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  • Des génocides entre guillemets...

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    Le Pape François, célébrant une messe avec et pour les fidèles de rite arménien, a reconnu il y a quelques jours le génocide arménien, provoquant aussitôt la colère du gouvernement turc, pays du Proche Orient réputé laïc et modéré. Dans son allocution du 9 avril, pour le pape François qui le dit clairement le peuple arménien, premier à accueillir l’Évangile dans son ensemble, n’est pas seulement un peuple qui a été uni au Christ dans sa Passion, c’est un peuple de « ressuscités » dans le Christ. Dans des journaux habituellement soucieux des communautés et des ethnies comme par exemple « le Monde » (« le poids des mots, le choc des paupières » formule desprogienne bien heureuse rappelons le), on marcha ensuite sur des œufs, on fut très prudents en réponse.

     

    Génocide arménien, Foi, chrétiens orientaux, Pape, hypocrisie, faux culs, journalistes militants

    La plupart titre d'ailleurs sur le génocide arménien en le mettant entre guillemets ce qui induit une distance. On s'étonne après qu'il y ait pu y avoir des collabos enthousiastes et délateurs pendant la Seconde Guerre ! Ces journalistes entre guillemets ont juste la trouille de sentir le métal froid d'un canon de "kalash" sur leur nuque si un taré fanatique se sentait vexé du rappel du génocide arménien.

     

    Il ne se rend pas compte le Saint Père mais tout cela risquerait de faire monter le FN en France, de rappeler les z-heures les plus sombres de notre histoire et de stigmatiser une population d'une communauté essentiellement modérée. D'autres parlent de « polémique » (sur M6 Actualités) comme si le génocide arménien, doublé de celui des chrétiens assyriens, y prêtait alors que tous les historiens sérieux ne penseraient même pas à le remettre en question.... 

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  • Sur le Pape comme un fils à son père

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    4321371_68b1156-new.jpgimage site de "le Parisien.fr"

     

    Le Pape est comme un père pour les croyants catholiques, il est un homme qui marche à la suite du Christ et de Saint Pierre modèle de faiblesse humaine, reniant Jésus trois fois lors de la Nuit de la Passion. Un père console, protège ses enfants, entoure, leur apprend à discerner la Vérité, il peut aussi se tromper, et de manière filiale, avec beaucoup de respect et de délicatesse ses fils et ses filles peuvent lui dire qu'il s'égare sur des voies dangereuses sans pour autant le rejeter, par affection pour lui. C'est un père qui affirme une spiritualité solide, fondé sur du roc, dont l'époque aurait tant besoin, et non de la « bouillie pour chats » vaguement syncrétiste que l'on sert le plus souvent aux enfants ou aux adolescents au catéchisme ou dans les aumôneries.

     

    Car la Foi encourage à chercher la Vérité, et la Vérité rend libre comme le dit le Christ dans l’Évangile. La Vérité pour un catholique, ce n'est pas du sirop de guimauve, une tisane tièdasse dont le goût et les effluves ne sont pas trop fort, pour ne déranger personne surtout. Une bonne partie des croyants en Église ont un rapport étrange avec la Vérité, prétendant comme tout le monde qu'il y aurait autant de vérités qu'il y a d'individus, qu'elle est largement relativisable donc, il ne faut surtout pas juger, ou « culpabiliser », toute remise en doute raisonnable de certitudes parfois absconses étant considérée comme insupportable. Là encore c'est dans l’Évangile, les paroles du Christ sont comme un glaive, elles peuvent diviser les familles, les proches, séparer les amitiés, les amours. Fabrice Hadjaj, jeune philosophe chrétien, le rappelle aussi dans nombre de ses écrits.

     

    Les catholiques ne sont pas dans une obéissance absolue, leur religion n'est pas une religion de prescriptions, ils disposent de leur libre-arbitre tel que le définit Saint Thomas d'Aquin, de leur raison souvent méprisée bien à tort par tout un courant de l’Église actuelle, en particulier les Communautés dites nouvelles qui ne considèrent que le spiritualisant, un spiritualisant coupé du réel, coupé de l'Incarnation, coupé de l'humain et qui les amené parfois à la lisière des dérives sectaires. Ce n'est pourtant pas pour rien que le Christ s'incarne. Et puis cela les arrange bien finalement que le Pape François parle comme il l'a fait des homosexuels et de l'Europe, ayant comme beaucoup une peur bleue de ne plus faire partie du troupeau, de sortir du rang, d'aller à contre-courant, ce qui est moins confortable certes.

     

    Le Pape François est extrêmement populaire auprès des non-croyants et des croyants qui ont peur de nager à contre-courant, mon mauvais esprit m'inspire qu'il semble être pour eux ce « pape en phase » que Philippe Muray évoquait il y a quelques années, un Pape qui épouse les valeurs de son temps, qui parle de sexualité comme tout le monde et de politique comme il convient, un Pape à la catholicité moins prononcée, moins appuyée, moins gênante dans cette société libérale-libertaire. Je veux bien lui accorder le bénéfice du doute, mais il apparaît à première vue que nous l'ayons, ce « Pape en phase ».

     

    Quand le Pape François évoque cette ouverture aux homosexuels, cet accueil, il oublie, ceux qui lui ont inspiré ce discours également et ceux qui le reçoivent extasiés que c'est déjà le discours de l’Église depuis au moins Jean-Paul II. Rappelons aussi que les constructeurs et artistes ayant bâti et embelli Saint Pierre de Rome et le Vatican étaient tous homosexuels sans que cela n'ait jamais visiblement posé problème aux souverains pontifes de l'époque, sans parler de Julien Green ou de Jacques Maritain qui l'a évoqué dans sa correspondance, pressentis pour être les premiers laïcs revêtant la pourpre cardinalice au début du XXème siècle. C'est pour le moins maladroit et perçu par le public comme une reconnaissance de toutes les dérives sociétales dans le vent du progrès.

     

    Quand le Pape vante à Strasbourg la conception européenne des fondateurs de l'actuelle Union Européenne, il ne lui est donc pas évident que celle-ci a été fondée d'abord et avant tout sur des principes technocratiques et une conception hyper-libérale de l'économie qui n'ont rien à voir avec ce que nos ancêtres appelaient la Chrétienté. Alors certes Jean Monnet et Robert Schumann avaient des convictions catholiques mais je doute qu'elles soient intervenues grandement dans la mise en place du « Marché Commun » qui est aussi une réponse à une sollicitation du « plan Marshall ». Les paroles qu'il a prononcé légitiment cette Union Européenne fondé surtout sur l'iniquité et le dédain des peuples, ainsi qu'on l'a vu ne serait-ce que suite au référendum de 2005 sur le Traité Constitutionnel Européen et comment furent considérés ceux qui ont voté « Non ».

     

    Pour être honnête jusqu'au bout, ce Pape m'a agacé dés le début, avec cette insistance pénible sur la simplicité de ses chaussures, de son langage, et j'en passe, dans la veine de cet anti-intellectualisme pénible évoqué plus haut, comme si réfléchir était inutile aux chrétiens. Comme si cette forme très superficielle de "simplicité" était un gage de solidité spirituelle. Benoît XVI, moqué, haï, rejeté, calomnié, m'est à vue humaine infiniment plus sympathique, plus proche.

     

    Alors bien sûr, voir ci-dessous, comme monsieur Lochet, j'suis pas Pape et ma voix est toute petite...

     

  • Questions après une messe "tradi"

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    Messe_traditionnelle.jpgOn entend dans les médias :

    Benoît XVI a réintégré un évêque négationniste traditionaliste, le cardinal Williamson.

    Donc Benoît XVI est négationniste (finalement on retrouve là le lieu commun xénophobe qui veut qu'un allemand est une bouture de nazillon en puissance), donc, les « tradis » sont tous négationnistes et d'extrême-droite. A propos des considérations du Pape sur la sexualité, certains seraient étonnés de constater qu'il est rejoint sur plusieurs points par des féministes comme Elisabeth Badinter, Evelyne Sullereau, ou encore Catherine Millet et Sylviane Agacinsky.

    Alors que le cardinal n'est toujours pas réintégré, il est toujours « suspens a divinis » justement pour ses prises de position négationnistes.

    Hier je suis allé à une messe dite « tradi ». Je ne suis pas spécialement « tradi » ni progressiste mais comme on dit dans le Landerneau qui pense, cette messe « pose question »...

    A écouter les « on-dits »et les mises en garde des « gendebiens », je m'attendais à être mangé tout cru à l'entrée, à croiser quelque nostalgique du Troisième Reich en imper noir faisant le salut nazi, des « bécébégés » méprisants avec rang de perles et lodens (deux ou trois c'est tout), et puis, rien. Il n'y avait que des jeunes (moyenne d'âge à vue de nez 25 ans). Il n'y pas eu d'appel à la dictature, au fachiiisme ou au retour de l'Ordre moral et noir, ou à Vichy, le prêtre s'étant contenté de commenter l'Évangile : pas d'éloge du Maréchal Pétain ou de Charles Maurras. L'église était comble aux deux messes du dimanche matin. Les adultes s'occupent des jeunes enfants en leur expliquant patiemment les gestes du célébrant et leur signification. Le prêtre serre la main de tous ses paroissiens sans distinction de milieux.

    Systématiquement, ces « gens-là » seront stigmatisés à outrance, encore plus que les autres cathos, haïs et détestés, y compris par d'autres catholiques. Les paroissiens de l'église où j'assistais à la messe s'étaient d'abord vu refusé une autre église, ce qui avait été applaudi, ce qui témoigne en passant d'une conception étroite de la charité. Il est donc compréhensible qu'ils finissent pour quelques uns parfois par se radicaliser politiquement.

    Autre dimanche, la messe dominicale d'une cathédrale d'une ville moyenne de province : moyenne d'âge, 70 ans, beaucoup plus de « bécébégés » finalement, beaucoup de grandes et belles envolées lyriques mais sortis de la messe, beaucoup d'intentions très belles mais très vagues, un sermon qui ressemble comme deux gouttes d'eaux à un discours de candidate « Miss France », et chacun s'en va de son côté à la sortie. On ne se fréquente qu'entre représentants des mêmes professions ou des mêmes associations dont le « Rotary club » fortement représenté, on ne se mélange surtout pas. On se gargarise beaucoup, on se félicite d'être aussi ouverts d'esprit, d'aider autant les autres, de « les remettre debout », et puis on se contente surtout de parler, car finalement les vieux atavismes bourgeois sont toujours aussi vivaces car même quand on parle d'équité ou de justice, ou de droits de l'homme, personne ne songe réellement à œuvrer contre l'iniquité ou l'injustice.

  • Les athées sont-ils cons ?

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    Désolé pour ce titre, mais pourquoi ce serait toujours les mêmes qui aurait le droit à la provoc ? Je viens de lire ce texte de Charb qui reflète parfaitement à mon sens l'opinion que les anti-cathos en général ont du Pape en particulier et des chrétiens en globalité, je résume : les cathos ont le droit de pratiquer, de croire, il ne faut pas les juger, mais ce sont des abrutis de le faire. Par là on lira un article un peu plus raisonné et argumenté sur Benoît XVI par Philippe Sollers et Jean-Luc Marion, deux écrivains qui ne sont pas non plus des ultramontains.

    Benoit_XVI.jpgPremier mouvement : Je suis sûr que Charb a lu Pascal et qu'il a au moins entendu parler de son pari, car de toutes façons rationnellement il y a bien une chance sur deux que Dieu existe, il y a donc une possibilité que l'on ne peut exclure si l'on est capable de réfléchir, et si on lit les dernières études scientifiques parues dont Stephen Hawking, pas vraiment une grenouille de bénitier, on ne sait pas pourquoi le "Big bang" a eu lieu et ce qu'il y avait avant, c'est là qu'intervient l'hypothèse totalement raisonnable de Dieu. Ce qui montre aussi que foi et science ne sont pas du tout incompatibles c'est que toute la vie part des mêmes molècules carbonées (ou C.H.O.N), elle est même tout à fait compatible avec la théorie de l'Évolution (ainsi que l'a reconnu Jean-Paul II en 1996). Certains chrétiens, protestants pentecôtistes et catholiques parfois charismatiques, ont peur que la science mette en doute leurs croyances et il en est pour se borner à un interprétation littérale de l'Écriture, ce ne sont pas les seuls à avoir peur du savoir,( 80% des américains, 60% des français, pensent que le soleil tourne autour de la Terre ). Pourtant, la science peut être une louange de la création.

    Allegro : Ce qui gêne le plus dans le discours du Pape, et de l'Église, c'est son discours moral mais quel discours devrait-il avoir ? Le même que le reste de la société et des incroyants ? Les implications morales de la Foi sont logiques, mais ce ne sont pas des prescriptions arbitraires qu'il faut absolument suivre sous peine de damnation, sinon je ne vois pas ce que la femme adultère ou la samaritaine (je parle de la femme de Samarie qui avait eu 5 maris, pas du grand magasin : ah, ah, ah, suis-je spirituel ?) feraient dans l'Évangile. Cela n'empêche pas les dérives. Les couches les plus aisées de la société ne retiennent également de la foi que le discours moral et s'y cramponnent, ceci pour maintenir une apparence, un paravent d'honorabilité et la cohérence de leur groupe ; les autres pour s'y opposer et justifier leurs errances diverses. Mais personne ne dit que les chrétiens sont parfaits, puisque l'Église est humaine, son premier pape étant d'ailleurs un type lâche, matamore et hâbleur qui a su cependant se ressaisir. Je crois profondément que beaucoup de personnes qui reprochent au Pape son discours sur la morale se sentent finalement coupables de leur comportement, consciemment ou pas, ceux qui sont vraiment libres s'en fichent complètement, personnellement mais je ne suis pas le seul, je ne vouerai pas aux gémonies une personne qui veut coucher à droite à gauche, c'est son droit comme c'est mon droit aussi de dire que çà ne mène à rien, mais j'ai beau chercher de ce genre de personnes libres de toutes contraintes je n'en trouve pas, excepté Casanova au XVIIIème siècle. Par contre, surmonter ses pulsions afin de s'en libèrer et de ne plus y être soumis, ce n'est pas ce que proposent les philosophes depuis l'Antiquité et après ? Et puis, que ce soit en banlieue, ou ailleurs, la société actuelle n'a absolument besoin de personne pour être sexiste (dans beaucoup de jeunes et moins jeunes cervelles : jolie fille = salope, il suffit de zapper deux minutes, çà suffit, sur les émissions de téléréalité) ou réellement homophobe (l'insulte favorite des cours de récré, et de certains forums internet, étant "pédé ! Ah, l'pédé!").

    invalides.jpgModerato : L'ignorance n'est pas seulement du côté des catholiques fondamentalistes, elle l'est aussi du côté des catholiques dits progressistes ou des adversaires de l'Église. Parmi ceux qui sont croyants, on sombre dans un syncrétisme bordélique des trois religions monothéistes, "tu vois on a tous le même dieu, c'est génial, tu vois" ; c'est bien sûr complètement faux. Allah est un dieu abstrait, peut-être absent de l'univers visible, YVH également, Dieu est une personne pour les chrétiens. Et bien sûr, l'on feint d'ignorer la doctrine sociale de l'Église, de ces chrétiens qui nous disent de ne pas avoir peur de l'argent et de l'entreprise, que la bourse est un truc drôlement sympa, à ceux qui sont persuadés que l'Église est inféodée aux riches. Le problème, que les chrétiens devraient se rappeler aussi, c'est que la foi n'est pas une idéologie comme le montre cette citation de Jean-Paul II : "La religion doit être l'ultime recours de l'homme. Si la religion devient le recours exclusif, alors c'est la guerre des religions qui s'allume...Écoutez : quand vous êtes malade, vous appelez d'abord un médecin. Si vous appelez le curé, c'est que vous êtes certain de mourir...L'Église doit maintenir l'Éthique, la Morale, l'Espoir - sinon l'homme deviendrait fou à l'idée de la mort; il deviendrait fou de devoir sans cesse vivre avec cette idée. Mais si la religion reste seule, comme dernier rempart, face aux problèmes du monde, alors oui, c'est dramatique. Si ce que vous dîtes est vrai, il répond à Marek Halter, (que les grandes utopies laïques ont disparu laissant le champ libre aux religions). Si les grandes espérances laïques ont disparu, il faut cependant en dehors des églises qu'il subsiste une croyance en l'homme".

    laicite.jpgDa Capo : Bien évidemment, on va envoyer à la tête des catholiques la laïcité, celle qui voudrait que la religion reste une chose privée (donc que l'on n'en parle pas en public, qu'elle ne transparaisse pas pour ne pas trop déranger). Entre nous, c'est pour cela que le bouddhisme est de plus en plus prisé, du moins une certaine forme de bouddhisme que l'on réduit à une vague méthode de relaxation, deux ou trois clichés sur la paix et l'amour, et qui fait que surtout l'on ne remet pas en cause les iniquités du monde. Or, personne ne s'est ému de l'atteinte à la laïcité que constitue la réception du Dalaï Lama au sénat ou ailleurs. Pourquoi ? En quoi est-ce plus tolérable ?

    De la fenêtre du cyber-café où j'écris cette note, je viens de voir une jeune fille certainement musulmane très jolie remettre son voile sur ses cheveux, ce qui est une négation de la beauté du monde, de la beauté des corps, de la sienne propre, donc de Dieu. C'est triste une jeune fille qui fait çà, sous la pression de son entourage, parfois par bêtise, ce genre d'atteintes à la laïcité, on en voit de plus en plus, du presque anodin maintenant comme cette jeune fille jusqu'aux souffrances extrêmes comme l'excision ou les mariages forcés, curieusement cela personne ne le remet vraiment en cause invoquant qui des particularismes locaux, qui le respect ou la tolérance, de la connerie en l'occurence, cela s'appelle de la lâcheté en somme.