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politiquement correct

  • Un cloporte peut-il être politiquement incorrect ?

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    politiquement-incorrect-de-petillon.1176784159.thumbnail.jpgNote germanopratino-bobo-socialisante ou d'un petit bourgeois hédoniste réactionnaire selon le camp

     

    Sur le net c’est la grande mode, tout le monde est « politiquement incorrect », transgressif, hors normes, à droite comme à gauche, enfin à la droite de la droite et à la gauche de la gauche. Etre politiquement incorrect consiste surtout pour les uns à injurier les bougn…arabes pour qui ils ressentent de la haine, confondant invective et argumentation et pour les autres à décerner des certificats de bonne vie et mœurs politiques, confondant généralement également insultes et réflexion politique poussée, rajoutant à gauche un zeste de prétention à poser en guides du peuple qui n’a rien demandé.

     

    Je les imagine tous, devant leur écran, dans leur « open space », en chemises à manches courtes avec stylo assorti, déjà amers à trente ans à peine, derrière leur comptoir au « Pôle Emploi » ou à la CAF, se défoulant de leurs rancoeurs, de leurs frustrations, se vengeant de complexes d’infériorité divers et variés. Bien sûr, ils s’expriment anonymement. Ils ne sont pas complètement fous. Bien entendu, ils ne s’exprimeraient jamais avec autant de fougue et d’emportement passionné dans la vie de tous les jours. Ils n’ont pas envie de se faire mal voir du patron et, ou de leur bouchère…

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  • La démocratie par les pétitions

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    politique,société,amaury watremez,pétitions,hypocrisie,politiquement correct La pétition est le degré zéro de la démocratie, c'est la logique du plus grand nombre, du troupeau, or parfois la majorité peut largement se tromper et partir d'un raisonnement erroné. De plus, cela évacue d'emblée les nuances ou le recul que l'on se doit d'avoir sur telle ou telle question. J'ai horreur de cette logique même quand d'ailleurs je suis finalement d'accord sur l'essentiel avec les pétitionnaires, cela me donne des fourmis dans mes envies de contradiction. Ce n'est pas en s'imposant par la force que l'on change réellement les choses, le changement n'est plus que subi, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir des convictions fermes et qu'il faudrait avoir peur de les dire, bien au contraire.

     

    Des gosses ont eu une mauvaise note ? Ils réfléchissent sur le travail qu'ils ont fourni ou pas ? Ils examinent leurs propres actes ? Que nenni, le progrès technique aidant, ils peuvent créer une pétition pour demander d'être évalués moins sévèrement car c'était selon eux « trop difficile ». Sur les réseaux d'ailleurs, on a vu fleurir des pétitions contre de leurs profs ou éducateurs, mal perçus, car il faut dire parfois trop sévères il faut avouer, certains demandent même à leurs élèves de travailler en classe, d'avoir de l'exigence, de lire des livres quand ils sont en bibliothèques et ô scandale de réfléchir par eux-mêmes sans l'aide du « copié-collé ».

     

    Il y en a même qui interdisent les calculettes pour les opérations simples et les traducteurs automatiques en ligne, des salauds à coup sûr.

     

    Voire même et de manière des plus déplaisantes, contre leurs camarades parfois, selon une logique de délation anonyme le plus souvent, en masse qui là pour une fois rappelle pour de bon les fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire »

    (TM° de l'auteur).

     

    Des citoyens ne sont pas d'accord avec une loi impopulaire, que celle-ci soit motivée ou pas, ils pétitionnent sur Internet et sont alors persuadés que seul leur point de vue compte, qu'ils le pensent et que donc par là même ils ont raison. Ce sont souvent les mêmes qui ne vont pas voter qui ne s'engagent pas et ne se soucient pas le moins du monde de la démocratie ni de ses institutions ne saisissant pas qu'ils bénéficient d'un privilège insigne sur notre planète en pouvant s'exprimer comme ils l'entendent..

     

    Ne voulant pas que la politique se mène sans eux, mais ne souhaitant pas non plus fournir trop d'efforts quand même, ils créent une pétition et se comptent, c'est finalement toujours et encore une manière de se retrouver dans sa tribu, de donner de soi une image flatteuse en pétitionnant contre la mort, la douleur, la haine, la guerre, la violence, des sujets on ne peut plus clivants..

     

    Tu noteras ami lecteur qu'après la plupart des pétitions, y compris celles qui recueillent un grand nombre de voix, il ne se passe jamais grand-chose, il n'y a pas de suivi car au fond il s'agissait juste de se reconnaître « entre soi » et de rester « entre soi », de ressentir le confort de faire nombre, de se noyer dans la masse, d'être comme les autres et de ne pas avoir à penser par soi-même en essayant de prendre un recul nécessaire. Et de plus en plus l'internaute est noyé sous un déluge de pétitions « citoyennes » qu'il est mis en demeure de signer sous peine d'être pris pour un salaud.

     

    J'attends toujours pour ma part une pétition contre les jours de pluie, les dimanches où l'on s'ennuie ou contre la neige en hiver et les coups de soleil en été. Je verrais bien aussi une pétition contre les cons, elle aurait un succès fou, je me mettrais en valeur, il faut dire que pour les cons le con c'est toujours l'autre, donc il y en aurait beaucoup qui la signerait sans hésitations. Et cette histoire de pétitions me rappelle celle qui fût signée par tous les habitants de sa ville contre Jean-Sébastien Bach lorsqu'il tenait les orgues de l'église car considéré comme « trop moderne », « trop élitiste » par les dits habitants...

     

    Qui sait ? Il est possible que cet article taquin déclenche une vague de protestations et une pétition contre ce blog.

     

    illustration prise ici


    Les Inconnus Abel Chemoul par ribkurios

  • Aux "Pédés de service" et autres "folles du régiment"

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    politique, société, homosexualité, politiquement correctLes délires actuels sur l'homophobie m'ont rappelé dernièrement le cas de L... un responsable culturel français à Jérusalem que j'avais rencontré là-bas. L... . Comme ce n'était pas le seul « garçon sensible », pour faire un bon mot pour faire rire mon entourage, j'avais appelé son lieu de travail la « Cage aux folles ». Ce n'est pas que j'avais quoi que ce soit contre lui, ou les autres personnes homosexuelles autour de lui mais je n'ai jamais su résisté bien longtemps à un « bon » mot, une répartie, un sarcasme, fût-ce de mauvais goût.


    Et puis j'ai été amené à travailler avec lui. Il ne me tint pas rigueur de mes plaisanteries, dont je ne me sentais pas coupable, sans en être très fier, me confiant simplement quelques petites réflexions intéressantes ayant compris aussi ma compulsion à la dérision. Grand, très mince, toujours habillé de couleurs très vives, une fine moustache d'expert-comptable sur la lèvre supérieure, il avait des faux airs de John Waters, le réalisateur de cinéma « trash » des années 70.


    Pour les petits français, il avait toujours été, était encore et serait encore le « pédé de service », que ceux-ci se disent tolérants et progressistes, ou qu'ils soient réellement homophobes. Ce qui déterminait l'appréciation de sa personne, ce n'était pas ses qualités ou ses défauts mais son orientation sexuelle.


    Pour les premiers, il était la « folle » tellement sympââthoche à qui les filles confiaient leurs petits soucis, tellement sensible, tellement fin. Pour les autres, c'était une « tarlouze » invétéré, la « tafiole du régiment » qui fait bien rire, et que l'on aime bien tant qu'elle consent à se faire foutre d'« elle » sans moufter, les moqueurs ne faisant qu'exprimer au fond leur peur intime de leur propre homosexualité latente se devinant à travers leur goût pour des amitiés « saines et viriles ».


    Parmi eux, on trouve d'ailleurs des lecteurs ou pseudo lecteurs de d'Annunzio, qui eut des « amitiés particulières », d'Henri Massis, idem, ou de Brasillach, qui ne s'en est jamais caché.


    En Palestine, du fait de ce qu'il faisait pour les autres, il pouvait être simplement lui-même pour les palestiniens qui l'appréciaient pour ce qu'il était au fond de lui, sans que son inclination ne soit même une question politique, religieuse ou autre, que ce soit dans le sens d'un angélisme effarant que celui d'une diabolisation toute aussi stupide, d'un désir de reconnaissance, qui ne passera jamais par une loi, celle-ci ne pouvant se décréter d'un trait de plume, fût-elle administrative.


    Wilfred, et son ami, qui ont subi une agression que je suis le premier à reconnaître comme ignoble, sont cependant, tout comme de nombreux militants LGBT, et je suppose bien malgré eux de ces « pédés de service », qui se définissant seulement par leur orientation sexuelle ne font finalement que montrer leur profond mal-être à se voir comme ils sont, les personnes ayant le plus de mal à les accepter étant au fond eux-mêmes et non des membres de la « Manif pour tous » comme ils le laissent entendre, tout comme des homosexuelles médiatiques ne cherchent en fait qu'à faire payer à tous les hommes le divorce de leurs parents. 

    image prise ici

  • Zemmour victime collatérale de la gauche "olfactive"

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    Sur Agoravox aussi

    Zemmour a été licencié de RTL et privé de sa chronique quotidienne après un texte considéré comme raciste et misogyne sur madame Taubira par le MRAP. Plutôt que de demander la censure immédiate du discours qui gêne, ne serait-il pas plus judicieux d'argumenter avec lui ?

    image prise ici sur le blog d'AliciaBX

    zemmour+taubira.jpgEt plus efficace contre le racisme, le vrai.

    Cela inspire quelques réflexions sur la « moraline » (ce terme de Nietzsche définissant la morale mièvre de son époque) « moraline » à haute dose qui risque d'être déversée un peu plus chaque jour sous ce pontificat de saint François Hollande, pardon sous la présidence Hollande, déjà sanctifié un peu partout dans la presse, y compris de droite, montré comme tellement sympathique et simple que c'en est à peine possible.

    Donc quand on dit qu'un blanc est con, Desproges le disait déjà il y a vingt-cinq ans, ce n'est pas raciste.

    Il faut admettre que parfois même c'est vrai.

    Comme pour tout être humain.

    Il faut admettre.

    Quand on dit qu'une personne d'origine africaine est conne, c'est raciste par contre, bien que par ailleurs les personnes d'origine africaine partagent les travers de toute l'humaine espèce.

    Dire qu'un ministre qui est d'origine africaine est incompétent sans pour autant insinuer que cela provient de ses racines, c'est également être raciste. On sait pourtant que les ministres sont souvent incompétents quelles que soient leurs provenances . 

    Quand on dit que quelqu'un de culture et de religion musulmanes est stupide, c'est également raciste, y compris lorsque cela ne vise pas implicitement sa religion ou sa culture de dire qu'elle est stupide, c'est là encore juste constater qu'elle appartient à l'espèce des « homo sapiens » qui sont loin d'être tous dotés des mêmes capacités de réflexion et de compréhension.

    Idem quant aux êtres humains de confession juive, là il s'agit d'évoquer le risque de « retour des fameuses z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) Vichy, Pétain et tout le saint frusquin habituel de l'indignation sélective en kit.

    A la rigueur, est-il plus ou moins toléré que l'on évoque le fait que l'on se moque des « sionistes », dans ce cas on parlera de provocation « épicée », à condition bien sûr que le « rigolo » plaisantant sur ce sujet n'aille pas trop loin dans l'expression de ce qui est parfois un antisémitisme mal déguisé, dont les « antisionistes » se défendent généralement avec une telle hâte suspecte qu'on leur conseillerait d'éviter ne serait-ce que par simple bon sens.

    Par contre, exception qui confirme la règle, on a visiblement le droit de sortir des blagues à la limite du racisme, parfois bien dépassée, la limite, sur les gens ayant des racines asiatiques, c'est moins grave.

    On a le droit aussi de dire qu'un asiatique est con sans trop de risques que l'on évoque la stigmatisation immédiate. Si j'osais, je dirais que cela fait « rire jaune » mais ce serait trop malséant de s'y risquer.

    Selon la « doxa » engendrée par la « moraline », seuls les blancs sont racistes, en particulier les catholiques qui affirment un peu trop qu'ils le sont. Les autres, on leur demande surtout d'être dans l’auto-flagellation continuelle et le masochisme mémoriel constant.

    Une personne d'origine africaine ou arabe ou de confession juive ne peut être raciste, ce n'est pas possible, ça ne se peut pas, alors que dans l'une ou l'autre des communautés de la mosaïque qui compose notre belle France moderne et multiculturelle, il y a de solides inimitiés et haines, ne serait-ce qu'entre différentes ethnies de la même communauté.

    Dire que des musulmans se sont également laissés aller à pratiquer la traite des esclaves, j'ai choisi un lien le plus objectif possible, ce qui est avéré par de nombreux travaux universitaires, ce serait risquer de stigmatiser une communauté, donc même si cela a existé il ne faut pas en parler, comme si d'ailleurs l'on considérait que cette communauté susdite ne faisait pas vraiment partie de l'humaine espèce en somme.

    Reconnaissons aux antisionistes, aux vrais, aux sincères, un fait avéré, dés que l'on ose critiquer la politique d'Israël au même titre que n'importe quel autre état, on est aussitôt soupçonné de complaisance pour le nazisme dans un repli autiste de commentateurs qui sont souvent et sionistes affirmés et islamophobes, surtout islamophobes pour certains d'entre eux, ce qui revient à ce que la haine en somme est en circuit fermé.

    Cette gauche « olfactive » évoquée par Elisabeth Lévy dans de nombreux médias, disciple de la gauche « morale », c'est tout le problème que je ne signalais en introduction ne veut pas argumenter, et raisonner, elle fonctionne exactement comme une église avec ses prophètes (saint Stéphane Hessel), ses missionnaires ardents, ses disciples qui se conduisent en convertis enthousiastes, ses inquisiteurs aussi, officiels et reconnus, ou alors improvisés.

    Cette église jette des anathèmes, des malédictions, sur qui ne se conforme pas à ses diktats sans réfléchir, bâtis uniquement sur sa propre conviction qu'elle est infaillible car du côté du Bien et de la Morale.

    Comme Vialatte le faisait dans ses chroniques, et pour lui rendre un petit hommage en passant concluons en affirmant bien haut que et « c'est ainsi qu'Allah est grand ! » (à noter quand même que le recueil des chroniques du grand Alexandre paru sous le titre « Et c'est ainsi qu'Allah est grand » en Pocket est introuvable pour je ne sais quelles obscures raisons ?

    Serait-ce le titre ? Je ne puis le croire...

  • Des jeunes "intégrisss'" catholiques tabassés par la police

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    Discussion par ici

    "J’ai juré de vous émouvoir – d’amitié ou de colère, qu’importe?"

    Bernanos dans "la Grande peur des bien-pensants", quelques uns de ses éxégètes gagneraient à relire ce livre...

    De jeunes catholiques, pas du tout dans la mouvance traditionnelle, précisons le, se sont émus d'un spectacle dans lequel on balance de la merde sur ce qui est le socle de leur foi. On remarquera que le théâtreux moderniste est pétochard car il ne ferait jamais ça avec d'autres religions plus violentes.

    Certains catholiques très très gentils ne voudront pas trop offusquer, ou se fâcher avec les z-élites de nos belles contrées, et sortiront des citations de l'un ou de l'autre pour s'en justifier, mais comme le rappelait Bernanos, "Dieu vomit les tièdes". Quant à moi, ce n'est pas que je partage tout des opinions de ces jeunes mais il faudrait voir à ouvrir les yeux sur les attaques anti-chrétiennes dans ce pays.

    Ils se sont faits copieusement tabasser par la police, ce qui permet à Claude Guéant de les instrumentaliser pour pouvoir ainsi dire : "Vous voyez bien que je ne suis pas d'extrème-droite, je tabasse des cathos qui manifestent contre un spectacle" (qui injurie leur foi).

    On note que Saint Stéphane Hessel et le bienheureux Patrice Chéreau, saint patron du théâtre subventionné ont manifesté leur indignation contre ces "fanatiques", en vertu de l'équation qui veut qu'un catho qui ouvre sa gueule est forcément un intégriste...

  • Journal de vacances 10 – La difficulté d'être catholique en 2011

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    Aussi sur Agoravox

     En réfléchissant à cette question, je me suis rappelé d'une anecdote : dans une rue de Paris, je vis avec une autre personne une dame laisser son chien faire tranquillement ses besoins sur le trottoir, bien au milieu. Nous lui avons fait remarquer que c'était assurément dégoûtant, mais elle ne trouva qu'à répondre remarquant la croix en or que j'avais au cou : « Oui et bien moi, j'ai vu des chrétiens chier dans la rue, alors, hein, gardez vos sermons (crut-elle dire finement) ». Avec la personne qui m'accompagnait cela nous a fait beaucoup rire, nous avons imaginé des personnages en longue robe noire, avec une grosse croix pectorale, sortant nuitamment en ricanant diaboliquement pour aller déféquer un peu partout dans les rues de Paris.

    photo prise ici

    la-cration-d-adam.jpgL'anecdote est parlante. Les chrétiens sont perçus comme des survivances d'un passé indigne, des moralisateurs insupportables, des caricatures grotesques.

    La question qu'implique le titre se pose assez abruptement dans notre société en 2011, et ce même si les catholiques ne sont pas rejetés ni persécutés en risquant leur vie dans les pays occidentaux, contrairement aux chrétiens d'Orient. Cette société aime bien les catholiques, quand ils pensent comme tout le monde, ne sont plus catholiques au fond d'eux finalement, ou qu'ils sont les « cathos de service ». Un « catho de service », on en trouve dans divers milieux, est là pour que les autres lui exposent leur point de vue et lui montre combien il est naïf et crédule, il sert de faire-valoir. Bien souvent le « catho de service » parle beaucoup d'amour et énoncent quantité de lieux communs sur la paix, la justice, la mort, la souffrance qui ne mangent pas de pain et font plaisir à exprimer pour garder de soi une image confortable.

    Dans notre société qui confond allègrement modernité et progrès, la foi fait tâche, elle est incompréhensible car en plus elle n'est même pas quantifiable, mesurable, réductible à des équations.

    Ontologiquement, intrinsèquement, la foi ne peut donc se justifier rationnellement. C'est donc à la fois une idiotie et un pléonasme de le reprocher aux chrétiens en général, aux catholiques en particulier.

    Pour les incroyants, c'est la plupart du temps une croyance magique, une superstition sans fondement. Il y a d'ailleurs quelque chose de paradoxal, notre monde a souvent à la bouche les mots de tolérance, de liberté de conscience, voire même de liberté des cultes, mais ne tolère pas ce qui contredit le dogme sacré de la modernité toute puissante qui aurait apporté le bonheur aux populations ravies qu'on leur enjoigne de rêver à la possession de gadgets tous plus inutiles les uns que les autres plutôt que de réfléchir aux fins de leur existence ou du monde, ou à leur inculquer quelques valeurs leur permettant de vivre en harmonie avec les autres, celles-ci fussent telles d'ailleurs areligieuses.

    En 2011, les catholiques pratiquants représentent en France de 1 à 2 % de la population. Par pratiquants, s'entend ceux qui vont à la messe chaque dimanche, une définition plus restrictive, mais plus juste que celle des statisticiens pour qui y aller une fois par mois c'est pratiquer.

    Certes, un pourcentage plus important de français reconnaît croire en Dieu et avoir une foi chrétienne, mais ne croient pas à la Résurrection ou croient dans la réincarnation. Ces français n'assistent pas non plus à la célébration dominical, car la plupart estiment qu'il n'y a pas besoin de médiation entre eux et le divin.

    A ce lien, on pourra lire les résultats d'un sondage mis en ligne sur un site que l'on ne peut vraiment suspecter de complaisance envers les croyants quels qu'ils soient (atheisme.free.fr).

    Et pourtant quand on parle de laïcité, d'atteintes à celle-ci, c'est la plupart du temps les catholiques qui sont visés par les clameurs et plaintes des belles consciences prétendant défendre les droits de l'homme, la liberté, l'égalité, la fraternité, ainsi dans cet article qui fait de nombreuses confusions sur la foi, la ramenant à une sorte de gymnastique mentale et spirituelle sans grande importance somme toute. Quand il s'agit de pratiques d'autres religions, le discours est tout autre. On parle alors de pratiques culturelles que l'on se doit de respecter.

    Photo du jardin de Gethsémani prise ici

    Gethsemane,_olivier_tb_n051601.jpgOn ferme les yeux sur celles qui sont en contradiction flagrante avec les droits de l'homme, la liberté, l'égalité, la fraternité. Curieusement des médias qui se font fort de dénoncer l'islamophobie partout dans notre société sont eux-mêmes pointés du doigt comme l'étant parfois.

    Les catholiques n'ont rien contre la laïcité, tant que celle-ci facilitent les rapports sociaux, sans privilégier l'un ou l'autre, et qu'elle ne serve pas d'argument pour attaquer les croyances de l'un ou de l'autre, qui sont un droit fondamental.

    A ce lien, un texte de la Ligue des Droits de l'Homme que l'on ne saurait suspecter de complaisance envers le catholicisme.

    En passant, on peut noter qu'il y aurait des choses à dire sur la manière dont les belles consciences parlent de l'Islam, ou du Judaïsme, en France, qui se veut anti-raciste, mais relève à la base du néo-colonialisme, un discours plein de bonnes intentions où l'on prend le croyant musulman pour un « bon sauvage » un peu lent à comprendre mais duquel on se sent finalement supérieur.

    Ce néo-colonialisme est aussi un racisme au bout du compte.

    Très vite, celles celle et ceux qui se posent des questions sont traités de tous les noms, sont des nazis, des fascistes, voire des émules de Breivik, le tueur d'Oslo. Ce taré haineux et criminel devient l'alibi tout trouvé pour ne pas discuter, ne pas polémiquer, ne pas chercher à réfléchir ou trouver des solutions.

    On remarquera que les pseudo-défenseurs de la laïcité se posent en gardiens du dogme beaucoup plus que les catholiques eux-mêmes qui sont plus souples sur ce sujet. De même ces héraults, c'est eux qui le disent, de la sacro-sainte laïcité, ont souvent tendance à moraliser les croyants qu'ils estiment être des moralisateurs, alors que moraliser c'est toujours moraliser lorsqu'il est question de leur vie sexuelle qui se doit d'être nécessairement débridée et sans limites, ce qui les regarde et les concerne eux uniquement.

    Les libertins, au sens premier du terme, et non sa déformation moderne qui en fait des jouisseurs primaires, ne se souciaient pas du jugement de l'Église, ils le défiaient même pas leur comportement et ne passaient pas leur temps à se justifier sur leurs actes. Ceux qui réclament d'un comportement moral qu'ils assurent libertaire et varié ont donc du libertinage son acception moderne, ils ignorent que cette pensée s'inspire d'Épicure qui inspira aussi les stoïciens et Saint Paul qui n'a rien du « Père la pudeur » que l'on montre comme tel habituellement.

    Enfin, les catholiques sont sans cesse renvoyés au passé de leur église, aux fautes, aux massacres commis par leurs ascendants. A commencer par l'antisémitisme. Un peu partout, il est de bon ton d'assimiler nazisme et catholiques pendant la Seconde Guerre, de mettre la responsabilité de la Shoah sur le dos de l'Église, et j'en passe, sans évoquer bien sûr toute la polémique absolument nauséeuse autour du comportement de Pie XII.

    Ce qui est paradoxal est que ces reproches sont parfois adressées aux catholiques par ceux-là mêmes qui n'ont de cesse de clamer leur antisionisme et qui voient des agents de la Hasbara et du lobby juif partout sur Internet.

    Un catholique évoque-t-il les souffrances vécues par les chrétiens en Orient qu'on lui parle de l'Inquisition, en se demandant d'ailleurs comme l'Inquisition excuse-t-elle ou justifie-t-elle les massacres commis sur des croyants de pays où celle-ci n'a pas existé de toute manière ?

    Cela témoigne tout d'abord d'une incompréhension manifeste de ce qu'était vraiment l'Inquisition, à savoir une forme embryonnaire de justice rendue à l'origine, spécialisée ensuite dans le jugement des cas d'hérésie, les jugements pour hérésie étant des jugements exceptionnels, et le « jugement de Dieu » une légende (qui a inspiré les cadres dynamiques actuels qui adorent marcher sur les braises pour se montrer qu'ils sont capables de se comporter en « tueurs » sur les marchés financiers).

    On reproche également aux catholiques actuels les croisades, on oublie que ce ne furent pas les seules « guerres saintes », puisque dés 622 le prophète Mahomet déclare le premier Djihad, le tout rappelé sans reproches rétroactifs aux croyants musulmans qui n'en sont pas responsables non plus.

    Photo prise ici

    soledad-vip-blog-com-450996vatican-city.jpgUn catholique ne peut concevoir la guerre sainte, qui contrevient à sa foi, qui n'est pas une idéologie de pouvoir, qui n'a pas à mener à une théocratie, mal aussi peu souhaitable que la technocratie. J'ai évoqué la question de l'idéologie, bien souvent beaucoup de gens qui se disent séduits par le message de l'Évangile semblent percevoir celui-ci comme une sorte de pamphlet révolutionnaire, ce qu'il n'est pas, même si une société qui insisterait ne serait-ce qu'un tout petit peu plus sur l'amour du prochain serait une société déjà largement plus vivables, si cette belle intention se transformait en acte.

    Comme les catholiques le savent, l'enfer en est pavé...

    Pour conclure, je ne saurais rappeler encore que l'auteur de ces lignes est le premier à dénoncer les dérives sectaires de certaines communautés dans l'Église et la sur-affectivité superficielle et dangereuse de certains grands rassemblements, entre autres, et n'hésite pas à aborder la question de la pédophilie (d'autres articles à ce lien)...

  • Les émeutiers anglais sont des barbares hyper-consuméristes

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    Lendemain-emeutes-Londres-640x426.jpgProfession de foi hyperconsumériste des émeutiers anglais qu'ils se sont envoyés via leurs smartphones dernière génération...
    "Que tout le monde de tous les coins de Londres se rassemble dans le coeur de Londres (centre) OXFORD CIRCUS. Les magasins vont être dévastés donc ramenez-vous pour choper des trucs (gratos). Que les flics aillent se faire foutre, allons les dégager avec notre émeute ! >:O C’est une guerre raciale (c'est moi qui souligne) là donc si vous voyez un frère... SALUEZ-LE ! Si vous voyez un flic... TIREZ"

    C'est sûr, c'est la faute des réacs et des nouveaux réacs, de ceux qui doutent des bienfaits du communautarisme...

    Les imbéciles qui sèment le vent et soufflent sur les braises, en excusant tout, en déniant le réel, en refusant de voir les problèmes, en restant coincé dans leur idéologie angélique, en victimisant les "jeunes" sont les premiers responsables.

    Ces "jeunes" ne sont pas des révoltés, ils ne font qu'appliquer un peu plus hardiment que les autres les "valeurs" de la société libérale-libertaire.

  • "Indignés" ou "festivistes" ce n'est toujours qu'une question de nombril(s)

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    En débat sur Agoravox

     Dans la ville que j'habite, il y a souvent des fêtes dites « citoyennes » ou « équitables », ou responsables quant au développement durable, ou artistiques mais aussi là encore responsables et engagées, organisées par la mairie, dans le but louable de réunir tous les habitants de la bourgade, une petite préfecture coincée entre deux capitales régionales voire trois, complexée de son statut. Il y avait il y a quelques temps encore une « fête de la pomme » populaire dans laquelle tout le monde se retrouvait, les plus jeunes, les adultes et les personnes âgées qui partageait l'histoire de leur département et de leur région avec les enfants et les adolescents, il y avait quelque chose qui se transmettait, une fierté de se retrouver ensemble, quel que soit le quartier dont on venait d'ailleurs.

    Il y avait là une véritable possibilité d'intégration de tous les « horsains »...

    Mais une vraie fête se doit d'être « citoyenne » donc aussi d'être utile et d’œuvre aux yeux des responsables locaux, qui ont bien appris la doxa idéologique dans le vent, pour la diversité.

    Une fête qui part de l'identité du lieu et de la région pour réunir tout le monde, y compris les habitants d'origine allogène, c'est ringard selon les politiques qui font dans le sanglot coupable et la bien-pensance, et ce n'est pas encore assez clair. Il convient de chausser ses gros, très gros, très lourds sabots et d'organiser une fête de la Fraternité où l'on rabâche pendant plusieurs heures quelques formules qui font certainement plaisir entre la poire et le fromage mais qui ne mènent à rien.

    Au moins pendant une journée, les organisateurs de cet événement, voir à ce lien, ont eu l'impression d'être les bons apôtres qu'ils s'imaginent être.

    Dans quelques rues du centre-ville, par terre, en grand, à la manière de Ben, cet artiste à la mode il y a quelques années, devenu un pur de produit de marketing pour vendre un peu de tout, du papier toilette décoré par ses soins aux tasses à café portant ses slogans drôlement signifiants pour qui veut y comprendre quelque chose, ceux-ci tracé d'une écriture d'écolier, ronde, toute en pleins et en déliés, enfin l'écriture d'un écolier d'il y a quarante ans bien sûr.

    On dirait de ces phrases que les adolescents gravent au compas sur leur plumier, ce genre de sentences qu'ils croient définitives alors que ce ne sont le plus souvent que des lieux communs prononcés avec la même assurance déjà quelques décennies auparavant. D'ailleurs les slogans de Ben ont commencé à orner les trousses et les cartables des collégiens et des lycéens il y a quelques années déjà.

    C'est de l'art qui n'intimide pas le passant inculte, qui comprend tout de suite, il suffit de lire et d'y voir ce que l'on veut.

    Sur la place de l'Hôtel de Ville, des bandes de papier ont été accrochées à ce qui ressemble à des fils à sécher le linge pour le béotien ou le mauvais esprit que je suis. Sur la façade de la maison des Arts, des pantalons et divers habits ont été accrochés, je ne sais dans quel but.

    Sur les bandes de papier, on lit le même genre de clichés que l'on trouve par terre à la peinture blanche, des clichés qui ne font pas de mal, qui témoignent d'une envie de convivialité, mais très maladroitement exprimée.

    En même temps, près de la cathédrale dans un autre genre, il y a une fête de la bière organisée pour fêter les cinquante ans du jumelage de la ville avec une contrée allemande.

    Cela permet au moins de constater que ma bonne ville d'Évreux a également des « bobos » comme à Paris, pareils que les parisiens, tout aussi ridicules, prétentieux et grotesques, s'extasiant en surjouant l'émotion sur une phrase, prenant la pose comme pour une séance de shooting de mode devant une autre « œuvre » exposée. Tels les « bobos » parisiens chez qui ont sent tout de suite l'identité bourgeoise cachée derrière, l'ancêtre petit boutiquier ou rentier, on sent tout de suite chez le « bobo » rural le péquenot qu'il est resté au fond, un paysan qui se donne des grands airs car il n'a plus les mains dans la glaise.

    En 2011, en France, du fait de la destruction méthodique du lien qui reliait autrefois les habitants du pays, il faut bien essayer de trouver une solution à la désagrégation du corps social, le tout dû à ce que le philosophe Michel Clouscard appelle la société libérale-libertaire (tm).

    Il n'y a plus même de plus petit commun dénominateur entre un habitant de la Courneuve et un autre de la Courneuve.

    Ou plutôt si il en reste un, leur désir insatiable de consommer, d'acheter, de posséder le dernier gadget qu'il convient d'avoir dans sa poche ou dans son sac. L'individu ne se soucie plus tellement de prendre ses responsabilités ou d'assumer ses devoir des citoyen, un mot qu'il ne comprend plus, selon lui de toutes façons c'est fichu, le citoyen ne peut pas s'exprimer comme il voudrait donc c'est que la démocratie est morte à ses yeux.

    Il n'y a jamais vraiment cru de toutes manières à ce régime qui voulait le pousser à prendre son destin en main et à réfléchir, mais aussi, et c'est là que le bât blesse à faire un effort sur lui-même pour ne pas se cantonner à son égocentrisme, à arrêter de regarder ce que le voisin a en plus.

    La solution toute trouvée, facile, c'est d'organiser une fête, un événement festif, un coup de communication qui permette de ne surtout pas aborder les vrais problèmes de fond : à savoir pour maintenir le lien entre les citoyens, il vaudrait mieux s'intéresser à la question de l'Éducation Nationale, et de la formation en France, à tous ces écoliers et élèves en échec scolaire, handicapés culturels qui y gagnent surtout une complexe d'infériorité et une rancœur envers toute forme de culture, à la destruction du tissu associatif en banlieue et les problèmes que cela pose.

    Non, il est plus commode de sombrer dans ce que Philippe Muray appelle fort justement le festivisme.

    D'où l'utilité de se donner des ennemis même virtuels, même inoffensifs en fin de compte, des épouvantails utiles qui permettent de rester dociles et persuadés que le progrès continue sa course folle :

    « Homo festivus est pleinement satisfait par le nouveau monde homogène, mais, pour se donner l’illusion d’avoir encore un avenir, l’instinct de conservation lui souffle de garder auprès de lui un ennemi, un opposant absolu qui, parce qu’il s’oppose à lui absolument, lui permet de se croire lui-même vivant. »

    En l'occurrence, le fascisme et le retour aux heures les plus sombres de notre histoire dont on nous menace quand le festivisme est en danger ne naissent pas des épouvantails que l'on voit partout, que les beaux esprits rejettent, le totalitarisme naît de la banalité du mal dont parle Hannah Arendt dans son ouvrage « Eichmann à Jérusalem ». Le mal, l'arbitraire, naissent des braves gens que l'on croise tous les jours, dociles, prêts à tout accepter ou presque pour conserver quelques avantages matériels, prêts même à jouer la comédie, une comédie caustique et ironique sans le vouloir.

    Par exemple, c'est très bien de s'indigner mais c'est facile, et après, que fait-on ?

    Se sent-on réellement capable de construire ou d'aider à construire un monde plus équitable en abandonnant nos prérogatives d'occidentaux bien nourris et gâtés ?

    A partager nos richesses ? On voit qu'un indigné, même quand il gagne au loto, reste un consommateur rêvant d'avoir de plus en plus de temps de cerveau disponible occupé par la pub et les médias, et l'hyper-consumérisme.

    On notera quand même que le livre de Stéphane Hessel va être édité en Chine, ce qui montre qu'il n'est pas bien dangereux, sinon, je ne suis pas certain que la censure chinoise l'aurait laissé passer.

    arton176.jpgQuand la pilule est quand même un peu trop difficile à faire avaler, on garder sous le coude quelques pleureurs et pleureuses professionnels, hypocrites diplômés, parfaitement intégrés au système, se connaissant tous, jouant les emplois de bonnes consciences et de méchants officiels agrémentés par le système. Quand ces « méchants » mettent un peu trop leur grain de sel, ou prennent un peu trop le large, on les vire, et on les remplace par d'autres alibis.

    De même pour un représentant du système, qui en profite largement depuis longtemps, qui a un moment d'égarement d'honnêteté, on le punit par une campagne qui en plus peut donner l'impression d'être de salubrité publique.

    De toutes façons pour les petits bourgeois prétendument de gauche ou de droite sur la scène publique, ce n'est qu'une « balance » qui pourrait révéler le fond des choses : il s'agit surtout pour les plus privilégiés de continuer à profiter de leurs privilèges et de mettre leur progéniture à l'école bilingue du XVème à Paris, l'école des « filles et fils de » qui passent tous peu ou prou par là, y compris les filles et fils de grandes consciences de gôche, ou réputées telles qui trouvent cela totalement normal.

    On constate donc que le festivisme et ses fêtes « responsables et citoyennes », l'indignation organisée en « flash mob », ce n'est qu'une manière pour les bourgeois bohèmes ou non de célébrer leur nombril. Et non de reconstruire la société sur des bases plus saines.

    En illustrations, un homme libre, Bernanos, image prise ici et une femme qui l'était aussi, Simone Weil; image prise ici, aucun des deux n'avaient besoin d'organiser un évènement pour dire combien ils aimaient la liberté.

    ci-dessous, un flash-mob d'"indignés", le discours d'un vrai rêveur

  • lexique de la gauche sociétale

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    waystolisten-3.gifSur Agoravox, j'ai actualisé un petit lexique de la gauche sociétale...

    Altermondialisme n.m : Idées qu'il convient d'adopter en société, déculpabilise d'appartenir à la bourgeoisie. Parfois synonyme de néo-colonialisme.

    Anti-sionisme n.m : Permet parfois d'être antisémite sans l'avouer.

    Art(s) n.m. : forcément contemporain, inaccessible au commun des mortels, suppose une formation. S'extasier rêveusement ou prendre une photo avec son téléphone portable pour montrer la dérision de l'art. NB : l'art figuratif, l'art classique est réservé aux réactionnaires

    A ce lien...la suite

     

  • "Galadio" - Didier Daeninckx

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    Galadio

    Un mélodrame multiculturel de Daeninckx à jouer en MJC de banlieue

    « J'ai peu à peu dégagé la figure d'un de ces enfants, en essayant de comprendre comment une société en mutation violente, lui impose des identités successives dans lesquelles il ne peut se reconnaître », avoue Daeninckx à propos de sa dernière livraison (1).

    DIDIER-DAENINCKX.jpgDaeninckx est un héros du petit peuple laborieux. Issu d'un milieu dit simple, et après avoir abandonné les études, il devient ouvrier dans une imprimerie où il découvre l'amour des mots. Il occupe successivement les fonctions d’animateur culturel, pigiste dans différentes publications… ça c'est pour la galerie, les belles images qui vont plaire à Margot dans sa chaumière. Daeninckx, en un mot, c’est le type qui se revendique de la vraie vie, de la France d'en bas, on le sait. Mais on est en droit d'avoir du mal à le laisser bavasser. C'est quoi d'abord la vraie vie, bordel ? La misère, forcément ? Parfois on a envie de gueuler que les pauvres sont des salauds de première, des gagne-petit qui se contentent de survivre en votant pour celui qui a la plus belle gueule, qui s'en foutent de la culture. Est-ce que la vie n’aurait pas plutôt à voir avec la sensibilité ? Attention ici, terrain glissant : certains diront qu’on est là devant un concept de garçon sensible, de pédale, la sensibilité… des pleurnicheries de bonne femme, des mignardises de pédoque.

    Du Zola de Prisu’.

    Ce que Daeninckx appelle la vraie vie, c'est du Zola de Prisunic, du social en bouteilles et par paquets de douze, du misérabilisme, du vrai, oubliant que les petites gens c'est d'abord des personnes. Daeninckx reste un animateur social, un éducateur soc'cul faisant la leçon au peuple pour qu'il avance toujours plus loin ; un type qui reste complexé par ses origines de prolo au bout du compte, et qui n'a pas compris que c'est là est justement sa richesse. C'est un peu comme les photos de Robert Doisneau, c'est parfait pour orner les murs des cuisines bobos, le petit gars qui porte les boutanches de pinard deux étoiles, les amoureux qui se roulent une galoche devant l'Hôtel de Ville, le type qui fume une clope au zinc d'un bistrot des Halles. A part ça c'est du frelaté, du posé popu et à la mode chez ceux qui envahissent les anciens quartiers prolos pour faire du sociétal à outrance, de l'artistique de fonds de cuvette, de l'art brut. Pour Daeninckx, on se dit que la conscience de la vraie vie est dans la coupe de cheveux, puisqu'il a les cheveux longs et une barbe de prêcheur pouilleux itinérant, les nécessaires lunettes d'intellectuel qui vont avec...

    Les promesses non tenues.

    Pourtant, sans tous les a-priori qui y pullulent, Galadio serait pas mal car le thème, pour une fois, est original : les soldats africains de l'armée française qui constituent le gros des troupes d'occupation en Allemagne après la Première Guerre. De 1857 à 1905, ce corps était constitué d'esclaves affranchis rachetés à leurs anciens maîtres par les Français. Ils venaient non seulement du Sénégal mais de l'ensemble des colonies françaises d'Afrique. (Les maréchaux Joffre, Gallieni et Mangin y ont commencé leur carrière ; ce dernier commettant à sa retraite un livre qui, s'il faisait l'apologie de ses troupes, ne pouvait s'empêcher d'affirmer qu’elles étaient physiologiquement inférieures aux européennes. Les membres des classes dirigeantes traditionnelles africaines intègrent ce corps comme sous-officiers à la fin du XIXème siècle. Les ethnies Bambara et Toucouleur y étaient les plus représentés. Après 1905, les tirailleurs exercèrent des actions de police lors de révoltes sporadiques en Mauritanie ou au Maroc. En 1914, on comptait 14000 tirailleurs en Afrique de l'Ouest et 15000 à l'extérieur, principalement au Maroc. En octobre 1915, 30000 conscrits vinrent renforcer les troupes déployées en France, 51000 jusqu'en 1916. En 1917, ce sont dix-sept bataillons qui furent engagés lors de la bataille de la Somme, à la fin de la Guerre, ils étaient 120000 à servir les couleurs de la France, encouragés par Blaise Daigne, un député d'origine sénégalaise siégeant à l'Assemblée Nationale, qui voyait là une possibilité d'émancipation. Un travail était garanti pour les vétérans, ainsi que des réductions d'impôts et la citoyenneté française pleine et entière. D'un corps de mercenaires, ils étaient devenus en 1919 un corps d'engagés. La plupart furent alors démobilisés ce qui amena la démission du gouverneur central d'Afrique de l'Ouest, dégoûté car aucune des promesses faites aux tirailleurs ne furent tenue.

    Le problème, c’est que Daeninckx reste dans le Goodwin, le propre, le gentillet ; au niveau superficiel d'Indigènes, le pensum très politiquement correct de Rachid Bouchareb. Il n'approfondit pas cette histoire et s'en tient aux clichés les plus éculés. L'auteur se borne à constater que les nazis se sont comportés méchamment, que l'armée française était un ramassis de racistes, idem pour le peuple allemand. Quand on a dit ça on a tout dit. Et rien dit. Il faut dire aussi que nuancer son propos et non s'en tenir à un discours bien-pensant mille fois entendu aurait conduit l’auteur à reconnaître que le sujet qu'il cherchait à aborder dans ce livre est largement plus complexe et que l'on ne peut se contenter de le traiter avec manichéisme. Plusieurs choses contredisent son point de vue.

    Personne ne comprend que le cauchemar totalitaire peut être tentant pour les esprits faibles. Ils ne veulent plus penser par eux-mêmes par peur de la solitude, de se retrouver coupés du groupe. Avoir un chef qui le fait à la place, se trouver un ennemi qui explique tout permet de retrouver un certain confort intellectuel. Par-ci par-là, au-delà de l'esprit Goodwin, Didier dit des choses très justes : la rationalité délirante du régime nazi, sa modernité, dans le sens du vent du progrès. Hannah Arendt dans les Origines du totalitarisme (2) ne dit pas autre chose. Le système totalitaire utilise les médias modernes pour sa propagande employant les mêmes stratagèmes que la publicité, ciblant le marché à atteindre, pour ensuite, une fois la sujétion des masses obtenue, remplacer la propagande par l'endoctrinement et le culte du chef. Celui-ci est vénéré par le peuple car « il incarne la double fonction qui caractérise toutes les couches du mouvement : agir comme défenseur magique du mouvement contre le monde extérieur et en même temps, d'être le pont qui relie le mouvement à celui-ci ». Les « masses », comme l’affirme Arendt dès les premières pages, sont la pierre angulaire du totalitarisme. Nées avec la Révolution Industrielle, elles sont engendrées par l'automatisation de la société et le déclin des systèmes de partis et des classes. L'homme de masse peut être n'importe qui, c'est un individu isolé qui fait l'expérience de la « désolation », c'est-à-dire du déracinement social et culturel. Il me semble d'ailleurs que Galadio soit un de ces individus et non le « bon sauvage » tant désiré par Daeninckx. L'ennui est que ce personnage, et les autres (sa mère, le gardien de but du club de foot de Duisbourg), sont des archétypes caricaturaux lui permettant de justifier son opinion. 

    Un héros en quête d’identité...

    Le personnage central du livre découvre qu'il ne s'appelle pas Ulrich Ruden, né à Duisbourg, une ville industrielle bien grise de la Ruhr de1920, mais Galadio Diallo, l'enfant d'un tirailleur de l'armée française originaire du Mali, un de ces tirailleurs sénégalais méprisés très longtemps par la France, qui touchaient encore il y a peu leurs pensions au lance-pierre. Ils sont comme la mémoire d'un passé que l'on veut absolument oublier. Là aussi Daeninckx se borne à affirmer que le colonialisme incarne le mal. On dit ça en inspirant, et expirant on a vraiment l'impression d'être du côté des bonnes âmes, des bons apôtres, des Raminagrobis hypocrites.

    Et il est surtout très mauvais de dire que des hommes qui n'avaient presque rien à voir avec la France de prime abord se sont fait trouer la peau parce qu'il avaient une « certaine idée » du vieux pays.

    Selon l'auteur, ce roman est une quête d'identité (qui est forcément multiculturelle comme on nous le serine depuis longtemps chez nos penseurs à lunettes roses) qui amène son héros à errer dans les salles des hôpitaux nazis. Il devient ensuite figurant puis acteur dans les studios de cinéma de Babelsberg qui veulent exalter la grandeur du colonialisme allemand. Il finit par se retrouver sur les rives des fleuves Sénégal et Niger, où l'on hésite très fortement entre Pétain car tout le monde croit que le vieux cul joue un double jeu, et De Gaulle, que les types de droite de l'époque n'aiment pas beaucoup. Son aventure s'achève dans les villes ruinées du Reich vaincu, il revient en vainqueur en Allemagne dans l'armée de de Lattre. Les vilains sont punis à la fin.

    Les tirailleurs qui faisaient des enfants aux femmes allemandes étaient une chose impossible à comprendre à l'époque. On ne pouvait accepter des relations interraciales ou les mariages mixtes, la propagande de l’époque les présentait comme des viols ou pire, affirmait que leurs conquêtes étaient des femmes faciles. Les africains étaient dépeints comme le nègre Banania, mais le sourire en moins, le couteau entre les dents, avec le Fez rouge sur le crâne, les dents blanches, quasiment phosphorescentes, les yeux écarquillés par leur animalité supposée. L'inconscient collectif les percevait tels des bêtes. On remarque d’ailleurs que le nègre Banania et le nègre vu par les nazis sont un seul et même archétype raciste, et une perche tendue aux abrutis qui vont pouvoir bientôt se dire qu'ils sont la race supérieure. Ils ne furent pas les seuls. Les anglais présentaient les tirailleurs comme une troupe indisciplinée et manquant de courage.

    Daeninckx dans la position du missionnaire anti-fasciste 

    Tirailleur.jpgIl joue donc le sauvage, Galadio, l'homme africain qui n'est pas rentré dans l'histoire fabuleuse du progrès. Au départ, pourtant, il veut être sur la photo comme les autres, il aime bien Hitler, il voudrait bien être des Hitlerjugend. Il ne voit pas ce qui gêne, plus tard. Effectivement, des comiques qui ont la même origine lui diraient qu'il n'y a pas d'os (dans le nez ?). Galadio échappe à la stérilisation ordonnée sur tous les enfants métis en 1935 par les lois de Nuremberg. Il est enrôlé de force au cinéma, tournant dans des oeuvres justifiant les visées expansionnistes des nazis en Afrique. Le tournage d'un deuxième film en Afrique lui permet de s'échapper et de partir à la recherche de son père. Il est censé tourner en particulier dans Kongo Express, allusion lourdement appuyée, cinéphile et littéraire, de Daeninckx aux écrivains compromis selon lui avec le totalitarisme nazi. Le scénariste en est Ernst Von Salomon, écrivain admiré en France par Pierre Drieu La Rochelle, auteur encore mal vu du fait de ses prises de position douteuses pendant la Seconde Guerre Mondiale. Alain de Benoist perçoit Von Salomon quant à lui comme une référence de la « Révolution conservatrice ». Là on sent très bien venir la leçon d'éducation civique, le pensum citoyen, car l'écrivain, selon Didier Daeninckx et la plupart des littérateurs actuels, se doit d'explique aux lecteurs ce qu'ils doivent penser et dans quelle direction ils se doivent de penser. Il n'est pas là pour s'amuser. Il reste un animateur socio-culturel. Il ne fait pas de la littérature. Un auteur ne doit pas se fourvoyer là où il n'est pas correct d'aller. C'est une conception totalement stupide (car beaucoup se privent pour cette raison de la lecture du Feu follet de Drieu ou du Hussard bleu de Roger Nimier, qui lui s'engagea pour l'Algérie Française. Une position rédhibitoire aux yeux du milieu littéraire actuel .

    Pour l'allégorique, ce livre s’apparente un peu à une bière mexicaine. On se dit que c'est exotique, que ça du goût, que c'est du brutal en provenance du coeur, des entrailles et des couilles, et puis on s'aperçoit dès la première gorgée que ça n’a pas de goût, que c'est en somme de la pisse d'âne. Petit à petit l'auteur semble suggérer que l'identité de Galadio est multiple, qu'elle rassemble toutes ses identités, qu'il est un peu français, un peu allemand, un peu sénégalais, un métis entre l'Afrique et l'Europe. Didier Daeninckx se contente d'énumérer des lieux communs bien-pensants rebattus et sombre dans la guimauve. C'est dommage, ce livre pose pourtant de bonnes questions, mais ce sont les réponses qui, comme toujours chez Daeninckx, posent problème.

    Il se pose depuis longtemps en chevalier blanc de l’anti-racisme et de l’antifascisme. Il n’hésite jamais à lancer des croisades personnelles et ourdir de véritables procès de Moscou, à la manière stalinienne. En 1996, il accuse Gilles Dauvé, Hervé Delouche, dont il est un ami intime, et Serge Quadruppani de complot négationniste en se basant sur des extraits d’articles parus en 1980 dans une revue créée par Delouche quand il était jeune. Il prétend que ces articles font la promotion des idées d’Ernst Von Salomon et de celles d’Alain de Benoist, théoricien de la nouvelle droite française. Sa démonstration se base sur des phrases tirées de leur contexte, Daeninckx coupe les propos de ses confrères là où ça l’arrange. La lecture des textes incriminés montre pourtant qu’ils étaient au contraire une dénonciation sans complaisance des idées de la droite radicale. Il ne s’en tient pourtant pas là et accuse par la suite Delouche d’avoir joué un rôle trouble dans l’assassinat de Dulcie September en 1988. Comme il confie à Gérard Delteil, il ne fait aucun doute pour lui que Delouche est un indicateur. Contre Quadruppani, il mélange des petits faits vrais et des énormités mensongères. Lorsque celui-ci et Dauvé tentent l’apaisement en publiant une brochure préfacée par Gilles Perrault contre le négationnisme, pour Daeninckx c’est la preuve flagrante du complot. Quand Thierry Jonquet cherche à le raisonner. Il se retrouve accusé de complicité. La moindre amitié un peu douteuse est passée au crible et l’intimité des pseudo-comploteurs étalée au grand jour. Il n’hésite pas, par exemple, à suspecter Gilles Perrault d’être un homosexuel honteux.

    Daeninckx est un missionnaire de la nouvelle religion politique qui est l’anti-racisme à outrance, jusqu’au délire paranoïaque. Il est incapable de nuances. Très vite il criera au retour des heures les plus sombres de notre histoire, selon la formule consacrée, et verra dans l’événement le plus anodin la renaissance des idées nazies. C’est un idiot utile, selon le terme de Lénine, parfait pour les hommes politiques qui s’en serviront pour se faire élire tout en agitant le spectre de la Bête immonde. Il devrait relire plus attentivement Hannah Arendt. Il comprendrait qu’il existe des totalitarismes bien plus insidieux, et autrement plus dangereux.

    Amaury Watremez

    (1) Daeninckx, Interview du 2 mai 2010 pour le site Bel Balawou

    (2) Hannah Arendt, Le système totalitaire : Les origines du totalitarisme, Points Essais, 2005 (réédition)

    Didier Daeninckx, Galadio, Gallimard, coll. Blanche, 2010, 160 pages, 15, 50 €.
  • Le politiquement incorrect est-il si répandu?

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    prise-de-la-bastille-jean-pierre-houel.1230029668.jpgDe plus en plus souvent, on entend des commentateurs d'actualités, on lit des articles de presse qui se prétendent politiquement incorrects, que ce soit Richard Millet qui a dû être petit boutiquier dans une autre vie à d'autres, il n'est que rarement flamboyant. A entendre leurs auteurs, à parcourir la plupart des blogs et sites personnels, tout le monde l'est d'ailleurs, en dehors des sillons tout tracés d'une pensée dite unique. Et pourtant, en parcourant un fil de discussion sur le XVIIème siècle et la princesse Palatine, et un autre sur Voltaire et le tremblement de terre de Lisbonne qu'il décrit dans un texte resté célèbre, pour une petite couche en plus d'anti-catholicisme, ça fait très rebelle l'anti-catholicisme alors qu'il n'y a rien de plus conformiste, on se dit que la grille de lecture de toutes ces personnes est plus ou moins la même, que ce soit à gauche ou à droite. La Révolution Française est toujours l'apogée de la civilisation de notre pays, la Nation Française actuelle, du moins ce qu'il en reste, semble jaillir « ex nihilo » de cet événement. Il n'y a rien avant, un âge obscur, quasiment préhistorique. Et l'on en vient à nier que le Grand Siècle le fut, on nuance, on diminue son apport, l'influence de l'art classique montré comme froid et totalitaire. Louis XIV n'est un tyran atroce, au même rang qu'Hitler pour les plus délirants. Il y a aussi la justification par la Shoah, tout ce qui n'est pas dans la correction politique actuelle est justifié par ce massacre atroce et sans précédent ce qui est doublement indécent, car on ne parle de l'Holocauste que pour mettre en avant sa propre posture : « Je suis anti-nazi (note personnelle : moi aussi, mais comment dire ? Cela va de soi, non ?), je suis un être courageux » et se faire bien voir du troupeau qui s'arrête là et percevra pourtant d'un bon oeil l'eugénisme actuel et le darwinisme social à l'oeuvre dans toutes les couches de la société qui écrase les faibles sans pitié, ou ceux qu'elle considère comme tels.

    Rappelons quand même que Fernand Braudel, qui n'était pas vraiment un réactionnaire a écrit en long, en large et en travers que la Révolution avait fait perdre cinquante ans à la France, et que dire d'un événement qui voit la victoire sociale de la bourgeoisie et de ses idées plus qu'étriquées et la prolétarisation des petits paysans.

    On ne peut pas critiquer les autres révolutions non plus. Lénine était un chic type généreux qui n'a pas eu le temps de réaliser son chef d'oeuvre, on dit beaucoup de méchancetés de Staline, mais enfin bon ses idéaux étaient nobles, donc ça excuse presque les soixante millions de morts dans les goulags, certainement soixante millions de méchantes personnes je suppose. Et l'Église Catholique est responsable de la Shoah. De plus, politiquement, la plupart des auteurs, rédacteurs de blogs raisonnent en mode binaire ou sur la base du « je le pense donc j'ai raison », esquivant les faits et les arguments raisonnables. On trouve cette grille de lecture même chez les plus extrèmes qui n'ont de point de vue sur les évènements que celui qu'on leur a appris à l'école, même si c'est « a contrario ».

  • Un témoignage de prof précaire

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    Un témoignage édifiant de prof précaire : si le boulot des profs titulaires est de plus en plus méprisé, c'est déjà le cas des profs remplaçants, dits précaires, et ce depuis des lustres.

    Merci à Jean-Claude Grosse de m'avoir signalé cet article du Monde du 2/12

    46b4d5d6-25db-11dd-90eb-43bd9e9a4b45.jpgPas simple de gérer sa classe lorsqu'on est une "prof de passage". Véronique Pot a 29 ans. Elle enseigne le français. C'est sa cinquième année de remplacement. Témoignage de sa dernière mission.

    Après la Toussaint, me voilà dans le Val-d'Oise. Lundi, mes élèves de 4e rentrent au compte-gouttes. Certains arrivent par grappes, en se catapultant contre la porte d'entrée de la salle de classe, qui s'ouvre sous le choc. Ils jettent leur sac, changent deux ou trois fois de place. Continuent à parler comme si je n'existais pas. Ne daignent pas sortir feuille, ou stylo. Un élève cherche à rouler une pelle ("embrasser" serait un terme inapproprié) à sa copine du moment, fait semblant d'être étonné que je lui demande des comptes. Un autre petit couple se tripote assidûment sous la table.

    la suite ici

  • Permis de construire des tours ou non

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    Le Père Fouettard s'occupe de minarets

    minaret-suisse-4081023keend_1379.jpg?v=4On oubliera de dire une chose je pense, les suisses sont salement hypocrites, un rien faux derches car s'ils ne veulent pas des minarets, ils n'en acceptent pas moins le fric mal acquis de quelque émir à la mord-moi-le-turban ou d'un dictateur de mes deux. Les médias parleront une semaine de la votation qui vient d'avoir lieu en Suisse, et de son résultat, forcément on traitera les uns d'islamophobes, les autres de populistes. On dira (mettons Guy Carlier, Stéphane Guillon, etc...) qu'il y a 57% de racistes en Suisse ce qui est toujours un peu facile et permet surtout d'éviter de réfléchir sur la question. Les grands esprits diront que c'est comme le catholicisme, un jour la laïcité aura raison de l'Islam vous verrez, à force de le ridiculiser et de s'y attaquer à coups de caricatures. Je crains que ce ne soit une autre paire de manches quant à moi. Et puis l'Islam c'est une religion de personnes qui ont été opprimées donc plus « acceptable » à leurs yeux, la France étant vue encore comme impérialiste et forcément nocive. « A pas beau la France, a pas bien le patrimoine, a caca le drapeau », apprend-on d'ailleurs très tôt aux enfants. Il suffit d'écrire quelques mots sur des forums pour voir se déchainer les réactions : catholique, chrétien, pays, nation.

    0b5d448.jpgCela fait de toutes façons plus d'un demi-siècle que l'identité de notre pays est systématiquement ridiculisée, tournée en dérision, « beaufisée », fragilisée. L'identité c'est autant le verbe de Proust ou de Chateaubriand que celui de Molière, le parfum d'un vin que le goût d'une viande, la beauté d'un paysage, d'un habit ou d'une architecture. Cela les radicaux libertaires athées militants ou les fanatiques même civilisés comme Tariq Ramadan ne le comprendront jamais, cette vision contrevient à leurs certitudes car contrairement à ce qu'ils affirment d'un côté comme de l'autre, ils sont pétris de certitudes et sont fermés à la contradiction ; quand j'ai vu le débat entre lui et Caroline Fourest, qui met christianisme et Islam sur le même plan alors que c'est totalement différent, j'ai ressenti un grand malaise d'ailleurs, comme deux haines assez gigantesques s'opposant et s'affrontant, un langage au second degré, multipliant les allusions fielleuses que ce soit pour celle qui prétendait défendre la paix sociale ou celui qui défendait sa communauté en jouant les Grippeminaud.

    Il aurait fallu cependant y songer plus tôt, à la construction de mosquées, car si les musulmans ont le droit à des lieux de culte décents, il faut bien savoir qu'il est trop tard, la plupart ayant été récupérés et financés par les pays les plus radicaux qui ont de cette foi une vision complètement archaïque et parfois ignorent le contenu exact du Coran. Et contrairement là aussi à l'opinion courante, ce ne sont pas les extrèmistes le réel problème mais la foule immense des croyants dociles qui suivront ce qu'on leur dira de faire quand le voile ne sera plus une simple suggestion de « pudeur » (Et l'homme ? Il n'a pas à être pudique ?) mais une obligation.

  • Rostropovitch à la chute du Mur de Berlin

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    Le mur de Berlin était une saloperie contre la liberté de millions de personnes, nul besoin d'en dire beaucoup plus. Alors, oui, tout n'est ni rose ni parfait depuis, le libéralisme étant également une autre horreur tout comme le consumérisme. Mais quand la liberté est victorieuse, rien d'autres ne prévaut ou ne devrait prévaloir et quant à moi je refuse qu'un idéologue, un bureaucrate, un politique, m'impose sa conception du bonheur, même avec les meilleures intentions du monde...


    retrouver ce média sur www.ina.fr
  • Zazieweb.fr arrêté ?

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    3609447034_51fe38e329_m.jpgZazieweb.fr existe depuis 1996 sur le net, un site de qualité permettant d'échanger avec d'autres zazienautes, qui ne sont pas des professionnels de la profession pour la plupart, simplement des passionnés des lettres, des critiques sur un livre ou des impressions de lecture, des humeurs, des joies. La modération des critiques interdisait les flots de haine et de sottises que l'on trouve ailleur. Le site décernait même chaque année le "prix de la petite édition". Sa fondatrice, Isabelle Aveline, faisait du quasi-bénévolat pour le maintenir à flots, aidée de subventions, lui permettant par ailleurs de payer un informaticien. Malheureusement, en France, quand quelqu'un a ce genre d'initiatives heureuses, on ne l'aide pas, on le laisse se débrouiller tout seul, on le laisse se noyer et boire la tasse et on dit : "c'est dommage" quand il est trop tard. Zazieweb ne reçoit plus cette subvention, pourtant ce n'est même pas une question de diminution de budgets et ce n'est même pas la faute de la crise.

    Comme dirait l'autre, de toutes façons, qui a besoin de lire "la Princesse de Clèves" ? Le mépris quant à la culture et la vulgarité sont bien plus prisées actuellement faut-il le rappeler.

  • Profession : critique littéraire

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    critique-litteraire-sest-refugiee-sur-interne-L-1.jpegJe me suis demandé par quel biais, quelle procédure d’orientation on pouvait accéder à la profession enviée (enfin, je crois) de critique littéraire médiatique ou du moins un peu médiatisé en regardant une émission de critiques justement dans laquelle officie une jeune femme qui a un prénom de bibliothèque, Mazarine. Mon premier mouvement (je suis méchant et jaloux comme une teigne on s’en souvient) aurait été de me payer sa tête mais il faut avouer qu’elle est la plupart du temps assez pertinente et sans concessions : bien sûr, si on me dit qu’elle n’a pas eu plus de chances que les autres pour se faire un nom, et un prénom, j’aurais du mal à le croire. C’est un milieu assez consanguin, tout le monde se connaît, on se fait la bise en demandant des nouvelles du petit dernier, en se complimentant sur la bonne tenue de son bronzage ou non artificiel. On fait mine de se moquer de Marc Lévy, Guillaume Musso, pour les zôteurs « populaires », du dernier d’Amélie Nothomb ou Beigbeider, mais finalement on joue le même genre de comédie à savoir que parler d’eux en mal c’est quand même parler d’eux, et que ce genre de critiques les sert toujours les plaçant en position de victimes. Le quidam ou la quidamette aime bien en plus s’identifier aux souvenirs de famille aristos de l’un ou les méditations autour de son nombril de l’autre. On attend en somme d’un auteur qu’il soit comme tout le monde, que ses appétits soient banals, son talent ordinaire, sans trop d’ambition ou de désir d’excellence, mot oppressif par ailleurs, ce n’est pas bien l’excellence, c’est bourgeois en plus comme le soutienne la plupart des bourgeois à prétention intello (je précise bien, « à prétentions… »). Il ne s’agit plus de littérature, chacun y va de ses histoires de coucheries qui ne sont ni transgressives, ni vraiment sensuelles, juste communes. La littérature se pipôlise de Houellebecq aux « fils ou filles de… » qui nous bassinent avec leur pauvre petite existence mesquine de gosses de riches écervelés. Le critique c’est le rôle du méchant utile pour faire avancer l’histoire, celui que le public n’aime pas car il lui rappelle sa médiocrité intellectuelle et son esprit grégaire.

  • Les lectures du Père Fouettard - "Collèges de France" de Mara Goyet

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    Le Père Fouettard ne peut pas s'en empêcher, il a des lectures très polémiques...

    Extrait de "Collèges de France" de Mara Goyet

    Portrait du prof démago
    h-3-1290838-1246436130.jpg"Le problème du prof démago, c'est souvent qu'il est chouette : il a envie de plaire à tout le monde et l'on a envie d'être son copain. Contrairement au prof élitiste, qui ne se balade jamais sans son "Budé" de Juvénal et l'œuvre complète de Chateaubriand, utilise des expressions latines, ose dire que certains élèves sont ignobles, émet l'idée qu'il y a un petit problème de niveau, se plaint de la carence d'autorité dans l'établissement - personnage qu'il est facile (trop facile) pour certains de détester -, le prof démago est désarmant. On a un mal fou à en penser du mal. Il vous renvoie même une image désastreuse de vous-même. Il vous oblige à des remises en question permanentes. On se sent rigide, strict, vieillot, distant. On a toujours l'impression de n'avoir rien compris. Il a plein d'idées chouettes, se "bouge" pour les "gosses", est au fait de la situation familiale de chacun (et c'est vrai qu'il y a souvent de quoi excuser les élèves tant c'est peu réjouissant), connaît les secrets de l'établissement, possède la clef de toutes les salles, participe à toutes les réunions, fait des projets avec la ville, le département, la région, visite tous les salons (la porte de Versailles est son royaume), dialogue avec les élèves, sait ce qu'ils pensent de vous, connaît les surnoms, les potins, parle jeune... Un peu mono, un peu GO, un peu assistant social, très pote et complice, pas mal aîné grand frère, il lui reste peu de temps pour être prof."

    Ma propre lecture du livre...

    630mara-goyet.jpgje trouve qu'il manque à ce livre une véritable réflexion de fond : sur la formation des enseignants, mais aussi de tous les personnels gravitant autour des établissements scolaires, sur leur statut, sur leur place dans la société (fortement remise en cause : fainéants, etc.), sur le rôle exact que l'on veut donner à l'éducation aujourd'hui : former des consommateurs décérébrés et passifs, ou bien des hommes et femmes responsables, sur la place de certaines matières, fortement dévaluées aussi, lettres, dont les lettres classiques, que l'on ne juge pas utile d'enseigner à certaines filières et c'est dommage, sur le statut des élèves, sur la démagogie ambiante les concernant, sur le besoin d'un renouveau d'exigence, etc.
    Ce livre est parfois dans les effets un peu facile. L'Éducation telle qu'elle se conçoit actuellement est sclérosée, il faut aller vers plus d'efficacité, sous-entendu laisser tomber les savoirs considérés comme inutiles pour la vie en entreprise, la culture en général en première ligne, appuyer sur un déterminisme social beaucoup tôt que maintenant et en fait accentuer les inégalités. Pourtant, l'école a été une chance pour beaucoup de personnes, elle peut l'être pour les populations issues de l'immigration, les plus pauvres. Elle est même à l'absurde une chance de révolte contre l'autorité, de découverte de sa propre conscience personnelle et de l'exercice de son libre-arbitre.

  • La différence qu'il y a entre Woody Allen et Emmanuel Mouret - à propos de "Whatever works"

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    frederique_bel.jpgJ'ai vu il y a quelques jours sur Arte "Changement d'adresse" d'Emmanuel Mouret que l'on m'avait chaudement recommandé comme léger mais profond, très bien vu sur les relations hommes-femmes, un Woody Allen français, alors que cinématographiquement ses références se voudraient plutôt appartenir à Billy Wilder dont "la garçonnière". Cette propension à glisser absolument des références, en chaussant plus que des gros sabots des chaussures orthopédiques est pénible, surtout quand c'est gratuit; Chez Woody il y a aussi des références mais elles ont un sens car il les maîtrise. Elles ne servent pas qu'à épater la galerie et vendre son film. Le seul élément, si je puis dire, que j'ai retenu du film c'est Frédérique Bel qui joue, contrairement à ce qu'elle affirme, le même rôle de blonde évaporée et fantasque qu'elle jouait à la télévision mais en creux, là aussi si j'ose dire quand on considére les formes de cette actrice. Comme on ne veut pas passer pour trop prétentieux quand même on glisse un ou deux pipôles dans le lot, ici Dany Brillant. Mais les adulescents décrits par ce film ont de bien tristes sensualités, peu joyeuses, et leurs contradictions sont bien mesquines et bien ternes.

    whatever-works-800-75.jpgTout de suite, je sors de "Whatever works" de Woody Allen, léger, complètement immoral, finalement très sage : le bonheur surgit toujours là où on s'y attend le moins, et inutile de le chercher, on finit toujours par le trouver même si comme le dit un personnage : "qui joue peut perdre, qui ne joue pas perd tout aussi". Je vais faire mon intéresant mais la chanson de départ est celle du capitaine Spaulding, alias Groucho Marx, dans "Animal Crackers", et elle a un sens. Tout comme le capitaine, le film suggère que les prétentions sociales, la vanité, l'avidité ne mènent à rien, seul compte d'aimer et d'être aimé, pour ce que l'on est, et de se sentir libre quant à cet amour mais aussi quant aux préjugés. D'aucuns y ont vu un Woody Allen trop "première manière", avec digressions et psy, névroses et inadaptation, mais c'est justement pour cela que c'est encore mieux car cela s'enrichit de la maturité de l'auteur, on perçoit sa propre maturité en regardant parfois une photo de soi il y a dix ans, on se ressemble, on sait bien que c'est le même corps mais ce n'est plus le même être humain. Boris n'est pas un cynique, c'est un gosse qui a peur d'être blessé, qui rejette les autres par vulnérabilité.

    Et puis j'ai adoré l'esprit du film qui peut être grave mais sans pathos ni didactisme...

    Post-scriptum : On voit que les critiques actuels de cinéma ne sont pas cinéphiles car aucun n'a vu que Melody ressemble quand même beaucoup à Tina dans "Broadway Danny Rose"...

  • Pots de départ à géométrie variable - une anecdote du Père Fouettard

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    Ci-contre un futur retraité à la fin de son pot de départ, et prêt à dire "au revoâr"...

    Dans une grande maison d'état vouée à l'éducation de nos chères têtes blondes, l'Éducation Nationale, j'ai entendu cette anecdote à mon avis significative : quatre personnes partaient d'un établissement scolaire, deux remplaçants et deux titulaires. Le personnel de l'endroit a récolté des enveloppes pour les deux titulaires et a prévu un jôli cadeau mais n'a rien fait pour les deux autres, à qui on a dit un vague "au revoir" à moitié bredouillé. Pourtant ce beau monde qui fait des différences, qui traite avec aussi peu de considération des personnes qui font le même boulot que lui, est chargé d'éduqer des adolescents et d'en faire des citoyens responsables et capables de ne pas faire de distinction entre ses concitoyens. Toutes ces personnes sont pourtant de gôche et concernées par le monde qui les entoure, jusqu'à un certain point qui est leur propre nombril...