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république

  • Tous addicts à la technocratie

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     ob_ae846d_emmanuel-macron-meeting-paris-720x403.jpgNotre pays est gouverné depuis maintenant plus de 70 ans par la technocratie, par des hauts fonctionnaires formés pour cela, ce qu'est Emmanuel Macron, modèle de « réussite » selon les critères des nantis, des oligarques. Ceux-ci sortent tous des mêmes grandes écoles, ont tous les mêmes perceptions des situations, ont tous les mêmes propositions en réponses. Tous ces gouvernants professionnels considèrent que le politique doit se plier impérativement à l'économique, et donc à des obligations de rentabilité ou de performance. Ils n'ont pas d'idées, pas d'idéologies, ils choisissent généralement tel ou tel parti comme le comédien choisit son "emploi" de théâtre. Ils sélectionnent un "créneau" pour eux porteur pour leur carrière.

     

    Rien de sincère là-dedans, seule leur réussite personnelle compte. Si encore d'aventure ils avaient le souci du Bien Commun...

     

    Si encore ils avaient une vision pour notre société, des rêves, des idéaux...

     

    ...Ce qui était au départ une idée pouvant sembler rationnelle est devenu le principal mal de notre système politique, le principal vecteur de manque de représentativité de nos représentants théoriques et par là leur manque total d'empathie envers le « pays réel ».

     

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  • Réac ou réac ou pas réac

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    alexandre devecchio, société, réacs, révolution, république, droits de l'homme, amaury watremezDans la nouvelle livraison de "Causeur" j'ai lu avec beaucoup d'intérêt, non feint, l'entretien que mène Élisabeth Lévy avec Alexandre Devecchio au sujet de "les nouveaux enfants du siècle" par icelui. Il y décrit le "retour de balancier" de la politique au sein de la jeune génération vers des opinions de droite décomplexée sur le plan collectif ou personnel, sur celui de la morale individuelle ou collective. L'auteur de l'ouvrage se dit lui-même réac, assume, ce qui me  le rend instinctivement sympathique bien sûr. J'apprécie que l'on sorte des rails volontairement. J'ai des faiblesses et beaucoup de lubies que l'on connaît bien hélas. Mais c'est sur la définition de "réac" que nous divergeons grandement.

     

    Selon lui, être réac c'est souhaiter le rétablissement de l'autorité de la République et de ses valeurs, de la "Common Decency" y étant donc liée. Il oublie quand même une chose. Les valeurs issues de la Révolution Française sont par essence progressistes. Ce n'est pas un jugement de valeur de ma part, mais juste une constatation objective. Elles impliquent une évolution inéluctable de la société dans son ensemble et donc la disparition de l'Ordre ancien, moral et politique, pour le remplacer par un ordre, ou désordre, nouveau réputé émancipateur.

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  • Lettre à Antonin Bernanos

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    Antonin,

    politique, société, Bernanos, Antonin Bernanos, antifa, République, kevin phillipy, amaury watremezJe lis avec passion les ouvrages de ton arrière grand-père depuis longtemps déjà. Ce qu'il écrit sur la conspiration de l'époque moderne contre toute espèce de vie intérieure est encore plus que jamais d'actualité. Il était si grand et nous sommes si petits, si faibles, si soucieux de conserver encore quelques années nos privilèges d'occidentaux trop nourris, étalant leur pathos mièvre devant tous les passants. Je n'ose penser ce qu'il eût écrit de « Facebook » et autres réseaux dits sociaux où la plupart des intervenants joue un rôle. Injustement, et à cause des « Grands cimetières sous la lune », Georges Bernanos est encore et toujours rangé dans le tiroir des auteurs anti-fascistes et considéré comme un ancien méchant, atroce maurrassien ayant retourné sa veste au bon moment dans le sens qu'il convenait....

     

    ...Ce serait oublier une interview qu'il donna peu avant sa mort. Un journaliste américain lui demandait ce qui l'avait convaincu à devenir un tel défenseur de la démocratie contre les totalitarismes. L'auteur du « Curé de campagne » l'engueula plus vertement en lui rappelant qu'il n'avait abandonné ni ses convictions royalistes, ni sa Foi catholique ardente, les arbitres des élégances politiques la qualifierait de traditionnaliste, et qu'il méprisait autant les démocraties dites libérales que le fascisme ou le nazisme ou le stalinisme.

     

    Je n'avais pas entendu parler de toi, Antonin, jusqu'à ce geste fou, imbécile, que tu aurais commis il y a quelques jours avec ton frère contre la voiture d'un policier, voulant le faire griller comme un « poulet rôti » aurais tu dit. Sur la photo de toi circulant sur le net, dans une manif pour ton ami Clément Méric, tu es le seul à ne pas te cacher derrière des lunettes noires comme tes camarades, à avoir un regard franc, haut, regardant directement dans les yeux. Il est surprenant de voir à quel point tes amis « antifas » apprécient les uniformes paramilitaires, les postures de guerre, exactement comme ceux qu'ils prétendent combattre. Ce flic, tu aurais voulu le tuer pourquoi finalement ?...

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  • Des laïcs virtuels - 4000ème note

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    politique, société, blog, 4000 notes, amaury watremez, islam, laïcité, république, valeurs, moralePour le quatre-millième billet de ce blog (le premier c'était cela), j'ai eu envie d'être un peu plus « poil à gratter » que d'habitude. Le petit bourgeois hédoniste et réactionnaire que je suis, est marqué par le sens de la dérision de le dernière génération inconsciente des années soixante, celle qui trouve que la gravité est le bonheur des imbéciles, et que c'est ce qui paraît futile et superflu aux yeux des cuistres le plus important dans une vie. Nous avons vu arriver les « petits jeunes gens réalistes » de la génération suivante, soumis à quelques exceptions notables au consumérisme, au discours libéral libertaire, aux communautarismes.

     

    On ne peut entièrement les blâmer, ils sont les enfants de la paupérisation, de la précarisation tous azimuts des salariés, de l'emploi, de la mondialisation réputée « heureuse ». Celle-ci intègre tout le monde il faut dire, l'argent n'ayant pas d'odeur, aigrefins de toute obédience, régimes théocratiques violents, monarchies pétrolières esclavagistes, cela ne pose aucun problème tant que des capitaux sont injectés dans le système, y compris ceux provenant de la vente du pétrole du soit-disant « État Islamique ».

     

    Ils acceptent ceux-ci d'ailleurs non pas par grandeur d'âme et ouverture au monde mais par lâcheté et renoncement aux valeurs morales communes, par abandon de la transmission des valeurs et, ou d'une culture. Chacun dans son coin, tout seul ou au sein de sa communauté, de sa tribu, fait « sa sauce » à son idée, s'imaginant être une génération née « ex nihilo », ayant tout compris, mieux que ses ascendants, et redécouvrant donc régulièrement de ce fait l'eau tiède...

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  • Trente ans pour embellir une légende politique - d'un 10 Mai à l'autre

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     Je me souviens bien de la mort de François Mitterrand le 8 Janvier 1996, du chagrin sincère d'un de mes amis, qui mit une cravate noire, et alla à la messe officielle célébrée par Monseigneur Lustiger le 11 du même mois, qui fut décrété jour de deuil national, à Notre Dame de Paris. Il acheta tous les journaux en parlant, et était réellement effondré par ce décès comme s'il eut perdu un de ses proches.

    france_affiche_mitterrand_1988_2t.jpgMon ami croyait encore sincèrement que l'élection de Mitterrand avait été portée par des idéaux élevés et généreux, et que si ces idéaux s'étaient un peu perdus du fait de la pratique du pouvoir, ils étaient encore bien présents quinze ans après l'arrivée au pouvoir du candidat du « Programme Commun », candidat qui n'était même pas vraisemblablement de gauche.

    Il croyait comme beaucoup encore maintenant en la carrure gaullienne de François Mitterrand, capable de rassembler toute la gauche, et de prendre des communistes au gouvernement (on sait maintenant que c'était surtout une stratégie pour couler le PCF), et de fédérer toutes les bonnes volontés, même de droite, pour amener à plus de bien commun.

    C'est quand même un peu un comble d'ailleurs que le plus anti-gaulliste des adversaires de De Gaulle se pare depuis sa mort des mêmes vertus prêtées au général.

    On peut voir ici que après sa jeunesse passée avec les « Camelots du roi », sa sympathie pour « la Cagoule » (où l'on retrouve aussi le mari de Madame Bettencourt) de Maurice Pujo et Eugène Schueller, et même après la Seconde guerre mondiale, et ce malgré ses activités réputées nombreuses de résistants, il conserve des accointances nombreuses avec ses sulfureux anciens amis, qui le font bénéficier de leurs largesses.

    On se souvient aussi des liens qu'il maintiendra très longtemps avec René Bousquet, ordonnateur pendant la guerre de la déportation des juifs pour Vichy.

    Je me souviens également très bien de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République le 10 mai 1981.

    Il aurait été facile bien sûr d'évoquer l'affaire de l'attentat de l'Observatoire, affaire tragi-comique certainement organisée par François Miterrand lui-même, ceci afin de regagner les faveurs de l'opinion publique, ceci après avoir été un des derniers ministres de l'intérieur de la IVème République, quand Mendès-France était président du Conseil, et on se souvient que dans le cadre de cette fonction Mitterrand fit tirer sur la foule en Algérie.

    Dans un semi-brouillard cotonneux, le 10 mai 1981, j'avais la grippe, j'ai entendu la déception de mes parents qui ont cru, voyant apparaître un crâne chauve que c'était de nouveau Giscard pour sept nouvelles années, puis leur soupir là encore de déception en comprenant que c'était Mitterrand qui avait été élu.

    Le lendemain, au collège, la plupart des professeurs nous ont fait sortir et ranger dans la cour pour nous annoncer que tout était désormais possible maintenant que le pays était sorti de l'ornière conservatrice, que l'accomplissement des « cent-dix propositions » du candidat de gauche allait amener paix, bonheur, liberté, égalité et prospérité dans une France alors perdue dans les ténèbres puisque selon le mot de Jack Lang elle « était passée alors de l'ombre à la lumière ».

    Etre réalistes c'était demander l'impossible.

    A l'époque, il apparaît que personne ne se rendait compte que la crise commencée en 1973, suite à l'augmentation des prix du pétrole et surtout par la déconnexion du dollar de l'or par Nixon en 1971, aggravée en 1979, allait durer jusqu'en 2011 finalement, amenant un chômage structurel (anecdotiquement, après la deuxième crise du pétrole, tout le monde pensait qu'avec un litre d'esence à 5 francs plus personne ne roulerait en voiture, à 1 euro 55 soit une dizaine de francs on voit ce qu'il en est).

    635913_mitterrand-mai-81-elections.jpgPour être honnête jusqu'au bout, il faut reconnaître que la politique keynésienne menée par le gouvernement d'Union de la Gauche aurait pu donner des fruits si celui-ci avait plus tenu compte de l'ouverture de la France sur l'extérieur et de l'interdépendance avec les pays européens. Ceux-ci ont pêché finalement par excès d'optimisme et de patriotisme.

    Nous, nous étions bien sûr ravis, car ils ne nous firent pas cours pendant deux jours, nous devions parler de nos rêves, discuter avec eux de nos désirs.

    Fût même créé un « ministère du temps libre » afin d'organiser tout ce bonheur dont les français allaient pouvoir bénéficier.

    Nous, les élèves, entendions les professeurs annoncer qu'enfin les fruits de « 68 » allaient pouvoir être récoltés.

    Nous avons vécu quelques mois d'euphorie trompeuses. Il n'y avait plus de punitions, plus de mauvaises notes, les mauvais élèves s'entendaient bien avec les bons qui les faisaient travailler.

    On nous assurait que notre avenir à nous les jeunes serait rose et serein, idyllique.

    A la télévision, dans les médias, dans les journaux, excepté les indécrottables réactionnaires désignés à la vindicte publique, car incapables de reconnaître les bienfaits et les progrès que cette élection allaient permettre, tout les artistes, chanteurs, écrivains et journalistes, ou presque, se disaient un peu, beaucoup, énormément de gauche, et ce depuis longtemps, sauf qu'avant ils n'osaient pas le dire, certainement par timidité.

    Curieusement, trente ans plus tard, les mêmes militants qui étaient à la Bastille au soir du 10 mai, qui croyaient tous en l'état de gràce, assurent qu'ils n'étaient pas si crédules et qu'ils savaient bien que Miterrand n'allait pas concrètiser tout le projet présenté ces années là.

    On me rétorquera que deux ans après 1981, dés le retour de la rigueur, et lors de la première dévaluation du franc, les mêmes prétendaient déjà devant qui voulaient les entendre qu'ils n'avaient pas voté pour l'ancien maire de Château-Chinon vingt-quatre mois auparavant. C'est toujours drôle ce genre d'amnésie collective, c'est un peu comme lorsque l'on cherche les électeurs de Nicolas Sarkozy en 2011, quatre ans après, personne ne se souvient avoir fait partie des 53,06 % à avoir glissé leur bulletin dans l'urne pour lui.

    En 1989, lors des célébrations du Bicentenaire de la Révolution Française, on crut revenue l'euphorie des débuts du septennat. Les français se rappelèrent qu'ils étaient passé une première fois « de l'ombre à la lumière » lors de la « nuit du 4 Août » qui abolit, on le voit bien encore maintenant, tous les privilèges, c'est bien connu. Bien sûr, il y eut quelques fausses notes, d'affreux sceptiques osèrent évoquer les « massacres de septembre » commis en 1792 ou le « populicide » commis suite aux guerres de Vendée.

    Et ce malgré l'article de la constitution qui prévoyait pour le peuple le droit à l'insurrection énoncé dans la déclaration des droits de 1793, un droit visiblement perçu comme étant à géomètrie variable pour le pouvoir de l'époque.

    Pour contrer ces horribles personnages on les traita bien sûr de fascistes ou de réactionnaires, de séides de l'extrème-droite, oubliant que l'inventeur du terme « populicide » était Gracchus Babeuf, un révolutionnaire radical.

    Ce ne sont pas les turpitudes sentimentales de François Mitterrand qui étaient choquantes, ni finalement le fait qu'ils les aient caché très longtemps.

    C'était du ressort de sa vie privée, qu'il menait comme il l'entendait, séducteur compulsif comme beaucoup d'hommes de pouvoir.

    Une chose cependant peut encore scandaliser légitiment quant à celle-ci c'est que Mazarine ait largement profité d'un ascenseur social méritocratiquement express ainsi que plusieurs proches de Miterrand, d'autres par contre ne lui convenant pas étant voués à l'anathème.

    L'aveuglement demeure sur Mitterrand, la fascination pour le personnage aussi comme on le voit dans « Le promeneur du Champ de Mars » ou dans le spectacle d'Olivier Py le concernant, « Adagio [Mitterrand, le secret et la mort] ». C'est toujours pour beaucoup de militants de gauche l'incarnation d'un espoir politique, d'un espoir de changement radical, qui n'est jamais venu après le 10 mai 1981, à l'exception de quelques aménagements cosmétiques.

    Par ici un réquisitoire de Desproges contre LE Mitterrand...

    Ci-dessous la nostalgie du 10 mai 1981

  • Le braqueur et Barrès

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    braquage%20main%20armee.jpgSur quelques fils de discussion, on fait des gorges chaudes sur Barrès réduit à un statut de Faurisson de gouttière ou de Garaudy de carnaval, sur d'autres on veut arrêter de parler de l'Identité Nationale car on a peur que cela réveille les z-heures les plus sombres de notre histoire, alors que même si ce débat est évidemment opportuniste il serait quand même intéressant de se demander ce qui nous relie nous autres français car c'est cela la question, et pas autre chose. Or, il convient de s'apercevoir que la seule chose réelle et concrète qui relie les personnes dans notre société c'est le fric et l'appât du gain, le reste est devenu accessoire pour le plus grand nombre. Le braqueur qui a brandi son revolver sous le nez d'un commerçant d'Évreux dans le quartier de Navarre hier, il s'en fout de Barrès, il s'en fout de Éric Besson, ou de Michelet, de la France éternelle, sa culture et les trois couleurs, de la laïcité et de la "Marseillaise", tout ce qu'il veut c'est du fric.

    Dans le quartier, pourtant, le commerçant rendait service à tout le monde sans distinction, la question ne se posant pas, à la fin du Ramadan, on partageait avec lui le thé à la menthe, pendant la rupture de jeûne on lui apportait des gâteaux. Les gens l'aiment bien parce qu'il a le sens du contact, parce qu'il aime les autres et que ça se voit. Il ne s'est pas défendu, il lui a donné les 300 euros qu'il y avait dans la caisse, on ne risque pas sa vie pour de l'argent, ça n'en vaut pas la peine a-t-il dit. L'autre est parti sans demander son reste en hurlant des insanités.

    Et s'il s'était opposé au vol avec succès, peut-être aurait-il été traîné dans la boue pour suspicion de racisme car le voleur n'était pas exactement un « souchien »...

    Tout l'échec des politiques, de leurs grands discours, leurs bons sentiments, leur hypocrisie et leurs bonnes intentions, est dans cet événement.

  • Le "journal" de Jules Renard

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    «Je ne m'embête nulle part, car je trouve que, s'embêter, c'est s'insulter soi-même.»
    [ Jules Renard ] - Extrait de son Journal (d'autres citations au lien ci-contre)

    Jules_Renard.jpgJ'ai commencé à lire le fameux journal de Jules Renard. Si on y trouve un esprit affûté et critique sur tous les sujets touchant à la vie culturelle, à la littérature, à la philosophie, cela engendre un certain malaise dés qu'il parle de sa vie domestique et surtout de sa vie familiale. Jules Renard reste "Poil de Carotte", il appelle sa mère "Madame Lepic" et lui voue une haine sans bornes qui ressemble souvent à une grande passion amoureuse dévorante. Il en fait des cauchemars terrifiants et scandaleux qu'il expose dans ses notes. De plus, Jules Renard parlant de ses domestiques et de la vie quotidienne de sa maison familiale est détestable. C'est un bourgeois propriétaire qui se met en fureur, une fureur noire, dés que ses serviteurs ont l'audace d'aborder la question d'une augmentation, qui les traite avec un mépris très antipathique. Pourtant il se dit républicain, voire socialiste, écrivant une nouvelle pour le premier numéro de l'"Humanité", "la vieille". On m'objectera peut-être que c'est propre à tout le monde, que chaque esprit a sa dialectique interne. Cela dit, ça n'enlève rien à son talent ni à son style car il en a un, puissant et incisif. J'aime beaucoup le récit de la soirée chez Sarah Bernhardtqui ne craint pas le ridicule visiblement, la grande actrice jouant les reines d'Egypte de pacotille, allongée sur une peau d'ours. Les invités ont la trouille de ses animaux de compagnie, deux pumas très affectueux avec les hommes de poids présents tout comme deux énormes dogues aux pieds de leur hôtesse. Il est parfois injuste avec certains auteurs comme Oscar Wilde, pointant parfaitement à d'autres endroits les faiblesses de l'un ou de l'autre, comme la propension à l'insulte de Léon Bloy ou d'autres quand ils se laissent aller à la facilité. Il admire Barbey d'Aurevilly et contrairement à ses contemporains qui portent Zola aux nues, il trouve ce dernier beaucoup trop moralisateur finalement ; là-dessus je le rejoins. Ce qui est curieux, c'est qu'on le classe un peu vite parmi les écrivains naturalistes, réalistes et un rien secs alors qu'il est finalement noir et presque gothique, révolté et romantique. Ce bourgeois positiviste a de temps à autres des fulgurances anarchistes, des envies d'envoyer tout promener, femme, enfants et propriétés pour les beaux yeux d'une "grisette" croisée dans la rue.