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quotidien

  • De l'aseptisation en politique

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    politique, aseptisation, société, yann barthès, quotidien, amaury watremezPour évoquer l'aseptisation du discours en politique, et la peur panique des personnes qui la font de dire les choses clairement au risque de passer soient pour fâââchiistes soient pour populistes, à quelques exceptions près, rien de tel qu'évoquer « Quotidien » de Yann Barthès pour la critiquer où l'on parle tout le temps d'une politique qui serait lavée à l'eau de javel...

     

    Il est donc parfois intéressant de regarder -pas trop longtemps- cette émission car ainsi l'on connaît parfaitement le discours du système, et ses cibles prioritaires, ses détestations et ce qu'il porte aux nues, son point de vue aussi sur la forme idéale du discours politique. Barthès c'est le « nouveau monde » à l'état chimiquement pur, un donneur de leçons de morale en politique, et aussi un laudateur d'une certaine vertu en politique. On sait pourtant très bien ce que finit toujours par donner la dictature de la Vertu en politique, cela aboutit toujours à une privation de libertés des citoyens au nom d'un pseudo-intérêt général.

     

    Les cibles de Barthès ainsi que de tout les médias « mainstream » c'est Jean-Luc Mélenchon et son parti, Marine le Pen et le sien, car souverainistes à divers degrés. A jet continu. Ce sont des attaques grossières contre eux, toujours en partant d'exemples de militants présentés comme ploucs, extrêmes et soient racistes, soient violents. C'est facile comme procédé, simpliste, c'est un procédé d'indic en somme. Il suffit de choisir le beau parleur qui veut passer à la télé, ou le rigolo de service, ou le matamore local. Et il y en a toujours, un fier à bras ou deux, pour se mettre en avant souvent même contre les préventions des responsables.

     

    Par leur mépris, et leur dédain, qu'ils cachent à peine, les journalistes-militants de « Quotidien » provoquent parfois aussi des esclandres pour bien montrer à quelque points les ennemis de la doctrine libérale libertaire sont des salauds évidents. Avec les militants et les responsables LR, LaREM ou PS, ils sont « entre pairs ». On les taquine un peu, on rigole ensemble, mais cela reste très feutré. Sauf quand l'un d'entre eux dépasse les bornes du discours idéologiquement acceptable par les vrais maîtres et qu'il dépasse la ligne jaune de l'aseptisation généralisée, tel Laurent Wauquiez enregistré à son insu pendant un échange avec des étudiants, Gérard Collomb parlant de la situation réelle des banlieues, Martine Aubry disant les choses clairement sur les « cités » autour de Lille....

     

    Dire le réel est digne de l'excommunication également donc.

     

    Ce que Barthès et ses équipes dociles, en bons représentants du nouveau monde, et de la morale politique aseptisée, détestent visiblement aussi, ce sont les politiques s'exprimant en français soutenu, qui savent manier la langue et ses subtilités. Car alors cela suppose un effort de compréhension supplémentaire, cela suppose d'avoir un sens de la nuance dont l'utilité échappe complètement aux arbitres des élégances politiques. Et surtout parce que cela rappelle le monde et la société française tel qu'ils étaient avant, cet ancien monde qu'ils haïssent, cet ancien monde pourtant plus humain, plus solidaire et plus équilibré par de nombreux aspects.

     

    Et pus cette belle langue, cette belle expression, cela va contre leur conception d'une société forcément multiculturelle. Dans leur esprit en effet, la diversité selon leur terme hypocrite ne peut que s'exprimer en mauvais français, dans ce « sabir » des banlieues que l'on nous vend depuis des décennies maintenant. On se devrait de rincer également à grandes eaux politiquement correctes le français, de purger le dictionnaire de tout ce qui cloche, qui contredit les certitudes modernes. Au fond, rien n'a guère changé depuis le sinistre comité de Salut Public, tous les coups sont permis contre ce qui contrevient à la nouvelle bonne parole.

     

    Il n'y a certes pas que chez Barthès mais c'est un exemple parlant. Curieusement, cela me stupéfie toujours, la plupart des politiques sont encore intimidés par ces diktats pourtant insupportables. Ils, et elles, n'osent pas trop encore dire quoi que ce soit, répliquer par exemple, ils se murent dans le silence, ne se défendent que mollement. Et les militants de ces partis également, et tous les citoyens qui rejoignent la France insoumise et le Rassemblement National sur certaines idées, dont le souverainisme. Tous de se lancer dans des justifications laborieuses et timorées de leurs idées qu'ils finissent par relativiser malgré tout...

     

    Il serait temps de renvoyer ces journalistes militants et autres moralisateurs politiques à leurs chères études pourtant...

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury – Grandgil

     

    illustration prise ici

  • Bref guide du consommateur politique

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    Goûtera-t-on l'ironie de cet article sur Agoravox ?

    « Gauche, droite, centre ou « droiche » », que choisir ?

    Au sujet donc de l'hémiplégie en politique...

    arbre_de_la_liberte.GIFL'annonce de sa possible candidature par Chevènement, revenu d'entre les fantômes politiques, qui se plaçait en candidat sinon gaulliste, mais gaullien, rassembleur au dessus des partis et des parties, en 2002 donne envie de se rappeler d'où viennent la droite et la gauche en France, cette dichotomie politique qui signifie quand même quelque chose bien que l'on réduise celle-ci la plupart du temps au lieu commun qui veut qu'à droite l'on défende les riches, le Grand Capital (avec un accent sur le « â »), et qu'à gauche tous défendent les pauvres, un peu à la manière de Robin des Bois à les entendre.

    Notons qu'un homme, ou une femme, de gauche, (prononcez « de gôche »), même quand ils sont dans les faits des petits ou des grands bourgeois, sont persuadés que c'est le sentiment de l'être ou pas qui fait que l'on est un privilégié ou pas, et non la grosseur du portefeuille ou la taille du compte en banque si on les suit bien.

    Étrangement dans le sens inverse, pour un pauvre ou un précaire qui a le sentiment d'être bourgeois ou d'être privilégié, un gros gâté donc, ça ne fonctionne pas, il ne sera pas plus à l'aise financièrement, n'aura pas plus la possibilité de se payer des vacances même « équitables » dans un gîte « bio » en plein coeur de la Creuse.

    On se souvient aussi du sketch des « Inconnus » montrant ces publicitaires en pleine tempête de cerveau pour réfléchir intensément sur la campagne de Georges Beauregard, un candidat ni de droite, ni de gauche, mais de « droiche », lui aussi au-dessus de tout ça.

    On vante les mérites de tel ou tel politique comme on vante ceux d'une lessive ou d'un fer à repasser. On sait d'ailleurs que beaucoup de journalistes préparent la campagne de nombreux prétendants aux postes les plus intéressants de pouvoir sans trop de complexes, scrupules ou remords.

    Il est vrai que les politiques de droite et de gauche font tout pour maintenir ces caricatures, en pensant à dire vrai surtout à leur carrière. La plupart sortant des « grandes » (avec un grand « g ») écoles d'administration. Ils choisissent leur camp, à droite ou à gauche, comme ils choisissent leur affectation après avoir réussi leurs études, la voie royale, pardon, la voie la plus méritocratique, étant de devenir inspecteur des finances.

    A droite, le peuple a besoin que les riches le guident, et leur richesse finira bien par retomber sur les moins chanceux, à gauche on pense que le peuple est bon, beau et tourné vers le progrès, la culture et l'éducation (avec un grand « é »), et que c'est encore mieux quand il est d'origine allogène où là il permet de louer les mérites de la diversité.

    Le peuple (prononcez « le pôple » avec emphase) aime bien les hommes politiques qui se prétendent de « droiche ».

    Il aime bien ceux qui jouent à l'arbitre, au « pion » qui regarde avec bienveillance mais fermeté et sérieux les écoliers qui discutent et argumentent politique dans la cour, et qui se donnent parfois sans trop de légitimité tout autorité pour sonner la fin de la récré, comme De Gaulle, icône bizarrement inattaquable dans tous les partis politiques français, de l'extrème-gauche à l'extrème-droite.

    On se demande souvent si le peuple aime réellement la liberté et l'expression démocratique, que de toutes manières il n'utilise pas toujours quand il en a le droit, ne s'intéressant pas vraiment aux décisions prises par les politiques, certains en étant encore à croire par exemple que France Télécom est toujours une entreprise publique alors qu'elle est privée depuis quelques temps déjà.

    Entre autres.

    Ensuite, particulièrement dans notre beau pays, et alors qu'il n'est pas allé voter, cela ne l'empêchera de proclamer que rien ne change après un vote et que tous les politiques sont pourris. Si peu vote, évidemment, rien ne changera jamais. Une certaine frange du peuple, « le peuple de gauche », aime bien le reste de la nation quand ce reste vote ainsi qu'on lui indique de faire, et déteste quand celui-ci ne vote pas tout à fait « dans les cloux », ce qui devrait pourtant alerter les dirigeants sur les décisions à prendre quant aux problèmes qui se posent aux « vrais » gens, aux gens de « la France d'en bas » selon le terme particulièrement maladroit de Raffarin.

    On notera en passant que l'icône inattaquable citée ci-dessus affirmait quant à lui que « les français sont des veaux ». Il est souvent tentant de se demander s'il avait entièrement tort.

    La droite et la gauche sont nées pendant la Révolution française en 1789, quand les bourgeois ont pris le pouvoir, et ne l'ont pas cèdé depuis, où pour la première fois le peuple français est « passé de l'ombre à la lumière » en attendant la deuxième tentative 192 ans plus tard, bien sûr celle là beaucoup plus réussie comme le concevait l'auteur de la formule citée plus haut, Jack Lang.

    Les parlementaires siégeant à la Constituante en 1789 étaient tous révolutionnaires, ceux qui étaient radicaux dans les moyens employés s'asseyaient à gauche de l'hémycycle, ceux qui étaient plus mesurés à droite, et ceux qui avaient du mal à se décider, qui étaient d'ailleurs du côté du plus fort la plupart du temps, au centre, dans le « marais ».

     

  • La littérature et la gastronomie : deux expériences dangereuses

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    Sur Agoravox

    Au sujet de « Aventures d'un gourmand vagabond » de Jim Harrison : « le cuit et le cru » – en points Seuil

    « Le barman n’était pas occupé et nous avons parlé de Jack London. […] Je lui ai rétorqué que j’avais un jour allumé un feu de camp sous un pin couvert de neige et que, comme il fallait s’y attendre, la neige avait dégringolé de l’arbre et éteint mon feu. C’était une expérience littéraire. Mon anecdote a ravi le barman, qui a dit que la littérature était parfois une expérience dangereuse. »

    extrait de « une Odyssée américaine » de Jim Harrison

    photo de l'auteur ci-dessous prise ici

    harrison.jpgLa littérature est en effet une expérience dangereuse, car c'est une expérience qui engage parfois toute l'existence du moins quant à ceux qui sont dotés d'un peu de sensibilité.

    Elle est moins dangereuse que les bonnes choses à manger rétorqueront les coachs de diététique, de vie, d'alimentation (on ne parle plus de gastronomie ou de bon goût mais d'alimentation, en mangeant il s'agit surtout finalement de « mettre du carburant dans le réservoir » des machines que sont devenus nos corps à l'époque de la marchandisation d'un peu tout, y compris les gens, les bêtes, les lieux, et même les rêves.

    L'auteur de ce texte parfaitement immodeste, lui-même pourtant grand gourmand devant l'éternel, a trouvé en lisant ce recueil de petits articles sur la nourriture, l'alcool, le bien-manger et le bien-vivre en général que Jim Harrison était une sorte d'ogre appréciant tellement la vie qu'il veut goûter à tous les plats qu'elle propose au buffet.

    La plupart des grands angoissés, des grands lucides, des inquiets, aiment la bonne table.

    C'est encore la meilleure manière de ne pas se laisser effrayer par toutes les épées de Damoclès au-dessus de nos têtes. C'est aussi une excellente méthode pour tourner en dérision les prétentieux qui sombrent trop souvent dans l'esprit de sérieux, les exaltés qui veulent leur conception du salut et du bonheur, même contre notre gré, les jaloux, les envieux, les larbins, les violents, les brutes, comme Athos dans sa cave.

    Ce livre très sympathique n'est pas fait pour les couche-tôt, les bonnets de nuit raisonnables, les adeptes de hygiéniquement correct et des cinq fruits et légumes par jour, ceux qui en général ne comprennent rien aux plaisirs de la chère et de la chair, et aussi du bon vin ou aux voyages immobiles que l'on peut faire grâce à de bons alcools. Jim Harrison n'a aucune illusion sur ces frères humains mais dans le même temps, il les aime tous, malgré tout, et tient à leur faire partager un peu de la joie qu'il ressent à partager un bon repas avec des amis ou un bon vin, que ce soit au milieu d'un désert ou au cœur de Beverly Hills.

    Pour les imbéciles il ne s'agit que d'histoires de boustifailles, pour eux un bon repas tel que le décrit l'auteur de ce livre ça consiste juste à bouffer jusqu'à s'en faire éclater la panse. Un bon repas éteint l'angoisse, la peur s'éloigne ainsi que la bêtise un peu plus prégnante chaque jour autour de nous. Mais pour apprécier un bon repas, il faut aimer la vie et les hygiénistes la détestent, ils sont incapables de percevoir la beauté toute autour de nous, incapables de comprendre que malgré les guerres, la sottise et la haine, la vie est un cadeau.

    Ne parlons pas d'alcool qu'il s'agit de consommer à peine avec modération, les sots se prétendant hygiénistes ignorant vraisemblablement que boire un bon vin, un bon whisky, un bon Cognac, une liqueur odorante, cela ne consiste pas à se bourrer la gueule mais en quelque sorte à louer la nature et les beautés qu'elle procure et partager juste un moment encore un peu de joie avec des personnes pour lesquelles on a de l'affection.

    Actuellement on aime bien parler de gastronomie à condition que la forme et la présentation des plats soient forcément déstructurées et dans le vent indiqué par la mode, à savoir de toutes petites portions ridicules dans des cuillères chinoises, des verrines où l'on entasse tout et n'importe quoi, des assiettes carrées où les viandes ou poissons doivent être forcément servis accompagnés d'un trait de sauce forcément géométrique un rien grotesque. La cuisine devient un atelier de petit chimiste avec la cuisine moléculaire qui s'est avérée après quelques maux d'estomac gratinés des clients des restaurants de luxe la proposant au menu plutôt dangereuse pour la santé.

    D'ailleurs on ne doit plus parler de gastronomie mais de « fooding » où l'on aime bien également les aliments régressifs : on met des fraises « tagada » (très à la mode dans les soirées bobos où elle voisine avec les cacahouètes et les petits fours salés) dans les gâteaux, des « carambars » dans de la sauce pour poulet, des « malabars ». Il ne faut plus parler de plats il est vrai mais de « foodies ».

    On aime bien les « smoothies » sans goût, mais réputés tellement bons pour la santé !

    71879_853431343_coeur_0012_H021222_L.jpgLa nourriture devient alors un signe d'appartenance à un statut social, le prolo mange au « Mac Do », le franchouillard se prépare un pot-au-feu bien gras, le bourgeois bohème en recherche de culture partout où il passe lui pratique le « fooding ». La cuisine devient également un lieu de compétition où il s'agit d'en mettre plein la vue à ses invités et non de partager quoi que ce soit avec eux.

    Alors bien sûr, les hygiénistes me diront :

    « Tu écris ça mais Jim Harrison avoue au début de son livre que toute cette bonne nourriture lui a surtout coûté quelques crises de goutte extrêmement douloureuses et une tension de concours, il a été bien puni comme tous les gourmands ».

    Ce à quoi je répondrai que les hygiénistes, comme les autres conformistes, dans ce genre là ressentent toujours une joie mauvaise à faire la liste de toutes les conséquences certes embêtantes pour la santé du comportement parfois déséquilibré des angoissés qui ont un peu trop festoyé dans leur vie pour éloigner les abrutis ou la camarde elle-même, mais que l'on peut tout autant mourir d'ennui.

    Ce petit texte est dédié à une jeune femme avec qui je suis allé manger un jour un excellent repas, totalement incorrect au regard des normes mais tellement délicieux, sur les hauteurs de Montmartre non loin du « Lapin Agile » dans un petit établissement tout rose ressemblant à une bonbonnière (photo ci-dessous : "La Maison Rose" à Montmartre, prise ici).

    Cette dédicace est là pour rappeler que les plaisirs de la table sont liés à ceux de l'amour, et donc là encore aux plaisirs de la vie en général.

    Parfois il n'y a plus que ça pour conjurer le désespoir, comme les personnages de "la Grande Bouffe" voir la bande annonce ci-dessous