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religion

  • Les cathos victimes consentantes ?

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    religion, pédophilie église, société, politique, sexe, amaury watremezA chaque affaire de pédophilie dans l’Église (voir à ce lien), c'est le même « storytelling » qui ressort même si le Pape condamne sans ambiguïté (voir ici) :

     

    Suspicion sur l'ensemble du clergé et des catholiques, leçons de sexualité de divers « spécialistes », cathos en rupture de ban évoquant le mariage des prêtres, c'est haro sur les cathos ! Des « spécialistes » distribuent les bons et mauvais points (voir ici) et on reparle encore de « la manif pour tous », on insiste bien sur tous ces cathos tellement coincés, si possible on interroge des paroissiens de saint Nicolas du Chardonnet, des militants de « Civitas » qui sont pour beaucoup des idiots utiles, des charismatiques dans la dénégation fébrile d'être réac et de droite, ce qui ne sert à rien car ils sont déjà catalogués de toutes façons etc...

     

    Il faut dire que la communication des responsables est toujours plus qu'hasardeuse et hésitante, on sent leur malaise palpable. Il y a une constante, les pires sont souvent les plus progressistes, tel monseigneur Gaillot couvrant des années le père Vadeboncoeur dans son diocèse d’Évreux.

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  • Une femme seule contre l'islamisme

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    À propos de « Détruire le fascisme Islamique » de Zineb El Rhazoui chez Ring

     

    islam, zineb, zineb el rhazoui, société, islamisme, religion, laïcité, amaury watremezToute autre personne que Zineb El Rhazoui eût abordé la question de l'islamisme comme elle le fait dans ce livre court, salutaire et indispensable, aurait été immédiatement jetée aux oubliettes de l'histoire, injuriée, traitée de raciste, d'islamophobe, de fasciste voire pire encore. Ceci explique sans doute que la droite dite républicaine et même l'extrème-droite soient tétanisées par l'arbitrage moralisateur de la gauche olfactive. Encore maintenant en 2016, c'est d'ailleurs à s'arracher les cheveux.

     

    Seulement voilà, Zineb, ainsi qu'elle signe ce livre est franco-marocaine, elle est une rescapée du massacre de « Charlie Hebdo ». Elle a été élevée dans la culture musulmane, dans une école coranique, elle sait donc bien de quoi elle parle et connaît son sujet sur le bout des doigts contrairement à tous les donneurs de leçons.

     

    Il n'empêche que ces mêmes bons apôtres laissent entendre que ce n'est que sa vérité. Ce livre et son discours contre l'islamisme ne seraient que des symptômes de sa colère depuis qu'elle a failli mourir sous les balles de deux salopards fanatisés. Zineb démontre par un raisonnement argumenté solidement, des recherches sérieuses, le rappel d'évènements dont tous ont souffert que le discours consistant à comparer les islamistes aux catholiques traditionalistes est nul et non avenu.

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  • Les littéraires au pouvoir !

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    ecrire.jpgDepuis quelques décennies, disons que ça commence avec le positivisme, le raisonnement mathématique est favorisé à très haut degré par l'école et la société. Cela s'est accèlèré un peu plus encore depuis quarante ans, et curieusement depuis que les théoriciens de "Maissoissantuite" ont pris le pouvoir dans le monde de l'éducation (ils y sont toujours, passant du col Mao au "bling-bling" sarkozyste sans problèmes), se basant sur une idée "pratique" de l'éducation qui fait l'on ne devrait apprendre que ce qui est utile ou ce qui paraît utile, oubliant que la civilisation n'est pas dans l'utilitaire mais dans le superflu.

    louis-ferdinand-celine-a-meudon.jpgC'est aussi dû à la haine de ce que l'on appelait pendant les années 70 les "humanités bourgeoises". On fabrique donc dans l'inconscience et la bonne humeur, et la bonne conscience, des générations d'incultes, d'ignares fiers de l'être, de crétins obéissants dont l'univers se résume à leur nombril. Le littéraire n'a pas droit de cité, y compris dans les filières dites littéraires, il est pris pour un doux illuminé, un naïf, un type ou une fille déraisonnable. Il s'étonne que les gens si raisonnables, à l'esprit mathématique si bien cadré, ne s'émeuvent guère de l'injustice ou de la folie qui s'est emparée du système, on lui dit qu'il n'y comprend rien, qu'il n'y connaît rien et qu'il faut laisser dire et réfléchir les gens sérieux même si ce sont eux qui nous ont conduit à la ruine. Pourtant, le littéraire voit bien que la démocratie est de plus en plus une farce, il voit bien le soulagement du troupeau bêlant de s'en remettre de plus en plus au bon vouloir des gouvernants, considérant que la contradiction est une folie.

    imprimerie-gutemberg.jpgJe pense en particulier à cette militante clamant à la télévision, au salon de l'Agriculture, qu'elle ne se rappelle pas ce que dit le nabot l'an dernier au même endroit, parce que "elle elle ne voit que l'avenir, le futur" (le journaliste aurait dû faire un test, la traiter de connasse et voir si elle s'en souvient ou pas dix secondes après). Je songe aussi à Stéphane Guillon qui a balancé quelques vannes, pourtant pas trop méchantes, sur DSK, après tout ce monsieur avec tout ces titres est un adulte majeur et responsable de ses actes publiquement ayant justement un mandat public, et se fait étriller pour cette raison par quelques journalistes, auditeurs mécontents, et même dans "Marianne". Ce n'est même plus le sens de la contradiction qui est remis en cause mais l'esprit d'analyse dont le littéraire est capable de faire preuve. Un littéraire se demande pourquoi quelque chose se passe d'une manière et pas d'une autre, il demandera pourquoi une formule mathématique ou scientifique permet d'obtenir tel résultat, il ne voit pas pourquoi il les appliquerait les yeux fermés. Finalement, on lui reproche de ne pas être docile.

    Proust.jpgCela développe enfin en l'induisant une littérature parfaitement anodine, ou basée uniquement sur l'ego de l'auteur qui fait sa thérapie en écrivant ses livres, nous bassinant avec ses états d'âme (voir Angot) sur sa vie quotidienne totalement intéressante mais qui "parle" selon le terme admis au lecteur qui veut de toutes façons qu'on ne lui parle que de lui, et qui est "tellement simple et tellement authentique" selon également les termes consacrés : dire qu'on aime la soupe "poireaux-pommes de terres" et qu'on lit les magasines féminins et que l'on en rit parce que l'on n'est pas prétentieuse, hein, je pense à Anna Gavalda, etc... ça fait tellement proche d'une authenticité de bazar qui semble tout droit sortie du cerveau d'un créatif de pub. Ou alors, quand on a quelques bribes, quelques restes, on nous casse les pieds avec le "Nouveau Roman" dont l'originalité consista à faire de la banalité le thème principal de la littérature, surtout évacuer l'imagination et tout ce qui s'y rattache, ou, horreur, le style qui fait prétentieux selon les lieux communs contemporains.

    ayme.jpgJ'aime bien que Proust se laisse aller à décrire sur quinze pages tout ce que lui évoque le parfum d'une rose ou bien la vierge de la cathédrale d'Amiens, et qu'il prenne son temps, atteignant un degré de raffinement que l'on aimerait bien retrouver ne fût-ce qu'un tout petit peu. Bien sûr, en 2009, les imbéciles ne verront qu'en Proust un homosexuel hyper-mondain et cancanier qui ragote sur les puissants et les riches, oubliant l'essence même de "la Recherche du Temps perdu", les mêmes ne verront qu'en Céline le misanthrope fêlé, le fou antisémite, jusqu'au délire morbide, oubliant ce qu'il a inventé et apporté au monde et à sa compréhension avec un seul livre qui est "le Voyage...". J'en ai pour ma part plus qu'assez de voir à la télévision, de lire dans les journaux, des critiques qui la plupart du temps ne connaissent l'oeuvre de l'auteur dont ils parlent que par oui-dires ou clichés faciles (Bernanos=guerre d'Espagne, Aragon=communisme etc...). Et enfin je redis toute ma tendresse pour Marcel Aymé capable de signifier toute la bêtise des hommes mais aussi l'amour qu'il leur porte quand même en quelques pages dans des petites histoires semblant si légères alors qu'elles vont au fond des choses l'air de rien tout comme Vialatte dont je découvre le "Bestiaire" en ce moment.

    photos : Condorcet, Céline à Meudon, Gutemberg, Proust, et la statue de Marcel Aymé rue de Norvins, loin des touristes et autre plaie d'Egypte.

  • Se sentir rassuré dans ma Foi ?

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    medium_cr-apt.jpgSe sentir rassuré en tant que chrétien, cela m'échappe en effet. Ce monde n'est pas diabolique mais est néanmoins marqué par le Mal et ce Mal est un scandale qui ne rassure pas et qui dure et durera encore longtemps certainement, jusqu'à la révélation (ou apocalypse), un Mal qui n'est pas confortable et dont je ne veux pas être rassuré même si je sais en tant que croyant qu'il est déjà vaincu. Par contre, se sentir aimé de Dieu pour avancer me semble plus juste car l'amour divin est sans failles et il invite à considérer chaque chose sous son angle véritable, à trouver de la beauté là où on ne penserait pas la trouver. Il nous est très dur d'apréhender cela car nous jugeons et condamnons toujours très vite à travers nos prismes humains.
    Pour nous, nous avons la tentation de dire que Dieu est dans notre camp, qu'il est avec nous, non, nous sommes avec lui, nuance, et Dieu est avec tout le monde. Cela ne signifie pas que je minimise le mal présent en ce monde, bien au contraire, mais il n'existe que parce qu'on laisse faire et la plupart du temps à cause de notre sottise, ou que je dise que l'on peut être chrétien en dehors de l'Église mais à trop cadrer on diminue l'Amour de Dieu dans ce monde.

    Si la logique de Dieu eût été purement humaine, il n'aurait eu  que des pharisiens autour de lui, les pharisiens ne sont pas des mauvais hommes à la base, ce sont même les "meilleurs" des croyants (ce que veut dire leur nom) mais medium_Christ.jpgexcepté Joseph d'Arimathie ou ce brave Nicodème qui a une trouille carabinée quand il va voir Jésus, ils n'ont rien compris car ils sont enfermés dans leurs personnes et leurs schémas trop restrictifs.
    medium_planchat_small.jpgUn prêtre m'a dit un jour que Dieu n'avait ni largeur, ni longueur, ni profondeur, un autre, le Père Le Guillou, que je connaissais un peu, a dit qu'au Paradis "nos péchés étaient comme le charbon transformé en diamant". Cela ne veut pas dire se baser sur le plus petit commun dénominateur mais s'ouvrir aux autres largement. J'y ai moi-même beaucoup de mal étant très incarné, très sensitif, incapable de résister au flot de ma colère ou de ma révolte quand je crois discerner une injustice ou une hypocrisie quelque part, souffrant d'une blessure grande ouverte encore maintenant, mais cela n'est pas si grave car je sais que Dieu m'en a déjà pardonné et c'est moi, voila tout. Et cela est aussi une richesse dont je suis fier.
    Rappelez vous aussi Saint Pierre qui dit beaucoup de sottises tout au long de l'Évangile, renie le Christ au moment le moins opportun mais qui devient le chef de l'Église des premiers temps, vivant d'ailleurs sous un mode de vie communautaire et donc collectiviste, à partir du moment où il reçoit la perception de l'Infini à la Pentecôte. Parler aussi bien de littératures, de films, de politique, rencontrer des gens différents de moi par leur milieu, leur passé, le faire parfois certainement maladroitement ou de manière brouillone, c'est s'ouvrir pour moi à autant d'êtres humains qui ont à m'apporter quelque chose à chaque fois, en l'occurence un morceau de cet Infini divin.

  • Choisir l'amitié ou choisir son camp ?

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    medium_ts1.jpgOn ne devrait pas réagir en colère (à un com ici) mais je crois que cela en vaut la peine. Dans mon milieu logique, dans mon "camp", les catholiques dits sociologiques ce qui est très réducteur d'ailleurs quant à mon milieu, j'ai subi de la part de la plupart des personnes rencontrées, excepté quelques exceptions, du mépris, de l'ostracisme, un rejet dû à mon physique, des ragots concernant ma vie privée - je suis passé par tous les vices-, de la froideur - y compris en souhaitant m'engager dans l'Enseignement Catholique- par choix et par Foi où l'on m'a dit (je tiens la photocopie du dossier à disposition de qui voudra) que "mon physique gênerait pour ma présence devant les élèves", dans un établissement d'une association sociale catholique, j'ai dû subir un an le harcèlement moral d'une bonne partie du personnel etc...etc... (mon cas est peut-être exceptionnel...)

    medium_ts2.jpgJe sais bien pourtant que les chrétiens ne sont bien sûr pas parfaits mais ils croient en la Charité, la Miséricorde et le Pardon. Ils ne parlent donc pas en l'air. Les personnes m'ayant le mieux accueilli, tel que je suis, complètement, sont des personnes considèrées par d'aucuns comme des pêcheurs, ce que je suis aussi, ou des pêcheresses y compris quand j'étais en Terre Sainte où la personne qui m'a donné une chance de prouver le plus mes capacités était raillé par la plupart des bons apôtres du lieu. En tant que croyants, dirais-je, nous exagèrons souvent notre importance, il y en a pour aller à juger et condamner sans autre forme de procès, plus durs moralement qu'un tribunal totalitaire nous ne sommes que des "vehicules", rien d'autres, nous ne convertissons pas par nous-mêmes, c'est Dieu qui agit par nous quand nous vivons concrèterment la charité.

    Péhesse : Je me souviens du pélerinage car c'en était vreiment un, d'Alfredo en Terre Sainte, du carmel du Notre Père et du Chemin de Croix du Jubilé.

  • Le dolorisme français

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    medium_coq.jpegMême si je sais que l'on dit que le coq gaulois aime chanter les deux pieds dans la bouse, j'en ai un peu assez de ce dolorisme sur mon pays. Il ne fait pas trop mauvais y vivre, même si cela pourrait être mieux, on y dispose de la liberté de pensée, on peut y accèder encore maintenant au beau, à la littérature que l'on veut, nous sommes le résultat d'une histoire que l'on ne peut nier ou rejeter en bloc et si l'on n'est pas d'accord, on change les choses de l'intérieur, il faut agir. Il n'y a pas que les "enfants de Don Quichotte" qui ne sont finalement que de la poudre aux yeux. Pourquoi ne pas imaginer que les personnes dans les quartiers de Paris par exemple, ou ailleurs, descendent chaque soir parler avec les SDF, partager un truc chaud, voire même du bon vin, car c'est là aussi le problème, l'indifférence, en plus de la servilité à des règles sans fondement. Ce n'est pas très dur de descendre de chez soi avec des fruits, du thé chaud, du vin, notre monde souffre de la disparition de ce lien. Enfin, il suffit de regarder l'état des prison...
    medium_liberte.jpegUn pays qui a 350 000 personnes à la rue, et des prisons dans cet état, est un pays dont le système ne va pas à la base (nous ne sommes pas les seuls en Europe d'ailleurs), et la base c'est le libéralisme et le consumérisme. Je ne prône pas pour autant, personellement, le socialisme mais il y a des solutions de bon sens pour que cela cesse. Certains vont même jusqu'à rejeter l'histoire récente de notre pays en remontant jusqu'à la Renaissance. Ils manquent singulièrement d'espérance, "Dieu écrit droit avec des lignes courbes", le dessein divin dans l'Histoire, un croyant ne peut pas le deviner.

    medium_montaigne.jpegLa Renaissance a enrichi le Christianisme aussi par son souci d'accorder plus d'attentions aux pauvres et à l'individu en tant que tel, de faire preuve de plus de délicatesse et d'écoute, elle a porté aux nues la création et sa beauté, du corps à la nature, et la Création est une oeuvre divine. L'Humanisme a permis la réflexion sur le pouvoir et les abus de pouvoir, a poussé les hommes à s'élever par l'esprit, la réflexion et à vivre jour après jour, seconde après seconde en essayant d'être humain, de compatir à l'injustice et à la violence. L'Humanisme a également porté aux nues la Création et sa beauté. Et les "Lumières" elle-même, qui se sont fourvoyé sur certains sujets, niant par exemple le mal inhérent à chaque être humain, ont permis de créer l'idée medium_images.23.jpegd'enfance qui n'existait pas auparavant : avant un enfant était un adulte miniature et traité comme tel, de plus il y avait un rapport au corps que beaucoup, même parmi les libertaires, trouverait très cru alors qu'il n'était que sain. Chaque période de l'histoire apporte une pierre à l'édifice de l'humanité, parfois, cela s'écroule et il faut reconstruire. Je me souviens d'ailleurs avoir lu de très belles pages de Jacques Bainville, d'Action Française, à ce sujet, sur Rousseau et Diderot, comme Bernanos lui-même glorifait la langue et l'esprit de "Jean-Jacques" Rousseau. Nier ce que ces périodes apportent, c'est cadrer l'influence de Dieu dans nos vies, je trouve, quand l'on est croyant, or, un croyant sait que cette action s'exerce partout, y compris dans un caravansérail bondé et populeux de la ville la plus méprisée de Judée, une certaine Bethléem.

  • L'Inde sans femmes

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    medium_photo-inde-delhi-paris.jpgHier, sur "Envoyé Spécial", on pouvait voir un reportage symptômatique de la connerie humaine et de ses conséquences dramatiques. Une journaliste est partie enquêter en Inde sur ce que l'on appelle les "foeticides" de filles. Il vaut mieux avoir toujours un garçon pour rapporter très vite de l'argent au foyer et parce que cela est mieux considéré par les traditions locales, une fille est un poids mort, en plus, il faut lui payer une dot. Du fait des progrès de l'échographie dans ce pays, de plus en plus de femmes avortent parfois au cinquième mois pour ne pas accoucher d'une fille. Pour combler le manque en épouses et fiancées possibles, les villages font venir des jeunes filles de régions et provinces voisines plus pauvres, souvent à prix d'or, une sorte de prostitution cachée. Les familles n'ont plus à débourser de dots et la nouvelle épousée devient plus une esclave à peu de frais le tout en toute bonne conscience bien sûr. j'avais remarqué déjà au Proche Orient que seuls les garçons comptaient comme enfants pour les parents, du moins en théorie car souvent les choses étaient nuancées par les comportements individuels. 

     

    Article sur la question
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  • Spiritualité et jacuzzi

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    medium_Grouperome.JPGJ'ai lu hier un article intéressant exposant les manipulations financières d'une communauté nouvelle chrétienne et dérivant malheureusement vers le sectaire. Celle-ci enjoint à ses adeptes de tout mettre en commun et de vivre comme les premiers chrétiens ce qui est ma foi très beau et fort honorable, de plus, beaucoup de jeunes ont été aidé en son sein. Mais, comme dans la plupart de ce genre d'utopies, certains ont fini par devenir plus égaux que d'autres, l'argent et le pouvoir finissant par tout corrompre, ce n'est pas certes nouveau, le fondateur de ce mouvement a fini par en profiter pour s'enrichir et se faire construire une belle propriété évangélique certainement mais disposant néanmoins d'un jacuzzi, de bornes Wifi dans toutes les pièces, d'une installation vidéo tout confort et bénéficiant des derniers progrès de la domotique. Je suis tojours naïvement surpris par l'habitude qu'ont les gourous de toujours finir ainsi alors même qu'ils se prétendent égaux au reste du troupeau. J'ai remarqué à de multiples reprises que les "initiés" et les responsables de ce genre de mouvement, bien qu'humbles et remplis de componction, ont droit à plus de confort que la piétaille pécheresse qui permet quand même de réaliser quelques juteux bénéfices à peu de frais comme cette autre "jeune" communauté inspirée des pentecôtistes américains devenue une sorte de "pompe à fric" géante. Tout cela, je ne le dis pas par esprit de contradiction ou de provocation, ou en adversaire, mais comme on dirait son avis à un frère ou une soeur.

  • Qu'est-ce que c'est que ce blog ?

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    Sur le titre du blog... 

    medium_arton2.jpgJ'aimerais repréciser quelques petites choses vis-à-vis de ce blog. Il est toujours un peu sur le fil du rasoir, ménageant la chèvre et le chou ce qui est normal car ce n'est pas exactement un blog d'engagement même s'il y en a un qui se dessine quand même en fligrane. Il n'est certes pas toujours très malin et certainement acerbe quand il ne faut pas, mais une bonne partie du temps, du moins je l'espère, de bonne foi. Je crois que finalement, c'est le prolongement du journal que j'"éditais" à Jérusalem, "Le Clairon de Sainte Anne", comme me l'a dit un ami ancien coopérant là-bas comme moi hier. Enfin, il est évident qu'à la "rencontre" virtuelle, forcément incomplète, je préfèrerai toujours une rencontre en "vrai".

    Il est clair cependant que ce blog ne s'appelle pas "Mes terres saintes" pour rien. J'ai vécu en Israèl-Palestine des moments qui sont difficilement partageables avec quelqu'un qui n'est pas allé dans cette région et qui m'ont marqués à vie. Comme nous le constatons à chaque fois dans notre groupe d'anciens volontaires, nous n'avons pas besoin de beaucoup de paroles pour nous comprendre et quand nous nous revoyions, parfois après deux ans sans nouvelles, c'est comme si nous nous étions quittés la veille. Nous avons appris à Jérusalem que rien n'est jamais simple et qu'un engagement trop radical peut parfois faire des ravages et avoir des conséquences graves.

    medium_arton4.jpgJe suis parti pro-palestinien, je suis revenu toujours pro-palestinien mais aussi pro-israèlien car l'oppression la pire que subissent les palestiniens vient en fait de l'intérieur de leur peuple et parfois le désir de justice entraîne encore plus de violences. Et de fait, la situation est des plus complexe. Aller à Jérusalem remet en cause la foi également, pour beaucoup d'entre nous. Personellement, j'ai retrouvé la dimension humaine de ma foi et le sens de l'Incarnation sans pour cela tomber dans le relativisme ou l'idée que Jésus n'était qu'un homme. Ce qui est devenu le plus important à mes yeux sont les actes aussi et la prière. Et mes terres saintes, ce sont mes rencontres, la beauté que je trouve chez les autres, tous les autres, malgré leurs faiblesses, faiblesses qui sont les miennes aussi : je ne suis pas parti là-bas par grandeur d'âme ou générosité et n'en ai pas mené large les premiers temps mais j'y ai appris à vivre pleinement chaque seconde.

    ( Et moi aussi souvent, j'ai du mal à comprendre des invectives ou des plaisanteries plus que gauloises parfois très "limites", mais il faut passer outre même si ce n'est pas simple )

    Sur la politique...

    medium_antigone.2.jpgJ'ai toujours été très sceptique sur le jeu politique. Finalement, c'est toujours Créon qui a le dernier mot sur l'idéalisme ou une quelconque moralisation de la vie politique, même si Créon se fait parfois passer pour un philanthrope ou un justicier. Les puissants décident et le peuple suit en croyant agir librement, cela a toujours été. Derrière les puissants suivent des hommes et femmes de pouvoir à différents niveaux qui profitent dans leur sillage des miettes laissées par quelques oligarques seuls à gouverner effectivement, chacun s'assurant surtout de pérenniser ses propres intérêts et de se placer, du FN à la LCR (on retrouve des troskistes un peu partout dans les organismes d'éducation par exemple, des professeurs d'université complètement dans le système malgré tout au FN ou au MNR).

    Elles sont rares les personnes sincères et vraiment animées par leurs idéaux affichés que j'ai pu rencontrer, de droite ou de gauche, mes soeurs, mes parents, Alain C. entre autres à droite, et la plupart de mes mes amis, Gérard S. entre autres à gauche. Parfois une Antigone ou l'un de ses émules ranime le débat et donne envie de résister à la pensée dominante, parfois même mais rarement, cela aboutit à un résultat concret. Je ne pense pas que certaines différences soient tellement infranchissables, et derrrière les idées, il medium_antigone_3.jpgy a des êtres humains et des actes qu'ils posent. Cependant, je pense qu'il faut une bonne dose de naïveté pour croire que le jeu politique si dérisoire, débat participatif ou rupture tranquille, changera quoi que ce soit à la pauvreté ou l'injustice. Cette société devient d'ailleurs une société de robots, de personnes appliquant des directives sans réfléchir plus loin que çà aux conséquences de leurs décisions. Il me semble que le plus urgent dans notre monde serait d'aider au retour de plus d'humanité, sans tomber pour autant dans la mièvrerie ou la sensiblerie. Enfin, d'avoir longtemps été considèré comme un bourgeois par des "prolos", ou des gens se réduisant à un cliché social, et "prolo" par des bourgeois, ou du moins se croyant tels, est finalement un gage de lucidité.

    PS : Deux vidéos à voir sur des phénomènes spectaculaires naturels en Israèl (signalées par Niki).

     En photos : une vue connue de Jérusalem, l'entrée de Vézelay, Créon dans "Antigone" d'Anouilh joué dans les années 50, Antigone dans une production moderne.

  • Terrorisme intellectuel

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    medium_Mao.jpgCertes, ce livre est de droite, donc forcément subjectif mais il dit quelques vérités utiles, des faits avérés que peu veulent encore réellement voir. Pour les méfaits commis par la droite et les dictatures de droite, il suffit de se reporter à l'abondante bibliographie que l'on trouvera partout, du nazisme à Salazar, de Franco à Pinochet en passant par les "maladresses", bourdes et sottises des différentes administrations américaines. Et la mort du dictateur chilien il y a quelques jours peut aider à rappeler qu'un terrorisme intellectuel ne doit pas en justifier un autre. Aucune idéologie ou foi ne justifie que l'on tue en son nom. Et rappelons que Bernanos n'avait pas hésité à dire la vérité sur les horreurs commises aveuglément par son camp sans pour cela se renier, il était simplement intellectuellement honnête jusqu'au bout (NB : Lu d'ailleurs à ce sujet dans un hebdomadaire catholique financé par la famille Michelin un article dénonçant les pseudo "faux" héritiers de l'écrivain, en particulier ceux qui dénoncent le libéralisme bien sûr). On trouve ce livre dans les librairies de certaines communautés catholiques nouvelles (inspirées pour l'une d'entre elles des pentecôtistes américains, la confession de Bush et de nombreux républicains, il n'y a donc pas de hasard), comme si dans l'esprit de certains, les crimes des uns s'équilibraient avec ceux des autres et que cela les excuse par là-même.
    "Pour ne pas désespérer Billancourt", quelques uns ont menti sur la réalité de régimes medium_castro.jpgdécrits très longtemps comme idylliques alors que c'était d'odieuses dictatures coupables de l'assassinat de millions de personnes, certes pour des causes différentes de celles du nazisme auquel on ne peut les comparer. Il n'empêche que les faits sont indiscutables. Il y en eut comme Gide pour dire la vérité, d'autres comme Aragon dont cela ne remet pas bien sûr en cause le talent pour la nier. Ne parlons de tous les philosophes qui ont oublié leur engagement pour Mao.
    Il y avait une idéologie du progrès, du changement inéluctable, de la destruction naturelle et considérée comme obligatoire des valeurs de l'ancienne société à commencer par les valeurs morales, la famille, la religion. Personne ne s'est demandé ce que l'on mettait à la place et quelles conséquences cela engendrerait-il de détruire tout cela. Certes, il medium_staline.jpgy avait beaucoup d'hypocrisies, il y en a encore d'ailleurs. Mais alors que certaines n'ont d'ailleurs pas bougées, d'autres formes de mensonges et de compromissions sont apparues. Et ce qui contredisait les idées nouvelles était systèmatiquement nié ou ridiculisé.
    On parlait de liberté pour les pays colonisés, souvent avec raison et la décolonisation était de toutes façons obligatoire mais était-il nécessaire de refuser toute aide à ceux qui dans ces peuples souhaitait que la France reste encore un tout petit peu (Hélie de Saint Marc parle très medium_polpot.jpgbien des ordres qu'il a reçu l'obligeant à abandonner des villages entiers en Indochine à la vindicte de leurs compatriotes, ce qui signifie au massacre). On a laissé croire que les pays européens ont accordé l'indépendance à leurs empires par grandeur d'âme de leurs peuples alors que ceux-ci en ressentait au mieux de l'indifférence, au pire du racisme. Personne ne s'est soucié d'aider ses pays à s'en sortir ou à progresser, parfois même on assiste à une sorte de néo-colonialisme de la part même de ceux qui le dénonçait il y a quarante ans.
    On pensait que Dieu était mort comme titrait "Times" en 1965 mais les peuples qui s'en réclament pour justifier leurs violences, le terrorisme ou la guerre n'ont jamais été aussi nombreux. Beaucoup reste sur des schémas anciens, ne voulant pas voir par exemple les causes réelles du retour de l'antisémitisme dans les banlieues et ailleurs comme j'ai pu l'entendre en province à travers plusieurs réflexions extrêmement désagréables.

    "Le terrorisme intellectuel" de Jean Sévilla paru en 2004 à la librairie académique Perrin

  • A Bethléem

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    Bethléem : maison du pain en hébreu, de la viande (sous le sens de toute chair qui se mange) en arabe

    medium_betleem1.jpgDepuis que j'y ai passé deux ans, chaque année quand revient Noèl, je pense à Bethléem. Bien sûr, j'ai assisté les deux fois à la messe, interminable, à la Basilique de la Nativité, ou plutôt à la Basilique Sainte Catherine pour les catholiques, juste à côté. Bien sûr, j'ai râlé les deux ans à cause de la durée de la célébration et du fait qu'il faille supporter trois heures d'attente et les photographes ou les questions des journalistes. Mais j'étais un privilégié car aujourd'hui les chrétiens d'Orient ont à peine le droit de l'être et ceux qui devraient y penser le plus, les chrétiens d'Occident, n'en ont rien à foutre finalement et que même dans les organismes qui pourraient les aider, on trouve surtout des gens favorisant leur carrière. 

    medium_betlem2.jpgLes occidentaux viennent s'extasier devant l'étoile d'argent sensée figurer l'emplacement de la mangeoire (faux : puisque le vrai est vers la crypte de Saint Jérôme un peu plus bas) et s'en retournent chez eux la conscience tranquille. Je préfère d'ailleurs me souvenir de cette mangeoire en granit et imaginer ce qui devait se passer autour, les vieilles femmes cancanant, les hommes autour de Joseph, tout un petit peuple de petites gens, des animaux, le genre de bordel que l'on trouve au Proche Orient dans les souks, des enfants qui courent partout, quelque chose de très humain et non un tableau figé et hiératique. Mais çà, beaucoup sont incapables de voir cette humanité.

  • Ma Foi

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    medium_jer2.2.jpgJe souhaitais répondre un peu plus longuement sur cette question. Oui, j'ai la Foi, non ce n'est pas comme une allégeance à une idéologie. Oui, j'en ai un peu marre d'entendre medium_jer1.2.jpgparler, à chaque fois que je l'évoque, des tueries commises par les catholiques et que l'on prononce parfois trop vite le mot d'intégrisme. Ce texte n'est pas prosélyte en soi, il expose ce qui est ma Foi.

    Oui, le Christianisme a fait commettre aux chrétiens des horreurs et nombre de massacres, oui, il y a eu l'Inquisition, les prêtres bénissant les navires négriers ou les pelotons franquistes, oui, il y a eu des Savonarole mais aussi des Las Casès, oui, il y eut les guerres de religions et il y en a encore maintenant entre chrétiens à commencer par l'Irlande, oui, les chrétiens ont même un mal fou à s'unir entre euxmedium_jer3.2.jpg et à faire preuve de charité entre eux. Je peux témoigner de la situation choquante de certaines communautés religieuses chrétiennes, de parfois le scandale de leur opulence et de la pauvreté juste à côté, de beaucoup d'ignorance et de peur. Oui, la pauvreté existe toujours 2006 ans après la naissance du Christ comme le reproche le personnage du docteur au curé d'Ambricourt dans "le journal du curé de campagne" (Sur la date de la naissance du Christ : né en 0 selon l'ère commune mais il serait plutôt né en -4), le moine ayant calculé le calendrier chrétien s'étant peut-être trompé de quelques années. medium_jer4.jpgOui, les chrétiens ne sont pas toujours très cohérents avec leur Foi. Tout çà a existé, existe encore, et existe dans d'autres religions. Oui, il y a des personnes qui ne sont pas croyantes ou d'une autre Foi qui se conduisent avec humanité, compassion et respect. Il peut sembler un fossé infranchissable entre deux personnes alors qu'en fait elles partagent les mêmes valeurs morales.

    Mais quelqu'un qui a la Foi saura tenir compte de tout cela qui est rationnel. Cela ne diminue pas ma Foi qui s'incarne dans l'image de l'Innocent ou de l'Idiot de Dostoïevski, idée que j'ai reçue du père le Guillou comme celles qui suivent, un dominicain qui m'a fait également découvrir les chrétiens d'Orient (Proche et Moyen Orient) et leur liturgie tournée vers la lumière du Samedi de Päques. L'Innocent, c'est le Christ, Dieu qui s'incarne en tant qu'être humain jusqu'au bout sauf le mal et qui est l'être humain total, dont l'humanité est réellement une humanité complète. La plupart des êtres humains oublient régulièrement une bonne partie de celle-ci pour se laisser aller à la violence et à la haine, à la sottise (je m'inclus bien sûr dans le lot). L'extraordinaire pour un chrétien devrait être donc de développer son humanité et non de la nier, de développer la beauté de cette humanité medium_jer5.jpgglobale, de sorte que "rien de ce qui est humain ne nous soit étranger". Quant au péché, le pire étant celui d'acédie à mon sens, c'est un peu comme le charbon se transformant en diamant. Pour terminer sur le Père le Guillou, ce n'était d'ailleurs pas un "gourou" ou un "maître à penser" qui ne laisse pas réfléchir par soi-même, beaucoup de prêtres et de responsables chrétiens ont à l'inverse cette tentation. C'était quelqu'un qui amenait à réfléchir sans aide extérieure.

    Malheureusement, la Foi est trop souvent travestie en idéologie politique, elle devient un élément comme un autre d'idées personnelles et beaucoup se borne à la morale qu'elle induit et quelques règles qui ne remettent pas trop de choses en question. La Foi, c'est beaucoup plus que çà. Le Christianisme, malgré tout cela, n'a d'ailleurs plus vraiment d'influence dans la société actuelle excepté quelques tabous qui demeurent que l'on ait la Foi ou pas : l'Inceste, la Pédophilie, voler c'est mal, la guerre c'est pas "bô".

    Le problème c'est ce que l'on met à la place et dans le cas présent, et le libéralisme est bel et bien vainqueur dans tous les esprits. La plupart des gens, jeunes ou vieux, ont intégré medium_jer6.jpgcomplètement la marchandisation des corps et des esprits, la nécessaire performance en tout, l'eugénisme social et même l'eugénisme tout court, la sélection des "faibles" et des "forts", système dans lequel nous vivons, les jeunes que je croise tous les jours sont parfaitement cohérents avec ce système, ils l'ont complètement assimilé et sont prêts comme les adultes à toutes les bassesses pour maintenir leur niveau de consommation. Ils ne veulent surtout pas remettre cela en jeu.

  • Autre apophtegme pour la bonne bouche

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    medium_monas.jpgUn frère interrogeait l’higoumène : “Père, comment me libérer de la jalousie et de l’envie ?” Le vieillard lui répondit : “Efforce-toi de découvrir tes qualités et, peu à peu, à les aimer.”

    en photo, le monastère du Wadi Qelt près de Jéricho 

  • Apophtegme d'une mère du désert

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    medium_judee.3.jpgUn jeune homme confia à la vieille Amma Praotice : “J'ai pris la décision d'arrêter mes études pour me retirer dans un monastère. J'y prierai beaucoup, ferai de nombreux sacrifices.”

    Amma lui répondit : “Bravo ! Toutefois une seule chose m'étonne : que tu n'aies pas encore fixé la date de ta canonisation.”

    Amma = Mère (ou Ouma en arabe palestinien, Anne-Marie corrige moi si ya gourance) 

  • Les Béatitudes

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    Je veux passer une partie de mon week-end à réfléchir et méditer sur ce texte. En photo, la chapelle qu'il y a au sommet du mont des Béatitudes. A lire ce texte, cela évoque aussitôt à mon coeur les paysages de Judée, de Galilée et tous ceux que j'y ai rencontrés, mon bonheur de vivre sur cette terre promise parmi ses habitants, mon bonheur de vivre en cette période en goûtant chaque seconde car je savais que cela passerait trop vite. Un jour, nous sommes allés sur ce mont qui n'est pas exactement celui de l'Évangile mais peu importe et le père Stéphane qui nous emmenait nous a dit de fermer les yeux et d'écouter ce texte, le bruit du vent, d'écouter les personnes autour de nous.

    medium_beatitudes.jpgVoyant la foule, Jésus monta sur la montagne  et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.

    Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit : Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! 

    Heureux les affligés, car ils seront consolés ! 

    Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre ! 

    Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! 

    Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! 

    Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ! 

    Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! 

    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! 

    Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi.

  • Abolir les partis ?

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    medium_PS.jpgIl y a quelques temps, un éditorial de "la Nef", journal catholique dont la rédaction est composée de nombreux anciens d'"Immédiatement" ancienne formule, proposait l'abolition des partis pour que tout le monde marche enfin dans le même sens et que l'on avance, prétextant que finalement droite et gauche c'est pareil, que l'on applique simplement les théories qui fonctionnent. Ils auraient dû aller plus loin dans leur raisonnement, cela s'appelle medium_UMP.2.jpgde l'"empirisme organisateur" et a été enoncé par Charles Maurras au sein de la ligue d'"Action Française" avant la première Guerre Mondiale. Cela se répand de plus en plus sur le Net et correspond aussi à une dérive perverse de la société libérale qui est que peu de monde supporte encore la contradiction et la différence car cela remet en cause l'allégeance de la majorité au libéralisme sensé continuer à nous procurer le même confort matériel.

    medium_lcr.jpgSauf que droite et gauche, ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet. Bien sûr, tout le monde se retrouve sur le respect des libertés publiques et des droits de l'homme quoique parfois je doute de la sincèrité de tous les hommes politiques sur le sujet. Je me suis demandé si cela pouvait être aussi une pose de ma part, une manière personnelle de se mettre en valeur, mais la conception de l'économie à droite diffère malgré tout vraiment de medium_FN.2.jpgcelle de la gauche excepté quelques points de gestion objectifs qui ne peuvent pas être menés autrement que d'une seule manière, et encore d'ailleurs. La droite actuelle subordonne tout à l'économique en restant fixée sur la vieille idée que quelqu'un qui est pauvre est quelqu'un qui ne veut pas s'en sortir. Malheureusement, elle est suivie en partie là-dessus par quelques uns à gauche qui sont dans l'idée qu'il y a des impondérables : l'Europe, la mondialisation. Or, ce ne sont pas des fatalités malgré tout le bourrage de crâne que l'on nous en fait.

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  • Peut-on critiquer les religions ? L'émission de Bern hier soir

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    medium_synagogue.jpgHier soir, j'ai regardé l'émission de Bern sur les religions dont la question était : "A-t-on le droit de critiquer les religions ?". Y étaient invités des représentants des trois religions monothéistes dont Jean-Michel Di Falco, plutôt ouvert, un rabbin semblant plutôt libéral et un imam musulman modéré qui aime bien la critique "si elle est constructive" (quand ce n'est plus une critique donc), le député se proposant d'instituer une loi anti-blasphème, Odon Vallet, Rachida Khalil, Jacques Attali, de loin l'intervenant le plus subtil et le plus nuancé de la soirée. Il a rappelé que les trois religions "du livre" ont permis de cultiver medium_reims.2.jpgl'espérance des croyants au cours des siècles et qu'elle en a poussé certains à massacrer ce qui est incontestable. Il me semble pour ce que je connais que la position de Monseigneur Di Falco est cependant bien isolée vis-à-vis de la grande majorité des croyants actuels ; les catholiques progressistes ont des enfants qui ne vont plus à la messe, les jeunes qui pratiquent aujourd'hui aiment plutôt la messe en latin et une doctrine très carrée bien éloignée du medium_mosquee.jpgquestionnement de l'époque précédente. Les juifs ont été une communauté extrêmement meurtrie par la Shoah, c'est le moins que l'on puisse dire, mais une jeune femme présente sur le plateau, Olivia Cattan (auteur avec Kenza "du Loft" de "Deux femmes en colère") a opportunément rappelé le sort de ses semblables qui leur est réservé par les plus intégristes et le Talmud. Quant à l'imam, il a paru beaucoup moins vindicatif finalement que Mouloud Aounit pour qui toute critique de l'Islam s'assimile à du racisme et qui compare Redeker à Ben Laden. J'ai trouvé çà assez effrayant qu'une partie du public l'applaudisse pour cela.

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  • Vision millénaire en attendant le bus

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    medium_bedouin.jpgHier soir, en allant chez des amis, j'allai m'asseoir à côté d'un vieux monsieur africain en djellabah pour attendre le bus. Il avait un calot sombre et son vêtement était couleur de terre, il portait des mules en cuir dans lesquelles il était pieds nus. A la main, il tenait un chapelet en ébène et métal qu'il égrènait lentement en psalmodiant les 99 noms de Dieu qu'il y a dans l'Islam. La mélopée était facile à comprendre et à chaque nom il ponctuait d'un "Allah Akbhar" un peu plus fort. En une seconde, j'étais sur la piste pas loin de Djibouti. Bien sûr, pas d'exotisme de pacotille ni d'idéalisation d'une image de bon sauvage, car c'était peut-être une vieille fripouille madrée mais sa prière exhalait quelque chose, la nostalgie d'un paradis perdu, d'une sagesse immémoriale oubliée...

  • La foi est-elle donc une idéologie ?

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    medium_Vatican.jpgJ'ai entendu une personne me dire aujourd'hui qu'on la reprenait parfois sur certains points qu'elle énonçait en lui disant que "ce n'était pas en accord avec la doctrine". C'est donc, si j'ai bien compris, que la foi est une doctrine donc une idéologie. Ce n'est donc pas un élan de l'âme et du coeur qui pousse à aller vers les autres et leur donner sans cesse ? Y-a-til une carte d'adhérent ? A comnbien se monte la cotisation s'il y en a une et à quoi donne-t-elle droit ? Ce peut être une bonne question. Beaucoup de croyants donnent d'ailleurs des leçons de doctrine ce qui leur évite souvent de se pencher sur leur propre cas. Beaucoup se conduisent très gentiment mais de cette gentillesse écoeurante, dégoulinante qui sent le volontarisme et qui est la plupart du temps très ostentatoire. Enfin, on oublie souvent des points de cette doctrine quand cela arrange. Si je me souviens bien, ce n'est pas le pape Pie X qui a condamné le socialisme et le libéralisme dans une de ses encycliques sur le modernisme ? Étrangement, pourtant, la plupart des électeurs catholiques s'accomodent très bien de ce système économique en lui-même inique : "il ne faut plus avoir peur de l'argent", "l'économie ne doit plus effrayer" et j'en passe.

  • Rencontre au café...

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    medium_vin.jpgLundi matin au café en face de la gare d'Evreux, j'attends le car en lisant le journal, la première page est sur le triple infanticide dont on parle beaucoup. Un homme à la table à côté de la mienne m'interpelle : "C'est horrible, hein ?". Il est neuf heures et il en est déjà au rosé, un ballon de ce liquide juste sous le nez. Il a un ami avec lui, un type taciturne qui boit un café. Il soliloque et m'explique qu'il a été en prison à cause, selon lui, d'un "vol de boîte de sardines". Il m'explique sa vie là-bas, il était avec un gamin en cellule mais "il ne l'a pas violé, hein, il a été gentil avec lui". Il est resté en taule six mois, "la bouffe était bonne". Il me demande ce que je fais, il fronce un peu les sourcils pour montrer son attention; Il compatit gravement quand je lui explique que je fais deux heures de car pour aller travailler à Gisors. Il me dit qu'il loge avec son "copain Jean-Pierre", qu'ils s'entendent bien mais que ce n'est pas toujours rose. Un jour, il a "pété les plombs" et "Jean-Pierre a dû appeler les flics". Ce sont des moments comme çà qui m'empêche d'être misanthrope et cynique, cet homme, du fond de son abîme, était capable d'attention pour les autres, un papa pour une Mouchette qui se croit au fond du gouffre et qui est dans le même temps plus proche de la sainteté que d'autres. On était très loin des grandes déclarations de principes, des beaux discours et des bonnes intentions.

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  • A Bethléem à Noël

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    medium_Betleem.jpgFinalement, ce qui me choque chez beaucoup de croyants, c'est cette difficulté à se mêler au reste du monde. Un prêtre que j'aime beaucoup, le père Le Guillou, nous disait souvent que les chrétiens font partie de leur monde et de leur époque à part entière sans que cela signifie pour autant qu'ils doivent tout en accepter. Or, maintentant, arguant du respect légitime dû à chacun, chaque groupe religieux veut vivre dans son coin sans être confronté aux autres comme le montre un peu la situation de la vieille ville de Jérusalem, chacun dans son quartier dont l'on ne sort pas. A tel point que les mariages consanguins, en ces lieux, sont là-bas monnaie courante chez les juifs comme les chrétiens ou les musulmans. L'anecdote que Victor rapportait sur les musulmans pourrait concerner aussi bien des chrétiens que des juifs. Je ne supporte plus leur incapacité à vivre, comme ils disent, des moments "simplement humains". J'en veux pour preuve une autre anecdote.

    A Bethléem, à Noël 1998, nous sommes allés à la messe à la Basilique de la Nativité. Avec d'autres coopérants, nous avions organisé un réveillon après la cérémonie en passant outre les remarques de nos camarades qui parlaient de "divertissement matérialiste". Nous n'avions pas prévu jusqu'à quel point leur exaltation se haussait. Après cinq heures de messe, nous sommes descendus au "champ des bergers" pour une deuxième fournée, puis une troisième remontés à la basilique et une quatrième vers cinq heures du matin. Cela m'a donné l'horreur de ce "maximalisme spirituel". Ce qui est "simplement humain" et permet de se retrouver sans faire de différences est plus important.

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  • Rebond de "Libération" sur la violence et l'Islam

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    medium_Meddeb.jpg

    photo : portrait de l'auteur 

    Dans un article de Libération de ce matin, un penseur musulman revient sur le thème de la violence et l'Islam. Il signale opportunément que plusieurs journaux libanais et égyptiens ont publié le texte du Pape "in extenso" et y ont répondu sans haine. Selon lui, un sourate du Coran contredit celui de l'épée et de la guerre sainte. La violence n'est donc pas inscrite dans ce texte d'après son opinion. Les croyants le comprendraient très mal et la manière "maximaliste" de concevoir l'Islam selon son terme serait en fait minoritaire. Sa démonstration aurait été intéressante s'il n'avait pu s'empêcher de revenir à la comparaison entre la "cruauté" du Christianisme, le sionisme et le terrorisme, des comparaisons qui n'ont pas de sens. Les violences des uns n'excusent pas celles des autres.

    Site sur l'auteur de l'article

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  • Aboiements

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    medium_tolerance.jpgDepuis deux jours un aboyeur, schnauzer, vient donner quelques commentaires sur ce blog et celui des Moissonneuses où il manque singulièrement d'élégance. C'est pourtant quelqu'un qui donne des leçons de tolérance et de réflexion sur le sien. On y trouve de très sages textes de philosophie et de réflexions sur la littérature. Comme beaucoup d'idéologues qui appliquent une théorie à leurs raisonnements sans trop se poser de questions, accusant d'ailleurs les autres de se conduire en rouleaux compresseurs de la pensée. Il énonce plusieurs clichés sur le racisme, le colonialisme et les religions, enfin, on critiquera surtout le catholicisme, c'est plus prudent, critiquer les autres fois serait considèré comme raciste à ses yeux. Il s'est permis de critiquer un de mes textes sans m'offrir la possibilité de lui répondre ou de discuter avec lui. Je suis toujours, enfin, surpris du comportement d'inquisiteur de ce genre d'individus.  

  • La loi sur le génocide arménien

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    medium_erevan.jpgLa loi sur le génocide arménien me laisse partagé. En un sens, je suis content et trouve qu'on devrait l'étendre à tous les négationnismes car j'en ai plus que marre d'entendre mes élèves ou d'autres jeunes dans la rue, ou des adultes, nier la réalité de l'Holocauste ("les juifs l'ont bien cherché, m'sieur", entendu texto) ou justement de l'extermination rationnalisée des arméniens par les turcs qui ont détruit une civilisation ("Génocide quel génocide m'sieur", entendu texto aussi en cours). Je remarque aussi qu'il semble que l'on n'a pas le droit d'aborder un massacre commis par d'autres que des occidentaux encore confits en repentance. Cependant, cette loi est dangereuse car elle est d'ores et déjà critiquée par de nombreux musulmans qui la prennent pour un nouvel affront. Malgré tout, il est bon de rappeler certaines choses de temps à autres, sans parler des 3000 crimes d'honneur commis par an en Turquie.

    En photo : le monument d'Erevan rappelant le génocide arménien

    L'article du Monde sur le sujet

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  • "Aux captifs la libération"

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    medium_captifs.jpgCette note a pour but de montrer que l'Église n'est pas un ensemble monolithique, un rouleau compresseur idéologique, qu'il y a des manières d'agir radicalement évangéliques sans pour autant tomber dans le cliché "chrétien de gauche bien-pensant buveur d'eau gazeuse lecteur de Télérama"). Cette association catholique, découverte gràce une de mes soeurs et Néhel, va voir les prostituées(és), les transsexuels, les SDF, les drogués où ils ont le plus souvent, c'est-à-dire à la rue et les aident. Il n'y a aucune condamnation, aucun jugement prononcé, pas d'apostolat maladroit pour se faire plaisir ou guérir de ses propres problèmes, Il sont accueillis tels qu'ils sont dans leurs pauvretés spirituelles, souvent moindres que bien des personnes vivant plus confortablement, leurs blessures et leurs richesses à la manière de la Samaritaine. J'ai pu le voir en lisant des témoignages de leur pélerinage à Lourdes qui montre la lucidité de ces personnes sur l'humaine nature, leur acuité à déterminer les failles et pourtant leur Foi intangible dans l'amour possible chez les autres. Il y a souvent des passions qui s'exacerbent au sujet d'un thème du fait de blessures personnelles, d'une culpabilité, là on est dans l'immédiateté de la souffrance, dans l'essentiel sans pour autant minimiser d'autres souffrances, il n'en est pas de petites ou de méprisables.

    medium_SDF.jpgQuand je demandai à l'un des membres de cette association que j'ai rencontré ce que l'on peut faire, il me répondit que ce n'est pas si dur, il suffit de parler avec ces plus pauvres, parfois de descendre avec une boisson chaude dans un récipient et des fruits à partager avec eux. Bien sûr, comme il le dit bien, ce ne sont que des gestes ponctuels, alors que le problème est à règler à la base de notre système social, mais des gestes qui apportent au moins un minimum d'humanité. Il ne s'agit pas d'idéaliser les pauvres ou la pauvreté mais d'être avec eux.

     Le site des Captifs

    Une association laïque dans le même esprit pour ceux qui auraient peur d'être cathéchisés sauvagement, Solidarité Des Français

  • Les autres chrétiens découverts au Proche Orient

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    medium_TS1.jpgA Jérusalem, pour aller à la messe le dimanche, j'avais plusieurs choix : la messe chez les dominicains de l'École Biblique, à six dans l'église, celle des fransiscains où se retrouvaient les pélerins et celle encore d'Abu Gosh, le monastère jumelé du Bec Hellouin à une dizaine de kilomètres ou bien aller célébrer avec les chrétiens palestiniens qui avaient besoin de voir que l'on ne les oubliait medium_TS2.jpgpas. J'aime beaucoup l'École Biblique pour la qualité des homélies et le respect de la liturgie et du rite dans ce que cela a de plus solennel mais autant rester en France, Abu Gosh me faisait penser à un Disneyland biblique, les touristes mitraillant l'église certes du roman le plus pur pendant toute la cérémonie. Gràce au père Stéphane Joulain, un "père  blanc", j'ai découvert la paroisse de Ramallah, beaucoup plus accueillante, plus humaine. Nous n'étions parfois que trois occidentaux dans l'assemblée mais à chaque fois, le prêtre redisait son homélie en français et il y avait toujours quelqu'un pour nous indiquer où nous en étions. Pourtant, ces chrétiens étaient entourés des check-points israèliens, subissaient les diatribes haineuses de la demie-douzaine de minarets installés autour d'eux, tous soumis au Hamas et ne savaient pas du jour au lendemain s'ils allaient pouvoir conserver leur travail.

    Catholiques ou orthodoxes ?

    medium_TS3.jpgLes chrétiens du Proche Orient sont à 40% environ catholiques rattachés à Rome mais avec des originalités comme l'ordination d'hommes mariés. Ce qui les sépare des orthodoxes (chrétiens rattachés aux patriarcats de Grèce ou de Russie) ce sont surtout des questions de propriété, le curé orthodoxe est propriétaire en son nom de sa paroisse et refuse que celle-ci leur échappe. On les comprend plus ou moins car cela remettrait en question leur rôle encore important là-bas. Parfois, medium_TS4.jpgce sont eux les vrais maires ou députés de leur village. Il y a une douzaine d'églises au Proche Orient : les melchites, ou grecs-catholiques, les assyriens, les syriaques, les arméniens, les coptes, les éthiopiens, les syro-malabares, les judéo-chrétiens, les orthodoxes grecs, les orthodoxes russes, les coptes orthodoxe, les éthiopiens orthodoxes, les maronites, les luthériens, les anglicans. Les catholiques romains, d'Occident, voient souvent tout cela comme du folklore ou des survivances inutiles, ou bien font l'amalgame avec tous les autres arabes et lancent parfois : "c'est des bougnoules quoi !".

    medium_TS5.jpgLes rites des chrétiens d'Orient sont tournés vers la lumière du samedi de la Résurrection qu'ils appellent "Samedi de la lumière" d'ailleurs, un jour où cette lumière portée de cierge en cierge allumés au Saint Sépulcre est même partagée avec les musulmans car chrétiens et musulmans ne vivent pas en trop mauvaise entente bien que cela se dégrade depuis quelques années du fait de la sottise et de l'ignorance des chrétiens occidentaux présents au Proche Orient qui n'ont que des schémas obsolètes concernant la région quand ceux-ci ne se prennent pas pour des nouveaux croisés, soutiennent l'un ou l'autre camp sans se soucier des conséquences. Quand on assiste à l'Eucharistie en Orient, on peut croire que le prêtre se cache, au moment de la consécration du pain, derrière l'iconostase ou mur d'icônes alors qu'en fait c'est comme un effet de loupe, l'art des icônes transcendant les paroles du prêtre et les sublimant.

    Photos : Du haut vers le bas ; le plafond du dôme d'une église russe, Saint Pierre dans une des églises de Nazareth, le Saint Sépulcre, l'entrée (on aperçoit l'échelle servant au garçon musulman qui ouvre la porte chaque jour), le Saint Sépulcre dans sa globalité hétéroclite, l'église du calvaire à l'intérieur, à doite les "latins", à gauche, les orthodoxes.

  • Le catholicisme en France

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    medium_Amiens.jpgIl est de bon ton depuis quelques années de dénigrer systématiquement le catholicisme en France, que ce soit dans les émissions dites satiriques et les fictions. Celui-ci est devenu, selon la caricature, au pire un réservoir de pédophiles, un troupeau d'individus frustrés ou un ensemble de superstitions stupides, au mieux, une manière pour les milieux bourgeois de se reproduire de générations en générations, ce qui n'est pas entièrement faux quant aux catholiques traditionnalistes. Ou alors, on critique les déclarations du Pape sur le préservatif, en oubliant sa doctrine sociale ou le travail de tous les membres des ONG chrétiennes qui en Afrique par exemple sont en première ligne quant à la prévention du SIDA.

    medium_Chartres.jpgIl y eut après le Concile Vatican II la contestation des catholiques les plus conservateurs, et l'extrêmisme de religieux et de laïcs jusqu'au-boutistes. La déchristiannisation de la France s'accélère depuis vingt ans et va de pair avec une ignorance quasi totale des cultures religieuses d'où qu'elles viennent. Cependant, les nouvelles communautés chrétiennes issues du mouvement charismatique des années 1970 amènent ce qui semble être un renouveau de l'Église et une manière de pratiquer plus tournées vers la sensibilité, un certain romantisme spirituel, qui va de pair d'ailleurs avec l'anti-intellectualisme répandu dans toute la société.
    medium_reims.jpgOn oublie également souvent le travail de recherche historique effectué par les dominicains par exemple, très loin d'une histoire racontée par "la légende dorée", le travail de compréhension, d'intégration et d'écoute des cultures d'origine étrangère implantée en France. Celles-ci représentent le nouveau défi en matière de fait religieux, un défi dont beaucoup n'ont pas conscience.

    Titre : Le fait religieux aujourd'hui en France, les trente dernières années (1974-2004) | Auteur : Yves-Marie Hilaire, Gérard Cholvy | Editeur : Cerf, sorti en 2005

    En photos des images de mes cathédrales préférées : Reims, Chartres et Amiens

  • Que fait Amaury quand il est déprimé ?

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    medium_deprime.jpgQuand il est déprimé, Amaury se lève tard, très tard, allume la télévision, l'éteint, la rallume, y trouve une occasion d'exercer sa misanthropie qui s'exacerbe quand il est fatigué ou déprimé. Il éteint de nouveau l'appareil et décide de se faire un café ce qui est une mauvaise idée car il sera encore plus agacé par le monde qui l'entoure. Comme tous les matins de déprime, il y a son étagère de CD qui semble faire exprès de se jeter contre ses mollets et d'être dotée d'une vie propre. Il va sans dire que tous les CD tombent alors. En râlant, Amaury les remet et se dirige vers son coin-cuisine qu'il retrouve à grand-peine sous le monceau de vaisselle non-faite. A dix heures et demie, il entend les cloches sonner pour annoncer la messe dominicale.

    Il se dit qu'il ne va pas y aller puis saisi de scrupules finit quand même par s'habiller. A l'église, le démon de l'ironie recommence à le travailler, il voudrait bien que celui-ci le laisse en paix mais il règne dans la cathédrale d'Evreux une ambiance lugubre ce qui le distrait. En sortant, il croise le regard de Thérèse de Lisieux sur la grande photo en noir et blanc d'une chapelle, comme d'habitude, il a l'impression qu'elle est à la fois peinée de ses attentes frustrées et qu'elle se moque gentiment de son humeur du jour. Comme Juliette Gréco, Amaury hait les dimanches, enfin certains dimanches comme celui-là où il ne peut qu'attendre le lendemain et comprendre qu'il est soutenu en regardant les commentaires laissés sur son blog et en allant commenter sur celui des Moissonneuses.

  • Consommateur et catholique

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    medium_cyrillus.jpgCe qui me gêne particulièrement chez la plupart des catholiques actuels, ce n'est pas leur milieu social (la plupart sont quand même des caricatures archétypales de bourgeois BCBG) on dirait parfois que ce sont des publicités vivantes pour Cyrillus la marque de vêtements chic, ce n'est pas leurs options politiques ou de placement dans l'Église : "cathos tradis" ou charismatiques, finalement peu m'importe. Du point de vue de la foi, nous sommes de la même famille et dans uine famille chaque personne est différente. Et on a le droit de ne pas supporter telle ou telle pratique spécifique à un groupe. Cependant, il est à noter que la plupart des ecclésiastique se résignent à cet état de faits social et s'en contentent. Certains s'en réjouissent même car venant de ce milieu BCBG allant jusqu'à proclamer qu'ils ne pourraient pas faire de l'apostolat ailleurs. Cela a le mérite d'être franc. On s'intéresse d'abord aux plus aisés finalement avant d'allers vers "les petits" quand le fait de faire partie du rotary aide à se faire connaître en paroisse.(photo: un exemple de ce que j'entend par archétype)

    medium_premiers_chretiens.jpgNon, ce qui me choque, c'est que finalement les catholiques, comme d'autres religions, ne remettent absolument pas en cause le consumérisme de notre société dont on nous dit que c'est le seul choix de société possibie depuis la "chute du Mur" comme s'il n'y avait pas d'autres alternatives. Il faut quand même rappeler que le mode de vie des premiers chrétiens était largement plus proche d'un mode de vie collectiviste que le nôtre, largement plus radical d'un point de vue évangélique. Avec des aménagements, on peut tout envisager, pourquoi cela ne semble-t-il pas possible maintenant ? Mais je pense que le cerveau des catholiques dans leur grande majorité est normé pour un comportement dit "normal" aux yeux de la majorité, bien cadré et docile, surtout docile. (photo des habitations des Essèniens où vécurent aussi des premiers Chrétiens)

    medium_Zmmanuel.jpgCe qui me choque aussi, c'est que la plupart des cathos pensent que politiquement il doivent être des conservateurs de droite qui ne retiennent de la charité que des préceptes moralisateurs ou des bien-pensants également archétypaux. Certes, il y a des communautés nouvelles qui s'inspirent de ce mode de vie en collectivité mais peu sont réellement capables de voir autre chose qu'une sorte d'idéal spirituel inaccessible qu'elles se construisent. Au Proche Orient, toutes sans exceptions passaient par exemple devant les colonies israèliennes sans s'en choquer, convoquaient les soldats de Tsahal pour surveiller le chemin de croix, surveiller les chrétiens locaux et les musulmans pour qu'ils ne s'approchent le tout à cause de préjugés racistes. Au Proche Orient, aucune de ces communautés ne se posaient de questions sur le fait qu'elles vivaient dans des conditions décentes pendant qu'à côté parfois des familles s'entassaient sur 20 mètres carrés sur trois générations. Là-bas, nous vivions dans un microcosme représentatif des chrétiens en Europe et de leur comportement réel, une seule communauté pratiquait la charité au sens complet, vrai et incarné, les petites soeurs de Foucauld. (photo : une cérémonie dans une communauté nouvelle)

    Personellement, je pense souvent, comme exemple, à mes grands-parents maternels qui ont fait partie du Tiers ordre de Saint François pendant soixante ans sans prétentions aucune ou orgueil mal placé, faisant du bien sans le dire.

  • La communion des hommes

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    medium_pere_le_Guillou.jpgQuand le père le Guillou parlait du mystère de la Croix ou de la souffrance, ou de la joie, il vivait le tout dans sa chair. Il n'en parlait jamais comme de concepts intellectuels reliant toujours le tout à l'Incarnation. De plus, il était très au fait des spiritualités des chrétiens d'Orient, des juifs et des musulmans et les intégrait dans sa vie quotidienne. Ce n'était pas un gourou comme le deviennent parfois certains prêtres, sa réflexion incite à réfléchir par soi-même. Il avait beaucoup d'humour, parfois caustique, et une qualité rare chez un homme de cette culture, la capacité de parler à une petite fille de 7 ans de choses simples, même s'il est vrai que les enfants étaient malgré tout impressionnés. Il ne jugeait ou ne condamnait personne, rien de ce qui est humain ne lui était étranger.

    Homélie sur les lectures suivantes Jerémie23,1-6 Ephésiens2,13-18 Marc6,30-34

    "Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu ". Le Christ demande à ses apôtres de s'écarter de cette foule immense qui les enveloppe pour être à l'écart et se reposer un peu. C'est ce que lui-même fait souvent: il part dans la montagne à l'écart pour prier son Père. Le Christ veut ainsi montrer à ses apôtres que leur premier devoir est de se mettre à l'écart avec lui et de se reposer en lui. Il choisissait ses apôtres d'abord pour être avec lui, ensuite pour prêcher.
    Etre avec lui signifie découvrir le mystère de Dieu de l'intérieur et être capables d'en parler. " Venez à l'écart dans un endroit désert et reposez-vous un peu ". C'est le la part du Seigneur une invitation solennelle pour aller au cœur de la vie du Christ. Le cœur de la vie du Christ est de parler avec son Père.
    Etre à l'écart avec le Christ, c'est être auprès de son Père, c'est vivre dans le secret de son Père. Cela doit être le sens de notre vie quotidienne. Nous devons, nous aussi, prendre des temps, à l'écart, pour se reposer en Dieu.
    C'est une des données fondamentales de toute l'histoire d'Israël. La grande réalité de la vie est le repos donné dans le Seigneur, le repos qui nous donne de demeurer près de lui et d'expérimenter sa présence. Il s'agit de découvrir au plus profond de nous-mêmes sa présence et d'aller évangéliser ceux qui n'ont pas entendu cet appel.
    Remarquons que la foule déjoue cet appel d'aller dans un endroit désert. " A pied, de toutes les villes, ils courent là-bas et arrivent avant eux ". Le Christ est pris de pitié devant cette grande foule. Il se trouve devant des brebis sans berger, devant des hommes accablés, des hommes qui portent le poids de toute une vie de souffrances et il veut les réconforter. " Il est saisi de pitié envers eux, parce qu'ils sont comme des brebis sans berger, alors, il se met à les instruire longuement ". Le Christ se donne tout entier et se livre à eux parce que sa pitié est celle de son Père pour les hommes sans pasteur.
    Jérémie parle des misérables bergers: "A cause de vous, mes brebis se sont égarées et dispersées, et vous ne vous êtes pas occupés d'elles ". C'est Dieu lui-même qui va rassembler ces brebis et les ramener dans leurs pâturages pour qu'elles soient fécondes et se multiplient. Le Christ est pris d'une immense pitié pour la foule qu'il a devant les yeux et sa vie n'est qu'une déclaration d'amour pour les brebis sans berger.
    Dans le cœur du Christ, il y a une compassion étonnante, reflet de celle même de Dieu, compassion devant la souffrance des hommes, devant le manque d'enseignement des hommes, devant le manque de communion entre les hommes. La vie du Christ n'a qu'un but, celui de rassembler dans l'amour tous les hommes, les amener à l'écart et les faire se reposer en Dieu. J'insiste bien: se reposer dans le Christ, comme il le fait lui-même dans le Père pour être disponibles à l'égard de tous les hommes et livrés pour eux.
    Le fait pour le Christ d'être saisi de pitié pour les hommes, d'en avoir compassion et de les instruire lui permet de rétablir la communion entre tous les hommes. Il est mort pour que les enfants de Dieu dispersés dans le monde soient réunis en lui. Il donne sa vie pour ses brebis et c'est ainsi qu'il " créé en lui un seul Homme nouveau ".