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  • Chroniques d'un « parisien » exilé dans le Sud 2 – Xénophobies méridionales

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    Un « parisien » dans le Sud n'est pas exactement un habitant de la capitale je le rappelle, c'est un français qui vient du Nord de la Loire ; au nord de la Loire, il fait à peine 0° C toute l'année, ou alors il flotte, tout le monde est alcoolique et les « parisiens » effectivement parisiens sont tous pédés sans parler apparemment de leurs prétentions insignes. Dans d'autres parties de la France, en Normandie par exemple, « Paris » certes commence à la sortie du village.

     

    image ci-dessous empruntée là

    Xenophobie.jpg

    Depuis les quelques jours que je suis dans cette partie de la France, ensoleillée certes, j'y constate quotidiennement une xénophobie, au sens strict et concret du terme de rejet de l'étranger, qui est plus décomplexée qu'ailleurs je trouve.

     

    Mon Papa qui est un sage le dit fort bien :

     

    « l'homme, ce petit tas de préjugés... ».

     

    Le tout est d'en avoir conscience et d'arriver à les surmonter. La plupart des gens n'ont absolument pas conscience qu'ils sont menés par des lieux communs d'une bêtise crasse, à commencer par ceux qu'ils expriment sur les étrangers à leur « bled », leur groupe, leur « communauté ». Généralement, en province on partage d'être « plus simples » que les « parisiens », dans le Sud comme ailleurs. Je n'ai jamais bien compris cette revendication à la « simplicité » qui signifierait que l'on est fier d'être simplet en somme.

     

    Dans un milieu professionnel réputé de gôche où je bosse (mais chhhttt!) -clin d’œil de connivence- j'ai entendu il y a quelques jours quelques perles effarantes de sottise sur diverses nationalités le tout mêlé à une curieuse conception de la « diversitude » : les polonais sont tous antisémites, ils sont « primaires » et vivent à « l'âge de pierre » ou presque car – dieu du ciel !- ils n'ont pas tous un téléphone dit portable (ce qui est un pléonasme débile quand on y pense). Juste après elle s'ébaubissait qu'il n'y ait « que des blancs » dans le métro de Varsovie, des européens, à peine un couple d'africain, et horreur !

     

    Malheur insigne !

     

    Des blancs ca-tho-liques en plus ! On ne se rend pas compte !

     

    Visiblement, elle qui était un « petit pot à tabac » blond, tout bouclé, et rondouillet estimait qu'elle faisait partie du « grand tout » « diversitudisé » et « multicul ». Elle ignorait visiblement que de par la fermeture du « Rideau de fer » la Pologne n'avait connu de vague migratoire, et qu'elle était tout simplement bêtement xénophobe bien que s'imaginant tellement tolérante et ouverte. A l'entendre ensuite, elle avait travaillé dans la banlieue parisienne, le « Nord » ou plutôt le « Nôôrd » était à feu et à sang. Ensuite elle m'a demandé ma cotisation pour la « pause café » car il est bien entendu qu'ayant habité la Normandie je devais être un peu radin.

     

    J'ai encore du mal à comprendre sa perception de la diversitude, ayant surtout vu parmi les mâles la composant des types obsédés par une conception bizarre d'une masculinité outrancière également goûtée par les « homos » tendance « cuir » qui ont la même appétence pour les « amitiés saines et viriles », sans oublier les « eaux de toilette » un peu trop odorantes, et des femmes s'habillant comme des « drags queens » et qui ne dépareraient donc pas au « Banana Café » : shorts ras la salle de jeux et faux ongles, tatouages envahissants et esthétiquement fort gênants...

     

    Quant à moi, j'ai trouvé hier soir à ma porte, vers minuit, trois gosses s'étant donné du courage avec une bouteille de « ouisquie » et une de vodka, deux bouteilles pour trois, pour me dire leur haine des « parisiens » et encore pire des salauds de « profs ». Ils en avaient un sous la main alors que s'ennuyant dans un « trou » certes mignon mais sans divertissement passé dix-huit heures.

     

    Mais je ne suis qu'un « parisien », je suis incorrigible de vanité, je ne comprends pas la "simplicité"...pas vrai ?

  • « Kyrios Missel... » - « Le balcon de Spetsai » de Michel Déon

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    littérature, michel déon, Amaury Watremez, Grèce, SudÀ propos de « le Balcon de Spetsai » de Michel Déon en Gallimard Folio

     J'évoquais ici mes envies de Sud déjà...

    image ci-contre prise sur Amazon

     

    Je suis tombé tout à fait par hasard sur ce livre qui invite à partir vers le Sud, qui je rappelle n'est pas le Sud réel mais un Sud utopique et rêvé, patrie des rêves et de ceux qui ont encore une âme, grâce à une opération du genre de « Paris plage » à Évreux, où des livres « mis au pilon » par la médiathèque locale, généralement des bouquins considérés comme « poussiéreux » et pas assez « dans le vent » de la modernitude sont proposés à la lecture des ébroïciens esseulés sur les bancs et chaises longues à disposition des « aoûtiens ».

     

    Ces livres sont tellement méprisés qu'ils sont là pour « faire genre » comme disent les djeuns : on sait très bien qu'ils ne seront pas lus. Déon, généralement classé à droite et parmi les « réacs » n'allait pas échapper à la main lourde des bibliothécaires de l'endroit dont la tâche de nos jours ressemble de plus en plus à celle des pompiers pyromanes de « Fahrenheit 451 ».

     

    Je dois te l'avouer ami lecteur, à l'exception du « Jeune Homme Vert », je ne suis pas vraiment fanatique des romans de cet auteur bien que moi-même « réac » et petit bourgeois hédoniste. Ce livre n'en est justement pas, c'est le journal de l'auteur racontant sa vie frugale mais heureuse sur son île perdue en Grèce avec sa femme avant qu'ils ne partent vivre en Irlande, autre paradis perdu. Toujours les esprits libres, dotés d'un minimum de sensibilité aux autres et au monde, ont eu à cœur de rechercher ces « déserts » loin de la sottise universelle, des préjugés, des lieux communs.

     

    Pourtant, ouvrant « le Balcon de Spetsai », je me suis laissé prendre et n'ai lâché ce livre qu'au bout d'une centaine de pages alors que des nuages menaçants s'amoncelaient au-dessus de la ville. Le bleu du ciel, le soleil éclatant un petit moment, et le bruit de l'eau de la rivière toute proche, ont été ce court instant qui me parut éternel le bleu du ciel de Méditerranée, le bruit de la rivière était celui des vagues à Nauplie ou Athènes, et le soleil était celui tiré par le char d’Apollon. Qu'à cela ne tienne j'ai alors continué ma lecture sous les portes du théâtre « à l'italienne » la pluie tombant comme une pluie tropicale comme sous ces latitudes à la verticale du soleil.

     

    Il évoque également des personnages littéraires de cette époque, des auteurs grecs, Katsimbalis et Katzanzakis, auteur de « Alexis Zorba » et de « le Christ recrucifié » et plus particulièrement les figures de Jacques Chardonne, charmeur avec les dames et cynique encore à soixante-dix-huit ans passés, et Paul Morand, deux autres écrivains rigoureusement « infréquentables » en nos temps de moralisation culturelle à tous crins, lui ayant rendu visite en ces lieux bénis par les dieux, les visages des villageois et des touristes, des étrangers qui sont contrairement à eux des « xenos » incapables de s'adapter, croyant bon d'affirmer sans cesse leur supériorité d'occidentaux libertaires, persuadés de venir guérir de leurs névroses comme ce peintre américain ne peignant que des phallus en diverses situations et sa compagne dont Déon raconte les tribulations tragi-comiques se terminant sur le suicide de l'« artiste ».

     

    Beaucoup plus que des pensums savants et doctes, beaucoup plus que des autofictions de voyage pénibles et narcissiques, Déon sait transmettre avec talent l'essence de ce qui est vraiment la Grèce et la Méditerranée en général, cette douceur de vivre et de respirer paradoxalement mêlées à une violence de sentiments et de sensibilités à fleur de peau. Il y arrive car son écriture a de la chair, du corps, qu'elle coule dans ses veines, qu'elle n'est pas sèche et seulement intellectuelle, que lorsqu'il décrit la peau des vieilles femmes et des vieux pêcheurs l'on a envie de leur caresser leurs rides, de même lorsqu'il peint la beauté des jeunes filles le lecteur sent sous sa paume frémir la douceur d'un sein rond et doux.

     

     

    Il est proche de ces gens dits « simples » par les bourgeois qui les méprisent, enviant leurs liens plus vrais au monde. Et alors qu'il rapporte de Paris des romans de jeunes auteurs, il les jette à la mer, n'en ayant pas besoin, connaissant un bonheur de tous les instants sur cette terre pour lui sainte, bonheur que je comprend l'ayant ressenti de même dans ces régions turbulentes mais que l'on se prend à aimer passionnément de Méditerranée, berceau de nos civilisations.

  • Fuir à Vermilion Sands...

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    A propos du recueil "Vermilion Sands"' chez Tristram

    littérature,science-fiction,ballard,nostalgie,sud,ailleursVermilion Sands n'existe pas, du moins pas encore ou pas à ma connaissance, on ne sait même pas si c'est sur la planète Terre, cela pourrait tout aussi bien se situer sur un astre lointain. Près de Vermilion Sands, le voyageur peut aller prendre un verre à Red Beach, chasser à Lagoon West, sculpter les nuages à Coral D. Pour ma part, je le situe vers le Sud, mais pas le Sud géographique bien entendu, celui des rêves et de la nostalgie d'être humains moins soumis qui à l'argent, qui à des gadgets parfaitement inutiles, qui à la haine, qui à des théories parfaitement absconses car imposant un bonheur arbitraire sans demander leur avis à ceux à qui l'on souhaite l'imposer.

     

    C'est une station balnéaire à mi-chemin entre Saint Tropez, la Riviera, la Floride, Brighton, Hollywood et Portmeirion peuplée d'excentriques, d'artistes, de fous, de rêveurs et d'idéalistes déçus en recherche de solitude. Ballard la décrit et en raconte les histoires les plus marquantes dans un recueil de nouvelles paru en 1975 aux défuntes éditions Opta que tous les amateurs de Science Fiction connaissent bien et réédité en janvier 2013 chez Tristram.

     

    L'auteur y évoque des raies volantes, mélancoliques, des maisons vivantes, ou « psychotroniques » et littéralement hantées par les émotions de leurs anciens propriétaires, émotions dont elles gardent la mémoire, de poètes qui utilisent un « verséthiseur » IBM pour écrire leurs vers, de fleurs chantantes cultivées en serres, et qui réapprendront à écrire. Un milliardaire se fait construire un labyrinthe dont il est impossible de sortir, se perdant dans les architectures de toute l'histoire du monde ; des palais vénitiens, des temples bouddhistes, des châteaux de la Loire en réduction.

     

    Un couple en vue fait l'acquisition d'une sculpture dont les arceaux continuent de grandir tout en reproduisant des morceaux de musique comme joués par des orchetres symphoniques. Ballard y raconte les tourments d'un écrivain raté d'une ancienne couturière célèbre, d'une cantatrice qui vient se cacher à Vermilion Sands, mais de quoi ?

     

    Le lecteur ne sait pas comment fonctionne un verséthiseur, il ne sait pas vraiment comment se cultivent les fleurs chanteuses, il ignore comment l'on peut construire une sculpture qui se met à reproduire toute la musique humaine, en particulier les « romantiques » dont Grieg. On ne sait pas comment les hommes sont arrivés ici et par quel moyen de transport, et même si l'on parle de temps à autres d'astronefs, c'est l'air de rien.

     

    Et ce n'est absolument pas le plus important dans ces histoires de Vermilion Sands. Cette absence de précisions explicites, comme dans les romans et nouvelles de Philip K. Dick, est d'ailleurs parfaite car elle éloignera de Ballard les esprits obtus et fermés à ce qui est de la Science-Fiction poétique, dans la mouvance de Ray Bradbury en somme. C'est aussi de la Science-Fiction introspective qui interroge sur ce qui fait notre humanité en des temps aussi tristes et mornes que les nôtres qui l'haïssent.

     

    Dans le monde des nouvelles de Ballard, Vermilion Sands est tout d'abord un endroit à la mode où l'on se rend depuis une période qui semble une « parenthèse enchantée » de l'Humanité, « l'Intercalaire », pendant laquelle rien n'a été interdit et pendant laquelle les écrivains, les poètes, les musiciens n'ont jamais été aussi créatifs. Les vedettes, les hommes et femmes d'affaires, les héritiers et héritières finissent par s'en aller et laisser progressivement la place à des marginaux en quête d'un lieu où leur marginalité n'est pas un problème, leur marginalité naissant surtout de leur refus de la norme, de la standardisation des esprits. Et puis même eux devront partir, car l'humanité « nouvelle » sera beaucoup plus dure envers toute personne ayant des vélléités d'indépendance, envers l'art et les créateurs de formes et d'univers considérés comme fous...

     

     

    Je me sens chez moi à Vermilion Sands, et toi, ami lecteur, y viendrais tu ?

  • Un parfait véhicule pour partir en voyage...

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    187135.jpgJe viens de recevoir une excellente bouteille de vin d'Israèl par l'entremise de Thérèse Zrihen (qu'elle en soit remerciée), auteure de "Marrakech la juive", d'un vignoble du Golan qui travaille à partir du Syrah un nectar qui ressemble à de l'or liquide (en soi un vin du Golan est un cadeau extrêmement politiquement incorrect ce qui me réjouit au plus haut point, emmerder les cons étant un plaisir de gourmet).

    Ses parfums fruités, d'agrumes, de plantes aromatiques, me rappellent instantanément un paysage baigné de soleil, tout en sensualité, en douceur paradoxale, que la haine et la sottise polluent parfois, mais sans en altérer la féminité et la plénitude d'un Sud de rêve, un Sud où la sottise est moins prégnante et où la convivialité n'est pas un vain mot.

    L'ivresse est un voyage, le bon vin un véhicule parfait.

    Après avoir dit cela, me voilà définitivement compromis pour entrer au paradis des calotins et des bigots en tout genre, dont les adeptes de la société libérale-libertaire qui rajoutent l'hygiénisme le plus bête au reste des absurdités qu'ils prônent, pour les autres, mais peu importe.

    A votre santé !