'aperçut alors qu'il n'était pas si mauvais. Il constata « de visu » dans les devoirs de ces jeunes les fautes normalement inexcusables à leur niveau, ils étaient en lycée, leur syntaxe hésitante et leur incapacité à saisir un texte à un degré autre que le premier.

 Quelques livres sont déjà parus sur le sujet, lançant des cris d'alarme, et relevant toutes les absurdités commises depuis bientôt cinquante ans concernant l'enseignement des Lettres, la baisse dramatique du niveau en ce domaine, mesurée par une dictée type proposée aux élèves depuis 1987, et la place de la littérature dans la société actuelle :

 « la Fabrique du crétin » de Jean-Paul Brighelli où il expose tout simplement des faits et la baisse de niveau générale quant à l'orthographe et la lecture, lui a valu de solides inimitiés. Il vient de sortir « la Société pornographique » où il prolonge son propos et le développe, par exemple sur la « taylorisation » de l'individu, qui est la première cause du sabordage progressif de l'enseignement de la langue française.

 Selon lui, cet enseignement dénaturé des Lettres, sans aucune exigence, qui flatte l'adolescent dans le sens de la facilité, ne conduit qu'à fabriquer des « crétins dociles et polyvalents », soumis au désidératas des uns ou des autres et susceptibles de se laisser prendre facilement par un discours démagogique.

 Lison aussi avec profit, intellectuel, « La Littérature sans estomac » de Jourde et Naulleau, et aussi du même mais avec Jean-Philippe Domecq, « la situation des esprits », qui recense toutes les sottises et renoncements divers en matière culturelle en général depuis plusieurs décennies, et qui est absolument salutaire à lire.

 Et alors que la volonté affichée des pédagogistes et des promoteurs de la culture progressistes, ou s'affirmant telle, était d'ouvrir la connaissance à tous, en particulier celle de la langue, c'est le contraire qui se produit, et un fossé se creuse de plus en plus entre ceux qui bénéficient d'une éducation culturelle dés la naissance et les autres, entre ceux qui savent exprimer leurs idées, comprendre le sens d'un texte, et apprécier le style de Proust ou de Céline.

 Car maitriser la langue c'est maîtriser l'expression de ses idées, et donc de sa réflexion personnelle, de penser par soi-même sans être obligé de passer par l'allégeance à telle ou telle vulgate idéologique, tel homme ou telle femme providentiels, ou la soumission à l'arbitraire des marchés économiques.

 C'est être moins docile aux idées du moment, à l'instinct grégaire qui est le mal de nos sociétés modernes.

 C'est d'ailleurs ce que l'on reproche en premier à la littérature, d'encourager les personnes qui s'y adonnent à sortir du troupeau, et ce que ce soit sur un bord politique ou sur l'autre. On constate même, ainsi que le rappelle Jean-Claude Michéa, une curieuse alliance objective sur la question, apparemment paradoxale, entre libéraux et libertaires, les uns dans l'intérêt du consumérisme, les autres par haine profondes des humanités bourgeoises. Ce sont d'ailleurs plutôt les bourgeois finalement ainsi que le rappelle ce texte de Frédéric Schiffer

 Pour qui se prennent-ils ces littéraires qui prétendent ne pas penser comme tout le monde ?

 Georges Orwell l'écrivait déjà dans « 1984 », pour asseoir son pouvoir, les dirigeants encouragent la création d'un nouveau langage qui empêche toute abstraction, toute appréhension d'un quelconque second degré de réflexion, la « novlangue », présentée comme étant dans le sens du progrès ce qui fait de tous ceux qui contestent son intérêt des réactionnaires.

 En parlant de novlangue, la dégénérescence actuelle de la langue française est présentée comme un progrès fabuleux, une appropriation par les jeunes et les moins jeunes du langage qui seraient en perpétuelle évolution, ce qui fait qu'enseigner l'orthographe et la syntaxe n'a donc plus de sens.

 Depuis que les saint prophètes du pédagogisme ont fini par exercer leur influence de plus en plus bénéfique à partir de 1989 (déjà plusieurs réformes pédagogiques ont eu les résultats que l'on sait dont la légendaire « réforme Haby », que le Très Haut, le tout Puissant, le Miséricordieux l'ait en sa sainte garde pour la mise en place grâce à lui de la méthode globale d'apprentissage de la lecture qui a fait les ravages que l'on sait !), on ne les fait plus apprendre par cœur, ce serait tellement oppressant pour les enfants, déjà placés au centre du monde par les parents qui n'assument plus non plus leur rôle d'autorité.

 On flatte les plus jeunes dans leurs bas instincts en travaillant avec eux non pas des textes de Racine ou Maupassant, Alexandre Dumas ou Flaubert, tous réputés poussiéreux, mais un livre écrit en langage « essèmesse » (SMS) par exemple, ce qui en plus donne l'impression à celui ou celle qui donne ce travail d'être tellement tendance, tellement moderne, à quelques exceptions près comme Cécile Ladjali qui faisait travailler Louis-René des Forêts à ses élèves du « 9-3 », un auteur très exigeant pourtant, son exemple montrant que l'exigence est possible partout en matière d'enseignement de la langue.

 Elle dit le contraire de Bégaudeau, qui lui préfère la paix civile facile en rejetant tout ce qui demande un effort dans la langue française, dont le subjonctif imparfait, qui serait interdit aux enfants de pauvres, ou moins bien lotis socialement, à le suivre.

 Les saints prophètes du pédagogisme et leurs disciples ne veulent pas voir cette baisse du niveau, compensée selon eux par les nouvelles compétences des adolescents en matière informatique (ce qui est d'ailleurs faux soit dit en passant les jeunes générations utilisant ces outils et moyens d'information ou d'expression comme des objets « magiques » qui permettent d'éviter l'effort et qui pensent à votre place).

 On a pu même entendre des responsables prétendre que les adolescents utilisent Internet mieux que nous à leur âge, ce que je trouve réjouissant ; rappelons que le développement d'Internet n'a que dix, douze ans en France.

 Ils parlent de « transversalité », en mathématiques on parle français ? Et bien là aussi c'est faire du français ! Par exemple.

 Ainsi pour eux tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles....

 Curieusement, cependant, les disciples du pédagogisme, du progressisme culturel, sont avec leur progéniture plus que réactionnaires, lui apprenant la lecture par la méthode syllabique, le « B.A-BA », poussant leurs enfants à travailler, se cultiver et apprendre « à l'ancienne ».

Ci-dessous Brighelli à Science-Po


Jean-Paul Brighelli se lâche à Sciences Po par LeGrandO-RSP

jeudi, 12 avril 2012

Ce que vivent les enfants précoces

Aussi sur Agoravox

Aujourd'hui m'est revenu en mémoire un conte d'Henri Gougaud que ma mère nous racontait durant notre enfance, en songeant à l'histoire d'un garçon de ma connaissance, et après avoir lu un article de « Marianne » sur les problèmes rencontrés par les personnes ayant un QI plus élevé que la moyenne, des problèmes que l'on ne veut pas prendre en compte, qui effraient car au fond une intelligence plus développée est plus effrayante que la sottise crasse dont ceux qui en sont affectés sont réputés plus « simples », sans prétentions, tandis que toute personne faisant preuve d'un peu de culture, d'un rien d'ambitions intellectuelles est obligatoirement un connard vaniteux.

Un site sur les enfants précoces...

Des renseignements plus complets sur le sujet...

enfants-precoces.jpgCi-contre la photo d'un enfant précoce et qui en a souffert aussi...

photo prise ici

Dans ce conte, un jeune homme faible, vulnérable, sensible et de bonne composition veut devenir fort et respecté, car il ne l'est jamais par les fiers à bras qui l'entourent.

Pour cela, il doit manger des cochons de lait magiques qui finissent par le transformer en brute qui n'est même plus capable de la parole.

Car il ne sait pas s'arrêter, et l'assurance lui donnent des envies de vengeance qu'il assouvit enfin, il y prend goût, car il perd aussi progressivement et sa finesse et sa sensibilité qui faisait de lui une personne unique, ce qu'il ne savait pas voir n'ayant aucune confiance en lui.

Le garçon dont je me rappelais avait le même problème :

Naïf, du moins un temps, un peu trop sensible, facilement blessé, il avait fini par se renfermer sur lui-même au bout d'un temps, et jeter par dessus bord ses amitiés sincères en même temps que celles qui ne l'étaient guère, sombrant dans une forme d'autisme social marqué comme beaucoup de personnes dans son cas.

Il s'était au fond comporté comme le personnage d'Henri Gougaud.

Pour se protéger il s'était construit une cuirasse de bons mots sarcastiques, mais ne faisait pas tant illusion, on voyait bien son côté finalement pitoyable après une ou deux peines de cœur qui l'avaient laissé sur le carreau.

Il s'était littéralement construit une protection physique en mangeant de trop, en grossissant plus que de raison, ce qui était un autre symptôme de son mal de vivre. Ce que ses amis déploraient avec raison était son incapacité manifeste à prendre enfin conscience de ses capacités.

De plus il avait un autre handicap de taille, il était intelligent, un peu plus que la moyenne, certainement précoce.

La précocité ne signifie pas forcément que la personne réussira mieux que les autres, généralement un tiers y arrive, un autre tiers végète pendant que le dernier s'enfonce généralement dans des boulots précaires, ce qui est dû aux difficultés que les enfants précoces rencontrent à commencer par leur inadaptation au reste de la société qui n'est pas faite pour eux mais pour des personnes plus dans la moyenne, plus dociles, qui ne ressentent pas le besoin d'être elles-mêmes.

L'intelligence, les autres personnes la voient surtout du point de vue du rapport de forces, celui qui est plus intelligent cherchera ils en sont persuadés à les dominer. L'intelligence met les autres sur la défensive car ils ont peur d'être jugés, jaugés et condamnés, on préfère essayer de prendre l'ascendant sur la personne précoce en profitant de ses failles et de son mal être.

Le QI ne mesure qu'une certaine forme d'intelligence et ne mesure pas la capacité à réussir socialement dans une société où réfléchir par soi-même est plus un poids qu'autre chose.

C'est la raison pour laquelle la nature a doté les imbéciles d'une agressivité supérieure aux autres qui est un peu la compensation de leurs carences, comme les aveugles qui développent une ouïe plus importante.

L'imbécile compense en attaquant de front sur tout ce qu'il sait être le point faible de son interlocuteur intellectuellement mieux doté. Et il ne s'arrête d'attaquer que lorsque l'autre est à terre, blessé quasiment agonisant. Et lorsque l'autre est à terre, il continue de taper jusqu'au bout, sans écouter sa victime demander grâce. C'est tellement jouissif d'écraser quelqu'un qu'il sait plus intelligent pour le crétin soumis sans difficultés à ses pulsions et son instinct grégaire.

Il croit qu'il est obligé de le faire afin de ne pas être dominé, ce qui de plus le ramènerait à ses complexes et à l'image déplorable qu'il a de lui. Il refuse le réel, aime son personnage, qu'il s'est créé pour se consoler de sa médiocrité.

Et de fait le garçon auquel je songe était la proie d'un peu tout ces prédateurs qui s'en donnaient à cœur joie car il ne savait pas se défendre du tout considérant la colère comme une sorte de folie alors qu'elle est parfois malheureusement nécessaire, ne serait-ce que par pédagogie, pour montrer à ceux qui se laissent guider par leur sottise, et leur haine, cela va de pair, jusqu'où on peut aller trop loin, elle peut faire du bien.

Un jour, sur le faîte de l'abîme qui s'ouvrait sous lui, il décida de se mettre enfin à vivre, apprenant aussi à canaliser son intelligence et ses émotions, plus fortes que chez d'autres

Canaliser ce qu'il ressentait l'amena à plus de lucidité et à avoir chez les autres toutes les failles, les manques qu'il ne voyait pas avant, le risque étant à présent de se laisser à l'amertume et aux regrets, dont celui d'avoir été tellement faible quand il était plus jeune.

Il voyait aussi l'hypocrisie des bons apôtres qui aimaient bien gloser sur son mal-être mais qui ne faisaient rien de tangible pour l'aider. De ceux-là aussi il avait été la proie, une proie servile, toujours dans l’auto-dérision et une auto-flagellation continuelle.

Du fond de sa solitude, pendant des années, il avait mûri des revanches imaginaires, des vengeances terribles à la « Monte Cristo ». Il cultivait son narcissisme et bâtissait encore d'autres murailles toujours plus hautes autour de lui, car il n'était pas sans lourds travers lui non plus.

C'était comme un marais dont il était presque impossible de se retirer. Et un jour, il se réveilla et n'eut plus peur. Il craignait que si il acquérait un bien être personnel, il y perde son sens critique et sa lucidité, il avait peur aussi d'avoir mal en ressentant quoi que ce soit pour son entourage.

jeudi, 05 avril 2012

L'idée monarchique est-elle si ridicule en 2012 ?

Sur Agoravox on voit qu'elle est provocatrice en tout cas

 Il y a déjà quelques années, j'ai lu « Sire », sorti en 1990, de Jean Raspail qui raconte l'équipée d'un jeune roi, Philippe Pharamond de Bourbon, personnage imaginaire, dans la France de 1999, une France qui a perdu toute cohésion, tout désir de grandeur, qui s'auto-flagelle à longueur de temps, une France qui se hait plus sûrement que ses ennemis.

politiquement incorect, nostalgie, littérature, Raspail, politique, christianismeRaspail parle de l'idéal du jeune prétendant et son voyage à travers la France abîmée par des années d'égoïsmes divers et variés, de renoncements et d'abandons, avec quelques rêveurs vers son sacre à Reims qui ressemble à celui d'Antoine de Tounens. « Sire » est pour les rêveurs d'idéal et de Patagonie heureuse, car ce n'est pas pour demain qu'il y aura en France une restauration monarchique.

Et pourtant l'idée monarchique n'est pas en soi si ridicule.

Elle séduisait encore quelques jeunes intellectuels dans les années 70 dont Bertrand Renouvin et Gérard Leclerc qui essayèrent de l'actualiser et la moderniser avec la N.A.R, le problème étant qu'ils se situaient peut-être dans une trop grande intellectualisation. Leur réflexion me rappelle aussi la défunte revue "Immédiatement", qui n'était certes pas monarchiste mais qui en fédérant différents points de vue qui donnait l'espoir d'un mouvement de fond pouvant permettre un coup de pied dans la fourmilière.

Elle ne l'est pas tant cependant l'idée monarchique que ça visiblement puisque nous vivons « de facto » dans une monarchie élective où le président est un souverain élu qui a pour fonction, en théorie, de rassembler tous les français sous sa férule et non d'être seulement chef de parti.

De plus, on le voit dans l'actualité, particulièrement avec la marche des ouvriers métallurgistes lorrains sur Paris, qui agissent au fond comme le faisaient les paysans sous l'Ancien Régime, les français considèrent toujours leur souverain comme une sorte de père de la nation capable d'influer sur l'économie et d'avoir autorité sur les grands argentiers, alors qu'il n'a que peu de moyens réels et concrets de le faire perdu au sein des autres fantoches de l'Euroland.

C'est logique, la Vème République a été mise en place par un général qui était militant d'Action Française en 1908 à la sortie de Stanislas, donc monarchiste, et vraisemblablement fidèle à ses idées de jeunesse, on trouve dans un tract qu'il distribuait à ses condisciples déjà en germe toutes les idées sous-tendant la constitution de 1958.

De plus, si on fait un peu d'histoire du droit constitutionnel, elle reprend celle de la « Monarchie de Juillet » quasiment point par point.

En 2012, les monarchistes sont une poignée de quelques uns perdus entre une infinité de groupuscules qui se mangent le nez entre eux, et pour la plupart d'ailleurs noyautés au dernier degré, comme les autres, par les ex-RG. Comme dans tous ces mouvements microscopiques on y trouve des personnages parfois douteux, voire fantaisistes qui sont surtout là pour se mettre en avant et compenser des frustrations ou leur médiocrité par rapport à la société, ce qui est presque fait exprès semble-t-il afin de ridiculiser les idées qu'ils croient défendre.

On s'y perd entre les soutiens de tel ou tel prétendant, Bourbon, pas Bourbon, Orléans, pas Orléans, et j'en passe. L'un des prétendants s'intéresse, sagement, à son mariage avec une héritière dont le papa est dans le pétrole, l'autre est bien sympathique mais n'a pas la stature...

De toutes façons, du point de vue de la simple réflexion sur l'idée monarchique, ce choix du prétendant n'a que peu d'intérêt.

Et pour ceux qui parmi cette poignée ont un peu de culture historique, voire politique, comme dans les autres groupuscules les idées défendues se sont figées dans une idéologie largement calcifiée qui oublie que les monarques français étaient tous de leur temps et savaient réfléchir en fonction des évolutions de la société.

Il suffit pour cela de lire les instructions de Louis XVI à la Pérouse par exemple, toute de civilisation, de finesses, d'intelligence, celle qui respecte l'autre (on n'y parle ni de conversion ni de conquête), mais sans mièvrerie, sans parler de l'Édit de Nantes et de la politique de réconciliation des français entre eux d'Henri IV.

Il n'y eut pas que des moments pacifiques dans l'histoire de France et de l'Ancien Régime, il y eut aussi des erreurs car après tout, l'histoire est faite par des hommes, mais il n'y eut pas de Mal absolu ou de Bien absolu, seulement des nuances de gris.

Comme l'histoire est écrite par les vainqueurs pour justifier sa prise de pouvoir, à savoir la classe bourgeoise qui le prit en 1789 et le garde depuis, l'on oppose à l'entrée dans la lumière des français sous la houlette des philosophes la « tyrannie » de Louis XIV et les dépenses somptuaires de la monarchie qui auraient entrainé l'exploitation continuelle des français.

Rappelons en passant que Versailles était d'abord et avant tout une vitrine du savoir-faire français et non un palais construit pour la seule gloire d'un autocrate qui a laissé son premier ministre, Colbert, mettre en place les prémices de l'état moderne.

L'histoire en est resté, sous des dehors scientifiques et rationnels, à Michelet, qui, certes, écrivait bien, mais qui a surtout forgé un ou deux mythes sur lesquelles en 2012 les belles consciences vivent encore.

En 1788, on parlait déjà de la crise de la dette publique, elle n'excédait pas une semaine de budget du Royaume, en 2012, elle représente quelques décennies de budget de la République. Et la construction de Versailles a coûté en proportion autant que la construction de la bibliothèque François Mitterrand à Paris, la « Très Grande Bibliothèque ».

Si l'idée monarchique a un sens en 2012, c'est plus dans celui de rester libre quant aux idéologies, ou quant à un homme -ou une femme- providentiel/lle se prenant pour le Messie, un certain « anarchisme de droite » donc. S'interroger sur cette idée monarchique finalement, n'est-ce pas aussi envoyer se faire voir chez les grecs tous ces pantins qui se prennent pour tous pour le marionnettiste suprême ?

mardi, 03 avril 2012

Le bonheur matérialiste ou ce que révèle un zapping paresseux sur la société

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 Hier, naviguant paresseusement entre les chaînes toutes plus indigentes les unes que les autres de la télévision française (et je n'ai même pas honte c'est dire), je suis tombé sur une émission où des compétiteurs s'affrontent pour savoir lequel d'entre eux sera le meilleur cuisinier :

image illustrant la fable "le savetier et le financier" prise ici

le-savetier-et-le-financier.pngSur-dramatisation des moments les plus anodins, musique tonitruante, narcissisme des candidats mis en exergue constamment etc...

Je suis arrivé au moment où ils étaient censés cuisiner un buffet dit « campagnard » pour de riches propriétaires milliardaires d'un yacht de trente-cinq mètres, soit un des seuls rêves suggérés par notre société où le fric est devenu la seule et unique valeur loin devant tout le reste, y compris les postures hypocrites.

Il est facile de le constater à chaque fois qu'un politique de gauche arrive au pouvoir, fût-il de la gauche qui si elle ne se retenait pas forcerait les privilégiés à rendre gorge, il en profite comme tout le monde, se justifiant de sa légitimité à le faire car guide de l'humanité vers un monde meilleur, et le progrès.

Donc en tant que belle et bonne conscience, il a bien le droit à quelques compensations, non ?

Et les ors du pouvoir, la mousse et le pampre des arcanes du pouvoir ramollissent les tripes et le cœur qui paradoxalement y gagne en endurcissement dans le même temps.

On a beaucoup parlé de celui-là, il y a aussi ceux-là dont un « médecin des pauvres », Rony Brauman entre autres..

C'est pareil pour un « pipeaule » engagé ou concerné par les pauvres, tout ça, c'est pas pareil quand il fraude effrontément le fisc ou qu'il amasse son argent sur un compte en Suisse ou sur des îles lointaines qui à défaut de faire rêver les petits enfants romantiques se spécialisent dans le « offshore ».

J'ai cru comprendre il y a peu d'ailleurs, pourtant c'était si simple, cette adulation et cet aveuglement concernant les « pipeaules » de gauche ou engagés. C'est juste une question d'identification.

La raison en est que le pékin moyen, de gauche parfois lui aussi, n'en revient pas qu'une vedette ou un politique affiche les mêmes opinions que lui, ce qui lui permet de s'identifier à celui ou celle qui a réussi selon les critères actuels, à savoir qui a un compte bien rempli.

Critiquer ce « pipeaule » belle conscience, c'est le remettre en cause lui, le pékin moyen lui aussi belle conscience dont les fins de mois commencent pourtant au 15, voire plus tôt.

A droite, les libéraux, de l'UMP à madame Pariso, qui voudrait faire grimper un peu plus Mélenchon qu'elle ne s'y prendrait pas autrement, on est sans complexes, on aime les riches, les riches sont les amis du libéral, les riches sont gentils, beaux, et sentent tous le vin des rochers.

Parfois, quand on a un coup de déprime, on joue le couplet gaulliste, on ratisse un peu de tous les côtés.

Et ils font marcher le commerce et la libre-entreprise, et leurs fonds de pension font vivre la bourse selon leurs caprices. Ce qu'on leur pardonne chez les libéraux, l'essentiel étant de maintenir l'allégeance aux marchés et au tout-économique, toutes choses qui sont des outils au départ et qui sont devenues des fins en elles-mêmes.

Tout contradicteur de ces dogmes intangibles semble-t-il est désigné comme ou crypto-communiste ou esclave des tabous chrétiens concernant l'argent, bref un vestige.

Au moment fatidique de l'émission sus-citée donc, on a donc vu arriver dans le concours de cuisine monsieur et madame milliardaires, lui : allure d'expert-comptable et blazer de marin de fantaisie de vieux beau, elle : au bronzage suspect, et visiblement tirée (je veux parler de la peau) de frais, veste fuchsia, tenant dans ses bras deux minuscules clébards visiblement gâtés comme ses enfants.

On sentait tout le poids de leur ennui du au trop-plein d'argent, de leur angoisse quant à leur magot, de leur anxiété manifeste à devoir le partager un jour avec qui que ce soit. Et bien sûr, ils choisirent le buffet le plus prétentieusement présenté mettant en valeur leur égo.

Et la seule question qui venait ensuite c'est de se dire :

« C'est donc ça, être heureux dans notre monde ? ».

Dans la fable du savetier et du financier, le savetier perd le sommeil, tout comme le financier qui a un sommeil léger du fait de toutes ses peurs liées à ses possessions, il le retrouve en se débarrassant du problème, et de son superflu. Les financiers actuels sont plus retors que ceux de la fable, ils proposent aux savetiers actuels de placer leurs cent écus à un pourcentage réputé confortable ou d'acheter avec le maximum de gadgets inutiles dont ils se seraient très bien passés auparavant.

Les savetiers en 2012 rêvent tous d'avoir beaucoup plus de cent écus, quoi qu'ils en disent, et c'est bien là le problème de notre société.

dimanche, 01 avril 2012

Le vieux drapeau abimé

On lève aussi les couleurs sur Agoravox

Cet après-midi, comme de nombreuses personnes, je suis allé déposer du buis sur la tombe d'un proche. En quittant le cimetière, je suis passé devant le carré militaire, surmonté d'un vieux drapeau tout abîmé, tout effiloché, complètement décoloré flottant dans la brise légère.

On lui reconnaissait à peine ses couleurs.

drapeau emprunté ici

Il était aussi hors d'âge quedrapeau-francais.jpg celui qui nous avait servi à « lever les couleurs » un quatorze juillet à Jérusalem, sur le toit de l'hôpital Saint Louis, entre la vieille ville et la ville moderne.

Nous étions cinq rêveurs qui avions fait lever la tête de quelques passants surpris d'entendre trois voix peu assurées au début entonner « la Marseillaise ». Cela paraît ridicule mais cela avait du sens.

Parmi les soldats qui étaient enterrés là, dans ce carré militaire, la précision est absolument à apporter actuellement, contre les fanatiques, les angélistes et tous ceux qui ont déjà enterré la France : libéraux, libertaires, européistes pompeux et sociaux-démocrates uniquement préoccupés du bien-être des « marchés » économiques ;

Il y avait des juifs, que l'on remarquait à l'étoile de David au-dessus de leur sépulture, et des musulmans, ce que l'on comprenait grâce au croissant surmontant leurs tombes, soldats morts pour la France qui paraissent aujourd'hui aux yeux blasés de la plupart de nos contemporains des pauvres naïfs, des pauvres hères s'étant fait manipuler et que l'on méprise plus ou moins, des imbéciles qui auraient pu penser à l'Europe et au rêve du grand marché unique plutôt que d'aller se faire trouer la peau sur les champs de bataille de la Somme, du Nord, de la Marne, voire de Belgique.

Et le fait qu'il y ait eu des soldats juifs et des soldats musulmans enterrés avec tous les autres ne semblait extraordinaire en rien, que ce soit dans un sens ou dans l'autre, à nos ascendants.

Je songeais à deux de mes arrière grands pères ayant vécu la « Grande Guerre », l'un a combattu en héros dans la Somme, l'autre a été tué avec le régiment d'Alain Fournier, quelque part dans une forêt sombre où l'on ne trouvait ni château, ni princesse malheureuse comme Yvonne de Galais.

Le premier est revenu ensuite à la vie civile avec modestie, et ne parlait que rarement de ce qu'il avait accompli. Mais plus tard, nous nous souvenons avec fierté de ce qu'il avait accompli. Ils étaient allés combattre car la Liberté, l'Égalité et la Fraternité, et toutes les valeurs de l'Histoire de France, n'étaient pas des vains mots à leurs yeux, ils n'avaient pour eux aucun mépris ni dérision.

Ils se battaient avec des hommes très différents d'eux, comme dans « la Rose et le Réséda » d'Aragon, il y avait celui qui était monarchiste, parfois être monarchiste c'était aussi signifier que l'on refusait de se soumettre à quelque idéologie, se fichant complètement de qui était prétendant au trône, celui qui était anarchiste, le professeur, l'ouvrier syndiqué, le militant de la Troisième Internationale et le camelot du Roi, et le paysan, mais tous aimaient la France, ce vieux pays.

Ils se battaient malgré les ordres parfois stupides, la boue, le froid, les maladies, la malnutrition, les rats.

Ce que fut le courage de ces soldats, on le voit aussi à Ypres, ces milliers de noms inscrits dans la roche, veillés par ces vétérans écossais qui jouent pour eux la « sonnerie aux morts » tous les soirs. En voyant ces vieux messieurs un peu rouges, aux lunettes aux verres épais, on n'avait pourtant aucune envie de rire en les écoutant jouer pour ces milliers de morts qui s'étaient battus par amour d'une idée en train de mourir à petit feu, la France, devant le monument à leurs camarades, juste en face du soleil couchant, celui des beaux idéaux et des valeurs communes qui ne ressemblaient pas à un salmigondis de lieux communs bien-pensants et lénifiants.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, comme tant d'autres, un de mes grands pères était sur la ligne Maginot, il a vécu la « drôle de guerre » sans combats ni affrontements et aussi ce qui s'ensuivit après la percée de Sedan.

Il était à Haguenau, un jour de bombardements, sans réfléchir, il est allé chercher une petite fille qui pleurait au milieu de la grand place de la ville complètement détruite et en flammes.

L'autre était avec son régiment d'artillerie quelque part entre Tours et Palluau, son « pays », un des derniers à rendre les armes car contrairement à ce que l'on dit souvent, les français se sont bien battus en 1940, c'est la bureaucratie qui n'a pas suivi.

Ce ne furent certes pas les seuls à se conduire comme des « hommes debout » face au feu, dans toutes les familles françaises, il y a ce genre d'histoires.

De quel droit cependant les considérons-nous maintenant comme de pauvres types embrigadés dans un conflit qui les dépassait ?

De quel droit considérons-nous leur sacrifice comme vain ?

Et de quel droit abandonnons-nous peu à peu le respect du vieux pays, de son drapeau, de son histoire, de ses valeurs, tout cela devenu synonyme de fâââchiisme ou de retour aux z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°), oubliant les sacrifices des ces soldats renvoyés dans les limbes de l'oublie un peu lâche ?

De quel droit ces valeurs, et le vieux pays ne suscitent-ils quand on les évoque que le ricanement et la fureur de ceux pour qui la France devrait être oubliée depuis longtemps déjà au profit d'un Euroland terrifiant par sa terrifiante rationnalité qui omet un peu plus chaque jour l'être humain ?

Ci-dessous, un autre moment où l'idée de la France prend un sens

lundi, 19 mars 2012

Et les commémorations du 19 Mars 1962 ?

100349_image-1323363581046.jpgimage prise ici

Aussi sur Agoravox

Cinquante après la fin de la guerre d'Algérie, les blessures qu'elle a ouvertes ne se sont toujours pas refermées tout à fait. Ceux qui osent en parler sont aussitôt soupçonnés, jugés et condamnées aussi sec, et catalogués comme nostalgiques du colonialisme et des « ordres noirs », emballé c'est pesé...

 La question des « harkis » n'est toujours pas totalement résolue (par ici des faits sur les harkis), tout comme celle des « rapatriés », sur lesquelles les beaux esprits préfèrent jeter un voile pudique et ne pas s'aventurer trop loin, ce qui risquerait de remettre en cause quelques éléments de la mythologie politique française, qui ont la vie dure, comme on l'a vu hier, certains parlant de « reprendre la Bastille » d'autres célébrant la mémoire de Robespierre ou Saint-Just deux tortionnaires de masse.

 La plupart ne veulent plus parler de leurs blessures sincèrement par volonté d'apaisement, tandis que d'autres se bouchent les oreilles surtout par lâcheté, sachant très bien le sort horrible qui a été réservé aux harkis et aux européens d'Algérie qui n'avaient pu se résoudre à prendre le bateau pour une métropole où ils n'étaient pas les bienvenus, suscitant de la part des français du continent au mieux une indifférence polie.

 Entre la « valise ou le cercueil », beaucoup n'eurent pas même le choix, ce fut le cercueil...

 On ne peut évoquer les faits sans subir un retour de bâton des tenants d'une histoire sublimée qui oublie la plupart du temps les massacres qui ont suivis...

 Certains pensent que ces massacres sont en quelque sorte le juste pendant, une simple compensation des atrocités commises par le Général Bugeaud lors de la conquête de l'Algérie en 1830, conquête qui part au départ du but avoué de faire cesser les « razzias » barbaresques, les enlèvements d'européens pratiqués jusque là.

 Car en face de Bugeaud, il n'y avait pas des tendres non plus.

 Et la violence de l'un ne cautionne pas la violence de l'autre, le massacre des harkis ne compensant pas celui de Charonne...

 Les blessures morales sont toujours suppurantes chez les personnes qui ont « fait » la Guerre d'Algérie, chez les jeunes appelés du contingent qui ont vécu les « évènements », comme on disait à l'époque, pendant vingt-huit mois, « évènements » qui ne les concernaient pas, et à qui on a confié des tâches pour lesquelles ils n'étaient ni compétents, ni préparés, du « sale boulot » qui les a marqué à vie, les poussant à un masochisme mémoriel et une culpabilité collective que chez eux on peut comprendre et trouver légitime.

 De plus, après le 19 mars 1962 ces appelés ont dû rester les armes aux pieds, et avaient l'interdiction d'intervenir lors des règlements de compte qui ont suivi, des règlements de compte qui s'apparentent à une épuration ethnique tout comme en ex-Yougoslavie, tout comme après Dien Bien Phu en 1954.

Ils ont même du parfois tirer sur d'autres français ainsi lors de la fusillade de la rue d'Isly.

En 2012, ces appelés seraient passibles de la Cour Pénale Internationale pour non intervention à personnes en danger. Il est compréhensible que cela ait provoqué chez quelques uns d'entre eux un peu plus tôt le ralliement au « putsch » des généraux, comme Hélie de Saint-Marc, résistant de la première heure, déporté à Büchenwald, qui s'étaient sentis trahis par De Gaulle , dont ils étaient compagnons de résistance pour la plupart, qui a promis le maintien de « l'Algérie Française » pour arriver au pouvoir, (cf : « Je vous ai compris ! », qu'il fallait comprendre « je vous hais ! Compris ? » ainsi que le prétend Desproges dans une des « chroniques de la haine ordinaire »), alors que pour lui ce maintien coûtait trop cher de toutes façons, et il craignait que cela ne provoque une immigration massive en France, et ne pose de sérieux problèmes au principe de laïcité.

 Il craignait que son village ne devienne « Colombey les deux mosquées » ainsi que l'évoquait Éric Zemmour dans sa chronique du 19 mars justement...

 Sur la question de la torture, personne n'évoque jamais le fait que celle-ci était pratiquée par ces appelés justement, qu'un professionnel saura retenir son bras et ne pas aller trop loin, voire ne pas torturer du tout, tandis que quelqu'un qui ne l'est pas ira forcément trop loin, la violence appelant la violence, parfois un sentiment de vengeance étant mêlé à tout cela, après les attentats meurtriers du FLN qui tuaient des civils, hommes, femmes et enfants dans les cinémas par exemple, attentats que « la gauche qui pense », dont les disciples de Saint Jean-Paul Sartre trouvait et trouve encore légitimes.

ci-dessous, la guerre d'Algérie vue par le cinéma français


La guerre d'Algérie vue par le cinéma par LeNouvelObservateur

Ci-dessous Hélie de Saint-Marc parle de l'Algérie et de son expérience


Hélie de Saint Marc raconte l'Algérie française par Nouvelles-de-France

dimanche, 11 mars 2012

« Les posters de filles nues sur tes murs... » - à propos de "la situation des esprits" de Jean-Philippe Domecq et Éric Naulleau

Sur Agoravox en débat

« Les posters de filles nues sur tes murs... »

illustration prise ici

1984_2_george_orwell.jpgDans une chanson de Cabrel (vous savez, le chanteur qui chante la « CâAbâne au fond du jardin »...), il est question d'un type qui veut se faire passer pour cultivé, fin et intelligent, et raffiné alors qu'au mur chez lui il y a des posters de femmes nues.

Les individus modernes, voire post-modernes, qui utilisent Facebook (TM°), MSN (TM°), qui ont un blog (TM°), qui sont sur les forums, sont un peu dans le même état d'esprit, sur le net on joue un rôle où l'on se met le plus en valeur, pour compenser une vie que l'on estime médiocre, pour se rattraper de ses frustrations et complexes plus ou moins assumés, et aussi par peur d'affronter la réalité, là-dehors, derrière l'écran, derrière la fenêtre, et d'aller à la rencontre des autres personnes pour de vrai..

A lire les deux tiers des statuts Facebook, des articles de blogs, et j'en passe, la plupart des gens n'écoutent que des classiques de la chanson, du classique tout court, et ne lisent que des livres passionnants, bref, ne sont pas des personnes s'adonnant à quelque forme que ce soit de légèreté.

Alors que l'on n'a jamais eu autant besoin de celle-ci.

Nous sommes dans une époque qui adore se vautrer dans la gravité à tout bout de champ, et l'esprit de sérieux pour tout et n'importe quoi, un show soit-disant « téléréel » devient une aventure, la neige, qui tombe chaque année en France, une tragédie, une vedette qui a un petit succès, une star et j'en passe et des meilleurs, car à cet esprit de sérieux, qui comme disait quelqu'un « fait le bonheur des imbéciles », se rajoute un esprit de superlatif pour toutes les choses qui nous entourent, fussent-elles anodines au dernier degré.

Ce qui est également amusant que la plupart des auteurs de ces « chefs d'œuvre » inconnus et en péril, croient bon d'adopter, pour parfaire leurs personnages, un ton pompeux et doctoral qui fait beaucoup rire, employant à qui mieux mieux le « nous » dit « de majesté » par exemple

C'est un peu comme lors des sondages concernant les chaînes de télévision, tout le monde regarde « Arte », personne n'écoute les « tubes », personne ne regarde de séries « B » ou de comédies, personne ne regarde jamais TF1, non, non, non, « Arte », et les chaînes de cinéma en noir et blanc, non tout le monde n'a l'air de ne voir que des chefs d'œuvre du cinéma, des grands longs métrages à thèse, personne ne se colle jamais devant une série télévisée ou un film d'action.

Ou alors c'est l'autre extrême, un anti-intellectualisme forcené et appuyé où l'on refuse de lire quoi que ce soit d'un peu relevé, où l'on se vautre dans la « junk culture » avec délices en assénant que de toutes façons les gens cultivés c'est rien que des prétentieux, où l'on martèle que toute culture est une forme d'oppression et de contraintes, de vanité sans limites.

De vieux enfants sur le réseau

Les poèmes ou les textes parfois maladroits, parfois bien écrits qu'on peut lire sur le net, qui parlent pour la plupart du mal-être de la personne qui les rédige pour diverses raisons : un chagrin d'amour mal digéré, un problème de famille, une question plus personnelle encore, donnent toujours l'impression d'avoir été rédigés par des petites filles malheureuses ou des petits garçons tristes et solitaires, et non par des adultes qui pour beaucoup adorent ressasser encore et toujours leurs malheurs ou supposés malheurs, détestant l'ironie ou la critique toujours prises au premier degré, et comme des attaques personnelles.

 

Attention, je précise d'ailleurs que mon propos n'est pas ici de railler les souffrances ressenties par telle ou telle personne, ou de les mépriser, aucune souffrance n'est méprisable, et même pas celles qui témoignent aussi de l'ultra-narcissisme moderne, et tout cela au fond témoigne surtout, d'abord et avant toute chose de l'épouvantable crise de sens, je n'ose morale, qui sévit dans notre société où il est logique que la chose à laquelle les gens se raccrochent soient ce qu'ils connaissent ou croient connaître le mieux, à savoir eux-mêmes et l'argent, qui devient la seule et unique valeur repère.

Alors oui, de temps en temps, certains se donnent des alibis, pleurent à chaudes larmes sur les pauvres, les SDF qui meurent de froid, et qu'on oublie sitôt le mois de mars passé, sur les pays en guerre civile, sur les enfants mal nourris, mais personne absolument personne ne veut réellement remettre en cause son mode de vie et surtout de consommation.

La confusion entre la vie réelle et la vie virtuelle, bien confortable, bien pantouflarde, est quasiment totale, un peu comme ses personnes avant qui étaient persuadés que le « speaker » dans la télévision s'adressait à eux personnellement et non à la caméra.

Comme si la personne faisant preuve d'ironie ou de sens de la dérision était forcément en train d'attaquer quelqu'un qu'elle ne connait pas vraiment, qu'elle n'a jamais rencontré, car une rencontre ne se fait pas derrière un écran, elle se fait face à la personne. Mais il apparait bien que les individus modernes, à l'instar de Winston Smith à la fin de "1984" aiment "Big Brother" auxquels ils se soumettent sans aucun problème...

ici un papier de Serge Tisseron sur le narcissisme moderne

mardi, 21 février 2012

Un article bien saignant sur la viande « halal » (et "casher")

Article  en débat aussi sur Agoravox, il a fallu batailler pour qu'il y soit lu

KPPS4Z0Y1_web.jpgComme quoi, il ne faut jamais renoncer à se faire entendre.

Depuis que Marine le Pen a lancé la polémique, ils sont nombreux parmi les commentateurs à avoir affirmé un peu partout que ce n'est pas si grave, et qu'ils se fichent de manger de la viande « halal » ou « cascher » (selon les rites de la cacherout) ou pas, que cela n'a aucune importance contre la laïcité, que ce n'est pas une atteinte contre la laïcité, ce qui corrobore l'idée qu'elle est finalement applicable de différentes manières selon les religions finalement.

Alors certes oui, il y a plus grave en ce moment, ainsi la situation économique, mais ces attaques contre la tradition laïque de la France et cette montée en puissance des communautarismes sont inquiétants.

Cet irrespect total de la laïcité va dans le sens du libéralisme, produire de la viande « halal » en grande quantité sans le dire au consommateur permet de baisser les coûts et de vendre plus. On note dans la plupart des grandes enseignes commerciales françaises on trouve des rayons « confessionnels ».

C'est une affaire juteuse si j'ose dire, puisque les viandes « confessionnelles » ne seront jamais saignantes.

Je ne parle pas de ces villes ou ceux qui ne sont ni musulmans, ni juifs, sont obligés de manger selon des rites qui ne sont pas les leurs dans les enseignes de restauration rapide, ce qui implique donc le paiement d'une taxe religieuse.

 Ils oublient une première chose, je doute pour cette raison que ce soit des bons vivants, la viande abattue selon ces rites n'est tout simplement pas bonne et sans goût, ce qui fait le goût de la viande c'est qu'elle soit « persillée » et qu'elle ne soit pas vidée de son sang.

 Ils en oublient une seconde, qui est encore plus importante vis à vis de la laïcité qui est que produire de la viande « halal » ou « casher » signifie verser une dîme aux autorités religieuses qui vérifient, parfois pour de rire, que la viande est préparée comme il convient.

 La certification halal est donc surtout une taxe religieuse, prélevée dès l'abattage, de 10 à 15 centimes d'euros le kilogramme de viande.

 En France, la mosquée de Paris, celle d'Évry et celle de Lyon sont les organismes habilités à délivrer les habilitations.

 C'est donc bien un impôt religieux réclamé sans lui demander son avis au consommateur qu'il soit musulman ou pas (liste des organismes de contrôle « halal » au niveau européen).

 La certification casher (signalée par un « K » ou un « U » entouré) se fait à l'échelle européenne, elle rapporte les mêmes sommes que la certification halal. C'est une affaire fructueuse. Elle touche 70% de nos produits alimentaires, sans que l'on demande là encore son avis au consommateur qu'il soit juif ou non (voir ici ce qu'elle rapporte).

 Ces deux certifications ne concernent pas seulement l'interdiction traditionnelle du porc, elles concernent aussi quasiment tous les autres produits, jusqu'aux glaces vendues dans le commerce voire les bonbons, les fruits de mer.

 Cela va jusqu'à l'interdiction de la sauce au chocolat sur les « sundae » dans les « Mac Do » car celle-ci étant préparé avec de la gélatine de porc.

 L'interdiction du porc, c'est assez facile à deviner, est une mesure essentiellement hygiénique concernant les pays orientaux soumis à un climat chaud, la viande de porc se conservant très mal au soleil. Et vider l'animal de son sang permet de le garder plus longtemps.

 Ces deux prescriptions « divines » sont donc essentiellement d'origine bien humaines et de bon sens.

 Dans les rites « cacherout » d'autres viandes sont interdites comme le lapin, et la plupart des fruits de mer, et il est inconcevable pour un juif respectant ces rites donc de déguster une excellente entrecôte bien saignante avec une sauce au roquefort, sans parler de l'alcool.

 Et je ne parle pas de tous les rites concernant les couverts qui doivent être nettoyés de manière bien spécifique.

 En Islam, on interdit principalement le porc et l'alcool, au départ surtout pour des raisons de sécurité publique : les premiers musulmans utilisaient du vin pour leurs ablutions juste après l'Hégire, mais vu quelques débordements que cela avait entrainé, il a été proscrit.

 Bien sûr certains me rétorqueront que les chrétiens mangent du poisson le vendredi et que dans la plupart des cantines de France, il y a du poisson au menu le vendredi. Je précise qu'il n'y a pas d'interdits alimentaires dans la religion chrétienne, ou d'interdiction de l'alcool même si des premiers chrétiens mangeaient en appliquant la cacherout.

mercredi, 15 février 2012

Province et Paris, pourquoi tant de haine ?

Aussi sur Agoravox

Il y a quelques jours, un couple mûr de ma connaissance m'a raconté l'anecdote suivante que je certifie authentique.

toile de Gustave Caillebotte prise ici

Rue-de-Paris--Gustave-Caillebotte.jpgComme ils sont originaires de Paris, il avaient mis sur leur plaque d'immatriculation le blason du 75.

Grossière erreur dans le département où ils vivent !

Sur une route prêt d'un centre commercial non loin de Rouen, leur voiture s'est déportée juste un peu sur la gauche, ce qui a fait que l'automobiliste derrière qui voulait doubler (sur une ligne continue) s'est mis à les klaxonner à qui mieux mieux tout en ouvrant sa fenêtre et en les accablant d'injures qui dénotait chez lui une haine de Paris et des parisiens.

Il ne s'est pas arrêté là, il les a poursuivi sur plusieurs kilomètres, en les « collant », jusqu'au parking du centre commercial où heureusement ils ne les a pas retrouvés.

Ce couple a eu peur, pourtant ils roulent plus à un « train de sénateur » que comme Fangio.

Et pourtant, bien sûr, de peur de tomber sur un autre dingue parisianophobe ils ont retiré le blason parisien.

Pourquoi tant de haine ?

Les parisiens ont-ils donc tous les défauts qu'on leur prête et plus encore ?

Alors certes, à lire « Dessine moi un parisien » d'Olivier Magny, d'après son blog, paru chez 10:18, ils en ont beaucoup mais ils sont aussi capables d'une chose qui compense, à savoir d'auto-dérision, car Olivier Magny est parisien, et moi qui le suis également en lisant son livre j'ai souvent ri aux éclats.

Et pourtant j'aime Paris et j'aime être parisien, le moment le plus dur quand j'y suis c'est quand je reprend le train.

Beaucoup de provinciaux qui liront ce livre, par contre, je ne suis pas sûr que tous le prennent au second degré comme il convient. Pour eux, ce ne sera que le juste reflet de la réalité, de ces méchants parisiens tellement sûrs d'eux qui viennent de la Grande ville toujours perçue comme une Babylone corruptrice, car au fond, l'anonymat, qui protège des ragots de province, permet une liberté de mouvements qui encore maintenant fait très peur à certains.

Se conduire librement ou selon son cœur, entraine un certain inconfort social dans les endroits où le commérage est roi. Dans beaucoup d'endroits où il règne en maître on préfère faire semblant et hurler avec les loups, ne surtout pas parler de l'ostracisation qu'y subit celui qui est étranger ou simplement différent des autres.

Il y a provincial et provincial de toutes façons, la province est multiple, et très différente que l'on soit à Lille et dans sa banlieue ou à Nice, ou dans le centre. Il y a des provinces très ouvertes, généralement quand ce sont des régions brassant des populations, et d'autres beaucoup moins accueillantes, où Paris ça commence à la sortie du village.

Mais partout revient le même refrain, la même détestation et l'activité principale semble être la « chasse aux parisiens », ceux qui « sont pas du coin », qui « se cachent », mais auxquels on vendra quand même sa camelote au marché.

Et l'on peut dire que finalement le « bobo » qui envahit Paris et le colonise, ce qui entraine, comme le souligne Olivier Magny la provincialisation lente de la capitale, est aussi un provincial.

image ci-dessous prise ici

15TrocaderoDscn3476.jpgLe « bobo » n'aime pas que l'on se fasse remarquer, il aime bien que l'on se fonde chacun dans sa communauté et ainsi « les vaches seront bien gardées », finalement il a encore collé au cerveau la boue que ses ancêtres avaient à leurs sabots. Il a encore l'esprit de clocher, toute personne qui n'est pas de son clocher est à bannir.

C'en est un monté en graine, petit bourgeois qui vient souvent de banlieues aisées ou de provinces, ayant les moyens de vivre à Paris, et qui du coup croit avoir surmonté ses complexes concernant les parisiens.

En revêtant la panoplie du « bobo » : mèche, chaussures bateau, barbe de trois jours, il s'imagine être devenu un vrai parisien, modèle déposé, alors qu'il n'a sur Paris qu'un point de vue stéréotypé : deux doigts de Doisneau, un peu d'Amélie Poulain en nappage, un zeste d'Audiard (il ne connait qu'Audiard, il ignore généralement Antoine Blondin, Albert Simonin, Marcel Aymé ou Boudard) dans le meilleur des cas, un « poulbot » de Montmartre dans ses toilettes, ça lui suffit.

mardi, 14 février 2012

Les "bouffeurs de curés" 2.0

Aussi sur Agoravox

Desproges l'évoque déjà dans son réquisitoire contre Siné au « Tribunal des Flagrants Délires », ces « bouffeurs de curés » qui imitent le cri des corbeaux au passage d'un prêtre, se croyant encore au "bon vieux" temps de "l'Assiette au Beurre", alors que ceux-ci ne portent plus la soutane depuis belle lurette, Deproges suggérait alors que les « bouffeurs de curés » avaient l'air de cons.

illustration tirée de "l'Assiette au Beurre" prise ici

Assiette-au-Beurre-032.jpgIls ne voulaient plus de religions, à mon avis, d'ici les prochaines années, ils vont être servis, la laïcité n'étant plus qu'un lointain souvenir en France depuis plusieurs décennies, et ce pas vraiment du fait des catholiques qui se partagent en France, pour les plus jeunes, entre traditionalistes et « laveurs de carreaux » charismatiques et exubérants, dans les paroisses disons « mainstream », on trouve surtout des laïcs d'âge mûr qui sont pour la plupart arc-boutés sur leur interprétation assez spécieuse de « Vatican II », et de moins en moins nombreux de par le fait.

A force de ne rien vouloir transmettre à leurs enfants sur le plan spirituel, sous peine de passer pour paternalistes, ou pire encore réactionnaires, leur progéniture a largement déserté les églises dans lesquelles elle ne met les pieds qu'à l'occasion de rassemblements hyper-affectifs qui sont comme un grand bain grégaire et confortable.

 

Dans leur esprit, le christianisme, et son pendant catholique, est encore largement dominant et bien sûr oppressif en France, alors que 2% de français au mieux pratiquent tous les dimanches.

 

On se marie à l'église pour le côté ostentatoire social, la photo avec les amis d'école, la belle robe, l'habit, et le tonton un peu plouc en fond, mais les adolescents ne font plus leur profession de foi, et si on se fait enterrer religieusement ce n'est pas que l'on y croit mais « l'on ne sait jamais » en quelque sorte.

 

Face à la mort, on note que le pire des « bouffeurs de curés » a quand même des doutes et qu'il éprouve souvent le besoin de se « mettre en règle », voire qu'il promet n'importe quoi afin de ne pas mourir.

 

Dans l'esprit des « bouffeurs de curés » il ne faut rien qui puisse se mettre entre leur consommation de choses et de personnes, aucuns scrupules ni remords, ni culpabilité. C'est surtout ça qui les gêne quant au catholicisme qui aurait été de ce point de vue tyrannique et moralisateur là-dessus de tout temps, ce qui montre qu'ils ne connaissent pas vraiment leur histoire car les mœurs du point de vue de la pudeur et de la sexualité étaient vécues largement plus crûment au XVIIème et XVIIIème siècles que maintenant finalement, tout comme au Moyen Age.

 

Que madame Boutin se présente, et elle est présentée comme la « candidate du Vatican », d'un complot des nostalgiques de l'ancien pouvoir de l'Église qui souhaiteraient le retour à l'obscurantisme, tout ça, car celle-ci étant « conseillère spéciale au Vatican », elle aurait donc la bénédiction du Pape.

Si la première fois, elle pouvait faire illusion, maintenant, je crois que personne n'est vraiment dupe quant à ses motivations concrètes.

Sa candidature a deux versants :

D'un côté elle est persuadée, peut-être même est-elle sincère, que cela lui permet de défendre les valeurs chrétiennes sur la défense de la vie, le mariage et la sexualité principalement. Et comme les autres candidats, elle est sûre et certaine d'avoir un destin personnel glorieux, ce qui pour elle va de pair avec ce qu'elles affirment être ses convictions.

Elle remet en cause les préoccupations sociétales des néo-bourgeois qui veulent en l'occurrence baiser, boire, bouffer et jouir sans que cela provoque chez eux de questionnement existentiel.

Et c'est ça qu'on ne lui pardonne pas.

Mais si elle parle et s'insurge contre certaines des conséquences de la Crise de Sens que nous traversons, elle n'en remet pas en question une seconde les causes dont le libéralisme et son corolaire consumériste, alors que c'est là que naît la crise morale.

C'est ce que fait le pape Benoît XVI dans son encyclique « Caritas in veritate » ce que les « bouffeurs de curés » font mine de ne pas voir car cela contredit leurs certitudes et ne colle pas dans leur tableau de la religion catholique.

C'est aussi qu'au fond ils ne souhaitent pas vraiment que l'on remette en cause le consumérisme roi...

De l'autre elle songe surtout à sa carrière et se fiche du reste.

Si « Paris vaut bien une messe », un ministère vaut bien un ralliement à un candidat par encore déclaré mais ça ne saurait tarder, qui promeut des valeurs qui sont à l'inverse de celles de l'Évangile bien qu'il se prétende catholique par ailleurs.

On aurait pourtant aimé qu'elle fasse preuve de courage, laisse de côté juste un moment ses ambitions personnelles, et qu'elle lâche vraiment sa « bombe atomique ».

J'ai bien conscience que mon petit texte ne changera strictement rien au point de vue des "bouffeurs de curés" pour qui un bon catho est un catho mort ou du moins un catho qui ferme sa gueule et qui pense comme tout le monde, de la même manière que certains demandent un pape "en phase", selon la formule de Philippe Muray, d'autres désirent que les croyants le soient également.

lundi, 13 février 2012

La culture générale ça sert à rien !

En débat sur Agoravox

En France, les « humanités » dites « bourgeoises », en particulier les Lettres, et un peu plus les Lettres Classiques, ont peu à peu perdu du terrain en quarante ans, après « Mai 68 » (vous savez, « Soissantuite », quand la France est passée une première fois "de l'ombre à la lumière », pour reprendre une formule qui a fait florès). La culture générale serait en plus ethno-centriste, entretenant l'orgueil de la culture française, et ça être fier de son pays, c'est mâââl.

tumblr_lqzgxcR3Af1r0jw5uo1_400.jpgDu passé il fallait faire table rase, donc qu'est-ce que l'on avait à fiche par exemple de ce tragédien certainement « snob » qui mettait en scène des aristocrates antiques, de ce « théâtreux » qui se moque des travers humains (ils n'ont guère changé) : l'avarice, l'hypocrisie, les prétentions, de cet écrivain, c'est certain narcissique, qui part de sa nostalgie enfantine pour raconter finalement son époque, de cet autre enfin qui racontait dans ses contes la vie des petites gens de son quartier, Montmartre, en la magnifiant (mais de quoi se mêle-t-il ?), et de cet autre encore qui écrivait en dilettante et qui buvait trop, etc.. ?

Les humanités comme la culture générale « ne servent à rien », ne sont pas quantifiables dans la mentalité commune, aux yeux de la majorité, la culture générale n'a, semble-t-il, pas d'utilité immédiate pour trouver du travail et encore moins pour gagner de l'argent, encore un peu moins depuis l'invasion médiatique des F.F.N (« Famous For Nothing » ou « célèbres pour rien »).

Ce résultat a pu être obtenu grâce aux réformes successives de l'Enseignement, en particulier de l'enseignement du français, et à l'union sacrée et objective des libéraux, pour qui la culture et les « humanités » sont nocives car elles ne servent qu'à rendre le salarié et le consommateur moins docile, taillable et corvéable à merci, tandis que pour la gauche et les libertaires c'était de l'élitisme social.

Et lire lui permet de développer son vocabulaire, de mieux exprimer ses désirs et donc de ne plus se plier à ceux que la société spectaculaire lui impose, de réfléchir.

Croire que c'était de l'élitisme est d'ailleurs une grossière erreur, il suffisait pour un quadragénaire d'interroger ses grands-parents sur tel classique dont l'un connaissait encore des vers par cœur quarante ans après, quand l'autre pouvait discuter sans aucune difficultés des mérites comparées de l'œuvre de Dali et de celle de Picasso, alors que l'un et l'autre avaient arrêté l'école tôt.

C'était donc tout le contraire de l'élitisme. A cela, on répond qu'il ne faut surtout pas dire que c'était mieux avant, l'être cultivé moderne vit comme tout le monde dans un perpétuel présent mouvant et bruyant.

En fait d'anéantissement de l'élitisme supposé de la littérature, de la musique et des arts, cela a engendré un sur-élitisme dans lequel la culture ou assimilée est réservée à un tout petit milieu selon des codes et un jargon particulier, ce qui permet de donner l'impression d'avoir « la carte ».

On constate d'ailleurs que même dans ce microcosme, il s'agit moins de paraître cultivé que de l'être vraiment et que le relativisme y est une pratique répandue ainsi que le « name dropping » ou l'« art dropping ». Dans ce milieu parfois grotesque, on est persuadé que se balader en ville avec « le monde » plié sous le bras suffit pour se prétendre intellectuel (de choc).

On jette aussi des noms célèbres à l'interlocuteur afin de provoquer son ébahissement voire son envie :

Soulages, qui a peint rappelons le avec ses excréments, Damien Hirst, qui coupe les animaux en tranches fines et crucifie les moutons est réputé tellement audââcieux (c'est toujours audacieux de conchier la religion catholique dans les arts, quant aux autre religions les artistes à la page sont des plus prudents), sans parler des « Arts premiers ».

Quant à cette appellation, on note au passage que celle-ci, qui est censée effacer toute idée de hiérarchie entre les arts occidentaux et les autres en recrée une, puisque tous les autres arts deviennent donc des arts seconds, moins chimiquement purs en somme.

On aurait pu croire que finalement la culture générale devient un signe de stigmatisation sociale alors qu'en fait il n'en est rien, encore un peu plus malgré sa déshérence, la culture générale implique des complexes sociaux très forts pour celui qui n'en a pas ou croit qu'il n'en a pas, même s'il plastronnera par ailleurs en ricanant contre les prétentieux « qui ont lu des bouquins et se croivent mieux que les autres ».

On lui oppose sans cesse l'expérience personnelle et des témoignages réputés vrais, que l'on montre comme beaucoup plus sérieux.

La plupart du temps on oublie que nombre d'écrivains se sont mis à écrire aussi pour partager leurs expériences fût-ce à travers des récits imaginaires et que leurs histoires ouvrent des portes sur tous les mondes possibles.

vendredi, 10 février 2012

De Narcisse à Facebook

Aussi sur Agoravox

 Quand on parle de l’ultra-narcissisme moderne et l’invasion du virtuel qui fait que beaucoup confonde leur vie sur le réseau et la vie, on oublie de dire que cela a commencé il y a fort longtemps bien avant Internet, aux temps antiques et mythologiques et dans les contes. Et pour être bien clairs, et répondre à des commentaires courroucés prévisibles, Internet est un moyen de communication formidable, un outil qui apporte beaucoup de choses, mais c'est seulement un outil et non une fin en soi.

Le "Narcisse" du Caravage est pris ici

Narcisse_Caravage.jpgLe narcissique avait pour habitude déjà de prétendre que le narcissique c’est l’autre pas lui, le mégalo, le vaniteux tandis que lui avait su conserver toute sa simplicité, son honnêteté. Pour lui c'est sûr il fait partie des « vraigens »...

Parfois il y a des narcissiques des plus talentueux, qui aiment bien se regarder mais étant donné leur génie par ailleurs, on leur pardonne sans aucune difficulté, comme François-René de Chateaubriand, et Victor Hugo voir Proust plus tard qui écrit la Recherche en se mirant lui aussi dans le miroir, de ses souvenirs d'enfance.

Mais eux c’était deux géants…

Narcisse était un jeune grec qui adorait se regarder le nombril, le visage, les mains, le bras, les cheveux, dès qu’il croisait un miroir ou un plan d’eau. Progressivement, il finit par confondre sa personnalité avec ce qu’il voyait dans le reflet.

C’était de plus en plus important, le reste devenait franchement accessoire, c’était du superflu. Il ne voyait plus personne y compris les jeunes athéniennes qui l’idolâtraient et portaient sa beauté aux nues. Elles l’agaçaient parfois un peu car cela lui faisait perdre du temps pour s’admirer et puis elles s’assortissaient mal avec lui.

Ce qui devait arriver, il prit racine en se regardant dans une rivière, et se transforma donc en cette fleur jolie mais un peu indolente et molle à laquelle il donna son nom, le genre de fleur qu’offre les radins au premier rendez-vous.

Dans « Blanche Neige », la méchante belle-mère adore se mirer dans son miroir qui a l’avantage d’être interactif avant l’heure et de lui faire des compliments à toute heure du jour et de la nuit.

A force de se regarder, elle ne vit pas sa maturité arriver à grands pas avec la quarantaine et la ménopause, et son cortège de petits tracas, elle en conçut une névrose qui la poussa à tenter d’assassiner sa belle-fille, en l’occurrence celle de son troisième mari, un roi d’une principauté germanique un peu rude, mais c’était tout ce qu’elle avait pu trouver.

Elle finit très mal elle aussi, en tombant dans les abîmes.

image ci-dessous prise ici

mar%E2tre%20de%20blanche-neige.jpgCes deux histoires, pourtant, tout le monde les connait, mais cela ne change rien, l’homme moderne a pris et Narcisse et la belle-mère de Blanche-Neige comme maître et maîtresse à penser, et il dispose des avantages de la technique moderne, dont son téléphone portable qui ne quitte jamais ou presque la paume de sa main, ça le rassure et le conforte, en plus, même lorsque l'appareil est éteint, il peut voir son reflet dedans. Il a plus de moyens pour mieux s’en sortir que le premier qui s’est transformé en plante verte et la deuxième qui a voulu supprimer la pauvre petite princesse romantique et brune que tous les princes lorgnaient du coin de l’œil espérant lui faire subir quelques premiers et derniers outrages

Le Narcisse moderne ne voit déjà pas qu'il a d'ores et déjà de toutes manières la cervelle d'une plante verte...

Le Narcisse ou la belle-mère de Blanche-Neige moderne se construisent tous deux un personnage, le premier se rêve génie injustement méconnu, rebelle ou Robin des bois, révolutionnaire ou chevalier défendant la civilisation, il s’invente un personnage et adopte souvent un comportement qu’il s’imagine convenir à son personnage. Ce personnage complètement fantasmé devient pour eux leur « vraie » personnalité, ce qui crée une aliénation car dans la vie, ils sont souvent tout aussi effacés et dociles que les autres.

La deuxième invente de nouvelles formules pour compenser ce qu’elle estime être une dégénérescence insupportable pour elle, elle se dit active, dynamique, elle c’est l’inverse du Narcisse, elle ne supporte plus son reflet, elle ne veut pas le voir, elle veut que le miroir lui en renvoie un autre beaucoup plus flatteur

La télévision aime bien flatter les narcisses jeunes et moins jeunes et faire mine de parler d'eux et rien qu'eux dans des émissions où elle feint de leur donner la parole et d'aborder leurs -petits- problèmes, qui sont surtout des problèmes de nombril, en jouant sur l'identification à des archétypes souvent un peu trop caricaturaux pour être honnêtes.

Là, le Narcisse moderne pleure un peu sur ce qu'il voit et sur lui-même, surtout sur lui-même. Il aime bien rêver sur la banalité, et c'est paradoxal, mais même dans le virtuel il est incapable de s'abstraire du trivial et de lui-même, de s'ouvrir à autre chose que lui. Toute contradiction lui devient insupportable. Car le contredire c'est remettre en question le personnage flatteur qu'il s'est construit.

jeudi, 09 février 2012

Des clichés et lieux communs sur la guerre d'Algérie

En questions sur Agoravox

 Faire réagir un adepte de la pensée hygiéniquement correcte n'est pas très difficile en 2012, il s'agit de prononcer certains mots, c'est comme appuyer sur des boutons, la réponse vient automatiquement ce qui permet à celle ou celui qui la prononce de ne pas avoir à réfléchir ou se fatiguer à chercher construire une réflexion saine et argumentée :

illustration prise ici

article_SGE.QOD19.190407164810.photo01.photo.default-512x391.jpgDîtes « nation », (ou drapeau, patrie, etc...).

Toc ! On vous accuse d'être xénophobe, raciste, fââchiiste, un nervi de Marine le Pen.

Prononcez le mot « catholique », dîtes que vous l'êtes, ou que vous n'êtes pas hostile à l'Église, vous voilà un soutien des bigots, et on vous soupçonne très vite d'intégrisme.

Et parlez d'Algérie sans parler aussitôt de la torture, des horreurs de la colonisation, vous voilà révisionniste politique, assimilé aux pires théoriciens des « ordres noirs » quand l'injure n'est pas immédiate et généralement des plus abjectes.

La guerre d'Algérie est un sujet que l'on ne peut pas aborder en France en le nuançant sans provoquer aussitôt une levée de boucliers courroucés et maintenant indignés (depuis l'opuscule de Saint Stéphane Hessel, les beaux esprits ont l'indignation rapide, il la dégaine plus vite que leur ombre).

Le Mal absolu est irréductiblement pour eux du côté français, le Bien absolu du côté FLN. Aucune critique n'est possible sur les agissements de ce mouvement qui n'était d'ailleurs pas le seul à militer pour l'indépendance de l'Algérie (on modère souvent l'importance dans la décolonisation du Mouvement National Algérien et du Parti Communiste Algérien).

Pour les belles consciences, la colonisation est dans l'ensemble à rejeter, donc aussi la culture du colonisateur où ses valeurs.

Celles-ci, qui promeuvent pourtant le « vivrensemble » en France, oublient que dans la plupart des quartiers d'Alger ou d'Oran, des populations diverses arrivaient à vivre dans les mêmes endroits sans pour autant se rejeter ou se détester, sans que la haine ne prospère ou le communautarisme, donc pratiquaient déjà le « vivrensemble »...

Les uns et les autres se retrouvaient pour fêter Noël, Kippour ou l'Aïd, sans que les uns cherchent à prendre le pas sur les autres.

Dans « la Peste » ou « l'Étranger » de Camus, l'auteur décrit l'animation des rues, les jeunes filles qui n'étaient pas poussées par la pression sociale, l'instinct grégaire et (-ou?-) la peur à porter un voile sur leurs cheveux.

Albert Camus est d'ailleurs l'exemple parfait du « pied noir » faisant partie avec sa mère d'un milieu simple, comme beaucoup d'autres, et ne pouvait être assimilé, comme beaucoup d'autres, à la caricature habituelle des colons profiteurs, racistes, avides et cyniques que l'on répand par ailleurs.

Camus, ainsi que le rappelle Michel Onfray dans son dernier livre, avait averti de la question du devenir des populations d'origine européenne après la fin de la guerre d'Algérie ainsi que des harkis, et qu'opposer seulement la haine et l'esprit de vengeance à ces personnes était tout aussi inhumain que la torture pratiquée par l'Armée française de 1954 à 1962.

Simplement pour avoir proposé de ne pas avoir d'indignation sélective, simplement pour son désir de traitement humain et équitable de chacun, Camus fut trainé dans la boue, soupçonné de sympathies pour l'Algérie Française et bien sûr la droite la plus radicale.

En lisant cet article d'Edward Saïd, le raccourci est vite fait là encore, Camus est « Algérie Française ».

Cela ne fait aucun doute.

Pourtant ce que proposait Camus était largement généreux et plus intelligent qu'une partition, qu'une séparation, il suggérait la création d'une fédération des pays du Maghreb et de la France par delà la Méditerranée, où arabes et français auraient vécu à égalité, soluble dans son esprit dans l'Union Européenne qui était à venir, et qu'à cette époque on pouvait rêver comme une véritable fédération de nations. C'est ce que beaucoup de partisans de l'« Algérie Française » souhaitaient, car ils n'étaient ni fââchiistes, ni réactionnaires.

Malheureusement la plupart des français étaient plus ou moins indifférents à l'Algérie et son avenir, pensant comme De Gaulle que l'on « ne pouvait faire de ces bicots des français » (cf les mémoires de « mongénéral »).

Les premiers colons étaient des petites gens, souvent des paysans alsaciens, ou parfois allemands, à partir de 1846, et surtout après la guerre de 1870/71 et l'annexion de l'Alsace-Lorraine, où ceux qui voulaient rester français ont émigré, créant les vignobles du « Sidi Brahim ». On aura plus de renseignements sur les colons alsaciens par ici, à ce lien.

En 1848, seize convois ferroviaires partirent de Paris et un de Lyon, chargés de 12000 ouvriers français émigrant en Algérie (un lien par là). On dans les deux cas très loin de l'image d'Épinal du colon profiteur et exploiteur, riche et avide.

En 1962, quand ils furent rapatriés, les « pied-noirs » étaient encore majoritairement composés de petites gens. Parmi eux, il n'y avait pas de juifs séfarades dont l'histoire avec l'Algérie commence plus tôt que les français, et pourtant le cliché du « pied-noir » est encore relié maintenant à celui du marchand d'habits du Sentier, hâbleur et extraverti, alors que cela n'a rien à voir. Ils furent plus de un million (précisément 968685 rapatriés venus d'Algérie, 263357 du Maroc, 179985 de Tunisie, d'autres renseignements précis à ce lien), à rentrer en France, avec pour seule possession une valise, ce qui était déjà mieux que le cercueil.

Le terme « pied-noir » était plus ou moins péjoratif puisqu'il désignait ces colons issus de la plus petite paysannerie.

Certes, soyons honnêtes, deux-cent mille parmi eux choisirent de rester, ce qu'ils firent sans trop d'encombres, après s'être attiré les bonnes grâces des nouvelles autorités algériennes.

Tout comme lorsque l'on aborde la question des massacres de la « Vendée » pendant la Révolution, aborder celui des 220 000 « harkis » pourtant écorchés vifs, dépecés, et j'en passe, provoque des réactions extrêmes (le détail de leur massacre à ce lien, chiffres et statistiques). Là encore c'est comme appuyer sur un bouton qui déclenche une réaction automatique, on vous soupçonne immédiatement de révisionnisme, de négationnisme, des pires intentions.

Citons à leur propos le témoignage de Mohammed Hamoumou dans son livre « Et ils devinrent harkis » paru chez Fayard en 1993 :

« la plupart furent humiliés et torturés publiquement, longuement avec un luxe de raffinement dans l'horreur. La mort était une délivrance, d'où la recherche de morts lentes pour faire durer l'expiation. Le supplice est destiné à rendre infâme celui qui en est la victime et à attester le triomphe de celui l'impose. Plus le doute est permis sur le l'infamie de l'accusé plus le supplice doit être démesuré pour persuader l'assistance de la culpabilité de la victime ».

Curieusement, ce genre de témoignages, et tous les autres, ne suffit pas à éveiller la moindre parcelle de compassion chez les beaux esprits qui poussés à bout il est vrai admettent qu'ils sont indifférents au sort des harkis.

mardi, 07 février 2012

Les mythes éculés de la politique française

Aussi sur Agoravox

 Quelqu'un qui m'était proche le disait souvent :

 « Nous vivons sur des mythes éculés ».

medium_voltaire_et_fr%C3%A9d%C3%A9ric_II.jpgIl suffit de lire divers articles et publications suite à la sortie bien calculée de Claude Guéant, qui a réussi son coup au delà de toute espérance, les beaux esprits étant tous tombés dans le panneau, pour comprendre que c'est totalement exact et que cela décrit fort bien la vision de la politique qui domine dans notre société, où nous sommes toujours visiblement dans l'immédiat après-guerre, juste après la Libération et l'Épuration, et qu'au fond la Guerre d'Algérie n'est pas encore tout à fait terminée.

 

Concernant la Libération, on est en 2012 toujours dans le mythe de la France majoritairement résistante, alors qu'il n'en fût rien, dans l'idéalisation de De Gaulle : de l'extrême droite à l'extrême gauche tout le monde est gaulliste, oubliant en passant l'orgueil extrême du personnage, ses appétits de pouvoir qui pour lui ont justifié l'emploi de tous les moyens, y compris le mensonge éhonté au peuple français, à commencer par le « Je vous ai compris ».

De Gaulle a au moins laissé une constitution qui a assuré à la République une certaine stabilité et une cohérence depuis 1958.

Tout contradicteur du mythe de la Résistance de la majorité des français, de celui de « mongénéral » est assimilé à un nostalgique de Vichy et du maréchal Pétain qui obtint, rappelons-le, les pleins pouvoirs d'une chambre des députés majoritairement à gauche, et non de droite et revancharde.

Cela les belles consciences l'avaient étrangement oublié sitôt la guerre finie.

Pendant la Guerre d'Algérie encore, celles-ci condamnaient la violence, la coercition, la torture du côté français, mais ignoraient délibérément voire justifiaient, en particulier dans « les Temps modernes », les horreurs commises par le FLN, dont le génocide, car c'en est un, des « harkis », comme on a pu le voir avec la parution du livre de Michel Onfray sur Albert Camus, qui rappelle la polémique qu'il y a eu à ce sujet entre les « sartriens », et Camus, traîné dans la boue car osant énoncer quelques évidences humaines, et sans parti pris violent.

D'ailleurs, de fait, Onfray s'en est pris plein la figure comme son modèle, et pour les mêmes raisons, à commencer par son irrespect des dogmes de la pensée hygiéniquement correcte. Ce n'est pas que je partage les vues qu'il expose dans son « Traité d'Athéologie » mais rien que pour sa visite à la basilique « Notre Dame d'Afrique » à Alger et au père Bernard Lefèbvre que je connais bien, il lui sera beaucoup pardonné.

 Les disciples de Sartre, qui résista vaillamment à la terrasse du « Flore » avec Simone de Beauvoir, la sainte patronne des féministes, pendant toute la guerre, figure de la gauche mythologique, avec Émile Zola, et maintenant Saint Stéphane Hessel, le trainent dans la boue, l'accusant de tous les maux et bien sûr d'être un partisan du retour aux z-heures les plus sombres de notre histoire (TM°). Injurier le contradicteur en le réduisant à un nazi ou un fasciste évite de discuter, de réfléchir et d'argumenter pour de bon.

 La France n'a pas digéré son histoire immédiate, ou moins immédiate, s'en faisant une idée abstraite et idéalisée ou diabolisée, que l'on soit à droite comme à gauche.

 Beaucoup de commentateurs nous reparlent des « Lumières » qui auraient amené la laïcité et la liberté contre la mainmise réputée insupportable et infernale de l'Église, que la Révolution nous aurait fait passer de « l'ombre à la lumière » comme quelques décennies plus tard un certain 10 mai, et « Soissantuite » alors qu'au fond la Révolution a surtout consacré l'avènement de la classe bourgeoise comme classe dominante et que le 10 mai 1981 et « Soissantuite » ont mis en lumière les préoccupations surtout sociétales, à savoir pouvoir « baiser, boire et bouffer » (ce qui est très différent de « faire l'amour, goûter un vin avec des amis et apprécier la bonne chère »), et consommer sans aucuns remords, scrupules ou souci de l'autre, à défaut d'être réellement sociales de milieux restant très bourgeois qui ont abandonné le paravent moralisateur dont ils se couvraient auparavant pour trousser la bonne ou aller en « maison de tolérance ».

 Sur la Révolution, On nous parle du 14 Juillet, qui libéra cinq prisonnier d'une forteresse tenue par vingt et un soldats armés de pétoires hors d'âge et massacrés ! Un pédophile, entre autres. On nous rebat les oreilles avec la libération de la Révolution qui fit des petits paysans des prolétaires tenus au silence en face des bourgeois et des entrepreneurs par la loi Le Chapelier.

 Et la Vendée dite « vengée » n'est même pas dans les manuels d'histoire alors que c'est sûrement le premier génocide organisé de manière rationnelle et selon un plan strict par les autorités d'un pays, à peine parle-t-on de quelques dérives que l'on excuse...

 La plupart des belles consciences semblent ne pas avoir entendu la déclaration suivante, reproduite ci-dessous et qui visiblement les choque moins. C'est le premier paragraphe du préambule de cette déclaration des droits de l'homme en Islam faite par les États membres de l'Organisation de la Conférence Islamique :

« Réaffirmant le rôle civilisateur et historique de la Umma islamique, dont Dieu a fait la meilleure Communauté ; qui a légué à l’humanité une civilisation universelle et équilibrée, conciliant la vie ici-bas et l’Au-delà, la science et la foi ; une communauté dont on attend aujourd’hui qu’elle éclaire la voie de l’humanité, tiraillée entre tant de courants de pensées et d’idéologies antagonistes, et apporte des solutions aux problèmes chroniques de la civilisation matérialiste. »

 Pourtant, le sens en reste le même que dans celle de Claude Guéant, il y a des civilisations supérieures aux autres.

 En quoi est-ce différent ici ?

image prise ici

sartre-et-camus.1263305063.jpgD'aucunes parmi les belles consciences ont rappelé les splendeurs de la civilisation mozarabe, son raffinement, qu'elles ont opposé à cet autre mythe éculé qui est l'obscurantisme supposé du Moyen-Age occidental, sous le joug de clercs violents et cyniques, avides de richesses, mythe qui perdure depuis Michelet, et qui est bien ancré encore maintenant, et ce malgré tous les travaux des historiens qui ont démenti point par point ce parti pris que l'on excuse à Michel vu son style flamboyant.

Alors, certes, nous devons à la société arabo-andalouse la poésie française, par ce qu'elle a apporté à nos troubadours, une influence majeure sur l'architecture romane puis gothique. Les premiers constructeurs romans se sont inspirés des arches des mosquées mozarabes.

C'est évidemment loin d'être négligeable mais il ne faudrait malgré tout pas oublier la « dhimmitude » que subissait toutes les populations qui n'étaient pas musulmanes, et les vexations qu'elles subissaient régulièrement. Les beaux esprits n'ont d'ailleurs pas envie de creuser vraiment la question il faut dire, dans leur cervelle, il s'agit surtout d'excuser un obscurantisme par un autre, selon le préjugé qui veut qu'une violence en excuse une autre en somme.

La plupart des mythes éculés sur lesquels se basent la vision de la politique en France sont donc surtout de gauche, mais il y en a aussi à droite comme celui qui voudrait qu'être à droite signifie forcément être libéral et pro-mondialisation, pour un « laisser-faire, laisser-passer général ». A droite si on perçoit la crise de sens, la crise morale de notre société tout comme certains auteurs de gauche il est vrai, on est incapable de voir que cette crise de sens procède du libéralisme, du consumérisme et du libre-échange et non d'autre chose.

 Tous ces mythes ont la vie dure, ils sont engendrés par une vision du monde qui force sur l'abstraction sans tenir compte de la nature humaine ou de contingences qui paraissent souvent triviales aux utopistes ou aux idéologues, ce sont souvent les mêmes. Ce n'est pas que l'utopie soit mauvaise en elle-même et à rejeter complètement, mais elle n'empêche pas la lucidité.

samedi, 04 février 2012

Les SDF meurent toute l'année...

Aussi sur Agoravox

 Quand la température descend considérablement (les journalistes découvrant ce fait étonnant, il fait froid l’hiver !) comme en ce moment, il est d’usage, chaque année, de s’apitoyer avec un rien d’hypocrisie et force mièvrerie du sort des SDF.

image prise ici

200811290462_zoom.jpg Quand l’un d’eux meurt de froid, on verse des larmes de crocodiles, puis on oublie, jusqu’à l’année prochaine.  On s’achète une bonne conscience et on rentre au chaud chez soi et pleurnichant devant son écran.

Et rien ne change.

 Cet apitoiement n’a rien de sympathique, il écœure.

 Cela ne date pas d’hier, en lisant le sympathique livre de Jean-Paul Clébert, « Paris insolite » (dans la collection « Points » aux éditions du Seuil), où il raconte sa vie à « la cloche de bois », l’auteur le dit bien, il n’y a que peu de solidarité déjà, parmi les plus pauvres eux-mêmes. Il donne aussi un témoignage qui s’oppose aux images d’Epinal, il le dit bien, quand on dort à la « belle étoile » on dort mal, et le matin, et si on ne se lave pas c’est aussi parce que l’on a tout le temps froid.

 Tout comme le livre de Patrick Deckerck, « les naufragés » (dans la collection « Terre humaine » de Jean Malaurie), le livre de Clébert tente de lutter contre les préjugés et partis pris angéliques concernant les sans-abris. La pauvreté voir l’extrême pauvreté ne rend pas meilleur, hélas.

 Les journalistes, les politiques, et le reste de population réagissent comme si il n’y avait pas de « sans abris » dehors les autres saisons, et qu’il n’y avait pas de morts parmi eux le reste de l’année alors qu’il y a peut-être plus de décès dans cette catégorie de la population l’été.

 Paradoxalement, et ironiquement, on constate qu’à Paris dans les quartiers les plus bobolisés, les rues « branchées », les SDF sont superbement ignorés, ils gênent plutôt qu’autre chose dans le décor, quand on les voit sur les bouches de métro, sous les portes cochères, et voire même sur le pas de porte d’associations dites caritatives qui ne sont pas fichues, elles non plus, d’ouvrir leurs bureaux le soir alors qu’il y a urgence.

 En plus, certains ne disent même pas « merci » avec déférence quand on leur laisse une petite pièce, car même les bourgeois bohèmes ont parfois mauvaise conscience !

 Un SDF avec qui je discutais en attendant le bus à Evreux me raconta son histoire et sa visite dans les services sociaux du département censés l’aider à se reloger alors que cela fait sept ans qu’il est à la rue. Les dames chargées de l’accueil lui dirent qu’il ne fallait pas qu’il se montre trop impatient, car il y avait 3500 dossiers avant le sien.

 Comme il manifestait justement son agacement, celles-ci lui lancèrent que « déjà elles l’écoutaient, qu’il ne faudrait quand même pas qu’il exagère » ce « gros gâté »,

 Une autre hypocrisie majeure est de laisser croire qu’il n’y a en somme que dans les grandes villes qu’il y a des SDF et des « mal-logés », donc surtout à Paris, et que l’on n’en voit pas en province, ou dans les petites villes rurales que leurs habitants voient encore telles qu’elles étaient au XIXème siècle quand il existait encore en ruralité un véritable lien communautaire.

 Alors que le problème se pose partout de la même manière.

 Beaucoup préfèrent se reposer sur l’image qu’ils se font de l’endroit où ils habitent, où l’on serait plus solidaire, plus humain alors qu’il n’en est rien, et que ce serait même de pire en pire du fait de l’afflux de « rurbains » qui ne veulent surtout pas entendre parler ni de précarité, ni de mal-logement, ni de pauvreté, dans leur pavillon acheté à crédit.

 On a d’ailleurs des pauvres la même idée que l’on en avait au XIXème siècle, ce sont des « fainéants », des « voleurs de poules »…

 Il faut dire que la pauvreté fait peur, car la plupart des français savent fort bien que dans notre société consumériste, la pauvreté peut toucher tout le monde sans exception et ce du jour au lendemain.

 Cela n’empêche pas la course à l’abîme que représente l’achat à crédit des objets réputés indispensables pour vivre en 2012, crédit pouvant très vite mener au surendettement.

 Peu importe, tels les lemmings qui vont se jeter du haut de falaises gigantesques une fois l’an sans que l’on ne sache trop pourquoi, c’est simplement l’instinct grégaire qui les pousse à cela, les consommateurs continuent à s’endetter et risquer de se retrouver à la rue et jusqu’à la fin ils le feront...

jeudi, 02 février 2012

Vrais et faux sceptiques

RTEmagicC_descartes2.jpg.jpgportrait pris ici

En débat sur Agoravox

On dit que la France est une nation de cartésiens, d'esprits clairs et rationnels, parfois un peu trop triviaux et matérialistes dans leurs réflexions. On s'aperçoit au fil des lectures d'articles, de forums, des conversations, qu'il n'en est en fait plus rien, ce qui est à la fois amusant, jusqu'à un certain point, et effrayant car les esprits crédules incapables de scepticisme, d'abstraction ou de réflexion personnelle sont voués à n'importe quelle tyrannie, dont celle des imbéciles et de leurs imbécilités.

 Il y a des sceptiques qui n'ont plus beaucoup d'illusions sur leurs contemporains et à l'image de Montaigne, ce sceptique génial qui avait à cœur d'être « guelfe avec les gibelins, gibelin avec les guelfes », de surtout rester libres de toute entrave à un groupe, quel qu'il soit, ont envie de s'enfermer dans leur bibliothèque en attendant des jours meilleurs, lisant et écrivant, d'autres qui se convainquent qu'ils croient aux lendemains qui chantent alors qu'ils savent très bien que ceux-ci n'auront pas lieu, mais c'est moins désespérant d'y croire, d'autres encore qui ont envie d'ouvrir leur grande bouche et de naviguer à contre-courant.

 Faisons tous les jeux de mots ignobles sur la question avant de commencer cet article vraiment, ce qui fait que l'on en sera débarrassé ensuite.

 L'auteur de ces lignes est un sceptique ; mais un faux sceptique (« faux sceptique » : « fosse sceptique », suis-je spirituel).

 Le doute m'habite (le doute ma b..., on m'aura compris quant à la suite...) car les certitudes rendent fou, c'est Nietzsche qui le dit dans « Ainsi parlait Zarathoustra » :

 «Ce n'est pas le doute qui rend fou : c'est la certitude».

 On dira, comment l'auteur de ce papier peut-il être à la fois croyant et sceptique sur tout le reste ? C'est assez simple, je crois en Dieu et en rien d'autres véritablement, et fait mienne cette prière du pèlerin de Saint Jacques de Compostelle (« Tout est néant : Rien n’est vrai que l’amour. », la suite à ce lien). Un chrétien peut être sceptique en particulier sur toutes ces théories globalisantes qui ne mène qu'à la haine, la sottise et la déshumanisation. Il peut même sans problèmes douter de l'historicité des évènements des écritures, y appliquer un doute méthodique, certains penseront que c'est dangereux pour leur foi, mais la vérité que cette méthode permet de dépister sera sur du roc.

Mais aussi affirmer quant à la morale que tout est permis mais que tout n'est pas profitable, pour paraphraser Saint Paul...

 Ce n'est pas à la mode d'être sceptique, de douter des certitudes qu'égrène les masses chaque jour, des certitudes qui fluctuent d'ailleurs selon le sens du vent, ou telle ou telle ânerie bien vue du troupeau. C'est Hannah Arendt qui a très bien résumé ce phénomène de massification politique, et la simplification extrême des opinions qui va avec, dans « la Crise de la Culture ».

 Dans ce livre elle dit également cette phrase ci-dessous, qui résume fort bien les aspirations du citoyen-consommateur :

 « La société de masse ne veut pas la culture mais les loisirs. »

 Et celle-ci confond les divertissements, au sens pascalien du terme, avec la réflexion. Pascal, on le voit avec la citation suivante, connaissait bien notre société d'hyper-consumérisme :

 « Ce n’est donc pas l’amusement seul qu’il recherche : un amusement languissant et sans passion l’ennuiera. Il faut qu’il s’y échauffe et qu’il se pipe lui-même, en s’imaginant qu’il serait heureux de gagner ce qu’il ne voudrait pas qu’on lui donnât à condition de ne point jouer, afin qu’il se forme un sujet de passion, et qu’il excite sur cela son désir, sa colère, sa crainte, pour l’objet qu’il s’est formé, comme les enfants qui s’effrayent du visage qu’ils ont barbouillé »

 On est toujours surpris par l'expression des crédulités dans une société qui se voudrait moderne et de progrès, et pas seulement celles des petites gens d'ailleurs, mais aussi celles des z-élites auto-proclamées, des z-intellectuels et assimilés, des politiques. Ce n'est d'ailleurs même plus à la mode d'être rationnel. Le plus étrange est que la plupart des crédules ont le culot monstrueux de se réclamer de la méthode de réflexion de Descartes et du « doute méthodique » qui recherche la vérité, ou du moins une vérité indubitable :

 « Je désirais vaquer seulement à la recherche de la vérité, je pensais qu’il fallait […] que je rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s’il ne resterait point après cela quelque chose en ma créance qui fut entièrement indubitable »

 Or, le doute méthodique implique, par nature, de laisser de côté ses croyances ou partis-pris, car cette méthode de réflexion serait alors faussée. Les partis-pris, les affirmations péremptoires, basées parfois sur des supputations ou des allégations sans grand fondement, n'y résiste donc pas longtemps.

 Alors, certes, l'étude cartésienne ne s'interdit aucune sujet, mais peu de sujets y résiste si elle est menée dans les règles.

La très belle illustration vient de ce blog

dyn005_original_432_672_pjpeg_2586152_f36bbacfd0526aebe751a271df462324.jpg Le sceptique est donc pris pour un narcissique qui finira au terminus des prétentieux, un égocentrique, car s'il est sceptique c'est sûr, c'est pour se montrer, pour qu'on ne voit que lui :

 De quel droit ose-t-il se mettre en avant en doutant des préjugés ou des lieux communs qui permettent à tout un chacun dans notre société consumériste de continuer à consommer des choses et des êtres sans trop se poser de questions ?

 De quel droit ose-t-il essayer seulement de sortir du comportement soumis à la morale ou l'absence de morale commune ?

 Et bien sûr de quel droit ose-t-il seulement être fier de ne pas penser comme tout le monde ?

 Le sceptique n'est pas exempt de tous préjugés d'ailleurs, l'esprit humain étant au fond un petit tas de préjugés souvent rances et assez laids à considérer, d'à-priori et de lieux communs que l'individu fait passer au gré de son humeur pour de la rébellion ou de la subversion. La différence est qu'il en a conscience...

 N'importe quel scribouillard, n'importe quel barbouilleur ou tripatouilleur de glaise, n'importe quel théâtreux ou cultureux, se réclame maintenant à chaque fois de la transgression, mais une transgression que tout le monde ou presque applaudit n'en est plus une.

 De plus en plus les « vraigens », nouveau concept se développant en ce moment comme une traînée de poudre, se revendique d'une transgression de l'analyse des médias, ou des milieux intellectuels qui font face à une défiance générale. Cette défiance est aussi une excuse toute trouvée pour justifier la paresse de certains à étudier réellement ce dont ils parlent sans être de parti pris, sans balancer l'un ou l'autre lieu commun.

vendredi, 20 janvier 2012

Les coups de pied au culte qui se perdent...

Aussi sur Agoravox on parle psychotronique

 « Hello You happy taxpayers !.. »

jaquette.jpgLa première fois que j'ai entendu parler du « culte » c'est dans « Starfix », fameux journal de cinéma des années 80, entre « Mad Movies », avant que ce mensuel ne devienne une sorte de fanzine pour « nerd » sanguinaire aux pulsions violentes, et que toutes les signatures intéressantes en partent, et « Positif » pour le côté pointu et cultivé sur le sujet, ayant paru de 1984 à 1990.

 Dans cette revue très éclectique un journaliste n'aurait fait l'erreur de confondre Eugene O'Neil et Charles Lindbergh sur une photo de "Zelig" de Woody Allen comme le fait l'auteure du livre sur ce cinéaste aux éditions du "Monde" et des "Cahiers du cinéma", par exemple, entre autres erreurs grossières. Woody Allen a trois films « cultes » dans sa filmographie : « What's new Pussycat ? », « Casino Royale », et « Tiger Lily ».

Et on constate la plupart du temps que dans le meilleur des cas, la cinéphilie des critiques ne va pas plus loin que les années 80, au mieux.

On y défendait autant des « nanars » parfois prometteurs comme ceux de Peter Jackson, alors méprisé, mais aussi les films asiatiques alors méconnus y compris des critiques dits élitiste.

Maintenant, il y a une mode du « nanar » vu comme forcément génial, alors qu'un « nanar » est d'abord et avant tout un film qui reste nul quel que soit le plaisir que l'on ait pris à le regarder, un plaisir pervers s'entend.

 Il y a aussi une mode du « geek » consommant de la SF débile au kilomètre sans discerner le bon film du très mauvais.

 Le « geek » ou « assimilé », comme dans la série « Bref » de Canal , est « in », ce qui fait qu'il n'en est plus vraiment un de « geek », c'est en gros dans l'acception actuelle un « adulescent » régressif et qui assume sa régression incapable de s'engager dans quoi que ce soit

 Y écrivaient Christophe Gans, Christophe Lemaire alias Painboeuf ou Nicolas Boukhrief, connaisseurs hors pair de l'œuvre de Max Ophüls mais aussi « Virus Cannibale » de Bruno Matteï, ne demandez pas qui c'est à un journaliste de cinéma actuel, sa culture cinéphile commence à Michael Bay dont le « style » de montage épileptique a contaminé tous les spectateurs de cinéma qui ne savent plus prendre le temps de regarder un film un peu plus lent.

 « Starfix » mettait en couverture aussi bien Kubrick que John Woo ou Cronenberg ou encore les Rita Mitsouko, pouvait traiter de Carpenter et Jean Eustache dans un même numéro, non pas d'ailleurs dans une absence de hiérarchisation des genres qui fait que l'on mette actuellement Rivette et sa « Religieuse » au même plan que « l'infirmière n'a pas de culotte » sur les rayons des supermarchés de la culture.

 « Get me to yout leader »

cinéma,littérature,société,politique,nostalgie,pellicule,culte Dans les « nanars », on trouve tous ces personnages de films absolument débiles, neuneus, cachant quelques fois des talents se révélant un peu plus tard, comme Peter Jackson avec « Bad Taste » ou « Meet the Feebles » ou Coppola avec « Dementia 13 », voire Scorcese, à l'école de Corman lui aussi, une école d'économie de moyens et de cadrage précis.

On aurait tort de mépriser cette culture « bis », la vraie, pas celle qui est à la mode, qui conserve au cinéma son aspect forain, ou bricolé. Bien sûr, il faut regarder ses films au deuxième degré, au minimum. Sans eux, pas de cinéma, il serait mort depuis longtemps.

 Certains atteignent le sublime, des fabuleux « clowns tueurs venus de l'espace » à « l'attaque de la Moussaka géante » (vérifiez dans un moteur de recherche, ça existe). C'est plus sérieusement par le « bis » et des journalistes « bisseux » comme Jean-Pierre Putters, fondateur de « Mad Movies », ou Jean-Pierre Andrevon, de « l'Écran Fantastique » que des cinémas autres que US ou hexagonal ou réservés jusque là aux salles « Art et Essai » ont été découvert dans nos contrées comme on l'a déjà dit.

 Ils n'ont pas eu besoin de « Tigres et Dragons » pour parler des films de Hong Kong, indiens ou même turcs.

 Il y a même de ces films « bis » qui instillent dans tout cela une bonne dose de subversion, de trasngression, ou de perversité, ou surtout de trublionisme finalement. Ainsi, une bonne partie du cinéma fantastique anglais des années 70 - en particulier « The Wicker Man »- ou les bandes filmées en super 8 « gonflé » de Tobe Hooper et Wes Craven, bien avant « Scream » (« La dernière maison sur la gauche », ou l'extraordinaire « les griffes de la nuit » qui n'est pas très éloigné des surréalistes). Sans citer John Carpenter ou David Lynch (« Eraserhead » est découvert à Avoriaz). Les teenagers sages et bien nourris du rêve américain, futurs yuppies bien pensants s'y révèlent psychopathes ou fous, ou se font décimer, les « rednecks » bien assis dans leurs conceptions traditionnelles de l'existence, amateurs de tartes aux pommes et glace du Midwest, des ploucs dégénérés.

 Et le libéralisme semble en lui-même d'ailleurs une invention de scénariste fou de film "bis" (cf : "Invasion Los Angeles"). Il est dommage de ce point de vue que même les circuits de production indépendants rentrent maintenant dans le rang des financiers...

 "Happy time my friend, all gone now..."

591.jpgDans un de ses deniers numéro, la rédaction présentait les films « cultes », c'est-à-dire des films connus par une minorité de privilégiés, d'« aficionados » passionnés, qui ayant parlé de l'oeuvre, lui ayant donné une réputation par le bouche à oreille, finissait par lui faire rencontrer un jour ou l'autre le succès :

 Ainsi « 2001, Odyssée de l'espace » de Kubrick, au départ un échec commercial, « Rocky Horror Picture Show », le film « culte » par excellence, projeté en France au « Studio Galande » à Paris depuis une bonne trentaine d'années, « La Dame de Shangaï », à l'histoire incompréhensible, qui ne devint célèbre et honoré que des années après sa sortir, dans un autre registre les films de John Waters, moustache d'expert comptable, cerveau excentrique et finalement complètement fou (Divine est allée beaucoup loin que tous les « Jackass » du monde dans la scène finale de "Pink Flamingos").

 Bien que , à mon avis tous ses films, cinématographiquement, ne méritent pas ce label même si, par ailleurs, on peut apprécier le personnage de John Waters théoricien du « kitsch », moins indolent que Jean Rollin par chez nous, et aussi du « culte » idées qu'il exprime dans ses montages photo et vidéo. Après quelques films consensuels, il est revenu vers une œuvre plus intéressante, plus originale, qui fut bien sûr un échec commercial total avec « Cecil B. Demented » en 2000, son dernier film plus ou moins tourné avec l'argent des studios et « A dirty Shame » en 2004, monté avec des bouts de ficelle.

Les premiers Cronenberg, le film à sketchs « Kentucky Fried Movie » des Z.A.Z, l'excellent et inénarrable « Flesh Gordon », beaucoup plus intéressant que l'adaptation des années 80, déjà pourtant kitschissime, les films de Russ Meyer ou de Jess Franco, alias Jesus Franco, s'appeler Jésus pour le messie des films de genre espagnols c'est logique me dira-t-on, chacun dans un genre différent ressortent du genre « culte », comme aussi, « Behind the Green door » et d'autres que j'oublie ici.

 Depuis, « culte » désigne la moindre « anodinerie » de n'importe quel cinéaste de comptoir ou écrivailleur de banlieue, on doit dire quelques gros mots, de ceux que les enfants s'imaginent rebelles et ça passe :

 Ainsi Michael Youn devient « culte », la vidéo de n'importe quel crétin visionné des milliers de fois sur Internet, Beigbeider qui parle de ses cuites c'est "culte" tout comme Amélie Nothomb causant de ses névroses, tout comme Lolita Pille nous narrant ses errements de gosse de riches, (la pôvre petite !).

 Un critique parle d'un film qu'il a aimé, il sombre immédiatement dans le superlatif grotesque, le film devient alors « mythique », « culte » encore, etc... (trop « dare » si c'est un critique qui pratique le langage « djeuns »). Encore moins qu'avant, on a le droit de s'ennuyer ferme devant un classique estampillé comme tel. Et si c'est le cas il ne faut surtout pas le dire, comme le fait par exemple que « Métropolis » est soporifique au possible par exemple.

 C'est d'ailleurs étonnant d'entendre tous ces gens prétendument libérés de la tutelle des croyances ou des superstitions ou autres se dire "culte".

 Le "Culte" ça se mérite donc enfin de compte..

Post scriptum subsidiaire  : Ce qui me frappe dans tous ces films c'est aussi leur innocence, leur absence de cynisme...

contrairement à leurs remakes actuels et aux séries B surgonflés que l'on sert aux consommateurs.


Rocky Horror Picture Show - Movie Trailer par Schutzengerl1205

jeudi, 19 janvier 2012

La culture post-moderne c'est pas LOL !

Aussi sur Agoravox

Dans une bibliothèque, pardon une médiathèque si l'on utiliser le vocabulaire post-moderne correct, (il ne faut pas privilégier « l'objet-livre » c'est être ou fétichiste ou réactionnaire selon la doctrine post-moderne de la « société des loisirs »), une mère, qui erre avec son fils entre les rayons visiblement perdue tout comme sa progéniture en « survêts », ou en « djeans » « baggys » avec la marque brodée à l'emplacement stratégique, le téléphone « portable » vissé à la main, présente uniquement pour la forme comme sa génitrice, l'entend qui demande (ça la soulage car elle peut alors se distraire en discutant avec lui) :

politique, culture, ignares, littérature, confort intellectuel- Maman, qu'est-ce que ces trucs bizarres sur les étagères ?

- J'en ai jamais vu à la télé, sauf dans les émissions rien chiantes que grand-père il regarde ?

Et chez nous, y'en a pas...

- Ce sont des livres mon chéri, je crois que ça s'écrit « l-i-v-r-e », dedans il y a des lettres et des mots, et parfois des images mais c'est pénible à utiliser, on ne peut pas zapper comme à la télévision, et puis c'est quand même moins pratique qu'Internet.

- A l'école, ils veulent qu'on en achète Maman, mais c'est trop trop dur, y disent que sinon on aura pas une bonne syntaxe et qu'on parlera mal. Et puis ça coûte trop cher pour ce que c'est, tu te rends pas compte !

La prof elle voulait qu'on achète un livre à deux euros ! Trop dare !

- Ils se trompent complètement mon chéri, malgré que on lise peu à la maison, ça le fait, on parle trop trop bien chez nous.

- Il faut pas les laisser dire, à l'école ils veulent te farcir la tête de choses qui ne servent à rien quand on travaille plus tard.

Et puis ceux qui lisent tu sais, c'est souvent rien que des prétentieux.

La culture est en France en 2012 de moins en moins un signe d'ostentation sociale, ce qui était déjà en soi quelque chose au moins, sous-entendant que tout n'était pas marchandisable, que l'enrichissement culturel ou intellectuel, un enrichissement qualitatif de l'individu comptait encore.

Ce qui n'est plus le cas.

L'individu post-moderne se contente d'une sous-vie sous vide, comme la bouffe qu'il achète dans les grandes surfaces, car sans curiosité, on ne vit pas vraiment...

Maintenant, il n'y a plus que l'argent qui compte, y compris les milieux de la haute, ou qui se présume haute, bourgeoisie, où l'éducation n'est même plus un mètre étalon pour jauger un individu et la curiosité qu'il a du monde qui l'entoure, du passé ou du présent de ce monde, des sentiments que d'autres ressentent ou de leur manière de les exprimer, leur façon de « dire » le monde.

Ces personnes qui essaient d'exprimer le monde différemment, à leur manière, tout en cherchant à le faire partager aux autres, ce ne peut être que des malades mentaux, des fous, des inadaptés, des égocentriques,

On les traite de narcissiques car en plus ils essaient de s'exprimer en dehors du commun, de l'instinct grégaire du « vulgum pecus » qui aime le confort, matériel mais aussi intellectuel, que lui procure le troupeau, car c'est tellement confortable de penser et de ressentir comme tout le monde.

 

Pour être exposé à Sèvres, sur le plan de la bêtise ou de l'absence de curiosité, les candidats pour servir de « mètre-étalon » se bousculeraient au portillon pour paraphraser un célèbre dialoguiste dans « le Cave se rebiffe ».

L'individu moderne, jeune ou vieux, qui se fiche maintenant d'être complètement ignare (généralement il ne veut même pas savoir comment fonctionnent les gadgets qu'il utilise chaque jour), a l'ignorance arrogante, il la revendique, étant persuadé que de toutes façons, en quelques « clics » sur le « Réseau » il en saura autant qu'une personne raisonnablement cultivée sinon plus à laquelle l'on sortira généralement les clichés habituels sur l'étalage de la confiture, le parachute qui évite qu'on s'écrase, le fait que le type cultivé est forcément (forcément !) un petit bourgeois privilégié ce qui lui a permis de lire beaucoup, en passant aussi par les remarques acerbes de la gôche qui pense sur l'inutilité de la « culture bourgeoise ».

Notons que cette détestation des « humanités » et de cette culture « bourgeoise » a conduit à un appauvrissement remarquable de l'enseignement des Lettres et des Sciences Humaines depuis cinquante ans.

Considérées comme inutiles.

Rappelons qu'elles sont aussi considérées comme telles par les maîtres des « marchés » car la lecture, qui développe la capacité d'analyse et le sens critique, ne rend pas vraiment docile, et le commerce a besoin de docilité.

politique, culture, ignares, littérature, confort intellectuelBien sûr, comme à toutes les époques, l'ignorance crasse pousse surtout l'individu moderne qui pense ainsi se cultiver à sombrer dans les pires idées, les pires théories, et un comportement tout aussi grégaire et violent que ses ascendants moins enclins à la technologie, et ce pas seulement sur Internet loin de là.

Il confond gavage d'informations et capacité d'analyse, il confond aussi les personnes raisonnablement cultivées avec les donneurs de leçons professionnels qu'on lui vend comme très intelligents à la télévision, ainsi celui-ci, qui ne cache même plus le dédain et le mépris qu'il a de ses interlocuteurs moins favorisés par Dame Fortune. C'est également une manière d'alibi, les personnes ayant un bagage culturel un peu conséquent seront forcément assimilés aux z-intellos médiatiques, des rouages du système en somme.

Ainsi l'individu post-moderne continuera à consommer sans se poser plus de questions...

images prises ici et

mardi, 10 janvier 2012

"Nationale 7" - un regard plus juste sur le handicap qu'"Intouchables"

Je n'irai pas voir "Intouchables", je lirai peut-être cependant le livre de Pozzo di Borgo dont il est occulté partout dans les médias qu'il est fervent catholique. Par contre, je recommande "Nationale 7" qui parle d'un handicapé qui n'est pas un émule des Bisounours dans le film sus-cité, un être humain quoi, avec ses failles.

L'histoire du film

voir ci-dessous la Bande-Annonce