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nazisme

  • Les recycleurs de mémoire

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    politique, nazisme, histoire, société, hypocrisie, bien pensants, amaury watremezL'auteur de ces lignes, à savoir mézigue, ne nie pas l'importance de connaître son histoire, ne nie pas non plus une seconde le tragique de la Shoah. Mais celle-ci devient le prétexte un peu facile pour faire taire toute remise en cause ne serait-ce qu'embryonnaire du système et de sa doxa. Sans peur du point godwin, elles est assimilée avec beaucoup de mauvaise foi à une réactualisation du nazisme, une resucée des ordres noirs. C'est systématique et cela sans aucune peur du ridicule qui fort heureusement ne tue pas sinon ce serait une hécatombe sans nom...

     

    Il y a des salisseurs de mémoire évoqués par maître Folace dans "les Tontons flingueurs" et il y a les recycleurs de mémoire. Depuis le 8 mai 1945 le nazisme est sans cesse ressassé, recyclé, réutilisé pour faire taire toute tentative de contradiction de l'époque. Toute personne qui s'essaie à la critique de la bonne parole risque l'assimilation aux nazis, à Hitler. Les négationnistes eux-mêmes ainsi que les "antisionistes" participent de la blague permettant à cette dynamique somme toute mortifère de s'entretenir. Ils autorisent en effet les recycleurs à continuer d'y aller franco, ils peuvent ainsi dire :

     

    "Vous voyez bien que le devoir de mémoire est indispensable  certains nostalgiques (des fameuses "z-heures les plus sombres..." le remettant en question".

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  • Hitler = SS

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    A propos du « manga » « Hitler » aux éditions Cornélius de Shigeru Mizuki

     

    album-cover-large-14358.jpgPour parler du nazisme et d'Hitler, sujets qui fascinent encore de nos jours les auteurs, les historiens, les individus, dans la masse de livres qui y sont consacrés on distingue plusieurs manières de faire :

     

    En faire un monstre en dehors de l'espèce humaine, ce qui est la manière la plus répandue, le point de vue psychanalytique et introspectif comme dans « Maus », qui fait des nazis et des juifs deux espèces différentes ce qui selon moi est un non-sens, l'évoquer avec un humour « hénaurme » et une extrême dérision comme dans « Hitler = SS » de Jean-Marie Gourio et Vuillemin, album d'ailleurs interdit, essayer d'en rire comme dans « la Vie est belle » de Begnini que l'on peut trouver un tant soit peu indécent au final et ce malgré les bonnes intentions.

     

    Et enfin, la plus dérangeante des manières d'écrire dessus, comme dans ce manga, en parler comme d'un être humain qui a laissé sa part d'horreur et de mal prendre le dessus dans son esprit. C'est la plus dérangeante car pour les personnes vivant en 2013 et s'imaginant être au nadir de la civilisation du fait des progrès techniques de notre monde c'est très déstabilisant de voir que cette part d'horreur et ce mal qu'Hitler a laissé croître et se développer et qu'il a communiquée à tout un peuple, son peuple, nous l'avons tous en nous ; mais nous sommes excessivement peu à en être conscients.

     

    Mizuki évoque les différents visages d'Hitler qui n'était pas du tout non plus la marionnette des grands groupes industriels que l'on en a fait également, qui l'ont aidé certes à accéder au pouvoir par peur de perdre ne serait-ce qu'une partie de leurs dividendes. L'auteur montre bien l'humanité d'un des grands criminels de l'Histoire, son ascension progressive vers ce qu'il pensait être un destin presque cosmique. Il faut s'adapter au style particulier des images et bien entendu de la lecture de la droite vers la gauche, mais ce style est en cohérence avec l'intention de l'auteur qui offre ici une méditation sur l'humanité du « Führer », sa folie et la folie collective allemande des années 30, plus qu'une biographie didactique et informelle.

     

    Un autre aspect extrêmement dérangeant de cette vie et du nazisme est aussi que l'on en retrouve des aspects dans notre société si avancée, ainsi l'obsession quasiment pathologique de la transparence et du contrôle des corps et des esprits, ainsi les mouvements de masse où la minorité n'est plus rien, ainsi ce rejet constaté un peu partout sur le Net de la différence de pensée, de vie, d'expression et du hors-norme, parfois au nom des meilleures intentions là encore, qui sont deux des caractéristiques des régimes totalitaires. Le rêve humide des nazis les plus radicaux s'y trouve là réalisé pleinement et accepté par la majorité des personnes dans notre monde et sur les réseaux informatiques.

    hitler=ss.jpg

    Il n'y a même pas eu besoin de l'accession au pouvoir d'un Hitler.

     

    D'autres aspects célébrés par les nazis sont également complètement intégrés et réalisés dans notre société dite libérale-libertaire. Hannah Arendt disait avec pertinence que le nazisme ne faisait somme toute qu'exacerber des tendances latentes déjà à l’œuvre dans le libéralisme et dans la plupart des idéologies. L'eugénisme, la suppression des plus faibles, des « inutiles », des vieux, des malades, des handicapés, le darwinisme social sont devenus parfaitement tolérables dans notre monde, et là encore au nom d'une idée complètement délirante du bien collectif qui méprise la liberté individuelle.

     

    Qui les remet en question parmi les intellectuels « kipensent » et que l'on écoute en France maintenant ? Quasiment personne.

     

    Mais hélas, nous vivons dans une période où personne ne souhaite vraiment être dérangé dans des certitudes bien confortables, des certitudes qui ne changent rien aux questions soulevées et aux réponses apportées.


    couverture prise ici

    la couverture de Hitler = SS prise sur le site de la bédéthèque