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muray

  • Billet d'été : haro sur les bermudistes

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    bermuda.jpgEn été il est d'usage de traiter des sujets plus légers, moins prise de tête, ce qui permet généralement à nos gouvernements déjà depuis longtemps de passer en loucedé des lois et décrets qui susciteraient des tollés abominables à d'autres moments de l'année. Je m'étonne que personne ne songe à traiter du thème gravissime des porteurs adultes de bermudas, j'ai nommé les « bermudistes ».

     

    Il est devenu d'usage pour des hommes adultes, majeurs et vaccinés depuis quelques années déjà quand il fait un peu chaud de se mettre en bermuda et polo ou ticheurte pastel, à motifs enfantins voire infantiles, bref de s'habiller en gamins de douze ans retrouvant sans doute ainsi ce qu'ils pensent être l'innocence idéalisée de leur pré-adolescence pré-pubertaire.

     

    (voir illustration ci-contre, photo de l'auteur).

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  • Muray e(s)t Céline

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    Philippe Muray « Céline » collection Tel chez Gallimard

     

    celine_denoel.jpgCe que je vais écrire ici va peut-être scandaliser un ou deux gardiens du temple murayen (muray-esque ? Muraiy-iste ?) mais je n'en ai cure. Ils sont un certain nombre à utiliser cet écrivain comme alibi pour se justifier d'être de droite ou réac, s'en sentant encore coupables en somme. Et puis tu le sais ami lecteur, j'adore titiller ce genre de lecteurs sur ses certitudes. Le livre sur Céline de Philippe Muray est certainement le livre que j'ai préféré lire de cet auteur. Tout ce qu'il dit plus tard dans « Festivus, festivus » ou « Chers djihadistes » y est déjà, clairement écrit ou en filigranes, et l'ouvrage a un élan et une ampleur autrement plus impressionnants. Ses textes pamphlétaires, pour toute personne dotée d'un minimum de lucidité, donnent un peu tous le sentiment de « déjà vu » et sont à côté de cette étude beaucoup plus tièdes.

     

    Il ne fait pas qu'y évoquer la contribution de Céline à la Littérature : thèse, antithèse foutaise et le cul de la crémière ; sa prose va ici beaucoup plus loin démontrant également que si écrire est une occupation parfaitement futile, arrogante, orgueilleuse et lire un plaisir en voie de disparition de petit bourgeois hédoniste et réactionnaire, il n'en reste pas moins qu'elles peuvent devenir pour qui sait les apprécier à leur juste valeur des enjeux réellement existentiels permettant de dire toute la sottise, la complexité et la Beauté du monde tout en même temps. Cette complexité du monde est insupportable à la plupart de mes contemporains, elle ne rassure pas, elle oblige à abandonner son confort intellectuel, à laisser de côté celles rendant fous. Et puis il faut le dire, la gravité est surtout le bonheur des imbéciles, ils aiment pontifier, donner des leçons en phrases se voulant définitives faisant joli avec de belles images pastel...

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  • Faut-il dire se dire « murayen » pour s'avouer de droite ?

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    politique, société, Muray, réac, néo réac, amaury watremez

    Article sponsorisant la "boîte à Mocky"

     

    Hier soir, souffrant d'une insomnie, j'ai baguenaudé sur une « page » Fessebouc consacrée à Philippe Muray. En elle-même cette page est déjà un contresens, et elle aurait certainement provoqué l'amusement de l'auteur de « Chers djihadistes » chez Fayard - Mille et une Nuits paru en 2002, de « Minimum respect », aux Les Belles Lettres, sorti en 2003 ( recueil de poèmes). Muray n'est pas exactement de gauche, bien que dans la sphère d'influence de nombreux socialistes dits « orwelliens » (de gauche et marxistes mais pas « staliniens » en gros). Il n'est pas de droite non plus bien qu'ayant écrit des textes, rédigé des chroniques critiquant le dogme du progrès progressiste et encore moins libéral ou libertaire.

     

    D'aucuns le définissent comme « anar de droite », le genre d'épithète que l'on colle à quelqu'un dont on n'a pas envie de dire du mal même si réactionnaire dans les salons sociéto-libéraux, car on y a tellement peur d'être pris pour un de ces « cuistres réacs » ou « beauf » si d'extraction populaire...

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  • Philippe Muray n'était pas libéral, amis de droite

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    755796.jpgQuand je lis différents sites concernant Muray, je trouve divers contresens qui font de lui un libéral, et en somme un "petit blanc" qui pense que les pédés dirigent le monde en cheville avec les musulmans, les sionistes et les chinois, je cite en vrac en oubliant sûrement.


    Il est amusant de constater que ceux ou celles qui voient des z-hormosessuels partout sont généralement fascinés par les "amitiés saines et viriles" et les fraternités exclusivement masculines, ou féminines, passons. S'il dénonçait et se moquait de nos socio-libéraux, il faisait de même des libéraux-libertaires et conchiait la bêtise satisfaite des libéraux autistes que l'on peut encore lire de ci de là...

     

    Se réclamer de Muray est l'argument ultime en somme pour se défouler de leurs haines primaires pour beaucoup, qui rejettent le festivisme mais qui rêvent au fond "d'en être", et plus grave qui n'ont que rarement lu Philippe Muray...


    Je le cite :


    "La droite n’est même plus capable, comme autrefois les conservateurs, de défendre ce qui reste des anciennes valeurs patriarcales ou de la notion de dignité personnelle, noyées comme le reste, et par elle aussi bien que par les autres, dans les « eaux glacées du calcul égoïste » – pour parler comme Marx."


    "Calcul égoïste", ça me parait clair, non ?


    Excellent dessin emprunté au site du "Salon littéraire"

  • Muray cause toujours mais l'écoute-t-on ?

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    A propos de « Causes toujours » - recueil de chroniques parues dans « la Montagne » de Philippe Muray

     

    Littérature, société, philosophie, Muray, politique, spectacle, hypocrisieCurieusement, ami lecteur, je sais ça va te paraître bizarre mais si « la Montagne » décide d'éditer en recueil les chroniques qu'Alexandre Jardin a écrites pour ce journal, je serai beaucoup moins enthousiaste pour les acheter que celles de Philippe Muray déjà parues aux Belles Lettres en 2010, du même niveau de lucidité, d'intelligence, d'humour et de finesse que celles de Vialatte. Muray est de la même trempe, ainsi que de celle de Marcel Aymé qu'il connaissait par cœur. Céline devient trop souvent la « tarte à la crème » des pseudo politiquement incorrects, qui ne l'ont pas lu, ne l'apprécient pas pour son style, mais pour son antisémitisme obsessionnel et compulsif.

     

    Je ne suis pas tout à fait certain que Philippe Muray eût goûté ce genre prétendûment politiquement incorrect qui maitrise parfaitement les codes du Barnum spectaculaire (TM°) dans lequel nous vivons, son refus du réel, et ne fait que jouer en somme un contre-emploi dans le système dans lequel il est parfaitement intégré et dont il ne remettra jamais en question les bases libérales libertaires ou sociales libérales (c'est pareil quant aux résultats) par peur de perdre un peu du confort intellectuel diffus qui embaume toute notre société. Je ne suis pas convaincu que l'on puisse être de la « gauche morale » et apprécier Muray, tout comme je sais que l'on ne peut être libéral et le lire sans frémir.

     

    La plupart des individus « politiquement incorrects » que l'on croise sur le Net ou dans la vie ne le sont d'ailleurs pas réellement au fond, ils font comme tous les autres, ainsi que le souligne Muray ils font « comme » si ils l'étaient. Et continuent à se soumettre au reste ensuite, achetant le dernier gadget déréalisant un peu plus leur vie, les faisant remonter un peu plus ainsi qu'ils le souhaitent aussi vers le jardin d'enfants globalisé qui est également leur idéal...

     

    A gauche, la gauche qui pense, la gauche morale, Muray est vu comme un « réac » car apprécié des « réacs », ce qui permet de ne pas dire pourquoi il serait « réac », et surtout pourquoi il ne faudrait pas le lire. Quand un auteur écrit ou prononce des paroles gênantes, il est soit « fââchiissss » soit « réac », d'autant plus si comme Muray il s'attache corp et âme au réel, et à dénoncer tous les ridicules d'une époque s'imaginant au nadir du progrès progressiste.

     

    D'aucuns penseront un peu vite qu'il n'aimait pas son époque, ce qui le range parmi les réactionnaires, et ce qui est un crime impardonnable en nos temps d'autosatisfaction généralisée, mais ainsi que François Tailliandier le rappelle, Muray se tenait au courant de tout, lisait tout, s'intéressait à tout ce qui la concernait. La lucidité n'a jamais été du dédain, de la condescendance ou du cynisme envers l'humanité, c'est justement parce qu'on l'aime profondément, et qu'on veut l'aider à se sauver de l'abîme vers laquelle sa part occidentale se précipite avec enthousiasme.

     

    A droite, Muray est également perçu comme un réactionnaire, qui regretterait ce temps béni de la bourgeoisie triomphante quand le peuple savait se tenir, et que l'hypocrisie morale inhérente à cette classe sociale suffisait pour maintenir les apparences. A l'époque où celle-ci se voulait un exemple de moralité, au moins en apparence, on chassait ceux et celles qui gênaient dans le tableau vers les marges.

     

    Depuis 68, et que la bourgeoisie a envoyé au diable les apparences après une révolution de pacotiflle, celle-ci se veut toujours un exemple de moralité sans reproches, mais à un niveau de prétentions supérieures, prétendant moraliser non seulement la société occidentale mais aussi le monde entier, en étiquetant les problèmes et en les résolvant à coup de lois de plus en plus infantilisantes.

     

    Muray c'est un peu le vieil oncle « intello » qui dit des horreurs qui font rougir les dames entre « la poire et le fromage », des horreurs qu'à droite on n'ose pas trop répéter quand même par peur de se faire mal voir de « l'Empire du Bien ».

    C'est une chose de citer Muray sur son mur « fèce-bouc », c'est une chose de « liker » ce qu'on lit et qui venge des humiliations réelles ou non que l'on subit dans la vraie vie. C'est autre chose d'affirmer des convictions fortes, et sans faiblir, de lutter contre « l'onirisme » de cette société qui nie la nature car celle-ci contredit les alibis et prétextes qu'elle se donne afin de ne surtout pas sortir de la « fin de l'histoire », et donc de mûrir, d'entre dans l'âge adulte.

     

    Le plus effrayant dans notre monde, ainsi que le souligne l'auteur de « Causes toujours » c'est le refus en particulier de toute pensée contradictoire face à l'unanimisme, face aux évidences étiquetées, face à l'hyper-festivisme, et le refus en général de toute pensée. On ne peut être que sidéré par l'anti-intellectualisme qui sévit de la gauche à la droite en France, et le rejet de toute culture dont celui de la littérature considérée comme le reflet d'un hédonisme immoral et égoïste, ni

    «  citoyen », ni « durable », ni « équitable ».

     

    Lire Muray finalement c'est se libérer complètement...

     

    Et c'est ainsi qu'Allah est grand.

  • L'Empire du Bien

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    Merci à Gerald TDM
    1984-ingsoc-HD-Wallpapers.jpg"L’Empire du Bien reprend sans trop les changer pas mal de traits de l’ancienne utopie, la bureaucratie, la délation, l’adoration de la jeunesse à en avoir la chair de poule, l’immatérialisation de toute pensée, l’effacement de l’esprit critique, le dressage obscène des masses, l’anéantissement de l’Histoire sous ses réactualisations forcées, l’appel kitsch au sentiment contre la raison, la haine du passé, l’uniformisation des modes de vie."

    Philippe Muray

  • Comprendre le festivisme, relire Philippe Muray

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    HOMO FESTIVUS, texte de Philippe Muray

    amiens_1.jpg"C’est une allégorie, un mannequin théorique. Il est l’ombre conceptuelle portée par les masses festives mises en jeu dans On ferme.

    C’est l’homme de la fin de l’Histoire, qui ne nie plus rien hormis la fin de l’Histoire. Cette contradiction se retrouve exprimée, en tout ou partie, chez certains personnages d’On ferme. L’homme qui ne nie plus n’a plus d’avenir. Il n’est plus le temps historique (Hegel). Homo festivus est pleinement satisfait par le nouveau monde homogène, mais, pour se donner l’illusion d’avoir encore un avenir, l’instinct de conservation lui souffle de garder auprès de lui un ennemi, un opposant absolu qui, parce qu’il s’oppose à lui absolument, lui permet de se croire lui-même vivant. Cet opposant (en France le Front national, Le Pen ; plus généralement le néo-fascisme, le racisme, etc.), c’est lui qui empêche Homo festivus de n’être plus que pure animalité en accord avec le donné.

    Tant qu’il n’y avait pas identité entre monde et homme, il y avait Histoire. L’identité d’Homo festivus et du monde hyperfestif révèle la fin de l’Histoire. Cette identité supprime le désir qui avait fait l’Histoire. Cette fin n’est le nouveau commencement de rien. Les négateurs de la fin de l’Histoire sont ceux qui ont aussi le plus fait pour qu’elle s’arrête, en combattant la négation qui est la possibilité de sa perpétuation. L’individu qui clame que l’Histoire n’est pas finie tout en luttant contre les résidus de barbarie qui la faisaient exister est un personnage comique de notre temps.

    Après la fin finale du conflit maître-esclave, plus loin que la réalisation de la reconnaissance mutuelle, dans la situation d’égalité absolue de la fin de l’Histoire, l’Histoire continue sous forme de farce avec le pathos de la lutte pour la reconnaissance. La fiction de la lutte pour la reconnaissance est maintenue. Elle produit une sorte de néo-chant épique dérisoire.

    Le post-humain est quelqu’un qui se croit libéré des dettes que ses ancêtres pouvaient avoir envers le passé et qui file sur ses rollers à travers un réel dont la réalité ressemble à du carton-pâte (parc d’abstractions). Il est désinhibé à mort, il fait la fête, mais il ne rit pas parce qu’il est plus ou moins retombé en enfance et que le rire suppose un fond d’incertitude dont l’enfant a horreur."