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politiquement incorrect

  • Les observateurs politiquement incorrects et le vote le Pen

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    radio, télévision, médias, politiquement incorrect, société, politique, amaury watremez, primaires, le Pen, FN, LR, PSParmi les observateurs avisés, du moins c'est ce qu'ils prétendent, dits politiquement incorrects et reconnus ainsi, que ce soit un peu, moyennement, beaucoup, on ne comprend goutte non plus au vote le Pen. Il est toujours assimilé en 2016 à un vote protestataire, un vote d'humeur, et ce depuis les élections européennes de 1984. Les électeurs qui vont vers ce côté « obscur » de la démocratie française y restent, ils ne reviennent pas du côté des partis réputés « traditionnels ». Cela fait trente-deux ans que ça dure et qu'à chaque grande soirée électorale les politiques affirment avoir je cite « compris la colère des français »...

     

    ...Et qu'ils ne font strictement rien afin d'y remédier.

     

    Pour ces observateurs, quel que soit leur niveau d'incorrection politique le FN demeure encore le mal absolu, la pire alternative. Ce n'est pas un parti républicain à leurs yeux, ce n'est pas un parti fréquentable. En plus, on y trouve beaucoup trop de « beaufs » et de « ploucs ». Pour ces grands esprits, ce serait une mésalliance intolérable, terrible. Ils n'ont pas saisi non plus que le problème le plus brûlant, incandescent, en ce moment, c'est d'abord et avant tout l'inquiétude grandissante des ces mêmes « beaufs » et « ploucs » envers toutes les problématiques liés à la « diversité » :

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  • Existe-t-il un journalisme politiquement incorrect ?

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    politique, société, politiquement incorrect, société, paradigme nouveau, amaury watremezDans les écoles de journalisme on vote majoritairement à gauche (voir ce sondage à ce lien, il en existe d'autres encore plus flagrants). Les quelques étudiants de droite voire un peu plus à droite deviennent pour la plupart les journalistes dits « politiquement incorrects », chacune et chacun dans son créneau : sociétal, religieux, politique. Ce créneau contre la bien-pensance et les bourgeois pédagogues est de plus en plus porteur en 2016 du fait de l'échec patent des idéologies globalisantes, celles-ci étant à chaque fois autant d'alibis afin de maintenir les intérêts de l'oligarchie. Et ce y compris pour toutes celles mettant le peuple (le pôple) à toutes les sauces.

     

    Ces journalistes réputés politiquement incorrects ne le sont que jusqu'à un certain point. A quelques exceptions notables, on retiendra Eric Zemmour, Elisabeth Lévy et Natacha Polony et à gauche Eric Naulleau.

     

    Ces auteurs « malpensants » sont en effet formés à utiliser exactement la même méthodologie que les autres : prétendra à l'objectivité, retenir ses attaques selon une « déontologie » biaisée. Car cette méthodologie étant fondée sur des présupposés idéologiques très politiquement corrects cela fausse leur incorrection. Ils écriront leurs articles et éditoriaux au final selon des paradigmes de pensée et de réflexion de gauche.Employer la même méthodologie que leurs consœurs et confrères de gauche les amène donc à parfois tirer les mêmes conclusions que les autres d'un événement.

     

    Ils en tireront la conclusion fausse de la fin des clivages, fausse car pour la gauche, qu'elle soit sociétale ou pas, les clivages demeurent bel et bien et sont nombreux.

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  • Les contradictions de l'auteur politiquement incorrect

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    politique, société, médias, télévision, politiquement incorrect, hypocrisie, amaury watremezInternet est une providence pour les auteurs politiquement incorrects de gauche et de droite ou du moins se prétendant tels, plus lucides, plus raisonnables, plus fins, plus ceci, plus cela. L'auteur politiquement incorrect n'a de cesse de dénoncer le système et les oligarques, de se donner une image de justicier courageux, sans peur et sans reproches. Il ne devrait donc pas se plaindre de rester dans l'ombre car finalement cela demeurerait logique dans son optique d'indépendance politique. Etre un redresseur de torts masqué est son destin et son horizon.

     

    Seulement voilà...

    Parfois il arrive qu'un de ses articles parvienne au regard d'un "pipeaule" quel qu'il soit et que ce "pipeaule" lui réponde. Le "lone ranger" du clavier, le "zorro" de l'azerty, ne pourra alors s'empêcher de se sentir flatté. Voilà qu'il entre dans l'intimité d'une vedette, d'un des "grands" de ce monde. L'un d'eux s'adresse au petit littérateur du net qui n'en revient. Ébloui, voilà qu'il trouve des qualités à la célébrité que quelques jours plus tôt il s'évertuait à descendre en flammes.

     

    Comme celle-ci est magnanime, elle peut même faire de l'écriveur du web un "bon client" de la télé, un de ceux qui font le "beuze", une des "grandes gueules" prétexte afin de laisser entendre que le pluralisme est toujours une réalité dans les médias. L'auteur politique correct ne se sent alors plus de joie, il est transporté et les cuisses de l'attachée de presse dans sa mini-jupe en cuir lui semblent bien attirantes. Il commence alors à mettre de l'eau dans son vin. Pas trop, un peu, tout doucement, progressivement son foie s'amollit, s'engourdit ainsi que ses tripes...

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  • La peur tétanisante de faire le jeu du FN

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    politique, société, islam, hypocrisie, chape de plomb intellectuelle, amaury watremez, politiquement incorrect, islamisme, terrorismeOn me dira qu'il y a les sites complotistes ou groupusculaires allant très loin dans le délire. Eux n'ont aucun souci avec les bons sentiments ou un code de bonne conduite politiquement correcte. Eux s'en foutent de faire ou non le « jeu du FN » tout en ayant l'avantage d'être des épouvantails utiles que l'on montre pour faire taire toute velléité de contradiction même rationnelle. Ils font le jeu des bourgeois pédagogues et autres grandes âmes. Bien sûr, ils sont le plus souvent courageux mais pas téméraires, délirant sous pseudonymes et l'on sait également que dans ces groupuscules on a un flic, un militant...

     

    Et puis il y a les éditorialistes et journalistes qui ont eu le courage de dépasser les butoirs fixés par les bons apôtres sans pour autant sortir des rails de la bienséance, qui argumentent et étaient leurs discours en évitant les injures, la diffamation, la calomnie ou les attaques sous la ceinture.

     

    Mais même parmi ces journalistes moins politiquement corrects, juste plus lucides, on est finalement encore dans la terreur panique de déplaire de trop aux arbitres des élégances politiques en « faisant le jeu du FN » en énonçant clairement les réalités de l'islamisme grandissant dans les quartiers, de la violence religieuse évidente, de la multiplication des signes de rejet de nos valeurs. Dés que l'on évoque la question du voile ou de la radicalisation évidente des gosses de banlieue pour diverses causes dont le détricotage du Service Public, ils savent très bien qu'ils seront soupçonnés d'islamophobie, de racisme voire pire encore...

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  • Bientôt la criminalisation des gonades ?

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    4000gender-150x150.jpgAmis lecteurs, j'ai presque honte de le dire en ces temps de « Théorie du Gender » triomphante parmi les responsables politiques en place et de féminisme sociétal radical, je suis un homme, c'est à peine croyable. Je ne prétends pas être « un vrai, un dur, un tatoué ». Je ris de temps à autres à des blagues poivrées tout en absorbant sans souci hygiéniste du « brutal », en détestant cependant la pseudo fraternité de comptoir consistant à taper sur les cuisses du premier type venu, tout ça parce que l'on s'est alcoolisé le cortex au même moment. Et conséquemment, je ne suis donc pas doté d'ovaires, à la place j'ai deux gonades et une verge (si je n'étais pas si modeste, que je pourrais qualifier de bonne taille) et nuls scrupules à en être pourvus ce qui devient rédhibitoire dans nos sociétés dites « avancées ». Enfin, nuançons, dans le tout petit milieu parfaitement coupé du réel qui gouverne en ce moment.

     

    Cela ne m'empêche pas d'accepter également la part de féminité que les hommes de goût ont tous en eux, et qui les rend capables aussi de sensibilité au monde, à sa beauté, et aux autres, à la chair et à la chère (Loué soit le Tout-Puissant, le Miséricordieux mais avec cette phrase je crois que je risque l'excommunication de la nouvelle église du « Gender »).

     

    Et je ne tire aucun remords d'appartenir au genre prétendu des « opresseurs » ce qui sera sans doute le plus grave pour les gardiennes du Temple, et les séides de Sainte Gisèle Halimi ou la bienheureuse Christiane Taubira, martyre affirmée des méchants réacs et autres malveillants de droite à l'entendre, déjà béatifiée vite fait tout debout ces dernières semaines, et en appelant à la « Patrie en danger » du fait du fameux « risque de retour des z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) hier soir dans une conférence d'anthologie à la Mutualité, d'anthologie dans l'alignement de clichés et autres lieux communs s'entend.

     

    Même, je ne suis même pas de ces nouveaux hommes qui rêvent de tomber enceints et de changer les couches de leurs gosses pendant que leur compagne travaille, revenant le soir pour goûter le « repos de la guerrière ». On me dira, les femmes qui prennent les choses en main, qui sont actives, ce n'est pas si mal et j'aime bien quand c'est moi qui bouge pas ainsi que Desproges le prétendait également pour lui.

     

    Je ne suis pas comme ces « mâles de service » que l'on trouve obligatoirement dans les causeries et autres conférences sur l'égalité des genres, où ils sont le repoussoir des viragos présentes qui leurs jettent regards réprobateurs et moralisateurs lorsque le pouvoir absolu des mâles durant des millénaires et l’oppression supposée qui s'en est ensuivie est rappelée. Parmi elles, on notera que la plupart ne font ici absolument pas preuve de la douceur et de l'écoute envers tous qui sont présentées comme l'apanage des femmes.

     

    C'est alors que le « mâle de service » susdit baisse les yeux avec humilité, rougit même après avoir aidé le plus discrètement du monde, pour ne pas imposer sa puissance, une des harpies qu'il assiste à débrancher le chargeur de son ordinateur, ce qu'elle n'arrivait pas à faire elle-même de par des siècles de conditionnement « judéo-chrétien matchiste » (TM°) sur la faiblesse physique des femmes je suppose...

    Asterix6.jpgOn note pour l'anecdote que ce mâle de service s'appelle souvent Jean-Michel, je ne sais pourquoi mais c'est ainsi et que malgré une calvitie galopante il est parfois pourvu d'une queue de cheval et d'un anneau dans l'oreille, compensations plus ou moins conscientes je suppose, comme sa toute petite barbiche, un bouc « ticket de métro ». Les « Jean-Michel » finissent soient mariés ou en concubinage avec une virago « kipense » dans le bon sens, insaisissable au lit et castratrice à table, soient avec un autre « Jean-Michel » ayant finalement « découvert » librement leur sexualité la trentaine passé.

     

    Du débat actuel sur les nouvelles dispositions relatives au sort des clients de prostitués ressort cela ; être un homme c'est mal, c'est recourir forcément la violence, l'agressivité et le désir d'affirmer sa puissance sur l'autre alors que la féminité ne serait que douceur et calme, gentillesse, compassion et soin de l'autre. 

     

    Je m'amuse beaucoup à l'avance ami lecteur des réactions courroucées que ce texte taquin ne manquera pas de provoquer auprès des tenant-e-s du dogme et des « Jan-Michel » qui n'ont aucun sens de la dérision...


    image du haut prise sur le site pigeon fûté

    image du bas site neuvième art

  • Peut-on supporter les "copains et coquins" ?

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    "Alors on se sent écrasé sous le sentiment de «l'éternelle misère de tout», de l'impuissance humaine et de la monotonie des actions".
    Au soleil (1884) Guy de Maupassant

    Les affaires comme la mission bidon de Madame Boutin, ça devient pénible à la longue. Que ça sorte pour elle, on sait pourquoi, c'est du fait de son positionnement comme femme politique et catholique, mais elle devait bien s'attendre à ce qu'on ne lui fasse pas de cadeau.

    Boutin dit qu'elle n'est pas la seule, croyant trouver là une excuse ? Elle a raison bien sûr, mais de qui se moque-t-elle, en quoi cela l'absout-elle ?

    C'est un peu du même tonneau, sa ligne de défense, toute aussi grotesque que ce moment où elle a dit que Sarkozy incarnait les valeurs chrétiennes qu'elle défendait.

    Hier, en regardant les informations, je tombe sur dix secondes concernant le fils de Roselyne Bachelot, titulaire d'un diplôme en arts, qui aurait lui aussi une mission bidon dans le ministère de sa mère. On me dira qu'elles copient sur le chef, Nicolas Sarkozy, qui place son fils inculte et scolairement pas vraiment brillant à l'EPAD. Puis zappant deux secondes sur « le Grand Journal » voilà que je peux y voir Lolita Chammah, la fille d'Isabelle Huppert, même moue, même morgue, même attitude pénible qui donne envie de la gifler après deux phrases très convenues, après bien des enfants de et « filles et fils de », certes ce n'est pas la première.

    C'est exactement pareil dans tel conseil général, telle ou telle mairie, où l'on tombe sur les copains de tel ou tel notable, les neveux de l'un, les cousines ou copains de l'autre, le tout sans que ça ne choque qui que ce soit réellement visiblement. Dans ce genre d'endroits, on ose encore parler de compétences quant au recrutement pour ensuite embaucher par le biais du clientélisme la progéniture d'un notable ou d'un autre. Ce qui frappe c'est le retour au grand galop de l'hyper-révérence envers les « bonnes » familles et les notables.

    Ce sont généralement les mêmes qui vantent les mérites de la méritocratie et de l'effort, de la rigueur, mais pour les autres d'abord.

    Certains diront que ce texte est poujado, peu importe.

    Une longue liste de cumulards

  • Les "post-colonies" et la "Françafrique"

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    « Voyage en postcolonie

    Le nouveau monde franco-africain »

    Sur le Ring aussi

    Stephen Smith – Grasset

    Lien vers un blog africain décrivant la vie quotidienne au Congo sans langue de bois

    Il convient d'abord de citer cette définition, comme le fait Stephen Smith, à peu près d'après Flaubert et son « Dictionnaire des idées reçues » : « Postcolonies » (nos) : s'en déprendre avant d'en parler.

    2437988791_1.jpgOr, les français ont du mal à en parler car ils sont loins d'en être dépris. Stephen Smith est lui même fils d'une parisienne et d'un américain ce qui lui permet d'avoir un regard presque objectif sur le sujet qu'il étudie, du moins à la manière de Gulliver parcourant Lilliput ou Brobdignac, raillant les ridicules des uns et l'hypocrisie de certains hommes de pouvoir, s'étonnant de ses découvertes parfois surprenantes. Et cela donne à son livre plus ou moins des allures de « Lettres Persanes » du XXIème siècle.

    Il cite à la fin du livre de riches africains qui viennent de lui offrir un repas dignes des meilleures tables pour lui en jeter plein la vue, ce genre de comportement existe également en Afrique, qui lui demandent : « Ah bon, ces gens-là ont aussi des appartements cossus et des voitures de luxe à Paris ? ». Ceci pour dire combien ce livre met de clichés à terre.

    Pour eux, les miséreux, ce sont plutôt les parisiens, ces gens qui se baladent en jeans et veste « vintage », en vélos qui ne sont même pas à eux, habitent des appartements minuscules comme des paysans de brousse, et dont les enfants sont promenés sur leurs ventres par les pères qui n'ont même pas honte.

    L'auteur se demande dés les premières pages, et cette question reste le fil rouge de l'ouvrage, ce qui reste de la colonisation française dans les anciennes possessions de l'AOF et de l'AEF, s'il y a une haine de l'ancien colonisateur, il semble que si il n'y a pas de rejet de la France et de sa culture, il apparaît qu'il y a effectivement une haine des français, ou plutôt du « français » d'ailleurs. Ceux-ci restent, paradoxalement, des employeurs très courtisés. Enfin, beaucoup de coopérants d'ONG ou d'états travaillant sur ce continent sont des maris potentiels convoités, y compris ceux qui ne disposent que de 200 Euros par mois soit l'indemnité standard de coopération qui équivaut quand même à 50 000 francs CFA, certains prétendant avoir « été quasiment pourchassé par plusieurs Naomi Campbell les seins nus », ce n'est pas un sort dont on les plaindra forcément. L'auteur de ce livre est lui-même sollicité de nombreuses fois, les jeunes personnes le courtisant prenant sa réserve pour de la timidité.

    L'auteur du livre se pose également la question fondamentale, quant aux rapports de la France avec l'Afrique, de l'importance de la « Françafrique », un continent de magouilles encore largement inexploré, celles-ci ayant servies à financer la plupart des partis et des hommes politiques au pouvoir depuis plusieurs décennies depuis la dernière guerre mondiale, incarnée par des hommes aussi divers que Jacques Foccart, « conseiller spécial » de De Gaulle à Chirac, tombé en disgrâce depuis, et Claude Guéant, une nouvelle sorte d'éminence grise de la présidence actuelle. C'est certainement la partie la moins avouable de l'histoire de la Vème République, celle qui a permis cependant à la France de survivre plus ou moins comme puissance rayonnante et gardant de l'importance.

    Le coq gaulois a encore les deux pieds dans sur le tas de fumier semble-t-il, il s'en fiche. Tant que le citoyen lambda peut encore consommer ou bailler aux corneilles dans les rayons des supermarchés géants.

    Parfois l'intérêt supérieur de l'État implique beaucoup d'immoralité et la Raison d'État a ses raisons que la raison ignore.

    Il y a en Afrique plus de concessions « Rolls Royce » ou « Mercédès » qu'en Europe, plus de magasins de luxe et de « Hilton ». Là-bas, les riches y sont excessivement riches et les pauvres, comme on le sait, excessivement pauvres. L'Afrique est une terre d'avenir pour l'affairisme le plus immoral, le plus libéral, le plus libertaire.

    Les privilégiés sont le plus souvent les profiteurs des nouveaux régimes mis en place il y a une cinquantaine d'années, parfois ce sont les descendants des anciens roitelets au pouvoir avant la colonisation. Ils ont étudié en France, ont un mode de vie ostensiblement occidentalisé, on ne boit pas du vin de palme à table, ce que les populations leurs reprochent : « les blancs nous ont eu en nous faisant oublier nos traditions » entend souvent l'auteur du livre. Nuançons en précisant que les chanceux qui atteignent un niveau de vie leur permettant d'avoir les mêmes habitudes s'empressent de faire de même.

    c2b020f42065bf2a778113a98c0ec080.jpgMais l'exploitation du continent est de toutes façons mise en place avec leur collaboration la plus étroite, mais pas seulement car finalement c'est toute la population qui entretient cette dynamique, du plus haut niveau au plus bas, chacun à sa place essayant de tirer le meilleur parti de la situation, même les simples manœuvres, la réussite sociale passant par l'envoi d'argent à tout le réseau « familial » qui souvent s'étend beaucoup plus loin que la fratrie d'origine ou les parents. On ne peut que constater avec Stephen Smith que le darwinisme social a été parfaitement assimilé. D'Europe, ou d'Amérique, on a souvent la tentation de sombrer dans l'explication misérabiliste, la victimisation ou à l'inverse dans la criminalisation de tout le continent africain vu comme un repère de miséreux prêts à tout pour détrousser le blanc.

    L'auteur cherche des réponses et il n'est pas sûr qu'il en trouve forcément, car l'Afrique est un continent complexe. Stephen Smith le traverse en taxi-brousse, en « moto-taxi » brinqueballant et hors d'âge, des vitres fumées d'une limousine de luxe traversant des jungles de buildings de métal et de verre et à pieds au milieu des cases d'un petit village dans lequel il retrouve étrangement l'ambiance des trottoirs de Montmartre au pied de la Butte. Il prend également le train qui est le lieu de l'agora « politique » africaine. Avoir un billet n'est pas très compliqué, si l'on est riche, il suffit de « graisser la patte des policiers » qui surveillent les voyageurs à l'entrée de la gare, dans les wagons et à la descente.

    Ceux qui n'ont pas les moyens sont impitoyablement refoulés à coup de crosses et de fouets, comme il le constate. Ils finissent néanmoins par voyager en train en s'accrochant qui à la locomotive, qui aux wagons, voire en s'installant sur les toits des wagons, dés les premiers kilomètres du voyage.

    Tout le petit monde entassé dans le train discuter avec Stephen Smith de politique, de la colonisation et des déclarations de Nicolas Sarkozy, parfois on parle « dans la langue » pour que « le blanc qui surveille les bébés », d'une grosse dame à côté de lui, ne comprenne pas. C'est un autre lieu commun qui s'effondre alors, les africains ne sont pas non plus une population misérable à qui l'on impose un tyran, ce sont eux-même qui le choisissent, chacun ayant son champion, dans une conception extrêmement différente de la nôtre du débat politique, le vainqueur devant en imposer par l'argent et des dépenses le plus « tape-à-l'oeil » possibles.

    4480070272_515df45c49_o.jpgIl se hâtera de récompenser ses proches par des largesses « sardanapalesques » et ses partisans. Personne ne voit vraiment d'objections à ce qu'il prenne le pouvoir par la force brutale et la pire coercition, exerçant son emprise en déplaçant les populations, c'est souvent la cause première des famines ou en décrétant un état d'urgence permanent, ce qui est de plus en plus répandu car les « affaires » sont moins bonnes, le franc CFA ayant été dévalué de moitié depuis une dizaine d'années, la perte d'influence justement de la « Françafrique » dans les prises de décisions.

    La note complète sur le Ring

  • Monseigneur Gaillot sort du congélo

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    Evreux95.jpgIl y a dix-sept, dix-huit ans, je prenais le même train que monseigneur Gaillot deux fois par semaine, le 16h18 qui était vide (un peu comme un congrès Modem). Comme nous nous connaissions, il avait préparé mon groupe de catéchisme à la confirmation, il me saluait comme on salue quelqu'un qui nous est complètement indifférent, poliment mais de loin. Il nous avait dit que l'enfer n'existait pas et que tout le monde recevait l'onction de l'Esprit, il n'y avait pas besoin de sacrements à la rigueur. Il m'arriva une ou deux fois de me retrouver dans le même compartiment. Il me demandait de sa voix suave, et faut-il le dire qui rappelait celle des grands traîtres des films d'espionnage, ce que je faisais en ce moment, si ça me plaisait et si je travaillais bien. Il sortait une feuille de chou quelconque de sa besace, « Golias », et gardait le silence jusque dans la belle ville d'Évreux (qui n'est pas un trou de province coincé entre Rouen et Paris mais une superbe « ville moyenne consciente des enjeux du XXIème siècle »). Le plus souvent, nous nous évitions car j'avais une réputation assez mauvaise, en plus j'avais été confirmé à Riaumont quant à moi, chez des scouts infréquentables pour la bien-pensance. Remarquez, là-bas aussi j'avais fait tâche, j'étais le seul qui n'était pas en uniforme sur le photo de groupe.

    fr-radj-150.jpgDepuis qu'il est devenu évêque de Parthénia, on ne voyait plus tellement Jââcques Gaillot, à peine une photo en maillot de bains à fleurs dans « Gala », et deux ou trois secondes pendant une manif du DAL. Et voilà qu'à ma grande surprise, hier sur BFM TV, je vois qui, Jââcques, nous dire qu'il est temps que l'Église change, que les prêtres ont le droit de se marier, ce qui témoigne d'une drôle de conception de la sexualité comme nous l'avons déjà dit, les défenseurs du mariage des prêtres confondant les femmes avec des poupées gonflables, des objets permettant de calmer ses ardeurs et de vider ses génitoires (je suis direct, soyons directs, plus de tabous entre nous). On pose ensuite une question qui fâche à Gaillot, « étiez-vous au courant de la pédophilie de Denis Vadeboncoeur ? », un prêtre pédophile, identifié comme tel dans son pays d'origine, le Canada, présenté en 1990 encore comme « drôlement dynamique avec les jeunes », ses méfaits étant connus, à cela Jââcques a le culot de répondre qu'il ne savait pas, qu'il voulait donner une chance à cet homme. Peut-être celui-ci avait-il promis qu'il ne recommencerait pas ? On le sait, les pervers sexuels, les dingues, les malades, il suffit que tu agites un petit doigt réprobateur et ça change tout.

    Sacré Jââcques ! Il était en mal de caméras, à la fin du reportage, le coquin fait semblant d'humer le parfum d'un lilas avec sensibilité. Les vieux réflexes dominent longtemps chez les vieux cabots. Aux dernières nouvelles il soutenait le NPA...

  • Pourquoi faudrait-il aimer cette époque ?

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    la-course-barbaresque-moderne.jpgLe matin, quand, sur le coup de 7h20, 7h25, je vais prendre un expresso dans un petit bistrot de Vernon en attendant non pas des transports divins mais en commun, à défaut, je me laisse aller à la constatation suivante : cette époque est vulgaire et inhumaine. L'abîme se creuse de plus en plus entre ceux qui ont de l'argent, beaucoup et ceux qui n'ont pas beaucoup, ou pas du tout ; mais pas seulement, il y a aussi l'abîme entre ceux qui ouvrent un livre de temps en temps, et ceux qui se contentent de la télévision.

    On me dit bonjour de loin, on ne me parle pas beaucoup, je suis le « petit meussieur qu'est prof ».

    Gare ! C'est peut-être un intellectuel. « Et pis en plusse c'est un fonctionnaire, une fainéasse, pas un type qui se lève tôt ! ».

    Parmi ces petites gens, beaucoup rêvent de fortunes rapides, sans bouger le petit doigt, sans travailler, sans effort ou à devenir célèbre pour rien ou pas grand-chose même si cela implique une humiliation sévère, ce qui explique le succès de toutes les émissions de côtching, d'incontinence verbale et verbeuse consistant à tout déballer dans le poste, sans aucune pudeur ; j'ai pitié du type en blouson fluo qui gratte son carton de loterie à l'abri des regards, de celui qui lorgne l'écran du « rapido » et qui tourne nerveusement sa cuillère dans la tasse vide. Ils perdent à chaque fois mais ne se découragent pas tant que ça, juste cinq minutes à fixer le vide au zinc, avec le patron à l'air rusé et moqueur qui lui tape sur l'épaule en ricanant : « la prochaine fois, mon pote ! ». Il y a la vieille qui tient fermement les deux anses de son sac en cuir bouilli, hors d'âge, tout comme les godasses qu'elle a aux pieds. Elle tripote la laisse de l'infâme clébard baveux à ses pieds, mélange entre un fauteuil Louis XV pour les pattes, un caniche et un chihuahua.

    A la télévision, écran plat géant, quasiment obligatoire, dont le son est en continu au maximum, on regarde les informations, les guerres en résumé, un résumé de l'avidité humaine, de sa bêtise crasse, de ses acclamations pour des leaders toujours choisis pour de mauvaises raisons, jamais parce qu'ils font le bien de l'humanité. Pas besoin, il leur suffit de le prétendre. La présentatrice a les joues et la bouche un peu trop peintes, et un peu humides, elle a un poulovère un peu transparent, c'est un peu une consolation pour les spectateurs, une sorte de divinité de seconde zone pour compenser la grisaille. On entend le président de la République entouré de vrais gens, ils sont assis autour de petites tables rondes mais n'évoquent aucun esprit. Déjà, ça sent le graillon par la porte qui donne sur la cuisine de l'établissement, la femme du patron compte sa monnaie au comptoir des paquets de cigarettes. Devant elle, sur un présentoir, le notable local rit de toutes ses dents, prétendant qu'il est fier d'inaugurer un bout de trottoir dans une cité.

    On voit les néons du supermarché, les mannequins aux allures de squelettes sur les photos des publicités, les rouges et violets qui clignotent et éclairent par intermittence un balayeur qui prend sa pause en fumant un clope qu'il fait durer jusqu'au bout, se brûlant presque le bout des doigts.

    Entre deux quart d'heures d'informations, passent toujours les mêmes publicités, une pour le service des eaux de Paris, qui ressemble alors à un grand hôpital aseptisé, une ville utopique cauchemardesque, ripolinée, frottée à la paille de fer ; une autre semble vouloir démontrer le bonheur des familles éclatées, des enfants éparpillés et tellement contents je suppose d'être partagés comme les petites cuillères ou la machine à expresso quand PapaMaman se séparent car s'apercevant trop tard qu'ils n'avaient plus rien à se dire et qu'ils n'ont jamais eu rien à se dire. Un type descend d'un 4x4 « BMW » dont il laisse tourner le moteur devant l'entrée, tout de suite, des effluves d'eau de toilette et de tabac envahissent le café, il a une veste de grand reporter, il fait tourner ses clefs, il est content de lui. Il regarde les clients, puis sa voiture, il rigole encore, il prend son paquets de clopes et sort en faisant signe à la fille à la place passager, elle a les joues creuses et des lunettes de soleil aux verres fumées immenses qui lui mange tout le visage, le genre de fille que l'on croit vendue en option avec ce genre de véhicule.

  • La bibliothèque vivante de Léon Daudet

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    La réédition des « Souvenirs Littéraires » de Léon Daudet

    leon-daudet.jpegJe me demande ce que font nos sages et raisonnables élites, critiques et autres qui font dans le culturel, pour laisser passer la réédition aux « Cahiers rouges » chez Grasset des souvenirs littéraires de Léon, monarchiste, catholique et cultivé. Quoi que Léon ne fut pas sectaire, il milite pour la création des syndicats à l'abrogation de la Loi le Chapelier (loi révolutionnaire de 1791 qui interdisait les associations ouvrières), en 1898, et défile avec les anarchistes en 1923 ; et comme il le rappelle : on pouvait très bien faire le coup de poing contre les communistes pour se réconcilier ensuite au café dans une même détestation des bourgeois, leur morale étroite, et leur hypocrisie majeure. A l'époque, certains de ses contempteurs l'appelaient « Gros Léon » car il était lui aussi doté de rondeurs voluptueuses. On a oublié la plupart de leurs noms tandis qu'on le lit encore. Proust le comparait à Saint Simon et lui dédie le premier tome de « la Recherche » que Daudet s'était employé à défendre becs et ongles au jury du Goncourt qui préféra une quelconque connerie. Il avait du nez en matière littéraire, un nez très fin quitte à porter aux nues des écrivains qui étaient ses ennemis politiques sans jamais faire preuve d'aucun sectarisme, dont Céline, d'abord réputé anarchiste, ou Proust, dreyfusard.

    Bien sûr, on ne peut que désapprouver sa défense de Drumont, antisémite obsessionnel jusqu'à la pathologie. C'est une des rares nuances que l'on peut apporter à cette lecture car les portraits des littérateurs éxécutés par Léon sont tous remarquables. Cela peut aller jusqu'à la jubilation, de celui de Barbey, que l'on a l'impression de voir revivre sous nos yeux, ce « vieux viking au verbe sifflant et édenté », que je connais par coeur, à celui de Debussy « génie au front de taureau » ou de Maupassant, malade, imbécile et génial en même temps, en passant par Proust, Puck et feu-follet assis sur les banquettes de cuir du Café Weber, Forain, Caran d'Ache, petit gros et séducteur qui « déshabille les femmes du regard en un quart de seconde comme l'experte nounou le poupon » et feint l'attention d'un bon apôtre (personnage donc légendaire chez les petits gros), José Maria de Heredia et Oscar Wilde à la fois beau et atroce, expert en argot londonien et qui savait s'élever aux cimes pour parler de beauté. Daudet les a tous fréquenté gràce à son père et son premier mariage avec une petite-fille Hugo.

    313139320.JPGCe qui domine chez Léon, c'est de toutes façons la lucidité : sur son époque et ses grands personnages, voire ses mythes, comme Victor Hugo, grand-père débonnaire de toute la Troisième République et saint laïc, ou Aristide Briand, ancien indic dont il conserve les habitudes très longtemps (à savoir avoir des dossiers sur tout le monde), ivre de rage quand Léon le coince sur ses hypocrisies. Le récit des funérailles nationales de Victor Hugo trouve encore, à mon avis, des résonnances dans l'actualité. La bourgeoisie prétentieuse et bien parée, y cotoie la canaille la plus vile, et bientôt le vernis craque et tous de se laisser aller à la joie malsaine du troupeau content de communier dans l'instinct grégaire, les marlous mettent la louche au cul des rombières, que ça fait rire de la gorge, pendant les notables pactisent avec les apaches. On ne songe plus vraiment à « Booz endormi », ou aux tribulations de Quasimodo. C'est la lie qui déborde tout. Concevoir le peuple comme forcément bel et bon était déjà à la mode, ce qui permet aux nantis et à leurs séides de conservers privilèges et honneurs, honneurs douteux il est vrai.

    Et cerise sur le gâteau, il n'est jamais didactique, il ne cherche pas à vendre sa camelote idéologique, ou à se faire missionnaire pour telle ou telle cause en oubliant le style ou la valeur littéraire réel d'un auteur. En homme du XVIème siècle qu'il est, véritable humaniste, c'est-à-dire cet humanisme qui contient tout ce qui est humain, et beau. Justement, quant à la beauté, Léon n'est pas dans le relativisme qui voudrait que « tous les goûts, y soyent dans la nature ». Il est parfois injuste, parfois dans l'erreur, mais lui saurait encore l'admettre, contrairement aux porteurs de causes qui, eux, ne se trompent jamais, n'étant sans doute pas de la même planète. Daudet est beaucoup moins sec et aride que Maurras qui se laisse parfois aller au cynisme, on comprend mal que ces deux personnages aient réussi à s'entendre. C'est une sorte d'ogre qui aurait voulu tout recevoir, tout ressentir, tout goûté et que rien de qui est humain ne lui échappe.

  • De petit poisson de burettes à grand requin de bénitier

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    copyright pour Rackam quant à l'expression « requins de bénitier »

    Note inspirée par ce fil de discussions...

    25-insolite-11-mini.jpgIl fut une longue période ou en tant que catholique j'ai fermé ma gueule, je laissais courir, je me disais qu'il valait mieux insister sur ce qui me rapprochait des amis, relations et autres si affinités, plutôt que sur ce qui nous séparait, ce qui impliquait de ma part un compromis, à savoir, encore une fois, fermer ma grande bouche. La plupart savait pertinemment que j'étais catholique, quand ils lançaient un blasphème, ils disaient : « ce n'est pas méchant ». Quand il défouraillait à qui mieux mieux contre le Pape, ce n'était « pas contre moi » mais « contre l'institution », parce que « on n'en a pas après les croyants -considérés comme une foule béate et docile, crédule et sotte, là c'est moi qui souligne- mais contre les prêtres », pensant selon l'idée reçue habituelle qu'un prêtre ne sert à rien comme intermédiaire entre Dieu et les hommes. Ce n'était de ma part que rien d'autres que de la lâcheté. De nombreux catholiques ont cette peur d'être exclu du monde, ils la mettent alors en veilleuse quant à leur foi, ne comprenant que la Foi englobe tous les aspects de l'existence.

    Et puis j'en ai eu marre que l'on ne respecte pas ce en quoi je crois et qui me meut, je l'ai donc dit. Je me suis alors pris en pleine figure des tombereaux d'injures sans nom. Moi, le petit catho crédule, l'agneau qui se laissait molester sans répondre aux coups portés, voilà qu'il se révoltait et répondait. Bien sûr, quand un catholique se défend, on lui opposera toujours le fait qu'il aurait dû plutôt tendre la joue gauche, ce qui est engendré par l'idée que la charité et l'amour divin c'est un truc de chiffe-molle. On m'a bien fait comprendre aussi que c'était de ma faute aussi, moi un catholique traditionnel (j'ai un crucifix dans mon bureau...), c'était de la provocation de parler comme ça de ma foi, de mes croyances, il était normal que l'on y réponde quand même. Grands Dieux, me suis-je dit, bien sûr, c'était de ma faute, un crucifix même dans mon intimité, c'était encore de trop.

    De catho qui ferme sa gueule acceptable, j'étais devenu un Savonarole, un affreux réactionnaire alors que, encore maintenant, je déteste tout autant le genre éducateur social que conservateur bourgeois qui veut que surtout rien ne change en ce bas-monde, à commencer par son petit plaisir, et la place de son nombril. Et je n'ai toujours aucune envie de fouetter les pêcheurs et châtier les pécheresses (à part peut-être pendre les cons comme le faisait un de mes ancêtres ?), et je détesterai brûler des livres, des films ou des œuvres d'art, voire des disques ( ce qui est plus dur pour les téléchargements de nos jours). Je ne ressens aucune culpabilité à apprécier la beauté des courbes d'une jambe ou à regarder les jambes des filles qui passent. Je ne me flagelle pas après avoir goûté un très bon champagne et dégusté un excellent foie gras poêlé, par exemple. L'un de ces éducateurs sociaux croisés dans la rue m'a regardé il y a quelques jours comme si j'étais un de ces monstrueux « anars de droite » qu'ils détestent car ne respectant rien de la bien-pensance actuelle.

    Cela ne me gêne pas d'être vu comme anar de droite, je suis en bonne compagnie.

  • Niveau zéro de la politique, un exemple

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    conseil-general_zoom.jpgLe microcosme provincial, exemple flagrant du niveau zéro de la politique en 2009

    En province, je prendrais l'exemple d'E...X, préfecture coincée entre Rouen et Paris à taille, et ambitions étroites, hélas, de sous-préfecture, le microcosme politique local est un bon exemple du niveau zéro de la réflexion actuelle sur ce domaine :

    Analyse de gôche :

    Il y a le centre réputé « bourgeois » et « riche », c'est bien connu, n'y habite que des richards, des ploutocrates prétentieux qui peuvent bien payer des impôts locaux un peu plus élevés chaque année, et il y a les quartiers alentours de la ville, des cités HLM ou « dortoirs », où il n'y a pas de riches du tout, c'est bien connu aussi.

    Un pauvre n'est pas d'origine française, les français étant tous riches. Un pauvre a des coutumes charmantes qui passent pour aimables et folkloriques même si cela induit une vision des femmes totalement brutale. Autre réponse possible, opposer les exactions y compris les plus anciennes, du catholicisme, religion que l'on peut canarder tout son soûl sans trop de scrupules (ils ne font pas sauter de bombes, ne brûlent pas de voitures). On ne se hasardera pas à les critiquer car là on sera un facho ou un suppôt du Front National dirigé par le diable en personne qui est le Mal absolu, et non un épouvantail bien utile pour faire passer les pires escroqueries. Personne ne se hasardera à dire que le Pen est inoffensif et avide surtout des revenus que lui procure son activité tout comme sa fille. En province, l'on est riche quand on parle un langage courtois et sans un seul mot vulgaire toutes les deux phrases, car les pauvres sont forcément tous malpolis et grossiers dans l'imaginaire de gôche. Et bien sûr un pauvre ne va pas à la messe, car alors c'est qu'il est riche, ou bourgeois, ou réac. On aime bien montrer son pognon mais comme on est encore un peu culpabilisé, on aime bien que la consommation ait une étiquette « équitable » ou « responsable ».

    Analyse de droâte :

    A drôate, on veut faire de l'argent quand on est un édile de province. On n'aime pas beaucoup les quartiers alentours dont on a la même vision finalement, des pauvres dont on a peur mais avec lesquels cependant l'on aimerait bien s'acquoquiner quand même ne serait-ce que pour assurer la prochaine réelection. On colle quelques CRS de plus pour rassurer les électeurs, sans pour autant mettre en place quoi que ce soit de conséquent quant à la sécurité, on est un peu lâches mais on assume. On est un peu complexé par Paris et on se dit que ça ferait quand même un tremplin pour un poste correct dans la capitale pas trop mal sur le CV. On voudrait bien être comme à Paris, pour l'instant, on joue au notable en loden mais finalement on reste un prolo dans son coeur, pas un prolo glorieux des films du réalisme poétique, plutôt un minable complexé par son statut que l'on estime encore trop peu glorieux. A droâte aussi, on croit que dans le centre d'une ville, il n'y a que des riches et dans les quartiers alentours, seulement des pauvres, et des pauvres folkloriques. On n'a pas peur de montrer son pognon, on a moins de scrupules. Cela ne semble en rien contradictoire avec le fait ensuite d'animer la messe paroissiale en balançant à l'occasion quelques intentions très humanitaristes, voire de gôche. Au bout du compte.

    Il n'y a pas de réel dessein, pas de vision, ne restent que l'égoïsme, l'indigence intellectuelle et l'avidité.

  • Un magicien comme Renoir - à propos du "Caporal épinglé"

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    00903590-photo-affiche-le-caporal-epingle.jpgSelon moi, il n'y a pas beaucoup d'autres cinéastes français qui arrivent à la cheville de Jean Renoir, toujours génial quand il évite de se complaire dans le militantisme un peu mièvre. L'engagement se chausse toujours de gros sabots voire même de chaussures orthopédiques, d'un parti-pris qui rejette toute une partie des autres êtres humains a priori. Heureusement, Renoir montre que rien de ce qui est humain ne lui est étranger. C'est un classique au même titre que Flaubert et Balzac, ou Maupassant. « La Règle du Jeu », « La Grande Illusion » ou « le Caporal épinglé », inspiré du roman de Jacques Perret, "hussard" ennemi de l'esprit de sérieux, « Partie de campagne » sont ses plus beaux films à mon sens.

    En juin 1940, dans un camp de prisonniers français du Nord-Est de la France, trois soldats de fortune, Le « Caporal », aviateur, de « bonne » famille, « Papa », ouvrier et banlieusard, et Ballochet, grand escogriffe maladroit et intellectuel inadapté, décident de fausser compagnie à leurs gardiens. L'évasion échoue car Ballochet prétend avoir égaré ses lunettes en franchissant le mur d'enceinte. On les retrouve dans un Oflag autrichien. « Papa » et « Caporal » se font de nouveau épingler après une tentative improvisée dans un camion de gravats. Une troisième tentative, suite à une diversion organisée par Guillaume, péquenot roué qui préfère l'Oflag à sa ferme car ça lui fait des vacances, encore organisée par « Caporal »l avec la complicité de « Penchagauche », garçon de café sentencieux et un rien dédaigneux, car « il regarde les clients et il les connait », dans le civil, échoue à la frontière et c'est pour lui, de nouveau, le camp disciplinaire ainsi que pour « Penchagauche » qui en meurt. Il est remis sur ses pieds par Ballochet qui tient une cantine clandestine avec la complicité des gardiens, il retrouve également Caruso, matamore hâbleur et chanteur d'occasion. Le Caporal se rend compte que son ami est un peureux qui avait "perdu" volontairement ses lunettes lors de la première tentative d'évasion. Ballochet prend conscience de sa lâcheté et tente de s'évader tout seul, le soir même, et meurt héroïquement. Avant de partir, il aura dit : « Le geste gratuit devient une action pratique. Don Quichotte rejoint Sancho Pança. Celui qui a pour drapeau Gaz de France : fuite à tous les étages. Un personnage comme moi ne peut fuir que seul », dans « la Grand Illusion », de Boeldieu l'aristocrate se sacrifiait, dans « le Caporal épinglé » c'est l'homme cultivé mais isolé.

    vespasiennes.JPG?0.9052037966983044La fille d'une dentiste allemande qui soigne les prisonniers, redonne goût à la vie entre temps à Caporal. Avec sa complicité il réussit à s'évader enfin avec « Papa », réticent car il aime la fraternité des camps et craint d'être de nouveau séparé de ses copains. Comme il le dit : « Ma terre à moi c'est là où est mon copain » (on pourrait proposer cette définition de l'identité nationale à Éric Besson).Un bombardement providentiel leur permet de s'échapper d'un train où ils ont été repérés par un ivrogne trop expensif A la frontière ils croisent un prisonnier français qui vit à quelques centaines de mètres de la liberté dans une exploitation agricole où il aide une paysanne allemande demeurée seule à la ferme et dont il est tombé amoureux. « Papa » et « Caporal » se quittent sur le Pont de Tolbiac. « Caporal » va vers les beaux quartiers; « Papa » va rejoindre les banlieues populaires, mais ils se promettent de se retrouver, persuadés qu'il faut bien la finir "cette putain de guerre!".

    Sur Renoir par Claude Brasseur

    "Ecoutez, c est difficile à dire, mais moi ce gars-la, je l'aime. Voyez vous, ce qu il y a de terrible au cinéma, c est la facilité. Vous me prendrez peut-être pour un prétentieux, mais avec un peu de talent, croyez-moi, on s'en sort toujours. Moi, je peux bien vous le dire, je ne me suis jamais donné de mal pour un rôle. Mais ici, je travaille, j'apprends mon texte, je me prépare, et vous savez pourquoi? Rien que pour lui faire plaisir, à Jean Renoir. L'autre jour, on tournait en extérieurs. Eh bien, de voir là, debout dans le froid glacial, à 67 ans, les pieds dans la boue, un Monsieur qui est un des plus grands bonhommes du cinéma mondial, et qui, sous la pluie battante, retire son chapeau quand nous, les comédiens, nous commençons à jouer, ça vous donne un sacré choc. Tenez, ça a l'air idiot ce que je vais vous dire. mais moi, le matin quand j'arrive au studio et que j'aperçois Renoir, j'ai envie de l'embrasser."

    Claude Brasseur, in LE NOUVEAU CANDIDE, (1961)

  • Un film romantique pour deux kilos de débouche évier

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    Le romantisme moderne me les brise

    71_13795_max.jpgDeux trentenaires modernes s'embrassent sous la lumière d'un lampadaire parisien (rappel que l'on connait le réalisme poétique, que l'on est entre gens drôlement culturés). La jeune femme porte un imper « couture » gris et un petit « bibi » comme dans la pub « Loulou » de Cacharel », lui est adroitement mal rasé, il a un « djine » « baggys » par esprit multiculturel et une mèche, important la mèche, car cela prouve bien qu'il est ouvert au monde. Bien sûr, comme c'est du romantisme moderne, ensuite l'homme couche avec un autre homme et la femme avec deux filles. Elle monte dans un bus parisien, et la caméra reste fixée sur l'homme qui devient de plus en plus petit, à la fin, il s'agenouille en frappant des deux poings à terre en pleurant et en gueulant « pourquoi ? », on a envie de lui répondre, « Parce que ». Ou alors variante, on voit la scène du point de vue du type, et là on voit la jeune femme une main sur la vitre, la bouche à demie-ouverte. Et elle pleurniche un peu.

    Comme dans un feuilleton pour adolescentes post-pubères, « Dawson » par exemple, on entend toujours une scie « pop » à la con référencée z-et nostalgique qui émeut drôlement le spectateur qui n'en demande pas tant. Il pleure toutes les larmes de son corps dans son pop-corn et il faut dire ce qui est, c'est dégueulasse le pop-corn salé et humide alors que ça coûte une fortune à l'entrée de la salle. Le jeune gars romantique correspond le plus souvent à tous les critères pour vendre tel ou tel produit placé dans le film, le regard glisse un peu sur lui, comme le fond de teint qu'il sera obligé de se tartiner sur la tronche quand il sera un peu plus vieux et « has been » complet ou ayant sombré dans la « pipôlade » absolue comme Lindsay Lohan ou Britney, les ex-vedettes en peau de saucisson de la téléréalité pipeautée, ou cette actrice qui a sombré dans l'alcoolisme, la drogue, les accidents de voiture et les mariages triviaux, Shannen Doherty.

    1647086470.jpgEnfin, ça fait cher le romantisme à deux balles, enfin plutôt de 8 à 10 Euros la place (à la place on pourrait obtenir deux ou trois kilos de débouche évier romantique). Bien sûr, il m'est arrivé d'être ému par une chanson à la con ou un tube de mes deux tellement formaté que ce n'en est pas permis, quand je suis amoureux d'une emmerdeuse ou une autre, ravissante comme elles le sont toutes compensant un handicap par un moyen de défense qui leur vient naturellement et de sentir mon coeur fondre ou devenir aussi sucré que de la grenadine en tube. Je rêvais alors de m'asseoir sous la lune ronde et blanche telle qu'on peut la voir dans une pub pour eau de toilette. C'est ainsi. On n'y peut rien. Le romantisme moderne, on le retrouve aussi dans les pubs pour yahourts, je viens d'en voir une où la mère de famille fraîche et toute pimpante en accueillant ses invités reçoit une de ses copines qui lui dit d'un ton joyeux : « pour le dessert, j'ai apporté des yahourts », cette conne, qui montre triomphalement des yahourts au fruits avec un petit noeud rouge. Moi, je ne sais pas, je ne trouve pas ça romantique, je dirais qu'elle se paie ma tête si j'étais la ménagère maîtresse de maison.

    Ci-dessous un punch romantique

  • La paix gâchée entre Israèl et les palestiniens

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    à propos du dernier livre de Charles Enderlin

    « Le grand aveuglement : Israël et l'irrésistible ascension de l'Islam radical »

    Charles Enderlin est très mal vu par les sionistes mais tout autant par les séides du Hamas et ceux qui en France les soutiennent. C'est plutôt bon signe. Les uns l'accusent de bidonner ses reportages, les autres d'être partial.Comme tous les défenseurs aveugles d'idéologies, ils sont bien incapables de voir simplement la réalité en face, allant parfois jusqu'à l'autodestruction comme Rachel Corrie.

    al-dura2-183x118.jpgJ'ai pensé à Charles Enderlin en écoutant Yvan Attal chez Ardisson défendre le « sacrifice » (il a de ses mots) de la Cisjordanie par les palestiniens pour assurer la sécurité d'Israèl avec des arguments totalement hallucinants, appuyé par Claude Goasguen qui justifiait l'attitude de l'armée israèlienne par les tirs de roquettes sur Sderot. Ces tirs sont inacceptables, comme tout acte de terrorisme, mais la colonisation qui continue l'est tout et En quoi a-t-on le droit de demander à des personnes de quitter leurs terres ? Sur quelles bases ? Et en quel honneur ? Même s'il a raison sur un point, la Palestine en tant que telle ne peut exister en tant qu'état car elle ingouvernable du fait de la « peau de léopard » des implantations qui la recouvre. La seule solution de paix à long terme est bel et bien un état binational.

    6a00d834522bcd69e2010536d24897970b-400wiIl y a quelques années, quand je suis revenu de Jérusalem ainsi que d'autres coopérants, nous savions que le Hamas était un mouvement encouragé en sous-main par le gouvernement israèlien, tout comme la plupart des mouvements islamistes, les palestiniens laïcs et ouverts à l'Occident étant progressivement court-circuités afin d'empêcher un partage équitable. On nous disait que nous étions partiaux, que nous prenions trop partie, que nous nous engagions sans réfléchir alors qu'aucun d'entre nous n'avait de haine pour Israèl, qu'au contraire nous aimons également car c'est un des rares exemples de société réellement diverse. Et enfin, la plupart des observateurs occidentaux ont été incapables de comprendre le rôle essentiel de vecteurs de paix des chrétiens d'Orient, favorables à une société laïque, ouverts également au monde, qui auraient pu mener à la paix. L'Église de France, comme les autres est bien incapable elle aussi de les aider, soucieuse de grands et beaux discours ou de pérenniser des innovations parfois hasardeuses mais gratifiantes pour leurs promoteurs qui tiennent finalement à leur aveuglement, et ayant beaucoup de difficultés à concrétiser, excepté l'oeuvre d'Orient malheureusement trop méconnue encore.

    Derrière la prose de Charles Enderlin, on distingue aussi un coeur qui bat pour cette terre du Proche Orient. Voilà l'image qui me vient aussitôt quand j'évoque cette région du monde, un coeur qui bat malgré la haine...

  • De Brasillach à Marie N'Dyaye

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    brasillach-300x300.jpgJe viens de lire un article qui dit une chose extrêmement juste auquel j’essaie de ma petitesse de blogueur compulsif de province (la providence du Tout-Puissant me garde de tout orgueil mal placé) qui m’interpelle où ? Quelque part. Un écrivain a le droit de s’exprimer, même pour balancer des absurdités. C’est comme ça.

    Il n’y a pas à demander à Marie N’Dyaye, ou qui que ce soit, un devoir de réserve, demande farfelue qui naît d’un certain anti-intellectualisme à la mode, cependant rien n’empêche de discuter ce que dit cette personne, voire de contester. Malgré tout, je ne suis pas sûr que ceux qui défendent le Goncourt 2009, excepté l’auteur de l’article, aient pratiqué la défense des auteurs jusqu’au bout, y compris les « infréquentables » rejetés par la bien-pensance actuelle, à commencer par Marie N’Dyaye elle-même. On va même jusqu’à lire un auteur plus pour son « engagement », qui consiste le plus souvent en deux ou trois lieux communs vaguement consensuels ou mollement humanitaristes, que pour son réel talent littéraire. J’ai horreur de ça quant à moi car ce genre de conception de la littérature est engendré par l’idée que la littérature devrait forcément avoir une « utilité » pour la société de son temps. Comme un « infréquentable » comme Kléber Haedens, je trouve cela infiniment hypocrite, vulgaire et condescendant.

    article_0311-CUL-NDIAYE.jpgQuand Brasillach a été condamné, voire même Rebatet, tout le monde littéraire auraient dû prendre sa défense, quant à lui il était en plus un drôle de bouc émissaire de la culpabilité de certains qui auraient dû également se retrouver sur le banc de l’infamie, à savoir à peu près 43 900 000 autres personnes y compris Sartre et son castor guindé (selon les chiffres de l’historien Robert Paxton qui chiffre le nombre de résistants réels en 1944 à 100 000 français, tout comme il est vrai le nombre de « collabos » réellement sincères). On aurait dû défendre tous les écrivains qui se sont engagés pour l’Algérie Française, de Nimier à Blondin, ou encore Céline réputé encore « salaud numéro 1 » au hit-parade des crapules littéraires sans parler d’écrivains comme La Varende, Claudel, ou Mauriac réduit à sa description de la bourgeoisie bordelaise, au purgatoire des écrivains catholiques croyants irrécupérables, ou monarchistes. Ne parlons pas de Jacques Bainville, excellent historien des relations internationales, ou Léon Daudet, chroniqueur sans pareil de la vie littéraire de son époque. On récupère parfois Bernanos, d’aucuns étant persuadés que le Bernanos qui écrit « Les grands cimetières sous la lune » n’est pas le même que celui qui écrit « Le journal d’un curé de campagne », « Monsieur Ouine » ou « la Grande peur des bien-pensants ». Dégoûté par la société de son époque, déjà toute aussi inique et stupide que la nôtre, il est parti au Brésil espérant mettre en forme l’utopie dont il rêvait étant plus jeune, sa « Patagonie » à la Raspail. Quand la guerre est arrivée, et l’armistice de 1940, il ne s’est pas posé en hérault de la résistance, il a simplement continué à se conduire en homme libre. Et comme sa voix était puissante, on l’a écouté, un temps ; la guerre finie, beaucoup sont retombés dans leurs anciens travers. Et quand il écrit « la France contre les robots », on le trouve trop sombre, réactionnaire, alors qu’il avait pourtant raison.

    soljenitsyne.jpgIl ne défendait pas une idéologie, tout comme « les Hussards » d’ailleurs, mais vivait en homme libre. Un écrivain, n’importe qui il est vrai, qui défend une idéologie, espère la victoire de son idéologie, qui se bat pour une théorie, subit une contrainte, il ne peut pas tout dire, « pour ne pas désespérer Billancourt » comme dirait l’autre (ce genre de phrases qui couvre l'emprisonnement de Zinoviev ou Soljenitsyne). C’est son droit mais il faut qu’il en assume les conséquences. Parfois, le talent de l’écrivain, quand il en a, fait largement oublier son militantisme, que ce soit Roger Vailland ou Aragon.


  • Souvenir d'un grand homme d'état et de télévision

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    (Version stalinienne)

    Il y a tout juste douze ans mourrait un très grand homme d'état et de télévision. Lui au moins n'avait jamais peur de ses contradictions. Il assumait, prenait tout sur lui, étant bien sûr totalement libre de Moscou. Il ne vivait pas dans l'opulence capitaliste, partageant de temps à autres, contraint et forcé, les chasses à l'ours de son ami Ceaucescu, autre philanthrope. Certes, depuis on vit beaucoup moins philantrope, comme Bernard Madoff. Le public aimait bien le parler vrai du premier secrétaire, son vocabulaire proche du peuple.

  • Le bazar turbulent de la polémique

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    Démocratie en ralenti

    bagarre_village_gaulois.gifDe plus en plus souvent, on entend les électeurs, formés politiquement ou non, chipoter sur la démocratie. Il y a trop d'élections, il faudrait seulement deux partis, un de gauche, un de droite, et pourquoi pas un seul, ce serait encore plus simple, non ? Alors que la démocratie c'est justement cet « émiettement » des partis. On nous dit qu'en France, il y a d'ailleurs soixante millions d'opinions différentes pour s'en gausser, mais quelle importance ? On se plaint d'avoir trop d'élections et certains vont jusqu'à penser qu'il ne faut pas trop remettre en question les décisions des politiques et dirigeants, ou chefs d'entreprise car eux savent ce qu'il faut pour les autres étant réputés plus compétents, ou alors par le fait qu'il faudrait être encore un peu plus dociles que nous le sommes déjà. On en vient même à dire que droite et gauche ça ne veut rien dire, ce qui est faux même si des gauchistes peuvent être au fond pétainistes et des dirigeants de l'UMP pro-révolutionnaire, comme Xavier Bertrand. Seulement voilà, la langue de bois, comme celle que décrit Christian Delporte dans son livre sur le même sujet conduit à justifier souvent l'injustifiable, que ce soit d'un côté politique ou de l'autre. C'est venu rapidement, ça a pris à peu près vingt-cinq ans pour nous convaincre que la démocratie était une coquille vide, ce qui est très loin d'être le cas comme j'ai pu le vivre en étant au Proche-Orient où le moindre geste, le plus anodin, a des airs transgressifs, et où nous avons vraiment pris conscience de nos droits qui sont devenus encore plus précieux à nos yeux.

    Quant à moi, je refuse catégoriquement de rentrer dans un moule de pensée quel qu'ils soit, dans un cadre que l'on m'impose, d'où qu'il vienne, même en prétextant que c'est pour mon bien. Nous vivons peut-être dans une sorte de totalitarisme mou, ce n'est pas totalement exagéré, les peuples étant finalement soumis à l'arbitraire économique qui se doit d'entretenir sa dynamique mortelle, mais nos libertés sont bien réelles. Et à la performance qui impose sa logique, je préfère le joyeux bazar, aussi turbulent soit-il, de la polémique politique.

  • Le Goncourt à Marie N'Dyaye, le Renaudot à Beigbeider, étonnant, non ?

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    696340_photo-1257139403641-1-0_150x113.jpgAu départ, le Goncourt était un prix littéraire destiné à récompenser de jeunes auteurs chez qui l'on pensait distinguer les prémices d'un talent futur. Petit à petit, surtout depuis quarante ans, c'est devenu un truc, un machin quelconque boursouflé, destiné à récompenser quelqu'un bien dans la note de la bien-pensance, on récompensera par exemple un perdreau de l'année comme la septuagénaire Marguerite D. pour "l'Amant", et de toutes façons les convives de chez Drouant sont souvent passés à côté des plus grands tel Proust.

    Cela s'accélère depuis quelques temps, ainsi l'an dernier le prix donné à Atiq Rahimi, durassien afghan et bon sauvage de service, (moi ce n'est pas tellement son afghanité qui me gêne, plutôt sa « durassianité »). Cette année, on décerne la récompense, qui ne veut plus dire grand-chose à une écrivaine parce qu'elle est noire, et parce que c'est une femme, finalement, là-dedans je me demande la part de la littérature. Et c'est tout aussi raciste que de ne pas lui donner pour ces deux raisons au fond. Quant à Beigbeider, un perdreau de l'année, le fils cadet d'une famille pas trop mal née, on lui file le prix Renaudot, mais ce n'est pas parce qu'il a des amis partout, ce serait déplacé de le prétendre, là aussi, il est bien entendu que l'on parle peu de littérature. Frédéric est un rebelle, il s'est fait une ligne de coke, a passé une nuit en cellule de dégrisement, il se voit déjà en rebelle numéro 1 de la Sarkozie et futur Victor Hugo, post-moderne du régime. On imagine la Beigbeder.jpgconversation mondaine : « Merde quoi, on peut plus se faire une ligne en paix, coco, ça va pas, faut réagir ». Comme d'autres, le petit milieu littéraire s'est tenu à carreaux pendant l'affaire du fils Sarkozy, car c'est un milieu extrêmement consanguin aussi, comme la politique, ou alors pour hurler au lepènisme. Il faut y apprendre la lèche rapidement quitte à s'y faire griller : ainsi on déplait à un petit artisan de la littérature, un minable à sexualité frustre de VRP de province, puant de misère sexuelle et de complexes divers, frustré de succès, un peut mytho sur les bords, il enragera et fera tout pour empêcher votre publication possible en ragotant auprès des éditeurs ou des autres, en interdisant à ses enfants de choeur d'intervenir sur tel ou tel blog, le pire étant qu'on l'écoute...

    Dans les deux cas, il s'agit plutôt d'écrivains qui ne sont certes pas du genre à pisser de la copie un peu partout quitte à se renier, mais il n'empêche que l'on peut se poser des questions, non ? Ce qui relativise les choses est que le public décérébré de « Star Académie » ou « Con Lanta » s'en fout comme l'an 40 du Goncourt, il ne lit plus.

  • La démocratie c'est pas pour les chiens ou Péché de poujadisme

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    ab870395fc2e5a08ae0100029dccf2a0-grande.jpgJe suis surpris, mais au fond pas tant que ça, des réactions de beaux esprits se prétendant qui « de gôche », qui politiquement incorrects, qui encore révolutionnaires (si ils ne se retenaient, ce serait le Grand soir cet après-midi mais là ils ne peuvent pas ils ont piscine), face aux divers scandales qui ont éclaté l'un après l'autre sous nos cieux parfois plus cléments depuis trois semaines. Le népotisme, dans le cas de Jean Sarkozy, était évident, de qui se moquait-on ? Le cas Roman Polanski, quelle que soit la valeur de ses oeuvres, n'entraînait pas tant de discussions, en plus il réveille chez la victime des souvenirs qu'elle aurait voulu enfouir. Sans oublier Frédéric Mitterrand, qui nous prend visiblement pour des cons en parlant de boxeurs. (Et j'ai parcouru son livre). Pour les beaux esprits soit-disants libres, les critiques contre un pouvoir qui manifestement s'est coupé du peuple, l'indignation populaire, sont comparables au poujadisme, voire pire, à Le Pen et ses électeurs, l'épouvantail utile de ses vingt-cinq dernières années.

    Quand on ne veut pas discuter avec un interlocuteur, on le traite de « lepéniste ». C'est tellement plus simple, et surtout on ne veut pas chercher à comprendre pourquoi il engrange des votes. On nous refait le coup également du retour à l'Ordre Moral, du retour des z-heures les plus sombres-euh de notre histoire de manière totalement irresponsable. Et Jean Sarkozy, comme les copains de son pôpa, lui-même suggère que si on ne veut pas qu'il soit président de l'EPAD c'est au fond de l'antisémitisme. On s'en amuserait presque de cette hypocrisie sans fond et sans fin, de cette langue de bois qui ne cache en fait qu'une chose, habituelle, les bourgeois, qui sont au pouvoir depuis déjà près de deux siècles, veulent continuer à jouir de leur fric, de leurs privilèges et de leur mode de vie, se muscler le périné ou les abdos, se payer un gourou à la con qui consulte en couples, et ceci sans avoir à s'en justifier, fûssent-ils progressistes ou réactionnaires. Pendant ce temps là, on ne parle surtout pas de la précarité, du déni de démocratie du deuxième référendum irlandais (là on nous a remis un couvert sur le thème de l'Europe bloquée si ils avaient voté « non »).

  • Orange avant les suicides...

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    Orange avant les suicides…

    …ou « Les précaires escamotés »

    france_telecom_1481468c.jpgBien sûr, j’ai beaucoup de compassion pour les suicidés d’Orange, et de toutes les entreprises qu’on oublie de citer dans lesquels des salariés mettent fin à leurs jours mais on omet quand même des éléments importants de réflexion. Dans tous les établissements privatisés, on a commencé par virer les salariés précaires, ainsi à Orange, ou comme on commence à le voir à la Poste, voire dans l’Éducation Nationale. Ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez, beaucoup de statutaires et de titulaires n’ont pas été vigilants sur les changements d’orientation de leur travail, persuadés qu’ils étaient que le départ des salariés vacataires, des stagiaires sous-payés, allaient dégager des moyens pour augmenter leurs salaires, certains étant sûrs que cela allait multiplier les heures supplémentaires, ne comprenant pas qu’ils allaient faire aussi, en plus, le travail des soutiers de l’économie que sont les « précaires ». Ils ne se sont donc pas inquiétés du sort des salariés économiquement fragiles, endormis par de belles promesses et ne se sont pas inquiétés une seconde de méthodes de management uniquement quantitatives. Le réveil fut ensuite rapide et des plus brutal, on ne peut que le déplorer mais peut-être eût-il fallu se soucier plus tôt des personnels précaires et d'une privatisation inutile ? On aurait évité cette vague de suicides. C'est bel et bien beau de faire dans le compassionnel mais il aurait mieux valu prévenir que guérir.

  • Le niveau olympique de David Douillet en politique

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    douillet-montagne-bertrand-ok.jpg" Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît " comme disait Fernand qui n’aurait jamais dû quitter Montauban (On n’devrait jamais quitter Montauban). David lui, n’est peut-être jamais allé à Montauban, (on s’en fout), mais il semble apporter des preuves à l’affirmation ci-dessus car lui il ose tout, il fonce, il ventile, il expulse sans problèmes ; ceux qui critiquent Jean Sarkozy, des jaloux, des pleutres, ceux qui disent qu’il est élu sur un programme populiste et démago, des menteurs, des traîtres à la République, oui monsieur. Quant à ceux qui soutiennent que c’est grâce à sa notoriété qu’il a été élu, des jaloux aussi vous dis-je, des hypocrites, des va-nu-pieds sans foi ni loi. S’il y en a encore une qui proteste, de toutes façons, on peut croire que David lui collerait un bourre-pif de première, un bon kata (nerveux). C’est comme ça les mecs de 1 mètre 85 et plus d’un quintal, les petits gars ont tendance à s’écraser et à montrer qu’ils sont d’accord. C’est un grand champion de judo incontestable, ça c’est sûr, tout le monde s’en souvient, et tout le monde a peu la trouille derechef. Si on est un peu patraque, un peu mal, il faut écouter David, ça remet d’équerre tout de suite tellement ça fait bouillir l’adrénaline.

  • "Au suivant de ses messieurs"...

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    Ce film n'est pas si mal, c'est un vaudeville au goût du jour, mais en fin de bobine, ça devient très lourd, voire grotesque...

    film-carla-bruni_thumb[4]_htm.jpg

  • Flaubert parle de notre monde

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    flaubert.jpgAu risque de me faire traiter (mais est-ce une insulte ?) de petit bourgeois flaubertien, je met ce texte en ligne, car il dit tout. Merci à Bérénice.

    "Comme ça se fout de nous la nature! et quelle balle impassible ont les arbres, l’herbe et les flots! Quel boucan l’industrie cause dans le monde! Comme la machine est une chose tapageuse! A propos de l’industrie, as-tu réfléchi quelquefois à la quantité de professions bêtes qu’elle engendre et à la masse de stupidités qui, à la longue, doit en provenir? Ce serait une effrayante statistique à faire! Qu’attendre d’une population comme celle de Manchester qui passe sa vie à faire des épingles? Et la confection d’une épingle exige cinq à six spécialités différentes! Le travail se subdivisant, il se fait donc, à côté des machines, quantité d’hommes-machines. Quelle fonction que celle de placeur de chemin de fer! de metteur en bande dans une imprimerie! etc., etc.

    Oui, l’humanité tourne au bête…

    Les rêveurs du Moyen Age étaient d’autres hommes que les actifs des temps modernes."
    Flaubert/lettre à Louise Colet – 14 août 1853

  • Un beauf devenu pédégé, en France tout devient possible

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    Dans le cadre de la parité quant à l'expression des opinions, voilà le quart d'heure d'expression libre UMP.

    Les fonctionnaires ? Tous des fainéasses. D'ailleurs, depuis qu'Orange est privatisé, et bientôt la poste, y z-ont du se mettre au boulot, ces paresseux. Bientôt ce sera le tour de la Poste et des enseignants, ces fainéants qui passent leur temps à faire grève. Avec Nicolas Sarkozy tout devient possible vraiment comme on le voit en-dessous où un beauf peut devenir pédégé.

  • La Crise est loin d'être finie - article de Pierre Laroutourou

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    C’est un chiffre inquiétant que vient de publier la Banque centrale américaine : en trois mois, la dette publique des Etats-Unis a augmenté de 520 milliards. En un an, elle a bondi de 2.000 Mds, soit 14 % du PIB. 2.000 milliards, c’est la totalité des réserves de change de la Chine. En un an, les Etats-Unis ont “brulé” l’équivalent de toutes les réserves accumulées par la Chine en vingt ans…

    Quant à la Chine elle-même, c’est peu dire que son économie est instable : “88 % de la croissance vient de l’investissement. Jamais, dans aucun pays, on n’a vu une croissance aussi déséquilibrée” explique Stephen Roach, Chef-économiste de Morgan Stanley. La consommation stagne. Les exportations ne redécollent pas. 37 millions d’emplois ont été détruits en six mois… Pour éviter un effondrement de la croissance, le gouvernement chinois a ouvert tout grand les vannes du budget et du crédit. A court terme, cette politique a permis d’éviter un effondrement de l’économie et une explosion sociale mais personne ne pense que cette relance peut être durable.


     “Le rétablissement chinois n’est ni stable, ni solide, ni équilibré” admettait le 10 septembre le Premier Ministre, Wen Jiabao. Le même jour, Xu Xionian, Professeur à la China Europe International Business School, affirmait : “Pour apaiser sa soif, la Chine a bu du poison.”

     

    Quoiqu’en disent les adeptes de la méthode Coué, la crise n’est pas finie. Loin de là 

    La suite ici

  • Le Net nous rend-il stupides ?

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    Article passionnant...

    Est-ce que Google nous rend idiot ?

    blog_00520_2001_a_space_odysseys_hal_9000_on_iphone.jpgIs Google Making Us Stupid?

    Nicholas Carr - juin 2008 - The Atlantic
    (Traduction Framalang : Penguin, Olivier et Don Rico)

    « Dave, arrête. Arrête, s’il te plaît. Arrête Dave. Vas-tu t’arrêter, Dave ? » Ainsi le super-ordinateur HAL suppliait l’implacable astronaute Dave Bowman dans une scène célèbre et singulièrement poignante à la fin du film de Stanley Kubrick 2001, l’odyssée de l’espace. Bowman, qui avait failli être envoyé à la mort, au fin fond de l’espace, par la machine détraquée, est en train de déconnecter calmement et froidement les circuits mémoires qui contrôlent son « cerveau » électronique. « Dave, mon esprit est en train de disparaître », dit HAL, désespérément. « Je le sens. Je le sens. »

    Moi aussi, je le sens. Ces dernières années, j’ai eu la désagréable impression que quelqu’un, ou quelque chose, bricolait mon cerveau, en reconnectait les circuits neuronaux, reprogrammait ma mémoire. Mon esprit ne disparaît pas, je n’irai pas jusque là, mais il est en train de changer. Je ne pense plus de la même façon qu’avant. C’est quand je lis que ça devient le plus flagrant. Auparavant, me plonger dans un livre ou dans un long article ne me posait aucun problème. Mon esprit était happé par la narration ou par la construction de l’argumentation, et je passais des heures à me laisser porter par de longs morceaux de prose. Ce n’est plus que rarement le cas. Désormais, ma concentration commence à s’effilocher au bout de deux ou trois pages. Je m’agite, je perds le fil, je cherche autre chose à faire. J’ai l’impression d’être toujours en train de forcer mon cerveau rétif à revenir au texte. La lecture profonde, qui était auparavant naturelle, est devenue une lutte.

    Je crois savoir ce qui se passe. Cela fait maintenant plus de dix ans que je passe énormément de temps sur la toile, à faire des recherches, à surfer et même parfois à apporter ma pierre aux immenses bases de données d’Internet. En tant qu’écrivain, j’ai reçu le Web comme une bénédiction. Les recherches, autrefois synonymes de journées entières au milieu des livres et magazines des bibliothèques, s’effectuent désormais en un instant. Quelques recherches sur Google, quelques clics de lien en lien et j’obtiens le fait révélateur ou la citation piquante que j’espérais. Même lorsque je ne travaille pas, il y a de grandes chances que je sois en pleine exploration du dédale rempli d’informations qu’est le Web ou en train de lire ou d’écrire des e-mails, de parcourir les titres de l’actualité et les derniers billets de mes blogs favoris, de regarder des vidéos et d’écouter des podcasts ou simplement de vagabonder d’un lien à un autre, puis à un autre encore. (À la différence des notes de bas de page, auxquelles on les apparente parfois, les liens hypertextes ne se contentent pas de faire référence à d’autres ouvrages ; ils vous attirent inexorablement vers ces nouveaux contenus.)

    Pour moi, comme pour d’autres, le Net est devenu un media universel, le tuyau d’où provient la plupart des informations qui passent par mes yeux et mes oreilles. Les avantages sont nombreux d’avoir un accès immédiat à un magasin d’information d’une telle richesse, et ces avantages ont été largement décrits et applaudis comme il se doit. « Le souvenir parfait de la mémoire du silicium », a écrit Clive Thompson de Wired, "peut être une fantastique aubaine pour la réflexion." Mais cette aubaine a un prix. Comme le théoricien des média Marshall McLuhan le faisait remarquer dans les années 60, les média ne sont pas uniquement un canal passif d’information. Ils fournissent les bases de la réflexion, mais ils modèlent également le processus de la pensée. Et il semble que le Net érode ma capacité de concentration et de réflexion. Mon esprit attend désormais les informations de la façon dont le Net les distribue : comme un flux de particules s’écoulant rapidement. Auparavant, j’étais un plongeur dans une mer de mots. Désormais, je fends la surface comme un pilote de jet-ski.

    Je ne suis pas le seul. Lorsque j’évoque mes problèmes de lecture avec des amis et des connaissances, amateurs de littérature pour la plupart, ils me disent vivre la même expérience. Plus ils utilisent le Web, plus ils doivent se battre pour rester concentrés sur de longues pages d’écriture. Certains des bloggeurs que je lis ont également commencé à mentionner ce phénomène. Scott Karp, qui tient un blog sur les média en ligne, a récemment confessé qu’il avait complètement arrêté de lire des livres. « J’étais spécialisé en littérature à l’université et je passais mon temps à lire des livres », écrit-il. « Que s’est-il passé ? » Il essaie de deviner la réponse : « Peut-être que je ne lis plus que sur Internet, non pas parce que ma façon de lire a changé (c’est à dire parce que je rechercherais la facilité), mais plutôt parce que ma façon de PENSER a changé ? »

    à suivre ici

  • « Dîtes ça existe encore la France ? »

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    jerusalem_french_hospital.jpgJe crois que j'en ai déjà parlé, peu importe, l'anecdote suivante, quasiment raspalienne et dont je suis très fier, me revient devant le spectacle déplorable que mon pays donne en ce moment. C'était à Jérusalem, nous étions cinq amis qui répondaient à l'initiative de l'un d'entre eux, Marc, qui avait décidé de lever les couleurs sur le toit de l'hôpital français de Jérusalem (voir photo, on y accueille tous les malades sans se soucier de leurs origines, et les plus faibles d'entre eux puisque l'établissement est spécialisé en soins palliatifs). C'était pour la première fois depuis trente ans. Il fallait se lever très tôt, apporter le drapeau plié soigneusement, un peu poussiéreux, il avait fallu retrouver les cordelettes nécessaires pour le hisser. Nous étions des héros à la triste figure, Sancho plutôt que Don Quichotte, le soleil était à peine levé et l'horizon était orange quand nous avons laissé le drapeau flotter au dessus de nos têtes après avoir chanté deux couplets de « la Marseillaise » sur un ton étrangement nostalgique me sembla-t-il ; on a le droit de ne pas en aimer les paroles, qui ne sont pas belles c'est certain, mais c'est l'hymne de la nation.

    Ensuite, nous avons bu un peu de Champagne (ou plutôt un ersatz mais le cœur y était) Les passants israéliens d'un côté et palestiniens de l'autre levaient la tête avec curiosité, un type en noir avec un borsalino solidement vissé sur le crâne par 35° au soleil nous demanda même: « Mais il y a l'Europe maintenant, ça existe encore la France ? ». Il fallait croire que oui, ce petit pays tellement prétentieux aux yeux du monde, qui met, ou plutôt qui mettait, la liberté comme valeur suprême, avec ses écrivains indisciplinés, ses artistes lyriques, ses chamailleries continuelles qui cessaient quand il fallait combattre les salauds ; Bernanos le prétendait avec fierté, maintenant il serait un peu déçu, « on n'a jamais vu un français collaborer avec la police d'une dictature afin de mettre en prison des êtres libres, on n'a jamais vu un français justifier l'injustice ou l'iniquité ».

    C'était un petit moment, presque risible, presque grotesque pour d'autres, mais nous nous sentions bien, libres et fiers d'être de ce pays ou parler d'un bon vin ou d'un bon plat ou d'un fromage, en décrire les saveurs, les arômes, les parfums, admirer les jambes des filles qui passent est tout aussi important, voire plus, que théoriser sur les mouvements de la Bourse ou la dernière bêtise des banquiers, un pays où les singes en hiver prennent le train et où les mousquetaires ne combattent pas sans avoir repris un peu de Chinon.

    Pauvre Georges, en 2009, oui tu serais déçu, tu nous engueulerais sec, tu nous passerais un savon du fait de ce que nous avons perdu en chemin et puis tu nous pousserais à nous battre...

  • "Pollution Pride" à Evreux

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    ou Grand rassemblement d'abrutis à Evreux...

    mi29_1110381209_two_boys_bikers_.jpgAujourd'hui des milliers de motards se rassemblent à Evreux, un jour par an c'est bien suffisant, pour montrer leurs gros cubes, prothèses compensant leur virilité ou la taille minuscule de leur cortex cérébral. On est fier de faire "tut, tut" avec le klaxon de la moto, de faire hulluler des sirènes comme celles des flics américains, d'arborer qui une bannière étoilée, qui même des bannières sudistes qui ont ce petit côté transgressif limite gros con raciste qui semble faire jouir l'imbécile quand il se déplace en meute. Les plus privilégiés, ceux qui ont la plus grosse moto, ont des filles trophées sur le siège arrière ou dans le baquet du side-car. Des djeuns en ticheurtes rouges chargés semble-t-il de l'édification de ceux qui ont horreur du bruit et des exhalaisons nauséabondes de pots d'échappement nous disent : "On est simples", "on est pas des intellos chez les motards", (ça on l'avait remarqué), "on est pas prétentieux" croient-ils bon d'ajouter car un type intelligent est vaniteux pas vrai ? Ils sont tellement simples que certains parmi eux paraissent manifester une envie de régresser vers l'animalité en se parant de peaux de bêtes. Plus l'être humain est en nombre, plus son intelligence diminue, elle est ici proche du zéro absolu, comment peut-on être fier de polluer par le bruit, l'essence ou la laideur ?

  • Une civilisation se reconnait à ses prisons

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    L’indifférence en fin de compte

    prison.jpgUn homme a passé vingt ans en prison pour un crime qu’il a commis, un acte affreux, une agression sexuelle. En sortant, il a l’obligation de se soigner, il s’y soumet, mais la personne chargée de l’aider à aller de l’avant, à retrouver une place dans la société, à se réinsérer, se borne à lui rappeler ce qu’il a commis sans s’en occuper plus. Bien sûr, il ne trouve pas de travail comme si sa punition devait se prolonger encore toute sa vie. Il survit grâce à sa pension. Lui voudrait bien travailler, montrer qu’il veut s’amender, reconstruire. Il n’est rien aux yeux de la société pour qui seuls compte le statut et l’argent qui lui aurait pardonné s’il avait commis ces actes en étant d’un milieu respecté ou bénéficiant de réseaux solides.

    Cela ne gêne pas grand-monde, on dit « il l’a bien mérité » même s’il a payé mais ça ne suffit pas, il dérange, on veut l’oublier. On chercherait vainement ici la plupart des bons apôtres de l’intégration, l’instruction, la réinsertion. Où sont-ils donc passés quand on parle concrètement ? Quand il s’agit d’agir ? Lui regarde la télévision huit heures par jour, il joue aux jeux « flash » du café où il a ses habitudes. Mais il sait très bien qu’il n’aura jamais de chance. Et qu’il se retrouvera peut-être un jour enfermé. On dit que le degré d’une civilisation se reconnaît immédiatement à ses prisons. Il serait temps quant à nous de s’inquiéter du niveau de la nôtre.