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nostalgie

  • L'âge d'or

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    société, politique, age d'or, amaury watremez, nostalgie

    Aussi sur Agoravox

     

    Qui sait ? Peut-être que nous vivions l'âge d'or et que nous ne le savions pas ? Que nous ne voulions pas le savoir ? Comme des enfants gâtés, nous voulions toujours plus. Nous trouvions insuffisantes nos libertés d'expression. Nous pleurnichions sur d'illusoires lendemains qui auraient chanté plus fort et mieux que les beaux jours que nous vivions. Nous fantasmions beaucoup sur notre propre destruction, pour nous rassurer, nous aimions bien imaginer toutes nos façons de mourir ou de nous détruire.

     

    Bien sûr, ce n'était pas l'âge d'or pour tout le monde. Il y a toujours eu des pauvres dans ce monde, il en existera hélas toujours à moins que la nature humaine ne se transforme d'un seul coup, que l'être humain ne le soit plus, humain, qu'il soit moins avide, moins égoïste.

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  • Les nouvelles de jeunesse de Truman Capote

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    à propos de « Mademoiselle Belle » de Truman Capote et autres nouvelles de jeunesse chez Bernard Grasset

     

    littérature, truman capote, nouvelles de jeunesse, société, nostalgie, amaury watremezIl avait été question de ce recueil à la fin d'un documentaire sur l'écrivain faisant suite au long-métrage évoquant la rédaction de « In cold blood » où il est incarné par Philip Seymour Hoffman. J'étais un peu sceptique, cela ressemblait fort à une tentative des ayant-droits afin de gagner encore un peu quelque argent, à de la marchandisation grossières. Comment des nouvelles rédigées par un gamin de onze ans pouvaient-elles être intéressantes ? Feuilletant le livre, je compris que même s'ils demeurent bien quelques scories, elles sont minimes. L'auteur met par exemple « première partie » au début d'un récit de douze pages, « deuxième partie » à la troisième page etc...

     

    Cependant, l'on retrouve déjà toute la puissance de son écriture, toute son empathie pour ses personnage, même une très vieille dame. Capote est trop souvent réduit à son personnage de ludion zézayant avec une voix de petit garçon n'ayant jamais mué, un homosexuel mondain et ragoteur distrayant les jolies femmes-trophées d'hommes « importants », en particulier Babs Pailey. Le même sort est généralement réservé à Oscar Wilde ramené à ses petites phrases spirituelles, ses provocations mondaines, ses amours interdites et on oublie soigneusement ses livres. Dans les deux cas, on oublie de fait la Littérature. C'est pourtant elle qui rend Capote réellement différent, tout comme Wilde.

     

    Et non leur homosexualité flamboyante et jamais camouflée pour Truman...

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  • Chroniques du pays réel – les courses de Noël

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    noèl, société, égoïsme, politique, fête matérialiste, nostalgie, amaury watremezNoël il y a encore quelques années avait encore un sens un petit peu spirituel pour la plupart des français. On allait à la « messe de Minuit », on attendait d'en être rentrés pour réveillonner et que les gosses ouvrent les cadeaux, quand il ne les ouvrait pas le lendemain matin. Se réjouir ensemble en partageant de bonnes choses, offrir des présents à ceux que l'on aime c'est une forme de louange toute aussi importante que la prière pour un croyant. Contrairement à ce que j'ai pu entendre au sein de certaines communautés dites nouvelles, ce n'est pas du matérialisme. Il y a des familles où l'on aimerait bien l'être juste un peu, à commencer par le soir de la Nativité.

     

    En 2016, Noël n'a plus aucune signification profonde, il s'agit de bouffer quitte à en être malade. « Qu'est-ce qu'on va se mettre, hein ! Nous on prévoit un vrai gueuleton avec du foie gras, des zuitres, et tout ! » se vantait un couple d'âge mûr face à moi dans le bus. Il s'agit d'avoir acheté à ses gosses tout ce qu'ils se doivent d'avoir dans leur chambre d'enfant décorée comme dans une pub.

     

    Je l'ai souvent entendu cette phrase bien grasse cet après-midi en me promenant dans Paris où tout était ouvert, c'est normal, nous sommes deux semaines avant Noël. Il faut bien que le commerce fasse du chiffre, et c'est la meilleure période de l'année. Car Noël n'est plus que cela, du commerce. Les personnes ressentent comme une quasi-obligation le fait de consommer, acheter, dépenser même si c'est progressivement interdit à tout ou partie de la classe dite moyenne de plus en plus précarisée et même si de plus en plus de monde fait les achats via le net. Et puis l'instinct grégaire est plus fort que tout le reste.

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  • Aux amis dont je n'ai pas sauvé la vie

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    politique, société, témoignage, solitude, nostalgie, amitié, amaury watremezCe n'est pas seulement mon scepticisme qui m'enjoint de ne pas croire et encore moins suivre les idéologies globalisantes. Faire mon bonheur contre mon gré et selon des modalités insupportables qui passent toujours par quelques massacres préliminaires n'est pas exactement ma tasse de thé. Mais c'est aussi l'expérience de la vie et de la tragédie qui m'encourage à être beaucoup plus méfiant si c'est possible envers toutes ces théories le plus souvent fumeuses, et aussi à détester encore un peu plus profondément cette époque tellement médiocre.

     

    Je suis loin d'être le seul à avoir perdu des proches dramatiquement. C'est même le lot commun de la plupart de mes semblables. Tout le monde subit de telles pertes. On continue pourtant à se croire très fort, plus que tout le monde, à se dire qu'on réussira à sauver ceux qui ne le veulent pas, qui sont déjà trop blessés pour être secourus, qui ont d'ores et déjà trébuché au fond de l'abîme. Personne n'est assez fort pour porter les souffrances des autres, leur joug. Et puis avant de sauver les autres, il conviendrait

    aussi de se sauver soi-même, de savoir raison garder.

     

    Mais la nature humaine est ainsi faite que l'on oublie tout cela constamment, moi le premier.

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  • Tous chiraquiens

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    politique, jacques chirac, société, présidents, France, nostalgie, histoire, amaury watremezDepuis quelques années déjà en France tout le monde se réclame du général de Gaulle y compris ses adversaires acharnés quand il était encore vivant. Ces héritiers se voulant gaullistes que le général ne reconnaîtrait sans doute pas devant notaire sont un peu comme les pigeons qui défèquent sur les statues du grand homme. Les volatiles se perchent sur les épaules de bronze du fondateur de la Vème République pour se protéger des prédateurs disent-ils. Mais ils ne voient cependant pas pourquoi celui-ci verrait un inconvénient à ce qu'ils fassent leurs besoins sur lui.

     

    Ils continuent cependant à roucouler comme si de rien n'était devant les micros se haussant tous du col pour garder le pouvoir coûte que coûte quitte à en passer pour tous les compromis, tous les renoncements.

     

    Depuis son malaise Jacques Chirac n'a que des amis, et moult disciples politiques, y compris à gauche. Tous ces pigeons attendent avec impatience de pouvoir se soulager sur ses statues. Chirac est soudain devenu un grand homme d’État. Tous ces pigeons pratiquent ainsi qu'il est coutume de nos jours une révérence littéralement abyssale, il ne faudrait surtout pas critiquer ni ironiser. On ne va certes pas moraliser, de grands hommes d’État ont profité de leur position pour faire fortune, se construire une collection d’œuvres d'art et que sais-je encore.

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  • Vingt-cinq ans que Gainsbourg a cané, classieux non ?

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    musique, gainsbourg, nostalgie, amaury watremez, toi tu sais de quoi je parleVingt-cinq ans que Gainsbourg a cané.

    Pas besoin d'en faire des caisses, restent les chansons...

    C'est suffisamment classieux comme ça.

    Ci-dessous deux chansons de lui que j'aime beaucoup, pour différentes raisons que je ne développerai pas...

     

  • La toute dernière aventure de Steed

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    Patrick MacNee est mort, avec lui c’est encore un pan d’un monde moins cynique qui disparaît…

     

    3034819689_1_2_sYeATDAb.jpgLe vieil homme était dans son salon à relire encore une fois un volume de Tennyson, son auteur préféré. La soirée était douce sous le ciel de Californie, au « Rancho Mirage », et au loin il entendait ses chevaux hennir de temps à autre. Soudain il entendit un bruit étrange, celui d’un coup de fouet déchirant l’air et juste après le vacarme de la porte d’entrée principale tombant au sol, cela lui disait quelque chose mais il n’arrivait pas à se souvenir quoi. Il reposa le livre qu’il lisait, encore ce bruit suivi de celui plus sourd d’un corps s’effondrant, celui de son infirmière supposa-t-il ! Et un pas lourd montant les marches de l’escalier menant vers la pièce où il se trouvait…

     

    …Un cybernaute ?

     

    Mais le docteur Armstrong était mort depuis longtemps  ainsi que toute sa parentèle connue des services de sa majesté. Le professeur Penrose était quant à lui enfermé dans un hôpital psychiatrique depuis plus de quarante ans. Il se dit qu’il était un vieil homme perdant la tête. Il s’apprêtait à reprendre sa lecture quand il se remémora l’étrange visite de cet homme tellement affable qu’il avait reçu il y a deux jours....

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  • Aux buffets des gares

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    A propos de « La nostalgie des buffets de gare » de Benoît Duteurtre chez Payot, collection « Manuels »

     

    littérature, société, nostalgie, paris, gares, benoit duteurtre, amaury watremezCe livre m’a rappelé des après-midi et des soirées entières passées avec toi qui te reconnaîtras sûrement au buffet de la Gare Saint Lazare, devant ses fenêtres en demi-lunes « art déco », ses décorations « nouilles » « début de siècle ». Je parlais, parlais, parlais comme le font tous les timides, il faut me pardonner, j’adorais te faire rire. Cela illuminait ton regard gris-clair, tes yeux « mauves » ainsi que l’on disait il y a longtemps. Nous nous prenions pour des personnages de film, nous rêvions de « virée tzigane », prendre le train de nuit pour n’importe où, fuir en direction d'une possibilité de « Sud », le nôtre bien sûr.

     

    Le train était encore une promesse de véritable « ailleurs », de retrouver au bout du voyage autre chose que les mêmes « non-lieux » si modernes et normés tous de la même manière, la décoration la plus indispensable y devenant la prise pour brancher sa babiole numérique, le souci le plus grave étant de savoir s’il y a ou non la « ouifie »…

     

    Au buffet du Buffet, si j’ose dire, l’on trouvait de tout, il y avait le « cloche » racontant pour la énième fois son histoire au garçon de salle en réclamant un sandwich au jambon sans beurre « passe que c’est moins cher » ainsi qu’il affirmait avec un clin d’œil. Il y avait le tourniquet à œufs durs sur le « zinc », les petites boîtes de « cacahouètes » dans les distributeurs à « cent balles » que personne ne se risquait à acheter. Et de temps en temps une vieille dame perdue avec son mari à une table en formica, tels des croquis de Dubout. Nous aimions observer ces petits gestes de tendresse qu’ont les vieux couples, fugaces et émouvants, quand tremblant un peu et rosissant comme des écoliers ils se prenaient un instant la main au-dessus de leurs consommations....

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  • Les pâtés et les fruits secs – les complexes de la bonne éducation

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    1311553-Honor%C3%A9_de_Balzac_les_Illusions_perdues.jpgPortant le même prénom qu'un des derniers rois latins de Jérusalem, ce que mon entourage suppose de ma personnalité et de mon éducation vient très vite. Je suis très rapidement qualifié de petit bourgeois, je suis un « héritier », et l'on me croit perdu dans un nuage intellectuel et spirituel largement au-dessus des autres. Cela suscite aussi la sottise d'assez nombreuses fois, le rejet, et permet aux imbéciles de se justifier de leur antipathie à mon égard, mon éducation les ramenant à leurs complexes. Car en plus je suis bien éduqué, cela dit je ne suis pas le seul, et ce n'est pas l'apanage des milieux aisés contrairement à tous les préjugés la liant à l'aisance matérielle, mais pourquoi devrais-je en avoir honte ?

     

    A chaque fois, pour m'empêcher de ressentir celle-ci, je songe à ces lignes de la « Comédie Humaine » découvertes au collège sur la différence entre les « pâtés » et les « fruits secs »...

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  • Piéton dans le Paris littéraire et historique

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    À propos de « l'Invention de Paris - il n'y a pas de pas perdus » de Eric Hazan en « Points Seuil »

     

    histoire, Paris, société, péquenots, nostalgie, littérature, eric hazan, amaury watremezOn dit d'un trésor qui est découvert qu'on « l'invente », Paris est « inventée » et « réinventée » chaque jour par celles et ceux qui aiment cette ville. Eric Hazan, éditeur curieux, écrivain, dans ce livre dense et extrêmement documenté, et agrémenté de citations de tous les écrivains ou presque ayant écrit sur la ville, se promène dans ce Paris littéraire et réel sans cesse « réinventé » au sens de redécouverte d'un trésor. Ce trésor est toujours là malgré les centaines de mètres carrés des immeubles plus ou moins abandonnés des « beaux » quartiers, de la « façadisation » odieuse (« maquiller » un bâtiment en ripolinant l'extérieur), de la « bobolisation » de nombreux endroits, malgré les putes de luxe et autres gigolos de salon....

     

    Il suffit de vouloir regarder dans la bonne direction, d'accepter de se perdre dans des rues encore préservées, il y en a encore, d'accepter d'oublier son ressentiment contre les « bourgeois pédagogues » transformant progressivement Pantruche en conservatoire à la fois social et culturel, en musée à ciel ouvert. Et bien sûr, ceux qui ne vont à Paris que pour baver à la fois d'envie et de rancœur, un peu comme ces Tartuffes l’œil rivé sur les trous de serrure des chambres des couples tout en ne perdant pas une miette de leurs ébats supposés ou réels tout en les qualifiant de pécheurs, les anathématisant et les jalousant maladivement dans le même temps, ne me comprendront pas.

     

    Cet ouvrage a pourtant failli faire partie de mes « pages 61 » : effectivement curieusement quand un bouquin me tombe des mains je l'abandonne toujours à la page 61. Il faut s'accrocher un peu afin de « rentrer » dedans du fait de la multiplication des notes de bas de pages ce qui en rend parfois la lecture un peu malséante. Et puis Paris, mon Paris, était bien loin quand je l'ai commencé, et je ne voulais pas éprouver le chagrin d'avoir perdu cette ville. Cela n'aurait pas servi à grand-chose. Ce livre me tombait des mains non pas par trop d'éloignement mais car il m'était trop proche, je suis aussi un de ces piétons de Paris en ayant arpenté les artères inlassablement...

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  • Manchette au cinéma

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    à propos de « les yeux de la momie », « Chroniques Cinéma » de Jean-Patrick Manchette chez « Rivages-Noir » (Payot)

     

    Je parle aussi de Manchette à ce lien

     

    cvt_Chroniques-cinema_8562.jpegJ'aime bien ce qu'écrit Manchette sur la Littérature, sur l’Écriture et maintenant aussi sur le Cinéma, ami lecteur, je n'y peux rien même s'il est, apparemment, aux antipodes de mes convictions et de ma foi. Je ne vais quand même pas m'en excuser. J'aime beaucoup son « Journal » où il raconte sa vie de lecteur et aussi d'écrivain, ses « petits boulots » de traducteur, toujours pris au sérieux cependant, ses relations avec le milieu déjà endogame de l’Édition, et irrigué par le copinage, à de rares exceptions, avec celui du cinéma et ses producteurs s'en foutant (du cinéma), à de rares et notables exceptions là aussi, songeant surtout au fric et au femmes que cela leur permet de se payer.

     

    D'aucuns le qualifient de « puceau hypokhâgneux » découvrant le polar en gros pour s'encanailler, d'autres le trouvent un peu trop à gauche pour leur goût. Sur la première objection, je ne vois pas trop pourquoi un diplômé n'aurait pas le droit de s'intéresser à la littérature dite « de Genre », sur le deuxième point, il savait en tout cas largement transcender ses opinions car ami, entre autres, avec ADG, un auteur plutôt à droite-droite. Et puis je me sentirais toujours plus proche d'un type ayant au moins des idéaux, un rêve en tête, fût-ce une utopie dont on sait ce qu'elles donnent généralement lorsqu'elles sont mis en pratique, au lieu que « des petits jeunes gens réalistes » ayant intériorisé le cynisme abject de ce monde....

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  • Tant qu'il y aura des hommes (et des femmes) pour tourner des films

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    cinéma,société,nostalgie,hommes,amaury watremezA propos de « Le cinéma infiltré » de Grover Lewis aux éditions Capricci (2015)

     

    Grover Lewis est du Sud profond, il écrivait dans « Rolling Stones » et avait exactement le même genre de personnalité que Hunter Thompson : un électron libre insolent, buvant sec, à la vie cabossée, se fichant des convenances sociales ou de sa réussite dans une société de larbins matérialistes ne songeant qu'à leur survie et rien d'autres. Sur la couverture de l'ouvrage l'éditeur, pour être certain que l'on ait bien compris le lien avec le « Gonzo » indique en sous-titre « Un nouveau journalisme », cela évoquant encore quelque chose même pour un lecteur régulier des « Z-inrocks ». On ne leur en voudra pas de faire dans la pédagogie en couverture de ce recueil d'articles et chroniques écrites entre 1971 et 1990.

     

    Il était indifférent aux adulations obligatoires, il voulait savoir de lui-même ce que les créateurs d'univers sur celluloïd avaient dans le ventre d'homme à homme, et il aimait profondément écrire, tout en étant aussi passionné de cinéma. C'est ma foi normal, si on aime vraiment la littérature on ne peut qu'aimer le cinéma. Je parle bien de cinéma ici ami lecteur, aller regarder un film dans une salle obscure avec d'autres, vibrer avec eux, manière de concrétiser la « caverne » de Platon en « widescreen » et son « Dolby »....

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  • Les cinquante ans de « l'Age d'or » des « Avengers »

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    Je sais bien que je m'arrange un peu avec la chronologie : 

    télévision, avengers, société, cinéma, amaury watremez, nostalgie

    « The Avengers », alias « Chapeau Melon et Bottes de cuir » en France, est né en fait en 1961. Au départ, Steed n'en était pas le héros, il n'était que l'acolyte d'un médecin, incarné par Ian Hendry, désirant venger sa 

    fiancée en s'en prenant à de méchants espions. Cela n'avait rien de bien réjouissant contrairement à ce que prétendent quelques « geeks » et « initiés heureux » ayant vu cette saison originelle aussi trépidante que 

    « les Cinq dernières minutes ».

     

    télévision, avengers, société, cinéma, amaury watremez, nostalgieL'idée d'une partenaire féminine aussi forte que le héros, indépendante et plus intelligente, ne commencera qu'à être exploitée timidement avec la deuxième saison, et ses quelques épisodes avec Cathy Gale, jouée par Honor Blackman, son personnage s’inspirant d'aventurières du XXème siècle comme Alexandra David-Néel ou Isabelle Eberhardt. Le tout était tournée « en direct » comme le « Doctor Who » de l'époque et en vidéo, sans aucuns extérieurs. Les scènes d'action manquaient singulièrement de rythme et il manquait le grain de folie « nonsensique » que Brian Clemens commençait cependant à instiller dans quelques scènes, « pour voir »....

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  • Les Femmes c'est du chinois...

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    musique, gainsbourg, société, politique, littérature, amaury watremez"Les femmes sont extrêmes : elles sont meilleures ou pires que les hommes".

    Jean de La Bruyère

     

    Je n'ai pas exactement un physique de séducteur, avouons le.

     

    Je ne serai jamais un « play boy », n'en tirant ni gloire ni honte, ce dont je me fiche éperdument. Je n'ai même pas besoin de prononcer un mot pour provoquer des éjaculations de sottise chez de nombreuses personnes. Dans notre monde, il serait logique de me voir me mettre en ménage avec une femme me ressemblant ou alors d'être un célibataire se rencognant dans son coin sans faire de vagues tel un héros houellebecquien.

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  • « Ça sert à quoi la littérature ? »

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    littérature,société,politique,nostalgie,hypocrisie,amaury watremezJ'ai souvent rappelé sur ce blog l'anecdote personnelle, frappante, vécue il y a quelques années, de l'imbécile répondant à ma question sur ses lectures après que j'eusse parlé de mes goûts en la matière :

     

    « Moi je ne lis pas de romans, je lis des livres « sérieux » ! »...*

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  • Mon ami Mehdi

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    Les immeubles de "la Grande Prairie", image empruntée là

    politique, Islam, Enfance, société, tristesse, nostalgie, amaury watremez

    Lorsque j'avais six ans, mes parents habitaient dans une cité HLM de banlieue parisienne à Chelles, la « Grande Prairie ». Les adultes n'y voient que des « cages à lapins », pour moi et mes copains de classe, c'était un « vert paradis ». Les parents nous faisaient confiance et le soir nous jouions dans le square entouré des immeubles. Un de mes meilleurs copains s'appelait alors Mehdi. Je me suis souvenu de lui ces derniers jours. Je l'aimais bien Mehdi, à l'époque déjà je détestais l'instinct grégaire, les jeux brutaux incompréhensibles pour moi sans être hostiles à mes camarades s'y adonnant.

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  • Vider l'océan...

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    image empruntée à ce blog

     

    On ne change pas de son enfance à l'âge adulte m'a un jour dit un sage, on garde les mêmes qualités, les mêmes défauts, les mêmes aspirations. Quand j'étais un petit garçon aux joues roses z-et duvetées, quand la mer montait et détruisait les fragiles châteaux de sable sur la plage, je m'évertuais à vider l'eau qui ruisselait dans les canaux et douves patiemment creusés, à écoper sans trêve, avec un minuscule arrosoir orange avec une jolie marguerite dessus. Et bien sûr je devais finir par renoncer de vider l'océan et vexé et frustré je rageais face à la mer. Ce n'était pas bien fait, je trouvais, en effet, la mer c'était fait pour se baigner dedans, longtemps, des heures si on voulait, mais pourquoi y-avait-il donc ces marées parfaitement stupides pour détruire les ouvrages d'art des gosses ?

     

    Tout cela n'était pas juste, mes parents avaient beau m'expliquer que c'était la lune qui provoquait les marées et que cela permettait à plusieurs espèces marines ou non de se nourrir ou de vivre, non c'était vraiment mal fait.

     

    Essayer sur ce blog que je ne vais pas qualifier de modeste, ce que je ne suis pas exactement sinon je ne considérerai pas que laisser ma prose sur le Réseau p et uisse présenter un intérêt pour les autres, de questionner sur la politique, la littérature ou tout autre sujet qui en vaille la peine, tenter d'être lucide et de toujours avoir l'esprit de dire ce qui est juste, cela revient finalement à tenter de vider l'océan. Les « grandes personnes » qui se prétendent indûment raisonnables s'en fichent après tout de ce qui l'est ou plutôt elles ne se soucient que de ce qui est bon pour leur petite personne, ce qui revêt à leurs yeux une importance fondamentale à l'exception de quelques cœurs généreux, très rares, qui se feraient tuer ou qui perdraient tout pour garantir le Bien Commun.

     

    Si les internautes, et les autres, peuvent soudain devenir plus lucides sur la personnalité d'un politique, ainsi notre président, François Hollande, j'attends avec impatience son numéro de kloune ce soir, ainsi que celui de Manuel Valls, et son orchestre, un peu plus tard, ils remplacent leur aveuglement sur l'un, ayant voté pour lui en 2012 je le rappelle, par un autre sur une autre personnalité politique toute aussi cynique, toute aussi opportuniste, les politiques sachant très bien en 2014 qu'ils ne sont à une ou deux exceptions que des employés du mois de la « mondialisation heureuse », des valets. Le bon peuple se cherche un « leader » qui le flatte dans son narcissisme et qui le console de sa médiocrité un peu aggravé chaque jour par trop d'émission d'« infotainement », trop de téléréalité, trop de gadgets électroniques parfaitement inutiles.

     

    C'est une grosse farce avec des ficelles pourtant éculées qu'ils jouent (bande d'éculés) chacun dans leur « emploi » comme au théâtre, les spectateurs-citoyens théoriques se laissant prendre volontairement par peur de perdre leurs conforts matériels et intellectuels :

     

    Hollande a des airs de cocu de vaudeville, petit rondouillard dégarni à lunettes, Sarko est l'amant dans le placard du pays, Valls l'ami du cocu qu'il trompe allègrement et qui finit avec sa femme à la fin de la pièce (du moins c'est ce qu'il aimerait), les autres sont des valets ou soubrettes de comédie. Marine le Pen serait la « mère tape dur » du « Guignol », celle qui leur fait peur et qui distribue les taloches...

     

    Bien sûr me diras-tu ami lecteur, toi qui est attentif et d'une grande finesse (oui je suis parfois obséquieux avec mes lecteurs), si ce blogue consiste à continuer de « vider l'océan » et est si vain, pourquoi continuer à écrire et pondre quasiment quotidiennement des articles ? Je ne te ferai pas l'injure d'évoquer le fait que selon le cliché bien connu les « ruisseaux font les grandes rivières ». Et que de temps en temps cela fait tout simplement du bien d'être lucide sur soi. Sauf que bien souvent l'individu moderne, encore moins que ses prédécesseurs, ne veut pas être lucide sur lui, il croit que l'image qu'il essaie parfois en vain de donner de son nombril sur le Réseau, que ce soit sur les forums ou réseaux dits sociaux, c'est sa vraie personnalité, ses complexes le rendant généralement hargneux lorsqu'il arrive au bout de ses argumentaires généralement très pauvres en réflexion mais riches en clichetons.

     

    Hélas...

     

     

    Et s'opposer à cette sottise d'une banalité abjecte, ce n'est plus seulement vider l'océan c'est la Tour Eiffel qui décolle, les montagnes qui se déplacent car on leur ordonne, bref c'est sans espoir.

  • L'abjecte anodinerie reine d'Internet

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    Les forums de discussions politiques passionnées ne concernent finalement que très peu d'internautes, on y retrouve d'ailleurs souvent les mêmes intervenants ou le même genre d'intervenants. Ceux de droite sont bien souvent des « sans-dents » précaires exprimant leur colère, parfois maladroitement, ceux de gauche montrent, dans leur majorité, que l'on s'ennuie visiblement beaucoup dans les maisons de retraite conventionnées MGEN (la mutuelle des profs) et que l'on a besoin de se défouler pour cette raison. Quand le lecteur attentif creuse un peu, il s'aperçoit que les opinions qui y sont étalées sont la plupart du temps très superficielles, peu raisonnées servant à donner une image flatteuse de soi, ou celle qui est perçue comme flatteuse par telle ou telle « communauté » de « têtes creuses ».

     

    image empruntée là

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    Les personnes ayant vraiment des idées issues d'une construction intellectuelle personnelle, argumentée, sont rarissimes. Celles ayant l'ambition de voir à long terme, un peu plus loin que le bout de leur nez, encore plus. Généralement l'argumentaire lambda sur le réseau s'arrête vite et se finit en échange d'injures « décomplexées », d'autant plus violentes que l'interlocuteur est virtuel et que la plupart sont persuadés, se méprenant, que leur anonymat est inviolable sur le Web, insultes également des plus stéréotypées consistant à traiter un intervenant de droite de « facho » par exemple et un de gauche de « bolcho » alors que généralement le premier n'est pas forcément de droite et le deuxième pas exactement de gauche.

     

    Ces discussions enflammées, ces diatribes se voulant définitives, ces grandes déclarations grandiloquentes font d'ailleurs bien rire à mon avis les gouvernants et les responsables politiques et économiques car pendant que le peuple se déchire ils continuent à mieux protéger les intérêts matériels de leur petite clique. Et ces échanges ne débouchent bien souvent sur rien dans la vie quotidienne, chacun s'en tenant bien docilement, voire servilement au rôle social qui lui a été assigné, restant sagement dans sa case pour survivre, ne supportant pas que d'autres tentent de se libérer de cet arbitraire par leurs dons, leur engagement personnel, par l'écriture, le dessin, la musique, que sais-je encore ?

     

    Des prétentieux pour la grande majorité du troupeau, des empêcheurs de se soumettre comme on l'entend, des indociles vaniteux.

     

    Ce qui intéresse en grande majorité l'internaute, ce qu'il retient de l'information, ce sont généralement les pires « anodineries » (conneries anodines) possibles : telle « vedette » de téléréalité a grossi de deux kilos, telle autre a subi de la chirurgie esthétique, tel imbécile décérébré qui présente une émission « d'infotainement » a été surpris à prendre de la « coke » en « boîte » (quelle surprise en effet !), telle présentatrice de Journal Télévisé avait les larmes aux yeux en évoquant un mignon chtit chaton aux yeux tellement émouvants maltraité par son maître sur « facebook », info distillée, reprise et commentée jusqu'à plus soif par les « fécebouquiens », telle bécasse a dit un « gros » mot à la télévision (Q, bite, couilles, con, merde, putain, Attali...) telle journaliste ne portait pas de soutien-gorge à l'antenne et mon dieu ma « bonne dame » c'était choquant, telle stââr s'est fait voler ses photos « intimes » sur son « claoude » (on s'étonne souvent que ça choque car ces stââârs ont souvent montré à l'écran ou ailleurs auparavant abondamment tout ou partie de leur anatomie) etc...

     

     

    Je ne sais pas toi ami lecteur, qui incline plus à l'indulgence que moi, mais je suis toujours effaré par le nombre de commentaires sous les pires anodineries, c'est à celui qui balancera le plus de lieux communs, de clichés, de préjugés, et là encore sans aucun complexe, c'est à qui sera le plus conformiste, comme si c'était un concours en somme. Je me suis toujours demandé si ce zèle à se fondre dans la masse ne naît pas de la volonté de montrer à quel point l'on est servile afin de pouvoir continuer à bénéficier encore un petit peu, avant l'abîme, des miettes matérielles que les vrais tenants du pouvoir nous laissent encore, à « hurler avec les loups » pour continuer à survivre en somme comme des rats, ou des bousiers, comme des esclaves affirmant leur joie mauvaise de voir puni à leur place celui ou celle qui ose s'élever contre cela.

  • Modiano -toujours- comme dans un dessin de Pierre le Tan

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    littérature, patrick modiano, amaury watremez, société, époque, nostalgieillustration par l'auteur de l'article

     

    J'ai parlé de Pierre le Tan, illustrateur des couvertures « Folio » des romans de l'auteur maintenant « nobélisé », en espérant qu'il n'ait pas été « chaptalisé » par ce prix. Pierre le Tan était un parfait complément de l'écriture de l'écrivain, ses dessins reflétant parfaitement l'atmosphère des livres de Modiano, leur âme. Oser parler d'âme à notre époque est une sorte de provocation, j'en ai conscience, mais je n'ai pas peur, et tant pis pour les cuistres qui croiront y déceler quelque chose d'inavouable. Que Modiano ait reçu le prix Nobel de Littérature est une heureuse surprise, un pied de nez moral de ces messieurs aux convenances littéraires, de celles qui couronnent un auteur qui défend des « causes » importantes, qui ne fait pas, lui, de littérature.

     

    Tu ne m'en voudras pas fidèle lecteur, je crois que j'ai déjà employé ce titre, mais je ne fais pas de recyclage, je suis un citoyen soucieux de développement durable. Ce texte d'ailleurs consomme très peu d'équivalent carbone. Je connais Modiano depuis l'enfance, ma mère le lisait toujours avec attention dans le train de banlieue que nous prenions régulièrement, et lorsque l'on le voyait à la télévision, ce qui arrivait souvent dans les années 70 et 80, il nous était intimé nous ses enfants d'être attentifs à cet homme dont les mots se bousculaient un peu mais ce qu'il disait finalement dépassait toujours la cime des immeubles des grands boulevards. Modiano était un peu de la famille, il est né dans le IXème arrondissement comme ma mère, ainsi que d'autres auteurs, Marcel Aymé par exemple, l'auteur de « Clérambard » étant un genre de grand oncle, de fantôme familier, avec Antoine Blondin et d'autres.

     

    Je ne sais pas si tu as remarqué ami lecteur mais les écrivains de talent sont tous pour la plupart des infatigables piétons de Paris, en plus d'être marqués par leur enfance et les blessures qu'ils ont vécues lors de cette période. Patrick Modiano est de ceux-là, ainsi que Bernard Frank ou Marcel Aymé, et d'autres. Alors, certes, il écrit toujours le même livre, où il cherche son père, ou un père, mais l'on aime sa petite musique, sa manière bien à lui de s'exprimer. Quand le Nobel de Littérature avait couronné Le Clézio, cet auteur pour jeunes filles de gauches romanesques, cela ne m'avait pas surpris, Le Clézio est un écrivain pour cours d'éducation civique, sur la diversité et la richesse des cultures exotiques, excepté son remarquable texte sur le désert. Modiano a des soucis de petit bourgeois hédoniste réactionnaire, pour reprendre la formule « ad hoc », il aime la beauté des avenues bourgeoises, des immeubles en pierre de taille et de leurs cariatides toujours silencieuses sous le ciel parfois un peu gris.

     

    Notre époque préfère les cieux toujours bleus, ripolinés, des cieux couleur piscine comme dans une publicité pour détergent ou un film crétin censé faire rêver le brouteur de « pop-corn » (TM°). Les « modernes » se font des villes et de la ville un peu plus ville que les autres qu'est Paris, la même idée que les inspirateurs de la « Révolution Nationale » de Vichy, la ville est corruptrice pour les purs esprits et les petits garçons bien élevés par leur maman, dans la nature l'homme est meilleur, sa nature est moins vile alors que les Tropiques aussi peuvent être bien tristes également. Exposer sans honte son amour de Paris, de ses artères, de sa vie nocturne, de sa population c'est encore maintenant risquer l'excommunication immédiate, l'anathème sans autre forme de procès, l'on se doit de ne louer que l'état de nature, le vert, le naturel, la ville ne pouvant être qu'artificielle. Les « modernes » ne peuvent donc comprendre Modiano et ses personnages qui aiment à se perdre « rue des boutiques obscures » ou feuilleter des heures durant des livres dans des librairies ouvertes toute la nuit ainsi qu'il l'évoque dans « dans le café de la jeunesse perdue ».

     

     

    Adulte, j'ai un peu perdu de vue Modiano quelques temps, comme on perd de vue quand on mûrit un oncle que l'on chérissait pendant son enfance. Sans doute n'étais-je pas assez mût pour goûter ses errances et celles de ses créations de papier dans les rues parisiennes. Je l'ai redécouvert quand il a écrit son livre sur Maurice Sachs, son « père » fantasmé, ce type complexe, homosexuel futile et fêtard, auteur de faux journaux des « années folles » (« Au temps du bœuf sur le toit » a longtemps été pris pour une autobiographie ce qu'il n'est pas), écrivain dilettante néanmoins brillant et au style ciselé, mari d'une épouse trop riche, trafiquant louche avec les nazis qui finiront par l'assassiner après l'avoir martyrisé au sens strict du terme. Sachs rappelle si on l'avait oublié que l'être humain n'a l'âme ni noire ni blanche, on y perçoit plutôt une infinité de nuances de gris (et je ne fais pas allusion ici à « l'histoire d'O » « light » pour ménagères dépressives qui vient de remporter un succès de librairie énorme, hélas...). Je me suis alors replongé dans les courts romans de Modiano, il m'est apparu comme un proche, un de ceux que l'on peut ne pas voir pendant des années et retrouver un jour en ayant l'impression de s'être quittés la veille, de ceux avec qui l'on s'est fâchés « pour la vie » et à qui l'on a juste envie de faire l'accolade lorsqu'on les revoit.

  • L'Odyssée revisitée en manière d'autofiction

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    Ulysse ne venait pas d'Ithaque, cette seigneurie minuscule, rurale, provinciale, il était de la cité des achéens sur le continent, la grande cité turbulente qui faisait peur aux paysans de l'Olympe. Ils avaient peur d'y être pervertis. Il ne se sentait bien qu'à cet endroit, il était chez lui dans chacune de ses rues, de ses ruelles, il était familier de chacun de ses monuments, mais l'ancien roi d'Ithaque son père en était parti avec son épouse, la reine, c'était la première fois qu'il s'était senti déraciné.

     

    image de Circé prise ici

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    Ulysse n'avait aucune envie de rentrer à Ithaque, son royaume, après avoir combattu à Troie, il se perdit volontairement dans un archipel d'îles inconnues et réputées dangereuses, dont celle de Circé, une enchanteresse qui ressemblait beaucoup à son épouse, Pénélope. Elle transformait les hommes en porcs baveux pour se rassurer sur ses capacités de séduction, et la plupart des hommes, pour la plupart des métrosexuels, étaient ravis de la métamorphose qui était pour eux une forme de régression confortable. Plus rien d'autres à faire que de se rouler dans la fange avec délices sans se sentir redevables de quelque morale ou devoirs envers les autres...

     

    La magicienne cherchait quelqu'un qui soit pour elle à la fois un amant et un père. Circé ne sait ce qu'elle veut, c'est une chieuse, ils se disputent, Ulysse qui ne s'était pas transformé, il voulait que Circé l'aime pour lui, décide de rompre et ce qui arrange les porcs qui nombreux dans l'île soutiennent leur maîtresse défaillante sans faillir quant à eux.

     

    Ulysse sur son bateau a une nostalgie infinie de Circé, elle lui manque, il la voit dans toutes les femmes. Il essaie d'aller vivre chez les lotophages mais cela ne change rien, il n'oublie rien, pire encore le guerrier fringuant qu'il était perd de sa superbe, il grossit démesurément de par la culpabilité qu'il ressent, il porte tous les malheurs du mondes, il se met hors de la vie. Il finit par aborder au hasard sur une plage de sable très blanc sous un soleil radieux de Méditerranée.

     

    Il y trouve Calypso, une nymphe très brune, aux yeux tout noirs, qui se prélassait là, un peu ronde avec des boucles brunes, des « accroche-cœurs » désuets. Elle l'aime de tendres sentiments, elle est beaucoup moins compliquée que Circé dont elle mime les manières pour continuer à plaire à Ulysse qui ne voit qu'elle l'aime vraiment. Calypso regardera le vaisseau s'éloigner, elle se dira qu'il vaut mieux qu'elle se marie avec un brave berger des montagnes, il lui fera un enfant, mais elle finira par rester seule. Ulysse avait retrouvé son Ithaque et une Pénélope, mais il ne le savait pas.

     

    Ulysse a peur d'abuser de la situation alors qu'il aurait simplement pu la vivre, Calypso est une nymphe fragile. Il repart très loin au Sud, il veut se perdre chez les perses, il est persuadé que quelqu'un l'attendra toujours à Ithaque. Il est persuadé que tout le monde pense à lui, qu'il est au centre des attentions. Il aime sa tristesse et son malheur, il ne veut pas en sortir. Elles lui sont confortables, il s'y laisse aller comme les suidés de Circé dans leur bauge.

     

    Quand il retourne finalement chez lui, contraint et forcé, il sait qu'il n'est pas le bienvenu, que la vie de ses vassaux, de sa cour, de ses proches a continué sans lui. Il se sent encore coupable de tous les maux arrivés durant son absence. Il devient le jouet de son palais, n'ose plus prendre aucune décision mais il finit par vouloir repartir, il va sur l'île de Circé mais elle n'est plus là depuis longtemps même si chaque paysage évoque pour lui un souvenir amoureux. Il retrouve la plage de Calypso, mais il ne la voit qu'au loin alors qu'elle est dans son palais avec son enfant. Elle le regarde et il voit comme elle est triste mais elle détourne malgré tout les yeux car elle sait qu'il ne saurait pas l'aimer...

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    image de Calypso prise là

    Égaré dans un quartier de la grande cité de son enfance qu'il ne reconnaît plus alors qu'il y a pourtant vécu, il rencontre une femme qui a les mêmes tourments que Circé, qui veut lui ressembler, mais qui n'est qu'une fille de Roi qui aime à se faire passer pour libéral envers son peuple parce qu'il se désintéresse d'elle et qui ne songerait pas à partager son trésor royal. Elle ne transforme pas les hommes en porcs, mais les pousse à se haïr pour se sentir exister, et le pire est qu'ils se laissent avoir, qu'ils ont l'impression de compter, d'être des princes charmants alors qu'ils n'étaient que des prétextes pour son égoïsme.

     

    Il voit bien qu'elle ne l'aime pas. Il la désire et se sent au bord de l'abîme. Il est persuadé qu'il est déjà mort, et qu'il est dans un Hadès intermédiaire, un Hadès personnel. Il croit qu'il est déjà dans le gouffre, dans une des gueules de l'Hydre. Il n'est jamais vraiment revenu à Ithaque, il s'est perdu quelque part sur le chemin de retour et souffre, il veut revivre mais il est trop tard pour s'autoriser à être heureux ne serait-ce qu'un moment. Les Parques ont déjà tissé leurs fils, il ne peut défaire leur ouvrage où est-ce Zeus qui lui refuse le bonheur, ou plus simplement lui-même qui se l'interdit, il ne sait...

  • Mais qu'arrive-t-il aux parisiennes ?

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    Un peu de futilité... (photo prise sur ce blog "hippie chic")

    politique, société, paris, parisiennes, nostalgie, Amaury WatremezLes idéologues se prenant au sérieux, les imbéciles se contentant de distiller leur vulgate et seulement cela, persuadés qu'elle apportera au genre humain bonheur et félicité même malgré lui et contre son gré, ne comprennent pas que les maux d'une société ou d'une système de pensée ne se voient pas dans les grands principes, les bonnes intentions mais sur les marges, dans les petits détails, tout ce qui paraît futile aux sots singeant la gravité qui est comme le disait Nitche qui n'a pas écrit que des conneries sur le surhomme (je parle de son fameux « manuel de cuisine sur-calorique pour les esprits forts » en vente dans toutes les bonnes librairies) est le bonheur des abrutis.

     

    Je sais ami lecteur, j'aurais pu te parler aujourd'hui de sujets sérieux, profonds, t'entretenir de tout ce qui ne va pas dans ce monde sans queue ni tête mais est-ce le soleil qui semble être toujours au plus haut de midi comme dans la nouvelle de Pierre Gripari (s'appelant justement « Midi ») ? Est-ce cette langueur qui me vient quand il fait chaud, me ramenant instantanément en Terre Sainte, sur la grand-place de Jéricho ou à Nafourah non loin de la porte de Jaffa à Jérusalem, au « kheif », « l'art de ne rien faire » ? Mais il me semble alors que ce qui manque à cette société c'est justement ce que les sots disent être futile, sans importance, léger. La modernité a besoin de légèreté, elle est souvent bien trop lourde et bien trop premier degré.

     

    Et pourtant, ce qui arrive aux parisiennes est, bien qu'une inquiétude légère, j'entends bien, des plus inquiétants ami lecteur. C'est un peu comme le manque de vin dans un repas, ainsi que le rappelait les deux auteurs de « anthologie de l'ivresse », excellent ouvrage, la phrase la plus dramatique au début de l’Évangile, c'est ainsi que la vie publique du Christ commence, c'est « ils n'ont plus de vin mon fils ».

     

    Mercredi soir, alors que je me laissais aller à un petite ballade dans les rues de Paris, dans un des quartiers que je préfère, vers la Madeleine, j'ai senti passer au-dessus de moi comme l'aile d'une cruelle désillusion. Avant les jolies parisiennes, pléonasme, jetaient de temps en temps un coup d’œil amusé à leur amoureux d'une seconde' admirant leur féminité fugacement et parfois lançait une œillade sur l'air du "suivez moi jeune homme", il y avait un petit jeu très agréable qui même s'il ne durait jamais des heures ensoleillait toute la journée de l'homme sensible à la beauté, maintenant ces âmes perdues ont, presque toutes, le "smartefône" collé aux oreilles ou vissé à la paume des mains, textotant comme des folles à la terrasse des cafés avec la grâce d'épileptiques stressés comme si leur vie en dépendait.

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    Auparavant, elles trouvaient très amusant d'aller manger un « falafel » trop gras dans le Sentier, de se retrouver dans un « bistro » des Halles à l'ancienne à trinquer en jupe droite et talons avec des prolos ou des oiseaux de nuit un peu louche, elles ne voyaient pas d'inconvénients à boire du bon vin au comptoir d'un rade obscur derrière une grande artère du Faubourg Saint-Antoine tenu par une ancienne arpenteuse du bitume. Rappelons que les artères de Paris le sont au sens propre car malgré tout, malgré le festivisme, malgré le pognon roi dans de nombreux quartiers il y a encore à Paris un cœur qui bat, charriant un sang puissant.

     

    Elles étaient à leur aise au « Soleil » de Ménilmontant, Ménilmuche à se laisser lutiner, gentiment, par des algériens ou des marocains. Elles n'avaient pas de préjugés et ne sentaient pas obligés d'obéir aux diktats sociaux. Les parisiennes étaient partout chez elles, s'étourdir quelques instants méritait bien un ou deux accrocs à des bas « couture ». Et ces différents genre d'ivresses étant autant de voyages, ils méritaient bien des petits sacrifices avant de reprendre le dernier métro, se haussant pieds nus sur la pointe des pieds pour donner un dernier baiser sur le quai sentant l'ozone sous le regard d'une « cloche » que cela émouvait paternellement quelques instants.

     

    Et parfois, quand il n'y avait plus de place dans les restaurants et trop de monde dans les cafés elles ne rechignaient pas à s'asseoir sous l'abri bienvenu d'une porte cochère goûtant la poésie du moment et de la rue. Maintenant, les parisiennes veulent de la nourriture « healthy », elles font toutes « attention » à leur ligne, sont toujours trop grosses alors que beaucoup déjà squelettiques et plus ou moins anorexiques obéissent aux admonestations sadiques de « designers » de mode qui haïssent les femmes. Elles continuent à aimer l'élégance mais ont maintenant des prétentions elles aussi au développement durable et au commerce équitable dans la mode. Et comme beaucoup elles ont en tête des mirages anglo-saxons.

     

     

    Et pourtant, pourtant, je les aime encore ces parisiennes, surtout quand derrière le personnage qu'elles se construisent patiemment, je perçois la petite fille qu'elles étaient, leur enfance, leur authenticité, une expression ne serait-ce qu'une, bien à elles. Et je garde espoir...

     

    image ci-dessus prise ici

  • La nostalgie camarade... Amaury Watremez

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    Gainsbourg et Anne Karina, image prise ici

    Aujourd'hui je déménageai un piano, j'ai songé en le faisant à la chanson de Gainsbourg, « le charleston des déménageurs de piano », coïncidence, c'était le jour anniversaire de sa mort. Gainsbourg était le tonton alcoolique qui dit des gros mots que l'on invitait à la télévision giscardienne pour faire rougir les dames et rire les messieurs, et amuser les enfants qui reconnaissaient en lui l'un des leurs, un gamin de Montmartre, de « Paris-Pantruche », où l'on dit « son fait au nanti, sa fatuité au bourgeois, sa sottise au pontifiant » dixit « Forain », un autre gosse de la « Butte », un peintre, comme Gainsbourg...

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  • Ballade dans Paris bis

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    photos,société,paris,nostalgieUn deuxième montage sur Paris de photos toutes personnelles, sur deux chansons de Gainsbourg, quelques souvenirs, et un zeste de nostalgie...

     

    Merci de votre indulgence pour les deux premiers, le réalisateur novice prend de l'assurance et sème ici un autre caillou blanc en quelque sorte.

     

    La place des Victoires a pour moi un parfum d'enfance, et la promenade vers Montparnasse et la place Clichy me rappellent le fantôme de ma "Johnny-Jane". 

     

  • Les rues de Paris - montage de photos personnelles

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    Un petit montage photo d'un vidéaste novice mais enthousiaste...

    Toutes les photos sont de moi, à l'exception de celle montrant les escaliers der la Butte qui sont du site "titeparisienne"...

     

    En espérant votre indulgence... 

  • Fuir à Vermilion Sands...

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    A propos du recueil "Vermilion Sands"' chez Tristram

    littérature,science-fiction,ballard,nostalgie,sud,ailleursVermilion Sands n'existe pas, du moins pas encore ou pas à ma connaissance, on ne sait même pas si c'est sur la planète Terre, cela pourrait tout aussi bien se situer sur un astre lointain. Près de Vermilion Sands, le voyageur peut aller prendre un verre à Red Beach, chasser à Lagoon West, sculpter les nuages à Coral D. Pour ma part, je le situe vers le Sud, mais pas le Sud géographique bien entendu, celui des rêves et de la nostalgie d'être humains moins soumis qui à l'argent, qui à des gadgets parfaitement inutiles, qui à la haine, qui à des théories parfaitement absconses car imposant un bonheur arbitraire sans demander leur avis à ceux à qui l'on souhaite l'imposer.

     

    C'est une station balnéaire à mi-chemin entre Saint Tropez, la Riviera, la Floride, Brighton, Hollywood et Portmeirion peuplée d'excentriques, d'artistes, de fous, de rêveurs et d'idéalistes déçus en recherche de solitude. Ballard la décrit et en raconte les histoires les plus marquantes dans un recueil de nouvelles paru en 1975 aux défuntes éditions Opta que tous les amateurs de Science Fiction connaissent bien et réédité en janvier 2013 chez Tristram.

     

    L'auteur y évoque des raies volantes, mélancoliques, des maisons vivantes, ou « psychotroniques » et littéralement hantées par les émotions de leurs anciens propriétaires, émotions dont elles gardent la mémoire, de poètes qui utilisent un « verséthiseur » IBM pour écrire leurs vers, de fleurs chantantes cultivées en serres, et qui réapprendront à écrire. Un milliardaire se fait construire un labyrinthe dont il est impossible de sortir, se perdant dans les architectures de toute l'histoire du monde ; des palais vénitiens, des temples bouddhistes, des châteaux de la Loire en réduction.

     

    Un couple en vue fait l'acquisition d'une sculpture dont les arceaux continuent de grandir tout en reproduisant des morceaux de musique comme joués par des orchetres symphoniques. Ballard y raconte les tourments d'un écrivain raté d'une ancienne couturière célèbre, d'une cantatrice qui vient se cacher à Vermilion Sands, mais de quoi ?

     

    Le lecteur ne sait pas comment fonctionne un verséthiseur, il ne sait pas vraiment comment se cultivent les fleurs chanteuses, il ignore comment l'on peut construire une sculpture qui se met à reproduire toute la musique humaine, en particulier les « romantiques » dont Grieg. On ne sait pas comment les hommes sont arrivés ici et par quel moyen de transport, et même si l'on parle de temps à autres d'astronefs, c'est l'air de rien.

     

    Et ce n'est absolument pas le plus important dans ces histoires de Vermilion Sands. Cette absence de précisions explicites, comme dans les romans et nouvelles de Philip K. Dick, est d'ailleurs parfaite car elle éloignera de Ballard les esprits obtus et fermés à ce qui est de la Science-Fiction poétique, dans la mouvance de Ray Bradbury en somme. C'est aussi de la Science-Fiction introspective qui interroge sur ce qui fait notre humanité en des temps aussi tristes et mornes que les nôtres qui l'haïssent.

     

    Dans le monde des nouvelles de Ballard, Vermilion Sands est tout d'abord un endroit à la mode où l'on se rend depuis une période qui semble une « parenthèse enchantée » de l'Humanité, « l'Intercalaire », pendant laquelle rien n'a été interdit et pendant laquelle les écrivains, les poètes, les musiciens n'ont jamais été aussi créatifs. Les vedettes, les hommes et femmes d'affaires, les héritiers et héritières finissent par s'en aller et laisser progressivement la place à des marginaux en quête d'un lieu où leur marginalité n'est pas un problème, leur marginalité naissant surtout de leur refus de la norme, de la standardisation des esprits. Et puis même eux devront partir, car l'humanité « nouvelle » sera beaucoup plus dure envers toute personne ayant des vélléités d'indépendance, envers l'art et les créateurs de formes et d'univers considérés comme fous...

     

     

    Je me sens chez moi à Vermilion Sands, et toi, ami lecteur, y viendrais tu ?

  • Y-a-t-il des handicapés du cœur sur Facebook (TM°) ?

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     Tous les vendredis, en descendant de la gare de ma bonne ville d'Évreux, je passe devant un foyer de personnes handicapées, et à chaque fois, je dis bonjour à E. un jeune homme 2012112350aed4f398906-0-478959.jpgmince et un peu dégingandé souriant de toutes ses dents, des lunettes épaisses sur le nez, vraisemblablement débile léger, qui se mettant à sa fenêtre dit bonjour à tous les passants qui passent devant lui en faisant de grands signes des bras, des moulinets très larges pour attirer l'attention.

     

    Je lui demande des nouvelles, ce qu'il a fait la semaine. Je suis un de ses « habitués ». Il m'a dit qu'il n'avait pas le droit de sortir, car il se ferait du mal et qu'il est un peu triste et que c'est pour ça qu'il a envie de parler avec les gens dans la rue.

     

    Il fait comme sur Facebook (TM°) pour se faire des amis, mais dans la « vie réelle », je ne suis pas certain d'ailleurs qu'il connaisse le réseau social, il « poke » et dit bonjour à tout le monde mais se heurte quand même souvent à des murs réels ceux-là et non virtuels. Il faut dire aussi à la décharge des passants qu'il n'a pas le physique ou l'attitude modeste d'un handicapé « comme il faut », tels qu'on en voit dans les médias au moment du « Télécon » (TM°) ou autres manifestations lacrymales de festivisme pseudo-caritatif à alibi que l'on nous ressert avec des gros sabots, voire des semelles orthopédiques.

     

    D'aucuns parmi les passants sont des personnes importantes, merde quoi !, des gens affairés, qui sont dans des conversations de haute volée sur leur « smartfône » ou bien plongés dans de profondes méditations spirituelles de retour d'un grand magasin ou d'une officine spécialisée en téléphones dits portables « dernier cri ». Ils ont déjà des centaines d'amis sur « Facebook » et tous les jours ils ont des dizaines de SMS à envoyer à leur réseau via leurs substituts masturbatoires que sont leurs téléphones...

     

    Ceux-là qui ne sont rien d'autres que des croquants et des croquantes se sentent toujours agressés par les tonitruants « salut » de E., ils réagissent souvent avec l'absence de finesse et d'élégance caractérisant ce genre d'individus dont le vernis craque vite. Sous le personnage mis en valeur virtuellement et dans la vie, sous le « louque » ostentatoire apparaît bien vite apparaît bien vite le connard bien ordinaire :

     

    « Qu'est-ce qu'il veut ce débile ? » ou « Je le connais même pas ce taré ! ».

     

    Un soir, l'un d'eux, un "jeune" "issu de la diversité" se croyant encore plus malin et voulant récupérer devant ses copains son prestige terni par les interpellations de E. lui lança :

     

    "Qu'est-ce que tu veux taré ? Descend me voir si t'es un homme ?!"

     

    E. a alors fermé sa fenêtre et son sourire,  a éteint la lumière de sa chambre ce qui a paru satisfaire la bouture de milicien qui s'est retourné triomphalement vers ses copains, les "checkant" (c'est du langage "djeuns" ami lecteur, une sorte d'accolade). Les mêmes dans d'autres circonstances seront les premiers à dénoncer l'ostracisation qu'ils subiraient, mais il n'y a bien que celle-là, au moins pour ces "jeunes", qui les intéressent...

     

    Certains parmi les plus abjects le prennent en photo sur leur « ailfône » afin de le mettre sur leur « statut » Facebook (TM°) ensuite. A coup sûr, cela fera rire -grassement- leurs « friends » qui « likeront » l'image auant qu'ils peuvent. E. s'en fout d'être pris en photo, ils ne voient pas le mal, ne distinguent pas les attentions malveillantes des croquants et des croquantes qui se moquent de lui. Les mêmes au moment du « Télécon » (TM°) pleurnichent et participent aux « actions », également parfois par envie de passer à la téloche car ces « bonnes actions » sont bien entendu filmées afin de laisser croire aux croquants et croquantes qu'ils sont des personnes intéressantes.

     

    photo, résidents du foyer François Morel (photo du 23/11/2012 sur Paris Normandie)

  • Les chansons de cinéma dont je ne dirai pas pourquoi je les aime

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    Il y a des chansons dont moi seul sait pourquoi je les aime, et une ou deux personnes de plus.

    La première c'est "la Seine" de "M" et Vanessa Paradis.

    Pourquoi en parler sur un blog devant tous les passants alors me dira-t-on ?

    Parce que. Voilà.

    Le cinéma c'est comme les livres, un truc existentiel que l'on ne peut quantifier, cela notre société ne peut pas comprendre...

  • Libération des femmes et mini-jupes

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    Ami lecteur, je précise que je n'ai rien contre les mini-jupes, au contraire, c'est une initiative civique de développement durable puisque incitant à consommer moins de tissu., l'article  parle d'autre chose tu l'auras compris.. J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce vêtement...


    Dans le bus en face de moi, une jeune fille debout fait tomber son billet par terre par inadvertance. Elle ne sait pas trop comment faire pour le ramasser, c'est délicat, elle regarde autour d'elle en rougissant, elle est vêtue d'une mini-jupe très mini et de bas résille « fantaisie » émoustillant, elle vient de réaliser et se demande visiblement intérieurement ce qu'il lui a pris de s'habiller comme ça ce matin, et il faut qu'elle s'agenouille pour opérer.

     

    Elle s'accroupit progressivement et le plus lentement possible en tirant inutilement sur sa jupe devant ce qui a pour effet de la raccourcir un peu plus derrière. Ce n'est pas sa faute pense-t-elle, elle est obligée de s'habiller comme ça, pour "être comme les autres", ressembler à une "star" du porno montée en graine, "comme les autres", et les "vedettes" du genre ayant réussi leur reconversion en animation d'"entertainement" décérébrée. Je ramasse alors le billet rapidement à sa place et le lui donne, ce qui la fait rougir jusqu'aux oreilles. Elle bredouille un remerciement, piquant de nouveau un fard, et rajuste nerveusement sa tenue, le regard un peu perdu, qui est celui de la plupart des jeunes filles aujourd'hui, notons le, et qui comme la société libérale-libertaire actuelle, sont perdues dans le spectacle permanent et navrant destiné à consoler le citoyen consommateur de la vacuité des valeurs.

     

    Pour se donner une contenance, elle sort son « smartefône », bien sûr de la marque qu'il convient, et le tripote jusqu'à la station comme toutes les filles de la génération qui est la sienne. Elle regarde ailleurs, évitant soigneusement de croiser les yeux des personnes qui l'entourent, en particulier les miens. Elle regarde à plusieurs reprises son écran, sourit, lève les yeux au ciel ou soupire montrant ses réactions de manière un rien exagérée pour bien souligner, espère-t-elle, son appartenance à un réseau d'amis qui comme elle sont systématiquement reliés par la technique moderne (c'est bô) et qui possèdent tous le même genre de simulacre de tétine électronique permettant d'éviter de rencontrer véritablement l'autre et donc par là même de mûrir un peu...

     

    A la station où elle descend, elle retrouve un garçon qui porte l'« uniforme » qui convient : mèche « choucroutée », « djinn » très moulant, « Tennis » avec la bonne signature. Il étreint la jeune fille de manière très marquée ainsi qu'il l'a vu faire dans les émissions dites de « téléréalité » ou de divertissement qu'il regarde, spectacles donnant le « la » de la sensiblerie sur-affective dont il faut absolument faire preuve afin transformer la moindre « anodinerie » que l'on fait ou que l'on prononce une « aventure ».

     

    L'« anodinerie » grâce aux mânes du progrès progressiste peut être très vite mondialisée, monter à 36000 kilomètres d'altitude, jaillir jusque la stratosphère, et redescendre sans effort à destination du monde entier laissant croire au pékin lambda que la possibilité d'universaliser sa sottise le rend plus intelligent et surtout plus remarquable au sein du troupeau, et le consoler de son isolement du fait de la destruction méthodique et systématique de ce qui le reliait encore un peu aux autres il y a quelques années : la famille, le quartier, l'idée de morale commune etc...

     

    Toutes choses conchiées et rejetées par les élites « kipensent », souvent autant « d'idiots utiles » du « tout économique » qui exerce le vrai pouvoir, dans les « poubelles de l'histoire » pour « réaction » et nostalgie inavouée des fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°).

     

    Toutes choses qui sont à l'origine du regard perdu, paumé, de ces jeunes filles.

     

    Il la tripote un peu partout avec la douceur et la grâce d'un pithécanthrope sou acides en la regardant avec ce qu'il pense être un air de tension sexuelle tellement séduisant, comme dans une pub pour déodorants bon marché « pour hommes », et elle prend une pose extatique rejetant la tête en arrière (pour dix secondes après « l'extase » rajuster de nouveau inutilement sa mini-jupe alors que son copain cherche un truc dans son sac et qu'il a la tête ailleurs).

     

    Et moi je détourne le regard presque malgré moi et c'est mon tour de me sentir un peu perdu dans ce monde aussi faux, aussi dur, aussi triste...


    Je ne suis pas vraiment toujours fan de Groland mais la vidéo à ce lien dit beaucoup de choses...


    image prise ici

  • Les films de mes amoureuses

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    "Jules et Jim" je l'ai vu avec C. qui croyait que j'étais Jules et qu'elle était Catherine, elle marchait sur le rebord des parapets au dessus de la Seine, en équilibre entre deux hommes comme dans le film.

     

    Nous étions allés à l'Action Christine, et ensuite elle m'avait quitté après une virée chez Berthillon derrière Notre Dame, un truc de petit bourgeois hédoniste et réactionnaire, tu ne pourras pas pas comprendre ami lecteur issu d'une société spectaculaire et un rien grotesque.

     

    "Pas de printemps pour Marnie" je l'ai vu avec E. qui était censée travailler pour le lendemain un exposé sur l'Espagne du XVIème siècle, que nous terminâmes dans le train de banlieue nous emmenant vers Nanterre. C'était une soirée de printemps, une nuit claire, tu voulais absolument que je regarde cet Hitchcock jusqu'au bout. Peut-être parce qu'il constituait une réponse à ton énigme, à ton sourire et ton regard gris-bleu tellement triste.

    J'aurais tellement voulu te consoler mais je n'y suis jamais arrivé...


    Jules et Jim (François Truffaut) - Bande annonce par lostinthiswhirlpool


    Pas de printemps pour Marnie - Trailer par enricogay

  • Le petit Nicolas en 2050

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    En hommage à Goscinny et Sempé

     

    image2.pngKan nou saume arivez dan la klass, nou zavon été ain peu étaunné kar lat métressent olografiqk été étainte é la plasse ile yaveh unes viaille dameh d'o moin trante anz mé ge nœud sui pa sure kar gé du anlevé mé lunétes 3D é ge né pa labitudent deux voar san.

     

    « Pour des raisons de commodités de lecture évidentes, nous ne garderons pas l'orthographe en vigueur en 2050 et continueront avec celle qui fait encore un tout petit peu autorité en 2013. »

     

    La dame qui était là avait des lunettes qui n'étaient même pas électroniques, il y avait des plaques transparentes bizarres comme dans les anciennes voitures que j'avais vues au musée. Le maître-maîtresse holographique était désactivé aujourd'hui nous dit-elle, mais je savais que ce n'était pas exactement la vérité car il y avait un gros marteau sur le mur et des morceaux de plastique partout. Elle n'avait pas de combinaison grise comme tous les adultes doivent en porter et était vêtue d'une robe, alors que nous avions appris que c'était un signe d'oppression des femmes. Nous étions en plus un peu déçus car il n'y aurait pas la publicité pour les ordinateurs injectables « Google-Vivendi » avant la leçon.

     

    Alceste, mon copain qui est en surpoids subi parce que du fait de ses problèmes de psyché parental il mange souvent des « burgers » super-vitaminés du laboratoire Monsanto, dit que lui il s'en fichait car comme ça il allait pouvoir compenser ses frustrations en absorbant un peu de glucides décompensés en intraveineuse, qu'il avait toujours sur lui heureusement. Le maître-maitresse holographique nous rappelait souvent qu'il ne fallait pas condamner Alceste, qu'il fallait qu'il aille jusqu'au bout de son holo-thérapie qui avait commencé alors que les techniciens du laboratoire de naissance l'avaient sorti de la couveuse collective.

     

    Agnan décida de brancher directement sur sa prise USB qu'il avait dans la nuque le câble du projecteur holographique, il est fou Agnan ! Mais il dit qu'il était en retard sur son apprentissage de compétences transversales en savoir-être avec le genre qui n'était pas le sien. Agnan, il arrivait que nous aurions voulu le lui dire qu'il était un guignol mais nous aurions été envoyés immédiatement en rééducation virtuelle et nous ne voulions pas le stigmatiser de son appartenance à la communauté des super-geeks sur-adaptés dotés d'un QI social et cognitif au-dessus de la moyenne.

     

    La dame qui était là nous dit qu'aujourd'hui nous allions faire un peu d'orthographe et lire quelques pages d'un livre. Elle sortit alors d'un grand sac qu'elle avait amené un vrai livre en papier, ce qui était formellement interdit depuis les lois sur-écologiques de 2023. Elle nous proposa de le regarder et quand nous l'avons touché, nous avons ressenti quelque chose de spécial qui nous donna envie de regarder ce qui était écrit, mais c'était très difficile à lire car nous ne comprenions plus l'orthographe qui étai dedans. Depuis 2037, l'orthographe était considérée de toutes façons comme coercitive et oppressive et les maîtres-maîtresses holographiques n'en parlaient plus, et envoyaient des décharges électriques non létales aux apprenants-élèves qui en parlaient.

     

    La dame avait amené une plaque toute noire qui ressemblait à une tablette informatique qui aurait « boguée », un I-pad 32 Z (TM°) ou une Samsung 64 S (TM°). La plaque était entourée d'une matière dont elle nous dit que c'était du « bois ». Et pour écrire dessus, elle avait des petits morceaux tout ronds et tout blancs qu'elle appela « craie ». Nos « smartphones » greffés dans nos paumes se mirent tous à sonner en même temps, la dame nous dit que nous devions nous dépêcher car bientôt sa leçon allait être terminée. Elle traça sur la plaque toute noire des « lettres » qu'elle nous montra et demanda à Maixent qui regardait les cheveux de la dame, elle n'était pas rasée comme tout le monde devait l'être, pour rester neutre, de faire comme elle. Il fit une grimace et il essaya quand même.

     

    7d99ec1e39nico.jpgEt il sourit, et il dit que c'était « rigolo ». Il montra à tout le monde la lettre qu'il avait dessinée, un « a ». Mais déjà nous entendions les moteurs des roues uniques des « pédagoflics » qui firent irruption dans notre espace collectif d'apprentissage des savoirs communs (la dame appelait ça une classe) et ils proposèrent à la dame de l'emmener car manifestement elle était très malade pour désobéir à tant de choses. Elle dit « non » mais ils lui firent une injection de sédatifs et elle disparut.

     

    Les « pédagoflics » avaient ramené un autre projecteur holographique qu'ils branchèrent sur nos prises neurales mais nous étions un peu triste pour certains d'entre nous, pas tous, surtout Alceste, moi, Maixent, Clotaire et Joachim. Agnan lui était très content, il demanda à un des « pédagoflics » s'il pouvait aller une semaine en cube d'isolement pour être rééduqué car il avait peur d'être contaminé par les mauvaises pensées de la dame.

     

    Il est fou Agnan !


    image du haut empruntée ici

    image du bas prise là