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terre sainte

  • L'ascenseur social en panne aussi dans l’Église

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    Eglise, société, politique, terre sainte, jérusalem, volontariat, amaury watremez, hypocrisieAussi sur Agoravox

     

    Je suis parti en tant que volontaire civil à Jérusalem pendant deux ans grâce à la Délégation Catholique à la Coopération sur un poste financé en grande partie par l’œuvre d' Orient. Cela a été un séjour inoubliable. Il m'a laissé une empreinte comme au fer rouge. J'y ai rencontré des personnes extraordinaires et je n'oublierai jamais ce que j'ai vécu là-bas et leurs visages. Je n'ai de cesse depuis d'essayer de faire connaître entre autres choses qui m'ont marqué la spiritualité des chrétiens d'Orient et leur sort tragique qui laisse indifférent la majeure partie des occidentaux.

     

    Cependant, je n'y étais pas parti pour la seule beauté du geste...

     

    J'étais en effet convaincu que ce genre de séjour à l'étranger permettait de nouer des contacts, se construire un réseau actif en montrant ses compétences pour plus tard lors du retour se donner les moyens de mes ambitions. Il nous était souvent dit également que partir en volontariat était un excellent point sur un CV ce qui est vrai à condition de faire déjà partie du milieu social qui convient. Cela n'était pas mon cas et je n'étais pas le seul.

     

    On le voit j'étais encore très naïf.

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  • La question de Jérusalem au cœur du monde actuel

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    jerusalem.jpg

    Aussi sur Agoravox...

     

    J'ai vécu deux ans à Jérusalem, de 1998 à 2000. J'y ai vécu durant une période plus facile, tout étant bien sûr relatif, avant le « mur de séparation » et après « l'Intifadah ». Quand j'y suis arrivé j'avais une idée très nette de la situation entre les deux peuples présents sur cette terre. Quand j'en suis parti, j'étais beaucoup moins catégorique, du moins sur certains points. Celle-ci est infiniment plus complexe qu'on le pense généralement mais dans le même temps finalement assez simple. On ne prend jamais compte de la multiplicité des peuples et des confessions y demeurant, de la multiplicité des chrétiens en particulier. On n'y fait jamais assez preuve d'empathie non plus.

     

    Or, je trouvais que la plupart des pèlerins, des touristes religieux, des nombreux spécialistes ou pseudo-spécialistes qu'ils soient bibliques ou non visitant cette terre en manquaient singulièrement, même pour ceux présents là depuis deux ou trois décennies, à commencer pour les chrétiens locaux.

     

    Le « petit troupeau » chrétien ne se réduit pourtant pas aux catholiques dits « latins » en Terre Sainte. Cependant les chrétiens palestiniens qui ont maintenu vaille que vaille les traditions des premiers temps évangéliques à Jérusalem sont pourtant considérablement méprisés. Et dédaignés. Et oubliés. J'étais effrayé de constater que beaucoup d'expatriés, de volontaires, y compris catholiques, de membres des communautés charismatiques, ne mettaient jamais les pieds à la messe des paroissiens locaux, ne se retrouvant qu'entre eux dans les « paroisses consulaires ». Et quand ces braves gens faisaient « leur » chemin de Croix c'était entre deux rangées de militaires israéliens, pour être tranquilles et conserver cet « entre soi »...

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  • Pas de tag « je suis copte »

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    chrétiens d'orient, chrétiens orientaux, société, politique, christianisme, amaury watremez, terre sainteSur les réseaux sociaux, sur les forums, sur les fils de discussion c'est devenu une habitude impérative à chaque attentat, à chaque tuerie causée par les fanatiques, on est « la ou les victimes » du massacre. Sauf pour les chrétiens orientaux en général, et les coptes en particulier. La dictature de l'affectif ne va pas jusqu'à eux. L'indignation n'a pas cours pour ces minorités persécutées aux Proche et Moyen Orient, chez qui que ce soit.

     

    Alors certes, de temps en temps, quelques jours, on voit bien fleurir quelques « statuts » sur le sujet mais ça ne dure pas bien longtemps. Les chrétiens arabophones fuient leur pays sans être aidés en quoi que ce soit par les occidentaux, à commencer par leurs frères et sœurs dans la Foi, à quelques notables exceptions près, le reste n'en ayant strictement rien à faire « de facto ».

     

    Bientôt il n'y aura plus de chrétiens « originels », grecs catholiques, assyriens, arméniens, syriaques en Terre dite Sainte. Pourtant je ne vois nulle part de « marche blanche » organisée avec dépôt de gerbe, de bougies et dessins de gosses, ce qui permet les « selfies » éplorés que l'on poste ensuite su « fècebouc ». Le soir de Noël avant d'aller becqueter la bûche, les zuitres et le foie gras Labeyrie, peut-être qu'une intention sera prononcée ? Peut-être même sera-t-elle par miracle entendue ? Elle provoquera sûrement une petite larmichette vite écrasée, mais après ?

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  • Lieux saints

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    politique, société, jérusalem, christianisme, terre sainte, amaury watremez« Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite se dessèche !

    Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ! »

    extrait du Psaume 137

     

    Depuis 2000, et mon retour en France, lorsque le chrétien comme les autres que je suis se prépare après les « Rameaux » à aller vers la nuit du Calvaire et la lumière de la Résurrection je repars ne serait-ce qu'en esprit vers la Terre dite Sainte, « dite Sainte » car les êtres humains ne cessent de la souiller par leur stupidité, leur étroitesse, leur incapacité à voir la beauté autour d'eux, celle de la Création en particulier dans les vallées du Jourdain ou de Galilée, la sensualité de la Méditerranée, ses vagues devant lesquelles je pouvais rester des heures sous un ciel étoilé à Tel Aviv, les douces collines de Jéricho incitant à louer la douceur des choses, à en vivre enfin en prenant le temps de juste contempler, à s'arrêter.

     

    Ce blog s'appelle « Mes Terres Saintes », ce n'est pas exactement gratuit. Il s'agissait pour moi au départ d'évoquer mon séjour de deux ans à Jérusalem, en Israël et en Palestine, d'en écrire le journal des événements. J'eus la chance d'y aller pendant une période exceptionnellement paisible, selon les critères palestiniens et israéliens s'entend.... 

    illustration : site Bible et Nombre

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  • Une pensée ou deux pour les chrétiens d'Orient...

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    10493.jpgimage ci-contre de la Custodie de Jérusalem

     

    Je suis toujours désagréablement surpris depuis que je suis revenu de Jérusalem par l'incapacité presque totale des paroisses, des communautés dites « nouvelles » à accueillir sans volontarisme contraint et forcé, sans paroles lénifiantes les nouveaux venus, surtout quand ceux-ci ne font partie des « bons » milieux car il ne faut pas se leurrer pour beaucoup le catholicisme en France est surtout une manière de conservatoire social ; dans certaines paroisses il n'est pas rare que l'on aille sans se poser trop de questions communier selon l'ordre de préséance au « Rotary ». A Jérusalem et Bethléem, à Ramallah ou Nazareth, si je retrouvais ce comportement souvent déplorable dans les paroisses d'expatriés, j'avais pu constater comme tous mes camarades et amis volontaires et coopérants que dans celles grecques-catholiques de croyants palestiniens, nous étions véritablement reçus sans affectation, sans grands discours ni fioritures inutiles qui ne sont là que pour mettre en valeur ceux qui les prononcent. Pour ces chrétiens palestiniens, cela faisait juste partie de leur Foi, cela allait de soi.

     

    Je suis toujours également frappé, effaré même, par la très molle ferveur dont font preuve les catholiques français lors des célébrations, à de rares exceptions. Le foie et le cœur de beaucoup paraissent déjà englués dans de la mauvaise graisse spirituelle. Ils sont là, ils chantent, ils prient, récitent les prières mais sont déjà finalement absents en vérité, et ce même parfois dans les grands rassemblements de jeunes qui ont au moins le mérite de faire du bien aux cœurs blessés, l'Esprit pouvant aussi s'y trouver derrière le brouhaha sur-affectif. Peut-être ais-je tort de le penser mais bien souvent j'ai l'impression qu'au fond ils croient à peine. Et l'on reconnaît un arbre à ses fruits, or une fois sortis de l'église, ils sont nombreux ceux qui omettent de simplement serrer la main, de laisser un simple sourire à celle ou celui qui était leur voisin,e de chaise. Ils compartimentent, la Foi s'arrête une fois le parvis franchi.

     

    image ci-dessous de l'auteur de l'article (paroisse grecque-catholique de Ramallah)

    280px-2010-08_Ramallah_15.jpgDans les paroisses grecques-catholiques la messe pouvait parfois durer deux heures, sans parler de la célébration de Noël à la Basilique de la Nativité cinq, après trois heures d'attente, mais la joie de ces croyants, leur ferveur, l'intensité de leur Foi étaient telles que cela m'a toujours paru moins long qu'une messe dominicale vite emballée et pesée devenue courante en province ou ailleurs. Je me souviens encore maintenant avec gratitude de cette procession des « Rameaux » vers la Basilique Sainte Anne, de cette messe de Pâques, de Dimanche de Lumière, à Saint Jean du Désert. Je n'en tire aucune amertume mais j'ai simplement du mal à comprendre ce qui retient les catholiques de France à se laisser aller juste un peu plus à la Charité, et en particulier à la Charité divine ?

     

    Chaque année depuis 2000, et mon retour de la Terre dite Sainte donc, je suis de ce fait, et par reconnaissance envers eux, lors de la montée vers Noël et aussi lors de la Semaine Sainte en esprit à Bethléem et à Jérusalem avec les chrétiens palestiniens. Ceux-ci sont prix entre deux feux : ils sont suspects à la fois pour les tarés fanatiques du Hamas et pour les pan-sionistes à tendance autiste ; et de plus ils subissent de plein fouet l'indifférence quasiment totale des chrétiens d'Occident, excepté quelques rares âmes pures, les uns se défaussant en mettant en balance leurs souffrances avec celles d'autres croyants dans le monde, y compris parmi les catholiques, les autres en assimilant les chrétientés orientales à des survivances coloniales somme toute, ce qui est surtout un symptôme de leur ignorance et de leur paresse intellectuelle. Ce n'est pas une question d'érudition, c'est ma mère qui me faisant le catéchisme avec d'autres enfants qui m'a appris leur existence et leurs spécificités.

     

    D'autres encore se soucient surtout de savoir s'ils sont bien catholiques ou non, ce qui est le cas à 60% d'entre eux, comme si la charité supposait des brevets de bonne catholicité. Il y a aussi ceux qui mettent en avant les persécutions des chrétiens orientaux surtout par haine de l'Islam mais qui ne font rien de concret pour les aider car après tout ces chrétiens du Proche et Moyen Orient, ce sont surtout des « bougnoules »...

     

    Le concret à faire, ce n'est pas seulement soutenir l'Oeuvre d'Orient et l'Aide aux Chrétiens en Détresse, ce qui n'est certes déjà pas mal, Mais c'est un combat surtout politique, au sens propre du mot, ces chrétiens portent en eux une bonne partie de notre identité originelle et bien souvent ainsi que je l'ai constaté sur place ils connaissent notre culture française mieux que nous, parlant souvent une langue très pure faisant ricaner les cuistres pour qui le français c'est de l'histoire ancienne. C'est aussi la nécessité impérieuse de la prise de conscience de ce qui fait notre identité, que l'on soit croyant ou pas, ce qui fait partie intégrante de l'Histoire de France, ce « vieux pays » ayant été depuis des siècles le protecteur des chrétiens arabophones, statut qui dérange beaucoup les adeptes du « Grand Israël » qui aimeraient bien faire dégager ces empêcheurs de coloniser en rond de la « Vieille Ville » et des « Lieux Saints », ils y sont presque arrivés au Saint Sépulcre du fait de la désunion honteuse des églises en ce lieu.

     

    J'en ai parlé un jour avec un de ces chrétiens orientaux, de Beit Jalla. Il évoquait son départ car il ne se voyait aucun avenir sur sa terre, entre deux persécutions égales, toujours suspect. Je lui fis part de ma colère face à ses souffrances, l'enjoignant de rester, il me répondit simplement : « Tes paroles sont très belles, mais que feras-tu sur place une fois rentré chez toi ? ».

     

    Ce texte est un début de réponse...

     

    Amaury Watremez

  • Chrétiens enterrés vivants

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    chrétiens d'orient,christianisme,société,indifférence,terre sainteMarie de Varney a écrit « Chrétiens d'Orient – Voyage au bout de l'oubli », paru chez François Bourin en mars 2013. Il n'a pas été du tout question de ce livre dans les médias officiels, bien que ce qu'il décrit ne peut que susciter l'indignation légitime de toute personne juste un peu honnête. Cela n'est guère surprenant, ces minorités ne font pas des victimes acceptables selon les critères habituels de la bien-pensance.

     

    Cet ouvrage décrit pourtant la situation tragique de ces chrétiens en terre d'Islam actuellement et l'indifférence abjecte quasiment totale des occidentaux face aux persécutions qu'ils subissent et ce particulièrement depuis ce que certains ont perçu comme un peu trop rapidement comme un « printemps arabe » des pays du Maghreb et du Machrek dont l’Égypte.

     

    Ainsi que le montre Marie de Varney, ce « printemps » a pour l'instant surtout permis la mise en place de régimes théocratiques et islamiques durs qui voient dans les chrétiens des boucs émissaires bien utiles pour affirmer leur pouvoir et garder sous le coude un dérivatif des éventuelles déceptions des peuples arabes. Les anciens maîtres de ces pays les ayant protégés, aussi pour s'offrir une vitrine présentable, ces chrétiens orientaux sont doublement suspects : suspects d'être des suppôts de l'Occident, de par leur foi, et donc des anciens colonisateurs, suspects d'être des valets des dictateurs.

     

    Ils oublient ou feignent d'oublier que ces minorités sont des parties intégrantes de leur peuple loin d'être négligeables, et qu'elles ont protégé pendant des siècles des traditions, des langages parfois, des œuvres d'art exceptionnelles qui remontent à l'origine de l'histoire des nations qu'ils conduisent maintenant.

     

    Ces chrétiens le sont pourtant depuis plus longtemps que ceux d'Occident, car le christianisme n'est pas né à Rome, mais au Proche Orient. Et ceci les catholiques « romains » l'ignorent complètement, méconnaissant totalement leur propre histoire et les origines de leur foi. L'auteur de ce texte a pu le constater à de nombreuses reprises alors qu'il animait des stands de « l'Oeuvre d'Orient » en différents lieux de rassemblement de croyants ou à Jérusalem même où les diverses confessions chrétiennes arabes sont tout au plus considérées comme des survivances folkloriques sans importance par les pèlerins européens.

     

    Les chrétiens d'Orient sont par la force des choses obligés de fuir leurs pays alors que leur médiation avec l'Europe pourrait s'avérer indispensable afin de jeter des ponts avec l'Islam et d'éviter avant qu'il ne soit trop tard le fameux « choc des civilisations » qui menace pourtant un peu plus chaque jour. Ils fuient car les occidentaux ne les aident pas, en restant uniquement au stade des bonnes intentions et rien d'autres, soutenant jusqu'à l'absurde des militants islamistes jusque dans leurs propres pays, se conciliant leurs bonnes grâces par de multiples reculs et compromis envers une « saine laïcité ».


    image de la couverture prise ici

  • Mon journal de Jérusalem "work in progress" mis à jour

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    Mon journal de Jérusalem, de 1998 à 2000

    mis à jour...

    à ce lien également

  • De vieilles photos du Proche Orient

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    Ces très belles photos m'ont été envoyées par quelqu'un qui aime autant la terre de Palestine en particulier et le Proche Orient en général. Je les partage ici...

    On agrandit ces photogrammes en cliquant dessus : Un village de Judée, des bédouins du Negev, des vendeurs de pain à Jérusalem, un point de vue sur la ville depuis le Mont des Oliviers (je pense du clocher de l'église d'un couvent russe) et sur le petit village de Lazarieh au sommet du mont des oliviers, un village de la vallée du Jourdain, en l'occurence Jéricho, à la fin du XIXème siècle.

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