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  • Amende honorable pour Évreux

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    913834-jardin-botanique-d-evreux.jpgimage du jardin public prise sur ce site l'internaute

     

    Il m'a fallu près de deux mois pour y arriver, deux mois loin de mon « chez moi » que j'avais déjà trouvé sans le savoir alors que je le cherchais ailleurs, dans des endroits extraordinaires, lieu que je rêvais. Ce n'est pas très long ces deux mois en soi, certains mettent toute leur vie à le découvrir et se leurrent jusqu'à leur mort. Il est des natures qui ne savent pas être heureuses, qui ont peur du bonheur, qui désirent ce qu'elles n'atteindront jamais de par cette angoisse qu'elles ont au ventre. C'est humain en somme.

     

    Ce ne sont pas le seuls, les spécialistes du « travail du négatif », la plupart des primates lamentables, des grandes personnes s'imaginant être raisonnables qui se traînent sur cette boule de glaise, se leurrent ainsi...

     

    Il m'a fallu ces presque huit semaines dans une métropole méridionale exemple de la « mondialisation heureuse » ou se voulant telle, Toulouse, où les nationalités et les origines, les religions et les cultures se mélangent dans un « grand tout » sans forme, un groupe bien vague. Ce n'est qu'un décor de théâtre frelaté, sans âme, de la comédie vaguement humaniste. Certes, toutes les origines issues de la « diversitude » s'y mélangent apparemment sans heurts, mais ce n'est qu'en troupeaux de consommateurs hébétés flânant des heures dans les centres commerciaux géants en bordure de ville.

     

    A Évreux, petite ville de Normandie, une petite ville un peu perdue entre Rouen, Caen, et Paris, trois capitales régionales toutes proches, les habitants manquent parfois un peu d'ouverture, ils sont un rien méfiants. Mais il y a encore une identité, et en particulier une identité française marquée où l'équilibre des relations entre chacun est encore un tout petit peu un idéal, y compris pour les nouveau arrivants qui tentent de le respecter eux aussi, qui y tiennent même s'il en est qui bien sûr voudraient bien en finir avec l'histoire et la culture communes aux provinces et à Paris.

     

    Évreux est préservée encore de tous ces dégâts, encore paisible, éloignée de ce salmigondis syncrétiste très vague même si petit à petit, elle devient comme ces sous-préfectures qui sont autant de non lieux sans âme, son centre mourant à petit feu par suite de décisions politiques hasardeuses de « seconds couteaux » parachutés entre deux vacances de « maroquin » ou de « ronds de serviette » à l'assemblée.

     

    A Toulouse il est midi presque toute l'année, le ciel est d'un bleu piscine presque constamment, il fait beau comme dans les publicités et les films commerciaux hollywoodiens, un beau temps de cauchemar climatisé et ripoliné. A Évreux, il y a des saisons, des jours plus frais, plus gris, des feuilles rousses sur le doux tapis des petits jardins encore protégés dés la mi-septembre. Et le « mondialisé heureux » se sent encore plus enclin à la docilité sans remords, à la soumission consommatrice, à l'esclavage envers les gadgets électroniques parfaitement inutiles qu'on lui enjoint d'acheter absolument pour être considéré dans cette société bien dégoûtante en elle-même.

     

     

    L'esclave consumériste aimant fantasmer sur les rayons sans fin déteste la pluie, les nuages et le ciel parfois un peu gris, cela le rend triste se dit-il et lui fait considérer la vacuité de ses aspirations avec un tout petit plus de lucidité. La pluie l'incite à l'introspection, à réfléchir sur lui-même, et il déteste cela. Comme il n'en a pas l'habitude, cela lui semblera presque anormal. Dans les petites villes qui ne sont pas des « villes-mondes » selon le terme d'Anne Hidalgo, qui parlait de Paris Pantruche, des endroits préservés comme Évreux, il s'ennuie, il ne sait pas comment occuper ces moments seulement pour lui-même, il ne sait pas être seul, il préfère la foule, elle le rassure.

     

    Après tout tant mieux, ces endroits encore un peu paisibles restent préservés quelques temps encore...

  • La banlieue sur scène et dans les coulisses

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    On en parle aussi sur Agoravox

     « On se rend alors compte où qu'on vous a mis. Les maisons vous pos­sèdent, toutes pisseuses qu'elles sont, plates façades, leur cœur est au propriétaire. Lui on le voit jamais. Il n'oserait pas se montrer. I1 envoie son gérant, la vache. On dit pour­tant dans le quartier qu'il est bien aimable le proprio quand on le rencontre. Ça n'engage à rien.

    image ci-dessous empruntée ici

    ChellesDSR42CV.jpg

     

    La lumière du ciel à Rancy, c'est la même qu'à Détroit, du jus de fumée qui trempe la plaine depuis Levallois. Un rebut de bâtisses tenues par des gadoues noires au sol. Les cheminées, des petites et des hautes, ça fait pareil de loin qu'au bord de la mer les gros piquets dans la vase.

    Là dedans, c'est nous. »

    « En banlieue », Céline, dans « La Voyage au bout de la Nuit »

    « J'ai une vision romantique et quelque peu oblique de la banlieue: j'admire sincèrement ces familles qui tentent de survivre en s'endettant pour se payer une maison identique à toutes les autres. »

    Interview de Harlan Coben dans « Lire », juin 2005.

    La banlieue n'a jamais été très belle, jamais très agréable. La banlieue c'est moche, c'est souvent gris, ça pue l'essence mais je m'y sens à la maison.

    En banlieue, comme à Paris, du moins pour ce qu'il en reste, on peut dire à un vaniteux qu'il est vaniteux, à un con qu'il est con, à un poète local qu'il est nul, à un érudit de sous-préfecture qu'il est ignare, personne ne s'en offusque. On ridiculise aussitôt les bons apôtres, les chefs de rayon qui jouent les esprits avancés, les anars syndiqués et les révolutionaires , tous ceux qui aimeraient bien être sortis de la cuisse de Jupiter alors qu'ils ne sont qu'à peine ses rognures d'ongles.

    On pourrait vite sombrer dans le misérabilisme, la noirceur et les descriptions bien sordides, ne voir que la pauvreté, l'accent faubourien, aux accents traînants, et la délinquance. On pourrait parler des foules compactes sur les quais de gare, les VRP en veste orange qui attendent le train à côté des poivrots désoeuvrés, des filles vulgaires et des petits voyous bruyants.

    On pourrait avoir des formules à la Céline, quand il parle de « Rancy » dans « le Voyage au bout de la nuit », avec des points de suspension et d'exclamation bien placés.

    On passerait à côté de la poésie que même les barres de béton peuvent dégager, une poésie noire, anthracite, mais une poésie quand même.

    C'est la lecture de ce livre de Laurent Quesnel, qui en vient, y vit et y vivra encore longtemps, sur la ville de Chelles à travers les cartes postales et autres photographies en noir et blanc qui m'a donné envie d'évoquer la banlieue. Dans cet ouvrage on suit son évolution au cours des décennies, quand celle-ci est encore plus ou moins rurale, voire paysanne, quand les parisiens viennent y danser, à la guinguette, du nom du premier propriétaire de ce genre d'établissement.

    Elle a bien changé la banlieue, y compris en trente ans, si elle a gardé certains de ses anciens aspects, elle est surtout devenue une zone de complète relégation sociale, communautariste au dernier degré.

    On ne la reconnaît plus vraiment.

    Ceux qui n'y habitent pas ont de soudains enthousiasmes pour ce qu'ils s'imaginent être des mouvement artistiques féconds, qu'ils transforment parfois à leur idée pour adoucir les choses, ainsi le slam, plus agréable et confortable pour les oreilles des plus favorisés qui trouvent là l'occasion de montrer combien, en toute modestie, ils sont ouverts et cultivés, et modernes.

    Ceux qui n'y vivent pas en loue parfois la diversité, ils trouvent ça tellement beau. Ils ne comprennent pas que ce sont souvent des personnes qui ne veulent pas se mélanger entre habitants de la banlieue, d'une part, et qui ne veulent surtout pas entendre parler d'autres cultures que la leur.

    image ci-dessous empruntée à ce lien

     

    tardi-en-banlieue.jpgTardi aussi a aimé se promener en banlieue. Son album, « Tardi en banlieue », n'est pas exactement une oeuvre littéraire à part entière car il s'agit en fait du recueil de dessins au fusain et peintures acryliques du père de « Adèle Blanc-Sec » avec un texte de Vautrin.

    Le dessinateur s'y montre peut-être plus célinien que pour ses illustrations du "Voyage au bout de la nuit" qui ne valent pas Gus Bofa, et que l'on peut trouver plus chichiteuses. Il y conchie le grisâtre de la banlieue, les tours, les petits bourgeois qui promènent le chien, les boutures de milicien qui tiennent un molosse au bout d'une laisse, les vieilles cachées derrière leur rideau, les abrutis bêtement repliés sur eux-mêmes et souvent alcooliques, les employés de bureau maussades, les vigiles et leurs chiens, les solitudes, les petitesses, les préjugés.

    Ses dessins ont cependant tous bien une certaine poésie, celle de la nostalgie de quelque chose paraissant définitivement enfui. Les lignes à haute tension sont autant de barreaux qui cachent le ciel. Mais le ciel on continue à le voir quand même. Car au bout du compte, c'est tout ce qui importe.

  • Paris est un organisme vivant – A propos de « Monsieur Bob » d'Olivier Bailly

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    giraud.jpgSur la foi de trois ou quatre articles élogieux j'ai acheté ce livre étant comme le sujet de cette biographie amoureux de Paris. Le personnage est sympathique mais comme les provinciaux, ce qui est paradoxal pour un type vanté comme modèle du parisien, il a de Paris une idée faussée et figée, et en fait une ville musée. De plus, autre handicap, cette fois à mes yeux, il a sur la capitale le même point de vue que Robert Doisneau, un point de vue pénible et frelaté à mon sens. Je sais que je vais me faire huer en disant cela mais peu importe. L'auteur du livre vante les clodos folkloriques, les voyous sympathiques et au grand cœur et romanesques, les putains hautes en couleur et romantiques aussi. Il aurait fallu lire Céline avant, ou Marcel Aymé, plus humain, une putain c'est une putain, elle a les chairs qui s'affaissent vite et souvent elle écluse dés huit heures du matin, à moins que ce ne soit elle qui ouvre un bistrot et fasse boire les autres, un clodo qui boit du picrate ramassé à l'éponge sur le comptoir des bars c'est crade, c'est affreux, ça parle fort, ça dit surtout des âneries et ça pue, rien de pittoresque là-dedans, et en plus il n'est même pas sûr qu'il parle comme dans un film dialogué par Michel Audiard qui lui le connaissait bien mieux que "monsieur Bob" le petit peuple des zincs, tout comme Blondin qui y noyait sa détresse. De plus ce Paris pseudo « populaire » des photos de Doisneau, qui finalement ressemble à celui vu par Jeunet dans « Amélie Poulain », il n'existe pas, on oublie les odeurs de chou dans l'escalier, ou pire, le cloche qui dégueule à l'entrée de l'immeuble, les salauds qui ont les mains baladeuses avec les gamines, les lieux d'aisance sur le palier et un seul lavabo pour six familles.

    Au cinéma, c'est pittoresque, mais seulement au cinéma. Les gamins qui rigolent avec les boutanches de « trois étoiles », ils rigolent pour le photographe, ils ne rigolaient pas toujours, ils arrêtaient l'école vite souvent, pour aller au turbin comme les grands, ils passaient les vacances dans les squares en rêvant de plages et d'océans, les amoureux qui se roulent une galoche devant l'appareil de Doisneau ne l'étaient même pas, amoureux. Enfin, une chose que je trouve agaçante est cette propension de l'auteur à faire du jetage de noms célèbres, comme si il était important que les buveurs des cafés fréquentés par « monsieur Bob » le soient, connus, il a des copains célèbres comme Prévert ou Léo Ferré, et qui forment aux yeux de l'auteur de cet ouvrage une sorte d'aristocratie, de « Who's who ». Et quoi ? Si cela avait été seulement des anonymes c'était moins bien ? J'ai parlé de Marcel Aymé, on aurait pu citer Courteline, capables tous les deux de s'installer quelque part sans décréter ce qui ferait coquet ou non dans leur musée personnel, sans jouer les poètes, les yeux ils les avaient déjà dans les étoiles, pas la peine d'en rajouter dans le frisson et le sensitif, dans l'argot que l'on ne peut trouver que dans les dictionnaires, que personne n'a jamais parlé.

    pe19_paris.jpgC'est un peu comme quand certains auteurs parlent du désert, qu'ils ne connaissent pas et égrènent les lieux communs, si ils le réinventaient à leur idée, on leur en voudrait moins mais ils ne font que relayer des clichés. On nous dit tout au long du livre que ce Paris a disparu, que maintenant, à cause de hygiéniquement correct on ne peut plus boire de bon vin, on ne peut plus boire tout court et on n'a même plus le droit de fumer dans les cafés, pour un peu l'auteur en rajouterait presque dans le couplet habituel sur la réouverture des « maisons closes » ; certes la loi sur le tabac est crétine, c'est le genre de loi qui annonce plus totalitaire, certes, les « maisons » ce serait moins hypocrite que des « clandés » mais ce Paris disparu n'était pas pire que maintenant à la différence que les bourgeois sont peut-être plus hypocrites de nos jours, revendiquant l'héritage de ce passé dont ils méprisaient les acteurs. C'est plutôt ironique. Les cafés ripolinés sont à la mode, mais ce ne sont que des décors.

    Ce qui m'étonne le plus dans ce livre, c'est que son auteur oublie, tout comme semble-t-il, « monsieur Bob » que dans les cafés de ce Paris disparu tout le monde se mélangeait, du travelo qui attendant de rentrer se raser prenait un petit noir en passant par le bourgeois en goguette, de l'ouvrier au « fort des Halles », ce qui n'existait pas ailleurs, ce qui n'existe plus vraiment excepté les endroits de liesse collective obligatoire. Cela n'aurait scié la rondelle de personne d'entendre un pédant ou un Trissotin descendu là pour s'encanailler, il se serait vite fait remettre à sa place. Et même si le Paris actuel semble envahi de bourgeois dits bohèmes, de cyclistes adeptes de l'hygiènisme, même si Montmartre est maintenant parsemé de restaurants innommables qui font de la cuisine d'un peu partout qui a le goût de nulle part, même si Saint Germain des prés est vite devenu un ghetto de riches vaniteux. Il reste de ce genre d'endroits, ils sont juste un peu plus cachés, il faut savoir les chercher, du soleil_large.JPG?26080« Soleil », dont je ne dirais pas l'adresse dans le XXème, à « l'Ami Pierre » quartier du faubourg Saint Antoine, dont le propriétaire actuel perpétue les traditions parisiennes, on y refoule les prétentieux, les anarchistes syndiqués, les révolutionnaires en charentaises, les cuistres qui veulent sentir de la sueur prolétaire, de l'haleine populaire. Les pue-la-sueur ils vont les voir comme au rocher des singes à Vincennes. Je m'en fous un peu personnellement des cafés ripolinés, des restaurants prétentieux, qu'ils s'y pressent les nouveaux bourgeois, qu'ils y restent, qu'ils laissent aux amoureux de Paris les lieux cachés, les caboulots qui ne paient pas de mine de l'extérieur, ni amélipoulinesques, ni faussement pittoresques. Paris n'est pas cette ville-musée que l'on trouve dans ce livre, ce n'est pas celle des politiques, c'est un organisme vivant qui continue à se développer, avec toutes ses contradictions, ses mauvais comme ses bons côtés.

    « Monsieur Bob » dans la collection « écrivins » chez Stock - Olivier Bailly

    Ci-dessous, une chanson "parisienne"

  • Paris mon Amour

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    Paris-Rue-de-Menilmontant.jpgActuellement, on parle beaucoup de construire encore dans Paris, c'est un peu une constante chez les démagogues ou les populistes jouant aux hommes providentiels, laisser leur trace dans le paysage. On veut en somme, au vu des plans, multiplier les non-lieux, amener "la campagne en ville" selon la vieille boutade d'Alphonse Allais, mais cette fois seulement pour les plus riches, malgré les bonnes intentions que l'on prétexte encore. Paris est une emmerdeuse, une chieuse, une de celles vers lesquelles on revient toujours, malgré tout. Et c'est une personne, ou plutôt des personnes, des fantômes charmants que je croise partout, surtout l'un d'eux qui me hante délicieusement quand je suis à Montmartre ou place Clichy, vers "la Maison Rose" à côté du "Lapin Agile".

    La "Ville-lumière", ville tentaculaire, ville centralisatrice de tous les pouvoirs, cristallise bien des fantasmes : Babylone moderne où le vice est partout, ville refuge des arts et de l'intelligence, et quelques idées bien pires en phobes ou en ites. Paris a cela de bien qu'elle ennuie profondément les imbéciles et les médiocres, les ploucs et les bourgeois fats et satisfaits d'eux-mêmes. Elle semble engendrer aussi beaucoup de complexes d'infériorité, sociaux et culturels, de certains provinciaux ou des banlieusards de la grande couronne - pris pour des parisiens en province ! - qui pensent indispensable de rivaliser absolument avec la capitale.

    Les médiocres n'aiment pas Paris, elle leur fait peur. On peut reconnaître à cette ville qu'elle brasse les milieux et les origines plus facilement qu'ailleurs en France, mieux que les autres grandes villes françaises. auxjoueurs.jpg

    Il est certainement plus facile d'être différent que dans d'autres endroits. Quant à moi, je ne saurais être objectif, aimant passionnément Paris, de Montmartre à Bastille, du canal Saint-Martin aux Champs Elysées. C'est la raison pour laquelle je me suis précipité sur ce petit recueil de textes d'auteurs de toutes époques, de Baudelaire à NTM en passant par Céline.
    Beaucoup de ces auteurs n'aiment d'ailleurs pas du tout Paris : Flaubert ne voit que son immense bêtise, Maxime du Camp sera plus mesuré, lui-même préférant Rouen, Léon Bloy préfère se rappeler de la Lutèce de l'âge d'or et se moque des goûtes bourgeois en matière artistique, Verlaine ne lui trouve rien d'extraordinaire. Baudelaire parlera des personnages pittoresques qu'il y croise, en particulier les petites vieilles, se rappelant certainement de dessins de Daumier. Et NTM se propose même de raser la ville, refuge des riches et des puissants selon eux.Très mauvaise idée.

    Peut-être dans les prochains recueils peut-on lire des extraits de Marcel Aymé, Maupassant ou Huysmans ?

    Titre : Le goût de Paris, Tome 1 : Le mythe | Auteur : Jean-Pierre-Arthur Bernard | Editeur : Mercure de France

  • Aventurier de la ruralité profonde

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    633_2.jpgComme tous les citadins, j'aime bien la campagne quand elle n'est pas trop loin de la ville, même, comme le préconisait Alphonse Allais, j'aimerais bien que l'on mette de la nature en ville et vice-versa ou réciproquement. Il y a la campagne accueillante, pimpante et colorée, sympathique dont on se demande si en fait elle n'existerait pas seulement que sur les cartes postales ; et puis il y a la vraie ruralité profonde, bien profonde, jusqu'au trognon. On y croise des ivrognes qui sont à la bière dés 8 heures du matin, de la xénophobie ras-de-terre, l'étranger commençant au panneau routier de sortie du bled ou à la gare, des gamins visiblement issus de mariages de parents très rapprochés. Ils sont modernes, ils vont sur MSN et tout le tremblement, mais ne sont pas capables d'aligner deux mots dans ce que l'on pourrait appeler l'ancien français d'avant les èssèmesses.

    On les croit différents de leurs ancêtres mais on leur colle une blouse et des sabots et c'est un conte de Maupassant dans toute sa crudité. Ils sont peut-être encore moins ouverts que leurs ascendants qui sortaient parfois de chez eux, même si, ou peut-être à cause, du câble, de la TNT ou du satellite. La série de Larcenet, "le retour à la nature", montre très bien tout cela d'un point de vue moins péjoratif et moins pessimiste certes, quoique, Larcenet a plus de chances dans son coin sans doute mais je sais d'où il tire son inspiration pour sa série "Chez Francisque", voir ci-dessous, on voit qu'il est allé parfois dans un café de village écouter les conversations. J'ai croisé un épicier dans le genre de celui qu'il décrit, prétendant vendre de l'ôthentique et fourguant à ses clients des légumes transgéniques achetés en gros au supermarché.

    En ruralité, Il n'y a pas de joueurs de banjo comme dans "Deliverance", mais c'est normal car le banjo demande un effort intellectuel et musculaire. J'ai la nostalgie d'une autre ruralité, il y a longtemps, plus ouverte sur le monde, plus chaleureuse, je voudrais croire que ça existait mais la dureté de vieilles personnes qui ont connu cette période me conforte dans mon scepticisme.

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