Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

pauvreté

  • Rigodon 2.0

    Imprimer Pin it!

    pauvreté, France, banlieue, Chelles, société, amaury watremez, célineOn va me dire, tu fais ton célinien, ton professeur Y. Les petits points et tout le tremblement, l'argomuche, les exclamations, l'outrance !...Le verbe à fleur de peau, l'hyper-sensibilité autour du cou encore ! Un joug ! Un fardeau ! Mais non...

    La seule manière juste de parler de la misère, la vraie, la sale, la pourrie, celle qui retourne le cœur, qui n'est pas jolie à regarder...

    Pas exotique, pas pittoresque. C'est rien que de la saleté à l'intérieur, à l'extérieur, des entrailles qui se vident n'importe où...L'animal qui revient toujours derrière les belles paroles, les belles pensées...Celui qui a droit au point d'eau, celui qui n'en a pas...Celui qui a des griffes, celui qui n'en a pas...

     

    J'habite en banlieue et je travaille à Paris. Pas de pleurnicherie là-dedans c'est comme ça. A Pantruche le plus petit réduit est à prix d'or. Pas de prix d'ami, pas de philanthropie, "business ize business" mon cher monsieur qu'ils disent tous si bien élevés, si policés....

    Faut de l'espace pour leur progéniture aux yeux de veau, aux grands cils délicats et vides d'un peu de tout...

    Alors je suis revenu à Chelles, souvenir d'enfance en Seine et Marne, il y a un peu plus de quarante ans, presque bourgeois que c'était, parole, des petits employés, des petites gens qui économisaient sou après sou et qui achetaient leur petite baraque. Maintenant, fini, terminé, effacé le souvenir heureux du passé !

    Pas de nostalgie ! Verboten ! Il n'y a plus que la misère du monde entier comme presque partout autour de la Ville-Lumière, phare de la grande sagesse des bourgeois pédagogues.

     

    Un soir, rentrant chez moi, dans mes pénates, voilà que j'aperçois au pied d'un immeuble, devant la grille qu'il y a maintenant à chaque entrée, des formes indistinctes. Des grilles partout devant les maisons, les résidences de standinge ou non, faut bien ça, des codes, des clés, des serrures solides...

    Derrière les portes, ça crève de trouille, on sort pas, on bouge plus, on fait plus ses courses, on va plus chercher son mou, sa petite bouteille consolatrice, on n'ose plus...

    Des esprits partout dans l'obscurité du crépuscule qui descendait ?

    Des esprits au-dessus des dépotoirs ?

    Des mouches cantharides de bonne taille ?

    Des fantômes ? Des chats parias ?

    Des clebs abandonnés en train de se mettre dessus ? Des bêtes qui criaillent et qui piaillent ?

    Foutredieu ! Des humains ! Des comme moi, des comme vous, deux bras, deux jambes et un cerveau !

    En train de fourailler dans les sacs poubelles des moins pauvres qu'eux, les éventrant d'un coup d'ongle nerveusement, fouillant dedans en s'engueulant dans leur propre baragouin....Des femmes sans âge, toutes la même couleur de peau, les mêmes , des enfants les cheveux dans tous les sens, des vieux...

     

    Même plus des mendigots ! Ils se montraient leurs maigres trophées, s'apostrophaient, se couraient après sur le trottoir puis revenaient, se collaient des beignes, des horions, c'était pas beau à voir. Un voile sur des cheveux qui débordent les femmes qu'elles me houspillent, de trop que je les regarde. Agitent les bras genre sémaphore !

    Elles sont trop dans l'aigu ! Envie d'hurler ! De se mettre en colère ! Pas envie de les entendre piailler encore plus alors on se maîtrise...

    Et puis la pitié, l'affreuse pitié...

    C'est ça la diversité, c'est pas des cartes postales...

    Toutes couvertes de plusieurs couches de vêtements, de gilets dégueulasses ! Des tâches marrons un peu partout qu'elles avaient...

    Et puis elles se calment, elles tendent le bras, la main, elles réclament, elles quémandent, le bourgeois, le français, le mécréant il va bien donner une pièce...

    "Sivoplé"qu'elles répètent en se lamentant ! La poitrine maigre, sèche, décrépite, elles se frappent avec le poing, avec l'autre main !

     

    Pas de carte postale ! La France moderne mon bon monsieur ! La France électronique ! La France 2.0...

    Perdue en chemin, perdue en route, égarée, paumée...La réalité...

    Défigurée, maltraitée, en sang, à terre...

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration empruntée là

  • La pauvreté émancipatrice ?

    Imprimer Pin it!

    pauvreté, christianisme, foi, amaury watremezQuand j'étais gosse, un jour de caprices, je clamais et répétais comme un mantra "j'ai faim !" comme beaucoup d'enfants gourmands. Un des adultes présents, agacé, me répondit que je ne savais pas ce que c'était d'avoir faim, que dire cela avait un sens. J'appris plus tard que chez cette personne, bien souvent on faisait semblant de se mettre à table en remuant les chaises comme il le fallait pour faire croire aux voisins que l'on mangeait à sa faim tous les jours. Souvent l'unique repas consistait en une tartine trempée dans un peu d'huile. Parfois on ne mangeait rien du tout. Et les enfants allaient à l'école le ventre vide.

     

    Mais on faisait comme si tout allait bien. Par amour-propre, par fierté. Une pauvreté qui ne libère pas, n'entraîne aucune émancipation.

     

    La pauvreté aliène, elle enferme, elle isole, elle provoque le repli sur soi. Elle engendre la honte dans notre société, la colère aussi. Elle n'est pas du tout émancipatrice, c'est même plutôt tout l'inverse. Et pourtant de gentils petits "cathos", souvent charismatiques, continuent sur internet ou ailleurs d'en vanter les mérites, de l'idéaliser, dans une vision de l'Évangile un peu desséchée, complètement désincarnée. Quand on y réfléchit, le Christ et ses disciples ne se contentent pas de vivre d'amour et d'eau fraîche, de manger des lézards et déguster des pierres avec peu de sable. Le récit du nouveau testament est plutôt une longue suite de repas où l'on boit et l'on mange bien.

     

    Le dernier moment passé avec les douze apôtres est un repas de fêtes, et pour montrer qu'il est bien le Christ après la Résurrection il fait griller des poissons sur les bords du lac de Tibériade. Et je ne parle même pas de son premier miracle quand le vin vient à manquer aux noces de Cana, un des instants les plus dramatiques de l'Écriture.

     

    pauvreté, christianisme, foi, amaury watremezC'est un regard faussé, biaisé sur la pauvreté dans le réel. Les pauvres sont montrés, sont vus et décrits comme forcément angéliques, en gros étrangers à la nature humaine. Quand on lit entre autres "les Naufragés" de Patrick Declerck (voir à ce lien), sur son expérience avec les clochards de Paris, dans la rue, à Nanterre, dans les hôpitaux, on comprend que rien n'est plus faux, que même plongés au fin fond de la misère, les êtres humains ne sont pas plus solidaires, plus capables d'altérité. Ce serait même plutôt l'inverse. L'abjection est très présente, la violence, la haine et tout un cortège de souffrances psychologiques marquées.

     

    Mais finalement, il n'y a même pas besoin de cet ouvrage, il suffit d'ouvrir les yeux dans la rue, dans les gares où l'on croise souvent, de plus en plus, de ces éclopés de l'existence. On peut les voir tourner en rond, vaguement hébétés, le regard perdu, parfois agressifs, abandonnés à leur sort.

     

    Il y a aussi dans cette idéalisation de la pauvreté finalement un déni de notre humanité, l'incompréhension d'un pan entier de la foi chrétienne qui est l'Incarnation du Christ, Dieu fait homme et non pur esprit. Que si l'être humain est faillible, et très faillible, il est aussi capable de belles choses de temps à autre. Même si c'est rare, il est vrai.

     

    Sic Transit Gloria Mundi, Amen

     

    Amaury - Grandgil

     

    illustration empruntée ici

  • Où sont les pauvres ?

    Imprimer Pin it!

    société, pauvreté, économie, politique, amaury watremezAmi lecteur je te préviens, il y a peut-être un peu d'ironie de ci de là dans ce texte. J'aurais pu mettre des émoticônes pour t'aider à les trouver mais je préfère faire confiance à ton intelligence...

     

    La pauvreté n'a jamais été bien perçue par l'être humain, quelle que soit la société dans laquelle il vit, la latitude, la longitude. Être pauvre c'est risquer de crever de faim, de soif, cela fait donc peur aussi. Être pauvre fait honte forcément, on colle le « parent pauvre » en bout de table, parce que l'on veut être gentil, parce qu'il est de la famille, mais on ne veut pas trop le voir non ou qu'il risque de parler avec quelqu'un et d'ennuyer des invités plus chanceux. On compte les petites cuillères et les bouteilles à la fin du repas. On surveille ses poches, on ne sait jamais bien que les pauvres soient réputés avoir les poches crevées.

     

    C'est la raison pour laquelle on aime bien les pauvres exotiques même quand ils migrent pas loin de nos centre-villes, eux ne culpabilisent pas. On s'identifie plus difficilement à eux, donc leur pauvreté fait moins peur, voire elle paraît pittoresque. On les considère avec un peu de condescendance cependant.Et on évite d'aller vers eux de trop quand même car les pauvres ça sent mauvais n'est-il pas ? Les enfants des riches n'ont pas ces pudeurs quand ils vont acheter leur herbe en banlieue...

    Lire la suite

  • Contre la misère vraiment ?

    Imprimer Pin it!

    pauvreté, société, refus de la misère, Macron, gouvernements, réforme code du travail, amaury watremezLa pauvreté n'est pas un phénomène nouveau. Elle existe depuis toujours, et elle existera sans doute toujours. Il est cependant des périodes de l'histoire où l'on s'en inquiète plus que d'autres, où l'on fait preuve de plus de solidarité au nom de valeurs morales, religieuses, et, ou intellectuelles. Ou alors par « simple » humanité et bon sens. Je me souviens également de la Terre dite Sainte où dans les villes palestiniennes existait et existe toujours une maison d'accueil pour les plus fragiles leur offrant le gîte et le couvert, maison souvent financée par tous les autres habitants pas forcément beaucoup plus riches....

     

    ...Mais on me rétorquera qu'en France « cépapareil ».

     

    J'avais été également frappé dans les années 90 de tous les sans abris que l'on voyait sur les trottoirs, sous les voûtes d'entrée des immeubles de la rue de la Roquette, que les fêtards enjambaient avec indifférence. Alors que tous ces fêtards étaient pour la plupart ce que l'on n'appelait pas encore des « bobos », des bons bourgeois tous de « gôche »...

    Lire la suite

  • Le Paris des déglingués

    Imprimer Pin it!

    politique, SDF, société, paris, invisibles, pauvreté, hypocrisie, amaury watremez

    Sur Agoravox aussi

     

    S'il y a le Paris « bobo » et festiviste, le Paris-musée des touristes, celui des nantis, des très riches, il existe également le Paris des déglingués, une ville tentaculaire et « souterraine ». Ce sont des « invisibles » ou presque, des naufragés de l'existence, personne ou presque ne veut les voir. Ils n'intéressent pas grand-monde. Ce ne sont pas seulement des pauvres gens, ce ne sont pas seulement les « invisibles », les sans-abri, les clochards. Ils leur arrivent de manger à leur faim et d'être déglingué, cassé. Car parfois ils ont juste perdu l'esprit, l'aliénation a pris le dessus sur tout le reste. Ils sombrent, ils le savent, mais ils sombrent.

     

    Ils aimeraient bien que quelqu'un s'arrête et les écoute, prenne le temps de leur accorder un peu d'attention mais malheureusement ils ne savent plus comment l'on s'y prend pour discuter avec un autre être humain. Ils ont oublié. La lubie qui les obsède, leurs compulsions reviennent vite à l'assaut lors de leurs moments de lucidité sur eux-mêmes. Et celle-ci les rend tristes alors ils l'évitent le plus posssible.

     

    Je ne sais pas si ailleurs en France il y en a plus ou moins, si ce Paris des êtres abîmés est un privilège de la capitale, il n'y a hélas pas de statistiques. Je le pense car dans la « ville-Lumière », l'éclat des lampadaires est finalement le meilleur moyen de se cacher des ragots des « braves » gens, de leurs jugements péremptoires, de leurs commérages, de leur indifférence plus ou moins bienveillante envers les pauvres gens. Dans Paris, la personne seule ou abandonnée est plus anonyme. Elle a moins à subir les regards réprobateurs des passants, les réflexions moralisatrices des bonnes dames et des personnes honorables ou croyant l'être.

    Lire la suite

  • Chroniques du pays réel – Dans la rue

    Imprimer Pin it!

    politique, société, SDF, hypocrisie, chronique du pays réel, amaury watremez, pauvreté, précaritéLe but de ces chroniques n'est pas de dresser de mon aimable personne un portrait de saint de vitrail en creux en narrant par le menu mes bonnes actions. Beaucoup le font sur internet, à les entendre ils mériteraient la béatification immédiate et un brevet de civisme. Sur le réseau, tout le monde est courageux, généreux, plein d'esprit chevaleresque. Cela me rappelle toujours cette phrase de Kléber Haedens sur la vulgarité des bons sentiments cachant généralement beaucoup d'estime pour son nombril chez celui ou celle en faisant étalage...

     

    On s'étonne à lire toutes ces déclarations martiales et quasi-révolutionaires, ces exposés longs comme des jours sans pain de bonnes actions, que dans la vie réelle il y ait pourtant toujours autant de femmes voilées, de « barbus », de solitude, d'aliénation sociale, de pauvres à la rue....

     

    Et il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour deviner que ce texte va moins susciter le débat que la précédente chronique sur les deux harpies fanatisées rencontrées dans un train. Pourtant plutôt que d'attendre l'hiver et le premier mort de froid je préfère en parler maintenant en plein été, en pleines vacances...

    Lire la suite

  • Déplorer les effets chèrir les causes

    Imprimer Pin it!

    politique, hypocrisie, islam, société, pauvreté, bossuet, amaury watremez« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes » disait Bossuet. L'aveuglement des européens dans leur quasi majorité entre angélisme béat, masochisme mémoriel et haine de l'Islam illustre très bien cette phrase de « l'Aigle de Meaux ». Les élites continuent dans nos sociétés à chérir la mondialisation contre la souveraineté des peuples, les sociétés multiculturelles forcément plus libres et plus heureuses, une vision globalement marchande et toute économique de l'actualité, et à entretenir ce « Barnum consumériste » (TM°) du « présent perpétuel » dans lequel nous vivons depuis plusieurs décennies déjà afin d'oublier que l'Histoire n'est pas finie du tout en nous étourdissant de gadgets, de babioles nous encourageant dans notre narcissisme.

     

    Tristes ivresses toujours virtuelles...

     

    En 2016, 10%, voire moins, des habitants de cette planète profitent de 90%, voire plus, des richesses qu'elle peut produire, et les autres 90% d'êtres humains essaient tant bien que mal de vivre -difficilement- sur les 10% de richesses laissées par les précédents. Et pourtant ils sont encore nombreux, commentateurs distingués, éditorialistes médiatiques, simples citoyens, à se demander pourquoi l'Islam radicalisé autant recrute et pourquoi tant de rancoeurs et de colères demeurent à l'encontre des sociétés dites développées dans ce monde. Ces rancœurs sont largement entretenues d'ailleurs par la mondialisation - pourtant réputée heureuse - des communications et des échanges....

    Lire la suite

  • Les pauvres sont-ils cons ?

    Imprimer Pin it!

    G_170_6.JPGJ'écris cet article de ma somptueuse propriété d'Evreux à côté de laquelle les richesses de Tyr et Ninive, tout leur or, sont de la blague. La question du titre mérite d'être posée clairement, mais même en notre époque de darwinisme social avancé et de progrès progressiste en marche, certains ont encore d'étranges pudeurs hypocrites à le faire. J'attends avec une impatience non dissimulée les réactions les plus réjouissantes qui ne manqueront pas de tomber j'en suis certain quant à cet article sur ce blog, sur mon mail ou les réseaux dits sociaux...

     

    Pour se débarrasser des pauvres une bonne fois pour toutes, au moins des plus pauvres, nous avons une solution, nous pouvons les envoyer dans l'espace, nous en avons les moyens techniques. Le pauvre, du moins celui des pays en développement, ne pèse pas lourd, à compter une centaine par navette et une fréquence de tirs régulière, ce serait vite réglé. Hélas, du fait d'un pseudo humanisme dégoulinant persistant encore au cœur de certains êtres humains, y compris dans celui d'un « bankster » cynique, cette solution radicale est malheureusement encore inenvisageable.

     

    C'est dommage car le pauvre est désespérément d'une connerie affligeante, en effet, en été au lieu de passer ses vacances à la Costa del Sol, aux Barbades ou dans l'archipel hellène, voire de faire du tourisme « citoyen » ou « équitable », il préfère aller s'entasser avec ses enfants et sa femme, et parfois ses beaux-parents dans des campings ou dans des locations minuscules de la côte atlantique ou d'ailleurs. C'est alors une foule sordide de misérables qui envahit les plages, attifée de maillots de bain qui se sortent même pas des grandes maisons de couture française.

    N'ont-ils pas honte ? Ils ne sont même pas patriotes....

     

    Le pauvre a des ambitions navrantes, il voudrait avoir plus d'argent et ne plus avoir peur des fins de mois, il voudrait consommer exactement comme les riches. On me dira, en utilisant ce travers, des riches ont pu continuer à s'enrichir en faisant acheter aux pauvres des ersatz des voitures, des cuisines, des maison des populations aisées. Et même, des producteurs télévisuels, en faisant miroiter aux pauvres qu'ils pourraient devenir célèbres malgré leur affligeante banalité en leur montrant des crétins se faisant connaître pour aucun autre motif que l'on a vu leur bobine à la télévision.

     

    De grandes institutions se soucient du pauvre, ainsi l'Eglise et les représentants des autres grandes religions. A la messe catholique, le paroissien ayant les moyens entend parfois qu'il est plus facile à un riche de passer par le chas d'une aiguille que d'entrer dans le Royaume des Cieux, il écoute cela de l'oreille distraite qu'il convient car il sait très bien que c'est une sorte de consolation pour les pauvres.

     

    Le paroissien aisé prie souvent pour les pauvres, il lui est d'ailleurs facile de prier pour les pauvres qui sont loin, dans des pays exotiques, de souhaiter également beaucoup de bien pour ceux qui lui sont proches, ce qui ne signifie pas une seconde bien entendu qu'il est obligé de les aider. Le temps du riche est précieux, il n'a pas que ça à faire, et que connait de la vie moderne ce semi-clochard palestinien qui faisait souvent la fête avec ses amis ainsi qu'en témoignent les livres qui parlent de lui...

     

    Tout le monde sait bien que le pauvre est d'une exigence très souvent excentrique, on leur donne la main, et voilà qu'ils dévoreraient tout le bras, et il faut dire quand même qu'en France, les riches paient déjà bien assez d'impôts pour les pauvres, il ne faudrait quand même pas exagérer. La foi chrétienne, le paroissien catholique le sait bien, est en France une affaire privée, sorti de l'église, le bâtiment, il n'a aucune obligation « de facto » envers son prochain. Il a d'ailleurs été très content de l'élection du pape François qui fera le boulot à sa place car lui n'a pas que ça à faire.

     

    r-THE-CRITIC-PREDICTED-THE-FUTURE-large570.jpg?6Même à gauche, les politiques et les militants se sont lassés de se consacrer aux pauvres. On comprend cette lassitude, les pauvres n'écoutent pas les leçons de sagesse et d'équité sociale que les riches, de gauche, ce qui change tout, leur dispensent non sans générosité, et ne votent même pas comme il conviendrait. Quand on leur rappelle, ces ingrats, qu'il y a plus pauvre qu'eux, à savoir les pauvres « issus de la diversité » (TM°), ils s'en fichent, et quand des progrès sociétaux fondamentaux, comme le mariage homosexuel sont enfin proposés aux masses laborieuses, elles défilent dans le rue, soyons sérieux !

    Le pauvre est réellement pétri d'ingratitude....

     

    Il est donc normal que pour se protéger de cette ingratitude qui pousse le pauvre ou l'ancien pauvre à l'aigreur voire à un désir de revanche qu'il confond avec celui de justice, le riche se protège en confiant les postes importantes à ses enfants ou ses proches, d'aventure à ses conquêtes sexuelles s'il est bon prince, et ne mette pas ses enfants dans n'importe quelle école, ou ne leur fasse faire n'importe quelles études. Le riche oublie alors ses convictions car il sait très bien qu'il n'y a qu'une seule chose respectable en ces bas-monde moderne, avoir de l'argent et savoir le dépenser. Dieu du ciel, la plupart des gens, y compris les pauvres par extraordinaire, sont d'accord sur ce point...


    illustration du haut prise dans "les Poissart" de Tronchet sur ce site

    illustrations du bas prise sur ce site, et extraite de "profession critique", excellent sitcom animé des années 90


    Ce texte n'aurait pas été complet sans la réplique ci-dessous


    LA TRAVERSEE..."SALAUDS DE PAUVRES" par richardanthony

  • "Fantoches politiques"

    Imprimer Pin it!

    Cette citation du journal de Jules Renard livre mon sentiment quant aux beaux discours sur la pauvreté, aux sermons larmoyants sur la paix et la guerre, sur le partage, au discours vaguement humanitaire dominant, cachant à grand-peine l'égoïsme généralisé :

    Jules Renard - "Journal" (1887-1910) p 282 de l'édition Actes Sud/Babel

    "Et nous sommes tous des lâches, moi le premier, qui ne crie pas à Baüer, Mendès (Catulle) et La Jeunesse "Vous êtes tous des fantoches ridicules, et ce que Jean Roule crie aux politiciens dans la pièce de Mirbeau ("les mauvais bergers" créée en 1897), il vous le criera quelque jour. Il vous criera : " Vous vous foutez bien des ouvriers ! (des pauvres, des précaires...) Les députés ne nous donnent que des paroles, et, vous, si nous demandons du pain et de l'argent, vous nous donnez des articles mais c'est vous qui en touchez le prix ! [...] A bas tous, tous ! [...] le propriétaire qui se plaint tout le temps et qui n'est qu'un hypocrite (Jules Renard parle de lu...et des autres propriétairesi) [...]"

    En illustration portrait d'Octave MirbeauMirbeau.jpg