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vichy

  • L'hystérie mémorielle

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    pétain, macron, vichy, histoire, société, politique, amaury watremezMacron a fait une déclaration honorant objectivement la mémoire de Pétain pour la Première Guerre ce qui a déclenché une hystérie généralisée. Il l'a fait sans doute par calcul, pour complaire à la droite de la droite. Mais dans le fond de l'affaire il faut bien admettre qu'il n'a pas entièrement tort...

     

    Depuis 1945 la France est semble-t-il dans une boucle temporelle, elle vit dans un présent politique continuel devenant très pénible qu'on l'évoque à gauche mais aussi à droite. On ne sort pas de la mythologie du pays entièrement résistant en fait mais en secret, ou de la version doloriste du "tous les français coupables" de la collaboration et du "Vel d'Hiv". Entre les deux, rien. Il me semble pourtant que l'on célèbre encore la "Fête des mères" instituée par Vichy et que d'autres de ses lois et intentions sont toujours suivies. C'est Vichy qui lança cette idée de grande école de hauts fonctionnaires par exemple.

     

    Rappelons qu'à Vichy on trouvait surtout de ce genre de personnages surtout soucieux de leur carrière avant tout, dont Bousquet, Papon et un certain président de la République de gauche élu le 10 mai 1981.

     

    A propos de tel ou tel homme politique, on n'en finit pas d'évoquer les figures tutélaires de De Gaulle, Pétain, Laval, Darlan et d'autres personnages perçus à chaque fois de manière très caricaturale. Pétain par exemple est toujours désigné comme le parangon du dirigeant d'extrême-droite, De Gaulle comme le résistant ultime. En 2018 Tout le monde d'ailleurs se revendique du gaullisme. Darlan et Laval sont des seconds rôles mais archétypes eux aussi du totalitarisme. A droite de la droite, Laval qui en a le physique il est vrai est le traître de comédie, le vrai méchant de Vichy. On n'en peut plus de ce fourvoiement constant, de ce déni de réalité, de cette volonté farouche de ne surtout pas réfléchir au présent.

     

    Nous sommes en 2018 et la France se trouve confrontée à des crises tout aussi graves que celle de l'été 1939 ou 45 et c'est celles-ci qui importent. C'est celles-ci que nous avons à résoudre.

     

    Le réel de ces périodes est quand même un peu plus complexe. De Gaulle était d'Action Française jeune quand il était lycéen, comme la plupart des camarades de son milieu il est vrai. Et dans un tract de ses jeunes années on retrouve un projet de restauration monarchique qui dans les grandes lignes ressemble beaucoup à la Vème République, qui est une monarchie républicaine. Le général était sans doute beaucoup plus à droite que Pétain qui obtint les pleins pouvoirs de l'assemblée du Front Populaire excepté 80 députés. Pétain est donc porté au pouvoir par la gauche après que la France ait connu une des pires défaites de son histoire.

     

    il faut se remettre dans l'époque. Ils ne furent pas vraiment nombreux ceux qui écoutèrent l'appel de Londres, ils ne furent pas vraiment nombreux ceux qui n'acceptèrent jamais la défaite. Parmi eux d'ailleurs on trouve surtout des anciens "camelots du Roi" dont Honoré d'Estienne d'Orves, le jeune Hélie de Saint-Marc ou encore ces jeunes anonymes d'AF se réunissant clandestinement les 11 novembre 1940 et 1941 et ayant tous fini dans les camps de concentration.

     

    Nous scandalisant pour beaucoup d'entre nous de l'attitude des français pendant cette période, essentiellement attentistes, le président de la ligue des droits de l'homme en visite à la fac de Nanterre en 1994 nous avait suggéré de nous poser franchement la question sur ce que nous aurions fait réellement ces années là. La réponse est assez simple, nous aurions sans doute été attentistes. alors plus de 70 ans après nous refaire encore et encore le même laïus masochiste mémoriel sur la question est extrêmement désagréable. Toute cette hystérie qui entretient la désagrégation du lien social et national est à oublier une bonne fois pour toutes.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration prise ici

  • Des imprudences politiques dangereuses

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    à propos de « le Voyage d'Automne » de François Dufay aux éditions Tempus sorti en 2008

     

    histoire, occupation, vichy, société, excuse, intellectuels, amaury watremezA droite de l'échiquier politique, l'on excuserait presque parfois le fourvoiement de certains écrivains et intellectuels pendant la Seconde Guerre Mondiale et l'Occupation au prétexte qu'avant et après d'autres auteurs ont été de fervents soutiens de Staline, Mao ou Pol Pot d'autres tyrans tout aussi sanguinaires qu'Hitler. Cependant, la sottise parfois meurtrière des uns n'excuse en rien celle des autres. Ce livre revient sur le voyage plus que malheureux de quelques auteurs en Allemagne à l'invitation des nazis et l'instigation de Goebbels lui-même en octobre 1941 :

     

    Marcel Jouhandeau, « amateur d'imprudences » selon ses dires, diariste prolixe homosexuel marié à sa volcanique Elise, Abel Bonnard, éphémère ministre de l'Education de Vichy, Jacques Chardonne, l'auteur du magnifique « Epithalame », Robert Brasillach qui avait déjà produit son livre « les Sept couleurs » racontant sa découverte de l'Allemagne nazie des années 30, Ramon Fernandez, critique à « Je suis partout », viveur et séducteur et Drieu ce véritable génie des Lettres fasciné par l'abîme et le dégoût de sa personne...

     

    Au moment de leur périple, d'aucuns comme entre autres Honoré d'Estienne d'Orves, de « leur » camp mourraient fusillés pour leur amour authentique de la Liberté. Et Hélie de Saint-Marc commençait ses ballades dangereuses qui le mèneront à la Déportation. Je songe également à Bernanos qui du « chemin de la Croix des Ames » se lance dans ses « écrits de combat » pour son pauvre pays. En période troublée il n'est que peu d'alternative entre le déshonneur et l'honneur. On vit soit l'un, soit l'autre, « l'entre-deux » est une chimère.

     

    François Dufay raconte leur voyage d'agrément surréaliste en temps de guerre en Allemagne sous la conduite du SS Gerhardt Heller qui après la guerre dans ses mémoires souffrira d'amnésie sélective. L'auteur de l'ouvrage narre tout cela de manière totalement dépassionnée et sans aucun pathos ni jugements moralisateurs. Il ne fait que montrer des imbéciles talentueux se laissant prendre au piège des nazis de par leur infatuation et leur vanité. Le but officiel de tout cela est la création d'une association d'écrivains européens dans laquelle les français invités joueraient un peu le rôle d'instituteurs de tous les autres....

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