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spiritualité

  • Le retour des sorciers

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    spiritualité, politique, société, religions, amaury watremezDans la nuit des temps, les premiers hommes lorsqu'ils enterraient leur mort se sont rapidement posé la question de ce qui pouvait éventuellement advenir ensuite. Quand ils levaient les yeux et observaient les étoiles au loin, ils se posaient même la question du sens de leur existence. N'étaient-ils donc que des primates un peu plus évolués voués à chercher uniquement à survivre par tous les moyens y compris les pires ? Ou leurs vies malgré l'absurdité de la mort avait-elle un but ?

     

    Dans les temps les plus difficiles, ils croyaient en des dieux barbares, violents et injustes, on leur offrait des sacrifices somptueux pour les apaiser, un peu.

     

    Un tout petit peuple a un jour affirmé qu'il n'y avait qu'un Dieu et qu'il voulait le bonheur des hommes, et non leur mort. Ils ont évoqué des commandements qui sont toujours les fondements de nos lois, et de ce qui reste de nos tabous. Plus tard un homme issu de cette minuscule nation a prêché l'amour universel, une loi de l'intelligence et de l'altérité contre la sottise et la haine, l'équité, la paix, la justice. Il a souvent été bien mal compris mais c'est souvent grâce à ce qu'il disait que les sociétés ont avancé pour protéger les plus faibles.

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  • Éloge des beaufs

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    politique, société, spiritualité, beaufs, ploucs, prolos, amaury watremez, dédain, mépris, bourgeois pédagoguesQue l'on ne se méprenne pas, je ne vais pas faire dans ce petit texte l'éloge des beaux-frères. Ils n'en ont pas besoin le moins du monde en effet. Les beaux-frères, particulièrement les miens, sont des individus d'élite, des personnes hors normes. Non, il est question de ceux que les bourgeois pédagogues appellent avec beaucoup de condescendance des « beaufs » à cause de celui dessiné par Cabu. Le « beauf » du dessinateur était un sale type raciste, xénophobe, inculte et fier de l'être, alcoolique, violent, grossier, serpillère avec les puissants, agressif avec les faibles. Je ne dis pas que cela n'existe pas, mais il me semble que toute généralisation serait hâtive.

     

    Pour les bourgeois pédagogues, pour les donneurs de leçon de morale politique est beauf un type qui ne pense pas comme ils leurs intiment de penser. De plus un beauf ne semble jamais faire partie d'une communauté « issue de la diversité ». il n'en existerait pas issu des minorités. Le beauf habite en banlieue, il colle des nains en plâtre dans son jardinet. Un beauf a un boulot précaire mais en somme, lui c'est de sa faute.

     

    Un électeur de le Pen est un beauf, un électeur de Donald Trump aussi tout comme un soutien du « Brexit » ou du « Non » au Traité Consitutionnel Europée ».

     

    Un lecteur de Éric Zemmour est un beauf. Un patriote également ou quelqu'un opposé au communautarisme, sans parler de la plupart des souverainistes. Des sales types qui n'aiment pas les spectacles de danse contemporaine, les « happenings », les fêtes « citoyennes » sont des beaufs.

     

    Sans parler de leurs femmes !

     

    Des vulgaires, des grasseyantes, des malveillantes...

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  • La solitude au milieu de la foule moderne

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    solitude-psychotherapie-et-psychocoaching-asnieres-sur-seine.jpgEn 2015, on est frappé, et effrayé, par le nombre de personnes seules. Je ne parle pas ici des personnes célibataires ne vivant pas en couple pouvant avoir une vie intérieure et extérieure profonde et active, mais de personnes complètement seules et n'ayant plus aucun lien avec personne, que ce soit des liens amicaux ou familiaux. La plupart du temps, afin de ne pas avoir le sentiment de perdre la face devant la foule, elles jouent un personnage, ainsi que sur une scène. Bien que les subissant lourdement, elles respectent les normes sociales, les paradigmes de bonne conduite dans notre monde. Elles entretiennent leur image dans la vie ou sur le réseau.

     

    Il arrive aussi qu'elles n'y fassent même plus attention, ne jouant même plus la comédie. Elles sont comme des âmes en peine dans les rues des villes, les gares et les galeries commerçantes géantes, seules oasis bien illusoires de la société spectaculaire. A cette solitude se mêle souvent d'une précarité sociale extrêmement dure. Les autres les regardent avec un mépris non dissimulé, affecté, et aussi avec peur, la peur de se retrouver dans la même situation difficile... 

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  • La cathophobie excuse-t-elle tout ?

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    politique, Foi, spiritualité, christianisme, cathophobie, amaury watremezBien souvent, afin de s'exonérer à bon compte de carences d'apostolat, de l'indifférence souvent marquée envers des chrétiens moins bien lotis dont ceux d'Orient, de s'excuser de certains compromis et renoncements, les catholiques évoquent souvent la cathophobie dont celle, certes indubitable, des médias.

     

    C'est la cathophobie qui viderait les églises, les séminaires, la cathophobie qui aurait pour conséquence la lâcheté des croyants....

     

    Je ne nie pas encore une fois son influence néfaste, je l'ai subi, particulièrement lors des « Manifs pour tous » lorsqu'une collègue a cru bon de me « dénoncer » comme fasciste car participant à ses manifestations. Elle y était allée fort, profitant des « bienfaits » de la technique moderne pour avertir sur mon compte. Il faut dire, ma photo en grand entouré de drapeaux de « LMPT » étant en grand dans la PQR (presse quotidienne régionale) à l'époque je ne pouvais plus vraiment me défiler.

     

    Cependant, la cathophobie a le dos large...

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  • Crises de Foi

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    spiritualité, religions, politique, sociéyé, amaury watremezIl est de bon ton depuis quelques temps dans la « bourgeoisie pédagogue », je préfère ce vocable venant d'Erik Satie plutôt que le galvaudé « bobo » de vivre sa crise mystique, sa crise de Foi, passé un certain âge, lorsque la maturité commence à se faire sentir et se voit dans le miroir. Ou alors qu'ils ne savent plus trop quoi faire de leur magot et que leur Ennui profond, la vacuité de leurs « plaisirs tristes » se fait trop lourd. Ils ont alors deux solutions :

     

    Les miracles de la médecine moderne (botox et chirurgie) ou

     

    une spiritualité de bazar, de baraque foraine. Celle-ci me fait horreur, y compris chez dans les communautés "nouvelles" catholiques où elle sévit hélas souvent...

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  • Sociabilité d'un misanthrope ou « chercher un homme »

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    politique,société,spiritualité,pauvres,précarité,amaury watremezJ'ai mes amis, et amours me prenant et m'acceptant avec mes défauts et mes qualités, connaissant mes faiblesses et aussi et mes qualités, et il y a les autres...

     

    ...Dans la vie et les salons mondains où l'on cause j'ai en effet la réputation d'être un emmerdeur infréquentable, asocial, incapable de respecter le contrat silencieux imposant l’obéissance à des compromis de comportement, des petits arrangements pour ne choquer personne, le respect des hiérarchies de groupes. Au mieux, je suis « l'écorché vif » de service sur le « mal-être » duquel on ergote et discute des heures et des heures, il serait plus simple de m'accepter tel que je suis mais cela demanderait de renoncer à des certitudes et préjugés.

     

    Évidemment, il m'est très difficile de me constituer de nouvelles amitiés et mondanités avec un tel comportement. Par contre, étrangement, j'ai toujours eu une extrême facilité pour discuter, échanger, avec les clochards, les « sans abris », les « gens de peu » comme les appellent les « gens de rien »....

     

    illustration : blog "instinct de survie"

     

     

     

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  • Délivrez nous des « bonnes résolutions » de début d'année

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    Aussi sur Agoravox

    Depuis deux jours, il est souvent question à la radio comme à la télévision des bonnes résolutions que l'on se devrait de prendre au début de chaque année (résolutions que personne ne tient bien entendu, mais c'est devenu un passage obligatoire semble-t-il). L'auditeur, le téléspectateur, l'internaute est infantilisé et réduit au niveau d'un gosse irresponsable.

    politique, spiritualité, 2013, bonnes résolutions de mes deux, blog, santéC'est un véritable défilé de pénibles « coachs » de vie, de bien-être, de pensée positive fumeuse, d'alimentation, de micro-gourous qui s'improvisent donneurs de leçons et moralisateurs laïcs, et directeurs de conscience bien plus autoritaires, réclamant bien plus d'allégeance de la part de leurs ouailles largement consentantes que les anciens confesseurs.

    Ces « coachs » m'évoquent toujours le souvenir d'un jeune ecclésiastique à la table duquel je me trouvais il y a fort longtemps attablé qui me voyant me servir un verre d'excellent rosé à la manière directe d'un supplétif viril et énergique de l'armée mexicaine arrêta mon bras dans son geste auguste consistant à se verser un petit verre m'avertissant solennellement des risques d'alcoolisme que selon lui j'encourais, à l'entendre, à goûter si imprudemment le plaisir d'un petit rosé bien frais sous un soleil de plomb, car nous étions en été.

    Et en été, ce genre de breuvage s'accorde très bien avec un ciel bleu, ou les jupes des jolies filles qui raccourcissent en cette saison bénie (pas seulement celle-ci semble-t-il actuellement, c'est un des rares bienfaits de notre époque).

    C'est assez curieux d'ailleurs voire complètement paradoxal dans une société qui affirme avoir rejeter bien loin d'elle tout ce qui pouvait nuire à la satisfaction du désir, à la consommation du plaisir.

    Le plaisir de bien manger avec des amis, de boire du bon vin, même un peu trop, de déguster ensuite des alcools forts qui sont « plutôt des boissons d'hommes faut avouer » est beaucoup plus teinté de culpabilité qu'auparavant, culpabilité que l'on feint d'appeler responsabilité pour se donner bonne conscience.

    C'est mal de se réjouir de bien manger, c'est mal de se réjouir de bien boire « entre amis ».

    L'époque est à une modération qui pousse à une conception des plus étriquée de la convivialité. Il faut « faire attention », « gérer » son « capital santé » (TM°), son « capital vie » (TM°) en gestionnaire avisé et frileux.

    Le plaisir doit être frustré en somme et se teinter à chaque fois de remords que l'on se doit d'avouer publiquement sous peine d'être taxé d'hédonisme, ce qui en 2013, tout comme le dilettantisme est un genre de crime pire que la mort.

    L'auteur de ce texte a parfois envie, alors qu'il ne fume pas, de s'en griller une (de cigarette) juste pour le plaisir de provoquer les moralisateurs à outrance qui promettent les pires supplices infernaux à qui ne suit pas leurs diktats et il adore porter des toasts aux purotins qui ne savent pas ce qu'ils ratent.

    Ainsi, hélas, le fumeur se croit-il forcé de prétendre qu'il va arrêter de fumer, le buveur de boire et qu'il ne va plus consommer que des eaux de régime, le bon mangeur qu'il va se mettre à la diète et devenir d'un coup d'un seul raisonnable.

    Et de se frapper la poitrine en signe de repentance après les fêtes de fin d'année...

    Ce n'est pas que l'auteur de ce texte prône la goinfrerie ou l'ivrognerie, quoique certains ivrognes sont largement plus fréquentables que bien des personnes sobres, loin de lui cette idée.

    Mais qu'y a-t-il de si mal à simplement apprécier un moment de bonheur à partager des bonnes choses avec ceux que l'on aime, que l'on apprécie ?

    Fût-ce dans un grill japonais désert au milieu d'une ville de province quasiment morte ou en passe de l'être un soir de réveillon...

    Cette douceur de vivre, cette faculté de vivre profondément l'instant, et de profiter de bons moments à table, est toujours assimilée à ces deux excès.

    Serait-ce que notre époque serait si puritaine et pire encore que les individus pourtant majeurs et vaccinés abandonnent toute dignité aux mains de charlatans qui leur dispensent en se faisant payer très cher quelques lieux communs qui ne mangent pas de pain ?

    Afin de conclure ce petit coup de gueule contre les donneurs de leçons, et les bigots de l'hygiènisme, je rajouterai que j'ai perdu quelques dizaines de kilos depuis deux ans sans me frustrer de quoi que ce soit, sans avoir recours d'ailleurs aux miracles de la chirurgie ou de la pharmacopée modernes, simplement en faisant mienne cette petite philosophie consistant à prendre chaque instant de la vie comme il vient et à en presser le suc au maximum...

    illustration prise ici (Bacchus et une nymphe par Caesar Van Everdingen)

  • Tout ce qu'il y a à dire au sujet de "Piss Christ"

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    pisschrist.jpg« Vous pourriez lui montrer le poing, lui cracher au visage, le fouetter de verges et finalement le clouer sur une croix, qu’importe ? Cela est déjà fait »

    de Bernanos

    Merci à Koz Toujours et Sébastien Lapaque de rappeler cette phrase, voir l'article de koz

  • Un concert pour les chrétiens d'Orient, et les minorités du Proche Orient

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    En l'Eglise Notre-Dame du Liban,
    15-17, rue d'Ulm, 75015 PARIS
    à 20h30

    Venez nombreux ce soir entendre
    la Chorale Notre-Dame de Chaldée et
    Roula Safar, mezzo-soprano.

    ENTREE LIBRE

    icone-notre-dame-du-perpetuel-secours_1_2228.jpgNous vous attendons nombreux, et vos dons, même minimes
    seront intégralement reversés à
    L'A.E.M.O
    L'Association d'Entraide aux Minorités d'Orient
    SI vous ne pouvez venir ce soir, vous pouvez envoyer vos chèques
    à

    l'A.E.M.O
    chez

    Antoine Safar

    7, rue du Laos

    75015 PARIS

    ou apporter des cadeaux de Noël, des vêtements chauds et des tickets de métro
    à Notre-Dame de Chaldée
    13-15 rue Pajol,

    75018 – T : 01 42 09 55 07
    Soutenez aussi gratuitement en signant les pétitions
    en faveur des chrétiens d'Orient persécutés
    sur
    www.lavie.fr
    et sur
    www.appelaverite.com

  • Dire des idioties sans complexes comme Martin Hirsch

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    Martin Hirsch qui n'est pas la moitié d'un imbécile a dit hier : "La vraie intégration c'est quand des catholiques appellerons leur enfant Mohamed".

    Il y a des idioties prononcées comme ça, qui ne veulent rien dire, ne partent de rien de concret mais permettent de se poser en chevalier blanc afin de défendre la France car on a peur de revenir aux HLPSDNH (TM) (les heures les plus soombres de notre histoire...). Bien sûr, ceux qui prononcent ce genre de phrases collent leurs gosses dans le privé le plus huppé et appellent leurs rejetons de prénoms tout ce qu'il y a de plus traditionnel. Ce genre d'idioties ne fera rien contre le racisme et n'aidera pas un beur ou un français d'origine africaine à s'intégrer, mais ça fait plaisir entre la poire et le fromage. Ce genre de stupidités n'aura strictement aucune incidence contre la xénophobie risquant même de l'attiser. Personne ne semble comprendre que le danger qu'elle représente ne vient pas des skins bas du front ou des fâcîîstes estampillés comme tels mais des brav'gens, des consommateurs de base qui consomment déjà moins et auront bien besoin d'un bouc émissaire pour se consoler.

  • Monseigneur Gaillot sort du congélo

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    Evreux95.jpgIl y a dix-sept, dix-huit ans, je prenais le même train que monseigneur Gaillot deux fois par semaine, le 16h18 qui était vide (un peu comme un congrès Modem). Comme nous nous connaissions, il avait préparé mon groupe de catéchisme à la confirmation, il me saluait comme on salue quelqu'un qui nous est complètement indifférent, poliment mais de loin. Il nous avait dit que l'enfer n'existait pas et que tout le monde recevait l'onction de l'Esprit, il n'y avait pas besoin de sacrements à la rigueur. Il m'arriva une ou deux fois de me retrouver dans le même compartiment. Il me demandait de sa voix suave, et faut-il le dire qui rappelait celle des grands traîtres des films d'espionnage, ce que je faisais en ce moment, si ça me plaisait et si je travaillais bien. Il sortait une feuille de chou quelconque de sa besace, « Golias », et gardait le silence jusque dans la belle ville d'Évreux (qui n'est pas un trou de province coincé entre Rouen et Paris mais une superbe « ville moyenne consciente des enjeux du XXIème siècle »). Le plus souvent, nous nous évitions car j'avais une réputation assez mauvaise, en plus j'avais été confirmé à Riaumont quant à moi, chez des scouts infréquentables pour la bien-pensance. Remarquez, là-bas aussi j'avais fait tâche, j'étais le seul qui n'était pas en uniforme sur le photo de groupe.

    fr-radj-150.jpgDepuis qu'il est devenu évêque de Parthénia, on ne voyait plus tellement Jââcques Gaillot, à peine une photo en maillot de bains à fleurs dans « Gala », et deux ou trois secondes pendant une manif du DAL. Et voilà qu'à ma grande surprise, hier sur BFM TV, je vois qui, Jââcques, nous dire qu'il est temps que l'Église change, que les prêtres ont le droit de se marier, ce qui témoigne d'une drôle de conception de la sexualité comme nous l'avons déjà dit, les défenseurs du mariage des prêtres confondant les femmes avec des poupées gonflables, des objets permettant de calmer ses ardeurs et de vider ses génitoires (je suis direct, soyons directs, plus de tabous entre nous). On pose ensuite une question qui fâche à Gaillot, « étiez-vous au courant de la pédophilie de Denis Vadeboncoeur ? », un prêtre pédophile, identifié comme tel dans son pays d'origine, le Canada, présenté en 1990 encore comme « drôlement dynamique avec les jeunes », ses méfaits étant connus, à cela Jââcques a le culot de répondre qu'il ne savait pas, qu'il voulait donner une chance à cet homme. Peut-être celui-ci avait-il promis qu'il ne recommencerait pas ? On le sait, les pervers sexuels, les dingues, les malades, il suffit que tu agites un petit doigt réprobateur et ça change tout.

    Sacré Jââcques ! Il était en mal de caméras, à la fin du reportage, le coquin fait semblant d'humer le parfum d'un lilas avec sensibilité. Les vieux réflexes dominent longtemps chez les vieux cabots. Aux dernières nouvelles il soutenait le NPA...

  • Tout ce qui est clinquant...

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    « Tout ce qui brille n'est pas or » dit le proverbe.

    gold.jpgLe crétin qui roule en « béhème » reste un crétin, l'imbécile en « Alfa » qui passe en trombe dés que le feu passe au vert est bien un abruti, sa sottise n'a rien à voir avec la marque de ses vêtements ou de sa bagnole, ni même avec la décoration de sa résidence secondaire à l'île de Ré. Certes, on peut aussi être pauvre et con, d'ailleurs ne dit-on pas « pauvre con » ? Les cons pauvres envient la vie des cons riches qui eux veulent à tout prix se faire passer pour des cons très simples aux goût de chiottes comme la plupart des cons pauvres, vu ce qui est populaire aujourd'hui. Il y a pire c'est le con riche et célèbre qui prétend détester qu'on le reconnaisse dans la rue alors qu'au bout du compte, il adore ça le coquin petit menteur. Sinon, il n'irait pas en villégiature l'été à Saint Trodpèze ou à Gstade l'hiver. Il y a encore bien pire c'est le « never been » persuadé d'être une stââr et le « has been » convaincu de l'incompréhension du public à son égard.

    Il s'en fout, l'andouille, car pour lui, ceux qui le critiquent sont jaloux.

    Ainsi Daniel X... célèbre metteur en scène de théâtre, excellent comédien au demeurant, croisé un jour dans un café lillois.

    Bronzé comme s'il revenait des Seychelles en plein mois de novembre, la chemise blanche savamment ouverte sur un torse velu, accompagné d'une jeune donzelle en mini-jupe certainement intelligente et cultivée, ça ne se voyait pas de prime abord, qui buvait chacune de ses paroles même les plus anodines : « il fait bô, dehors », « hmmm » répondait-elle en laissant tomber la cendre de sa cigarette dans son Lapsang-Souchong. X... tournait et retournait la tête dans le café, il vit qu'il n'y avait que deux personnes, en l'occurrence un ami et votre serviteur en train de bouquiner. Nous avions bien sûr parfaitement remarqué son manège dans les miroirs aux murs de l'endroit, mais nous avions décidé sans nous consulter oralement, un seul clin d'oeil suffit pour nous comprendre, de l'ignorer complètement pour voir ce qu'il adviendrait.

    Prenant des mines, prononçant son nom à haute et intelligible voix plusieurs fois de suite, il se tournait vers nous de sa belle tête de tragédien moderne, souriant de ses dents blanchis pour très cher quelques jours auparavant.

    Dépité, il finit par sortir avec sa copine-trophèe sous le bras décidant finalement d'affronter le petit vent frais du Nord. Il ne put s'empêcher de lancer en sortant que « c'était vraiment le désert ici », la preuve, on ne le reconnaissait pas.

    frimeur.jpgBien sûr, « y'a quelqu'un qui m'a dit », comme dit ,la poétesse murmurante officielle du régime qui sait prendre des mines d'admiration ou d'étonnement très réalistes elle aussi, quand elle est en sortie, ou plutôt comme elle prononce « Yakékinkimadi », que quand on est en demande d'amitié ou de services, que l'on va mal et que l'on a besoin d'aide, les gens prennent la fuite comme si l'on était porteur de la peste bubonique. C'est tout à fait exact, car ce qui n'est pas clinquant, ce qui ne brille pas, dans notre monde n'est pas respecté, ni même respectable aux yeux du troupeau. Il faut en mettre plein la vue, jeter de la poudre aux yeux des imbéciles grégaires qui adorent qu'on les méprise et qu'on les prenne de haut avec dédain. Il ne faut surtout pas les respecter ou leur parler avec gentillesse, ils vous prennent alors pour un type faible, ou bien un hypocrite, ou se demandent ce que vous allez leur demander en échange, n'imaginant pas qu'un service puisse être gratuit, ne l'envisageant pas une seconde. Il y a aussi tous ceux qui s'imaginent que leur petit niveau, leur petite place au soleil, leur case privée ne peuvent pas être remis en cause car d'une élévation rare, prenant leurs quelques connaissances pour de la culture et leurs certitudes pour des opinions. Ce sont les mêmes qui déplorent encore maintenant le manque de charité des catholiques et leur dogmatisme, et regrettent avec forces hochements de tête leur inadaptation à la modernité.

  • Le sourire de l'indifférent

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    4118397.jpgJe déteste avec ferveur ces catholiques, excepté quand c'est une manifestation de naïveté ou de candeur, qui disent à un pauvre homme ou une pauvre femme : “Dieu t’aime” avec un sourire aux lèvres et puis passent leur chemin, s'en désintéressant presque immédiatement. Ils sourient de toutes leurs dents aux handicapés du corps, de l'esprit et de la vie, mais ne voient qu'eux en face, cherchant qui une reconnaissance, qui un reflet flatteur. Je déteste tout autant ces catholiques qui prétendent que Dieu nous envoie des épreuves pour nous tester, histoire de voir si on croit vraiment en lui, et qu'il faudrait se résigner à la souffrance. Ou ceux qui voient le diable partout mais généralement pas là où il est.

    La question qui est alors soulevée est infiniment théologique, au cœur de la foi : pourquoi la souffrance et le scandale du Mal ? Si l’on pense que Dieu n’existe pas, il n’y en a aucune et tout laisse à penser dans ce monde que la vie est absurde, et effectivement tout ce qui agite et meut notre monde l'est profondément, de l'avidité aux richesses au désir de consommer tout ce qu'il est possible d'acheter, y compris parfois, des personnes humaines : il n'y a pas que la prostitution, il y a aussi ces couples qui s'offrent un bébé comme ils s'offrent une bagnole, voyant la chose comme un investissement sur le long terme, chosifiant un être humain, le laissant dans une totale détresse affective.

    Il y a aussi un paradoxe très humain, les primates pitoyables qui se tiennent dressés sur leurs pattes arrière veulent que Dieu leur foute la paix pour faire leurs petites affaires en paix et lui demandent d’intervenir quand ça va mal, en grands enfants gâtés. Ils sont un peu comme le prophète qui attend des manifestations divines pleines de bruit et de fureur et ne voit pas Dieu dans une petite brise. De beaux esprits diraient aussi que c’est la peur de la mort qui fait croire en un être suprême, la peur de ce qu'il y a après. Oui, c’est souvent vrai, il est des athées qui se mettent à prier comme des gosses pour guérir quand ils ont peur de crever, et vous remarquerez que les personnes se disant indifférentes demandent toujours une cérémonie religieuse, car “après tout, on ne sait jamais”. Il paraît d'ailleurs, selon de nombreux témoignages d'infirmières et de médecins, que les personnalités soutenant l'euthanasie sont les premières à demander à vivre à tout prix.

  • Après Thiberville, la cristallisation des conflits

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    En pensant au curé de Thiberville soutenu par tous les élus autour de sa paroisse, dont la plupart de gauche, c'est Peppone qui s'allie à Don Camillo.

    foulon.jpgQuand l'imbécile n'a plus rien à dire, il insulte, l'interlocuteur est un nazi, un facho, un réac. Et il attaque sur le physique, la maigreur, la grosseur, et j'en passe, juste avant de passer à la menace comme je viens encore de le constater par des commentaires de ce blog. Il est persuadé d'avoir le droit, la liberté, la sagesse, la paix universelle de son côté, il combat la morale et le moralisme mais moralise quant à lui à outrance. Ou alors il s'en fout et se range du côté des plus puissants, de ceux qui ont le pouvoir. Il veut la démocratie mais qu'elle aille dans le sens qu'il prône, il trouve que le peuple est beau et bon quand il pense comme lui, sinon c'est un ramassis de franchouillards ploucs.

    Ce qui s'est passé à Thiberville en est une bonne illustration. Ce matin, nous venons d'avoir la lettre de l'évêque d'Évreux. Alors, certes, ce n'est pas beau une foule qui insulte un individu ou qui le hue, mais comme le dit le proverbe, « qui sème le vent récolte la tempête ». Et ceux qui voulaient de la démocratie dans l'Église sont donc servis. Pourquoi pleurer, se demande-t-on ? Il se place uniquement sur le plan d'une réorganisation administrative des paroisses, et seulement là-dessus, il n'est pas question de spirituel ou autre chose, il est surtout question de préoccupations sociologiques très ponctuelles, dans l'air du temps, à l'inverse de l'idéal prôné par Benoît XVI, il est aussi question du rôle des laïcs, amenés dans leur esprit, à remplacer tout ou partie des prêtres. Et bien sûr à la fin, il nous dit que Dieu est avec lui. Moi, je ne sais pas si Dieu est avec moi, mais on peut reconnaître un arbre à ses fruits. Il a bien sûr recueilli quelques témoignages, selon lui, le soutenant, il est donc le seul dans le vrai.

    Il y a bien il est vrai une paroisse totalement en accord avec monseigneur Nourrichard, c'est la cathédrale d'Évreux...

    De messe en messe, l'assistance y est de plus en plus clairsemée, à de rares exceptions, l'équipe d'animation ou les prêtres l'animant ne parlent qu'entre eux, entre phares de progrès, et ne disent même pas bonjour, la personne fût-elle présente chaque dimanche depuis une dizaine d'années. On ne se fréquente qu'entre représentants du même milieu aisé, ou du même club (Rotary etc...), car au bout du compte rien n'a changé quant aux prétentions des plus bourgeois. On y tente des liturgies de plus en plus démagogiques, comme remplacer la musique religieuse par des chansons populaires, mais ça non plus, ça ne fonctionne pas.

    Evreux_chemin_Paques_1OK-2eb2d.jpgOn se trahit quand même en invitant le diocèse à une journée d'animation « festive », c'est eux qui le disent, qui permettra de s'auto-congratuler, et quand même pour la forme, à la fin, on célèbre quand même une messe (en tout petit en bas de la joyeuse carte postale montrant un aréopage de personnes d'âge mur en anorak mauve ou violet).

    Je pense quant à moi que ce qui est attaqué là-dedans, en creux, c'est le discours du Pape actuel, assimilé à un nazi par ses adversaires ce qui montre leur bassesse. La majorité voudrait pouvoir continuer à jouir du présent, à se laisser aller à leur hédonisme narcissique sans se sentir coupable, d'autres aimeraient bien une religion catholique qui ressemble à un immense supermarché, où l'on choisisse tel ou tel produit à droite à gauche sans contraintes et sans se poser de questions inutiles, et surtout en se laissant aller, le tout lié de manière surprenante à une docilité sans failles pour les pires diktats d'apparence ou de pensée.

  • Le piège de la burqua - réponse à une lectrice

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    hijab%20france.jpgJ'ai rencontré dans la rue une lectrice qui m'a parlé de mes notes sur la burqa ou le niqab. Elle me reprochait de ne pas voir que derrière ce problème il y a des personnes, des femmes qui font le choix de mettre le voile. J'étais bien embêté car je m'aperçois que les mots frappent beaucoup plus fort parfois qu'on ne le voudrait. Et puis j'étais content et flatté de provoquer au moins le débat et une discussion qui est toujours plus enrichissante « ad hominem » que sur Internet où elle a tendance à vite se radicaliser. Peut-être diront les esprits raisonnables, cela devrait me pousser à mettre de l'eau dans mon vin, il ne saurait bien sûr en être question.

    Comme je lui ai dit, ce n'est pas tant le voile ou les traditions la question mais que c'est finalement une sorte de piège tendu à ces femmes afin de les rejeter en dehors de la communauté nationale. La communauté ce n'est pas le groupe ou la tribu à laquelle on appartient, ni même un groupe statistique, mais la nation française. Elle est mise à mal depuis longtemps par justement le communautarisme qui voudrait que l'on vive tous chacun dans son coin, avec ses propres habitudes intellectuelles, croyances et mode de vie. Je suis toujours frappé que cela fait vingt-cinq ans que les choses empirent, à cause de la gauche et de la droite en même temps, je me rappelle de mes années de collège où l'origine des uns ou des autres n'était même pas une question ou un problème tout comme leur couleur de peau.

    Elles n'ont pas à l'être. Point.

    En discutant avec cette lectrice, je me suis aperçu également que les mots « intégration », « assimilation » ou autres sont des idioties, si on pose la question de l'intégration ou de l'assimilation c'est que finalement on n'en veut pas, ou que l'on s'en fout comme ces édiles municipales qui font tout pour rejeter les minorités en périphéries, que ce soit les minorités ethniques, religieuses, ou sociales. Cela m'a aussi confirmé dans l'idée que la laïcité française dans son état actuel est une plaisanterie, une farce, car elle n'existe plus depuis longtemps et se fonde surtout sur le rejet de la foi en général et d'une en particulier à l'origine, et que parfois une supposée tolérance est surtout engendrée par le racisme et la xénophobie.

    Cependant, je ne suis pas d'accord sur une chose, toute tradition (il y a des traditions très neuves comme celle du voile justement) ou habitude n'est pas respectable parce que l'on a envie de la pratiquer. Ce serait également une déviation de la foi ou de la spiritualité dont on se réclame. Par contre, je la rejoins complètement sur un point, on devrait beaucoup plus discuter avec ces jeunes femmes qui mettent le voile de leur choix, en discuter avec elles et non les traiter comme des sujets de laboratoire.

  • "Moi je ne lis pas de romans, je lis des livres sérieux"

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    Maronne-Annick--la-lectrice.jpgDans le poste hier soir, écoutant un poste classique, voilà que j'entends l'invité de l'émission, dont il choisit les disques, répondre à l'interviouveur : "Non moi, je ne lis pas de romans, je lis des livres sérieux". Pour paraphraser Maître Follace, c'est marrant chez les cuistres (ou les imbéciles) cette manie de faire des phrases qui ne veulent rien dire. Comme un roman çà parle de choses imaginaires, comme ça ne parle pas du réel, comme ça ne parle pas de son nombril, ça ne l'interpelle pas quelque part : où ça ? Là, (voir fig 1). Les auto-fictions dont les auteurs nous assomment avec leurs obsessions sexuelles (ça se vend mieux), coprophiles, comme Marie Darrieusecq, ou simplement leurs névroses de pauvre petite bourgeoise (Angot), ont du succès pour ce genre d'olibrius, triste sire d'inculture et de vacuité. Ou alors les pseudo-témoignages chocs, de l'ex-star recyclée en dame-pipi qui vend l'urine des vedettes qui fréquentent les lieux d'aisance où elle officie (les chiottes quoi, les djeuns), ou de la fille de... qui nous explique que faut pas croire ce qu'on raconte, elle était très malheureuse dans son loft de 200 mètres carrés, ou encore les conseils de vie saine de telle ou telle ancienne gloire de la téloche ("Mes secrets minceurs" ou "Mon guide des vins" par Christine Bravo, les "bacs-roumes que je conseille" par Steevy). Quand on imagine, quand on invite les autres à rêver, donc à s'évader de la grisaille, ce n'est pas sérieux. Enfin, et pourtant je suis un "onaniste de sacristie" certifié conforme mais je ne supporte pas ces braves gens qui le regard exalté et les yeux illuminés balancent : " Moi la Bible (l'Évangile) me suffit". Alors que le roman, qui s'appauvrit le plus souvent, quand l'auteur n'a le talent de "non-fiction" ni de Truman Capote ou Norman Mailer, ou Don deLillo, et qu'il se colle seulement au réel le plus quotidien, le plus bêtement trivial, alors que ce genre de livre qui prétend coller au quotidien est nul ou anodin (cf : Anna Gavalda).

  • L'intimité avec Dieu

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    Paris-Saint-Roch-Lorraine-Harcourt.JPGSur un fil de discussion d'un site de causette que je fréquente assidûment, j'ai lu sous la plume d'un sinistre crétin que les soldats de 14 étaient une masse imbécile, des abrutis menés par l'argent et les faux principes. C'est méconnaitre la valeur du sacrifice et de l'esprit de sacrifice de ces soldats, même si celui-ci a été dévoyé peu après. C'est plutôt maintenant que j'ai l'impression d'une masse stupide qui ne songe qu'à consommer, et consommer encore, se soumettant à une société toujours plus ignoble, inique ou prompte à la bassesse (là il suffit d'allumer sa télévision, à ce propos, je conseillerai à ceux qui miment des airs de vierge effarouchée devant Ruquier, Ardisson ou les Zemmour/Naulleau de tout simplement éteindre leur poste et prendre un livre).

    On dit la même chose des chrétiens d'antan, de ceux de notre libre et valeureuse époque en route sur la voie du bien et du bonheur parfait dans la consommation. Il y aurait eu entre deux des phares de la pensée, appelés à guider le reste du troupeau vers la lumière du progrés et d'un homme "libéré" du passé, de la nature et généralement de son humanité. Ces phares de la pensée nous expliquent généralement pourquoi avant en somme les croyants et les autres étaient une horde de crétins puisque EUX n'étaient pas encore là pour mener les autres vers le progrès. Les croyants catholiques sont perçus comme une masse de personnages stupides et superstitieux ; ce n'est pas qu'il n'y a pas parmi eux des imbéciles, il y en a partout de toutes manières. Mais c'est mépriser cette intimité avec Dieu de nos ancêtres quand on admire une petite église de village ou une cathédrale. la plupart des croyants sont parfaitement au courant des débats théologiques qui agitent leur temps, ainsi à l'époque du jansénisme et pendant la Réforme.

    Ils connaissent parfaitement l'Écriture et n'auraient pas fait d'énormes contresens sur par exemple le Judaîsme, pour eux l'anti-sémitisme (avant le XIXème siècle plus tranché et moins nuancé) était tout simplement inconcevable puisqu'ils avaient de la Bible une connaissance intime, et ce malgré la fameuse prière de la messe de rite traditionnel. Cette intimité avec Dieu était charnelle, concrète et tangible, presque sensuelle, elle entraînait des actions ne posant aucune réflexion, comme l'entretien dans tous les quartiers d'une maison pour les indigents et les pauvres. Cela a été perdu, combien de croyants ont l'air tout simplement ridicules à remuer de belles et grandes paroles de manière très volontariste et à surtout ne rien changer à leur mode de vie une fois sortis de l'église, moi le premier certainement. Cette intimité avec Dieu amenait à percevoir l'union de l'être humain avec la nature, la Création qui l'entoure, et non à nier ce lien constamment, et celui que nous avons avec nos semblables. Cette intimité avec Dieu ne nie pas une seconde ce qu'on apporté les humanistes, tel Montaigne, ou les philosophes du XVIIIème, même Jean-Jacques Rousseau ou Voltaire, qui apportent à chaque fois un peu plus de clarté afin que rien de ce qui est humain ne nous soit étranger.

  • Retour à la Via dolorosa

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    Chaque année, j'y reviens toujours, en esprit, par la prière, dans mon quartier, la Via Dolorosa...

    Ce n'est pas exactement le chemin de Croix qu'a emprunté Jésus, la "Vieille" ville actuelle datant de Saladin, mais peu importe. Le lieu vit de la prière des pélerins.

    Par là un excellent article de François Miclo sur la Passion

  • Gratuité des soins pour les malades du SIDA en Afrique

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    afriquesida.jpgQuelqu'un vient de demander la gratuité totale des soins pour les malades du SIDA en Afrique. Est-ce Hugo Chavez, Evo Morales, le sous-commandant Marcos ou un autre révolutionnaires ? Non ? Est-ce alors un militant pour les droits des homosexuels ? Un activiste d'"Act Up" ? Jean-Luc Romero ? Non, c'est le Pape Benoît XVI dés sa descente d'avion à Yaoundé, avant même que les rédactions européennes ne réagissent. Mais bon, ça ne colle pas, Benoît XVI étant un atroce réactionnaire, un pape dogmatique et qui réintègre des évêques négationnistes exprès, un ancien SS certainement. Benoît XVI c'est la haine sans risques, le scandale à peu de frais, le bouc-émissaire commode et bien utile finalement.

    ROME, Mercredi 18 mars 2009 (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI a demandé les soins gratuits pour les malades du sida dès son arrivée à l'aéroport de Yaoundé au Cameroun, mardi après midi. Un appel qui a reçu très peu d'écho. Il appelle les Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida. Les médias ont passé sous silence ce passage de sa conférence de presse dans l'avion de Rome à Yaoundé.

  • La Foi sans guimauve du père Humbrecht

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    viphumbrecht.jpgJe suis content d'avoir lu ces quelques paroles du frère Thierry-Dominique Humbrecht, dominicain, qui disent exactement l'inverse de ce que beaucoup de laïcs et clercs chrétiens se croient forcés de colporter en ce moment :

    "Le bonheur chrétien n'est pas mièvre. Il assume tout {...]. La Charité n'est pas la naïveté. Elle dénonce l'erreur, refuse la médiocrité, nomme le mal, lutte contre l'iniquité".

    Est-il besoin de commenter ? C'est très clair.

    "Ce qui me courrouce, c'est qu'ils veulent tout vivre et ne rien choisir, profiter de tout et ne renoncer à rien, pieux le matin et mondains le soir".

  • Pourquoi ne parle-t-on jamais des chrétiens d'Orient ?

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    larcher1.jpgPar chrétiens d'Orient, l'on entend surtout ceux qui vivent au Proche Orient, et en général en terre d'Islam. En 1988, ils étaient 20% en Palestine, en Terre dite Sainte, en 1998, 8% et en 2009, de 3 à 4% selon les villes (ils restent le plus nombreux à Bethléem). Ces chrétiens fuient car étnt pris entre le marteau de Tsahal et l'enclume Hamas, ils fuient car les chrétiens européens se fichent de leur sort et qu'ils le savent bien. En Irak, les chrétiens étaient protégés par Saddam Hussein qui croyait ainsi s'attirer les faveurs de l'Occident, depuis qu'il est mort, ce sont des fondamentalistes islamistes qui grignotent petit à petit le pouvoir qui est à ramasser, et les messes de Noèl ou de Pâques sont régulièrement la cible de mitraillages, ceci sans que l'armée américaine n'intervienne. En Syrie, Bachar El Assad, un dictateur sanglant, c'est tout à fait exact, protège lui aussi les chrétiens pour les mêmes raisons que Saddam, tout en demandant en échange un impôt substantiel.

    Ceci personne n'en parle. Au Darfour, des milliers de personnes ont été massacrées car chrétiennes, ceci personne n'en parle non plus, tout comme les dizaines de morts au Pakistan ou en Chine, que l'on soit dans une paroisse traditionaliste, progressiste ou charismatique, à de rares exceptions, pour moi je n'ai entendu évoquer cette souffrance des chrétiens d'Orient que deux fois en huit ans. Chacun défend SA cause oubliant ceux qui souffrent, se comportant plus en militants appartenant à un parti politique qu'en fidèle de l'Église.piscine_bethesda.jpg Pourtant, souvent, la médiation bi-millénaire de ces chrétiens a empêché beaucoup de guerres et ces terres de primo-évangélisation restaient chrétiennes au moins un peu. Les chrétiens d'Orient représentent 23 églises et traditions différentes, dont les coptes ou les melkites, 60% sont orthodoxes, 40% catholiques

    Ceci, les chrétiens d'Occident, d'Europe ou d'Amérique l'oublient ou s'en foutent complètement. La solidarité ne joue pas. On balance des discours lénifiants du style de celui que m'a envoyé un blogueur se disant chrétien : "J'aime tous mes frères humains qu'ils soient chrétiens, musulmans ou juifs". Je suis d'accord, mais si l'on n'est pas fichu de se soucier du sort de ses frères humains proches par les croyances on ne pourra pas se soucier des frères plus éloignés dans la foi. Pour les chrétiens européens, un arabe ne peut être de la même foi, c'est ainsi et n'appartient pas à la même humanité. L'Oeuvre d'Orient, oeuvre catholique, essaie comme l'Ordre de Malte de maintenir le lien en aidant ces communautés mais par comparaison, deux chiffres, en 2008, l'Oeuvre a versé 280 000 euros sur le Proche Orient, l'Arabie Saoudite 40 milliards de dollars pour tous les régimes "frères", prônant un Islam radical, dans le monde entier.

    Pourquoi ne parle-t-on jamais des chrétiens d'Orient ? Par indifférence et par ignorance.

    photos : la paroisse de Batnaia, la piscine de Bethesda (ou probatique) à côté de Sainte Anne de Jérusalem près de la porte des Lions.

     

  • Lieux communs et crise de Foi

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    Parfois, quand il y a besoin, je n'hésite pas à tirer à boulets rouges contre mon camp, je l'ai déjà démontré, aujourd'hui j'ai envie de remettre quelques idées et préjugés à leur place. Il y a quelques jours, le Pape a réintégré dans l'Église catholique quatre évêques auparavant schismatiques, grand scandale, les traditionalistes chrétiens étant tous assimilés, un peu plus que les autres catholiques encore, à des réacs, des fachos absolus, des boutures de nazillons. Alors qu'il s'agit d'une geste d'unité et de paix, dans la droite ligne de l'Évangile qui recommande d'aimer ses amis comme ses ennemis.

    benoit-xvi.jpgDe plus, dans les fidèles de Saint Nicolas du Chardonnet on trouvait des personnes de gauche voire même des couples homosexuels car l'amour de la messe traditionnelle n'a pas forcément à voir avec les opinions de droite radicale même si ces opinions y sont majoritaires. Hélas, l'un de ces évêques, peu malins, on dirait même qu'il l'a fait exprès, s'est cru autoriser à dire qu'il n'y avait pas eu de juifs gazés, tout au plus 200 000, 300 000 victimes, selon lui. Son raisonnement est stupide et indéfendable, il n'y aurait eu que 200 000 ou 300 000 victimes, c'est déjà beaucoup trop. Comme d'autres, sa foi est devenu une idéologie politique, ce n'est plus du tout pareil, car la foi est révélée par Dieu pour le croyant, et ne provient pas d'une théorie simplement humaine donc conjoncturelle. Ce sont les mêmes critiques qui reviennent contre Benoît XVI : on reparle de son passé dans les "Hitlerjugend" comme la plupart des jeunes allemands de l'époque. Bien sûr que c'est mâââl de s'inscrire aux "Hitlerjugend" qui embrigadait les jeunes sur la base d'une idéologie grotesque et dangereuses mais nous qu'aurions-nous fait ? Un jour à Nanterre, maître Henri Leclerc de la Ligue des droits de l'Homme nous avait demandé de nous poser franchement la question, la réponse était moins exaltante qu'on aurait pu le croire alors que d'autres, moins lucides, proclament bien sûr qu'ils auraient été les premiers à résister. Il suffit de toutes façons pourtant de lire "le Sel de la terre" de Joseph Ratzinger pour comprendre que sa démarche est radicalement à l'opposé d'un quelconque fondamentalisme. Bien sûr ensuite on a le droit au refrain habituel sur la pédophilie dans l'Église, je suis d'accord, parlons en mais parlons en vraiment et dans toutes les religions ainsi que dans toutes les couches de la société à commencer par exemple par ceux qui en parlaient comme d'une sexualité benigne dans les années 70 et qui ont oublié leurs écrits malheureux depuis semble-t-il. Et qui n'ont jamais été inquiétés, excepté Patrick Font...

    Saint-Paul.jpgOn retrouve cette confusion entre idéologie et foi sur l'autre rive. J'en veux pour preuve la messe dominicale à laquelle j'assiste. Ce matin, après une homélie qui m'apprend que la radicalité évangélique dont celle de Saint Paul s'assimile en somme à de l'illumination (partager ses biens, essayer de pratiquer l'amour de l'autre au lieu du rapport de forces etc... c'est être illuminé). Les premières communautés chrétiennes étaient donc des dingues. Ensuite intervint une dame qui parle pendant vingt minutes de l'Action chrétienne contre la torture, qu'elle présente maladroitement, je veux croire, comme la meilleure alternative pour vivre l'Évangile, l''anamnèse de la vie chrétienne" selon ses termes. Elle oublie qu'il n'y a même pas besoin d'être chrétiens pour se battre contre la torture et que ce n'est pas ça la foi. Ce genre d'organisme, personne n'est contre bien sûr, mais bien souvent, ils oublient de défendre les chrétiens du Proche Orient, comme 99.9% des chrétiens européens qui s'en foutent, entre le marteau et l'enclume en ce moment, ceux du Pakistan, 100 chrétiens massacrés dernièrement, ou de Chine qui subissent de vraies persécutions dans l'indifférence quasiment générale. Je ne parle même pas de ceux de Gaza, le Hamas sortant renforcé de l'intervention israèlienne, je donne peu cher de leur peau. Quand on n'est même pas foutus de défendre ceux qui vous sont le plus proches, on n'est pas crédibles à mon sens. Cela est bien sûr couplé avec cette constatation que la messe n'est pas le plus important pour un croyant, que ce sont les actes, et donc les actes politiques qui comptent le plus. On s'étonne après que les églises se vident dans les paroisses dites normales et se remplissent du côté des traditionnalistes qui respecteront plus la solennité de la célébration et sa destination de prière. Pour la politique, chacun est libre de son opinion ensuite, en sortant de l'église.

    jérusalem.jpgCe qui est assez amusant, si l'on veut, comme sur ce blog délirant, qui oscille entre dénonciation (à juste titre) des totalitarismes ou de la judéophobie, et réhabilitation de débiles comme Dieudonné, pourtant lui aussi clairement judéophobe mais moins donc aux yeux du troupeau bêlant, parce qu'il est noir et qu'on le trouve "sympa", c'est que l'on entend toujours les mêmes discours contre les catholiques, discours précisément qui engendre l'intransigeance et le radicalisme des opinions chez de plus en plus de catholiques. Finalement, ce qui domine là-dedans c'est surtout un rejet du catholicisme dans son ensemble, que l'on connaît mal, que l'on croit connaître lorsqu'on énonce deux ou trois lieux communs déjà mille fois entendus. Les catholiques sont dans le monde, qui pour eux, n'est pas diabolique mais beau, et ce sont des médiateurs d'espérance, de justice et de paix.

    Photos : Benoît XVI, Saint Paul et une vue de Jérusalem vue du clocher danois (photo de Mélanie Costes, qu'elle en soit remerciée, j'espère fumer un jour le nargileh chez elle)

    Post scriptum : La réintégration des quatre évêques ne signifie pas le retour à la pleine communion qui n'est pas encore atteint.

  • La paix selon la foi chrétienne - Michael Lonsdale avec Javier Teixidor

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    p2272.jpg

    Un commentateur anonyme m'a envoyé ce très beau texte, merci à lui

    “La paix n’est pas une question de dogmes. Elle est au coeur de l’être humain. Le Christ vient pour unifier : « Soyez un, soyez en paix. » Le Notre-Père contient une profonde réflexion sur le sens du pardon : le pardon à ceux qui nous ont fait du mal, le pardon à recevoir pour nos fautes et enfin le pardon à soi-même. Beaucoup de gens déçus par la vie se font des reproches, ils estiment qu’ils n’ont pas été à la hauteur. Ils vivent dans une haine inconsciente d’eux-mêmes. En regard, la proposition chrétienne – l’exigence du pardon – est extraordinaire. Moi, j’ai demandé pardon à mon père qui ne s’était pas très bien comporté avec moi. Le jour où je lui ai pardonné, j’ai rêvé de lui, il était déjà mort. C’est ce chemin-là qui m’intéresse. Délivrer les autres de leur emprisonnement, des limites qu’ils croient indépassables. Voilà le programme chrétien ! Peut-être est-il un peu simpliste pour vous ?” Michael Lonsdale, entretien avec Javier Teixidor.

  • Saint Nanard

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    Bernard_Tapie_Al_Capone.jpgBernard Tapie, qui vient de toucher l'équivalent du budget national du Sénégal sur 10 ans gràce à une commission d'arbitrage parlementaire réputée objective sur ce qu'il a perdu au Crédit Lyonnais, maintenant la banque LCL, lègue paraît-il son cachet pour la pièce "Oscar" qu'il est en train de jouer à Paris au Téléthon. Je trouve ça sur le portail "Yahoo" en première page. Je me dis que les gens ne sont pas si bêtes et qu'ils vont se rappeler les 485 millions d'Euros qu'il vient de gagner au casino.(à la commission machin truc chouette, voir plus haut) et ne pas être dupes, mais tu penses ! Ils trouvent Nanard génial, généreux, tellement sympa, coool et proche d'eux bien que le même Nanard qui a touché en plus plus de 42 millions d'Euros pour le "préjudice" subi. Je comprend que les affairistes louches comme Nanard soient encore bien vus. C'est encore la légende, le Nanard issu du petit peuple, travailleur, bon garçon et tout, et qui en plus, courage immense, était l'adversaire principal et officiel de Le Pen (dont les idées sont récupèrées et appliquées par son plus proche copain politique actuel, Nicolas Sarkozy). Le bon peuple rêve d'ailleurs de faire pareil : gagner un paquet de pognon et flamber en faisant un doigt d'honneur au reste du monde.

    Je préconise donc qu'après sa mort, Nanard ait sa statue géante au Panthéon de la place des grands hommes à côté de celle de Michel Sardou et celle de Mireille Mathieu. Je propose aussi qu'on le canonise aussitôt, Saint Nanard, saint patron des escrocs et autres écornifleurs.

    Le "fake" est fait à partir d'une photo de l'excellent "Scarface" d'Howard Hawks.

  • Le bouddhisme pour les nuls ou un Ricard sinon rien

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    Sur la photo Mathieu Ricard fait "shazam" et le lecteur du blog se sent mieux...

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    Ce matin, un peu sidéré, j'écoute une publicité vantant les mérites du dernier livre de Mathieu Ricard, le lévitant des plateaux télé. A entendre la pub c'est du coaching infantilisant tel qu'on en voit fleurir un peu partout : pour apprendre aux parents à éduquer leurs gosses, pour qu'ils ne s'habillent plus comme des sacs, pour qu'ils arrêtent de fumer, de bâfrer, de boire, de réfléchir par eux-mêmes (là c'est moi qui rajoute). Donc, Mathieu nous dit que la méditation c'est drôlement bien pour se calmer et agir rationnellement. Il a certes raison, des scientifiques américains mal élevés ont voulu vérifier si c'était vrai en scannant les zones du cerveau de moines drôlement fortiches dans ce domaine ; il est apparu que le cerveau avait la même activité que pendant le sommeil de tout un chacun car en gros les moinillons 180px-Pastis.jpgroupillaient. Ce genre de côtching psychologique moitié magique, moitié méthode Coué, m'a toujours effaré par sa capacité à révéler la profonde crédulité du troupeau bêlant (comme la glossolalie, on a l'impression que des super-mystiques super doués en méditation chantent n'importe quoi de prime abord alors qu'en fait on est censé les comprendre dans toutes les langues, bien sûr si ça marche pas, on prétendra que le sceptique n'a pas assez de foi) dont prétende bénéficier les pentecôtistes entre autres. Ensuite, Mathieu expose quelques idées bâteaux bien connues : manger des légumes, c'est bon pour la santé, il faut boire de l'eau au lieu que des sodas (avec le petit couplet sur la nocivité du vin) etc...On est un peu entre "Super Nanny" et les babas cool, les bobos qui aiment l'herbe bien verte et un coach d'entreprise.

    En passant, c'est une belle attaque contre la laïcité. Rappelons également que les théocraties bouddhistes d'extrème-Orient étaient des régimes sanguinaires et arbitraires sans aucune tolérance. Notre époque adore le bouddhisme, c'est une religion (et non une philosophie) qui permet de ne pas trop s'engager quant à l'iniquité du monde (puisque ce n'est pas réel) et qui permet de ne penser qu'à soi sans trop de remords. (photo ci-contre : un Ricard bien sûr, ah, ah, ah, suis-je spirituel)

    Deux de mes gourous préférés ci-dessous (de l'école de méditation éthylique)

  • Saint François relooké

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    Saint%20Francois%20et%20les%20oiseaux.gifSaint François d'Assise, on l'aime bien encore maintenant dans la société. Il est mieux vu que Saint Paul, vu comme un affreux moralisateur, ou Saint François de Sales, perçu comme un ecclésiastique à l'esprit tordu. On retient de lui les petits oiseaux, les petits n'enfants, les petites fleurs. On en fait un saint aux bonnes joues rouges, une sorte de hippie avant la lettre qui mendiait et s'amusait avec ses disciples. J'ai horreur de ces images des saints sortis d'une légende dorée confortable. Je constate également toujours une différence majeure entre les photos de Sainte Thérèse de Lisieux et ses représentations diverses, la plupart du temps d'une mièvrerie sans pareil. C'est ce genre d'image qui permet de ne pas trop approfondir, de pas aller vraiment plus loin que ça. Ceci posé, il ne faut pas non plus trop mépriser la spiritualité parfois kitsch des petites gens, elle a certainement autant de valeur que les procrastinations intellectuelles ou se voulant telle de l'un ou l'autre théologien moderne et distingué. Ils propagent parfois une vision édifiante de la pauvreté qui serait forcément sanctifiante alors que comme l'écrivait Saint Augustin il vaut mieux qu'un pauvre ait à manger, des personnes pour l'écouter, un toit pour dormir, avant que de se lancer dans une quête spirituelle. A ces personnes qui exaltent la pauvreté je dirais que si "l'argent ne fait pas le bonheur rendez le" comme Jules Renard. Cette image idéalisée de la pauvreté c'est aussi une manière de se disculper pour ne rien faire.

    Un auteur, Sébastien Lapaque, que j'ai défendu sur zazieweb ou ici, dont j'aime bien les nouvelles, ses livres sur Bernanos, ou encore sur le bien vivre gastronomique ou oenologique, le fait revenir à notre époque et réagir à l'interdiction de la mendicité dans sa ville, Assise. Personne ne l'écoute et ne s'en soucie, il s'adresse alors aux fusées et aux oiseaux. C'est très beau, un beau vitrail cependant. Ce genre de livre, je l'aurai lu beaucoup plus facilement il y a quinze, vingt ans, maintenant, peut-être ais-je mûri, peut-être suis-je plus cynique ?

    9-B.Schedoni-Etude saint Francois d-Assise.jpgL'interdiction de la mendicité est scandaleuse, c'est vrai et parfaitement inverse à la spiritualité du saint, mais il faudrait se demander d'où elle vient. La ville n'est plus gouvernée par des institutions chrétiennes, Saint François y fait partie du commerce et du paysage, ce n'est qu'un élément de la chaîne financière, comme à Jérusalem, les monuments saints font tomber une manne surtout financière, y compris pour les franciscains eux-mêmes qui gèrent la plupart des sites catholiques, d'une manière très éloignée de leurs voeux. L'instinct de lucre, l'appât du gain, la cupidité, la sottise des nantis, cela existait déjà de son temps et la mendicité y était souvent considèrée comme un délit puni, excepté certains lieux autorisés et à certaine occasions religieuses. Et de son temps, pour ses contemporains déjà, à commencer par son père, François était un fou, un fou qui refusait de s'enrichir et de ne vivre que pour être bien considèré des puissants ou de ses voisins. Croire qu'elle est encore plus scandaleuse maintenant car nous serions plus évolués sur le plan intellectuel et sociétal, c'est croire qu'il y a eu un progrès des consciences et de la nature humaine gràce au christianisme entre autres, réduit à une idéologie, alors que celle-ci n'a pas vraiment progressé même si il y a eu quelques progrès formels vite disparus quand on gratte le vernis. La mendicité et la pauvreté sont inadmissibles à toutes les époques. Et personne ou presque n'écoutait François à son époque sauf les pauvres.

    5607671.jpgNous pourrions nous voir certainement comme moins hypocrites que les privilégiés du Moyen Age puisque notre société actuelle n'a plus comme valeur que l'argent et ce qu'il permet : réussite sociale, statut enviable et consommation toutes voiles dehors. Il y a aussi que la foi n'est pas quelque chose de social, n'est pas une idéologie, qu'elle ne s'arrête pas à la sortie de la messe, que donner une ou deux piécettes au pauvre à l'entrée de l'église, ou pendant la quête, c'est bien, mais insuffisant. Saint François est surtout, avant d'être une sorte de clochard poètique, un modèle de radicalité évangélique, et humaine ; et que loin des belles images marquées de sensiblerie, il a vécu les mêmes souffrances que son modèle. Ce n'est cependant pas la voie que tout le monde peut choisir, tous ne sont pas faits pour vivre les mêmes choses.

    Ce qui pose problème actuellement c'est la désagrégation du lien social, communautaire et spirituel puisque bien souvent, et malheureusement, la foi n'engendre même plus de sentiment d'appartenance à une communauté (il ne faut pas rappeler ce simple fait qui est souvent raillé surtout car il met en lumière le profond égoïsme...des railleurs loin du personnage qu'ils s'autorisent à jouer). Enfin, François n'est pas un pur esprit, comme on nous le montre souvent à travers la spiritualité désincarnée de notre époque, parfois même évaporée, François devient une sorte d'ado rebelle assexué et gentillet ; il connaissait le sens profond de l'incarnation et ceci, Rossellini le montre bien dans son adaptation des "Fioretti" (voir extrait ci-dessous). On hésite pas à couper une patte à "frère cochon" pour améliorer l'ordinaire, quitte à s'excuser ensuite auprès du suidé. La radicalité évangélique des "Fioretti" c'est aussi de montrer que la foi n'est pas seulement un beau discours, c'est la proximité avec ceux que l'on aime, voire avec ceux que l'on a plus de mal à aimer, et que rien de ce qui est humain ne devrait être étranger à un chrétien.

  • Échauffourée au Saint Sépulcre

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    photossam3008.jpgA Jérusalem au Saint Sépulcre, des orthodoxes de tradition byzantine ont agressé des arméniens qui eux-mêmes ont répliqué avec violence. C'est lamentable. C'est bien d'en parler pour constater la désunion entre chrétiens et ce qu'elle entraîne, et essayer d'y remédier mais pourquoi ne parle-t-on jamais, y compris dans nos églises, de toutes les fois où les chrétiens se font agresser, dépossèder de leurs terres, harceler parce qu'ils sont chrétiens ? Que ce soit en Israèl ? En Palestine ? Ou en Irak ? En Chine ? Mais, cela, à part quelques exceptions, tout le monde s'en fout, à commencer souvent dans les paroisses françaises où l'on préfère sortir de grands et beaux discours lénifiants sur l'accueil et l'étranger alors que l'on n'est même pas fichus de se soucier du frère ou de la soeur dans la Foi qui souffre. On ne parle jamais non plus du feu du cierge pascal à Jérusalem que l'on amène non seulement dans les églises mais aussi dans les mosquées ou de la fraternité réelle à Haïfa ou Jaffa.

    Cette bagarre est le résultat d'une exacerbation des tensions due à la politique touristique des israèliens qui aimeraient bien qu'on leur laisse les clés du Saint Sépulcre et y devenir arbitres des tensions religieuses ceci afin de mieux s'implanter dans la Vieille ville palestinienne. Or, les clés sont entre les mains d'une famille musulmane depuis le XIVème siècle, depuis que le sultan avait trouvé cette solution pour éviter que les différentes églises de la région s'entre-déchirent (et puis ça lui permettait de se faire bien voir de ses sujets). Insister sur cette bagarre c'est aussi une manière de se déculpabiliser de l'indifférence dont souffre les chrétiens d'Orient : "pourquoi se soucier d'eux puisqu'ils se tapent dessus ?".

    Cette bagarre montre aussi que les chrétiens sont des êtres humains, et qu'ils sont aussi faillibles que les autres, leur foi leur permettant normalement de mieux comprendre leurs failles et essayer de ne pas y sombrer. Cela montre qu'il y a plusieurs maisons dans la maison du père et que ces chrétiens du Proche Orient, qui sont les chrétiens originels, sont oubliés par les croyants européens ou américains persuadés que l'Église s'est d'abord développée chez eux et a essaimé ensuite en Méditerranée. Cela devrait aussi rappeler aux chrétiens l'Incarnation du Christ (et non sa désincarnation, telle qu'on nous le présente souvent) et "l'Ecce homo" du jeudi avant Pâques, que le Christ était vraiment un homme, peut-être le seul être humain qui avait vraiment pleinement conscience de son humanité. J'aimais bien le Saint Sépulcre pour cela (j'ai vécu à dix minutes de l'endroit pendant deux ans), il montrait les faiblesses de l'Église de manière criante mais aussi la force de la foi chrétienne qui est de croire en un dieu fait homme.

  • Augustin Legrand pugnace chez Ruquier

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    Bonne pub pour l'émission de Ruquier ou polémique intéressante ?

    Finalement, ce n'est pas le problème on donne 360 milliards aux banques seulement en France (qui ont perdu 25000 milliards d'Euros depuis janvier 2008), rien pour les sans-abris, rien pour les précaires. Le budget nécessaire serait seulement de 100 millions d'Euros pour loger tout le monde. Un société qui ne prend pas soin des plus faibles est une société de barbares, ni plus ni moins.

    Il y a un déni du gouvernement, un déni des responsables, des citoyens.

    Un mal logé, selon les statiticiens qui en donnent cette définition objective, c'est quelqu'un qui habite au maximum 9 m2 ou aspirant au logement (habitant à plusieurs dans des chambres des foyers), ou pas logé du tout.
    Selon la fondation Abbé Pierre, 3,3 millions de personnes sont « mal logées » en 2007.

  • Ceux qui se dévouent au Proche Orient

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    Neuve.jpgL'occasion faisant le larron, j'ai envie de parler au moins un peu de tous ces chrétiens et non-chrétiens qui s'occupent des plus pauvres au Proche Orient. Quand Soeur Emmannuelle est arrivée, ils étaient là, et ils le sont toujours. Et ils continueront à l'être.

    Parler d'eux, c'est bien sûr les aider à continuer, comme l'oeuvre de Soeur Emmannuelle, ce qui est encore mieux. De plus, la plupart des chrétiens du Proche Orient sont persécutés. Loin des "on s'aime tous", ils ont aussi besoin d'aide concrète.

    Les soeurs du Rosaire, un ordre enseignant de chrétiens arabes, né au Liban, de religieuses catholiques qui ont une tâche éducatrice et qui le font dans toute cette région, à destination des plus pauvres. Souvent, avec peu, elles arrivent à amener les adolescents qui leurs sont confiés au savoir et les conduisent à devenir des adultes responsables à travers d'un enseignement moderne en échappant également à l'influence du Hamas ou du Hezbollah ou de tout autre fou extrèmiste.

    Les frères et soeurs de Foucauld, qui étaient dans des tentes quand tout le monde l'était, dans des maisons "en dur" quand tout le monde en a eu. Cer sont souvent elles qui organisent les dons de médicaments et de nourriture vers Gaza ou la Cisjordanie sans rien demander en contrepartie. Pour celles que j'ai rencontré à Jérusalem, cela allait de soi d'aider les plus pauvres.

    Les soeurs de la Charité, dont celles qui s'occupent de l'institut Saint Vincent Ein Karem à Jérusalem, ou les soeurs de saint Joseph de l'Apparition qui travaillent à l'hôpital Saint Louis dans la même ville. A Saint Vincent, elles soignent et aident les enfants handicapés qui souvent sont rejetés par les familles car celles-ci ne peuvent les garder à charge. A Saint Louis, ce sont les malades en fin de vie (je pense par exemple à Sohane, atteint de sclérose en plaques, orphelin), ou incurables, en soins palliatifs. Ils ne peuvent aller ailleurs car cela est toujours financièrement inaccessible ailleurs pour eux quand leur admission n'est pas refusée pour des questions de paperasse.

    Et il y a bien sûr toutes les maisons de quartier pour les pauvres dont s'occupent les habitants de chaque ville palestinienne, jordanienne et égypitienne ou libanaise ou enfin israélienne.

    J'aimerais tant que l'on parle plus de toutes ces personnes, de ce qu'elles apportent, pour celles qui sont chrétiiennes, les chrétiens d'Europe sont des frères et soeurs dans la foi inconditionnellement : leur accueil, leur joie, leur sensibilité, leur délicatesse...etc

    photo : La "Porte Neuve" de la vieille ville de Jérusalem, frontière avec la nouvelle ville

  • Philip K.Dick : démiurge et loser magnifique

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    dick.jpgOn en revient toujours à ses premières amours littéraires, en l'occurrence pour moi Marcel Aymé et Philip K. Dick. Quand je sens monter en moi de la rancœur, de la désillusion, ou la tentation stupide de la jalousie, je pense à la vie de cet auteur, qui a toujours couru après l'argent, toujours fauché, à la fois mesquin, après ses divorces, et prodigue, qui n'a eu que vers la fin, juste avant sa mort, un peu d'argent grâce à l'adaptation de « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » soit « Blade Runner ». Ce n'est pas si grave de ne pas connaître les ors des salons et les conversations mondaines si l'on s'évertue à continuer de développer ses dons. Mais comme à notre époque, la célébrité même pour rien, même pour un crime, s'avère être le nirvana de la confusion des valeurs, l'on ne comprend plus cela. Et Internet y encourage, grouillant de génies méconnus en quête de la reconnaissance du plus grand nombre tout en se flattant de ne pas en faire partie. C'est normal de rechercher la reconnaissance du plus grand nombre, c'est légitime, mais ce n'est pas le but. Souvent le désir de reconnaissance provoque des bouffées d'agressivité nauséeuse et de haine rance qui ceux qui n'atteignent pas leur but. S'ils ne réussissent pas dans le domaine dont ils rêvaient ce n'est pas de la faute de leurs talents mais celle des autres, tous les autres, c'est la censure, ou alors on invoque le politiquement correct, qui a bon dos. Ou bien enfin, on trouve que le reste du monde est vraiment trop con.

    Philip K. Dick écrivait sans cesse, c'était vital pour lui, comme respirer, boire ou manger. Je ne sais pas si c'est l'addiction au blog mais pour moi c'est devenu important d'écrire chaque jour, et d'être un peu lu. Bien sûr, l'on accuse souvent cet auteur d'être un fou, un déjanté du fait de son originalité qui, de nos jours, se comprend par « ressembler à tout le monde en ayant l'air de ne ressembler à rien ». Qui est-ce qui est fou ? Le trader irresponsable qui risque le budget d'une nation pour s'en mettre plein les poches, ou celui qui sait faire preuve d'imagination et ouvre par celle-ci des portes sur l'univers et les autres. Cela ne fait pas très longtemps que les pseudo-réalistes, les gens raisonnables se sont imposés autant rejetant tous ceux qui leur semble être différents. Pour ma part, je ne suis pas vraiment un fanatique de mai 68 mais il y avait encore dans les années 70 et une bonne partie des années 80 des restes d'idéaux qui volaient un peu plus haut que le bitume, des utopies qui faisaient encore un peu rêver les adolescents.

    Le poster « Why », ou celui qui montrait un militant des Brigades Internationales fauché pendant un assaut, que beaucoup d'ados avaient dans leur chambre étaient peut-être un peu ridicule parfois, un peu naïf certes, maintenant il fait ricaner cyniquement ceux pour qui le but de leur vie est de se trouver une planque et de se faire du fric, ceux qui n'y arrivent pas devenant fous, un tiers des français souffrent d'affections psychologiques ; ceci explique peut-être cela. , mais maintenant, l'on justifie des guerres au nom de l'intérêt de l'Ouest et on tremble surtout pour son confort matériel et intellectuel. Il faut dire que maintenant les adolescents jouent à la guerre parfois cinq heures par jour sur l'ordinateur, la guerre c'est devenu cool, on apprend à la faire pour de vrai également sur consoles, et ils se fichent complètement de savoir ce qui s'est passé pendant la Guerre d'Espagne, de l'expérience de Catalogne à la communion de sensibilités parfois à l'opposé les unes des autres mais unies par l'amour de la liberté.

    354896508_f8841df857_o.jpgPour Philip K. Dick, le mal ultime, c'était une espèce de clone de Nixon mâtiné de Georges W. Bush, le fameux Ferris F. Fremont qu'il imagine dans un de ses romans, "Radio libre Albemuth", un de mes préférés. C'était la fin de la guerre du Vietnam, en attendant le débâcle de Saïgon, et la société préconisée par Nixon avant sa démission et par Ford ensuite, tournée vers l'argent, la spéculation à outrance, le commerce affranchie de toutes limites, mais puritaine et étriquée intellectuellement, notre société de 2008 en somme. Même si c'était à Berkeley dans la baie de San Francisco chez ceux que les réalistes ont considéré longtemps et encore maintenant comme des parasites poétiques, des personnes infantiles. Il faut bien reconnaître que ce sont les rêveurs qui avaient raison quand il décrivaient leurs cauchemars sur le futur possible du monde dans lequel il vivait. Et ce que vivent les personnages d'« Ubik », ou du « Dieu venu du centaure » ressemble beaucoup à ce que nous vivons. Le présent semble perpétuel, personne ne se soucie du passé, encore moins du futur, seul compte la satisfaction égoïste des désirs du moment, que ce soit une impulsion grégaire ou individuelle. Dick l'écrit en décrivant des mondes délirants et absurdes. Cela ne semble pas sérieux car peu savent vraiment percevoir le néant qui les agite, comme si ils étaient manipulés par un demi-dieu débile comme Philip K. Dick en imaginait. Lire Dick, se renseigner sur sa biographie, c'est aussi essayer de comprendre ce qui est réel, ce qui ne l'est pas, ce qui fait que l'on est vivant, et ce qui fait que l'on est déjà mort.

    site dickien

    Deux photos : Dick jeune, dans la maison que l'on retrouve dans "Confessions d'un Barjo", et un simulacre électronique de l'auteur ; je suis certain que l'idée lui aurait plu tout en l'effrayant.

    Ci-dessous un documentaire pas trop mal ficelé sur Dick