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  • L'omerta des célibattantes

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    politique, sexe, Q, société, hypocrisie, écran de fumée, amaury watremez

    Article également sur Causeur

     

    Il apparaît qu'il y a eu autour du comportement pour le moins déplacé du DSK du pauvre qu'est Denis Baupin une omerta des « célibattantes » qu'il poursuivait de ses assiduités tel un traître de mélodrame. Sans que celles-ci ne se soient consultées, sans qu'il n'y ait eu de mots d'ordre celles-ci ont gardé le silence y compris les plus féministes, les plus progressistes d'entre elles. Je croyais d'ailleurs que c'était l'apanage des jeunes femmes catholiques ou des anciens scouts pratiquant la bicyclette avec ardeur chaque été avec ce jeune curé si dynamique et tellement proche d'eux ma chèèère (« j'ai entendu dire qu'il leur permet de dormir avec lui quand ils ont peur la nuit »).

     

    Ce qui se passe en ce moment suite à cette pseudo-découverte du comportement d'invétéré queutard de l'ancien vice-président de l'Assemblée Nationale, dans le Landerneau oligarchique tout le monde était au courant, m'a rappelé le comportement souvent paradoxal dans leurs relations amoureuses d'autres jeunes femmes célibattantes que je fréquentais il y a quelques années ressemblant trait pour trait aux « victimes » de Denis Baupin travaillant qui dans le culturel, qui dans le politique.

     

    Ces filles étaient pour la plupart indéniablement intelligentes, très cultivées, fines et pleines d'esprit. Elles savaient s'adapter à tous les milieux sans perdre pour autant de leur élégance. Je me souviens particulièrement de celle qui ne perdait rien de sa classe même dans un bistrot louche du XXème. Elles demeuraient donc invariablement séduisantes, réussissant leur carrière sans perdre leur féminité. Elles étaient également émancipées, pratiquaient une sexualité apparemment joyeuse et libre affranchie de toute culpabilité, et de tout tabou....

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  • Ozon les lieux communs et la moralisation (et osons un petit hommage en passant à Pauline Kael)

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    cinéma, littérature, société, ozon, QAmi lecteur, je ne sais pas si tu t'en es aperçu mais j'adore le cinéma, tout dans le cinéma, de celui de Hollywood jusqu'au cinéma coréen ou japonais, des séries « Z » parfois réjouissantes, qui peuvent cacher des futurs grands, tel Peter Jackson, aux films « indés » plus pointus. En tant que dévoreur de films, je ne pouvais manquer de lire un jour Pauline Kael, lecture indispensable pour tout cinéphile qui se respecte, critique légendaire, une des découvreuses du « Nouvel Hollywood » parfois injuste, des plus subjective mais toujours pertinente et savoureuse.

     

    J'ai pensé à ce qu'elle écrivait en voyant la bande-annonce du dernier film de François Ozon précédant la vision d'un film dit de genre dystopique, « Elysium », dont je reparlerai). Je résume l'histoire, une jeune fille de dix-sept ans se prostitue sans culpabilité, et sans l'excuse possible de la précarité, sans même de goût pour le fric facile qu'elle gagne même si ce n'est pas négligeable (le réalisateur laisse largement entendre qu'elle "aime ça"). On entend d'ici d'ailleurs les beaux esprits s'esbaudir et se rengorger face à autant d'audace, se demandant quelles seraient leurs réactions si c'était leur enfant ?

     

    Dans une de ses chroniques européennes, elle évoque ces cinéastes européens, français, italiens, anglais, qui décrivent par le menu la dégénérescence de l'Occident et de ses classes favorisées en n'omettant aucun détail, qui prétendent qu'il n'y a pas d'interprétation de leurs films, que chacun est libre mais qui sont en fait à la fois des plus dogmatiques, moralisateurs, et moralisateurs hypocrites car profitant de leurs films réputés dénonciateurs pour étaler complaisamment des scènes de Q, du sexe multiple ou déviant, ainsi dans son film sorti aujourd'hui, « Jeune et jolie », Ozon, montrer une gamine nue une bonne partie du film, et ce dans un certain nombre de variantes de positions, toujours en « situation » avec des hommes mûrs.

     

    Pauline Kael note ailleurs qu'il est toujours très surprenant que pour ces réalisateurs la médiocrité de l'humaine engeance quand elle se laisse aller à ses pulsions les moins avouables ne semble concerner que les riches, les oisifs, les mondains, ce qui relève selon elle, et je la rejoins, d'une vision très étriquée de la société, et qui dénote de la part de ces « grands » artistes qui vendent leur film en excitant la vanité de leur « clientèle » paradoxalement bourgeoise et favorisée d'ailleurs en lui laissant entendre que son interprétation tellement « libérée » et « ouverte d'esprit », « progressiste de progrès » sera forcément la meilleure.

     

    Pour ces faiseurs de pellicules « chics » le cinéma reste surtout une attraction foraine pour laquelle il faut bien vendre des billets, et pour se faire appâter le chaland, ou dans le cas d'Ozon le « micheton » qui ne demande que ça. Pour Ozon, au vu de ses multiples déclarations, les femmes ne demandent que ça également, « faire la pute », ce qui dénote chez lui une vision disons particulière des femmes forcément mère désincarnée ou putain à la sexualité agressive.

     

    Ou bien est-ce un problème d'Oedipe mal résolu ?

     

    Ce qui est également curieux dans ces films est que la culture, en particulier la littérature, y est montrée comme certes porteuse d'ouverture d'esprit mais surtout de perversion comme dans les films tournées sous l'Occupation et Vichy.

     

    Selon Kael, et là encore, je l'approuve, prétendre qu'un film ne peut être inteprété c'est finalement reconnaître qu'il est creux et que les audaces formelles, ou qui se veulent ainsi, qu'il peut receler sont autant de lieux communs destinés à fournir un alibi au spectateur voyeur pour regarder au cinéma des scènes qui ne dépareraient pas dans un « Gorge profonde », navet joyeux et « j'm'enfoutiste » symbole d'une époque plus libertaire et plus insouciante que la nôtre, ou « Derrière la porte verte » (excellent film celui-là au demeurant), la différence étant que dans ces deux films les réalisateurs ne se donnent pas « lamanièredeux » intellectuelle et sociale.

     

    La célèbre critique souligne enfin deux choses fondamentales. Dans ces prétentions à l'audace sexuelle, à la liberté de mœurs, il n'y a jamais de vraie légèreté, de véritable jouissance, encore moins d'exaltation des sens. Le plaisir n'y est jamais joyeux. Ces films ne sont jamais que des décalques modernes des sermons que l'on pouvait entendre dans les soirées des ligues de vertu, et leurs spectateurs sont comparables aux sermonneurs, avides finalement de regarder par le petit trou de la serrure les turpitudes supposées des milieux dits favorisés qu'au fond ils envient, désirant secrètement être à leur place.

     

    A propos de « Jeune et jolie » de Françpois Ozon...

    ci-dessous la bande-annonce...

     

    Lire aussi les « chroniques américaines » et « chroniques européennes » de Pauline Kael chez Sonatine


    Jeune et Jolie de Francois Ozon - Bande-Annonce par cinemur