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soissantuite

  • Tous les garçons et les filles de mon âge

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    2009-01.jpg Les hommes et femmes de ma génération, la dernière génération de l'après « Soissantuite » et de l'insouciance des « Trente Glorieuses », celle des « quadras », est une « génération perdue », « génération sacrifiée » étant un terme un peu exagéré certes. Elle n'a connu que la Crise dans sa vie d'adulte, et pourtant a conservé dans son cœur et son esprit quelques illusions de celle qui venait juste avant, celle du « Summer of Love », qui lui a dit que le monde lui appartenait, que tous leurs désirs étaient possibles que plus rien n'était interdit, et qu'il ne fallait surtout pas culpabiliser de désirer tout ce que l'on voulait, se sentir coupable c'est mâââl.

     

    Après ces garçons et ces filles perdus sont arrivés immédiatement des jeunes beaucoup plus dociles, beaucoup plus durs aussi, préoccupés surtout de gagner de l'argent quitte à tout sacrifier y compris leur intégrité, leur humanité, s'en foutant de toutes manières de toutes ces scories de l'Ancien Monde, le tout pour continuer de consommer les gadgets et produits tous plus parfaitement inutiles les uns que les autres imposés par le « tout économique ».

     

    Tu as vu comme moi ce que cela a donné, ami lecteur, comme cette génération précédente, maintenant en retraite, profitant de ses z-acquis sociaux qu'elle ne s'est pas soucié de protéger pour la suivante n'a pas fait de gosses, elle a compris cependant que pour en profiter arrivée à un âge plus mûr, il y aurait des conséquences obligatoires sur ces enfants, ce dont elle fiche complètement souhaitant jouir un maximum jusqu'à la fin voire en le faisant sur le dos de sa progéniture sans aucun remords ni scrupules de quelque sorte, ne s'inquiétant pas de ne laisser à ses gosses que les trois « B » comme « idéaux » :

     

    Boire, Baiser (car il ne s'agit plus de faire l'amour ou d'aimer), Bouffer. Rien d'autres, si gagner du pognon, surtout pas de réflexion qui amènerait à s'interroger sur les fins dernières de toute vie (« escha quoi ? ») surtout pas d'introspection coupant du réseau que l'on est censé se créer et dont notre nombril est le centre, l'« omphalos ».

     

    Mais l'égoïsme de ses sexagénaires et quinquas, mousse et pampre encore maintenant quand ils parlent de la « jeûûnesse » n'est pas le sujet de l'article qui te paraîtra futile, ami lecteur, le sujet en est que sur le plan sentimental, sexuel et affectif les « quadras » sont aussi des enfants perdus de « Soissantuite » et les « Trente Glorieuses », des candides, des naïfs à qui l'on fait miroiter des possibilités de jouissance et de plaisir qui pour le moins, vécues vraiment, ne mènent le plus souvent qu'à la douleur, la souffrance, la fausseté et au final la solitude et l'isolement, le seul espoir étant de se libérer de ce qui ne nous fait pas mûrir et espérer aimer à nouveau et pour de bon...

     

    Certes on pourrait se consoler en affirmant que c'est un « travail du négatif » pour ne surtout pas rentrer dans les normes qui sont acceptées, digérées, sans problèmes par les jeunes et les encore plus jeunes qui se soumettent sans broncher à la standardisation des corps et des esprits ainsi qu'à leur marchandisation enthousiaste. Ils rappellent un peu ces porcs ou bœuf hilares qui dans une pub pour de la moutarde dans les années 80 brâmaient leur hâte d'être mangés....

     

    Ces candides sont restés des gosses immatures rêvant pour les filles au prince charmant idéal pour les garçons à des princesses inaccessibles et réciproquement car le champ des possibles s'est élargi depuis que la bourgeoisie a envoyé son hypocrisie morale aux orties un fameux mois de mai, des gosses à qui les « grandes personnes » ont martelé qu'en matière de sentiments seul le plaisir et l'ego, le nombril comptent, la grossesse et la maternité pour les femmes sont devenus des risques, pour lesquels on emploie des termes usités surtout pour les épidémies ainsi que le remarquait il y a quelques temps dans un article Elisabeth Lévy sur « Causeur ».

     

    Ils ont redoublé de malchance car à l'âge où ils auraient pu enfin connaître les mille et une nuits de délices promises et, ou les onze-mille verges espérées, un virus venu du Cap-Vert au départ a fait de ce genre de quête hédoniste un champ de mines très dangereux, qui tue beaucoup plus encore en Afrique qu'en Europe. Comme seule réponse, on leur a proposé un morceau de latex qui n'est même pas complètement efficace dans son usage premier.

     

  • Les « baby-boomers » ne se remettront jamais en cause

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    GRBJ0590.gifCette société libérale-libertaire devenue folle, courant à l'abîme, où l'on feint de croire que les problèmes se règlent à coup de bonnes intentions et de gadgets vaguement humanitaristes est le fruit des errements des enfants du « Baby Boom » et des « Trente Glorieuses ». Ils ont vécu des décennies de croissance sans précédent et de progrès technique sans commune mesure avec ce qui avait été réalisé avant et ont fait mine de croire que le progrès des consciences suivait, en particulier leurs consciences, car encore maintenant les rejetons du « Baby Boom » se considèrent encore comme des modèles de liberté et d'indépendance d'esprit.

     

    Ils ont cru, ou fait semblant de croire, que la prospérité inouie de leur époque allait durer encore après, pour leurs enfants et petits enfants, maintenant ce qui les intéresse est d'en profiter encore un peu pour leur bénéfice pendant leur retraite et après eux le déluge....

     

    Quant aux retraites de la génération arrivant juste derrière eux, la plupart évoquevagument quelques propositions grandiloquentes dont ils ne souhaitent pas vraiment la concrétisation, comme la  « taxe Tobin » sur la spéculation, une bonne partie des donneurs de conseils ayant leur magot pour leurs vieux jours investis dans des fonds de pensions constitués de placements boursiers tout ce qu'il y a de plus libéraux. La société qu'ils ont contribué à bâtir est d'ailleurs plus libérale et inégalitaire que jamais, et plus riche qu'en 1968, cette richesse étant répartie de manière extrêmement inégalitaire, ce dont les « baby boomers » se fichent, l'important étant qu'ils en jouissent.

     

    Poussés à bout, acculés dans leurs derniers retranchements (d'aucuns sont une belle bande d'acculés profiteurs et narcissiques), quand on leur parle crûment des conséquences de leur irresponsabilité, la plupart invoque surtout le fait que quand leur descendance fera les frais de leur immaturité collective ils seront morts depuis longtemps.

     

    Bref, ils s'en foutent...

     

    D'autres, plus hypocrites, ayant des restes de culpabilité, ou de responsabilité, suggèrent à leurs enfants et petits enfants de faire un nouveau « Maisoissantuite » réputé encore maintenant une lame de fond sans précédent ayant conduit, on le voit tout les jours, à beaucoup plus d'égalité et de partage de richesses, et ayant surtout contribué à libérer la bourgeoisie de sa proverbiale et ancestrale hypocrisie morale, à ce qu'elle assume enfin la jouissance de ses richesses. D'ailleurs, la plupart des étudiants de « Soissantuite » étaient, à quelques exceptions notables, des enfants de ces milieux matériellement très favorisés.

     

    La récréation fût sifflée par le pion américain en 71 quand le dollar fût dévalué, ce que des prophètes de mauvais augure (Keynes en particulier) avaient prévu depuis 1945 pourtant arriva alors, une crise qui dure encore, et qui de crise de structures est devenue une crise de transition du système, de transfert progressif du pouvoir économique vers l'Asie.

     

    Il était plus confortable pour eux de se convaincre de la pérennité de la richesse et de ne surtout jamais au grand jamais se poser la question de leur propre responsabilité, de leur consommation irréfléchie, de tout et de rien, de gadgets tous plus inutiles les uns que les autres devenus indispensables pour s'assurer une dignité sociale, de de leur incapacité à transmettre quelque idéal que ce soit à leurs gosses qui n'ont gardé que le matérialisme avide et l'égoïsme profond de leurs géniteurs, des gosses qui vivent dans un présent perpétuel réglé par le spectaculaire anodin et la banalité de sentiments portée aux nues par les médias.

     

    Ils se remettront jamais en question, se passionnant surtout maintenant pour des réformes sociétales concernant quelques privilégiés de leur connaissance, ce qui leur suffit pour selon eux changer le monde alors que c'est encore un cache-misère de leur indigence sociale et politique.

    Ils n'assumeront jamais leur profond égoïsme, qu'ils pensent camoufler derrière leur certitude d'être des consciences plus libres, ce dont ils sont sincèrement persuadés. Et qui est bien la seule qu'ils ont donné en héritage aux jeunes de 2013 qui n'ont reçu que cela d'eux.

     

    Ils ne remettront jamais en cause leur jouissance effrénée des plaisirs illusoires de la société de consommation qu'ils confondent avec le véritable hédonisme qui n'a rien à voir et qui incite à la générosité.


    Excellent image prise ici sur ce site

  • Lettre ouverte à une « célibattante » de quarante ans

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    intéressera les célibattantes et célibattants sur Agoravox

    Hier j'ai reçu sur Facebook une demande d'« amitié » d'un ancien flirt de fin d'adolescence, une certaine Laure, une période où l'on se leurre sur ses sentiments en parant ses désirs de grands sentiments.

    n6.gifJ'ai regardé deux fois son parcours pour vérifier que c'était bien elle, car sur la photo elle ne ressemblait absolument pas au souvenir que j'avais d'elle. A l'époque, il y a plus de vingt ans, elle avait une cascade de cheveux auburn, un buste chasse-neige et des yeux gris-bleus très pétillants. Ce n'était déjà plus à la mode d'avoir des formes à cette époque, d'être pulpeuse comme elle l'était.

    Elle était cultivée, fine et faisait preuve de beaucoup d'humour. Elle avait énormément de charme et le monde à ses pieds.

    Et là je voyais une femme qui semblait avoir déjà cinquante ans, des lunettes « sécu » sur le nez, la chevelure terne et le regard perdu dans le vague.

    Bien sûr, les amoureux éconduits même vingt ans après ont tendance à se réjouir cruellement, de se dire même malgré eux : « tu vois, si tu étais resté avec moi, ça ne se serait pas passé comme ça ».

    Et puis, on ressent de la pitié et cela amène ensuite d'autres questions.

    Elle fait partie de cette génération née juste après « Mai 68 » dont les vieux combattants nous ressassent encore les beautés et les merveilles de nos jours, radotant exactement de la même manière que les vieux messieurs moralisateurs des temps anciens.

    Laure a grandi pendant la fameuse « parenthèse enchantée », cette période où les professeurs, les instituteurs, les intellectuels, les journalistes et la plupart du commentateur enjoignaient de tout vivre, tout ressentir, d'échapper à la routine d'une vie équilibrée perçue automatiquement comme aliénante.

    On nous disait que le monde était à nous, que nous devions vivre et aimer passionnément quitte à sombrer dans des excès dangereux. Alterner les partenaires sexuels comme on disait à l'époque, comme on dit encore, était quasiment obligatoire.

    Alors qu'au bout du compte c'était toujours les fantasmes masculins qui dominaient, celui de la bourgeoise libérée qui ne porte pas de culotte et change d'amant comme elle éternue.

    Ce n'est pas que l'on doit regretter la situation avant 68, la pudibonderie, les garçons et les filles corsetés, leur ignorance totale de la sexualité jusqu'à leur mariage, pour certains d'entre eux, ceux habitant à la campagne avaient des leçons de choses sous leurs yeux avec les animaux dans les fermes.

    Mais l'on est passé d'un extrême à l'autre, et l'ignorance en matière sexuelle est toujours la norme même si les enfants et les adolescents ont accès au porno très tôt, justement pour cette raison a-t-on envie de dire.

    Si « Mai 68 » a amené les accords de Grenelle qui ont entrainé certains aménagements cosmétiques du libéralisme à la française, il n'a fondamentalement rien changé à l'iniquité fondamentale de notre société.

    Par contre, il a engendré un bouleversement des mœurs et mis fin à l'hypocrisie morale des plus privilégiés qui n'ont plus ressenti le besoin de mettre un paravent pudique pour camoufler leurs coucheries et aventures adultérines ou pas.

    Laure voulait vivre comme les adultes nous intimaient de le faire dans les années 70. Elle voulait être une femme libérée, indépendante, et faire une belle carrière, et trouver dans le même temps le prince charmant qui saurait la combler, un prince de rêve à la fois très viril et féminin dans l'écoute, bien élevé et mauvais garçon, artiste et capable de faire la vaisselle.

    Je l'avais vue dans une émission de Delarue il y a quelques années, témoignant comme jeune femme en quête de ce genre de fantasme totalement inepte au bout du compte. Elle le faisait certainement dans l'espoir de le rencontrer enfin, qu'il était là derrière le poste, caché quelque part, subissant sans broncher les conseils débiles d'un coach grotesque lui apprenant à « gérer » ses sentiments comme on gère son portefeuille d'actions.

    Elle est d'une famille qui a des relations dans le milieu culturel, et des moyens, l'on y est ouvert d'esprit, jusqu'à un certain point.

    Comme beaucoup d'autres célibattantes, elle s'est retrouvé seule dans son appartement parisien, avec quelques amis empressés avec elle quand elle avait les moyens, beaucoup moins quand elle s'est retrouvée au chômage avec un enfant à élever.

    Elle a fait une solide dépression et ne peut plus vivre sans neuroleptiques.

    Un jour elle en a pris de trop car elle avait beau connaître du beau monde, elle avait compris que ce beau monde ne l'aiderait pas et que l'on ne peut pas vivre tous ses désirs où l'on veut quand on veut comme nous l'a fait croire la génération qui a « fait Soixante-huit », que vivre ses désirs sans frein a des conséquences. Et que finalement cela conduit à introduire le consumérisme roi dans la vie personnelle de chaque individu qui consomme du sexe et se soucie moins d'aimer vraiment.

    Les représentants de celle-ci d'ailleurs ont profité à fond de la « parenthèse enchantée », ont fait l'amour autant qu'ils pouvaient sans se soucier du lendemain, sans faire beaucoup d'enfants, se disant que finalement ce serait à leur progéniture de s'en occuper. Ils ont fait mine de penser – ils le font toujours- que leurs enfants feraient la révolution et obligeraient les banques et les patrons à financer leurs retraites tout en sachant très bien que leurs enfants devraient surtout travailler plus et plus mal, subir une précarité violente pour s'en sortir.

    Laure est loin d'être la seule à avoir vécu cette descente aux enfers de la solitude et de la dépression. Parfois, ce n'est pas si grave, cela ne va pas si loin, mais que de blessures ouvertes on peut voir chez tant de femmes de son âge, désillusionnées, perdues, paumées, abandonnées, qui ne se sont pas vues vieillir car pour la plupart elles croient encore à ses illusions, ou feignent d'y croire car c'est plus rassurant.

    Les célibattantes s'entretiennent, quitte à faire appel à la chirurgie, quitte finalement à se soumettre à d'autres diktats que leurs ancêtres, tout aussi arbitraires et méprisants envers les femmes qui manquent toujours de choix de vie entre la maman et la putain.


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    envoyé par jc761. - Regardez la dernière sélection musicale.