Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

policier

  • La France pré-insurrectionnelle à Nantes

    Imprimer Pin it!

    politique, société, émeutes, nantes, policier, jeune tué, amaury wattremezA Nantes des émeutes selon le vocable employé par les médias ont lieu chaque nuit depuis quelques jours (voir à ce lien). Enfin des émeutes...

     

    Le mot me paraît mal choisi et bien prudent, on pourrait parler de situation largement pré-insurrectionnelle. Quant à la photo de la marche « blanche » pour le jeune et pauvre innocent tué par le policier elle rappelle une « libanisation » rapide de ce pays...

     

    A l'origine de ce bazar complet, de cet échec patent de l'autorité de l'état on trouve comme prétexte la mort de cce gosse d'une cité impliqué dans différents trafics tué par un l'agent des forces de l'ordre. Rien ne justifie la mort d'un jeune, quel qu'il soit, quels que soient ses actes mais cela devait bien finir par arriver dans des zones de non-droit où seule la force, la violence, la brutalité sont comprises. Dans ces zones, ce ne sont pas seulement les policiers, les gendarmes, les pompiers, les services d'urgence qui ne peuvent plus y aller mais aussi l'EDF, les services de distribution d'eau qui ne se risquent que très rarement à envoyer des lettres de réclamation dans ces coins là. On les comprend très bien évidement.

    Lire la suite

  • Meurtrière en série tellement distinguée...

    Imprimer Pin it!

    à propos de « Une autobiographie » d'Agatha Christie

    Max_Mallowan_und_Agatha_Christie_in_Tell_Halaf-400272008103916343.jpgAgatha est une tueuse, une meurtrière en série qui n'a jamais été inquiétée alors qu'elle a tuée des dizaines de personnes, souvent des innocents, parfois des individus qui le méritaient, dans ses romans. C'est pourquoi elle a été absoute de ses crimes, je suppose. Sur les photos, elle ne sourit que du bout des lèvres, un sourire « comme il faut » dans la bonne société, cependant la lueur qu'elle a dans le regard indique qu'elle n'est pas dupe une seconde du jeu social, des conventions hypocrites qui permettent d'enfouir ce qui gênerait la représentation de la comédie du monde. Ses personnages seront toujours très lucides quant à cette fausseté des attitudes, des convenances, de la hiérarchie des statuts surtout bâtie sur l'argent. Plus tard, certains écrivains essaieront de systématiser ce rôle social du roman policier, comme Manchette. Ce sera moins intéressant que cette lucidité profonde d'Agatha Christie qui ne s'engage pour aucune idéologie et ne fait que montrer la réalité des comportements. Elle reste alors libre car elle n'a aucune vulgate politique théorique à vendre.

    Et pourtant elle avait bien commencé comme elle le raconte au début de cet ouvrage monumental qui demande un certain souffle pour parvenir jusqu'à la fin, mais Dame Agatha écrivant bien, c'est une longue promenade, parmi les souvenirs de cette auteure, très agréable à suivre. Elle naît Agatha Miller dans une famille fortunée mais qui n'appartient pas à la haute société en 1890 à Torquay sur la « Riviera » anglaise. Petite fille elle est réputée moins intelligente que sa sœur aînée ou son frère, elle invente déjà des histoires avec sa maison de poupées. Elle a des terreurs secrètes qui seront le terreau fertile de ses futures œuvres comme le très ironique « Dix petits nègres ». Quand elle raconte ses souvenirs d'enfance, Agatha le fait en pratiquant une forme subtile d'« understatement » qui est l'art de savoir rire de ce que nous risquerions de prendre trop au sérieux dans l'existence. Ainsi on retiendra les heurts mammaires de sa tante et sa grand-mère toutes deux pourvues d'une énorme poitrine qui les gênaient pour s'étreindre avec toute la chaleur voulue.

    agatha_christie_picture.jpgBien sûr comme dans la plupart des auto-biographies il y manque l'évènement le plus intéressant, le plus romanesque aussi, sa disparition pendant onze jours en décembre 1926 alors qu'elle commence à connaître un certain succès. On la retrouve dans une station balnéaire à la mode où elle s'est inscrite sous le nom de la maîtresse de son mari épousé pendant la première guerre, fringant aviateur du « Royal Flying Corps », très bel homme et coureur de jupons. Elle dit ne pas se souvenir de ce qui s'est passé pendant cette escapade, prétextant une imagination trop vive, une amnésie due à une forme extrême de dépression. Cet évènement semble irriguer tout le livre, l'écrivain laissant certainement des indices permettant de comprendre ce qui a pu se passer. A nous de « faire travailler nos petites cellules grises » comme Hercule Poirot, son personnage le plus célèbre, détective belge « au crâne en forme d'œuf » qu'elle invente pendant les moments de liberté que lui laissent son travail au dispensaire de Torquay pour l'armée de sa gracieuse majesté, suite à un défi lancé par sa sœur. L'histoire se déroule dans une ville de bord de mer élégante, calme, mais où les murs des élégantes villas cachent des secrets abominables, des violences cachées. Et Poirot, détective pourtant improbable, d'aspect ridicule, affublé d'une moustache grotesque et de chaussures pointues trop petites qu'il porte par coquetterie, de traquer la vérité cachée derrière tant de cachotteries.

    Elle est anoblie peu avant sa mort, elle prétend alors donner la solution à l'énigme de sa disparition, celle-ci serait dans une cache à l'hôtel Péra d'Istanbul où l'on trouve une clef mais pas ce qu'elle ouvre, le mystère restant entier par un retournement encore plus machiavélique que dans ses romans, y compris celui, étonnant, que l'on trouve dans la dernière enquête de Poirot.

    Sa vie

    Un sketch des Monty Python sur Lady Agatha

  • L'enlèvement du Baron Empain - tomber dans les griffes des braves gens

    Imprimer Pin it!

    mars_1978_63_jours_enchaine_photo_du_jour_grand.jpgJ'ai regardé l'émission de Christophe Hondelatte sur le sujet car ce fait divers passionnant est un des premiers évènements d'actualité qui m'ait marqué. Il y a trente ans, le baron Empain, patron du groupe Schneider en France, était enlevé. Au terme de multiples rebondissements et après qu'ait été dévoilée sa personnalité flamboyante livrée aux médias par ses proches, il était relâché mais l'homme ancien qu'il était était mort. Il est mort à la minute où il a compris que sa femme et son entourage ne l'aimait pas mais restaient pour le pouvoir et l'argent. Cela arrive à d'autres, un traumatisme suffit pour que la personne que l'on était disparaisse, et qu'une autre vie commence, parfois même cette nouvelle vie ressemble à un rêve, elle peut très bien s'assimiler à un cauchemar, quand le rideau des apparences se déchire et que l'on comprend ce qui se cache réellement derrière les attitudes et les postures ; La vérité fait mal à commencer par la sienne propre. Peu de gens aiment se voir tels qu'ils sont, et c'est ce qui est arrivé au baron et ce qu'il a surmonté.

    Quand il parle de ses ravisseurs, il raconte qu'il s'attendait à voir des truands aguerris, des gansters monstrueux, car il a vécu un véritable calvaire pendant les 63 jours de sa capitivité, humilié, ne voyant plus la lumière du jour, traité en animal ; et il découvre des braves gens quotidiens, y compris celui qui avait des accointances avec le milieu, d'une banalité étonnante à ses yeux. C'est toujours le même problème, l'on s'attend à voir des monstres commettre des monstruosités, et puis quand l'on découvre des êtres humains  c'est difficile à comprendre. Et pourtant, il semble donc bien que la civilisation n'est qu'un vernis qui camoufle mal la véritable nature de l'être humain et que celle-ci est marquée par la haine, la violence et la sottise. On remarque que dans la vie de tous les jours ces petites gens se plient aux conventions parce qu'ils ont peur de la force publique, parce qu'ils y sont contraints, et non parce qu'ils l'ont choisi. Ce qui est toujours étrange est que la plupart ne comprend pas la gentillesse, l'altèrité mais accepte mieux le mépris et l'aggressivité ou la violence qui sont le mode de fonctionnement normal de millions de personnes. Quand un quidam se sent dans son bon droit, il en viendrait à tuer.

    Le baron Empain leur a pardonné, ce qui témoignerait d'une grande force de caractère si c'était seulement par charité.

    28020e70-c603-11dc-8d33-311247f58dfa.jpgIl n'a pas pardonné par contre à sa femme et son entourage d'une monstruosité encore supérieure à ses yeux car se souciant pendant son enlèvement non de ses souffrances mais du "qu'en dira-t-on" et des conséquences de ce drame dont ils se foutaient éperdument sur leurs comptes en banque et leur réputation. Tous les milieux actuellement ont pris le même pli, hérité de la bourgeoisie du XIXème siècle, qui fait que le paravent des apparences est le plus important, l'ostentation et la possession de quelques objets prime sur le fond et l'âme, oubliant qu'ils sont humains. Personellement, je ne supporte pas les faux-semblants, les masques et déguisements moraux que l'on repère d'un seul coup d'oeil y compris quand ceux-ci se parent d'humanisme et de fausse compassion, ce qui est encore pire à mon sens. J'ai regardé il y a quelques jours quelques minutes de "Koh Lanta" qui montre des participants devant "survivre" jusqu'à la fin du spectacle à des conditions de vie éprouvantes. Bien sûr c'est scénarisé à fond et les producteurs poussent les larves qui se laissent aller à ce show dégradant à se bouffer le nez. L'un des survivants, qui est le "chef" du groupe, affirmait dans un extrait que "la nourriture serait distribuée selon les mérites et le travail effectué", considèrant que certaines tâches sont plus faciles il préconisait de diminuer les rations des femmes. Le pire est en plus que la majorité dite silencieuse (car maintenant elle le dit de plus en plus fort) raisonne comme lui, ce qui montre que le totalitarisme, la méchanceté, la cruauté sont toujours dans les cerveaux largement plus présentes que la liberté, la délicatesse ou les droits de l'homme.