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privilégiés

  • Très chers parisiens

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    Paris, privilégiés, société, politique, riches, amaury watremez

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    Quand j'étais jeune j'étais très naïf. Je croyais que si quelqu'un disait quelque chose, c'était forcément vrai. Je ne comprenais que l'on puisse mentir ou déformer son vécu. Ainsi quand certains de mes camarades d'université se prétendaient fauchés et sans le sou, je les croyais. Je découvrais régulièrement que l'un vivait dans un appartement de 80 mètres carrés dont il ne payait pas le loyer dans un arrondissement chic, que tel autre changeait régulièrement de studio au gré de ces caprices et petites amies.

     

    Il existait déjà de ces privilégiés très privilégiés. Les quartiers anciennement populaires se peuplaient progressivement de nouveaux riches ou de parvenus fichant dehors toutes les autres catégories sociales. Les fameux "loyers de 48" n'étaient bien entendu jamais reconduits. Ne parlons pas des logements dits sociaux de la ville de Paris toujours et encore réservés aux copains et aux copines, à la clientèle électorale de la mairie...

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  • La France méprisée – à propos de « la France périphérique » de Christophe Guilluy

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    chez Flammarion, sorti en septembre 2014 (couverture empruntée à lepoint.fr)

     

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    Décrivant la petite ville où l'absurdité de l'administration m'a conduit depuis septembre, une de ces villes où il n'y a personne dans les rues passé dix-sept heures excepté les poivrots locaux ou des bandes éparses de « punks à chiens », où les jeunes s'ennuient, un ami a évoqué ce livre que je me suis empressé de lire.

     

    L'auteur est géographe, il est également celui de « l'Atlas des nouvelles fractures sociales en France » avec Christophe Noyé, ouvrage indispensable pour comprendre ce que devient notre pays, l'abîme dans lequel il risque de tomber. Finalement, et bien que Guilluy soit plutôt apparemment de gauche, son propos rejoint celui de Zemmour quant au suicide du pays. Il dresse dans ce livre qui sera perçu comme très polémique et qui est éminemment politique le tableau d'une France presque irrémédiablement cassée en deux :

     

    La France des CSP ++ et des « rurbains » qui habitent et, ou travaillent dans de grandes métropoles régionales ou nationales, celle où l'on trouve les « bobos », des bourgeois libéraux libertaires ou sociéto-libéraux, ce qui revient au même, voisinant avec les immigrés qui sont « leurs pauvres » et les milieux « issus de la diversité » selon la formule hypocrite à la mode, et la France de ce qui reste de la classe moyenne, la France des petites gens, souvent rurale, méprisée par les élites, c'est elles qui se nomment ainsi, et le pouvoir, celle des petites et moyennes villes qui ont fini après cinquante ans de détricotage systématique de la Nation et des liens traditionnels par perdre presque totalement leur identité, et leur dynamisme.

    Cette France périphérique est celle d'une précarité sociale sans cesse accrue, une précarité matérielle mais aussi culturelle et intellectuelle, les éducateurs n'y faisant plus leur travail et encore moins les politiques, sans parler des églises, dont la catholique qui l'a laissé tomber également. Les français qui y vivent sont considérés comme trop riches pour bénéficier des aides sociales et sont trop pauvres pour arriver à se sortir du marasme économique. C'est un cercle vicieux qui implique un chômage endémique dont personne ne s'inquiète, une sous-éducation n'étant le souci de qui que ce soit, et la cause principale du vote Front National, vote qui n'a rien à voir à la base avec un vote protestataire ou un vote raciste. Les français ne sont pas racistes, ils demandent juste pour ceux de la zone périphérique l'équité sociale, et les mêmes aides que des primo-arrivants...

     

    Nos élites autoproclamées vivant dans la France privilégiée ont tendance à considérer que les pauvres ce sont surtout les populations immigrées ou français de deuxième ou troisième génération qu'ils côtoient, qu'ils n'aident pas beaucoup plus se contentant de les faire bénéficier des minima sociaux sans éducation à la citoyenneté et aux valeurs républicaines. Bien sûr, elles ont du mal à considérer qu'elles bénéficient de privilèges exorbitants les considérant comme légitimes, et rajoutant aux prétentions matérielles de leurs ancêtres du XIXème siècle des prétentions sociales et culturelles (voir l'essai de Domecq et Naulleau sur la culture en France). La plupart auront d'ailleurs le culot ou la bêtise de dire qu'être bourgeois c'est surtout un sentiment, qu'ils ne ressentent pas, et non une situation objective...

     

    Les dirigeants, et les oligarques, n'ont plus le souci de l'intégration économique des plus faibles socialement de leurs compatriotes, se donnant bonne conscience en favorisant plutôt les « minorités », les « communautés », ce qui leur permet de se donner d'eux-mêmes une image flatteuse. Ils n'ont toujours pas compris que cette cassure favorise le vote FN, cela ne correspond pas à leurs schémas, pour eux, ce vote est le fait de nostalgiques de Vichy et du fascisme, de skins bas du front et autres groupuscules le plus souvent infiltrés à 50 % par la BCRI (un militant, un indic...etc). La colère gronde pourtant dans ce pays abandonné à son sort, et bientôt il sera trop tard. Etre pauvre ou précaire ce n'est pas forcément faire partie d'une communauté visible...

     

    Amaury Watremez