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yann moix

  • Itinéraire d'un gars laborieux

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    Je vais encore me faire des copains...

     

    moix.jpgJ'ai bien connu beaucoup de clones de Yann Moix (prononcez Moixe et voir à ce lien son parcours) à la fac pendant mes études. On les comptait par dizaines, bien entendu, tous n'avait pas son entregent et sa capacité à flatter les puissants qu'il fallait dont BHL le concernant. Ils se ressemblaient tous, adoptaient tous ce même genre de discours à la fois très universitaire et se voulant humaniste, enfin humaniste, en peau de lapin. Ils singeaient l'altérité envers les pauvres, les plus démunis mais étaient toujours bien contents de rentrer dans la belle maison ou le bel appartement de Papa et Maman et de profiter de leur largesse matérielle et des vacances gratos le plus tard possible.

     

    On habite un logement qui coûte le PIB d'un pays du Tiers Monde, mais on milite contre la pauvreté car la pauvreté c'est mâââl....

     

    C'était des petits garçons bien sages, dociles et consciencieux mais aussi un peu « laborieux ». C'était ainsi que nous les surnommions avec un camarade. Ils ne lisaient pas par goût, ne s'intéressaient pas à l'histoire, à l'actualité, à la littérature et aux arts par appétence réelle ou inclination culturelle mais surtout pour renvoyer d'eux une image flatteuse. C'était donc très superficiel. Leur apparente assurance cachait toujours des petites frustrations bien enfouies, des rancœurs recuites envers les musclés, les beaux gosses de l'école, des petites jalousies envers les trublions, les « voyous » de la cour de la récré qui les rackettaient, leur piquaient leur goûter quotidiennement...

     

    Ils voudraient bien être comme eux cependant, ils voudraient bien abandonner aux orties leur bonne éducation, leurs tabous inculqués par les parents. Ils aimeraient se conduire en mâles alpha primaires et brutaux également, se conduire en soudards avec les femmes. Ils se laissent pousser la barbe pour cacher l'acné qui dure chez eux la puberté largement dépassée, ils s'affublent de vêtements qu'ils pensent plus « libérés » mais rien n'y fait ils demeurent des « laborieux », des cloportes en quelque sorte espérant continuellement une illusoire métamorphose. Elle ne vient jamais car derrière eux on voit toujours le petit garçon sage et un peu trop renfermé.

     

    Ils me rappellent toujours le personnage du professeur d'histoire dans « Uranus » (joué par Luchini dans l'adaptation qu'en a fait Claude Berri, voir à ce lien). Celui-ci est un petit bourgeois qui culpabilise de sa condition et de ses privilèges matériels tout en n'y renonçant pas pour autant (il n'est pas fou). Il est plus révolutionnaire que les plus révolutionnaires, plus exalté qu'autre chose aussi, et surtout capable de grandes déclarations ronflantes. Mais il se ridiculise dés qu'il s'agit de passer à l'acte, en l’occurrence tuer Léopold le cafetier les ayant raillés auparavant lui et d'autres militants.

     

    Le pauvre Léopold sera assassiné lâchement un peu plus tard par tout un groupe courageux mais pas téméraire comme les sont les Yann Moixe de la terre...

     

    Il a eu un parcours finalement classique en sortant de Sciences Po choisissant comme créneau le culturel et l'éditorialisme mainstream à peu de frais, profitant des réseaux habituels où tout le monde se connaît, tout le monde s'épaule, tout le monde est solidaire et ce quelle que soit la couleur politique. Il n'y a que les naïfs pour croire qu'il existe un réel clivage entre tous les éditorialistes actuels. Et comme c'est quand même crevant de continuer à s'intéresser à la culture pour de bon, il fait chroniqueur. Du « café du commerce » bourgeois finalement c'est pas très compliqué, deux ou trois lieux communs vaguement humanitaristes, de grandes condamnations ayant l'air de tomber de haut, du haut de sa tour d'ivoire, et tout va bien. Et puis les protecteurs continueront à ouvrir les portes.

     

    De temps en temps il fait les « grosses têtes » de Ruquier, on parle comme chez le coiffeur et tout va bien, et en plus ça rapporte. Et il y a des andouilles pour écouter...

     

    Il sait faire le « buzz », faire du « bruit médiatique », on peut lui reconnaître au moins ce mérite mais au fond Moixe est surtout anodin...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury – Grandgil

     

    (méfiez vous des imitations grossières)

     

    illustration empruntée ici