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science-fiction

  • Hommage à un Gentleman du film de genre

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    société,cinéma,art de vivre,genre,science-fiction,fantastique,épouvanteChristopher Lee est décédé hier à l’âge de 93 ans. Il a joué depuis des décennies dans des dizaines de films dits de genre dans lesquels il promenait sa haute silhouette aristocratique, sa séduction vénéneuse et son talent incontestable. Beaucoup de séries « B », quelques « Zèderies » américaines, de nombreuses prestations dans des séries américaines et anglaises des années 70 où il était souvent le méchant, ainsi dans la version « pattes d’eph »de « Spiderman », l’inoubliable professeur Franck N. Stone dans un épisode de « The Avengers », westerns « paella » italiens ou « Krimis » allemands voire comédies bien lourdes à la française, « Dracula père et fils » d’Edouard Molinaro avec l’ineffable Bernard Menez (il parlait anglais, italien, allemand et français, cela facilite les choses) et aussi un certain nombre de chefs d’œuvres du Fantastique, de l’Épouvante, ou de la Science-fiction.

     

    A la « Hammer » il fut le monstre dans « Frankenstein » dans la version du livre de Mary Shelley de Terence Fisher, beaucoup plus marquée par l’horreur et l’épouvante, par l’évocation du puritanisme victorien aussi, et son hypocrisie originelle....

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  • "Vous êtes Vladimir Poutine" - texte de Norman Spinrad

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     Vous êtes Vladimir Poutine par Norman Spinrad, texte publié sur son blog

     

    Je l'ai déjà dit mais les écrivains dits "de genre" sont bien souvent largement plus pertinents que bien des politologues distingués...


    cover.jpgVous êtes Vladimir Poutine, et vous ne comprenez pas pourquoi le soi-disant « Ouest » vous trouve si difficile à comprendre. Peut-être parce que les États-Unis et l’Union européenne sont tellement aveuglés par leur propre idéologie qu’ils ne peuvent véritablement même pas voir qu’ils en ont une ? Mais vu du Kremlin, cela saute au yeux.

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  • Don't judge a book by his cover

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    A propos du recueil de nouvelles de Philip K. Dick en Folio SF « Ne vous fiez pas à la couverture »

     

    Science-Fiction, littérature, sociétéQuand je lis certaines critiques de cet auteur sur le net, jamais sans arrière-pensées critiques tu me connais ami lecteur, je suis souvent effaré et atterré à la fois. K. Dick, d'ailleurs comme Orwell et Aldous Huxley, est pris pour un fantaisiste anticipateur, un peu pessimiste, et dont fort heureusement les visions d'un futur très sombre perçues comme dans une miroir obscurément ne se sont pas réalisées on le constate tous les jours. Ces critiques s'en tiennent à l'écume de ce qu'il est convenable de dire, à l'apparence, à l'étiquette d'auteur drogué au LSD de Dick, un peu fou.

     

    En 2014, il n'y a certes pas de voitures volantes dans les airs, pas d'androïdes viables dans les rues, et les flics ne disposent pas encore de pouvoirs précogs pour arrêter les criminels ou ceux suspectés de pouvoir le devenir un jour, les hommes ne sont pas allés jusqu'à aller Alpha du Centaure ; mais comme tout bon auteur de Science-Fiction Dick y parle de notre monde, de nos dérives, de l'absurdité de certaines de nos aspirations, de notre société dont il pousse les travers jusqu'à l'absurde. Et le fait est que le monde intérieur des personnages de Dick est celui d'un citoyen-consommateur de notre temps, esclave de gadgets parfaitement inutiles que cet auteur n'eût pas osé inventer dans ses livres. Et Dick fait aussi de l'auto-fiction de SF se racontant au passage, ce qui sera encore plus probant dans « la Trilogie Divine ».

     

    Ainsi dans « l'homme variable », la « novella » ou longue nouvelle, qui débute ce recueil, l''écrivain se moque de la manie du contrôle total et de la transparence délirante de notre monde : un homme venu du passé bricoleur et dilettante de génie comme beaucoup de personnages de l'auteur du « maître du haut château » ou de « Ubik » perturbe l’ordonnancement rigoureux et rationnel d'une société à venir s'imaginant utopique, ou dans la dernière nouvelle dans laquelle des envahisseurs se cachent dans les machines à boule de gomme de la terre, histoire où l'on ne sait pas si Dick ne paie notre tête, probable, s'il tourne en ridicule la paranoïa moderne ou s'il croie vraiment en son histoire ; la réponse n'est pas si évidente.

     

    Dick est à la fois un mystificateur et un rêveur qui essaie d'ouvrir le lecteur à d'autres mondes caché derrière le « simple » réel...

     

    Dans « Roug », une des premières nouvelles de l'auteur où il s'affranchit de la tutelle van-vogtienne, on ne sait pas si les « aliens » qui viennent chaque jour voler les déchets des habitants d'une zone pavillonnaire ripolinée et triste à mourir sont simplement des éboueurs qui perturbent quotidiennement le vieux chien héros de l'histoire, ou le canidé a vraiment du flair et alors la banalité prend des aspects terrifiants.

     

    Dans « la planète impossible », une des meilleures du recueil à mon sens, émouvante, dérisoire et désespérée sur la nature humaine souvent bien décevante, il raconte l'histoire d'une vieille dame qui est née sur terre qui veut revenir y mourir trois-cent cinquante ans après sa naissance en nageant une dernière fois dans l'Océan, mais le hic est que tout le monde croit que la Terre, la planète d'origine des hommes qui vivent maintenant dans toute la galaxie, est une légende pour enfants, un conte de bonnes femmes. Des astronautes la déposent sur un astre presque mort pour la mystifier et la contenter, troisième planète après un soleil minable, et réalisent quand même son souhait sans le savoir, l'un d'eux ramassant une pièce de monnaie étrange à la fin du récit...

     

    L'auteur se demande également ce qui se passerait si un livre était relié avec la peau d'un animal méprisé par les terriens, à mi-chemin entre le porc et la vahce, et immortel, le wub à première vue simple ruminant ayant la particularité d'être immortel et de se régénérer ce qui économise en frais d'élevage, wub qui en profite alors pour réécrire les grands classiques des hommes et leurs livres saints, révélant au passage une bonne part de leur hypocrisie.

     

     

    Cet énième recueil de nouvelles de Dick, l'auteur de SF le plus adapté au cinéma, le plus trahi aussi, joue sur un mélange d'inédits et d'histoires déjà lues dans la collection « Présence du Futur » de Denoël notamment ou en « 10.18 ». L'amateur de littérature dite de genre, romans noirs ou de SF, se sent à chaque fois coupable bien évidemment, mais le désir d'explorer l'univers d'un auteur passionnant tout simplement le pousse à se laisser aller avoir par la logique commerciale, en l'occurrence moi ami lecteur, parce que aussi la littérature est de l'ordre de la respiration pour ceux qui l'aiment vraiment. 

     

    en photo l'auteur de l'article se la jour "cyberpunk"

  • Fuir à Vermilion Sands...

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    A propos du recueil "Vermilion Sands"' chez Tristram

    littérature,science-fiction,ballard,nostalgie,sud,ailleursVermilion Sands n'existe pas, du moins pas encore ou pas à ma connaissance, on ne sait même pas si c'est sur la planète Terre, cela pourrait tout aussi bien se situer sur un astre lointain. Près de Vermilion Sands, le voyageur peut aller prendre un verre à Red Beach, chasser à Lagoon West, sculpter les nuages à Coral D. Pour ma part, je le situe vers le Sud, mais pas le Sud géographique bien entendu, celui des rêves et de la nostalgie d'être humains moins soumis qui à l'argent, qui à des gadgets parfaitement inutiles, qui à la haine, qui à des théories parfaitement absconses car imposant un bonheur arbitraire sans demander leur avis à ceux à qui l'on souhaite l'imposer.

     

    C'est une station balnéaire à mi-chemin entre Saint Tropez, la Riviera, la Floride, Brighton, Hollywood et Portmeirion peuplée d'excentriques, d'artistes, de fous, de rêveurs et d'idéalistes déçus en recherche de solitude. Ballard la décrit et en raconte les histoires les plus marquantes dans un recueil de nouvelles paru en 1975 aux défuntes éditions Opta que tous les amateurs de Science Fiction connaissent bien et réédité en janvier 2013 chez Tristram.

     

    L'auteur y évoque des raies volantes, mélancoliques, des maisons vivantes, ou « psychotroniques » et littéralement hantées par les émotions de leurs anciens propriétaires, émotions dont elles gardent la mémoire, de poètes qui utilisent un « verséthiseur » IBM pour écrire leurs vers, de fleurs chantantes cultivées en serres, et qui réapprendront à écrire. Un milliardaire se fait construire un labyrinthe dont il est impossible de sortir, se perdant dans les architectures de toute l'histoire du monde ; des palais vénitiens, des temples bouddhistes, des châteaux de la Loire en réduction.

     

    Un couple en vue fait l'acquisition d'une sculpture dont les arceaux continuent de grandir tout en reproduisant des morceaux de musique comme joués par des orchetres symphoniques. Ballard y raconte les tourments d'un écrivain raté d'une ancienne couturière célèbre, d'une cantatrice qui vient se cacher à Vermilion Sands, mais de quoi ?

     

    Le lecteur ne sait pas comment fonctionne un verséthiseur, il ne sait pas vraiment comment se cultivent les fleurs chanteuses, il ignore comment l'on peut construire une sculpture qui se met à reproduire toute la musique humaine, en particulier les « romantiques » dont Grieg. On ne sait pas comment les hommes sont arrivés ici et par quel moyen de transport, et même si l'on parle de temps à autres d'astronefs, c'est l'air de rien.

     

    Et ce n'est absolument pas le plus important dans ces histoires de Vermilion Sands. Cette absence de précisions explicites, comme dans les romans et nouvelles de Philip K. Dick, est d'ailleurs parfaite car elle éloignera de Ballard les esprits obtus et fermés à ce qui est de la Science-Fiction poétique, dans la mouvance de Ray Bradbury en somme. C'est aussi de la Science-Fiction introspective qui interroge sur ce qui fait notre humanité en des temps aussi tristes et mornes que les nôtres qui l'haïssent.

     

    Dans le monde des nouvelles de Ballard, Vermilion Sands est tout d'abord un endroit à la mode où l'on se rend depuis une période qui semble une « parenthèse enchantée » de l'Humanité, « l'Intercalaire », pendant laquelle rien n'a été interdit et pendant laquelle les écrivains, les poètes, les musiciens n'ont jamais été aussi créatifs. Les vedettes, les hommes et femmes d'affaires, les héritiers et héritières finissent par s'en aller et laisser progressivement la place à des marginaux en quête d'un lieu où leur marginalité n'est pas un problème, leur marginalité naissant surtout de leur refus de la norme, de la standardisation des esprits. Et puis même eux devront partir, car l'humanité « nouvelle » sera beaucoup plus dure envers toute personne ayant des vélléités d'indépendance, envers l'art et les créateurs de formes et d'univers considérés comme fous...

     

     

    Je me sens chez moi à Vermilion Sands, et toi, ami lecteur, y viendrais tu ?

  • « Question de méthode » de Philip K. Dick

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     9782070449217FS.gifFolio SF continue (la grâce du Très Haut du Miséricordieux soit sur eux !) à rééditer l'intégrale des nouvelles de Philip K. Dick auparavant parues en « Présences du Futur » chez Denoèl, entretenant ma compulsion « dickienne » (quasiment tout un rayon de ma bibliothèque). Et ce recueil a l'avantage de ne pas être pour une fois un simple « coup » commercial lié à la sortie d'un film inspiré de l'auteur de « Ubik » ((TM°) en vente partout en aérosol, en sachets, en poudre et en solution liquide je le rappelle), et de proposer des nouvelles inédites et des traductions moins bâclées que les précédentes pour les deux nouvelles déjà sorties dont « un monde de talents ».

     

    Ce livre regroupe des histoires parues bien avant la crise mystique de l'écrivain en 74 et « la Trilogie divine », il échappe à l'influence de Van Vogt et vit à l'époque, les années 50, de manière à peu près stable avec sa deuxième femme (je dis bien « à peu près » car il fera de ce mariage une description très drôle et chaotique dans « Confessions d'un barjo » fielleusement dédié à cette seconde épouse). Il produit sans cesse, en s'aidant de tout ce que la pharmacopée de cette époque autorisait en vente libre, ou pas. Contrairement à ce qui est souvent dit ou écrit, Dick consommait peu de drogues illicites, mais beaucoup d'amphétamines, et il n'a pris du LSD qu'une fois, car son imaginaire provenait surtout de son cerveau en ébullition et non de l'influence de « trips » plus ou moins bien vécus.

     

    Un personnage fait pousser des vaisseaux spatiaux dans son jardin, les terriens acquièrent après l'Apocalypse le pouvoir de concrétiser toutes leurs hallucinations, les psys sont des robots qui comme d'habitude chez Dick sont plus « humains » que leurs patients, les bureaux sont insolents avec les cadres en costume et finalement une ménagère finit par penser, à la grande surprise des policiers, que la possession de son mari par un « alien » n'a pas que des inconvénients car la copie se révèle beaucoup plus attentionnée que l'original, dur, sec et sans cœur.

     

    Les dieux y sont de grands gamins immatures qui mangent trop de sucreries mais néanmoins plus sages que les « maîtres du monde » et on les appelle de "grands benêts". Le premier totalitarisme, fondé sur des platitudes et un discours fade qui dit tout et son contraire, et vraiment réussi envahit le monde par l'intermédiaire de réseaux électroniques et de la télévision, le monde entier finissant par se conformer aux lieux communs débités à longueur de temps par un avatar « gestalt » manipulé par les vrais maîtres de la société, ça ne vous rappelle rien ?, dans « à l'image de Yancy » qui est des plus prophétiques. Dans ce récit, le spectacle domine les esprits ; l'instinct grégaire et l'apparence y sont fondamentales.

     

    J'ai beau connaître par cœur les « ficelles » qu'il utilise, je me laisse surprendre à chaque fois par les retournements des histoires et le sens aigu de l'absurdité de Dick qui montre que même dans un lointain futur, même après une guerre atomique, même environné d'extra-terrestres bienfaisants mais mourants, les Biltongs, l'être humain se leurre tout autant que maintenant sur les véritables aspirations qui le motivent, et que celles-ci sont à de maints égards parfaitement grotesques.


    Finalement, dans ses livres, qui sont de la SF dite implicite (contrairement à Asimov et Clarke qui prétendent prédire le futur et expliquer le fonctionnement de tous les engins qu'ils inventent) Dick parle surtout de nous et de notre époque.


    C'est la raison pour laquelle il est beaucoup plus intéressant que les deux auteurs précités. Et tout comme Bradbury, c'est au fond un écrivain au sens propre, peu importe l'appartenance de ses œuvres à un genre ou l'autre. Pourtant, pendant des années, il a cru pouvoir écrire des romans dits « mainstream », souffrant du mépris des critiques, et d'autres écrivains, romans qui justement à l'exception de « Confession d'un barjo » sont beaucoup moins intéressants

    couverture empruntée au site "Decitre"

  • "Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre"

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    Science-Fiction, politique, société, spectacle« Sommes-nous tous des numéros ? » - Pierre Sérisier, paru aux PUF en avril 2013

     

    Ce livre n'est pas le premier sur la série créée presque de « A à Z » par Patrick McGoohan, re-découverte en France grâce à « Temps X » des frères Bogdanov dans les années 80, mais il a l'avantage pour moi énorme de ne pas être le fait d'un « fan boy » aveugle qui ne serait que dans l'hagiographie et la louange hors de propos qui est très vite grotesque. L'auteur montre que cette série « culte », au vrai sens du terme, nous questionne encore maintenant sur notre société, nos us et coutumes, le spectacle continuel qui nous est offert pour endormir nos consciences, les écrans omniprésents, et notre allégeance parfois enthousiaste à des règles totalement absurdes et arbitraires.

     

    Il évoque aussi non sans un certain amusement le fait que cette œuvre peut donner lieu aux interprétations strictement inverses sans qu'elle n'en souffre. Ainsi, certains y ont vu un éloge des théories « libertariennnes ». Selon Pierre Sérisier, et selon moi, ils font un contresens énorme car ce que montre « le Village » c'est notre société spectaculaire en miniature où chaque habitant devient une variable d'ajustement comme une autre, y compris les « numéros 2 » qui sont interchangeables, sauf un, joué par Léo MCKern, qui revient deux fois dans l'histoire du « numéro 6 ».

     

    Celle-ci commence par la démission d'un homme, incarné par Patrick MCGoohan, personnage dont on ne saura jamais le nom, certainement un agent secret, ou du moins une personne ayant un rôle souterrain dans les arcanes du pouvoir. On le voit ensuite faire sa valise chez lui, ayant prévu de partir en voyage lointain, quand un corbillard se gare devant sa maison, du gaz soporifique l'endort.

     

    Lorsqu'il se réveille, sa chambre est exactement la même, mais lorsqu'il regarde par la fenêtre, il se retrouve dans un étrange « Village », amalgame de diverses architectures, lieu à la fois plaisant et un rien inquiétant. Il y est prisonnier et est dorénavant le « numéro 6 ». Il comprend vite qu'il n'est pas le seul prisonnier et que derrière les façades riantes se cachent des tortures et des interrogatoires continuels. On lui demande des renseignements et de se soumettre par des stratagèmes machiavéliques, mais jusqu'au bout il résiste et s'évade enfin, quoi que cela ne soit pas entièrement certain...

     

    « Le Prisonnier » montre que la télévision peut être le vecteur de réalisations remarquables, qui remettent en question fortement et de manière transgressive d'ailleurs son rôle dans le décervelage des cerveaux modernes.

     

    On pourrait croire qu'un livre paru aux PUF, donc sans illustrations soit un « pensum » indigeste, intellectualisant à outrance et mal écrit, ce qui est souvent le cas pour ce genre de travail se voulant sérieux ou universitaire, comme si un style imbuvable était une caution de travail sérieux.

     

    La plupart des séries américaines et britanniques actuelles ont quasiment toutes la prétention d'être des séries « culte » (« Lost », « Homeland » etc...) sur le modèle du « Prisonnier », œuvre « télé-visionnaire » (Alain Carrazé TM°), courte série géniale de dix-sept épisodes seulement, imaginée, pensée, écrite en grande partie et même réalisée par un seul homme, également interprète du personnage principal Patrick McGoohan. Selon Georges Markstein, producteur du « Prisonnier » et à l'origine de nombreuses trouvailles, McGoohan, ce catholique admirateur d'Ibsen, est bel et bien le prisonnier, ayant été emprisonné depuis et à jamais par sa propre création.

     

    Selon l'ironie du sort...

    Le générique de Ron Grainer siffloté au compositeur par MCGoohan, présent donc même pour la musique !

  • "Slaughterhouse 5"

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    Je viens de découvrir le livre et le film, étonnants, originaux, drôles, tragiques et dérisoires : Billy Pilgrim, un jeune américain, voyage entre le passé, le futur et son présent, et aussi sur une planète étrange, Tramalfadore où la sagesse des habitants tient en une phrase : "C'est la vie".

    Le "genre" réputé mineur de la Science Fiction en dira toujours plus que la plupart des pensums...


    Abattoir 5 - Bande-annonce [VO] par CinemotifTV

  • Norman Spinrad - prophète et cynique

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    Ralf est apparu aussi sur Agoravox

    « Il est parmi nous » - Norman Spinrad

    spinrad.jpgCe roman est paru en 2009 chez Fayard, il est réédité en 2011 en Livre de Poche. Il a mis du temps à être édité aux Etats Unis car décrivant un peu trop bien les rouages du monde du « fandom » SF, ses pratiques, ses rites, ses Judas, ses messies, parfois auto-proclamés, mais aussi ceux des médias et de la télévision en général, les producteurs à « l'ancienne », tel Daryl F. Zanuck, courageux et capables d'audace, ayant quitté depuis longtemps les collines de Burbank et laissé la place aux hommes d'affaires qui préfèrent les histoires formatées aux créations originales.

    Ou « Quand la Science-Fiction nous en dit plus sur nous encore une fois » pourrait être le titre d'à peu près tous les bons romans relevant de ce type de littérature. Car contrairement à ce que pensent les cuistres, il ne s'agit pas de faire de la futurologie ou de jouer les « Madame Irma » mais de parler de notre monde. C'est bien pour cela que les créateurs de la « New Thing » dans les années 60, représentés par J.G Ballard ne se sont même plus embarassés de parler du futur, mais de rester au présent.

    Lire de la littérature « de genre », roman noir ou Science-Fiction, pour les types sérieux, c'est une perte de temps. On me fera remarquer que la littérature est une perte de temps dans leur esprit en général. Qu'ils ne s'embêtent donc pas à lire ce texte où comme les autres on aime beaucoup la littérature et on en parle beaucoup.

    Norman Spinrad est un auteur classique de Science-Fiction, bien que cantonné à l'« underground », aux pulps de bas étage, et les romans vaguement gauchisants du moins au début. Il a écrit des épisodes de « Star Trek », comme "The Doomsday machine", à la suite d'Harlan Ellison, des scénarii alimentaires mais qui restent intéressants, puis a pris une autre dimension.

    Il a écrit « Bug Jack Barron » (« Jack Barron et l'éternité » dans lequel le présentateur d'un show d'« infotainement » a le choix entre perdre son humanité et l'éternité) sur les dérives tout à fait possibles à son époque des médias, du mode de vie ultra-libéral et des conséquences pour les puissants et les privilégiés. A l'époque, on lui reprochait de pousser un peu loin la caricature et de faire dans le trash gratuit. Nous savons bien, il suffit d'allumer la télévision ou son ordinateur, pour voir qu'il n'en est rien, et qu'il était plutôt en-deça, y compris pour la parodie de démocratie et d'agora politique que pourrait devenir également le réseau si l'on n'y prenait garde.

    C'est un peu Philip K. Dick sans les amphétamines et le délire mystique, sans la légende psychédélique autour du LSD, et les romans à clefs spirituelles, ou pas, car il est possible que Phil Dick soit surtout un manipulateur et une sorte de fumiste littéraire.

    Dilletante de génie mais dilletante, ce qui à notre époque est un crime beaucoup plus grave que tout les autres.

    Norman Spinrad écrit des choses dans ce genre :

    « Le jour le plus triste de votre vie n'est pas celui où vous décidez de vous vendre. Le jour le plus triste de votre vie est celui où vous décidez de vous vendre et où personne ne veut vous acheter. »

    Ce n'est pas un optimiste béat comme Isaac Asimov, et il est moins intellectuel que Robert Silverberg qui parfois est difficile à suivre.

    Même si parfois il fait dans le genre prophète psychédélique pour « Freak brother » en prononçant des sentences presque définitives, par exemple comme celle-ci :

    « Au XXIème siècle, il nous sera possible de choisir préalablement l'état mental dans lequel nous désirons être plongés, puis de fabriquer la molécule qui nous permettra d'y arriver. »

    Il arrive d'ailleurs dans « Il est parmi nous » à se moquer de ce genre de formules grandiloquentes prononcés par des auteurs de Science-Fiction qui ne savent plus trop ce qu'ils disent à force de s'envoyer divers alcools pour tenir le coup face aux fans peuplant les différentes conventions SF où ils ont l'habitude d'intervenir en alibi culturel devant des obèses habillés en Spock, ou des boulottes déguisées en danseuses du ventre intergalactique, soient des « globuloïdes » comme il les désignent. Ils se moquent d'eux et les traitent durement, mais qui aime bien châtie bien selon la formule consacrée.

    Un producteur de télévision fauché et un rien minable, « Texas » Jimmy Balaban cherche une idée qui ne soit pas trop mauvaise à vendre aux chaînes. Il a pour habitude de ramasser des phénomènes dans les rues et de les montrer dans une émission qui s'apparente plus à de la télépoubelle qu'à l'« Actors Studio » de James Lipton. Les monstres de foire défilent avec les fous persuadés de la seconde venu de Bouddha sur terre en soucoupe volante, alternant avec les dingues certains d'être la réincarnation de Nabuchodonosor.

    En allant à un spectacle minable d'un cabaret de province, après s'être fait arnaqué par le propriétaire de l'hotel miteux où il est descendu, avec une jeune personne surtout intéressée par les contrats que pourraient lui trouver le producteur, et son portefeuille, il découvre celui dont il pense qu'il fera sa fortune.

    Il y assiste à la prestation dudit personnage, un type bizarre habillé comme l'as de pique qui agresse et insulte copieusement le public, faisant un show à la « Lenny Bruce » du futur, ironisant sur la bêtise de notre époque qui a eu pour consèquence la disparition de quasiment toutes les ressources et qui a rendu la terre inhabitable. Selon Ralf, les êtres humains du futur vivent dans les palais des congrès, les centres commerciaux, les parkings de leurs ancêtres, transformés en casemates climatisés, atteignant par là-même le dernier stade du consumérisme qui fait que le consommateur n'a même pas à quitter son domicile pour aller dépenser l'argent qu'il n'a pas, puisqu'il y est déjà.

    Pour s'assurer un succès et du public, et des revenus conséquents, il faut cependant aider Ralf à trouver les inflexions et le costume qui plairont au plus grand nombre. Sans que l'on sache vraiment si c'est un comique raté qui a trouvé un gimmick, un messie caustique et cynique un peu spécial, un sage, ou un véritable acteur venu du futur tenter sa chance à notre époque. Pour cela, Texas Jimmy Balaban s'offre les services d'Amanda Robin, grande prêtresse de la communication et du « New Age » pour « people » croulant sous les millions et l'ennui.

    Pour elle, Ralf légitime sa quête spirituelle et ses aspirations qu'elles voudraient noblese et grandioses alors que c'est surtout une quête d'elle-même, une quête individuelle et seulement individuelle.

    Pour s'assurer un succès et au moins une « saison » d'émissions, Amanda et Texas Jimmy Balaban font appel à Deter Lampkin, un auteur de Science-Fiction raté qui a malgré tout sa petite côterie de fans dits « transformationnalistes », censés préparer le renouveau de la planète en suivant les préceptes édictés par Dexter dans un de ses romans ayant dans l'idée de suivre le genre de trouvailles qu'a été au départ la scientologie, d'abord religion inventée pour un bouquin à deux sous de L. Ron Hubbard et vendue ensuite comme authentique moyen d'obtenir le salut.

    Dexter voit surtout dans Ralf la légitimation de ses aspirations à la gloire et à la consécration, fût-ce celles-ci en partie satisfaites par l'adulation compulsive que lui porte une des ses fans. Il se laisse aller avec celle-ci à un rendez-vous crapuleux dans sa chambre d'hotel standardisée.

    il-est-parmi-nous-spinrad_02_.jpgLe projet d'émission autour de Ralf, intitulée simplement « le monde selon Ralf » est présenté à un décideur de la télévision, Archie Madden, prototype du noir américain « WASP », un peu comme Obama donc, carnassier et séducteur, toujours entre deux golfs avec l'un ou l'autre politique, dur et malléable. Archie Madden n'a plus grand-chose de ses ancêtres, il ressemble à tous les types en costume-cravate sans pitié que l'on trouve dans tous les non-lieux pullulant en ce vaste monde globalisé et sans cervelle.

    La carrière de Ralf finira dans le délire le plus complet et une tentative d'assassinat par une groupie hystérique défoncée au crack qui voulait tuer le messie cathodique pour avoir l'impression d'exister. Et il repartira d'où il était venu, sans que l'on sache si c'était le futur ou simplement l'Oklahoma....

    photo de Norman Spinrad prise ici

    couverture de "il est parmi nous" prise ici sur yozone

    ci-dessous l'épisode de Star Trek écrit par Norman Spinrad

  • La littérature, les idéologues, et les fanatiques

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    Relisant le roman « Farenheit 451 », réputé poussiéreux et trop négatif (le péché suprême : en 2010 il faut po-si-ti-ver) aux yeux de ceux qui ne l'ont pas lu et des esprits ultra-positifs qui voient ce monde à travers des lunettes roses, on peut voir à quel point la méditation nostalgique, sans amertume, et poétique de Ray Bradbury sur la littérature est d'actualité.

    Croyant la fin des temps proche, le fanatique, qui l'appelle de ses vœux, ainsi qu'un bain de sang universel, est persuadé qu'il faut brûler tous les livres inutiles autres que ceux de son gourou, de sa foi (qu'il n'a pas compris ou qu'il prend comme prétexte pour son étroitesse d'esprit).

    thisperfectday.jpgCroyant le temps des grands bouleversements venus, l'idéologue est convaincu que l'art devient inutile ainsi que toute création qui n'ont plus lieu d'être puisque pour lui l'humanité est censée vivre dans la félicité complète et globale à partir du moment où l'on applique ses théories.

    Quant au consommateur consumériste, surtout préoccupé de pouvoir continuer à acheter et se conduire en esclave docile du marché, ou continuer à rêver devant les vitrines de pouvoir s'acheter tel ou tel objet « totem », il n'en a rien à faire de la fin des temps et encore moins de penser, surtout pas de penser par lui-même.

    A de nombreuses époques, et ce depuis longtemps, des êtres humains ont cru imposer à d'autres leur conception du bonheur, ont voulu faire le bien de l'humanité en lui montrant ce qu'ils considéraient comme étant la seule voie possible pour y accéder, dût-ce cette voie passer par quelques massacres, ce à quoi les idéologues et les fanatiques rétorquent que bien sûr des « dérives » sont inévitables et qu'il faut bien en passer par là, qu'il y aura bien quelques réfractaires au départ mais qu'après comme on nagera dans le bonheur le jeu en vaudra la chandelle.

    Et qu'est-ce que quelques vies humaines au regard du bonheur universel ? Mais insoutenable car imposé arbitrairement. Les idéologues et autres fanatiques adorent caser les êtres humains dans des petites cases commodes, un/e catho ne peut être qu'un/e frustré/e moralisateur, par exemple, et quelqu'un qui ose critiquer un mouvement social sans issue, car ne remettant pas en cause les fondements de l'injustice qu'il croit dénoncer, ne peut être qu'un suppôt du capitalisme.

    9782207260692FS.gifTout ce petit monde déteste pour toutes ces raisons la littérature, car la littérature ce n'est pas quantifiable, ça ne sert à rien aux yeux de ceux qui pensent actuellement, sauf pour exalter une cause, SA cause, une idéologie, SON idéologie, ou SES motifs divers de fanatisme divers et variés (rappelons que le fanatique, l'exalté caricature sa foi, pour le chrétien que je suis, car il oublie le plus important dans l'Évangile qui est l'incarnation donc l'importance fondamentale de l'humanité de chaque personne).

    Le pouvoir déteste la littérature, car ne lui servant pas à grand-chose, n'allant pas dans son sens, elle le gêne, sauf quand divers idéologues s'affrontent dans une resucée intellectuelle du pain et des jeux ce qui permet de distraire les quelques personnes se posant encore des questions dans le bon peuple, et surtout ne rien remettre en cause, à commencer par les privilèges de la minorité au pouvoir et les fondements de ces privilèges.

    Aimer la littérature désengagée qui ne fait pas dans l'ostentation, non plus, où l'auteur ne se fait pas le porte-parole des théories globalisantes qu'il aurait à balancer au lecteur plus ou moins consentant est en soi aujourd'hui un acte de liberté. Et les auteurs de ces romans, qui s'en tiennent à la littérature, disent beaucoup plus de chose sur la modernité mine de rien que bien des pensums qui pourtant, étrangement, se vendent bien. Je ne parle pas bien sûr des romans de Guillaume Musso ou Marc Lévy parfaitement intégré au système qui n'ont rien à vendre excepté un peu de poudre aux yeux au lecteur, du rêve et des cliché sortis tous droits d'un catalogue d'ameublement, ou de décoration dans les romans de ces derniers où les héros habitent le plus souvent des « lofts » ultra-modernes qui appellent le placement de produit au cas où le livre deviendrait un scénario « bankable ».

    Rien de léger là-dedans, sauf la marchandisation du réel.

    Ce sont même parfois des auteurs dits légers comme Truman Capote qui arrive à en dire plus sur l'époque et sur les conséquences pour notre monde des errements des primates lamentables qui continuent à se trainer difficilement sur cette boule de glaise, en écrivant entre autres « De Sang Froid », mais pas que, car « Petit Déjeuner chez Tiffany » parle aussi très bien de la dérive des sentiments et des apparences, de ces êtres rares qui essaient également de préserver leur humanité et le font parfois de manière brouillonne mais au moins essaient de le faire, quitte à prendre le risque de tomber dans un ou deux gouffres.

    le_meilleur1.jpgCe n'est pas du tout en contradiction avec la foi d'ailleurs, contrairement à ce que l'on pourrait penser, qui brûle et s'apparente quand elle mène au mysticisme aux vertiges de la passion. La foi n'est pas désincarnée, bien au contraire. Elle est charnelle, comme le montre Bernanos, l'imposture ce peut être celle du « saint » qui semble déjà proche du paradis mais parfaitement insensible en réalité aux autres êtres humains et à la personne du Christ alors qu'une jeune fille considérée comme pécheresse et perdue en sera beaucoup plus proche.

    C'est la littérature de genre, polar, roman noir, SF, fantastique, qui décrit le mieux les bases de cette société inique en en décrivant les marges, sans démonstration idéologique ou vulgate à vendre, et montre, comme le disait il y a déjà trente ans Jean-Patrick Manchette pour le roman noir ou Harlan Ellison pour la SF, l'amoralité fondamentale de ces bases ou sa propension à déshumaniser et détruire le lien entre les individus. Ira Levin, dans son excellente dystopie (ou contre-utopie) montre très bien ce vers quoi pourrait mener une société ultra-consumériste, soit un paradis artificiel supportable seulement avec médication, comme dans « le Meilleur des Mondes » d'Aldoux Huxley, où l'individu de sa naissance à sa mort est pris en charge par un système l'infantilisant complètement, lui interdisant toute émotion un peu trop forte et protégeant le groupe de toute contradiction, vécue comme perverse et mauvaise. Et bien sûr la plupart des livres de Philip K. Dick (en particulier les deux premiers romans de la Trilogie Divine dont "Radio Libre Albemuth") montre que rien n'est vraiment réel dans une société où tout est marchandise, sauf ce qui la contredit à savoir les sentiments, les émotions profondes, et l'art.

    Nous n'en sommes pas si loin, du bonheur insoutenable d'Ira Levin, ou de celui décrit dans "Logan's Run", romans, film et série, la contradiction devenant actuellement de plus en plus compliquée, le contradicteur étant enfermé dans un cadre qui le maintient à l'état d'archétype, « facho » ou autre épithète péremptoire et définitive aux yeux de ceux qui exècrent que l'on remette en question leurs certitudes. La littérature permet de brouiller les cartes, semer les plus extrêmes, les dogmatiques en tout genre, se libérer des étiquettes. Elle permet d'atteindre plus de liberté.

    ci-dessous une adaptation de "le Meilleur des Mondes"


    Le meilleur des mondes 1/5
    envoyé par MayaLila. - L'info video en direct.

  • Ballard, ses nouvelles de 1963 à 1970

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    author-jg-ballard-dies-ag-001.1240208464.jpgLe deuxième tome des nouvelles de Ballard : gentleman en période d’Apocalypse (1963-1970) – Tristram éditions

    « Le consumérisme n'a plus beaucoup le choix, il essaie de muter. Il a tâté du fascisme, mais ce n'est pas assez primitif. Il ne lui reste que la folie pure et simple… ».

    Il est des livres dont on se dit qu’on les a toujours aimé, un peu comme les femmes dont on tombe amoureux, elles ont toujours fait partie de notre vie. Ballard décrit notre société, s’en moque, lui trouve des parts d’ombre mais aussi de poésie. Les nouvelles qu’il écrit pendant cette période ne sont même plus exactement de la Science-Fiction, encore moins ce que l’on appelait la « New Thing » mais cela n’a pas d’importance, Ballard reste dans le champ du genre car il lui donne un éventail infinie de possibilités, le champ de possibles est partout, ici, maintenant, ailleurs, plus tard, plus tôt, dans d’autres univers. Peu importe que l’anticipation technique ne soit pas pertinente, un peu comme dans les histoires de Philip K. Dick qui fait fonctionner ses androïdes avec des bandes magnétiques, Ballard lui utilise des bandes perforées pour ses ordinateurs, ce qui est sans doute moins performant qu’une clé USB mais plus poétique.

    Il est possible que la fin du monde, la révélation finale, n’intervienne que lorsque nous serons enfin parvenus à l’Age d’or, peut-être a-t-elle déjà eu lieu au moins dans les cœurs et les esprits ainsi que semble le suggérer le gentleman discret et lucide qu’était cet auteur. Pour les esprits éclairés, les derniers temps, c’était déjà il y a deux-mille ans. Pour certains poètes, nous sommes seulement le rêve d’un dieu endormi. Il règne actuellement un tel esprit grégaire, un tel esprit de fourmilière, une telle absence de liberté quand on y réfléchit un tout petit peu. La science-fiction de cet auteur est devenue alors par nécessité de plus en plus intériorisée. Elle se libère des codes habituels et des schémas de narration privilégiant le spectaculaire, le style devient important. La catastrophe, chez Ballard, se perçoit de manière très légère au départ. Ce n'est que peu à peu qu'elle se découvre. Seuls les personnages possédant un minimum de lucidité la préviendront mais il est toujours trop tard. Ce recueil comporte des nouvelles qui font partie de la période déjà sombre de l'auteur avant qu'il ne se lance dans l'anticipation sociale avec "Crash!" qui se trouve déjà en filigranes dans une ou deux nouvelles tout comme « la Foire aux atrocités ». On retrouve chez lui toute l’excentricité qui sous-tend la Science-Fiction anglaise et ce refus tranquille des convenances, le même questionnement sur la fin du monde, le refus de tous les totalitarismes, sujets qui courent de « Doctor Who » à Georges Orwell.  

  • « La Route » de Cormac MacCarthy – la fin du monde comme si vous étiez

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    cormac_mccarthy.jpgCe roman est proprement terrifiant, réellement, car la fin du monde qu’il décrit n’est ni ludique, ni romanesque mais totalement crédible et presque tangible. Les bombes sont tombées depuis une ou deux décennies, on ne sait pas qui les a lancées et cela n’a plus d’importance, les cendres du monde ancien recouvrent tout, envahissent tout. Les survivants sont rares et les ressources encore plus, la plupart des espèces animales ont disparues. Certains se sont regroupées en hordes et vivent du cannibalisme, razziant tout ce qu’ils trouvent, tuant, pillant, violant, d’autres vivent en communes, rejetant tout corps étranger, ne partageant rien. D’autres encore descendent vers le Sud où la vie serait plus clémente. C’est le cas d’un homme et son petit garçon dont on suit le voyage désespéré, la quête incessante de nourriture, le besoin de se protéger quitte à se conduire en bête sauvage. Parfois l’homme rêve de celle qu’il aimait et qui l’a quitté pour un autre après que tout ait été détruit. Il se souvient vaguement de ce qu’était l’amour. Croyant retrouver un peu du monde ancien, il emmène son fils voir l’océan, mais celui-ci est également mort, empoisonné par la destruction. A la fin, l’homme meurt et son fils retrouve cependant, mais est-ce réel ?, un genre de famille.

    theroad1.jpgL’auteur livre le monologue intérieur du père, celui de l’enfant, et le sien. La nature humaine s’y révèle sans fards, telle qu’en elle-même et elle se laisse aller le plus souvent à la haine sans limites et à la bêtise, c’est de là que naît la peur. Il n’y a pas besoin de critique sociale didactique, de sermon écologique ou morale dans ce roman, la fin du monde et les cendres sont arrivées du fait de l’égoïsme, la bêtise, l’envie, la violence, la jalousie, le mal au cœur de l’homme, mais aussi son hypocrisie, son incapacité à se libérer de son animalité et de ses pulsions. La littérature, l’art, la beauté n’ont pas suffi à retenir le mal. Ce roman est très loin des grands et beaux discours enflammés sur le progrès, des grandes et belles intentions jamais mises en oeuvre. La description de ce monde post-apocalyptique n’a pas besoin de zombies, de mutants ou de morts vivants, pour une bonne raison, selon le monologue du père, et de l’auteur, nous sommes déjà des morts-vivants qui nous leurrons, persuadés que notre genre de vie durera éternellement, ou peut-être sachant bien que ce ne sera pas le cas mais ne nous en souciant pas une seule seconde. Et encore une fois on comprend qu'en littérature, c'est le genre qui est le plus à même de décrire la modernité et ses conséquences tragiques.

    photo du haut : l'auteur

    photo du bas : Un film tiré du livre sort (aux États-Unis) le 25 novembre 2009.

  • « Cow-Boy Bebop » - télescopage d'univers

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    japan-cowboy-bebop-001.jpgDans la Science-Fiction grand public, il est intéressant de noter que les réussites les plus notables en matière de création d'univers, d'histoires ou de personnages sont souvent des « anime » japonais : « Ghost in the Shell », la meilleure adaptation des mondes délirants de Philip K. Dick à mon avis (que l'on voit d'ailleurs dans le film) et « Cow-Boy Bebop », western inter-galactique, film de détective et « space opera » teinté de nostalgie tout à la fois. Dans cette série et le film qui en a été tiré, c'est tout le système solaire qui est devenu un amoncellement de non-lieux, de toutes les cultures terriennes, en 2071. Tout y est quantifiable, rien ne semble avoir vraiment d'importance quant au côté humain. Les « cow-boys » y sont des chasseurs de primes qui traquent les criminels que le police a du mal à retrouver, la série en suite quatre : Spike Spiegel (qui porte le même nom qu'un producteur bien connu de Série noire), ancien membre de l'organisation criminelle « les dragons rouges » qui trompe son inadaptation en vivant dangereusement et en cherchant une rédemption difficile après un amour perdu, Faye Valentine, très belle, très intelligente et dure en affaires, ancienne joueuse endettée et amnésique , Jet Black, ancien flic reconverti, mécano et dur à cuire, pourtant le plus tendre de la bande et Ed, une petite fille quasiment autiste, génie de l'informatique extrêmement intelligente, dans la tête de laquelle s'est logée une intelligence artificielle qui essaie de comprendre l'humanité. La plupart du temps, ils tirent le diable par la queue en ramenant aux autorités du menu fretin, ce sont des losers magnifiques au même titre que Sam Spade ou Philip Marlowe, car finalement ils sont tous les quatre d'une intégrité sans failles. Leurs aventures sont rythmées par des morceaux de Thelonious Monk ou John Coltrane, Aretha Franklin ou Ray Charles. C'est un mélange hétéroclite, qui témoigne des goûts très éclectiques du réalisateur, Shinichiro Watanabe, qui a réalisé également trois courts métrages intégrés à « Animatrix » (45 minutes en tout, largement supérieures au deuxième et au troisième film en « live »).

  • Le Cinéma de A à « bis »

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    à propos de « Les classiques du Cinéma Bis » de Laurent Aknin et Lucas Baldo

    aux éditions Nouveau Monde

    affiche-La-Galaxie-de-la-terreur-Galaxy-of-Terror-1981-1.jpgLes Trissotins du cinéma, les petits marquis de la cinéphilie qui maintenant revendiquent le bis après l'avoir méprisé, oublient souvent une chose, le cinéma est un art forain qui doit dépayser le spectateur, créer de l'évasion même si c'est du toc et parfois de la magie, de la poésie et de l'enchantement, ou à l'inverse, de l'horreur, de la peur, des frissons, voire même parfois un peu de réflexion. Et c'est donc un art populaire au sens le plus noble, et un art populaire vivant.

    Il y a toujours eu les films financés correctement, filmés par des professionnels accomplis et dans le système ou pas, ayant ou non de l'ambition, et puis il y a toujours eu des tâcherons, à qui il arrive d'être géniaux, entre deux nullités, qui ont tourné en quatrième vitesse des séries « B » dans lesquels les murs tremblent quand un personnage claque une porte mais ce n'est pas si grave car on sait bien que c'est du cinéma. C'est ce que ne comprennent pas les fabricants d'effets par ordinateur, même photo-réaliste, le spectateur sait bien que c'est « pour de faux », autant que les étincelles jaillissant de la fusée de Flash Gordon avec Buster Crabb, excellent serial de 1939.

    deep-throat.jpgEt puis de toutes façons, les séries « A » sont toute devenues des séries « B » surgonflées, mais sans génie ni la charge transgressive que l'on y trouvait auparavant, et sans le talent qu'y met Fritz Lang dans « City Heat », avec Gloria Grahame, ou Billy Wilder dans « Assurance sur la mort », deux métrages qui sont des « B movies ». Comme dans les feuilletons du XIXème siècle, on se moque des conventions en vogue, des petits bourgeois, des hypocrisies. Mine de rien, un film comme « Deep Throat », que ses artisans eux-mêmes considèrent comme une bouse, Harry Reems ou Gerry Damiano, à regarder l'excellent et passionnant documentaire sur ce film, est tout aussi représentatif des années 70 et leur permissivité que les films de Bogdanovich, entre autres, ou ceux de Scorcese ou de tout « le Nouvel Hollywood » (note personnelle : Beaucoup de banquiers ou de responsables politiques, dont certains s'émurent de l'immoralité du film, Nixon entre autres qui en fit un thème de sa campgne, ont peu ou prou les mêmes talents que Linda Lovelace, et la même excellence dans l'acte qui fait le sujet du film, et sont capables de beaucoup plus de bassesses comme le montre très bien le documentaire, hilarant, consternant et fabuleux car flamboyant).

    what_a_flash,0.jpgIl y a une infinité de genre dans le « Bis », de l'horreur sadique à l'horreur soft en passant la remise au goût du jour de l'horreur gothique avec la série des Dracula de la « Hammer » avec Christopher Lee, les deux premiers étant remarquables, ou des « Frankenstein » avec Peter Cushing puis Michael Gwinn, les pornos politiques, les polars érotiques, les films ultrapops comme « Danger Diabolik » qui aurait eu le droit d'être classé comme une série « A » à mon sens, les pseudo-documentaires choquants, les films de cannibales, les copies de « Mad Max » ou « la Guerre des étoiles », les « Muscle movies » produits en série par la France et l'Italie dans les années 60, les « bis » intellos avec les cingleries de Jean Rolin, les folies plus « happening » que films dont « What a Flash » de Jean-Michel Barjol, les curiosités comme ce film « de pensionnat de jeunes filles », ingénues libertines comme il se doit, dont la « directrice » lesbienne est jouée par Jean-Claude Dreyfus (il s'avère que c'est un homme recherché pour meurtre, la morale est sauve à la fin), les westerns spaghettis d'horreur, dont la série des « Django » avec sa mitrailleuse, les westerns spaghettis révolutionnaires, dont la matrice est « Il était une fois la révolution », les parodiques qui commencent avec « Mon nom est personne » et dégénèrent avec la série des « Trinitas », les films de Science-Fiction avec has-been, les films de monstres, ceux de vampires gays ou d'infirmières se faisant trucider sous la douche, les sottises post-apocalyptiques dont leilsa_la_tigresse_du_goulag,1.jpg pire, ou le meilleur, reste sans conteste "Virus Cannibale" de Bruno Mattei, les films de prison de femmes, de camps de travail de femmes dont la série des "Ilsa" (par ici la bio de son interprète : Dyanne Thorne dont on voyait les affiches des films partout dans les années 75,76)....etc

    Je trouve cependant que cette encyclopédie n'est pas tout à fait complète car il manque de nombreux polars des années 50, des films d'horreurs de débutants géniaux comme Sam Raimi ou Peter Jackson, et on y trouve peu de films asiatiques pourtant très importants quant au « bis », un seul « kaiju eiga » (ou film de monstre) y est mentionné. Je trouve qu'il est peu question des films de SF "psychotroniques" (films de martiens ou d'extra-terrestres à gros cerveau). On n'y trouve pas un des sommets grotesques du « bis », « Incubus », tourné en 1965 et en esperanto, et un des chefs d'oeuvre qu'est « The Wicker man » racontant une histoire étonnante et d'une poésie sans pareil.

  • Bienvenue dans un monde contrôlé

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    camera-video-surveillance.jpgAux Champs Elysées ("auux champs z-élysées, pala-lala...") on a installé trois ou quatre panneaux de pub dits biométriques, qui déterminent et photographient de suite le poids, la taille, et l'âge, ou le louque, des passants qui jettent un oeil. Beaucoup de curieux viennent s'y faire ausculter électroniquement pour le plaisir sans doute d'être sur la photo. Dans quelques temps, la plupart des feux rouges seront équipés de caméras et de radars qui empêcheront les infractions. Tout cela est présenté comme un grand progrès, un bien indépassable, au troupeau de consommateurs de plus en plus infantilisé, pouponné, de plus en plus immature qui trouve ça génial. Il n'est pas loin le monde totalement contrôlé des dystopies de Philip K. Dick. Le plaisir, la joie, la famille, les relations sociales, la douleur deviennent progressivement rigoureusement virtuelles. Il est tellement plus simple de parler à une machine souvent colorée agressivement dans des tons enfantins. On est dans le cauchemar d'une des héroïnes de l'écrivain précité, un cauchemar de pavillons de banlieue coquets et automatisés, parfaitement fonctionnel, d'être humains assexués et incapables de passer à l'àge adulte, qui finit par s'écraser sur lui-même. Le troupeau également festiviste trouve cela cool d'avoir une puce dans le bras, qu'on le piste dans ses tribulations, d'être à la pointe des dernières conneries en vogue. Comme argument, on dira bien sûr que si quelqu'un ne commet rien de répréhensible, pourquoi refuserai-il d'être surveillé après tout ? Et d'y perdre toute liberté en toute conscience plutôt que de chercher à améliorer les rapports sociaux, et d'aider les personnes à mûrir enfin. Je trouve étonnant que cette infantilisation entraîne finalement également une déférence et une révérence à l'égard du pouvoir et des autorités jamais vues avant.

    Il paraît qu'au Japon, un apprenti sorcier a inventé une puce qui permet de contrôler des rongeurs, mais comme il le dit, bientôt il espère bien en implanter à des êtres humains (toute contradiction sera montrée comme anti-progressiste alors)....

    ...Et ce sera le bonheur obligatoire. Et il ne sera pas loin le temps où l'homme deviendra un poupon cybernétiquement materné de la naissance à la tombe.

  • Conversation avec Philip K. Dick

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    Philip_K_Dick_android_missing_head.jpgJe suis en train de lire "Dernière conversation avant les étoiles : Et si notre monde était leur paradis ?", un livre d'entretiens de Philip K. Dick avec Gwen Lee réalisés en 1982 quelques semaines avant sa mort, une journaliste que lui a présentée une de ses amies avec qui il vécut un temps. Si j'ai une petite critique à faire sur la forme de ce livre c'est que l'auteur de l'entretien n'a pas coupé dans la conversation qui parfois est anodine, même si cela permet de voir Phil Dick dans son environnement de manière naturelle (Dick parle comme un "freak" de la "Bay" de San Francisco, un hippie qui aurait mal digèré le "Summer of love"). On est loin du génie drogué et délirant décrit dans la plupart des anthologies, cependant on constate bel et bien que Dick est cinglé et que plusieurs univers habitent son imagination fertile. Quand il écrit, Dick crée dans l'urgence, il dort très peu, mange à peine car pour lui ses personnages deviennent plus réels que les personnes qu'il croise dans la rue ou son entourage. C'est une vie impossible pour celui-ci d'ailleurs, car il ne tolère personne dans son espace vital, sauf pour lui amener à manger. Dick est un gosse égocentrique, impossible, c'est le barjo de "Confessions d'un barjo", le totalement inadapté Jack Isidore, mais aussi le mari, Charley, de sa soeur Fay, une autre fille qui ressemble à une version fantasmée de sa soeur jumelle qui n'aurait jamais été adulte.

    lost_valis.jpgIl rédige ainsi "la Transmigration de Timothy Archer" en douze jours et "SIVA" (récit déguisé de son trip spirituel -voir plus bas-) en deux semaines. Il voit véritablement l'histoire qu'il raconte se dérouler dans son esprit, il tombe amoureux d'Angel Archer, qui est une de ses filles aux cheveux noirs que l'on croise souvent dans son oeuvre, un souvenir de sa soeur jumelle décédée. Après février-mars 1974, il faut lire le récit de cet épisode mis en images par Robert Crumb, voir illustration ci-contre, cliquer sur l'image pour l'agrandir (j'en conseille fortement la lecture pour les amateurs de SF), où il vit peut-être une expérience mystique, à moins que ce ne soit une remontée d'amphétamines (qu'il prenait à doses très importantes dans les années 60 pour écrire ses nouvelles et gagner de quoi survivre), toute sons oeuvre, toute ses créations tourneront encore un peu plus autour de la question de la réalité et de la spiritualité perçue de manière très original par son cerveau constamment en ébullition, car c'est également un très grand bavard qui a absolument besoin de confronter ses opinions à celles des autres. Il semble se convertir au christianisme ou du moins à une forme de cette religion. Ce qui est étrange est qu'il perçoit de manière complètement inexplicable que son fils souffre d'une malformation cardiaque. A moins que ce ne soit de la mystification. Ou pas. Avec Dick, qui sait ?

    pkd.jpgDick se fout complètement de la reconnaissance de son charcutier ou d'être bien vu des élites, il n'est même pas dupe de l'adaptation de "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" qui deviendra "Blade Runner" qui pour lui sert surtout à faire reconnaître son oeuvre et rééditer le roman à un tirage dix fois supérieur que lors de sa sortie en 1968. Il est malgré tout content de voir l'univers qu'il a créé prendre forme presque en vrai. mais comme il le dit de manière sibylline "le livre est plus long". Il n'écrit pas non plus pour démontrer qu'il a raison, ou que l'idéologie qu'il défendrait est la bonne, il écrit parce que ce monde dans lequel il vit est trop étroit, trop petit, trop cadré par les préjugés, la sottise et l'ignorance, la violence, la haine et le goût du pouvoir. Dick est un créateur de mondes dans lesquels l'incroyable est la normalité, donc n'est plus incroyable, car tout s'enchevêtre et il s'y perd de temps à autres lui-même.

  • "Torchwood" - Les aliens du "Banana café"

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    torchwood_main.jpgComme j'aime bien la recréation du "Doctor Who" par Russel T. Davies, j'ai regardé "Torchwood", le "spin-off" de cette série écrite par lui qu'il voulait intituler au départ "Excalibur" (titre plus classieux je trouve). Torchwood est un institut créé par la reine Victoria afin de protéger la Grande Bretagne en particulier et la terre en général des méchants aliens. Lors de l'invasion de la terre par les Daleks il y a deux ans (ouais je sais c'est cool), tout les autres instituts "Torchwood" du Royaume Uni ont été détruit sauf celui de Cardiff parce que c'est là qu'est la production du feuilleton. A Torchwood, on est drôlement libérés, le chef de l'équipe, le capitaine Harkness est bissexuel, tout comme la plupart de ses collègues et on couche les uns avec les autres tout au long de la première saison dans la joie et la bonne humeur, on s'attend parfois à ce que les aliens crient un truc du style :" Ah ben non, j'ai cassé un ongle !". C'est d'ailleurs ce qui bloque dans l'histoire car cela donne à la série un côté sitcom pour drag-queens, auxquels le cyberman, ou plutôt une cyberwoman, ressemble dans un épisode, et parasite l'intrigue qui est systématiquement au second plan sauf pour le dernier épisode de la première saison qui a bien sûr un cliffhanger vachement angoissant et une histoire bien couillone : un monstre géant de 30 mètres de haut menace de détruire le pays de Galles. La deuxième saison me semble plus intéressante, elle devient plus "doctorwhoesque" il est vrai, laissant de côté les intrigues sentimentales  pour se recentrer sur l'histoire qui décole vraiment : une invasion d'envahisseurs camouflés en quidams et quidamettes mais plus subtilement que dans les "envahisseurs" car ceux-là ne le savent pas, mais il y a toujours le synthétiseur omniprésent pour souligner tous les moments dramatiques ce qui est pénible.

  • "Logan's run" - la série

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    Très beau show de Science-Fiction à tendance paranoïdo pouèt-pouèt kitsch (écoutez la musique), "Logan's run", dont ce site m'a rappelé l'existence, raconte l'histoire de Logan, Gregory Harrison, un "limier" chassant les "fugitifs" de la "Cité des Dômes", refuge de l'humanité après une guerre atroce, de Jessica 6, Heather Menzies, et Rem, Donald Moffat, qui est la première victime de "The Thing" dans le film de John Carpenter, un androïde échappant, pour les deux premiers, au sort funeste réservé aux être humains agés de 30 ans dans cette société post-apocalypse nucléaire : être tués dans un "Carrousel", après une courte vie de plaisirs certes, qui les atomise pour les recycler et les resservir aux survivants, quant à Rem il désire être encore plus humain. La série est moins dure que le film qui était moins rude que le roman semble-t-il. Dans les années 80, on regardait cela et on trouvait que c'était génial.

  • Alphaville 1.0

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    Une page sur le film de Godard

    Cette note t'est toute spécialement dédiée, toi qui m'a fait découvrir ce film en comparant les couloirs de Nanterre aux décors de cette oeuvre, et puis tu ressembles tant à Anna Karina...

    Bienvenue à Alphaville 1.0 la ville du présent perpétuel

    7fe5af528a5b8aae917ad4d0f1dd7b9c.jpgIl y a quarante ans, Lemmy Caution recherchait la fille du professeur von Braun, créateur de l'ordinateur qui s'occupait de toute la cité, Alpha 60, et redécouvrait l'amour avec elle. Dans Alphaville, il n'y avait pas de sentiments, pas de pitié ou de compassion, pas de sentiments non plus, pas de passion, pas de joie, pas de colère, seulement la raison et un bonheur fade et gris imposé aux êtres humains. Il n'y avait que le présent à Alphaville, car le passé est inutile pour obéir et s'intégrer à l'économie, pour être efficace, il n'y avait pas de futur non plus car l'on devait satisfaire ses besoins de consommation tout de suite sans songer au lendemain, assouvir ses fantasmes et ne pas sortir du cadre, demeurer dans la norme du ea745128800f7955ea781e67a21369f9.jpggroupe auquel l'ordinateur affectait les individus. Et tant pis pour ceux qui refusaient de se soumettre, d'offrir leur allégeance et d'oublier leur humanité, ils étaient torturés de manière atroce par Alpha 60 de la manière la plus cruelle, la torture morale et psychique. L'être humain rejeté par la société, même quand il souhaite ce rejet, survit très peu de temps car il ne sait pas vivre seul, il a besoin des autres ce qui est sa force et sa faiblesse.

    654381cadeda7fd9f343c18609c9512d.jpgDepuis quelques années, les scientifiques, les économistes, les politiques, les citoyens, l'humanité toute entière ont participé à l'amélioration d'Alphaville pour arriver à la nouvelle version du logiciel : Alphaville 1.0. Le passé et le futur n'y ont pas disparu, ils sont simplement inclus dans le présent qui reste perpétuel : l'histoire du passé, un passé défini une bonne fois pour toutes par les intellectuels de la cité, est nuancé selon les groupes sociaux et leurs caractéristiques mais il consiste surtout en clichés et a-priori commodes à saisir et le moins complexes possible afin de ne provoquer aucune réflexion, le fait de diviser la vie politique en plusieurs camps et les théories qui en découlent laissent aux citoyens l'illusion de la liberté et la démocratie, la foi religieuse est réduite elle-même à une simple idéologie, une eschatologie rassurante, se faire peur pour se rassurer mais ne plus croire. Il était prévu au départ d'y adjoindre plusieurs traitements chimiques et télévisuels pour conditionner les habitants d'Alphaville mais ceux-ci, contre toute attente, se sont laissé faire sans aucune rebellion et ont accepté pleinement leur soumission. Lemmy Caution est le seul à avoir pris connaissance de ces plans, il est mort quelque part vers la porte de Brandebourg dans le Berlin réunifié de 1990. On ne sait s'il s'est suicidé ou si on l'a éxécuté.

    81fe3e772e8d6fb370323a1386fba264.jpgIl apparaît selon nos sources, quelques inadaptés rejetés dans les quelques "cités extérieures" existant encore à ce jour, qui ont gardé des documents de propagande de la cité, qu'Alphaville 1.0 est désormais obsolète aux yeux des dirigeants de la ville tentaculaire qui s'étend maintenant quasiment partout sur le globe, il n'y a plus beaucoup d'endroits des temps anciens ressemblant aux "cités extérieures", la Terre est devenue un non-lieu, un endroit où l'homme est presque inutile, et obsolète lui aussi. Alphaville 2.0 est déjà prêt, le nouveau logiciel permettra de fournir le bonheur absolu et quasi éternel à de rares privilégiés pendant que la masse du reste de l'humanité sera maintenue à dessein dans la précarité, précarité dont on lui fera croire qu'elle peut ne pas durer à e2b89c50d7ce7842e859a3b963fe5c19.jpgcondition de se soumettre, de perdre jusqu'à leur intimité, des émission de télévision les y encouragent déjà. Il n'y a toujours pas d'amour à Alphaville, seulement des émotions frelatées, obéissant à un code strict qui entretienne l'illusion de la normalité. Elles suffisent car les véritables émotions, la colère, l'amour, la joie, la peine, sont beaucoup trop déstabilisantes et amène l'individu à se poser des questions inutiles.

    6cde33c4f1129b2d1f3d2520b112ec45.jpgIci, à Alphaville, les évènements censés fonder notre civilisation ont pu se passer il y a 1000 ans comme il y a dix siècles, ou hier, personne ne s'en soucie, tant que les machines qui facilitent le travail et les échanges, ou le flux d'informations, sont améliorées quotidiennement, bientôt elles seront reliées à notre système nerveux et en nous gràce à la nanotechnologie. Il suffira de présenter cela comme un progrès et ridiculiser les prophètes de mauvais augure qui ont souvent raison il faut bien le reconnaître, du moins selon leurs critères. Tout le monde aura bientôt oublié les écrivains, les musiciens, les cinéastes, les peintres, les poètes, les philosophes et les créateurs qui ouvraient à d'autres mondes, à d'autres possibilités, à une vie plus libre, et Alphaville s'étendra alors à tout le système solaire... 

  • Coulez mes larmes dit le policier - Philip K. Dick

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    Auto Science-Fiction
    medium_Dolorosa.gifDick faisait de l'autofiction au sein d'un genre mal perçu, se souciait plus de ses thèmes favoris (les simulacres, les fondements de l'autorité, qu'est-ce que la réalité ?) que de "faire vrai". Dans ce roman, un présentateur vedette de télévision, spécialiste du faux, se retrouve à faire la même expérience que monsieur Tagomi dans "le maître du haut château", il change de monde et se retrouve dans une dimension où il n'est rien. C'est en faisant une véritable expérience d'altérité, considérée comme homosexuelle par les premiers éditeurs français qui la censurèrent, qu'il pourra retrouver le monde réel.

    Titre : Coulez mes larmes, dit le policier | Auteur : Philip Kindred Dick | Editeur : 10/18

    Extrait :

    De V.I.P. à R.I.P.
    "- Ca ne tient pas debout. Vous êtes une célébrité, c'est vrai. Votre façon de prendre la pose était un réflexe. Pourtant, vous n'êtes pas connu. Il n'existe pas de Jason Taverner qui compte, qui soit quelqu'un. Alors, qui êtes-vous ? Un homme qu'on photographie tout le temps et que personne n'a jamais vu ni entendu !

    - J'agis comme agit toute célébrité dont personne n'a jamais entendu parler."

  • Une nouvelle de SF délirante de Victor Lherbinier

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    medium_ville1.jpg

    Une nouvelle de Victor Lherbinier écrite en 2002 un jour de désoeuvrement je pense. 

    Il s’avançait au milieu d’une ville gigantesque peuplée de lumières virevoltantes, des tours s’élevaient à des hauteurs vertigineuses, de toutes tailles, certaines transparentes, d’autres fines comme des aiguilles. Il en était le seul habitant, il n’y avait que lui, du moins il en était à peu près sûr. Chaque mur avait une texture différente. Il y avait des parfums exotiques qui flottaient dans l’air. Dans le ciel deux soleils éclairaient le tout. Pourtant il s’ennuyait.

    Il prit l’ascenseur qui l’emmena chez lui à une vitesse incomparable. L’ensemble était de verre et il avait la cité merveilleuse sous les yeux. Il montait au faîte de la tour, là oû était la cime des bâtiments. Il contemplait un paysage fabuleux, forêts, lacs, déserts mêmes, montagnes enneigées de plus de trois kilomètres de haut. Pour la première fois, il vit l’autre ville par delà les collines, elle-aussi baignée d’un soleil éblouissant. Il décida de s’y rendre.

    Son vaisseau personnel était situé dans un hall immense, toujours prêt à décoller et l’emmener vers n’importe quel point de l’univers, son univers. C’était lui qui l’avait construit. Il l’avait oublié cependant. La cabine de pilotage, gainée de cuir rare, toute en chromes, ressemblait à un de ces rêves “Art Déco” du futur. Le vaisseau commença à glisser lentement. Il passa entre les tours, frôlant certaines, les évitant toutes. Les lumières de la ville s’éteignait sans bruit derrière eux au fur et à mesure de la progression.

    Il survola un lac immense, comme un gigantesque miroir. Les eaux se précipitaient vers une chute entourée sur chaque rive d’arbres étranges, d’une taille énorme. Il voyait les animaux, les lions, les tigres et les éléphants. C’était la forêt vierge. Il décida de s’y arrêter quelques minutes au moins pour admirer la luxuriance de la nature. Il était au bord de la chute quand une main sortit de l’eau, tout près de la berge comme l’invitant, il la prit dans la sienne et tira. Une femme dont le corps était couvert d’écailles sortit des flots avec grâce. Elle avait des yeux étranges. Ils firent l’amour. Il plongea avec elle dans les chutes. L’eau était encore un monde, de couleurs différentes, d’êtres bizarres, les coraux formaient des volutes extraordinaires de toutes les couleurs.

    A travers le filtre de l’eau, il voyait les deux soleils. Il se rappela de son désir de découvrir la deuxième cité. Il nagea jusqu’à la rive oû l’attendait son vaisseau.

    medium_ville2.jpgUne sonnerie stridente retentit. Il étendit la main et décrocha le téléphone. Derrière une fenêtre, les voitures passaient et repassaient en vrombissant. Le métro franchissait la Seine. C’était l’hiver. De l’autre côté de la rive paissent des gazelles tout près d’un tigre aux dents de sabre. Son inconscient note l’incongruité de la situation.

    -On se voit toujours ce soir ?

    Il prononce quelques mots inintelligibles d’excuse. Son interlocutrice semble satisfaite. Il raccroche, Paris s’évanouit sur la rive oû il se trouve. Quelques éléments demeurent. Dans une clairière, il trouve une bouche de métro. Il y entend des murmures de tristesse et de peur qui lui font monter un haut-le-cœur. Il repart. Pour effacer toutes ces images de son esprit, il file droit vers les étoiles. Elle se transforment en lignes lumineuses continues quand il stoppe les moteurs. Il est en orbite autour d’un des deux soleil mais n’est pas incommodé par la chaleur. Des geysers de feu déchirent la nuit de l’espace. Il a une sensation d’immensité et de beauté incroyable.

    Il se souvient de son désir de voir la seconde cité. Les nuages s’entrouvent et s’effilochent devant le nez de son appareil. Il décrit une immense parabole au dessus de la terre aride qui précède la forêt. L’autre ville est toute proche.

    “Paul ?
    Paul ?
    Paul ?
    Paul ?”

    Quelqu’un l’appelle, les mots flottent dans l’espace autour de lui et s’évanouissent. Son vaisseau arrive devant des tours ressemblant aux siennes. Elles s’élèvent bien au-dessus des collines environnantes. La nuit tombe lentement. Il croit se rappeler de la voie comme de celle d’une femme qu’il a aimée il y a très longtemps, il ne sait plus. La terre aride est jaune et craquelée sous lui. Il se pose sous une tour, la nuit est tombée, mais une des lunes de la planète éclaire le site.

    La ville semble plus grise que la sienne. Il y a des nuages de poussière apportés par le vent, qui se faufile entre les murs en hululant doucement. Il marche longtemps entre d’énormes piliers de marbre rouge, des plaques de granit comme murs. Il y a une statue monumentale à l’entrée qui montre le ciel avec une expression d’effroi. Un murmure commence à poindre tout autour de lui. Il se fait bourdonnement puis grondement, les murs se craquellent, des pans entiers de roche tombent à terre. La ville a peur, un sillon se creuse devant lui, se rapprochant dangereusement.

    Il se met à courir vers son vaisseau qui n’est pas protégé. Une fantastique colonne de verre s’écrase en dizaines de morceau au-dessus. Une pluie d’étoiles minuscules tombe en milliers d’éclats de lumière tout autour de de lui..

    “Il faudra recommencer dans la soirée, on risque de le perdre ...”

    Il a peur, il sent l’angoisse, il entend des voix monter autour de lui. Il s’évanouit et tombe à terre inanimé. C’est çà l’angoisse. Il pensait ne jamais la connaître. Il rêve de la femme-poisson, toute d’argent. Mais dans son rêve, il suffoque sous l’eau et se noie pendant que l’étrange créature le regarde avec une totale indifférence.

    Il se réveille en sursaut, le visage couvert de sueur mêlée à de la poussière. Les deux soleils se lèvent majestueusement au-dessus de l’horizon. Il tend la main devant ses yeux pour se protèger, ils l’éblouissent. Il se relève, la ville est en ruines, son vaisseau a été écrasé par un pan de roche énorme. Il commence à marcher vers le désert qui est immense. En haut d’un promontoire, il contemple les dunes et les plantes déssêchées. Quelques pierres roulent sous ses pieds. EIles soulèvent un petit nuage de poussière.

    medium_ville3.jpgIl a mal aux pieds qui sont sans cesse meurtris par la rudesse de la piste. Ils sont en sang. Des insectes courent entre ses jambes, un scorpion darde son épine mortel mais ne la plante cependant pas, il se sent comme paralysé et s’agenouille. La carapace luit sous la lumière. L’insecte recule un peu. Ils ont tous les deux peur l’un de l’autre. Il continue sa marche. Il est maintenant au cœur du désert, il ne voit plus l’immensité. De manière incongrue, un lampadaire, le signal d’un arrêt de bus se dressent au millieu du sable, ainsi qu’un feu tricolore et un bout de bitume. Cela lui rappelle vaguement quelque chose mais il ne se rappelle plus très bien quoi. Il a comme la nausée, une vague envie de vomir. Il tombe dans le sable qui lui coule sur le visage et un peu dans la bouche.

    Il ferme les yeux, le paysage tout entier disparaît et il se retrouve dans un univers blanc dans lequel il flotte. Aucune pesanteur, une lumière paroxistique au dessus de lui l’attire comme un aimant. Son corps s’élève lentement. En dessous de lui, un puits infini creuse l’espace. Il y a une autre ville en dessous dont les maisons et constructions montent vers lui, une cathédrale, une tour en barres métalliques, des voitures de métro, Paris.

    “Il revient à lui, docteur.”

    Il se réveille sur un lit blanc dans une petite chambre d’hopital. Sa compagne est à ses côtés, endormie sur une chaise. Il lui prend la main. Par la fenêtre, il regarde le paysage de la réalité. Le ciel est rouge comme au crépuscule. Le médecin arrive :

    -Pourquoi avez-vous pris de cette drogue ? Ce n’est pas une solution. Ou planifiez vos prises.
    -J’en avais besoin, docteur. Nous en avons tous besoin, vous aussi.
    -Je contrôle ce que j’ingère aussi. Vous auriez pu y rester.
    -Promis, la prochaine fois, j’essaierai.
    -Bien, au revoir.

    Ils s’arrêtent un instant à la cafétéria de l’hopital pour y boire un café, il s’excuse platement de lui donner trop d’inquitétude. Elle sourit avec tristesse et l’embrasse. Ils sortent et montent dans leur véhicule. Un peu de poussière martienne voltige autour de leur glisseur. Les deux soleils sont froids au-dessus de l’horizon. Comme à chaque fois, ils ne peuvent s’empêcher de se rappeller que l’un des deux était leur planète-mère, la Terre.

  • Les ménagères névrosées de la publicité

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    medium_stepford.jpgDans une publicité pour une crème dessert, une mère de famille a plusieurs dizaines de pots de cette crème dans son réfrigérateur qu'elle offre aux pauvres malheureux qui n'en ont pas, les inconscients ! Il semble d'ailleurs qu'elle ne mange que çà car on ne voit rien d'autres dans la maison comme nourriture. Dans une autre, une mère qui organise l'anniversaire de ses enfants n'a que des barres chocolatées glacées à offrir aux amis de sa progéniture. On ne compte pas les névrosées du lavage que l'on voit à nettoyer des monceaux d'habits et de linge quotidiennement; Cela me rappelle "les femmes de Stepford", roman d'Ira Levin dans lequel des femmes intelligentes et indépendantes sont remplacées par leurs clones cybernétiques dociles et parfaites ménagères. Finalement, si on prend le raisonnement à l'extrême, la normalité selon la pub et notre société qui y diffusent ses ersatzs de valeurs, c'est de se conduire en robot ou plutôt en androïde dépourvu de toute émotion.

  • Anti-utopie indispensable

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    medium_ubi1.jpgLa paix partout
    (grâce à des drogues et au contrôle total des médias)
    La fin des frontières
    (les peuples gouvernés par un ordinateur géant)
    le bonheur jusqu'à soixante ans
    (la population régulée par l'euthanasie)
    la fin de la violence, la fin de la haine
    (mais aussi la fin de l'art et des sentiments)
    Des îles prisons pour les irréductibles qui y sont libres
    (comme des animaux dans un zoo)
    Mais le tout imposé donc insoutenable.

    Pourquoi lis-tu ?
    medium_ubi2.jpgOn me posait cette question, ce livre offre une réponse plus détaillée que celle que je pourrais donner, un peu comme "le Meilleur des mondes" mais sur un mode mineur. Dans cette uchronie, descritption d'un présent alternatif, un ordinateur doté d'un réseau mondial contrôle le quotidien de l'humanité entière par des injections de calmants, un "suivi" de psychologues et chacun à sa place selon son utilité sociale. Ce que ce livre propose, c'est l'application d'une utopie, tout le monde y est heureux, il n'y a plus de guerres ni de violences. Mais il n'y a plus de liberté non plus, c'est-à-dire l'essentiel.
    Le héros de ce livre, déjà hors-norme par son physique (il a les yeux vairons) commence son apprentissage de la liberté par la lecture et la contemplation d'oeuvres d'art, considèrés comme dangereuses car éloignant de la communauté, de la fourmilière. Il découvre que l'on peut penser par soi-même et changer les choses et que le bonheur est insoutenable quand il est imposé même quand il abolit la violence et la haine.

    Titre : Un bonheur insoutenable | Auteur : Ira Levin | Editeur : "J'ai Lu" ressorti en 2001