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spiritualités

  • Ces cathos fascinés par l'Islam radical

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    Dialogue de fois avec un terroriste ?

     

    religions, spiritualités, politique, société, christianisme, islam, amaury watremezIl paraît que Salah Abdelslam, l'unique survivant du commando meurtrier des attentats du Bataclan, ce salopard n'ayant manifesté aucun remords, reçoit du courrier abondant de nombreux catholiques qui souhaitent dialoguer avec lui sur leurs fois religieuse respectives. Je connais bien ce genre de croyants. Ils sont persuadés de l'universelle bonté du genre humain à condition d'être gentils tout plein, de faire des beaux sourires à celui qui est différent. Ils sont convaincus que c'est ainsi que ça fonctionne.

     

    Ils ont des initiatives se voulant bénéfiques mais qui légitiment la montée en puissance de la frange la plus radicale des musulmans. On note que sur ce site la jeune femme en page d'accueil est voilée...

     

    Ce n'est pas qu'ils me soient forcément antipathiques. Leur côté illuminé mais gentil les humaniserait. Mais ce genre de discours se voulant contre vents et marées positif m'agace par sa candeur, sa naïveté et parfois sa sottise. Mais ces catholiques sont aussi pour certains, pas tous, simplement de ces pauvres d'esprit dont parlent les Béatitudes. Pour les autres, je crois que cette volonté de dialogue en lui-même impossible dés le départ avec Salah Abdelslam est symptomatique de plusieurs choses :

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  • Des jeunes "intégrisss'" catholiques tabassés par la police

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    Discussion par ici

    "J’ai juré de vous émouvoir – d’amitié ou de colère, qu’importe?"

    Bernanos dans "la Grande peur des bien-pensants", quelques uns de ses éxégètes gagneraient à relire ce livre...

    De jeunes catholiques, pas du tout dans la mouvance traditionnelle, précisons le, se sont émus d'un spectacle dans lequel on balance de la merde sur ce qui est le socle de leur foi. On remarquera que le théâtreux moderniste est pétochard car il ne ferait jamais ça avec d'autres religions plus violentes.

    Certains catholiques très très gentils ne voudront pas trop offusquer, ou se fâcher avec les z-élites de nos belles contrées, et sortiront des citations de l'un ou de l'autre pour s'en justifier, mais comme le rappelait Bernanos, "Dieu vomit les tièdes". Quant à moi, ce n'est pas que je partage tout des opinions de ces jeunes mais il faudrait voir à ouvrir les yeux sur les attaques anti-chrétiennes dans ce pays.

    Ils se sont faits copieusement tabasser par la police, ce qui permet à Claude Guéant de les instrumentaliser pour pouvoir ainsi dire : "Vous voyez bien que je ne suis pas d'extrème-droite, je tabasse des cathos qui manifestent contre un spectacle" (qui injurie leur foi).

    On note que Saint Stéphane Hessel et le bienheureux Patrice Chéreau, saint patron du théâtre subventionné ont manifesté leur indignation contre ces "fanatiques", en vertu de l'équation qui veut qu'un catho qui ouvre sa gueule est forcément un intégriste...

  • Ésotérismes post-modernes

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    ainsi qu'un article sur les adeptes de la zizanie

     C'est l'été, enfin en théorie, vu le temps qu'il fait sur toute la France depuis quelques jours, c'est la période des tests « psycho » dans les magasines, et les journaux dits sérieux, le temps des horoscopes des vacances, des amours de vacances et de rentrée. Ce qui est paradoxal est que les voyance-boule-de-cristal-4.jpgfrançais sont par ailleurs réputés cartésiens alors qu'ils adorent s'adonner à tout cela.

    Qui n'a jamais eu la tentation de regarder son horoscope ?

    En 2011, dans nos sociétés il n'est plus de bon ton de croire en Dieu ou en une transcendance quelconque de nos existences, en premier lieu car cela engagerait des contraintes morales, à commencer vis à vis de son entourage, et cela l'individu moderne s'en fiche, et il trouve ça insupportable en plus de devoir le faire.

    Ne compte que son propre intérêt dans la société spectaculaire et consumériste dans laquelle nous vivons, et surtout de ne jamais prendre la moindre responsabilité quant à ses actes.

    Pour compenser, car il faut bien combler le vide que cela laisse, il n'y a jamais eu un tel engouement pour l'astrologie, les horoscopes (on en trouve un ou plusieurs sur tous les portails internet), les voyants, médiums, gourous « vibratoires » et autres numérologues, ou les ésotérismes de pacotille qui trouvent sur Internet un terrain de chasse aux naïfs et aux crédules très fécond, tout comme les adeptes de l'eschatologie post-moderne qui se voient comme le parangon de l'évolution et sont persuadés que le monde va crouler avec eux.

    Bien sûr, s'opposer à ses ésotérismes de pacotille c'est lutter contre les « moulins à vent », c'est combattre le géant qu'est l'irrationnel toujours solidement implanté dans nos esprits, c'est lutter contre le béhaviorisme impliqué par les ésotérismes de pacotille, contre des certitudes sans aucun fondement mais rassurantes telle celle-ci :

    « Je ne suis pas responsable de ma destinée et encore moins de mes actions puisque dans les astres, il est inscrit ceci ou cela »...

    Peu se pose des questions de bon sens ainsi qu'exposées dans un épisode des « X-Files » écrit par Clive Barker, « Clyde Bruckman's Finale repose » (voir ci-dessous une vidéo de l'épisode), qui montre un voyant véritable, Clyde Bruckman, qui perçoit vraiment le futur des personnes qu'il côtoie. Évidemment, logiquement, ce qu'il voit en premier c'est leur mort, l'évènement le plus rude de leur avenir.

    Il en profite pour faire peur aux gens à qui il vend des polices d'assurance et vivre une petite vie tranquille sans faire de vagues ni éveiller l'intérêt des médias ou des dirigeants.

    Pourtant, ceux qui consultent les voyants, les autres, les charlatans, qui sont en fait des personnes très psychologues capables de répondre à leurs clients ce que ceux-ci veulent entendre, finalement, ne se posent jamais cette question :

    Pourquoi le voyant n'est-il pas richissime ?

    Car s'il voit l'avenir, il voit les numéros du loto avant tout le monde.

    Et il verrait aussi, comme Clyde Bruckman, la mort des gens et pourraient les avertir des dangers qu'ils courent. La plupart du temps, le voyant se contente de généralités lénifiantes, bien mièvres, un peu comme les personnes rédigeant les horoscopes, les astrologues.

    L'univers étant en expansion, les constellations sur lesquelles ils se basent n'existent pourtant plus, donc leur base de travail est fausse en elle-même.

    Parmi eux, certains sont sincèrement persuades que notre avenir est écrit dans les astres et les constellations, ces étoiles dans lesquelles l'être humain, par la puissance de son imagination, a cru voir des animaux fabuleux ou des créatures mythiques censées représenter une forme de caractère ou de tempérament, un avenir. Finalement, d'ailleurs, l'astrologie n'est rien d'autres que de la psychologie là aussi, sous forme embryonnaire.

    C'est tellement général que ça tombe parfois juste.

    Car qui est totalement et sincèrement satisfait de son existence ?

    Pour compenser cette insatisfaction, il en est qui croient dur comme fer à la réincarnation, qu'ils sont le fruit de diverses réincarnations. Ils adaptent les spiritualités orientales, comme celle-ci à leur sauce.

    Car on constate que leurs anciennes incarnations ne sont jamais anodines, on ne compte pas les réincarnations de Cléopâtre, de tel ou tel souverain, de telle ou telle actrice. Ou alors les anciennes incarnations reflètent les frustrations très actuelles, les complexes, les fantasmes de ceux qui assurent y croire. Ainsi, telle vieille fille se verra en prostituée, telle autre en courtisane ou en vestale, tel vieux garçon s'imaginera avoir été guerrier, chevalier, fort et courageux. Le petit employé, le VRP en aspirateurs, le vendeur de charcuterie, se rêvent aventuriers. Etc...

    C'est à la fois grotesque, pathétique et touchant.

    Cela permet aussi à des malins, opportunistes et cyniques, de s'improviser descendant par alliance d'un personnage saint de l'histoire, gourou cosmoplanétaire ou copain des aliens, ce qui permet à d'anciens chanteurs minables de s'assurer de l'argent et des femmes à volonté, par la ruse. En naviguant un peu sur le net, on constate d'ailleurs que ces gourous s'avancent toujours masqués, avec des sites qui révèlent toujours au dernier moment leur filiation sectaire.

    Il est fort regrettable de constater d'ailleurs que dans les fois traditionnelles, certaines communautés croient bon d'adopter des conduites à la limite du sectaire pour recruter de nouveaux fidèles, en misant sur une affectivité à outrance, et un conditionnement par la transe mystique (au bout de trois jours en mangeant et buvant peu, tout le monde a des visions mystiques).

    Ce qui est particulièrement gênant dans les mouvements de ce type issus du catholicisme ou du protestantisme, souvent confondus en France, c'est qu'ils adoptent le même forme de fonctionnement que celui des sectes : un gourou, des initiés, ce qui est un non-sens dans la foi chrétienne, des « guérisseurs » par l'imposition des mains et des dérives inévitables dues à l'ignorance de la théologie, de la spiritualité chrétienne.

    Et je ne parle même pas du succès des évangélistes et des mouvements évangéliques un peu partout dans le monde, en particulier dans les pays pauvres.

  • La haine modern-style

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     "L'homme ne s'avise jamais de se mesurer à son cercueil, qui seul néanmoins le mesure au juste."

    « Sermons » de Jacques-Bénigne Bossuet

    Image, toile de Francis Bacon intitulé "Figure with Meat" prise ici

    Francis-Bacon-Figure-with-Meat-1954-Huile-sur-toile.jpgLa haine est un des sentiments les plus effrayants dont les êtres humains, ces primates lamentables, « sans qualités », sont capables, beaucoup plus que l'amour d'ailleurs, qui est systématiquement porté en dérision de nos jours. C'est d'autant plus effrayant que l'on a peur de s'y laisser aller, et que l'on y prenne garde.

    L'amour est perçu comme étant ridicule, vaguement incommodant, inconfortable car il coupe de la fausse douceur du troupeau, peu respectable. La haine, l'agressivité, la violence, la dérision aussi, qui en est une autre forme, sont au contraire vues comme étant le privilège des esprits forts, de ceux qui sont des vainqueurs, qui savent se faire respecter.

    Je ne parle même pas des croyants qui osent parler d'un Dieu d'Amour voire des idéalistes qui parlent de partage, de fraternité, de gestes de charité concrets, ils sont tout de suite moqués, jetés comme le bébé avec l'eau du bain. Ce qui est au fond incompréhensible pour le monde moderne, c'est justement l'amour de Dieu pour sa créature.

    Si elle est terrifiante, la haine moderne est aussi vraisemblablement séduisante, malgré sa facilité, peut-être justement à cause de celle-ci, terriblement fascinante aux yeux de tout le monde.

    La haine de soi mène rapidement à la haine de tous les autres.

    Si l'on est incapable de s'aimer, comment pourrait-on aimer les autres ?

    On ne s'aime que rarement soi, on aime bien le personnage que l'on joue, qui permet d'oublier combien l'on est faible et médiocre au fond, et facilement gagné par la boue dans laquelle on se roule au bout du compte avec délices plutôt que de chercher à s'élever.

    Image ci-dessous, montrant les violences au stade du Heysel prise ici

    25878_111438875537309_111342235546973_267574_4458704_n.jpgJouer la comédie, se fabriquer un personnage, c'est tellement plus facile que d'affronter sa propre vérité, que de regarder en face ce que l'on voit dans son miroir chaque matin. La haine de soi implique le dégoût de la vérité toute nue, de la vérité des faits, de s'apercevoir qu'au fond l'on se fait beaucoup d'illusions sur soi. En un sens, c'est normal, voire légitime, ou humain, sauf quand ces illusions mène au dégoût de soi et de l'entourage. Les moins protégés contre ces illusions que le désir inassouvi entretient sont les plus jeunes qui sont devenus depuis quelques années des cibles pour les marchés.

    Comme le dit Robert Musil dans « Les désarrois de l'élève Törless » (1906) :

    « Les sentiments empruntés aident les jeunes gens à franchir le terrain psychique si dangereusement mouvant de ces années où l'on voudrait tant être quelqu'un alors qu'on n'en a pas encore les moyens. »

    Ce qui est étrange est que cette haine réelle, concrète, tangible, va de pair avec l'affirmation d'un humanitarisme béat et universel reposant sur deux ou trois clichés et l'affirmation exaltée de lieux communs bêtifiants qui n'ont jamais rien changés à quoi que ce soit. L'individu moderne a le culot de justifier sa haine, sa rancœur, sa frustration en se faisant pour le champion du bien, seul contre tous.

    A notre époque de moyens de communication de plus en plus développés et performants, on pourrait croire que la haine, que les haines reculent. Finalement, il n'en est rien, c'est même plutôt l'inverse, elles circulent encore plus rapidement qu'avant et elles se diversifient un peu plus chaque jour, elles se cristallisent, se cuisent et se recuisent, finissent par sentir de plus en plus mauvais, en particulier grâce à l'Internet.

    Ces haines vont dans tous les sens, elles ne sont pas l'apanage d'un parti ou d'un autre, d'une idéologie ou d'une autre. Elles conduisent à abandonner toute nuance, à nier toute possibilité de contradiction à celui qui ne pense pas de la même manière.

    Certains parlent souvent du danger du retour des heures les plus sombres de notre histoire, selon la formule consacrée, du fait de déclarations souvent bénignes et de bon sens quant aux causes de l'insécurité, et sur l'intégrisme le plus dangereux, qui cause souvent des victimes dans l'indifférence quasi-générale surtout si celles-ci n'entrent pas dans la grille de lecture du « storytelling » politique dans le vent ces temps-ci, qui permet de raconter et de se raconter beaucoup d'histoires pour se mettre en valeur.

    La société hyper-consumériste fait de l'être humain un puits sans fonds de désirs sans limites, de désirs qui doivent absolument rester inassouvis pour que le système continue de fonctionner. Il veut pouvoir réussir comme les modèles qu'on lui présente, il veut pouvoir avoir la même apparence que celle qui est préconisée dans la publicité pour les hommes et les femmes, il veut tous les objets qui lui sont montrés comme absolument obligatoires à sa dignité. Il y a dans cette affirmation du désir l'alliance objective des libéraux et des libertaires ainsi que le rappelle ce slogan de « Mai 68 » :

    « Prenons nos désirs pour des réalités ! »

    Bien sûr, quand l'individu n'arrive pas à obtenir tout cela, cela crée beaucoup de frustration de la rancœur, de la colère, de la haine, des jalousies puissantes. Pour sublimer cette violence, pour lui donner une impression d'honorabilité, on lui alors donne différents prétextes :

    politiques, artistiques et j'en passe.

    On justifie d'abord la haine en affirmant que c'est l'autre qui est haineux.

    On la justifie également et de plus en plus en la faisant passer pour la défense de grandes causes, quitte à ce que la pseudo-défense d'un peuple cache, mal, un racisme comme les autres.

    C'est dur d'avouer, de s'avouer qu'en fait, c'est parce que l'on ressent de la haine, en particulier envers soi, que l'on joue cette comédie du rebelle, de l'outsider, de l'artiste incompris, du génie des Carpates méconnu, forcément.

    Et parfois à juste titre simplement.

    La sublimer permet d'en faire porter le chapeau, la responsabilité, à d'autres que soi. C'est la faute de l'autre, c'est la faute de sa famille, de ses amis, de l'école, des profs, de son chef de service, et j'en passe, si l'on hait autant.

    Image ci-dessous prise ici

    2009_03_19_Jeunes_Violents.jpgOn sait bien pourtant que la haine, elle vient de soi-même, mais le reconnaître c'est reconnaître que le personnage que l'on joue est complètement virtuel. Et ça c'est trop compliqué, car on finit souvent par croire que ce personnage c'est nous. C'est la vie qui devient virtuelle, l'amour, que l'on vit par procuration, en rêvant sur le passé, sur son enfance, son adolescence idéalisées car si l'on ne veut pas reconnaître ses haines, sa violence, ses frustrations, on ne veut pas non plus reconnaître que l'on a mûri, que l'on est devenu adulte, quitte pour cela à se laisser tenter par l'autodestruction engendrée par un mode de vie que l'on imagine encore jeune.

    D'où le romantisme autour de l'alcool ou de la drogue. On ne veut pas remarquer qu'un alcoolique c'est un type, ou une femme, souvent lourdingue, et non un poète qui se trouverait l'inspiration en buvant, idem quant aux drogués.

    On notera que lorsque l'on essaie de revoir des amis d'enfance retrouvés sur le réseau, c'est toujours très difficile, on préfère continuer à rêver, et puis l'on sait bien au bout du compte que l'on n'aurait pas grand-chose à se dire.

    Tout comme les mouvements de rébellion vécus par d'autres à l'autre bout du monde, on a vraiment l'impression d'en faire partie en étant bien au chaud derrière son écran, dans un pays riche, où le risque de guerre civile est minime.

    Les scènes montrées dans "Orange Mécanique", voir di-cessous, se sont comme banalisées, on a pris l'habitude du fait de la banalisation du mal...

    A ce lien, un texte d'Hannah Arendt sur la banalité du Mal

  • Il est plus que temps de songer aux chrétiens d'Orient

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    Depuis plusieurs décennies déjà, une minorité se fait persécuter et opprimer au Proche Orient. Depuis quelques semaines, les choses s'accèlèrent et c'est à peu près un attentat par jour contre cette minorité 514701945.jpgque l'on doit déplorer chaque semaine. Pourtant, on ne voit aucune affiche sur les murs de l'Hotel de ville de Paris, et il n'y a aucune manifestations dans les rues des associations pour les droits de l'homme ou les ONG se souciant d'humanitaire, excepté un grand rassemblement organisé il y a peu à l'initiative entre autres de Frigide Barjot.

    Est-ce à dire que ces associations ou organisations pourtant promptes à réagir dans le cas d'autres minorités, peut-être plus « vendeuses », s'en fichent ?

    Objectivement il semble bien que oui.

    Parce que cette minorité ce sont les chrétiens des Proche et Moyen Orient, (catholiques à 40%, rattachés aux patriarcats de Moscou ou de Grèce à 60%), particulièrement les coptes, catholiques ou orthodoxes, en Égypte, et au Nigéria, la plupart dans des pays auparavant laïcs et plutôt tolérants ou cléments avec eux, maintenant beaucoup plus durs du fait de la montée en puissance des groupes fondamentalistes musulmans qui ont la part belle à cause des deux Guerres du Golfe et de l'enlisement total des pourparlers dans le conflit israélo-palestinien, la pierre d'angle et d'achoppement de la question.

    Certains naïfs ont cru que les choses allaient s'arranger avec Obama, il n'en est rien, et la colonisation continue de plus belles en Cisjordanie. Il faut aussi signaler que les chrétiens de la bande de Gaza subissent une double peine, le pilonnage de leurs villages, essentiellement autour de Khan Younès, et la suspicion à leur encontre des dirigeants et membres du Hamas pour qui ce sont des alliés potentiels de l'Occident, les chrétiens du Sud Liban vivant également les mêmes problèmes, certains se laissant hélas aller à soutenir le Hezbollah.

    Les chrétiens d'Occident, dans une très large majorité, sont également indifférents de fait au sort des chrétiens dits d'Orient, les assurant de leur plus profonde prière, affirmant qu'ils doivent rester dans leurs pays, qu'ils en ont le droit, mais ne faisant rien pour les aider concrètement, excepté bien sûr les associations comme l'AED (Aide à l'Église en Détresse) ou l'Oeuvre d'Orient, qui reste encore relativement méconnue dans l'église de France, et qui souffre de sa réputation d'oeuvre de « grand-maman ».

    Les chrétiens arabophones le disent tous : « Vous nous demandez de rester sur place mais vous ne faîtes rien pour nous y aider ».

    Et il y a aussi tous ces « idiots utiles », qui par naïveté, par sottise aussi, pour se donner la pose humaniste, qui soutiennent les attaques de plus en plus nombreuses contre la laïcité faites par des intégristes musulmans, pourtant minoritaires en Europe.

    Pire encore, la plupart des chrétiens et catholiques soutiennent des politiques qui ont des conséquences catastrophiques quant au bien-être des chrétiens orientaux, dont les « guerres pétrolières » ou le soutien affiché de nombreux dirigeants occidentaux finalement cyniques à l'Arabie Saoudite, dont on sait pourtant qu'elle finance les pires groupes fondamentalistes et le terrorisme.

    Je mettrai dans le même sac les chrétiens pro-sionistes, souvent plus sioniste que les membres les plus radicaux du Likoud, et les chrétiens pro-palestiniens, dont certains défilent sans réfléchir avec des partisans du Hamas ou des Frères Musulmans égyptiens, accentuant la pression déjà forte sur les chrétiens de langue arabe.

    Signalons aussi que la plupart des chrétiens occidentaux sont largement ignorants de l'existence même de leurs frères et soeurs d'Orient, et donc de l'histoire des origines du christianisme, qui est une religion s'étant développée d'abord au Proche Orient avant d'essaimer en Europe, à commencer par l'Égypte évangélisée par Saint Marc. Les traditions orientales sont pourtant souvent considérées comme des survivances folkloriques ou locales, méprisés, à quelques initiatives prés comme celles du Père Gouzes, qui essaie de réconcilier la tradition romaine et la tradition byzantine.

    Le traitement par les médias de ces évènements douloureux est, disons le pudiquement, excessivement prudent. Au Nigéria, on met à égalité chrétiens et musulmans qui s'affronteraient à égalité, tandis que pour les coptes on parle de leur « sentiment de persécution », ce qui sous-entend qu'on met en doute la véracité de ces persécutions.

    Cette question dépasse pourtant tous les partis, tous les clivages, on note que ce sont des parlementaires de droite comme de gauche, dont André Gérin, qui ont signé la pétition pour quelque chose soit fait pour cette minorité souffrante. Car ce qui est en jeu, c'est aussi une vision de la société, dans laquelle tout le monde arriverait à vivre bon gré mal gré en tolérant les croyances, ou incroyances, de l'autre.

    Appel à la prière pour les chrétiens d'Orient, du site "Appel à la Vérité"

  • Faut-il des catholiques en phase avec le monde ?

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    « Dieu vomit les tièdes »

    Georges Bernanos, extrait du « Dialogue des Carmélites »

    Le texte ci-dessous concerne le Pape mais finalement il peut s'appliquer à ce que l'on demande en ce moment à tous les catholiques, on veut des catholiques en phase.

    « Il nous faut un Pape en phase » (Philippe Muray -mai 2005.)

    « Un pape à la botte, au pied, aux ordres, aux mots d’ordre, un pape qui file doux et qui respecte les nouveaux règlements. Les nôtres. Un pape qui lâche ses bondieuseries pour notre eau bénite et ses patenôtres transcendantes pour nos homélies multiculturelles.

    priere1.jpgUn pape qui, cessant de bêtement parler des “errances de la modernité”, nous rejoigne dans nos divagations divines.

    Un pape à roulettes et en culottes courtes.

    Un pape citoyen.

    Un pape qui sorte du Saint-Siège, une bonne fois, en poussant le cri primal, pour n’y plus jamais revenir. »

    La suite ici

    La citation ci-dessous parle de la définition de l'amour, mais elle peut s'appliquer à la Foi, à l'amour pour Dieu.

    « Le véritable amour est exigeant, violent, exclusif, méchant, avec des moments de ressentiment. Le plus grand amour peut comporter une part de détestation. L'affection est un sentiment fade, c'est l'amour des gens tièdes. »

    Journal littéraire (1893-1956) - Citation de Paul Léautaud

    *

    Dans ma chambre, il y a un crucifix sur un des murs, un crucifix de bois tout simple, sans fioritures, auquel je tiens particulièrement car il a été façonné par un monsieur pour lequel j'ai beaucoup d'affection. Ancien menuisier, il a de l'or dans les mains, et il est capable d'attention délicate comme celle-là comme toutes ces personnes simples de ce monde qui a disparu depuis quelques années, un monde un peu plus vrai.

    Il l'avait fait à mon intention.

    Il m'a suivi partout où je suis allé. Il est pour moi excessivement précieux.

    Et je le préfère à quantité d'objets religieux tous plus pompeux et sulpiciens les uns que les autres, ou larmoyants.

    Je n'y voyais pas malice jusqu'au jour où des amis visitant ma maison ont trouvé que ce crucifix ça faisait vraiment trop « catholique traditionnel ». Je n'ai pas compris vraiment cette opinion car je ne suis pas un admirateur des messes en ancien ordo selon le rituel dit de « Saint Pie V », quoi que parfois, comme à Notre Dame des Armées à Versailles, j'apprécie la jeunesse de l'assistance que l'on trouve de temps en temps à ce genre de célébrations. Jeunesse qui contredit les préjugés communs qui veulent que ce genre de liturgie ne plaise qu'à des nostalgiques de Vichy et du pétainisme vieux et cacochymes.

    Dernièrement, sur un forum Internet, un des intervenants était surpris qu'un catholique affirmé comme moi puisse lire Rabelais, pour lui c'était inconcevable, ou alors c'était que ma foi était vacillante. Tout cela témoigne finalement d'une vision binaire du monde, il faut entrer dans un cadre, être dans le camp des bons ou des méchants, ceux du moins reconnus comme tels par le troupeau bêêlant, le pape faisant en ce moment partie quoi qu'il dise ou fasse, des méchants.

    Sur un autre je lis dans le commentaire d'un autre intervenant que lui n'a pas attendu l'autorisation du Pape pour utiliser des préservatifs, et qu'il a déjà couché avec des filles, ou des hommes, ça il ne le précise pas, avant le mariage. Cet intervenant me fait largement penser au catho de service dans les groupes d’étudiants, ou de jeunes, ou d'adultes, qui n’ose pas trop aller à contre-courant par peur finalement de la solitude et qui finit toujours par y perdre son identité quitte à passer pour un tiède. Il pense comme le commun que en gros un bon catho c’est un catho qui pense comme tout le monde.

    Alors ce n'est donc plus un catholique.

    Finalement, c'est ce que veut le troupeau bêlant, à commencer par le bétail docile et consumériste, c'est que le catholicisme disparaisse car il s'oppose à la dynamique du désir sans fin ni fond, ce qui fait qu'il n'y en a plus vraiment, à l'utopie de l'émancipation sans fin rêvée par le monde moderne, qui n'est en somme qu'un désir de retour en arrière, à l'animalité, aux pulsions primaires. C'est ce que souligne fort bien Paul Thibaud dans l'avant-dernier numéro de « Marianne » dans son article consacré à la polémique autour des déclarations du Pape.

    Je ne veux surtout pas, quant à moi, être un catholique en phase, un catholique qui organise des cercles de silence, qui ne parle pas trop des chrétiens persécutés, pour ne pas choquer son entourage, qui ne cherche pas à choquer et provoquer des réactions chez ses interlocuteurs, un catholique bien sage qui ne fait pas de bruit et reste dans son coin, qui ne boit pas, ne fume pas, ne fait jamais l'amour et surtout qui se cache sans jamais ouvrir sa gueule.Il ne s'agit pas de se lancer dans de nouvelles croisades, c'est la grande peur semble-t-il de certains évêques, raison pour laquelle ils ne parlent pas de ce qui pourrait sembler provoquant. De toutes façons, l'existence même du catholicisme paraît provocante pour ce monde libéral-libertaire.

    Bien sûr, si on considère les catholiques comme une survivance, une clique superstitieuse, on se demande toujours pourquoi tout ce que dit le Pape gêne à ce point là ?

    Des catholiques chinois de "l'église des catacombes" en illustration, encore une persécution dont on ne parle jamais.

  • Monseigneur Centène et les gens du Voyage

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    1005386_centene.jpgDéclaration de Mgr Centène aumônier des gens du voyage dans "Famille Chrétienne", pas vraiment un hebdo bobo, des propos intelligents, mesurés et là encore très clairs.
    L’Église catholique peut-elle esquiver les polémiques qui entourent, depuis plusieurs semaines, les Roms et les Gens du voyage ?

    Le rôle de l’Église n’est pas de prendre parti pour les associations ou pour le gouvernement. Ni angélisme, ni amalgame. Mais la récupération est inévitable dans le contexte actuel. Tout est blanc ou noir, et on peine à trouver des nuances… L’aumônerie des Gens du voyage refuse les généralisations hâtives. En clair, ce n’est pas le mode de vie des Tsiganes qui est facteur d’exclusion. La délinquance est liée à la marginalisation. Plus les Tsiganes seront marginalisés et plus ils auront tendance à s’installer dans les marges. Ils seront tentés d’avoir recours à des moyens d’existence peu orthodoxes… Je crois que la sécurité ne peut venir que de relations réciproques. La répression, seule, ne fait que cristalliser les choses.

    Pourquoi les Gens du voyage attachent-ils autant d’importance à leurs racines et à leur famille ?

    Les Tsiganes sentent que leurs valeurs sont attaquées par la société moderne. En particulier les valeurs relatives à la famille et à la communauté qui heurtent notre hyper individualisme. Leur sens – extrême – de la solidarité ne cadre pas avec les impératifs de performance. Dans ces domaines-là, les autres catholiques pourraient s’inspirer des valeurs des Gens du voyage.

    Mais leur nomadisme n’est-il pas contraire à nos valeurs ?

    Leur mode de vie traduit quelque chose de notre situation de pèlerin, toujours en marche vers la Patrie. Il constitue pour nous une sorte de parabole, il nous rappelle le mode de vie des patriarches de l’Ancien Testament toujours en marche vers la Terre promise. Comme le soulignait Charles Péguy, nos cités de la Terre sont le corps de la cité de Dieu. L’âme reste ailleurs !

  • Peut-on rentrer dans le rang quand on a atteint des sommets ?

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    Article sur Agoravox également

    Je vais encore parler de moi et de mon expérience en Terre Sainte, mais pas que, car je crois que ce que je vais décrire est caractéristique de la France, ce beau pays, (c'est sincère ce n'est qu'à moitié ironique). Cet article donnera peut-être sa légitimité au titre de ce blog.

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    Quand nous étions là-bas, nous étions enfin enfin nous-mêmes et reconnus pour ce que nous sommes vraiment, à savoir nous n'étions plus le petit gros, le grand mince, le type efféminé, voire le pédé de service, la séductrice, la vieille fille, la grande asperge, la petite souris, le barbu et j'en passe, nous étions libres. Nous étions Marc, Anne-Marie, Alain, Cyprien, Lucie, Mélanie, Cécile, Jean-Charles, Florence, Christophe, Michel, Éric, Alexis, Stéphane, Catherine, Odile, Florence, Amaury. Nous n'étions pas celle ou celui qui a un statut social enviable ou de l'argent. On nous acceptait tels que. Nous avons pris alors des mauvaises habitudes car nous avons cru que, rentrés en France, il en irait de même. Nous avions vu un peu trop grand. Mais nous étions persuadés qu'au moins nos deux ans passés en Terre Sainte avait fait évoluer l'opinion que les autres avaient de nous, et naïvement aussi bien qu'égocentriquement nous étions persuadés que le monde avait changé en même temps que nous.

    Pas du tout ! Naïfs que nous étions !

    La plupart des gens y sont obséquieux avec les puissants, les plus riches ou ceux qui sont mis en avant par le système, lèche-bottes et serviles avec tout ce qui représente une autorité, fût-elle grotesquement minuscule, et impitoyables avec ceux qu'ils considèrent comme plus faibles ou moins bien lotis qu'eux.

    Et c'était toujours largement le cas.

    On ne nous écoutait pas quand nous parlions de notre expérience, on regardait avec indulgence nos photos et souvenirs, mais toujours avec un brin d'impatience : « Oui bon, maintenant tu es rentré, hein ! ». « Faut rentrer dans le rang », disaient les autres, qui, s'ils ne le disaient pas n'en pensaient pas moins, c'était une pensée quasiment audible sans trop d'efforts. D'ailleurs peu de gens acceptaient que l'on parle de ce que nous avons vécu, ou en parlaient et d'aucuns même prétendaient mieux connaître les lieux, les personnes, les évènements, que nous avions traversés ou les problèmes auxquels nous avions été confrontés.

    Et c'est eux que l'on écoutait.

    Nous nous sommes aussi heurtés à tous les bons samaritains, les bons apôtres qui ne veulent que notre bien, c'est ce qu'ils disent, nous prodiguant leurs conseils que nous avons bien dû finir par écouter. Partir comme cela, ce n'était pas sage, c'était une fuite, et pour aller chercher quoi ? Peu comprennent vraiment, réellement, ce qu'apporte d'avoir vécu dans cette région du monde, sur cette terre dite sainte, que l'on est bien obligé de reconnaître comme fascinante, que l'on soit ou non croyant. De quoi donc avaient peur ces bons apôtres ? Que notre expérience nous donne un privilège quelconque ? Des droits supérieurs aux leurs ? Était-ce qu'ils étaient jaloux de ce que nous avions vécu ? J'essaye encore de saisir.

    Mais une chose était certaine, l'est toujours, nous étions des inadaptés, des instables, nous avions fui quelque chose d'inavouable c'est sûr, nous étions des inadaptés (en quoi l'adaptabilité maximum à la société, notre société, en l'occurrence des sottises sans pareil, le Fric et la manière de le consommer, est-elle une qualité ? C'est un mystère...). Certes, ce n'est pas tout à fait faux, nous fuyions sans problèmes la société hyper-matérialiste et égoïste qu'est devenue la société française, espérant trouver un peu plus d'élévation spirituelle et un peu d'air aussi, un peu d'humanité en plus. Nous nous sentions à l'étroit, étriqués, pressurés par la routine, mais pas seulement, par les préjugés, nous sommes redevenus des archétypes quand nous sommes rentrés, nous n'étions plus vraiment des personnes.

    Cela ne veut pas dire que l'on ne nous aimait pas ou que l'on nous aimait moins. Mais les personnages qu'on voulait nous faire jouer étaient tellement plus confortables. Et il est vrai que quelques uns nous aimaient simplement bien mal.

    Il en est parmi nous qui n'ont pas tenu très longtemps, qui ont fait semblant un petit peu, de se remettre sur les rails, de rentrer dans le rang, mais c'était intenable et ça l'est toujours. Il en est beaucoup qui sont vite repartis, au Proche Orient, voire pour l'un d'entre nous quelque part vers le Cap de Bonne Espérance. Je l'envie, mais pas tant que ça, car du fait du lien noué entre nous à Jérusalem, je suis un peu avec lui comme les autres qui ont partagé tant de choses. Nous faisons tous comme si les règles étaient importantes, alors qu'elle sont futiles. Nous sommes indociles et c'est ce qui gêne le plus. Ce n'est pas une révolte, nous voulons savoir pourquoi nous devrions adopter tel comportement plutôt qu'un autre, pourquoi nous devrions prêter allégeance à tel ou tel roitelet, tel ou tel petit notable, tel ou tel coq de basse-cour pour être enfin considérés. On remarquera en passant que le Net balance entre deux extrèmes, d'un côté des anonymes hargneux ou trolls, de l'autre le lèchage d'arrière-train semble devenir le sport à la mode, d'un pipeaule ou d'une "célébrité" instantanée du ouèbe.

    La question étant également de savoir s'il est bien indispensable d'être considérés et pris au sérieux par des médiocres ? Je n'en suis pas sûr. Il est aussi légitime d'être un tant soit peu reconnu.

    Il y a dans le livre de Greil Marcus, « Lipstick Traces », des considérations qui rejoignent ce que j'ai ressenti et ressent toujours. C'est quand il parle du « retour à la normale » de l'après-guerre, après 1945, quand les hommes et les femmes ont dû revenir à la routine, et que les pouvoirs les ont incités à reprendre leurs anciens rôles. Une guerre n'est jamais souhaitable, bien sûr, et il est dommage que l'être humain ait besoin de conditions très dures pour le comprendre, mais la fraternité induite par les privations, l'obligation pour les femmes de travailler en usine, avait créé une telle sensation de liberté que beaucoup ont eu du mal à revenir aux automatismes imposés avant le conflit. Cette fraternité était très dangereuse pour la dynamique de consommation de la société industrielle, elle le serait encore plus aujourd'hui, car finalement elle laissait entrevoir très clairement que consommer, acheter, avoir des rêves formatés, tout cela était et est toujours ridicule.

    D'aucuns n'y sont pas revenus du tout il est vrai. D'autres encore se sont tout simplement donnés encore un peu plus en devenant prêtres ou religieuses.

    Nous avons rencontré ces conditions très dures, un pays en guerre, une violence omniprésente, beaucoup de sottise exposée au grand jour, et cela hélas par de nombreux croyants des trois religions monothéistes. Nous n'étions pas très nombreux, nous étions une toute petite minorité, nous avons dû nous priver de certaines choses que nous aimions, de la présence de nos proches. Et nous avons rencontré pleinement cette « communion des saints » fraternelle, pour quelques uns parmi nous, encore un peu plus après une équipée au Sinaï tellement épique, à notre échelle, que nous ne pouvons plus tricher entre nous.

    israel_07.1189296000.ramon-cratere-xx-in-mizpe-ramon-.jpgNous n'étions pas, nous le sommes toujours pas, des illuminés, des fous exaltés cherchant à prêcher l'amour avec un peu trop de fébrilité. Nous avions les deux pieds solidement ancrés dans la terre, dans le réel, comprenant tous que ce qui est important c'est bien sûr soi-même mais aussi l'autre, ce qu'il peut apporter, ce qu'on peut lui apporter. Sans mièvrerie ni grands mots, apporter quelque chose, partager quelque chose ce peut être partager un bon vin, un thé à la menthe, un narghileh, voire même quand nous avions un tout petit peu la nostalgie du pays une entrecôte-frites qui devient sous d'autres cieux un délice exotique, tout comme des bons fromages, délices il est vrai quelque peu surréaliste dans une ville où les interdits alimentaires sont radicalement pris au pied de la lettre. Et qu'une spiritualité aussi haute soit-elle en apparences, et qui ne tient aucun compte de l'autre, ça sonne bien creux.

    Nous ne nous sommes pas mis à parler en langues inconnues, nous ne faisions aucune simagrée comme ces dévisseurs d'ampoules que l'on rencontre de plus en plus dans les paroisses rentrant en transes et balançant des sons sans suite, parfois inarticulés, et qui passent pour mystiques, quand ils prient. Que l'on ne se méprenne pas, nous ne méprisons ni ne rejetons le spirituel dans la foi, pas une seconde, surtout quand il amène à plus de charité et plus d'amour.

    L'esprit de Dieu il nous semblait qu'il était tout autour de nous, il nous suffisait de contempler le désert, et peut-être d'apprendre la modestie. L'Évangile, nous en étions peut-être plus éloignés que les petits enfants que nous croisions à tous les coins de rue, souvent pauvres, et toujours pleins de vie, et de joie, toutes choses perdues à cause de l'avidité à posséder tel ou tel gadget parfaitement inutile et ce dés le plus jeune âge. Nous en étions plus éloignés même que les petits voleurs de touristes (ce n'est pas bien, pas bien du tout) qui offraient le thé le soir à la tombée du soleil.

    Enfin, je pense savoir d'où nous vient cette prétendue inadaptation, cette incapacité à être docile. Nous avons connu là-bas la vraie liberté des "fils de la lumière" dont parle Fabrice Hadjaj, j'ai cette prétention, qui ne sont pas très doués pour la diplomatie mondaine mais vont à l'essentiel.

    Pour tout cela, je n'ai toujours pas envie de rentrer dans le rang...

    en photos, le Sinaï au crépuscule et le cratère de Mizpeh Ramon au Sud d'Israèl (nous y avons dormi deux nuits)

  • Théologie au rabais et spiritualité « discount »

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    Les réactions à mon texte sur la conférence des Bernardins de Guillebaud et Hadjaj...

    18928095.jpgOn pouvait s'y attendre un peu mais la plupart des commentaires que je lis concernant mon article montrent que le propos des deux intervenants n'est absolument pas compris. Ce qui domine, sans me surprendre, tout en m'effarant malgré tout, c'est la haine de l'humain, l'humanité en général, diffuse derrière les propos se voulant généreux, universalistes et sympathiques. Et l'humanisme est confondu avec l'humanitarisme vague en vogue depuis quelques temps, le tout nimbé de quelques propos hostiles à la philosophie en particulier et la réflexion intellectuelle sur la société en général. La plupart des commentateurs ne savent pas ce qu'est l'humanisme et encore moins ce qu'est l'humanisme chrétien, perçu comme une défaite de la spiritualité par d'autres.

    Et le tout confirme bien les constatations des deux hommes, c'est toute la société qui tend vers le post-humain ou le trans-humain.

    Il y a la peur de la fêlure, chez soi-même, chez l'autre, la peur de la blessure, vue comme une faiblesse, une folie. Il y a également une peur panique de l'inadaptation au monde, et de son corollaire, la peur l'indocilité aux règles imposées par le monde. Ce surhomme soit-disant libéré des chaînes de son humanité ne serait donc bien qu'un sous-homme, un pantin révérent, ignorant et content de l'être, se soumettant sans réfléchir aux pires diktats de standardisation de la société spectaculaire marchande actuelle, et à un bonheur finalement insoutenable, comme dans le roman d'Ira Levin (on ne dira jamais assez la lucidité de la plupart des auteurs dits de « genre ») car forcé.

    Car finalement, pour la plupart des personnes il n'y a pas d'égalité entre les êtres humains mais une hiérarchie, un des commentaires l'exprime : la vie d'un handicapé vaut moins que celle d'un directeur de banque, le tout enveloppé sous des prétextes plus ou moins généreux. On se pare de bonnes intentions pour dire que l'on veut le bien de l'handicapé qui ne peut être heureux tel qu'il est, non pas car son handicap le ferait souffrir mais parce qu'il n'est pas dans les normes, surtout d'ailleurs pour cette dernière raison, les bonnes intentions étant surtout un alibi pour camoufler la peur de la différence, non pas la différence telle qu'on la définit actuellement, ce qui effraie c'est l'altérité au bout du compte. Je suis toujours stupéfait de l'eugénisme en vigueur actuellement qui est exactement le même que celui des totalitarismes, les faibles, ceux qui sont réputés l'être, doivent être éradiqués, ne doivent survivre que les forts en somme, ou ceux qui sont réputés l'être.

    Quelques « croyants » répondant à ce texte, mais aussi à la conférence, semblent aussi avoir de leur foi une idée telle que définie par Guillebaud et Hadjaj par la notion de théocratie. L'homme est un esprit enfermé dans un corps, là ils rejoignent la gnose, l'amour divin ou humain est éthéré. Il y a aussi énormément de confusions, comme présenter Marie-Madeleine comme le « treizième » disciple ou prôner une sorte de syncrétisme immonde, une bouillie pour les chats vaguement universaliste, qui correspond finalement à une démarche spirituelle, si tant est qu'on puisse la qualifier ainsi, consommatrice. On prend un peu ce qu'on veut sur les rayons, ce qui arrange, ce qui flatte. On aime bien les grands rassemblements grégaires, hyper-affectifs, et sur-spiritualisants, dans lesquels on est perdu dans un grand tout confortable, oubliant l'humain, que l'on méprise, et son corps, dont on a peur, en parlant comme de la source de toutes les perversions, y compris le corps souffrant dont un commentateur affirme sans rire qu'il engendre le péché chez celui qui souffre. Ce comportement de consommateur engendre le rejet des institutions catholiques considérées comme oppressives car empêchant de consommer en toute sérénité, et forçant donc à une réflexion personnelle plus approfondie que le picorage intellectuel.

    Tout cela afflige par son indigence, cette incompréhension de la plupart des lecteurs et auditeurs du propos de Fabrice Hadjaj et Jean-Claude Guillebaud est extrêmement dommage car ils relèvent pourtant le degré de réflexion à un niveau de qualité qui n'était pas atteint depuis longtemps, excepté dans les textes de Ratzinger, ( et Jean-Paul II).

  • Loin des chrétiens tièdes...

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    Un témoignage et une réflexion qui me plaisent beaucoup, loin de la pusillanimité habituelle des chrétiens actuels.

    Lyonnais, né en 1961, Jean-François Chemain est hyper-diplômé mais, après une carrière de cadre, il a choisi d’enseigner l’Histoire-Géographie et l’Éducation civique à Vénissieux-Les Minguettes.

    Propos recueillis par Thérèse COUSTENOBLE

    écouter ce qu'il a à dire ici

    1497342440_5a857631f0.jpgJean-François Chemain, pourquoi écrire sur la vocation chrétienne de la France ?

    La cause immédiate, c’est une conférence que Mgr Rey m’a demandé de faire entre les deux tours de l’élection présidentielle, en 2007, dans la cathédrale de Toulon, devant des élus chrétiens de son diocèse. Le thème, c’est lui qui l’a proposé, et il a ensuite cherché un historien pour le traiter. Comme je fais partie du mouvement Communion et Évangélisation qu’il a lancé en 2001, et que je venais de réussir l’agrégation d’Histoire, je me suis trouvé investi de la « commande ». La conférence fut un succès, et à la sortie les gens m’ont demandé : « Où est votre livre ? » Alors de retour chez moi, j’ai commencé à l’écrire.

    Et les causes plus « lointaines » ?

    J’enseigne depuis quelques années dans un collège de la banlieue lyonnaise, où la grande majorité des élèves est d’origine musulmane. C’est le résultat d’un parcours personnel un peu particulier qui m’a conduit, après Sciences Po Paris et une admissibilité à l’ENA, puis quinze ans en cabinet d’audit anglo-saxon et encore cinq ans comme cadre dirigeant à EDF, à tout quitter pour repartir à zéro dans l’Éducation Nationale. Vu mon âge et mes diplômes (je terminais aussi une thèse), on m’incitait plutôt à postuler en faculté, ou en classes préparatoires, mais je voulais aller en banlieue. Le point de départ de ce cheminement est une conversion radicale dix ans plus tôt, dans une petite église d’Avignon, tenue par un « Atelier d’évangélisation » ! Cette conversion/reconversion s’est accompagnée pour moi d’une remise en question de mon fond politique, puisque j’étais depuis mon adolescence un « compagnon de route » des idées d’extrême-droite. Le problème, pour un converti, venant de si loin, c’est que le vieil homme n’est jamais complètement mort, et que je conserve toujours ces tendances nostalgiques et pessimistes qui nourrissaient mes engagements antérieurs. Comment continuer à dire que « tout fout le camp » et que « on va droit à la guerre civile » quand on est supposé porter en soi l’espérance de la victoire finale du Christ ?

    La suite ici dont la présentation du livre de J.F. Chemain par Gérard Leclerc

  • Le pauvre curé d'Ambricourt

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    A propos du « Journal d'un curé de campagne » de Georges Bernanos

    1663__journal_d_un_cure_de_campagne__4.jpg«La masse des catholiques que nous voyons à la messe chaque dimanche ne désire, au fond, savoir de la religion que ce qui peut les confirmer dans la bonne opinion qu'ils ont d'eux-mêmes

    [ Georges Bernanos ] - Le chemin de la Croix-des-âmes

    «Il est plus facile que l'on croit de se haïr. La grâce est de s'oublier

    «L’enfer, c’est de ne plus aimer

    [ Georges Bernanos ] - Journal d'un curé de campagne

    Je me rappelle souvent du pauvre curé de campagne de Bernanos, ce pauvre curé d'Ambricourt, cet homme souffrant, marqué par un cancer à l'estomac, conséquence de l'alcoolisme de ses parents, qui est tout sauf un vainqueur, un saint de vitrail, cet innocent qui ne comprend pas que les croyants ne pratiquent pas la charité et l'amour de leur prochain sans conditions car pour lui l'Amour divin est éclatant et ne fait pas de doutes. Comme il le dit dans son journal : « N'était la vigilante pitié de Dieu, il me semble qu'à la première conscience qu'il aurait de lui-même l'homme retomberait en poussière ». Le rejet de Dieu qu'il perçoit chez ses paroissiens le désespère, il s'en estime aussi coupable, n'étant pas assez fort : « Ma paroisse est une paroisse comme les autres. Toutes les paroisses se ressemblent. Les paroisses d'aujourd'hui naturellement ».

    Et pourtant il ne se hait pas, ne rejette pas son apparente misère aux yeux du monde et finit par s'oublier tellement pour l'amour de Dieu, et des hommes, qu'il reçoit la gràce infinie de se donner jusqu'à en mourir très pauvrement à Lille avec les malheureux.

    Il n'a que deux ou trois personnes qui assistent à sa messe, on médit de lui, on lui prête toutes sortes de tares ainsi que le fait généralement le "vulgum pecus" avec ceux qu'il ne craint pas ou qui se conduisent charitablement avec lui. « A sa place, ils iraient aussi chez le marchand de vins, car un ventre de misérable a plus besoin d'illusion que de pain », car le curé est pour eux un misérable qu'ils méprisent. Les paysans de Bernanos ne sont pas ceux de René Bazin (ou des néo-écologistes), des âmes rudes mais généreuses pour lesquelles "la terre ne ment pas", des personnes si authentiques que le citadin confus ne peut que s'incliner car il vit en ville, repaire de tous les vices.

    Le pauvre curé croise un révolté contre Dieu, qui ne comprend pas que rien n'ait changé en deux-mille ans de christianisme, un de ses confrères qui s'ajuste au monde, accepte des compromissions de confort avec le monde, le curé de Torcy, et plusieurs Homais de facture médiocre et une dame de bonne famille qui le soutient comme elle peut. Rien n'y fait car l'"Autre" comme l'appelle Bernanos est là, pas très loin, prêt à bondir, tournant et retournant comme un fauve dans sa cage.

    Son pauvre curé de campagne n'est pas très éloigné du curé d'Ars qui n'était pas non plus un triomphateur. Il trouvait sa charge tellement lourde qu'il en vint à prendre la fuite. Et la première chose qu'il disait aux personnes venant se réconcilier avec Dieu par son intercession était : « Je suis un ignorant, j'ai gardé les moutons, mais entrez là et je saurais vous écouter ». Là non plus, il ne se posait pas en vainqueur, en guerrier au service de ce qui ne serait alors qu'une idéologie. Tout comme Thérèse de Lisieux qui une fois rentrée au Carmel ne mit plus les pieds dehors, elle-même, malgré des moments de désert, voyait l'amour divin dans les tâches les plus triviales. Elle est pourtant invoquée par les missionnaires et est devenue docteur de l'Église alors que tout ce qu'elle a écrit n'est pas un traité de théologie mais des méditations sur sa vie.

    Et le curé de Bernanos est très proche également de la petite Bernadette qui se voyait comme « le balai de joncque l'on range derrière la porte de la cuisine ». Comme l'écrit le curé, de toutes manières «Si notre Dieu était celui des philosophes et des savants, même s'il se réfugiait au plus haut des cieux, notre misère l'en précipiterait

    Le mal se cache encore mieux peut-être sous l'apparente sérénité des paysages ruraux.

    Je pense aussi que les catholiques, moi y compris, aiment bien, à de rares exceptions, les prêtres triomphants, qui ont le verbe exalté et savent rassembler, ces prêtres réputés si dynamiques qui affolent les sens des vieilles filles et des dames de la bonne société pendant leurs sermons enflammés, à l'allure semble-t-il alors de modernes croisés.

    Souvent à la pointe du progrès et des communications, sur leurs sites, il arrive souvent que l'on y cherche vainement une croix ou un signe rappelant leur vocation religieuse. Ils favorisent tout le reste mais ils oublient aussi que le meilleur apostolat se fait lors de la rencontre de la personne. Ils galvanisent les foules lors des grands rassemblements, dans des élans collectifs qui ne sont pas toujours d'amour, ni de haine il est vrai. Ils plaisent énormément aux jeunes qui apprécient plus encore que les adultes les grandes manifestations grégaires.

    Mais arrive toujours le moment où ces prêtres oublient de s'effacer car ce sont aussi de pauvres êtres humains faibles et pitoyables, et prennent le risque de devenir des gourous en somme, oubliant qu'ils ne sont que des médiateurs entre Dieu et les hommes, et ce que leur sensibilité soit de telle ou telle côté, charismatique, traditionnelle ou progressiste.

    Ils plaisent aux jeunes car ils semblent les aider à oublier le mal-être engendré par la puberté et la difficulté énorme actuellement de s'affirmer chrétien et de vivre selon ce que l'on croit. Emportés par leur enthousiasme, ils en viennent à suggérer ce qui est pour eux une élévation spirituelle mais qui n'est en fait qu'une sur-affectivité grégaire, une transe de groupe. Ils oublient que le Christ s'est incarné, hormis le péché et que cela a bien une raison.

    Et ils sont de plus en plus dans une logique de groupe ultra-minoritaire.

    Leur rapport aux laïcs reste finalement un rapport de force et d'autorité, et non de charité.

    Tout le monde a besoin de signes forts, on peut certes le comprendre, mais il me semble que la spiritualité et la foi y perdent. La liturgie des ces prêtres vainqueurs, triomphateurs, participe de la même logique. C'est une sensiblerie sans sensibilité, de grands mots exaltés sans fondements réels. Et pourtant «Il n'y a pas de vérités moyennes

    Les chants sont là pour inciter à la transe collective et les intentions de prières à la bonne conscience. On demande au croyant de s'ajuster aux autres, d'être docile, mais comment peut-on être docile à tant de sensiblerie ? J'ai pour ma part beaucoup de mal à le comprendre. Critiquer, simplement exposer les faits, et on passe pour "l'anti-tout" de service, la contradiction étant excessivement mal perçue, encore un peu plus chaque jour en notre pourtant si lumineux et globalisant XXIème siècle.


    Amaury Watremez


    « Journal d'un curé de campagne » de George Bernanos est en "pocket"


    ci-dessous un passage du film de 1951 de Robert Bresson

  • Nos curés ont-ils besoin d'un coach ?

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    Coach pour curé

    pretre_academy_flyer_p-662d2.jpgJe l'ai lu dans le « Famille chrétienne » de la semaine dernière, en avant-dernière page, un monsieur propose ses services d'ancien manager en entreprise pour les prêtres en paroisse ou les séminaristes, pour leur apprendre à parler devant un public, et ne pas ennuyer l'auditoire. Le côtche les pousse aussi à serrer la pince des gens à la sortie de la messe, à faire dans la « public relations » efficace. Il faut être ludique, sympacool et que les paroissiens ne se posent pas de questions qui pourraient bloquer leur digestion du repas dominical. Moi qui suis naïf, je pensais jusque là que les prêtres avaient déjà un coach, ce type mort sur la Croix il y a deux-mille ans, un certain Christ, Jésus Christ...

    Note personnelle : ce Jésus on a un mal fou à le trouver sur certains sites diocésains, comme celui d'Évreux par exemple. Et on y voit une croix qui ne ressemble pas trop à une croix, faut pas choquer, faut pas brusquer.

    Post-scriptum qui n'a rien à voir : Depuis deux jours, je suis monté sur le Ring dont je suis un des chroniqueurs littéraires.

  • Quelques mythes éculés

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    medium_voltaire_et_fr%C3%A9d%C3%A9ric_II.jpgTriste époque, les révolutionnaires défendent les retraites des fonctionnaires et l'utilisation des tickets restaurant pour faire les courses voire ose porter aux nues un dictateur de la pire espèce, et vont devant la justice bourgeoise pour se plaindre d'un ongle cassé comme un certain facteur. Comme tout n'est pas noir et blanc bien sûr, c'est évidemment très honorable de défendre les petits retraités contre les gros, les petites gens, une minorité, qui fait ses courses grâce aux tickets restaurant. Mais le plus souvent, le tout est en trompe l'œil et ce sont les plus favorisés qui conservent leurs privilèges. Et parfois les dictateurs ont un système de santé ou d'éducation généreux, mais à quel prix ! La privation de toute liberté et l'obligation d'écouter le tyranneau débiter des délires sans fond auquel il faudra bien agréer. On nous parle du 14 Juillet, qui libéra 5 prisonnier d'une forteresse tenue par 21 soldats armés de pétoires hors d'âge ! Un pédophile, entre autres. On nous rebat les oreilles avec la libération de la Révolution qui fit des petits paysans des prolétaires tenus au silence en face des bourgeois et des entrepreneurs par la loi Le Chapelier. Et la Vendée dite « vengée » n'est même pas dans les manuels d'histoire alors que c'est sûrement le premier génocide organisé de manière rationnelle et selon un plan strict par les autorités d'un pays, à peine parle-t-on de quelques dérives...

    Quand un croyant parle de sa foi, et qu'il ne le fait pas en tiède, en prenant des gants de soie : « attention, hein, je crois en Dieu mais pas aux dogmes » ou bien « je suis catholique mais je ne suis pas toujours d'accord avec le Pape » ou encore « je suis catho mais je fais la fête » et j'en passe. Le catho qui prend des gants comme cela, croyant plaire ainsi, est un lâche. Et puis il passera pour un crédule, un naïf, un con face à des camarades beaucoup plus sérieux qui ne croient plus au Père Noèl mais en deux trois hommes providentiels et une ou deux théories à la con censées apporter le bonheur sur terre, après bien sûr un temps de latence.

    On lui oppose Voltaire, que l'on a souvent peu lu, et duquel on n'a retenu que peu de choses excepté le fameux « Écrasons l'infâme » qui est toujours et encore le catholicisme qui est de toutes façons perçu comme un intégrisme pire que tout autre intégrisme. On parle de l'affaire Calas ou du Chevalier de la Barre sans trop en connaître tous les tenants et les aboutissants, l'on finit souvent par comparer les représentants de l'Église au nazisme, et la discussion est donc par nature impossible. Voltaire a un style magnifique, c'est un auteur remarquable mais parfois il pousse le bouchon un peu loin. Et finir parasite mondain logé, nourri à l'œil par un vrai tyran quant à lui, Frédéric II de Prusse, voilà qui est soudain moins glorieux.

  • "Un Pape en phase" - Philippe Muray

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    Merci à xly que je remercie d'avoir signalé ce texte sur Causeur.fr quant à la polémique/lynchage autour de Pie XII

    Un dessin d'un "homo festivus festivus", en illustration, qui souhaite ce genre de pape

    philippe-muray-sempe.jpgIl nous faut un Pape en phase (Philippe Muray -mai 2005.)
    Un pape à la botte, au pied, aux ordres, aux mots d’ordre, un pape qui file doux et qui respecte les nouveaux règlements. Les nôtres. Un pape qui lâche ses bondieuseries pour notre eau bénite et ses patenôtres transcendantes pour nos homélies multiculturelles.
    Un pape qui, cessant de bêtement parler des “errances de la modernité”, nous rejoigne dans nos divagations divines.
    Un pape à roulettes et en culottes courtes.
    Un pape citoyen.
    Un pape qui sorte du Saint-Siège, une bonne fois, en poussant le cri primal, pour n’y plus jamais revenir.
    Un pape qui dégraisse la doctrine, dépoussière le Vatican, se batte pour la légalisation de l’euthanasie, prenne fermement position en faveur de la procréation assistée comme pour le mariage des prêtres et l’ordination des femmes.
    Un nouveau pape comme il y a de nouveaux pères,un pape qui porte le petit Jésus sur son ventre, dans un sac, comme les mamans kangourous (”Habemus mamam !”).
    Un pape vigilant sur le respect de la laïcité.
    Un pape qui proteste avec nous contre la mises en berne des drapeaux de la République en hommage au pape défunt.
    Un pape qui participe aux fanfares de soutien à Florence Aubenas et s’occupe de lâcher des ballons plutôt que de promulguer des bulles. Un pape qui milite pour les couloirs de bus, la candidature de Paris ville olympique en 2012 et l’opération “Ici c’est 100% sans tabac”(s’il pouvait, par la même occasion, nous donner un petit coup de pouce pour faire un peu remonter le oui à la Constitution européenne ce ne serait pas plus mal).
    Un pape soucieux de l’amélioration de la qualité de l’air.
    Un pape résolument décidé QUI laisser tomber ses lamentables discours normatifs sur le sexe pour rejoindre les nôtres.
    Un pape conciliant et pas conciliaire.
    Un pape bon apôtre, en somme, et conscient de tous les chantiers prioritaires qui l’attendent.
    Un pape d’époque. Un pape comme l’époque. Un pape-époque. Un pape-société.”

  • « John » Ivan Demjanjuk - salaud et médiocre

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    La question du mal et la Shoah

    nazi.preview.jpg« John » Ivan Demjanjuk 89 ans, comparaît depuis le 30 Novembre devant la cour d'assises de Munich, pour avoir participé au meurtre de 27 900 juifs en 1943, dans le camp d'extermination de Sobibor, aujourd'hui en Pologne. Cela provoque un questionnement important. Personne ne contestera le bien-fondé de ce procès, surtout pas moi, par contre les réactions qu'il provoque me semblent intéressantes.

    Beaucoup, comme Éliette Abecassis hier soir chez Taddeï, invoquent le fait que ce procès a lieu pour informer et pour que l'Holocauste n'ait plus jamais lieu en condamnant quelques personnages montrés comme des monstres inhumains, ce qu'ils ne sont pas, ce sont des êtres humains ordinaires, des médiocres dociles, prêts à tout pour leur survie, quitte à tuer des femmes et des enfants. On le voit bien tous les jours, dés qu'il s'agit de sa petite personne, le pitoyable primate humain est sans pitié. Et il réagit la plupart du temps en laissant libre cours à son instinct grégaire.

    Et il faudrait punir bien plus de monde en l'occurence.

    Il s'agit finalement de la présence du mal dans chaque être humain, la vraie question. Évidemment, cela génère une incompréhension majeure car lorsque l'on croit que l'homme naît bon, que c'est la société qui l'empêche de continuer à observer les p'tits z-oiseaux, on ne peut pas imaginer qu'il soit marqué en fait par le mal dés sa venue au monde. Or, c'est manifestement le cas, l'histoire humaine le prouve tristement. La solution est aussi dans un changement radical de notre société principalement fondée sur les rapports de force, quelle que soit l'idéologie qui semble prévaloir. Tant que ce seront seulement les rapports de force qui seront le socle de nos vies et la standardisation des personnes comme des choses, des massacres seront toujours à craindre, même en nos temps de village global, une belle escroquerie cette notion soit-dit en passant.

  • « La Route » de Cormac MacCarthy – la fin du monde comme si vous étiez

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    cormac_mccarthy.jpgCe roman est proprement terrifiant, réellement, car la fin du monde qu’il décrit n’est ni ludique, ni romanesque mais totalement crédible et presque tangible. Les bombes sont tombées depuis une ou deux décennies, on ne sait pas qui les a lancées et cela n’a plus d’importance, les cendres du monde ancien recouvrent tout, envahissent tout. Les survivants sont rares et les ressources encore plus, la plupart des espèces animales ont disparues. Certains se sont regroupées en hordes et vivent du cannibalisme, razziant tout ce qu’ils trouvent, tuant, pillant, violant, d’autres vivent en communes, rejetant tout corps étranger, ne partageant rien. D’autres encore descendent vers le Sud où la vie serait plus clémente. C’est le cas d’un homme et son petit garçon dont on suit le voyage désespéré, la quête incessante de nourriture, le besoin de se protéger quitte à se conduire en bête sauvage. Parfois l’homme rêve de celle qu’il aimait et qui l’a quitté pour un autre après que tout ait été détruit. Il se souvient vaguement de ce qu’était l’amour. Croyant retrouver un peu du monde ancien, il emmène son fils voir l’océan, mais celui-ci est également mort, empoisonné par la destruction. A la fin, l’homme meurt et son fils retrouve cependant, mais est-ce réel ?, un genre de famille.

    theroad1.jpgL’auteur livre le monologue intérieur du père, celui de l’enfant, et le sien. La nature humaine s’y révèle sans fards, telle qu’en elle-même et elle se laisse aller le plus souvent à la haine sans limites et à la bêtise, c’est de là que naît la peur. Il n’y a pas besoin de critique sociale didactique, de sermon écologique ou morale dans ce roman, la fin du monde et les cendres sont arrivées du fait de l’égoïsme, la bêtise, l’envie, la violence, la jalousie, le mal au cœur de l’homme, mais aussi son hypocrisie, son incapacité à se libérer de son animalité et de ses pulsions. La littérature, l’art, la beauté n’ont pas suffi à retenir le mal. Ce roman est très loin des grands et beaux discours enflammés sur le progrès, des grandes et belles intentions jamais mises en oeuvre. La description de ce monde post-apocalyptique n’a pas besoin de zombies, de mutants ou de morts vivants, pour une bonne raison, selon le monologue du père, et de l’auteur, nous sommes déjà des morts-vivants qui nous leurrons, persuadés que notre genre de vie durera éternellement, ou peut-être sachant bien que ce ne sera pas le cas mais ne nous en souciant pas une seule seconde. Et encore une fois on comprend qu'en littérature, c'est le genre qui est le plus à même de décrire la modernité et ses conséquences tragiques.

    photo du haut : l'auteur

    photo du bas : Un film tiré du livre sort (aux États-Unis) le 25 novembre 2009.

  • Larissa Cain - Leçon de vie

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    Larissa-Cain2.JPGLarissa Cain est née en 1932, elle est une rescapée du ghetto de Varsovie. Elle a raconté ce qu’elle a vécu dans plusieurs livres, de sa vie dans le ghetto à son sauvetage par des « justes » auxquelles elle rend hommage. Elle raconte la Shoah à mon avis comme elle devrait être traitée à chaque fois, sans pathos, elle donne les faits un par un fermement et clairement (voir les vidéos sur TV5 monde) point par point. On y comprend à quel point le mal est banal dans ce monde, contrairement au Bien qui est toujours un peu trop exceptionnel. Et cette manière de procéder est remarquable. Car on ne voit pas trop comment on pourrait contester ce qu’elle dit à moins d’être du côté de la haine et de la sottise. Elle n’en tire aucune gloire, aucune prétention, aucune vanité, aucune propension à en réclamer des droits supplémentaires. On sent à chaque seconde une sensibilité intense, une vivacité sans failles et beaucoup d’humanité. Elle a en elle un feu dévorant qui est la vie, la bienveillance à priori, l’accueil de l’autre sans tenir compte de ses failles ou ses blessures apparentes. On la sent prête à combattre encore une fois contre ceux qui rejettent toute différence, tout sentiment.

    mur.jpgJe l’ai rencontrée brièvement dimanche dernier à l’occasion de la visite d’une petite église du pays d’Ouche. Son léger accent et sa manière de s’exprimer m’ont rappelé une amie israélienne, également artiste et écrivain. Elle m’a fait comprendre quelque chose de très personnel également, elle est tout de suite allée vers un couple de personnes perçues comme inadaptées (entendre qu’elles refusent de prêter allégeance à des bêtises qui passent pour normales), riant avec eux, tout de suite en harmonie. Ceux-ci n’ont pas réussi selon les critères sociaux, ils n’ont pas amassé un trésor, n’ont pas acheté de grande maison mais ils sont capables de générosité, sont tout aussi à fleur de peau et ne jugent pas selon la mine ou les possessions même si la vie les a blessé et que ces blessures sont encore largement ouvertes. Moi aussi, je suis une sorte d’inadapté mais grâce à ce que montre Larissa, j’en suis plutôt fier bien que ce ne soit pas toujours une condition enviable.

    Une personne qui a vécu autant de souffrances connaît la valeur de la vie, de l’altérité, de ce qui est humain tout simplement, tout ce qu'on lui refusait car née juive. Car c’est cela le plus important, arriver à être un tout petit peu humain, sans se soucier du jugement du voisin. Bien sûr, l’existence est plus dure pour quelqu’un de sensible, plus difficile, mais elle est aussi beaucoup plus riche de sentiments. Notre monde méprise l’humanité, le corps perçu comme une mécanique comme l’esprit que l’on voudrait normaliser, soumettre. Les rapports sociaux sont toujours des rapports de force , malgré la philosophie et la théologie, tout est toujours à reconstruire. Et on est toujours surpris de ce que beaucoup sont prêts à supporter juste pour survivre au sein de la horde confortablement. Grâce à des personnes comme elle, j’évite de tomber dans la tentation du mépris, qui me viendrait rapidement.

  • L'Enfer est pavé de bonnes intentions

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    152635503_185a01ea1f.jpgCe matin, j'ai entendu deux intentions de prières surprenantes, pour le moins formulées de manière très maladroite, si ce n'est pas ça, ce serait encore plus affligeant. Dans la première, une bonne dame affirme que Jésus était un provocateur qui aimait bien choquer, oubliant que la provocation implique un certain mépris, même tout petit, des personnes, et également beaucoup de colère, deux choses en contradiction avec le Christ donc qui est pour les chrétiens vrai Dieu et vrai Homme. Dans la deuxième, elle nous dit que les Béatitudes étaient une suite de « douze proposition perverses », « renversant l'idée du Bien et du Mal ». Elle voulait peut-être dire par là que les Béatitudes vont à l'encontre des certitudes humaines. Ensuite nous eûmes droit à la tarte à la crème habituelle qui veut que la liturgie n'est rien que seule compte l'Évangile, la parole de Dieu : que faisait-elle donc à ce micro ? Que faisions-nous à la messe ?

    1747_sur-consommation_de_detergents_ES_9587.jpgC'est malgré tout très instructif sur la conception qu'elle a et que la plupart des gens ont dans notre société matérialiste, égoïste et consumériste de ce qui est positif et de ce qui ne l'est pas : il est bien vu d'avoir de l'argent, de consommer, d'être respecté au sein du Rotary ou toute autre franc-maçonnerie de bourgeois provinciaux, d'être bien vu de la crémière et de la charcutière, de se soucier plus de sa réussite que de celle de ses proches ou de ses amis, de ne penser qu'à son confort. Les pauvres le sont par leur faute parce que « aide toi et le ciel t'aidera » et on ne peut les respecter. Bref, toutes choses qui sont en contradiction totale avec l'Évangile. Ne pas être consumériste, ne pas être matérialiste ou égoïste est donc perçu comme une déviance, du mouton de base de notre société jusqu'au « trader » en passant par les banquiers ou les idéologues libéraux de bazar qui parfois font presque rire, ainsi lorsque l'un d'entre eux se réclame du marxisme : Alain Minc (qui n'est pas la moitié d'un con, tout comme Nicolas Baverez). Je remercierai presque cette brave dame qui n'a aucune conscience de ses paroles, qui dit ce genre de choses en le concevant très mal et en l'énonçant encore plus mal. Mais l'Enfer est pavé de bonnes intentions.

  • Saint Paul sur la morale chrétienne

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    paul.jpgJe trouve cette citation de Saint Paul parfaite pour définir vraiment la morale chrétienne (qui n'est pas un ensemble d'interdits ou de prescriptions arbitraires, des commandements juridiques, ou assimilable à la triste morale bourgeoise) :

    1 Co 6,12 : Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile ; tout m'est permis, mais moi, je ne me laisserai dominer par quoi que ce soit.

    "Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait l'esclave de tous, afin d'en gagner le plus grand nombre. Je me suis fait juif avec les juifs, afin de gagner les juifs... je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns.

  • Loupage de coche des catholiques français

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    photo-134069.jpgOn en parle beaucoup, j'en reparle encore mais il me semble qu'Ingrid Bétancourt n'a pas été comprise par la plupart des chrétiens français qui ont encore une fois loupé le coche. Il faut dire que loin des discours, des belles paroles de droite ou de gauche, tradis ou progressos, des grandes déclarations, elle ridiculise tous ces beaux messieurs et belles dames. Elle montre que ce qui compte c'est une spiritualité solide, une Foi, qu'ensuite le reste coule de source dont l'amour des siens et l'aide aux plus pauvres, c'est d'ailleurs là une des définitions de la charité. Elle montre qu'une femme jolie, séduisante et féminine peut aussi être profonde, contrairement à toutes ces bonnes dames et jeunes filles qui croient obligé de s'enlaidir à plaisir pour militer qui pour un dieu, qui pour les chtits n'enfants, qui pour un politique, le militantisme n'étant là rien d'autres qu'une forme de frustration, et de sublimation de cette frustration, contrairement au préjugé communément répandu parmi les catholiques eux-mêmes, qui veut que TOUS les cathos soient coincés du cul, pour parler crûment mais clairement. Cela ennuie beacoup ceux que les cathos révulsent de voir cette femme libre et de son temps aller au Sacré Coeur, à Lourdes, et à Notre Dame de Guadalupe.

    Un brave type que cela emmerdait d'entendre Ingrid parler de sa foi disait que l'on pouvait avoir une éthique athée basée sur une réciprocité immanente, en gros si tu ne me frappes pas, je ne te rendrais pas de coup, si tu me laisses tranquille, je te laisse tranquille. Pourquoi pas ? Mais ce serait possible si l'homme était naturellement bon et si la haine avait disparu, ce qui n'est pas le cas, mais cela ne se baserait sur rien de durable. Le témoignage de cette femme montre qu'une femme moderne, intelligente, spirituellement forte, peut être catholique et que la Foi devrait impliquer de facto cette réciprocité, le souci des plus faibles, que la question ne se pose même pas, que cela devrait aller de soi sans envolées lyriques ni bonnes intentions. La plupart des catholiques français n'y ont rien compris, ne retenant de ce que vit cette femme que ce qui leur permet d'entretenir leurs pricrocholines querelles intestines qui n'intéressent plus qu'eux tout en continuant à se vautrer dans les idées les plus niaises qui servent de cache-misère à leur vacuité intellectuelle et spirituelle.

  • Dialogue imaginaire entre Artaud et Bernanos

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    Note s'inspirant très largement du livre de Sébastien Lapaque : "Georges Bernanos encore une fois" 

    Bernanos : Je vomis les catholiques dont la religion se corrompt en moralisme, les chrétiens qui réduisent leurs fois GeorgesBernanos_01.jpgen convictions, ces "femmelins" tatillons qui professent une gendarmerie spirituelle  : Dieu est Dieu, nom de dieu ! Laissons à Kant sa loi morale. C'est Dieu qui agit en l'homme. Comment parler de libre détermination vers le Bien à ceux qui étouffent et appellent au secours ? 

    70204_man_ray_antonin_artaud.jpgArtaud : "Aucune inconstance n'est sauve, le malheur est devenu vraiment le signe de la réalité".

    On ne fait pas son salut avec un code de la route, celui-ci fût-il moral. Entre la Grâce et le fumier, il n'y a pas de milieu. Ou s'il existe un milieu, il est pour les tièdes que le Seigneur vomit.

    "Peut-être le vice est-il moins dangereux pour nous qu'une certaine froideur ?"

    Ne se damne pas qui veut, ne partage pas qui veut le pain de la perdition -Que dire ?- Nul ne peut offenser Dieu cruellement qui ne porte en lui de quoi l'aimer et le servir.

  • Pour mettre fin aux confusions sur l'hédonisme

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     Épicure fonde à Athènes l’école du Jardin, où il enseigne ses théories. C’est au cœur de ce jardin que naîtra l’épicurisme, l’un des principaux courants philosophiques de l’Antiquité, qui fait naître l'hédonisme de l'ascèse. En effet, Epicure prône la limitation des désirs et des plaisirs pour atteindre le vrai plaisir d'exister. Le savoir a également une grande place puisqu'il doit permettre de supprimer les craintes et superstitions. Ce qui est amusant est que l'hédonisme a actuellement rigoureusement la définition inverse et fausse qui est de se laisser aller à ses désirs et pulsions jerusalem-33-porte-de-damas.jpgsans barrières. La pensée d'Épicure irriguera aussi le stoïcisme que l'on retrouve parfois dans les Lettres de Saint Paul car celui-ci a eu pour maître un rabbin imprégné de la pensée grecque et en particulier celle d'Épicure qui est un matérialisme absolu que Saint Paul transcende par la Foi, c'est d'ailleurs ce que lui reproche Michel Onfray. Le livre de Job n'est donc pas très éloigné des pensées d'Épicure, quand on les lit, et non quand on se contente de redire ce que l'on a entendu ailleurs, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Le comprenant au premier degré, beaucoup en ont dit des sottises, on retient surtout sa phrase sur les maris et les épouses. D'Épicure on retient aussi ce qui arrange, à commencer par les chrétiens eux-mêmes qui ignorent les bases de la théologie des pères de l'Église, qui est une sorte de laisser-aller agréable. Le corps n'est donc pas rejeté par la pensée paulinienne, Saint Paul considérant aussi que le sport, le bain, font partie de la vie normale d'un homme cultivé.

    En photo, la porte de Damas d'où partit Saint Paul pour un autre voyage que celui qu'il imaginait au départ.

  • Une définition de Bernanos : ce qu'est l'Église, ce qu'elle n'est pas

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    631198129.jpgSelon Bernanos, dont j'ai déjà parlé, dont je parle encore, et dont je reparlerai, l'Église n'a pas seulement une utilité sociale, elle est bien autre chose.

    "L'Église est autre chose que le temple des Définitions du Devoir, une vaste école de Morale et de Religion, écrit-il dans "Nous autres français", [...] c'est par la charité du Christ que les pauvres diables sont introduits dans son église". Ce n'est donc pas l'Église de l'Ordre social des vainqueurs mais celle de ceux qui sont considérés comme "perdants". Je cite encore une fois une page du livre de Sébastien Lapaque avec laquelle je suis en parfait accord, car son livre, qui n'attaque pas une personne pour elle-même mais les idées qu'elle répand, est clair, lucide et indispensable. Bien sûr, ces lignes seront certainement mal comprises mais la charité du Christ ce n'est pas seulement donner une piècette à un pauvre c'est surtout considèrer qu'il est notre égal en humanité.

    Et ce que les chrétiens doivent rechercher, c'est la démesure, la folie, pas l'ordre social...

  • Les techno-marabouts

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    598068911.jpgAuparavant, les marabouts distribuaient des petits papiers à la sortie du métro, où alors directement dans les boîtes aux lettres des gens. ces tout petits papiers de couleur verte ou mauve promettaient à peu près tout : le retour de l'être aimé (fiancée, chat, koala), la guérison du cancer, du SIDA et des mycoses, la fortune et la réussite sociale, la satisfaction sexuelle de sa partenaire et j'en passe. Quelques naïfs allaient sur place pour rencontrer le grand sorcier, un nom qui inspirait confiance, le docteur Mohammed de la faculté de Kinshasa, le grand sorcier Kivulu de l'université de Nairobi, diplômé en sciences occultes. Sur place, le docteur ou le sorcier éxécutait une danse de purification des ondes qui coûtaient à elle seule 2000 francs pour passer ensuite à la résolution du problème en lui-même. Maintenant, en 2008, à l'ère du "village global", les marabouts envoient des mails par milliers qui indiquent à plusieurs heureux gagnants qu'ils viennent juste de toucher le gros lot à la loterie nationale du Mali ou du Congo, voire de Grande Bretagne ou d'Irlande, à la condition pour toucher le prix de se déplacer chez les mêmes marabouts qu'avant, ceux qui habitent un squat dans le Xème au premier donnant sur la cour. On me dira que ce genre d'arnaques n'est rien à côté de celles des sites de rencontres virtuels, gratuits les 30 premières secondes, ensuite rencontrer quelqu'un coûte autant que le budget brillantine de notre président pour deux heures de visite à Buckingham Palace et aussi malhonnête que les astrologues du web.

  • A-t-on le droit d'être catholique aujourd'hui ?

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    701343795.jpgAujourd'hui, on le droit d'être catholique, bien sûr, mais à condition de le garder pour soi, ce qui est un non-sens, un chrétien vit sa foi dans la cité, pas à l'extérieur ou en se cachant. A de rares exceptions, dés qu'un catholique ouvre la bouche, émet une idée en cohésion avec sa foi, ose également montrer ce en quoi il croit, ose contredire le consensus mou actuel, il est aussitôt conspué, rejeté, traité de tous les noms par les tenants de la bien-pensance actuelle, il est forcément poujadiste, pétainiste, moralisateur, et tutti quanti. S'il rappelle le rôle de Pauline Jaricot, Frédéric Ozanam, ou Las Casès, on lui renvoie dans la figure l'Inquisition et toutes les horreurs commises au nom d'une foi qui n'a rien à voir là-dedans, il s'agit de bêtise et de haine, de superstitions et de cruauté, elle n'a plus besoin de l'Église aujourd'hui et s'il y a certainement encore des abrutis catholiques il y en a un peu partout ailleurs également, c'est la chose la mieux partagée actuellement. On l'enfonce plus bas que terre, on le traîne dans la boue. Comme cette bien-pensance a une idée caricaturale de la foi, bien sûr elle ne comprend pas qu'un catholique peut aussi discuter, être ouvert, aimer les jolies femmes sans forcément ressentir le besoin de vagabonder sexuellement, dans le cas contraire c'est qu'il est homosexuel bien entendu, qu'il peut être un bon vivant et aussi profondément croyant. Bien sûr, on se dit ouvert d'esprit mais on classe tout le monde dans des petites boîtes bien commodes pour éviter de raisonner de manière plus complexe que le simple manichéisme. J'aimerais que l'on me dise où se trouve la bêtise ici. Bien sûr, remettre en question les diktats de la bien-pensance, dont les thuriféraires sont intimement persuadés 852346614.jpgd'être tous des rebelles, est une grossière erreur, il en cuira à l'imprudent de ne pas jouer les carpettes, les Attilas policés de salon le harcèleront jusqu'à ce qu'il demande grâce, ce que je ne ferai jamais, couvriront sa foi d'ordures pour le plaisir de la cruauté, le tout au nom de la tolérance (tout tolérer tant que l'on est d'accord avec eux) et la démocratie (tolérable tant que l'on vote comme eux).

    Enfin, plutôt que de m'aplatir, je préfère trinquer à votre santé, car finalement, je vous plains...     

  • Vers Pâques avec Simone Weil - Vendredi Saint

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    1874527350.jpgAu cours d'un voyage au Portugal, elle vit une procession de femmes autour des barques, portant des cierges et chantant des chants très anciens, d'une tristesse déchirante : J'ai eu soudain la certitude, dit-elle, que le christianisme est par excellence la religion des esclaves, que des esclaves ne peuvent pas ne pas y adhérer, et moi parmi les autres. A Assise, dans la chapelle Santa Maria degli Angeli, où Saint François était souvent venu prier, elle se trouve pour la première fois agenouillée, obligée par quelque chose de plus fort que moi.

    A Pâques 1938, contrainte d'interrompre son enseignement en raison de ses maux de tête, elle se rend avec sa mère à Solesmes pour entendre la musique grégorienne des offices : Un extrême effort d'attention me permettait, dit-elle, de sortir de cette misérable chair, de la laisser souffrir seule, tassée dans son coin, et de trouver une joie pure et parfaite dans la beauté inouïe du chant et des paroles. Cette expérience m'a permis par analogie de mieux comprendre la possibilité d'aimer l'amour divin à travers le malheur. Pendant ce séjour à Solesmes elle apprit un poème de George Herbert "Amour". Un jour la récitation de ce poème prit la forme d'une prière, le Christ est descendu et m'a prise... Dans ce moment d'intense douleur physique, alors que je m'efforçais d'aimer, j'ai senti une présence plus personnelle, plus certaine, plus réelle que celle d'un être humain, inaccessible aux sens et à l'imagination, analogue à l'amour qui transparaît à travers le plus tendre sourire de l'être aimé.

  • Je suis catho, est-ce grave docteur ?

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    cca62b43d3403f0e564c040329c7d0ae.jpgLa plupart du temps, quand j'en viens à parler avec quelqu'un que je connais peu de religion, la première chose que les gens disent est : « Je respecte ta foi mais j'aime pas les intégrismes ». On se demande où commence l'intégrisme pour eux, c'est assez simple et ça se réduit à deux ou trois questions simples : « T'es pour ou contre le préservatif ? » ; « T'es pour ou contre les homosexuels ? » et « coucher avant le mariage, est-ce que ça te choque ? ». Si on répond mal à une des trois questions, on est intégriste, une graine d'inquisiteur. La foi ne se résume qu'à ces trois questions, le reste comme la doctrine sociale de l'Église, les rites, la liturgie, la spiritualité venant très loin derrière. Personne ne comprendra jamais qu'en matière morale, le Pape propose un idéal de vie aux croyants, sans que cela ne soit un Diktat arbitraire. Y compris quant à l'avortement et la contraception chaque cas personnel est considèré comme unique, de là aussi l'erreur de beaucoup d'associations anti-avortement. En tant qu'intégriste potentiel, je me trouve cependant très en retard, n'ayant jamais fait brûler de jeune femme aux moeurs légères, ou fait marcher sur des braises un hérétique.

    da112637a3e68198c5476912a1decdb4.jpgComme argument massue, on me sort alors généralement toujours à ce moment : « Et l'Irlande ? Hein ? ». En Irlande, comme sur beaucoup d'autres terres et tout au long de l'histoire, la foi catholique, comme d'autres fois religieuses ou idéologies généreuses à la base, est devenue un prétexte commode pour des massacres sanglants injustifiables. Pour l'instant d'ailleurs, je connais peu d'autres religions qui ont reconnu leurs responsabilités et fait leur repentance, même si aux yeux des plus exigeants, elles interviennent tardivement. Autre argument massue : « Et l'Inquisition, hein l'Inquisition tu vas dire quoi ? ». L'Inquisition est perçue comme une police politique et morale de l'époque mais bizarrement les historiens, depuis quelques années, démontrent que loin d'être bridée la sexualité sous l'Ancien Régime y était très crue et tout à fait naturelle, voire choquante à nos yeux modernes en ce qui concerne l'éducation des enfants (cf : « L'enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime » de Philippe Ariès).

    Les catholiques pratiquants, qui représentent à peu près 2% de la population totale française, une toute petite minorité, sont pourtant encore considèrés comme très dangereux sur le plan des libertés et d'un retour éventuel de l'ordre moral, des épouvantails faciles qui évitent de regarder ailleurs, là où le problème se pose vraiment, on s'étonne toujours de voir si peu de personnes "libérées" prendre position fermement contre l'excision par exemple. D'ailleurs, il y a un paradoxe, on trouve que les cathos sont pudibonds mais ils doivent parler de sexe tout le temps, est-ce à dire que ceux qui leur posent des questions à ce sujet ont un problème là-dessus, avec le sexe ?, il n'y a qu'un pas que je me hasarderai à franchir car il est bien 6515f26166dac6e28ff3ef6827457ab5.jpgconnu que maintenant l'être humain est libéré de tout tabou et de toute frustration. J'imagine aussi que dans les familles libérées, PapaMaman disent aux enfants afin de leur garantir une éducation de qualité faisant d'eux des personnes tout aussi libres : « Mais oui, mon grand chéri/ma petite fille, baise avec qui tu veux, c'est pas grave, c'est sans conséquences, et si tu fais un gosse par inadvertance, tu avorteras bien sûr, l'opération est anodine ». Je n'en connais pas personellement de parents de ce type ou plutôt j'en connais d'un style un peu différent qui ne le dira pas aussi crûment mais fermera les yeux sur les écarts sexuels de fiston ou fifille tant que le fruit de leurs ébats réussit à l'école qui finira bien par se marier ou vivre en concubinage avec quelqu'un de bien fréquentable (du même milieu) un peu plus tard.

    Quant à moi, bouture d'intégriste donc, je me rappelle que nous avions à la maison un très beau livre montrant de manière très directe et très belle les différents organes liés à la reproduction et leur fonctionnement abordés d'une manière qui évitent de voir la chose seulement comme une gymnastique mécanique, ce genre de livre je ne le trouvais jamais chez mes petits camarades éduqués plus laïquement qui quant à eux découvraient les merveilles de la nature gràce au spécialiste "es pornographie" qu'il y a dans toutes les classes de collège, généralement un gamin boutonneux très nerveux qui se ronge les ongles et s'invente des amours digne des "Onze mille verges" ou des "Mémoires d'un jeune Don Juan", et ne connaît comme compagne que la veuve Poignet et ses cinq filles.

    79852c878b6049085f6afa0fdca8917f.jpgJ'ai l'impression que depuis quelques années les choses se radicalisent, à l'université, j'étais à Paris X Nanterre, il n'y avait pas de réactions aussi violentes qu'il peut y avoir maintenant bien que l'on abordât devant moi les sujets cités plus haut de la même façon en ajoutant avec un peu de commisération à l'égard de l'obscurantiste que j'étais sûrement et que je dois toujours être : « Mais toi c'est pas pareil ». Cela dit, cela ne m'a jamais empêché de lier de nombreuses amitiés. Il est d'ailleurs étonnant que devant le nombre de cathos considérés de la même manière, personne ne se soit dit que chaque catho est une exception en quelque sorte et qu'il est trop facile de cataloguer. Tous les cathos ne votent pas de Villiers ou le Pen, ou Sarkozy, bien loin de là. Tous les cathos ne sont pas ces coincés caricaturaux que l'on voit dans tous les films français quand ceux-ci veulent traiter le sujet. A Jérusalem lors de mes deux ans de volontariat au sein d'une ONG catholique, horreur et putentrailles !, nous allions boire de l'alcool dans les bars côté ouest ou à Tel Aviv, et il arrivait même que certains et certaines d'entre nous aient des relations amoureuses avant le mariage, ohmondieu ! Nous avions en outre pour la moitié d'entre nous pour collègue et supérieur direct deux homosexuels affirmés ce qui ne nous a jamais posé de problèmes quelconques, bien au contraire ceux-ci nous ayant toujours aidé sans préjugés aucuns.

    Au PS d'Evreux, on m'avait dit que j'étais le seul catho pratiquant, un animal exotique étrange, ce qui m'a fait rire un peu plus tard quand je m'en suis rappelé en croisant un des responsables du parti à la messe dominicale et une des candidates aux dernières élections, sans oublier que beaucoup de militants ont commencé à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne d'où sont issus les prêtres ouvriers. Les BCBG et les enfants bien habillés et bien lustrés sont les arbres qui cachent la forêt. Je me souviens pour ma part avoir rencontré -étrangement- peu de membres du « Rotary's Club » dans des paroisses du Nord que je connais un peu, à Roubaix ou Croix. Par contre, quand les croyants 5fc50f9cfe5c752e928d4e52c6a4986f.jpgconfondent leur foi avec une idéologie, cela pose problème car elle n'est pas réductible à une simple théorie politique. Malgré tout, maintenant, pour de nombreuses personnes, la foi est comme un butoir, elle empêcherait d'aller plus loin dans une relation amoureuse pour beaucoup qui ont tout simplement peur d'être jugés et mal jugés puis condamnés à je ne sais quoi.

    Ce qui est rigolo je trouve est que certaines de ses personnes sexuellement libérées reproduisent finalement au bout du compte des schémas relationnels très classiques, je me souviens quant à moi d'une jeune femme, brillante dans ses études, très élégante, amoureuse d'une autre jeune femme, toute aussi brillante, fonctionnaire europénne en devenir qui voyageait beaucoup. C'était un amour si « moderne » qu'il en faisait rêver beaucoup, certains inavouablement. Et puis l'on a appris que la deuxième jeune femme avait une « femme dans chaque port », une amante dans chaque ville européenne. Finalement, rien n'avait changé, la première l'ignorait et tirait des plans sur la comète, du Courteline post-moderne donc, rien n'a changé. Et je ne parle même pas de ces femmes libérées maîtresses d'hommes mariés qui se rêvent amante magnifique de roman d'amour très contemporain alors que là aussi rien n'a changé, l'autre promet de divorcer, prononce des serments grandiloquents mais on est toujours dans des histoires de cocufiage vaudevillesque. Certes, je vais encore être cru, mais je suis pour une pédagogie directe, allant droit au but, baiser, bien bouffer et boire de bons vins, Bourgogne ou Bordeaux, ou du « vin noir » de Cahors peut être très agréable, mais très insatisfaisant au bout d'un certain temps.

     

  • Retours de volontariat : colère sur le système – suite

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    Quelques exemples concrets...

    7647a0f6ef15812ca827a1ec3aac8069.jpgNous ne sommes pas meilleurs que les autres, nous ne sommes pas mieux que les autres, on nous reproche souvent d'être prétentieux et de nous mettre au-dessus du lot, mais les actions, les désirs et les idéaux de la plupart d'entre nous le sont de fait. Ceux dont je vais parler, nous sommes un peu plus que des amis, même si nous nous voyons très rarement, nous sommes liés à vie par ce que notre expérience commune nous a apporté.

    M... et A... sont rentrés en même temps que moi de Jérusalem, à la différence qu'ils avaient choisi le bateau et plusieurs escales jusqu'à la France afin de se préparer à affronter le retour. Ils ont travaillé pendant deux ans avec le statut d'aide-soignants à l'Hopîtal Saint Louis de Jérusalem pour s'occuper de malades en fin de vie, dont certains sont abandonnés par leurs familles quand ils en ont encore. Ils ne se sont pas limités à ça, s'occupant de rassembler et d'accueillir les nouveaux coopérants, de participer à de nombreuses actions humanitaires, d'apprendre l'hébreu et l'arabe, de pratiquer l'anglais à haute dose pour l'un, de donner des cours de français pour l'autre, etc...

    M... n'a pas fait beaucoup d'études mais là-bas il a tellement montré de compétences et de disponibilité que cela parlait de soi-même. Rentré, c'est comme s'il n'avait rien fait, comme si c'était une parenthèse. On se cantonne à sa scolarité et ses notes. Certes, il faut bien des critères rationnels pour apréhender ce que sait faire une personne mais en France, ces critères sont déconnectés du réel et sont très -trop- cadrés. Quant à A.., infirmière, on lui a carrément reproché ses deux ans de volontariat qui démontrent pourtant qu'elle est capable de se débrouiller professionellement dans un environnement difficile.

    b6a4d1a81081cfb10613e6ff78c95991.jpgL... est partie beaucoup plus longtemps que nous, elle a même fini par tomber amoureuse d'un palestinien en plus de cette région du monde. Revenue en France, elle a une licence de psychologie, elle a vite compris que son expérience ne comptait pas pour les recruteurs de différentes entreprises et a eu la chance de trouver un boulot à la Croix Rouge gràce à de ses amis. Là-bas, elle s'occupait d'enfants handicapés très durement, et d'acheminer des médicaments à Gazah, surtout en période de blocus. Elle travaillait avec A... . Ce n'était pas des humanitaires comme on les caricature souvent, frustrées ou mièvres, ce sont des jolies filles qui ressemblaient aux autres à la différence près qu'elles étaient parties vivre sous des cieux plus cléments, c'est d'ailleurs une caricature tellement confortable, permettant de justifier sa propre incurie à faire quoi que ce soit pour les autres.

    A... était séminariste, il est maintenant prêtre dans l'est de la France. A... allait partout, était curieux de tout, et qui a encore une telle passion pour cette terre du Proche Orient, comme nous tous. Parti pour deux ans dans le cadre de ses études théologiques, il est resté un an de plus, on lui a fait comprendre en France que l'on se méfiait de cette année supplémentaire. Pourtant, la connaissance qu'il a des églises d'Orient, la terre originelle du christianisme, est précieuse. Mais on préfère envoyer à Jérusalem des quidams qui ne parlent pas un mot d'arabe ou d'hébreu, qui ne connaissent rien à la situation politique du pays, comme le futur attaché de presse de monseigneur Sabbah qui ne connaît rien à la complexité du Proche Orient mais entre mieux dans les cadres fixés dans notre beau pays.

    6e459939f4145f3650f35bc57fcf88a5.jpgE... se préparait à devenir instituteur, pardon professeur des écoles, mais c'est lui qui tenait à l'ancien terme. Il avait pris deux ans de disponibilité pour vivre cette expérience incomparable après sa deuxième année d'IUFM où il apprit des choses aussi fondamentales que « ballon » se dit « référent bondissant » entre autres concepts indispensables quant à la pédagogie. Rentré en France, il a tenu un an. Puis est reparti car dans son cas aussi, personne ne reconnaissait son expérience pourtant incomparable. En tant qu'enseignant, je le constate aussi, elle pourrait pourtant apporter beaucoup sur le plan d'une compréhension nouvelle de la laïcité ou de l'intégration. De plus, nous avons une compréhension des problémes de la région très très éloignée du manichéisme qui est la règle en France comme en Occident que ce soit d'un côté ou de l'autre, ce sont souvent deux autismes qui s'affrontent.

    L... était un grand jeune homme très mince, doté d'une moustache à la John Waters, et une « grande folle ». En France, il n'eût été qu'une « grande folle » et l'on n'aurait vu que ça, là-bas il s'occupait du centre culture français de Ramallah et de diverses associations d'aide aux femmes ou aux enfants et tous, y compris les palestiniens musulmans pratiquants ou les israèliens religieux, car ceux-ci comme les autres ne voyaient en lui que le bien qu'il était capable de faire.

  • Se sentir rassuré dans ma Foi ?

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    medium_cr-apt.jpgSe sentir rassuré en tant que chrétien, cela m'échappe en effet. Ce monde n'est pas diabolique mais est néanmoins marqué par le Mal et ce Mal est un scandale qui ne rassure pas et qui dure et durera encore longtemps certainement, jusqu'à la révélation (ou apocalypse), un Mal qui n'est pas confortable et dont je ne veux pas être rassuré même si je sais en tant que croyant qu'il est déjà vaincu. Par contre, se sentir aimé de Dieu pour avancer me semble plus juste car l'amour divin est sans failles et il invite à considérer chaque chose sous son angle véritable, à trouver de la beauté là où on ne penserait pas la trouver. Il nous est très dur d'apréhender cela car nous jugeons et condamnons toujours très vite à travers nos prismes humains.
    Pour nous, nous avons la tentation de dire que Dieu est dans notre camp, qu'il est avec nous, non, nous sommes avec lui, nuance, et Dieu est avec tout le monde. Cela ne signifie pas que je minimise le mal présent en ce monde, bien au contraire, mais il n'existe que parce qu'on laisse faire et la plupart du temps à cause de notre sottise, ou que je dise que l'on peut être chrétien en dehors de l'Église mais à trop cadrer on diminue l'Amour de Dieu dans ce monde.

    Si la logique de Dieu eût été purement humaine, il n'aurait eu  que des pharisiens autour de lui, les pharisiens ne sont pas des mauvais hommes à la base, ce sont même les "meilleurs" des croyants (ce que veut dire leur nom) mais medium_Christ.jpgexcepté Joseph d'Arimathie ou ce brave Nicodème qui a une trouille carabinée quand il va voir Jésus, ils n'ont rien compris car ils sont enfermés dans leurs personnes et leurs schémas trop restrictifs.
    medium_planchat_small.jpgUn prêtre m'a dit un jour que Dieu n'avait ni largeur, ni longueur, ni profondeur, un autre, le Père Le Guillou, que je connaissais un peu, a dit qu'au Paradis "nos péchés étaient comme le charbon transformé en diamant". Cela ne veut pas dire se baser sur le plus petit commun dénominateur mais s'ouvrir aux autres largement. J'y ai moi-même beaucoup de mal étant très incarné, très sensitif, incapable de résister au flot de ma colère ou de ma révolte quand je crois discerner une injustice ou une hypocrisie quelque part, souffrant d'une blessure grande ouverte encore maintenant, mais cela n'est pas si grave car je sais que Dieu m'en a déjà pardonné et c'est moi, voila tout. Et cela est aussi une richesse dont je suis fier.
    Rappelez vous aussi Saint Pierre qui dit beaucoup de sottises tout au long de l'Évangile, renie le Christ au moment le moins opportun mais qui devient le chef de l'Église des premiers temps, vivant d'ailleurs sous un mode de vie communautaire et donc collectiviste, à partir du moment où il reçoit la perception de l'Infini à la Pentecôte. Parler aussi bien de littératures, de films, de politique, rencontrer des gens différents de moi par leur milieu, leur passé, le faire parfois certainement maladroitement ou de manière brouillone, c'est s'ouvrir pour moi à autant d'êtres humains qui ont à m'apporter quelque chose à chaque fois, en l'occurence un morceau de cet Infini divin.