Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

privilèges

  • Gilets jaunes et mythes éculés

    Imprimer Pin it!

    histoire, révolution, gilets jaunes, bastille, privilèges, amaury watremezMon  grand-père évoquait souvent les "mythes éculés" sur lesquels vivaient la République selon lui à commencer par celui de la Révolution Française. Le terme et l'adjectif sont très bien choisis, c'est tout à fait ça. 1789 est le moment où la bourgeoisie a pris le pouvoir en France pour s'y accrocher depuis, détruisant progressivement la paysannerie, réduisant au fil du temps les classes moyennes à néant. Il n'y a plus en France que des très riches ou des très pauvres et au milieu des ménages en voie de paupérisation que sont dans leur majorité les "gilets jaunes".

     

    Cette bourgeoisie s'est aussi mondialisée, pour elle la France c'est de l'histoire ancienne.  Mais attention, la mondialisation, elle en veut bien mais pas au pied de son immeuble ou devant sa maison, elle la veut un peu plus loin, là où elle ne gênera pas, là où elle pourra s'en gargariser, se félicitant d'être tellement humaniste.

     

    Elle propage depuis des décennies cependant encore le mythe d'une révolution faite par le peuple, d'une prise de la Bastille héroïque, d'une abolition des "privilèges" de tous les privilèges une fameuse nuit du 4 Août dont matériels. Depuis, il n'y a plus de riches ou de pauvres, plus de clientélisme, plus de népotisme. C'est bien connu, sans parler de notre "ascenseur social" tellement performant... (sic)

     

    Comme si un trait de plume suffisait...

     

    On oublie tout le temps que ce que l'on entendait par "privilèges" étaient les avantages de chaque province, leur spécificité, et que cette abolition a permis les lois d'enclosure, le changement de maîtres dans les campagnes, le départ forcé de nombreux petits cultivateurs vers les villes pour y devenir le "lumpenprolétariat" taillable et corvéable à merci. La Révolution est le début de la fin pour la France rurale, le désastre étant parachevé par le Remembrement en 1975.

     

    Il y eut d'autres moments de passage de "l'ombre à la lumière" pour les français depuis, autant de mythes éculés, de "Soissantuite" au 10 mai 1981. Interdit de les critiquer, de les remettre en question, de s'en moquer. Voire la bourgeoisie en voie de mondialisation encourageait les "jeunes" à se révolter de cette manière, comme elle l'entendait. Elle se moquait de ces générations tellement "bourgeoises" se souciant de leur emploi, de leurs fins de mois, de leur avenir bien sombre. Elle a applaudi "Nuit Debout" dont les organisateurs étaient ses héritiers, on se serait cru dans "la chinoise" de Godard parfois.

     

    Tous ces révolutionnaires bien sages, bien proprets étaient bien ridicules et grandiloquents rentrant ensuite dans les apparts confortables payés par les parents laissant à d'autres le soin de nettoyer les reliefs de leur rébellion sagement encadrée...

     

    Et puis voilà que le peuple, le méprisé, sans cesse moqué, raillé, descendu, vilipendé, assimilé aux pires heures de notre histoire se met en colère. Alors voilà, si la Révolution c'est bien joli dans les livres d'histoire, dans la réalité les insurrections ça fait du bruit, ça rassemble des "pue la sueur", des "classes dangereuses", des "franchouillards", des "ploucs" que les privilégiés détestent, qu'ils aimeraient annihiler sans succès jusque là. La pauvreté est acceptable seulement quand elle est "exotique", sinon elle dérange trop. Et ces "péquenots" qui réclament de l'argent, à vivre décemment, c'est rien que des envieux comme on peut lire parfois sur les statuts de certains privilégiés et larbins...

     

    Et mes bourgeois mondialisés, tellement libertaires de parler de sédition, de factieux, d'en appeler aux flics et à l'armée toutes choses qu'ils prétendaient dénoncer quand ils faisaient "Soissantuite" ! Ils ne sont pas cohérents ou alors c'est qu'ils se révèlent pour ce qu'ils n'ont jamais cessé d'être, des nantis jaloux de leur magot.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration prise ici

  • La décadence des élites françaises

    Imprimer Pin it!

    À propos de « Le Crépuscule de la France d'en haut » paru le 14 septembre 2016 de Christophe Guilluy chez Flammarion

     

    christophe guilluy, fracture sociale, france d'en haut, société, privilèges, hypocrisie, amaury watremezChristophe Guilluy est déjà l'auteur des passionnants et indispensables « Fractures françaises » et de « la France périphérique » décrivant la rupture dorénavant presque définitive entre le pays et ses élites. L'intérêt de ces ouvrages et du dernier est que leur auteur n'est ni éditorialiste, ni journaliste politique, ni militant. On ne peut lui reprocher d'avoir un point de vue biaisé ou partisan. Il est géographe et analyse de manière scientifique les cartes démontrant la coupure des oligarques d'avec les petites gens, en particulier avec ces français dits ruraux, les habitants des petites villes de province méprisées, considérées avec hauteur et condescendance :

     

    Tous les « franchouillards », les « ploucs », les « prolos » ainsi que les nomment avec mépris les bourgeois pédagogues.

     

    Ce n'est pas un livre contre les élites qui verserait dans le discours démagogique -et l'anti-intellectualisme- mille fois entendus. L'auteur rappelle juste que dans un pays dont le fonctionnement serait sain et réellement démocratique, elles seraient issues du peuple dans leur plus grande part. Or, en France elle s'entretiennent par la cooptation. les réseaux et la reproduction sociale. La « France d'en haut » et ses séides, et ce de plus en plus, sont totalement étanches, aveugles et sourds au reste de la population tout en prétendant la guider sur la voie du progrès. La « France d'en haut » et ses obligés ne veulent pas entendre la colère qui monte, ne s'inquiètent pas de la remise en cause générale de leurs desiderata.

    Lire la suite

  • Les privilèges qui restent

    Imprimer Pin it!

    383395116_small.jpgLa nuit du 4 Août il y a deux-cent vingt ans, les privilèges sont abolis, et depuis c'est bien connu, ils ont complètement disparu : un fils de notable qui cause une accident de la circulation sera puni comme un autre chauffard, un président de la république n'a plus de cour de lèche-bottes et il est bien connu que les nominations de ministres se font d'après la compétence dans un domaine, que l'entregent n'est plus du tout pratiqué en France tout comme le clientèlisme ou le népotisme, que l'apparence n'est plus du tout un critère de recrutement, ou le statut social. On ne verrait plus une fille légère accéder au lit d'un gouvernant...

    ...Sérieusement, je pense que nos ancêtres, réputés obscurantistes, superstitieux et soumis (toutes idées reçues complètement fausses) se paieraient nos têtes dans les grandes largeurs, nous utilisons à grande échelle des véhicules dont le carburant est une matière qui disparaitra bientôt, et moins il y a de carburant disponible plus nous le dépensons, nous nous passionnons pour des objets dont nous n'avons pas vraiment l'utilité et loin d'être libres un ordinateur suffit à nous pister. Nous qui parlons souvent de liberté, nous chipotons sur nos droits, surtout en période de Crise d'ailleurs, comme les enfants qui quand ils sentent qu'ils font des bêtises ou qu'ils ont envie d'en commettre ressentent le besoin d'être recadrés du fait de leur conditionnement, bien que nous ne soyons plus des enfants, en principe.

    Et des privilèges il n'y en a jamais autant eu, maintenant on ne les réclame même plus d'ailleurs pour l'ensemble mais seulement pour sa communauté, le troupeau auquel on appartient, le Bien Commun étant une valeur tombée largement en désuétude.