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  • Les petits censeurs du bien vivre – à propos de la viande « probablement » cancérogène et le fromage « drogue dure »

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    politique, société, art de vivre, gastronomie, vin, amaury watremezSur « Slate », « pureplayer » de gauche sociétale, on apprend que le fromage provoquerait une addiction aussi grave que celle induite par le tabac, l'alcool ou la coke (à ce lien), en particulier les fromages non pasteurisés, bien de terroir. Et dans « le Monde », « le poids des mots le choc des paupières » (Desproges TM°), l'on nous avertit ; manger de la viande rouge et de la charcuterie serait cancérogène. L'infantilisation continue à battre son plein et les « petits censeurs de joie », des censeurs du bien vivre, passent à une vitesse encore supérieure dans le délire hygiéniste et l'hypocrisie car au fond il s'agit de consoler le peuple de n'avoir plus les moyens de se payer de la bonne viande, du bon vin, du bon poisson ou du bon fromage. Les mangeurs de viande, de charcutailles ou de fromage sont aussi incapables de maîtriser leur consommation c'est bien connu, il est indispensable de les sermonner.

     

    On dirait que dans leur moralisation de tout ce qui n'est pas leurs certitudes sur la vie, il est impossible de vivre des instants de joies toutes simples, des instants de convivialité sans arrière-pensées, horreur ! Des instants conviviaux ou festifs n'étant même pas « citoyens » une seconde !

     

    Le peuple n'a même plus la possibilité de s'en griller une pour se détendre en buvant un petit café, la clope ayant été criminalisée depuis des décennies. L'ouvrier gagnant un tout petit salaire ou l'allocataire du RSA n'a pas le droit de prendre ne serait-ce que quelques secondes de détente en fumant. Encore moins en buvant un petit blanc ou deux, ou un « demi », voire un « perroquet ». Les bourgeois pédagogues (je rappelle que je préfère ce terme inventé par Erik Satie au galvaudé « bobo ») ne supportent pas que les « classes dangereuses » se réjouissent ou se paient des petits plaisirs....

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  • Chroniques culinaires - « Encore des nouilles » Pierre Desproges aux éditions « les échappés »

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    Desproges, gastronomie, vin, bouffe, littérature, amaury watremezCertains de ces textes ont été utilisés par Desproges pour « Cyclopède » ou les « Chroniques de la Haine Ordinaire », ou encore les réquisitoires des « Flagrants Délires », d'autres sont totalement inédits. Ils ont été rédigés pour la revue « Cuisine et vins de France ». Rien que le fait d'écrire sur la cuisine à notre époque sans moraliser le lecteur, déplorer ceci ou cela, se contenter de dire combien le plaisir de manger et boire de bonnes choses avec ceux que l'on aime est grand. Desproges se foutait complètement de manger « équitable » ou « bio », de manger hygiénique, il aimait les bons produits, cela suffit. Il n'intellectualise pas sur le sujet comme il est d'usage même si bien sûr le plus important lorsqu'on boit par exemple un Cognac ou un excellent Bourgogne c'est aussi ce que l'on en dit après...

     

    Les imbéciles n'aiment pas -bien- manger, ils n'aiment pas le bon vin, ils confondent les plaisirs de la table avec la goinfrerie et assimilent ceux du vin à de l'ivrognerie on ne se méfiera jamais assez des buveurs d'eau, ils ont du mal à apprécier les joies et les plaisirs que la vie peut leur donner. Et ils voudraient que le monde entier autour d'eux soient aussi purotins, aussi incapables de simplement apprécier la beauté des choses et des êtres, leurs parfums, leurs saveurs. Ces sots obtiennent parfois ce qu'ils veulent hélas...

     

    ...Ils n'ont même pas l'excuse d'être d'anciens parpaillots.

     

    Une des meilleurs séquences du « Petit Rapporteur » est celle où il va faire ses courses au marché de la rue Lepic, un dimanche, en alexandrins déclamés gentiment par les commerçants dont le célèbre Peppone, marchand de quatre saisons et bien entendu on se souvient de la bataille de boudin blanc avec Prévost vue et revue dans les émissions de zapping.

     

    « Un cassoulet sans vin rouge, c'est aussi consternant et incongru qu'un curé sans latin. » écrit Desproges dans ce livre qui aimait la gastronomie en particulier, la bouffe en général et le bon vin aussi. Le livre porte ce titre car lorsqu'il emmenait ses filles à venir au restaurant avec sa femme, celles-ci demandaient gentiment et très poliment aux restaurateurs raffinés chez qui « l'écriveur » les emmenait de pouvoir avoir un plat de nouilles si rien ne leur convenait sur la carte. Plus tard, lorsqu'elles devaient aller au restaurant avec leurs parents, leur première réaction était :

     

    « Encore des nouilles ! ».

     

    Desproges raconte principalement des repas, son plaisir à les partager avec des amis et sa famille. Il évoque les consternants restaurants à la mode où le champagne peut être vert et ressembler au produit vaisselle à récurer les casseroles. Il décrit son plaisir à bâfrer comme un barbare des mets peu élégants pour se réjouir le ventre. Il raconte la bouleversante histoire de l'inventeur du pain à saucer qui devrait être enseignée dans toutes les écoles. Et même il nous donne des fragments de sa vie amoureuse lorsqu'il narre sa passion pour une femme merveilleuse qui aime goûter les chairs tendres de viandes savoureuses, les desserts délicats de refuges gastronomiques qu'il connaissait, jusqu'à que cette conne mette de l'eau dans un cru rare, un « Figeac » d'une très bonne année, ce qui est, avouons le scandaleux et impardonnable.

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    En passant il rappelle que bien manger et apprécier les plaisirs de la bonne chère, ou du bon vin, indique généralement que l'on a des prédispositions de bon niveau pour les choses de l'amour. Desproges conseille même de faire l'amour à table et manger au lit ce qui est beaucoup plus simple il est vrai.

     

    Enfin, en bon cuisinier qu'il était, il propose quelques recettes, des recettes disons difficiles comme « le cheval Melba », en cas d'impossibilité de trouver un cheval on peut le faire avec un chihuahua, la « Marie croquette », et sa manière particulière d’accommoder sa fille aînée, plat unique entre tous, des recettes plus accessibles comme le « pâté à la desprogienne » qui semble savoureux bien que consistant (on met dedans deux paquets de beurre quand même).

     

     

    Ami lecteur, si tu es un hygiéniste de la bouffe passe ton chemin ce livre n'est pas pour toi et va manger tes cinq fruits et légumes quotidiens.

     

    Image et couverture prises sur le site du "Huffington Post"

  • Un parfait véhicule pour partir en voyage...

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    187135.jpgJe viens de recevoir une excellente bouteille de vin d'Israèl par l'entremise de Thérèse Zrihen (qu'elle en soit remerciée), auteure de "Marrakech la juive", d'un vignoble du Golan qui travaille à partir du Syrah un nectar qui ressemble à de l'or liquide (en soi un vin du Golan est un cadeau extrêmement politiquement incorrect ce qui me réjouit au plus haut point, emmerder les cons étant un plaisir de gourmet).

    Ses parfums fruités, d'agrumes, de plantes aromatiques, me rappellent instantanément un paysage baigné de soleil, tout en sensualité, en douceur paradoxale, que la haine et la sottise polluent parfois, mais sans en altérer la féminité et la plénitude d'un Sud de rêve, un Sud où la sottise est moins prégnante et où la convivialité n'est pas un vain mot.

    L'ivresse est un voyage, le bon vin un véhicule parfait.

    Après avoir dit cela, me voilà définitivement compromis pour entrer au paradis des calotins et des bigots en tout genre, dont les adeptes de la société libérale-libertaire qui rajoutent l'hygiénisme le plus bête au reste des absurdités qu'ils prônent, pour les autres, mais peu importe.

    A votre santé !

  • Boire de l'eau, manger léger et crever d'ennui

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    581A~Vin-Rouge-Affiches.jpgJ'entends vendredi à la radio le matin, et le midi à la télévision que selon une étude scientifique le vin contribue au développement des cancers même pour un verre de vin par jour. Bien sûr, on ne dit pas si ce sont les pesticides dans le vin et tout les produits que l'on rajoute pour la conservation ou le transport, ou le vin lui-même, ce qui provoquerait ces cancers. Selon le même genre d'études, on nous conseillait il y a quelques années de boire au moins un litre et demie d'eau par jour, puis on s'est aperçu l'an dernier que 80% des besoins en eau étaient satisfaits par ce que l'on mangeait. Il faut enlever la caféine des boissons, retirer tout le sucre, le gras, et finalement la saveur. Les mêmes scientifiques nous diront exactement le contraire de leurs résultats actuels dans quelques temps sûrement. Je dirais que la vie est dangereuse à partir du moment de la naissance, que traverser la rue est dangereux, respirer l'air des villes également. C'est d'ailleurs assez étrange car c'est bien souvent le troupeau docile à accepter comme parole d'évangile tout connerie hygièniste qui ne voit pas le mal qu'il y a à empuantir l'atmosphère en conduisant les GROSSES bagnoles à la mode en ce moment. Le problème est que le Net permet à ces sottises et lieux communs de se répandre instantanément d'un bout à l'autre du réseau.

    trois_francs_six_sous_005_t.800.jpgC'est une tendance actuelle, la nouvelle religion, dont notre président est un représentant archétypal (on devrait toujours se méfier des buveurs d'eau -au fait le chef du Bristol l'a-t-il remercié ?). Bien sûr, je ne dis pas que c'est mauvais de moins fumer, moins boire ou moins manger. Mais actuellement, on a la sentiment que ce concours à la vie saine impose du corps une image mécanique, et entraîne une course à la performance physique d'où les personnes hors-norme sont immanquablement rejetées. C'est une dynamique du conformisme, une synergie grégaire. Le plaisir d'être ensemble, la convivialité, ne peuvent être vécues dans un cadre amical ou familial, il faut également que ce soit relié au festivisme mais aussi à ce désir de se transformer en somme en une sorte de robot ou d'androïde docile. Aux yeux des hygièniquement corrects, apprécier un bon vin conduit forcément à la beuverie, donc on proscrit, goûter la bonne chère c'est seulement bouffer et quelqu'un qui n'est pas sportif est une sorte de malade mental qu'ils voudraient bien pousser à guérir, et ils ont généralement l'enthousiasme pénible de convertis sans cervelle. Je me demande souvent si finalement ces obsédés de l'hygièniquement correct ne sont en fait que des personnes incapables de maîtriser leurs pulsions, ou qui en ont peur. Et qui ont peur que d'autres goûtent à ce genre de petits plaisirs ce qu'ils ne sont pas foutus de faire. C'est souvent couplé à la mode des cuisines z-exotiques qui vont du sans saveur, sans odeur, sans couleur mais diététiquement parfait, aux plats trop épicés pour faire couleur locale et emporter le palais.

    sauce-au-vin-rouge-43441.jpgCes considérations sur le vin cancérigène m'ont rappelé deux anecdotes :

    - Les parents d'un ami ne buvaient pas d'alcool, ou seulement aux grandes occasions, fumaient peu, mangeaient modérément, ne lisaient pas de livres trop polémiques, ne regardaient pas de films trop remuants, n'écoutaient que de la musique adoucissante (selon cette idée stupide qui veut que la littérature, la musique et le cinéma ne soient que des divertissements et uniquement ça). Ils ne se couchaient jamais plus tard que 21h30 après une tisane pour dormir. L'emploi du temps des week-ends était réglé comme du papier à musique. Après vingt-cinq ans de mariage, ils ont fini par divorcer, s'étant aperçu fortuitement qu'ils s'ennuyaient ensemble et qu'ils n'avaient rien à se dire.

    - J'étais à table chez des religieuses avec un jeune prêtre et innocemment, je mis un peu de vin dans mon eau pour la colorer. Une fois le verre reposé, le jeune prêtre me prit le bras et me dit que c'était comme ça que l'alcoolisme commençait. Je crus d'abord à une blague mais il était sérieux. Je lui demandais alors s'il avait eu des gens dans sa famille qui avaient eu à souffrir de cette addiction mais ce n'était pas le cas. C'était parfaitement sincère.