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solitude

  • Aux amis dont je n'ai pas sauvé la vie

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    politique, société, témoignage, solitude, nostalgie, amitié, amaury watremezCe n'est pas seulement mon scepticisme qui m'enjoint de ne pas croire et encore moins suivre les idéologies globalisantes. Faire mon bonheur contre mon gré et selon des modalités insupportables qui passent toujours par quelques massacres préliminaires n'est pas exactement ma tasse de thé. Mais c'est aussi l'expérience de la vie et de la tragédie qui m'encourage à être beaucoup plus méfiant si c'est possible envers toutes ces théories le plus souvent fumeuses, et aussi à détester encore un peu plus profondément cette époque tellement médiocre.

     

    Je suis loin d'être le seul à avoir perdu des proches dramatiquement. C'est même le lot commun de la plupart de mes semblables. Tout le monde subit de telles pertes. On continue pourtant à se croire très fort, plus que tout le monde, à se dire qu'on réussira à sauver ceux qui ne le veulent pas, qui sont déjà trop blessés pour être secourus, qui ont d'ores et déjà trébuché au fond de l'abîme. Personne n'est assez fort pour porter les souffrances des autres, leur joug. Et puis avant de sauver les autres, il conviendrait

    aussi de se sauver soi-même, de savoir raison garder.

     

    Mais la nature humaine est ainsi faite que l'on oublie tout cela constamment, moi le premier.

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  • La solitude au milieu de la foule moderne

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    solitude-psychotherapie-et-psychocoaching-asnieres-sur-seine.jpgEn 2015, on est frappé, et effrayé, par le nombre de personnes seules. Je ne parle pas ici des personnes célibataires ne vivant pas en couple pouvant avoir une vie intérieure et extérieure profonde et active, mais de personnes complètement seules et n'ayant plus aucun lien avec personne, que ce soit des liens amicaux ou familiaux. La plupart du temps, afin de ne pas avoir le sentiment de perdre la face devant la foule, elles jouent un personnage, ainsi que sur une scène. Bien que les subissant lourdement, elles respectent les normes sociales, les paradigmes de bonne conduite dans notre monde. Elles entretiennent leur image dans la vie ou sur le réseau.

     

    Il arrive aussi qu'elles n'y fassent même plus attention, ne jouant même plus la comédie. Elles sont comme des âmes en peine dans les rues des villes, les gares et les galeries commerçantes géantes, seules oasis bien illusoires de la société spectaculaire. A cette solitude se mêle souvent d'une précarité sociale extrêmement dure. Les autres les regardent avec un mépris non dissimulé, affecté, et aussi avec peur, la peur de se retrouver dans la même situation difficile... 

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  • On est très sérieux quand on a quinze ans

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    littérature, personnel, solitude, société, hypocrisie, egoEn particulier grâce aux sites permettant de retrouver des copains d'avant sur une photo de classe, à la mode « adulescente » dont celle des soirées régressives spéciales « Capitaine Flam » ou « Gloubi-boulga Nights », la nostalgie idéalisée et exaspérante de l'enfance et de l'adolescence n'ont jamais été autant à la mode. Les mères veulent être les « meilleures copines » de leurs filles, les pères « les meilleurs potes » de leurs garçons, et surtout ne pas se comporter en adultes responsables.

     

    Il y a aussi le vieux cliché pseudo-rimbaldien qui veut que « l'on ne soit pas sérieux quand on a dix-sept ans », et ce que serait mal d'être sérieux ou de mûrir, alors que si, justement, on est très sérieux quand a dix-sept ans, que l'on va jusqu'au bout quand on a dix-sept ans, ce sont les grandes personnes qui ne le sont pas, et que l'écriture, pour Rimbaud comme pour d'autres n'a rien d'un enjeu futile.

     

    Précisons bien mais on l'aura compris que j'aime bien Rimbaud, ce n'est pas le poète que je raille mais l'incompréhension de ses vers.

     

    Et il arrive que l'on soit une meilleure personne à quarante ans qu'à vingt....

     

    Je me souviens par exemple de ce garçon qui, lorsqu'il entendit pour la première fois à quinze ans « la Solitude » de Barbara, se mit à fondre en larmes, bien malgré lui, parce qu'il avait compris immédiatement ce qu'elle voulait exprimer et qu'il en souffrirait longtemps, de solitude, et que rien n'y pourrait vraiment quelque chose. Il aurait voulu le cacher, il avait enragé de s'être laissé aller à un tel chagrin devant les autres car il leur avait montré que la sottise portait sur lui, qu'elle l'atteignait qu'il était vulnérable.

     

    Personne, impressionné par ce chagrin subit, n'avait osé le consoler, personne ne lui avait rien dit. Il avait pris cela pour de l'indifférence alors que c'était surtout de la pudeur de la part de ceux qui l'entouraient.

     

    Pour se protéger de cette vulnérabilité, il se construisit une épaisse et dure cuirasse de sarcasmes et de causticité qu'il ne retire encore maintenant que pour ceux qui l'aiment vraiment, mais gare à ceux qui lui font du mal ou qui le blessent. Parfois malheureusement, par ce réflexe conditionné de protection qu'il a acquis, il se trompe de cible ou va trop loin et c'est lui qui peut devenir blessant, beaucoup plus que les autres, car il sait ce qui fait vraiment mal. Hélas, sa solitude effraya aussi celles qui auraient pu l'aimer toute la vie, et il ne pouvait pas s'en rendre compte.

     

    Mais ce n'est pas entièrement sa faute, non ?

     

    Sur le Net, l'enfance et l'adolescence sont « fictionnalisées », on se souvient de ce que l'on veut bien se souvenir, et rien d'autre, ce qui troublerait cette vision idyllique est occulté avec soin. Ainsi ce garçon ou cette fille solitaire, ostracisée, parfois sans le dire ouvertement, car trop différent, ou un peu plus mature, on préfère s'en souvenir comme de quelqu'un de tellement gentil, un-e confident-e remarquable, et tellement doux-ce.

     

    A se demander pourquoi on ne l'invitait jamais aux « boums » ou aux « soirées » quand il-elle était plus jeune ? Et pourquoi personne ne s'est demandé pourquoi il-elle elle était tellement solitaire ? A cause de quels manques d'amour, de quelles carences de sentiments ? Et parfois à cause de quels drames ? C'est plus simple, et confortable de ne pas se questionner, on risque moins de culpabilité éventuelle, et d'attribuer son goût pour la solitude à de la timidité voire de la sauvagerie, sa solitude est de sa faute. Ou alors, pire encore, c'est encore pire, on sort une ou deux banalités vaguement poétiques, des vers de mirlitons, qui font plaisir entre la poire et le fromage, sur la solitude, qui ne veulent rien dire et ne résolvent rien rappelant surtout ces posters pastels d'adolescentes dans les années 80.

     

    Certains se demanderont si l'auteur parle de lui entre les lignes ?

     

    A ton avis ami lecteur ?

    illustration dénichée ici

     Ci-dessous "la solitude" de Barbara


    La solitude -Barbara par evasion_31