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  • Un peu de politique locale (qui concerne tout le monde finalement) : les trains Paris-Evreux-Caen

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    TER2-c936e.jpgCe matin, des jeunes femmes distribuaient devant la gare d'Evreux des courriers de doléance à envoyer à la mairie d'Evreux concernant les problèmes liés à la ligne Paris-Evreux-Caen. Bonne initiative. Dans le même temps, le train de 7h39 en direction de Saint Lazare arrivait avec cinq minutes de retard, ainsi qu'une fois sur trois, et le train de 7h40 vers Caen, idem, ce qui est pour cette ligne et cette horaire quasiment quotidien, ce train n'étant quasiment jamais à l'heure. Je me suis donc dit qu'en plus d'exposer les problèmes sur ce courrier, il serait intéressant d'en parler ici aussi.

    Les voyageurs ne sont que rarement informés des causes de ces retards, ou alors de manière fantaisiste, on invoque un mouvement social, fini depuis une semaine, le verglas, la chaleur, la pluie, la neige, toutes choses extraordinaires en France il est vrai. Pourtant, les trois quart des personnes prenant la ligne à cette heure là sont des travailleurs dits "pendulaires" qui payent rubis sur l'ongle leurs abonnements. Il faut dire que la rentabilité à tout prix est devenue la norme et que des trains antédiluviens sont encore en service sur cette ligne, des wagons parfois non chauffés en hiver sans parler du train partant d'Evreux pour Paris à 18h20 le vendredi, toujours bondé, personnes n'ayant semblé comprendre qu'il faudrait peu-être rajouter deux ou trois voitures au train.

    Et il n'est pas posssible de rester à Paris après 21 heures, ou à Caen après 19 heures, le voyageur malchanceux ne pourra pas rentrer après un théâtre ou un cinéma.

    Manque de bon sens peut-être ?

    Ce n'est cependant pas qu'une question de moyens. Les TGV sont favorisés aux "petites" lignes régionales, et le train n'est plus considéré depuis longtemps comme un service public.

  • La malédiction des trains Paris-Evreux-Caen

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    D6086.jpgTous les matins ou presque je prend le train de 7h40 en direction de Caen partant d'Evreux. L'originalité de ce train est qu'en fait il arrive rarement à 7h40, c'est plutôt 7h50 ou 8h voire même 8h10 quand ce n'est pas 8h20. Quand d'aventure il est à l'heure, le chauffage ne fonctionne pas, ainsi mardi par -2 à 7h45, ou bien il partira en retard de la gare, comme ce matin, pour raisons diverses, ce matin car le contrôleur et le chef de gare d'Evreux "discutaient et n'avaient pas vu le temps passer". Parfois c'est le machiniste qui ne se réveille pas. Tout y passe en matière d'excuses bidons, comme invoquer un mouvement social deux jours après la fin de la grève. Il paraît que c'est comme ça sur tout les trains de la ligne. On est loin d'Henri Vincenot et des cheminots héroïques de "confessions d'un enfant du rail", socialement combatifs et qui se seraient fait tuer en cas de retard du train, déshonneur ultime à leurs yeux. Pour faire 50 kilomètres, il me faut donc en l'occurrence une heure et demie de transports. Comme tant d'autres.

    Du fait des retards à répétition, la SNCF a perdu dernièrement les 500 000 euros de dotation annuelle de la région Basse-Normandie. C'est malin. C'est cela en moins pour les infrastructures et les emplois.

  • Sur le quai d'une gare de province...

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    MAN-02.jpgRien de plus déprimant que les gares de province au petit matin. L'on y croise des "invisibles", des sans-abris qui se réchauffent avant que l'endroit ne soit envahi par les migrants pendulaires, écoliers, bureaucrates, chômeurs. Une fille jeune un  peu ronde fait semblant d'avoir une conversation animé au téléphone, quand elle s'apeçoit qu'on la regarde, elle fait comme une lippe de bébé et se tait, gardant le téléphone à l'oreille, puis elle finit par le mettre dans sa poche. Il faut paraître, donner l'impression que l'on a un réseau de beaucoup d'amis, peu importe si l'on ne ressent aucune amitié réelle pour la plupart d'entre eux, l'important est l'apparence de lien et non le lien lui-même.  Il fait froid, les gens tapent du pied par terre de temps à autres, pour se réchauffer, personne ne parle au voisin que pourtant on croise tous les jours. Plusieurs gardent les yeux fixés sur l'écran qui annoncent les arrivées, souvent les écouteurs vissés aux oreilles permettent de rester dans son univers et de ne pas essayer de rejoindre le voisin.

    Ce qui est plus ironique est que ce seront les mêmes qui plus tard rechercheront de l'"authentique" dans les pubs et leur consommation ou qui bêleront à qui veut les entendre que maintenant c'est plus comme avant dans les campagnes, tout ça le plus souvent à cause des "parisiens", ou de la nouvelle tribu des "rurbains", bobos qui ont de la campagne une conception figée et idéalisée allant jusqu'à faire flinguer parfois un coq qui les dérange le matin. On les reconnaît sur le quai de la gare de province à l'air important qu'ils se donnent, de GRAND personnage con-scient de son importance et de ce qu'il apporte aux péquenots. Bien souvent, derrière leur apparence on distingue l'ancêtre paysan justement, rusé, madré et plutôt inamical envers les étrangers, il suffit juste de gratter un tout petit peu le vernis social. Quand le train arrive, les "attendants", qui se réchauffaient autour des braseros électriques de la gare,  forment un troupeau qui suit la progression du train tout au long du quai alors qu'il suffirait de patienter et d'attendre que celui-ci soit arrêté. Et on finit par monter dans le train en échangeant des considérations de haute volée sur le fait qu'en hiver il fait froid quand nous sommes en hiver, et vice-versa en été.

  • Note gentille sur les gentils "terroristes du TGV"

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    Les gentils médias, les gentils policiers et les gentils terroristes

    article_SGE.JGD75.080807175158.photo01.photo.default-512x405.jpgHier les gentils policiers (voir photo, un sympathique et jovial policier répond gentiment aux voyageurs) et les gentils médias ont dit que si les trains qui vont gentiment à grande vitesse, pleins de gentils riches qui voyagent gentiment et de gentils pauvres qui travaillent, arrivent en retard c'est à cause de gentils terroristes de l'ultra-gauche que l'on a envie de cajoler quand même pour leur apprendre à être moins méchants. Les gentils riches et les gentils pauvres qui travaillent ont dit que ce n'était pas grave mais qu'il fallait simplement que les gentils agents de la SNCF promettent que ça n'arriverait plus . Personne n'en est sûr de leur culpabilité, mais les gentils étudiants ont quand même gentiment accepté d'être arrêtés comme gentils terroristes, d'être interrogés gentiment pendant quatre jours par de doux policiers à la matraque si douce et l'annuaire si doux aussi. Il paraît que les policiers sympa étaient au courant des projets des gentils étudiants. Des méchants penseraient alors, mais pourquoi ils ont laissé faire dans ce cas ? Tout simplement parce qu'ils sont capables d'attentions, de gentillesse et de délicatesse. Ils voulaient faire plaisir aux gentils étudiants d'ultra-gauche. Ils voulaient aussi faire plaisir au gentil président et à sa gentille ministre pour faire oublier la méchante vilaine crise et les tombereaux d'argent donnés aux banquiers qui n'ont pas été gentils du tout mais se repentent j'en suis sûr, ils regrettent de tout leur coeur allez on le sait bien, ils ont promis qu'ils ne le feraient plus. C'est d'ailleurs étonnant que dans le même temps sorte un film sur les gentils terroristes de la Bande à Baader, des gamins gentiment civilisés fascinés par l'ultra-violence gentille car ils n'avaient plus que la méchante destruction à désirer.

    Comme les gentils policiers, les médias sympas, la gentille ministre et le gentil président veulent faire plaisir aux gentils citoyens, ils ont bien dit que les gentils étudiants d'ultra-gauche venaient d'un mignon petit village dont ils ont répété le nom à de nombreuses reprises pour être certains d'être bien compris. Si les gentils étudiants sont innocents ce sera de leur méchante faute car ils ont été très vilains. Et personnellement je trouve que ce n'est pas très très gentil que notre gentille société ait tellement peur de ses gentils enfants sages.

  • La SNCF modernisée c'est beaucoup moins rapide

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    sncf.jpgEn revenant hier de vacances de Cherbourg, j'ai pu expérimenter le fonctionnement de la SNCF paraît-il modernisée et en passe d'être privatisée : le train que je prenais avait été supprimé et remplacé par le train précédent, en retard quant à lui de 50 minutes, le train supprimé devait s'arrêter à Lisieux, Bernay et Evreux, finalement le train dans lequel on nous fît monter fonça jusqu'à Paris après un arrêt à Caen. Le contrôleur répétait régulièrement, cerise sur le gâteau, que nos réservations n'étaient plus valables, de même pour les correspondances, sans pour autant expliquer ou excuser le retard. Arrivés à Paris, devant le tollé soulevé par tant d'incompétence, on s'est décidé à distribuer aux gens des enveloppes de remboursement, procédure qui on le sait dure à peu près six mois.

    Comme pour mieux narguer le "cochon de payant" de voyageur, deux panneaux affichaient fièrement la "régularité" des lignes de Saint Lazare...

    Quand je relis "Confessions d'un enfant du rail" de Vincenot qui parle des cheminots d'il y a cinquante ans, un train en retard était vécu comme une honte par tous ces travailleurs. Maintenant, tout le monde s'en fout, dans la SNCF actuelle qui privilégie les TGV, donc les plus riches, et laisse tomber progressivement sa mission de service public.