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  • Vieilles lunes

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    politique, société, idéologies, france, télévision, médias, amaury watremezLes vieilles lunes ont la vie dure, très dure. Elles sont hors d'âge, elles sont rances, mais encore bien vivaces. Elles sont plus que mûres voire blettes, normalement prêtes à tomber, mais qu'importe. Elles sont solidement accrochées aux esprits. On aurait pu croire pourtant s'en être débarrassées depuis longtemps déjà. Dés qu'un sujet est évoqué, elles apparaissent, on les ressort du placard. Elles existent pour interdire toute discussion constructive, toute réflexion sur des thèmes qui pourtant mériteraient autre chose que leur évocation systématique, automatique, sans nuances.

     

    Dés qu'un politique, un éditorialiste ou n'importe qui d'autres osent s'attaquer aux mythes du communautarisme, de la pseudo "diversité", à souhaiter le retour de valeurs nationales, elles sont rondes, pleines et larges ces vieilles lunes et envahissent tout le ciel médiatique à perte de vue. C'est à qui dira le plus fort "plus jamais ça !" avec le plus de larmes à l'œil, à qui sera le plus énergique dans la dénonciation du nazisme ce qui convenons en plus de 72 ans après son effondrement le 8 mai 1945 est d'un courage extraordinaire, à qui assimilera tout discours raisonnable sur ces questions à du racisme.

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  • Les observateurs politiquement incorrects et le vote le Pen

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    radio, télévision, médias, politiquement incorrect, société, politique, amaury watremez, primaires, le Pen, FN, LR, PSParmi les observateurs avisés, du moins c'est ce qu'ils prétendent, dits politiquement incorrects et reconnus ainsi, que ce soit un peu, moyennement, beaucoup, on ne comprend goutte non plus au vote le Pen. Il est toujours assimilé en 2016 à un vote protestataire, un vote d'humeur, et ce depuis les élections européennes de 1984. Les électeurs qui vont vers ce côté « obscur » de la démocratie française y restent, ils ne reviennent pas du côté des partis réputés « traditionnels ». Cela fait trente-deux ans que ça dure et qu'à chaque grande soirée électorale les politiques affirment avoir je cite « compris la colère des français »...

     

    ...Et qu'ils ne font strictement rien afin d'y remédier.

     

    Pour ces observateurs, quel que soit leur niveau d'incorrection politique le FN demeure encore le mal absolu, la pire alternative. Ce n'est pas un parti républicain à leurs yeux, ce n'est pas un parti fréquentable. En plus, on y trouve beaucoup trop de « beaufs » et de « ploucs ». Pour ces grands esprits, ce serait une mésalliance intolérable, terrible. Ils n'ont pas saisi non plus que le problème le plus brûlant, incandescent, en ce moment, c'est d'abord et avant tout l'inquiétude grandissante des ces mêmes « beaufs » et « ploucs » envers toutes les problématiques liés à la « diversité » :

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  • Les contradictions de l'auteur politiquement incorrect

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    politique, société, médias, télévision, politiquement incorrect, hypocrisie, amaury watremezInternet est une providence pour les auteurs politiquement incorrects de gauche et de droite ou du moins se prétendant tels, plus lucides, plus raisonnables, plus fins, plus ceci, plus cela. L'auteur politiquement incorrect n'a de cesse de dénoncer le système et les oligarques, de se donner une image de justicier courageux, sans peur et sans reproches. Il ne devrait donc pas se plaindre de rester dans l'ombre car finalement cela demeurerait logique dans son optique d'indépendance politique. Etre un redresseur de torts masqué est son destin et son horizon.

     

    Seulement voilà...

    Parfois il arrive qu'un de ses articles parvienne au regard d'un "pipeaule" quel qu'il soit et que ce "pipeaule" lui réponde. Le "lone ranger" du clavier, le "zorro" de l'azerty, ne pourra alors s'empêcher de se sentir flatté. Voilà qu'il entre dans l'intimité d'une vedette, d'un des "grands" de ce monde. L'un d'eux s'adresse au petit littérateur du net qui n'en revient. Ébloui, voilà qu'il trouve des qualités à la célébrité que quelques jours plus tôt il s'évertuait à descendre en flammes.

     

    Comme celle-ci est magnanime, elle peut même faire de l'écriveur du web un "bon client" de la télé, un de ceux qui font le "beuze", une des "grandes gueules" prétexte afin de laisser entendre que le pluralisme est toujours une réalité dans les médias. L'auteur politique correct ne se sent alors plus de joie, il est transporté et les cuisses de l'attachée de presse dans sa mini-jupe en cuir lui semblent bien attirantes. Il commence alors à mettre de l'eau dans son vin. Pas trop, un peu, tout doucement, progressivement son foie s'amollit, s'engourdit ainsi que ses tripes...

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  • Des coups de pied au cul évangéliques qui se perdent

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    Ou l'incapacité à se défendre des catholiques français...

     

    catholicisme, catho agressif, société, politique, médias, journalisme, barbarin, amaury watremezSoyons clairs, dans le lynchage médiatique du cardinal Barbarin il ne s'agit à aucun moment de combattre réellement les méfaits de la pédophilie. Quand cela arrive dans une autre institution s'occupant d'enfants voire dans une autre confession cela ne suscite jamais la même hargne, la même levée de boucliers haineux. Il s'agit juste de se « payer du catho » car c'est sans risques ce qui ne signifie pas ici que les abjections commises ailleurs excusent en quoi que ce soit la pédophilie dans l'Eglise. Aucun danger de se prendre une rafale de kalashnikov ou une bombe sur le coin de la figure. A peine subira-t-on quelques « prières de rue » de « Civitas », ce qui est au pire une nuisance sonore ponctuelle.

     

    Certains catholiques lorsqu'ils se prennent à défendre le cardinal Barbarin me donne des furieuses envies de bondir et de ruer dans les brancards. Ils écrivent : « Espérance et charité et prières », « il y a deux mille ans que le Christ dérange », « Charité toujours » etc... puis-je lire un peu partout sur le Net et autres « banalités pieuses » pour reprendre une expression du père le Guillou (tirée de son livre « le Scandale du Mal »), père dominicain aumônier des Bénédictines de Montmartre.

     

    Le cardinal Barbarin lui-même, primat des Gaules et archevêque de Lyon, (et non évêque de Lyon comme j'ai pu le lire dans « le Monde »), il faut le dire se défend de manière totalement catastrophique réagissant à la façon plus que maladroite de certains politiques et, ou hauts fonctionnaires....

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  • Sarkozy vendeur de cravates

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    laffaire-trois-jambes-sarkozy-sur-paris-match-L-1.jpeg...de bas étage

     

    Je ne crois pas vraiment dans l'infaillibilité du système démocratique. Quand on constate le niveau de certains nouveaux votants uniquement préoccupés de la marque de leur nouveau gadget électronique. Bien sûr si c'est le pire système politique c'est aussi le moins mauvais, me garantissant par exemple le droit d'écrire ces petits billets taquins sur ce blog « bien impertinent » sans risquer une balle dans la nuque facturée à ma famille, selon des personnes ayant charge d'éducation. J'écris cet article en bon petit bourgeois hédoniste et réactionnaire plutôt « vieille France » psychorigide, anar de droite incorrigible et irrécupérable.

     

    Je m'étonne encore que de nombreux électeurs de droite soient encore prêts à voter Sarkozy en 2017, à commencer par les anciens participants des manifestations de « la Manif pour tous » regroupés au sein de « Sens Commun » (TM°) chez « les Républicains » (TM°). Cela dit on les comprend, l'homme a le même bagoût que les camelots et autres vendeurs à la sauvette que l'on pouvait trouver auparavant devant les grands magasins à Paris, ou à la sortie des bouches de métro vomissant leur flot quotidien de travailleurs pendulaires plus ou moins névrosés prêts à tout pour s'offrir ne serait-ce que quelques secondes d'évasion mentale...

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  • Les « habits neufs » du président Hollande et de sa cour

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    politique, télévision, société, médias, Amaury Watremez

    Cet article fait suite à celui-ci sur les « tartufferies » et celui-là sur les hypocrites en tout genre. Les liens en orange « gras » permettent de situer ce texte dans une réflexion à long terme et d'en appuyer le propos.

     

    Le lecteur, la lectrice, de ce blog est un lecteur d'élite, un lecteur cultivé, il connaît donc forcément ce conte d'Andersen : « les habits neufs de l'Empereur ».

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  • Article sur les spécialistes en papes

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    médias,société,religions,télévisionUn certain Amaiury Watremez, nous le connaissons à peine ici (clin d'oeil), vient de publier un article sur "Boulevard Voltaire"  sur les "spécialistes en papes" qui bien souvent ne représentent qu'eux mêmes, et que l'on voit surgir comme des diables de leurs boîtes à chaque fois que l'on parle des problèmes agitant l'Eglise.

    Amaury (re-clin) en avait marre d'être le "réac de service" sur Agoravox, et surtout de s'y faire copieusement injurier même si ces injures tenaient plus de la cour de récré qu'autre chose...

    Il est donc parti vers d'autres cieux plus cléments et plus exigeants en matière d'écriture.

    Article à ce lien

  • Clichés, lieux communs et trucs en "phobes" déjà autour du nouveau Pape

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    politique, société, Christianisme, médias, cirque, clichés, lieux communs

    Dédié à mon ami François qui porte le même prénom que le nouveau Pape (qui est cependant moins poilu)

    Avant de lire ce texte, faisons cette précision pour les esprits purs et les cathophobes qui me lisent, ce n'est pas la critique du nouveau Pape, qui a pris le nom de François Ier, que je fais, ou de son élection, mais de tout le cirque médiatique grotesque qu'il y a autour et des clichés pénibles évoqués autour de sa personne.

     

    Premier cliché, ce serait enfin un « pape des pauvres », comme si Benoît XVI, qui a eu l'humilité de céder la place, ce qui est pourtant un symbole très fort de compréhension de ce qu'est la pauvreté au sens chrétien, ou Jean-Paul II étaient les « papes des riches », comme si ces deux papes n'avaient pas vécu chichement également sans pour autant communiquer forcément là-dessus.

     

    Certes, on me fera remarquer qu'il vaut mieux encore ce cliché qu'évoquer les quelques « phobies » dont la « bonne presse » ne manquera pas d'accuser le nouveau Pape, ce qui a de toutes façons déjà commencé.

     

    Bien entendu le nouveau Pape est déjà « phobe » d'un ou deux trucs, il ne faut surtout pas perdre les bonnes habitudes, on y reviendra...

     

    France Inter 7h50, quelques considérations représentatives de ce besoin d'immédiateté de l'actualité et du point de vue très superficiel privilégié dans les médias sur des faits qui ne veulent en soi dire que peu de choses, même si on ne va pas se plaindre que cette superficialité soit plutôt sympathique envers le nouveau souverain pontife.

     

    « François 1er n'a pas de portable (...) n'a pas voulu voyager en classe affaire et a préféré voyager en tourisme, ses amis lui ont acheté une paire de chaussures car les siennes étaient trop usées. »

     

    Voilà en effet des informations indispensables à connaître pour comprendre la pensée de ce Pape et les origines de sa spiritualité. On aurait pu espérer vu le fait qu'il est jésuite, soucieux des pauvres, et sud-américain une évocation des « réductions guaranies », utopies sociales et chrétiennes concrètes qui pourraient servir d'inspiration à notre temps, mais non, cela fait mal à la tête de réfléchir un peu, et surtout de rappeler deux ou trois points d'histoire.

     

    Il y a eu aussi hier sur BFMTV cette interview d'une jeune catho « chacha » « nettoyeuse de vitres » (penser au geste pour comprendre l'image), mitraillant le balcon où est apparu le nouveau Pape de son «ailfône » avant, pendant, et après sa première apparition dans la soutane blanche, à Rome, ne voyant pas le paradoxe qu'il y a à évoquer la pauvreté du nouveau Pape tout en bénéficiant d'un séjour à Rome ce qui coûte à peu près un RMI :

     

    « Ouais t'vois, le nouveau Pape c'est chouette c'est le pape des pauvres, t'vois, c'chouette, et pis il est d'Amérique du Sud t'vois, c'est cool aussi et pis parait qu'il est simple lui et qu'on va comprendre qu'est-ce qui dit. Les gens y vont l'aimer pass que c'est le « pape des pauvres ».

     

    Je retranscris les idiomatiques de la jeune personne littéralement...

     

    Ce qu'elle semble donc apprécier c'est donc surtout que l'image du nouveau Pape est plus flatteuse que celle de l'ancien, Benoît XVI, qui était resté un théologien et un intellectuel, l'image que renvoie un « intello » est hautement mauvaise à notre époque de « conspiration contre toute forme de vie spirituelle » (je cite encore une fois Bernanos), et dont les médias et certains catholiques avec se faisaient une perception austère, moralisatrice, traditionaliste et conservatrice, l'exigence spirituelle qu'il demandait étant considérée comme insupportable.

     

    Et donc par ricochets, ce qui plaisait à cette jeune « catho » est que cela donnerait de sa foi une image plus flatteuse, image visiblement plus importante que le contenu de sa foi elle-même. A son âge, on peut la comprendre, quand plus tard ce sont des adultes qui évoquent également les mêmes clichés et lieux communs cela devient franchement problématique.

     

    Ce pape est sud-américain, ce qui a donc poussé quelques chrétiens « de progrès » à croire aussitôt qu'il serait forcément un pape plus « en phase » ainsi que notre société festiviste et ces catholiques progressistes l'attendent : en gros qu'il s'aligne quant aux questions sociétales sur leurs positions (si j'ose m'exprimer ainsi, uh, uh, uh) levant les interdits de l'Église sur les questions morales.

     

    On s'étonne d'ailleurs que des hommes et des femmes soucieux de modernité, ne croyant pas en Dieu, prétendant s'en foutre complètement par ailleurs, s'intéressent autant au chef d'une institution pour le moins moribonde en Europe, de par les catholiques eux-mêmes qui ne se sont pas assez souciés, ne se soucient pas assez d'altérité et de charité, qui commencent par le voisin de chaise à l'église, et dans sa famille, dans nos pays.

     

    D'autres voient dans l'expression de ces clichés que François Ier va enfin réformer l'Église selon leurs vœux, car sud-américain et « pape des pauvres » selon le cliché misérabiliste qui va lui coller à la peau. Quant à leurs aspirations sociétales, je pense qu'ils en seront encore pour leurs frais, le nouveau Pape ayant été tout aussi clair là-dessus. Il a été présenté par certains commentateurs comme moitié "tradi", moitié "progressiste", le Jean-Louis Borloo des papes en somme, d'autres ont cru bon de suggérer sa complicité avec la dictature argentine...


    Tout change et rien ne change.

    image empruntée ici

  • A Dieu Benoît XVI

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    Dédiés aux Frossard et Bernanos qui ne sont pas encore nés, pas encore révélés...

    Déjà sur Agoravox

    A ce petit texte écrit par un croyant qui ne se cache pas, on reprochera certainement ses quelques sarcasmes et sa causticité. D'aucuns y verront des manques de charité, d'autres les signes évidents que l'auteur est un mauvais chrétien, les chrétiens étant c'est entendu en 2013 des agneaux menés docilement à l'abattoir, tondus vifs et tremblants mais ne protestant jamais car devant « tendre la joue gauche » alors qu'on leur gifle la joue droite.

    pape.jpgA ceux qui émettront ces doutes, je les rassure, j'irai me confesser juste après sans tarder...

    Il est évident que la démission du Pape Benoît XVI va faire parler dans Landerneau, à commencer par les belles consciences qui vont s'empresser de commenter, eux qui sont à la fois « bouffeurs de curés » ainsi que l'on disait auparavant et prompts à distribuer les brevets de bonne catholicité se comportant en moralisateurs, ce qu'ils reprochent précisément aux catholiques laïcs ou aux ecclésiastiques sans y voir aucune contradiction.

     

    Ceux-ci vont se réjouir qu'un pape qu'ils considèrent comme réactionnaire sur les questions sociétales ce qui est pour eux le crime ultime et impardonnable admette qu'il est trop vieux, et qu'il cède la place assez vite à un « pape en phase » (NB : Je sais, j'ai mis maintes fois en lien la citation de Muray mais elle est tellement pertinente qu'il faut bien la remettre, la pédagogie étant dans la répétition) qui soit si possible « issu de la diversité » (TM°), favorable à la GPA, aux communautarismes et pas trop exigeant sur le plant de la pratique religieuse.

     

    Les catholiques dits « progressistes » de France et d'Occident, à savoir qui se soucient surtout d'une morale assez lâche, assez élastique, pour les conforter dans leurs quelques errements moraux, d'une foi qui soit surtout sociologique, évoquant de temps à autres les « chtits n'enfants n'africains » sans pour autant se soucier de la pauvreté dans leur quartier, à leurs portes voire dans leur famille, ces croyants là vont appeler de leurs vœux l'avènement d'un pape du Tiers Monde, un pape selon leurs caprices également, pas trop regardant sur les traditions de l'Église.

    Ces croyants « sociétaux » se considérent de fait beaucoup plus intelligents que les autres croyants durant 2000 ans d'histoire, oubliant qu'ils font aussi partie de cette « cour des miracles » de petites gens, de pauvres, de personnes toutes simples ayant la « foi du charbonnier », de « pauvres types » que sont tous les chrétiens, comme leurs autres congénères humains, tellement éloignés de toute altérité profonde et réelle.

    Des exégètes médiatiques doctes et distingués vont lui distribuer quelques bons points oubliant l'essentiel, ce qu'il a apporté à l'Église mais aussi au reste du monde.

    Odon Vallet par exemple trouve cela « juste et courageux », nous ne ferons bien sûr pas l'injure de rappeler son âge (66 ans) à monsieur Vallet qui a largement dépassé l'âge théorique de la retraite.

    Grand bien lui fasse d'être encore aussi actif et surtout aussi pertinent que Benoît XVI quand il évoque le danger de l'intégrisme religieux au Liban, faisant l'éloge des aspirations incontestables à la liberté des peuples arabes, à l'automne de sa vie !

    Si j'ose dire la plupart de ces commentateurs ont toujours à la bouche ce petit capuchon de latex prophylactique qui les obsède littéralement et ce qu'en dit l'Église. A parcourir les premières dépêches sur le Réseau, c'est le premier sujet qui semble les intéresser suite à la démission du Souverain-Pontife...

    Ils se fichent complètement du reste du discours, à savoir ce qu'a écrit Benoît XVI sur le libéralisme et ses méfaits dans « Caritas in Veritate » ou ce qu'il écrivait sous le nom de Joseph Ratzinger dans « le Sel de la Terre », qui est un livre hélas méconnu qui montre toute la pertinence de la pensée de ce pape quant à la modernité, et ce malgré les préjugés et les idées reçues qu'il y a pu avoir sur lui à son élection.

    De par cette obsession du petit morceau de cahoutchouc sanitaire, il a subi des tombereaux d'injures et de boue qu'il n'est pas utile de répéter ici...

    Rappelons à toutes fins utiles ce qu'il a dit justement sur le préservatif, en admettant l'usage.

    Le capuchon de latex les obsède car dans leur attitude libertaire qu'ils affichent constamment, ils ressentent encore parfois un reste de culpabilité à coucher à droite à gauche, et à chercher à continuer de jouir « sans entraves », culpabilité qu'ils attribuent au Pape et aux croyants.

    Sentiment qui les gêne beaucoup car cela les pousse à se questionner sur leur attitude, ce qui est reconnaissons-le, fatiguant...

    Bernanos dans « La France contre les robots » évoque déjà cette haine contemporaine de toute espèce de vie intérieure qui passe forcément par ce genre de questionnement justement sur le sens des actions que l'on commet envers les autres.

    Il écrivait :

    « On ne comprend rien à la civilisation moderne si on n'admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure »

    C'est toujours d'actualité.

    J'avais trouvé pour ma part un signe remarquable la présence de tous les patriarches des églises orientales lors de la célébration des obsèques de Jean-Paul II, un signe de réconciliation et de paix, un signe d'encouragement à la fraternité et à la solidarité des catholiques qui en ont parfois bien besoin également alors que subissant dans les pays dits développés une persécution larvée qui devrait les pousser à rester ensemble car pour les nouveaux adversaires du catholicisme un bon catholique est un catholique qui ferme sa gueule ou que l'on ne voit pas.

    A Dieu donc Benoît XVI...

    Illustration prise sur le site de lefigaro.fr

  • Ode à Sophie de Menthon

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    On chante ses louanges aussi sur Agoravox

     Sophie de Menthon est bronzée et chic comme Alexandra Stewart dans « Madame Claude 2 » qui restait élégante même dans un porno « soft ». Madame de Menthon est également une sorte de missionnaire d'un nouveau genre.

    6471359370791.jpg Il lui arrive d'être beaucoup moins chic que l'actrice sus-citée cependant, par exemple dans son expression, comme on a pu l'entendre dans l'émission « les Grandes Gueules » de RMC dont elle était une des intervenantes et une « bonne cliente » pour faire le « buzz ».

     Sophie de Menthon défend inlassablement la libre entreprise, la liberté des patrons de licencier sans se soucier de choses aussi ridicules que l'éthique, la dignité, la morale, ou le respect humain, toutes choses ridicules et poussiéreuses pour les esprits de progrès comme elle, et surtout quand il est question d'argent et de prise de bénéfices pour les actionnaires, toutes choses qui comptent par contre dans le beau monde mais entre individus du même milieu, tant que l'on est entre soi.

     Il n'y a pas de règles morales assez dures par contre pour ceux que ces apôtres du libéralisme perçoivent encore comme des « classes dangereuses », pas d'éducation envisageable, pas de culture à partager.

     Bien sûr, chez ces « gens-là » ce que je viens d'évoquer n'a d'importance que quant à l'apparence, pour assumer son rang légitiment acquis en jouant à la bourse ou pariant sur la vie et la mort de quelques centaines d'ouvriers pour conserver ce rang.

     Chez ces « gens là » on est tout aussi libertaires sur le plan des mœurs que chez les « belles consciences ». et les épouses ne sont pas toujours jalouses, tant que le petit jeu reste endogame.

     Et quand la bedaine devient trop apparente chez les hommes ou que les liftings et autres injections de Botox ne cachent plus la décrépitude physique de ces dames, on se range définitivement en compensant par l'achat d'un gros 4x4 ou autre objet phalliquement compensatoire à l'âge où la prostate devient un problème préoccupant.

     On peut passer du camp des disciples du libéralisme à celui des belles consciences sans aucun souci, ainsi monsieur Bergé, qui maîtrise les codes de l'un et l'autre ou Roselyne Bachelot que l'on a vue chez Jean-Michel Ribes à la soirée au théâtre du Rond-Point pour soutenir le « mariage pour tous ».

     Sophie de Menthon avait tout lieux de se réjouir, les dirigeants de RMC ont appliqué rigoureusement à la lettre ce qu'elle prône par mont et par vaux depuis des années, y compris auprès des « chtits n'enfants » de pauvres à qui il convient de porter la bonne nouvelle de la consommation-reine à travers des manuels adaptés et conseillés aux écoles.

     Ils l'ont viré sans ménagements après des propos pourtant anodins et seulement juste un peu taquins sur Nafissatou Diallo. Ils ont pourtant célébré la liberté d'entreprise sans se poser de questions.

     De quoi en effet se plaignait cette femme de ménage ?

     Elle n'a fait qu'exprimer une vérité toute simple, innocente, car en effet matériellement, et pour un libéral, seul le matériel compte, les indemnités qu'elle a perçues suite aux avances certes un peu pressantes de DSK sont bel et bien la meilleure chose qui lui soit arrivée du point de vue des disciples de Milton Friedmann ou son fils David.

     Madame de Menthon a malgré tout trouvé son licenciement, qu'elle a appris par la presse, d'une « violence incroyâââble » comme elle l'a dit chez Alessandra Sublet hier.

     Car la liberté de virer des employés comme on veut, de la manière que l'on veut, quand on pensent qu'ils vont faire perdre des sous à l'entreprise, c'est bel et bien violent.

    Et pour elle, dans son cas, en plus c'est forcément du sexisme, un truc réactionnaire...

     Mais pour Sophie cette violence est sans importance pour les autres.

     Elle n'envisageait certes pas une seconde que ses belles théories devaient s'appliquer une seconde à son cas.

     Et quand elle a eu ses propos d'une élégance folle envers Nafissatou Diallo, elle ne voyait pas le problème, cette femme de ménage n'est pas de la même espèce à ses yeux qu'un entrepreneur dynamique ou un « délocalisateur » fébrile et avide. Pourquoi respecter cette dame alors qu'elle n'a aucun pouvoir de décision sur le processus macro et micro économique.

     J'ai presque pitié de Sophie de Menthon qui semble ne pas comprendre ce qui lui arrive, et qu'elle préconise pourtant depuis des années pour les travailleurs. Elle n'a pas eu cet éclair de lucidité que Jean-Marc Sylvestre, un autre apôtre du libéralisme sans b arrières, avait su faire montrer il y a quelques années après une crise cardiaque et un service public de santé pour lequel il n'avait pas de mots assez durs auparavant.

     Je ne m'inquiète pas trop pour elle malgré tout sachant très bien qu'elle saura très bien « retomber sur ses pattes »...

    image empruntée au site du Nouvel Obs

  • La ballade des echinodermes - une chanson pour maintenant

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    Je trouve que cette chanson parle parfaitement de ce qu'est notre société, et notre monde...

  • Deux poids deux mesures dans la présomption d'innocence

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    En discussion sur Agoravox

    Depuis le début de l'« affaire DSK », certains invoquent à tout bout de champ la présomption d'innocence quant à l'homme d'état, et ce à gauche comme à droite, y compris dans l'éditorial un rien tarabiscoté de Bernard Maris dans « Charlie Hebdo » de mercredi. Georges Tron, quant à lui, parle carrément de complot de Marine le Pen et de ses séides. Monsieur Tron n'a pus s'empêcher de dire d'ailleurs que ses accusatrices n'avaient pas l'intelligence et la culture nécessaire pour porter plainte (par ici la citation).

    photo ci-dessous prise ici

    georges-tron_293.jpgCela rejoint la déclaration de Jean-François Kahn, pour qui l'« affaire DSK » ce n'était que du « troussage de bonnes ».

    Dans tous ces cas, on sent surtout l'esprit petit-bourgeois qui revient à grands pas. Le petit personnel, les petites bonnes, les domestiques, les « invisibles », les petites gens, ne sont là que pour obéir et satisfaire les désirs des plus favorisés qu'eux qui se trouvent tout à fait légitimes quant à leurs privilèges. Les bourgeois n'ont pas changé depuis le XIXème siècle, monsieur Guizot, et les débuts du capitalisme, ils sont toujours aussi hypocrites et finalement amoraux et défendent au bout du compte toujours et encore une justice qui les favorise et maintiennent les « classes dangereuses » ou affirmées hors de celle-ci.

    Il n'y a pas « mort d'homme » comme a dit l'un d'entre eux.

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  • Zemmour, le réel et la censure

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    Ce texte fera-t-il grincer des dents sur Agoravox ?

    « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »

    Citation accordée à Voltaire

    Il semblerait que la citation soit absolument apocryphe (On ne la trouve nulle part dans son œuvre publiée). Elle découlerait d'un commentaire de l'auteur britannique Evelyn Hall, dans son ouvrage The Friends of Voltaire paru en 1906. Cela dit, elle illustre très bien ce que devrait être la liberté d'expression en République en général et en Démocratie en particulier.

    Cette citation est souvent reprise mais on remarque qu'on l'oublie souvent, généralement en République en ce moment on veut surtout entendre ce qui va dans le sens du vent.

    Or, de plus en plus, on ne veut pas voir le réel, on ne parle plus d'aveugles, mais de malvoyants, on ne dit plus vieille personne mais personne âgée (ou « senior dynamique », ou on parle de « Troisième Age »), on ne dit plus un imbécile mais un déficient mental, et pour le mariage, on en vient même à utiliser le terme de « viol légal ».

    Depuis la fameuse « nuit du 4 Août », en 1789, certains ne jugent pas utile de se battre contre les privilèges puisque sur le papier il a été décidé qu'il n'y en avait plus. C'est donc qu'il n'y en a plus. On croit aussi que décider d'abolir la misère, ou de s'indigner contre la pauvreté, suffit pour les abolir, alors que cela nécessite pour commencer de songer surtout à partager les richesses, dont celles dont nous bénéficions.

    Quand on sait que toutes les trois secondes une tablette informatique à 400 dollars d'une marque célèbre vantant apparement les pommes se vend dans les pays dits développés, on s'aperçoit qu'il y a du boulot avant que les drogués du consumérisme renoncent à leur fix quotidien de biens de consommation parfaitement inutiles et totalement superflus.

    eric-zemmour-300-television-stars-13805.jpgDonc Zemmour a dit que si les français d'origine africaine ou arabe étaient beaucoup plus contrôlés que les autres c'était aussi parce que la plupart des trafiquants de drogue et des délinquants sont des français d'origine africaine et arabe. Bien sûr, il oubliait qu'il y aussi de temps à autre le contrôle au faciès.

    Mais ceux qui poussent ou ont poussé des cris d'orfraie ou de vestales outragées suite à ses propos oublient une chose, c'est malheureusement le cas. Cela ne veut pas dire qu'ils sont plus mauvais que les autres du fait de leurs origines, cela ne veut pas dire qu'ils sont plus malhonnêtes.

    Par contre, cela signifie certainement que si les personnes d'origine étrangère ont besoin de faire appel et d'entretenir l'économie souterainne, il y a un problème d'économie, de société, de communauté nationale et d'intégration que l'on ne veut pas voir, préférant dans un cas faire étalage de bons sentiments, dans l'autre, sombrer dans le rejet de ces personnes.

    Dans le premier cas, on incrimine la colonisation et le racisme pour excuser les voies de fait ce qui revient finalement au même que ce qui est dit dans le deuxième cas, à savoir qu'il n'y a pas d'intégration possible, et qu'il ne peut y avoir qu'un choc des civlisations que d'aucuns vont même jusqu'à appeler de leurs voeux.

    Dans les deux cas, il n'y a aucune solution ni voie de sortie.

    Si personne ne devrait ne souhaiter raisonnablement un affrontement, personne ne devrait se contenter de grandes tirades sur la tolérance, l'accueil, et tout ça, pour ne rien faire ensuite.

    En trouver une c'est déjà commencer par accepter de se confronter au réel.

    Or, les uns et les autres se lamentent mais laissent faire dans les faits le détricotage de l'Éducation Nationale, la destruction du tissu associatif et la suppression des commissariats de proximité. Les pleureuses et les pleureurs, on le remarque souvent, soit dit en passant, qui vantent l'intégration et la mixité sociale, placent leur progéniture dans les meilleures boîtes, publiques ou privées, la plupart du temps. La mixité sociale c'est pour les autres dans leur esprit.

    Enfin, l'auteur de l'article n'est pas exactement un fan d'Éric Zemmour qui tient finalement l'emploi du « méchant » à la télévision depuis quelques temps, comme au théâtre, celui dont le métier est de se faire siffler car il contredit les certitudes et lieux communs du troupeau ou des « peoples » à la mode, certitudes généralement caressées très vite dans le sens du poil par le « Monsieur Loyal » des émissions où il officie. On remarquera d'ailleurs que les portes ouvertes qu'enfoncent de manière anodine parfois Zemmour suffisent à le faire passer pour un vilain personnage.

  • Leu franssé kisparle plus...

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    Passion de la langue française – recueil de textes présentés par Gérard de Cortanze

    chez Desclée de Brouwer

    Je remercie Steevy, le célèbre chroniqueur culturel de Laurent Ruquier, qui m'a inspiré le titre de cette note.

    bb1.gifJe suis en train de lire cet excellent recueil de divers textes sur la défense de la littérature et de la langue française. Au départ, il y en a qui se diront que c'est un combat d'arrière-garde, un peu poussiéreux tellement la littérature et les lettres sont méprisées comme jamais auparavant elles ne l'ont été, attaques subies du fait d'une alliance contre-nature a priori (à mon avis, elle est tout à fait logique) entre les anciens de "soissantuite", maissi ce monôme petit-bourgeois, et les partisans du tout-économique, rappelez-vous les djeuns. Entre parenthèses, et en passant, même si je trouve soissantuite parfaitement ridicule quant à ses aspirations, ceux qui ont vécu cette période en avaient, au moins, des aspirations à autre chose, de plus grand et de plus beau que la contemplation obsessionnelle de leur nombril.

    C'est un combat ultra-minoritaire, la majorité trouvant que les classiques au Collège ou des dissertations en Seconde, c'est opressif et dictatorial pour les cervelles des élèves, c'est trop difficile à comprendre pour eux des écrits qui élèvent l'esprit ou amènent à des idéaux moins terre-à-terre qu'une vie bien égoïste en lotissements rurbains. L'individu devient finalement un spéculateur de ses capacités intellectuelles, qu'il se doit d'adapter aux besoins du marché de l'emploi, devant s'estimer quant à sa valeur marchande car il n'est plus qu'une machine comme une autre, un investissement, et ensuite se vendre au plus offrant, ce qui n'est pas immédiatement utile à cette spéculation, comme les livres justement, ou l'art en général, il s'en fiche complètement, ignorant que c'est justement toutes ces choses futiles à ses yeux, petites ou grandes qui font le ciment d'une communauté et qui vont du goût d'un vin à des phrases de Chateaubriand.

    L'anglais anglicise tout ou plutôt américanise tout selon la colonisation douce dont parle Dominique Noguez dans le livre, qui date son début de la signature du Traité de Versailles dont les négociations se firent en anglais et non en français, langue diplomatique traditionnelle. Pour se moquer de cette manie du franglais, quelques écrivains, je ne sais pas si c'est Marcel Aymé ou Céline qui ont commencé (suivis ensuite par Nimier ou Blondin, ou ADG), se sont amusés à franciser l'anglais, louque pour look, poulovère pour pull-over et ainsi de suite.

    Mais on ne comprend plus, l'anglais, comme l'a dit un ministre qui depuis fait une belle carrière dans les médias, Claude Allègre en 1997, « ne doit plus être une langue étrangère » : les pièces de théâtre du répertoire devraient être au minimum sous-titrées, au mieux jouées en anglais, les articles scientifiques et universitaires rédigés en anglais, les films itou. Il faut dire que notre société est profondément influencée par la société anglo-saxonne, les chtits n'enfants français roses et meugnons ayant de plus en plus tendance depuis quelques années à muer en de grosses patates de canapé obèses et cyberautistes vautrées devant la téloche, casquettes moches sur le crâne, et/ou qui ont le nez perpétuellement vissé sur leur téléphone celullaire dernier cri, à donner de l'audience aux pires conneries, comme "Dilemme", par exemple, la dernière absconserie téléréelle, animée par Faustine Bollaert, en se nourrissant de pizzas et de la djunk food la plus écoeurante mais qui sont tellement conviviales et tellement modernes comme le leur suggère la pub.

    A gauche en grande partie, mais aussi plus généralement d'ailleurs pour ceux qui regardent le monde à travers des lunettes roses, donc également à droite, ce qui est à la mode est d'affirmer que le langage évoluant sans cesse, jargon essèmesse, verlan, qui existe depuis plus longtemps que les cités dortoirs, il faudrait que quelqu'un le dise aux rappeurs qui imaginent que ça leur donne une allure d'affranchis alors que l'on songe plutôt à un autre mot commençant par "a", exétéra, que ces nouveaux barbarismes enrichissent le français dans une sorte de progrès constant vers le bonheur de l'humanité toute entière, soucieuse du « care » de son voisin, et surtout du sien, et qui pense enfin à sortir le chien et faire la vaisselle, tout genre de petites corvées qui suffit à détruire la misère selon les éléphants roses en 2010 (persuadés qu'ils sont que cela suffira à rendre l'hyper-libéralisme plus supportable).

    Dans la bien-pensance, pour ces raisons, on aime bien "l'Esquive" parce que Marivaux en verlan c'est tellement coule, et puis c'est plus facile à comprendre, tout comme on trouve tellement génial et émouvant de voir un prof de français acheter la paix civile en jouant les rebelles "Entre les murs". De temps en temps, heureusement, il y a des inconscients comme Cécile Ladjali qui osent encore parler d'exigence et de travail, les salauds, et même d'écriture, ce truc opressif selon les pédagogistes, voire même d'écriture collective, ô scandale, des adolescents qui se donnent du mal pour écrire une pièce de théâtre qui n'est même pas slamée. Ce mouvement de progrès donne d'excellents résultats, arrivera bientôt le moment où nos chères têtes blondes reviendront à la communication bien plus simple et moins poussiéreuse que l'écriture, ce vieux machin, les grognements, et de toutes façons, ils n'auront plus à le faire, n'ayant plus besoin de sortir de chez eux, excepté à la rigueur pour des rassemblements grégaires fèce-bouquiens qualifiés sans rire par les commentateurs divers et variés de rassemblements conviviaux (sont-ils spirituels...).

    francais_moyen.jpgLa bien-pensance aime bien aussi le slam, du rap sans l'obsession fessière, le sexe et celle du fric, ce qui le rend fréquentable et civiquement utile (pour du bon « care » pour la communauté). Le slam permet aussi au premier lascar venu d'imaginer qu'il a du talent et qu'il sait écrire, et de se faire un peu de thunes pour quelques vers de mirlitons. Et puis financer un atelier de slam c'est pas mal pour les finances publiques, dont on nous serine qu'il faut réduire les déficits pour stabiliser l'Euro,c'est quand même des économies intéressantes, ça évite de payer par exemple deux postes de professeurs de français au lieu d'un et ça donne bonne conscience dans le même mouvement. C'est pratique. Moi, j'ai du mal avec la vision à la fois misérabiliste et angélique de la banlieue que l'on trouve dans les textes de "Grand Corps Malade" par exemple. Pour parler d'une des idoles actuelles des MJC en dehors des champions de macramé.

    Le français, enfin la langue française veux-je dire, est mal barré, le bétail étant persuadé que c'est obsolète de bien s'exprimer et convaincu que les trois-cent trente chaînes qu'il a sur le câble ou le satellite compense son inculture crasse (cela ne l'empêche pas d'avoir des prétentions culturelles car il est sûr pour lui que lire deux ou trois articles sur Wikipédia suffit pour connaître un sujet).

  • Les nouveaux bagnes du progrès

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    pic_home.jpgJ’ai toujours eu beaucoup de scepticisme quant aux « grands penseurs » qui prétendent décider pour les autres de l’avenir du monde, je suivrai volontiers Montaigne sur le sujet, pour qui le progrès consiste surtout à construire de nouveaux bagnes y compris mentaux. Quand il s’agit d’idéal parfois commun, passe encore, mais quand cela implique un cynisme plus ou moins conscient je trouve cela insupportable. En l’occurrence, un peu par hasard, je suis tombé sur le site de « Terra Nova » qui affirme réfléchir à une « nouvelle gauche » qui fait d’Obama son idéal et de nouvelles idées pour changer les mentalités. On s’y affirme « progressiste », à savoir tout contradicteur est un réactionnaire, un homme des cavernes, un intégriste religieux. On notera avec amusement que le nom de cette fondation ressemble à ceux des organisations des grands méchants mégalomanes des films d’espionnage des années 60.

    On le voit bien, depuis quelques années, c’est principalement la destruction de la fameuse cellule familiale traditionnelle qui semble être la base de ce « changement ». Hors, on le constate aussi, l’aliénation moderne et les problèmes psychologiques nombreux dans les non-lieux immondes que sont devenus les quartiers des centre-villes sont surtout dus justement aux coups de boutoir assénés contre la famille qui était le premier vecteur de socialisation. Ce n’est pas grave, il faut aller encore plus loin, qu’il n’en reste plus rien. Bien sûr, il faut quand même préciser que la famille et sa solidarité est un mal, pour les autres, cela n’empêche absolument pas de pistonner ses propres enfants pour leur assurer une part conséquente du gâteau.

    marcais_non-lieux.jpgL’eugénisme social est présenté comme un progrès quand on n’encourage pas les plus pauvres à être stérilisés. Pourquoi cet eugénisme est-il insupportable, à juste titre, quand il s’agit des nazis ? Et pourquoi devient-il tolérable quand il s’agit de notre société qui le pratique afin d’assurer la normalisation des esprits et des corps, qui devient une simple marchandise, un bien de production ? C’est un mystère qu’il faudrait expliquer. Cet eugénisme est bien implanté dans les cerveaux, la plupart des gens le considèrent comme allant de soi.

    Sur le plan économique c’est du même acabit, tous les garde-fous qui assuraient une certaine stabilité sociale, l’équilibre un peu plus équitable des richesses, la protection des classes moyennes ou des précaires, sont constamment remis en cause que ce soit par la « nouvelle » droite ou la « nouvelle » gauche progressistes qui ne sont que les mêmes excroissances de la pensée libertarienne de Milton Friedman ou son fils David : tout est possible s’il y a un contrat même si ce contrat va à l’encontre de la morale ou du bien commun, il n’y a plus de limites au libéralisme et le système favorise la prise de richesses des plus riches par, entre autres, le fait de fixer des taux d’intérêt extrêmement élevés. On aurait tort de critiquer seulement Sarkozy pour ce genre d’opinions car finalement nombre d’éléphanteaux du PS ou de ténors UMP ou Modem ont en France exactement les mêmes idées s’assurant la majorité aux élections en empruntant aux populistes les idées les plus rances, on l’a vu en 2007.

     

  • Pandémies réelles (l'aveuglement est-il contagieux ?)

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    actu-monde-Des-Mexicains-portant-des-masques-dans-la-rue_articlephoto.jpgOn nous parle beaucoup de la grippe porcine, ça permet d'éviter les sujets qui fâchent, en l'occurrence les autres pandémies. Ce virus a pour l'instant fait très peu de victimes. Les mesures pour s'en protéger sont ridicules, le masque chirurgical laisse passer le virus (il ne protège que des projections de salive), les vaccins stockés ne sont pas efficaces. Ironiquement, les seuls masques vraiment utiles ressemblent à des groins de porc mais il y en a beaucoup moins en stock.

    Bien sûr, je suis très triste pour tous les alter-touristes qui ne pourront plus aller à Cancun ou Mexico.

    On oublie de parler du paludisme qui sévit dans les pays pauvres : 30 000 personnes par an,

    du SIDA en Afrique : un séropositif de plus toutes les 11 secondes en moyenne,

    de la famine, qui est une pandémie, une personne toutes les 13 secondes, du manque d'eau : un enfant meurt toutes les 6 secondes à cause de cela.

    Aborder ces pandémies remet en cause notre modèle de société et notre structure économique inique (mais vraisemblablement ça gêne concrètement peu de monde ces jeunes et moins jeunes de plus en plus à la rue.

    Sans oublier sous nos cieux l'épidémie d'esprit moutonnier et grégaire qui fait des ravages...

  • Saint Coluche au Panthéon des petits gros

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    Saint Coluche au Panthéon des petits gros comiques mais torturés

    coluche.jpgDepuis le film de de Caunes, « biopic » lisse et sans trop d'aspérités soutenu par son interprète, François-Xavier Demaison, on reparle de Coluche, des Restaus, de sa campagne à la présidentielle en 1981, et peu de son humour en fait. D'un côté on en fait un saint laïc, une figure inattaquable, de l'autre un histrion parfois lugubre, parfois pathétique, je me souviens encore de l'article de Christine Clerc dans « le Figaro », alors que maintenant elle l'encense se prétendant presque coluchienne (...de garde, ah, ah, ah suis-je donc spirituel). Je l'écoutais il y a vingt-cinq ans avec des copains de classe quand nous étions au collège, nous nous répétions ses blagues pas d'un humour d'une folle élégance, moins littéraires que Desproges, moins fines, mais qui faisaient rire souvent sans trop de prétentions. On avait tous regardé son « Droit de réponse » dont nous n'avions pas perçu le grotesque, pour nous c'était un adulte qui se déguisait et se moquait des gens qui se prenaient au sérieux, ce que nous avions également compris pendant sa campagne à la présidence. Son émission était bordélique, c'était souvent n'importe quoi mais ça nous suffisait. Je me souviens de celle où il a parlé la première fois des « Restaus du coeur ». Au début d'ailleurs, l'idée était certes de nourrir les pauvres, mais aussi et surtout de frapper du poing sur la table et provoquer une réaction des gouvernants, réaction qui n'a pas eu lieu, ceux-ci se satisfaisant maintenant de l'institutionnalisation des Restaus qui suppléent à leur incompétence en matière sociale, ou à leur cynisme maintenant carrément affiché, et à l'indifférence profonde du reste des bonnes gens qui finalement s'en foutent des pauvres.

    coluche_07.jpgJe me fous un peu que Coluche ait pris des drogues, ait bu un peu trop d'alcool ou se soit laissé aller à des beuveries voire des orgies. C'est un peu le problème de tous les créateurs qui sont tous des ogres qui ne veulent pas un ou deux verres mais plusieurs bouteilles de Champagne, qui ne mangent pas un ou deux huîtres mais douze douzaines. Personnellement, j'ai plus de tendresse pour les ogres que pour les gentils elfes qui chipotent sur la bouffe. Cela ne donne pas plus de talent, cela n'en enlève pas. C'est souvent trompeur quant au talent, son interprétation dans « Tchao Pantin », excellent film noir français et non classique platement filmé comme j'ai pu lire sous la plume de mon beau-frère maniaco-dépressif mormon, celui qui écrit dans les « Inrocks » toutes les semaines sa petite chronique à la fois méprisante et méprisable. Les autres films de Coluche, dans sa veine comique, ne sont pas si nuls qu'on l'a dit. C'était l'émanation d'une époque, en les revoyant dernièrement, j'ai trouvé qu'ils avaient un ton curieusement désuet de nos jours, un ton moins cynique que les comédies actuelles où l'on se croit obligé de faire de la dérision à trois francs six sous.

    Toute la révérence autour du personnage m'emmerde prodigieusement, et l'aurait certainement bien emmerdé. Cette révérence obligatoire c'est un peu la revanche des minables ordinaires ou des cuistres quotidiens, des enfoirés quoi, qui se ménagent leur petite place bien à eux dans un coin, leur antre confortable, et qui sont surtout bien obéissants envers les puissants et les riches, ceux qui disposent du pouvoir, qui ne remettent jamais rien en cause par peur de devoir abandonner leur planque. Il y en a pour dire qu'ils nous manquent et qu'il faudrait un nouveau Coluche (un nouveau Desprogres, un nouveau Le Luron...etc). Il était comme il était, avec son originalité, plus drôle au début qu'à la toute fin, au moment des émission sur Canal, « Coluche-Un faux » qui devenaient parfois franchement gênantes, pour lui, excepté les deux émission avec Denisot, l'une effectuée sous l'eau dans la piscine du Martinez et l'autre costumé en starlette aguicheuse. Et bien sûr, le mariage avec le Luron était un grand moment de foutage du monde qui était vraiment irrévérencieux et excellent. On est loin des types qui veulent faire rire, en ayant l'idée de changer le monde et de sortir des blagues concernées derrière : Je suis un comique mais je suis aussi un citoyen d'élite fédérant aussi bien les chrétiens de gauche dépressifs que les bourgeois bohèmes du Xème voire les libéraux-libertaires rurbanisés.

    jeanloup-sieff-coluche-paris-1985.jpgOn dit souvent que des humoristes comme Stéphane Guillon, Christophe Alévêque sont les héritiers de Coluche (comme ils sont aussi selon les médias ceux de Bedos, en viager quant à lui, mais aussi de Desproges qui s'en retournerait dans sa tombe). Ils sont bien fades au bout du compte et finalement totalement en connivence avec le pouvoir et les puissants comme d'autres. On oublie souvent en plus de parler de Choron quand on parle de Coluche, à mon avis bien plus impertinent et jamais là où l'on l'attendait. Ce n'est pas pour rien que Choron s'est fait courser par les huissiers toute sa vie et ne comptait plus les contrôles fiscaux. Maintenant les comiques ne prennent plus de risques, on passe à la télé, on montre son cul, on pète en direct, on rote ensuite (quelle audace !), on fait un film drôle visant la cible des ados décérébrés post-pubères, ensuite on fait son film sérieux et on finit chez Arthur à ricaner d'un type qui glisse sur une merde dans son jardin. Bien sûr, on ne se risquerait pas à mettre les pieds dans le plat pour de bon. Les « colucheries » des descendants se sont normalisées, même « les Nuls » ou « les Robins des bois ».

    Seulement voilà, prendre le risque de sortir du rang, en temps de crise, c'est moins bien vu. Le troupeau bêlant ne veut pas voir une tête qui dépasse. Il veut que tout le monde soit aussi conformiste que lui et ait les mêmes rêves étriqués : pavillon, chien, bagnole et pîscine gonflable dans le jardin de trois mètres carrés. Je ne sais pas, peut-être qu'un jour j'entrerai moi aussi au panthéon des petits gros....

    Ci-dessous mon sketch préféré de lui, "l'arabe philosophe"

  • Big Brother is [already] watching you

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    L'invasion des écrans
    86bd71b1b086d81ea26f1e7106de458a.jpgLes écrans envahissent toute notre vie : écran de pubs, de pseudo-réel, de fictions, utilitaires, futiles, caméras de sécurité non plus subies mais acceptées et engendrant la soumissions. Nous sommes dans un monde audio-visuel qui fait disparaître l'intimité considèrée comme une faiblesse, oblige à l'aveu de ses choix, de leur justification mieux que ne l'ont fait bien des tribunaux. Ces aveux obligatoires poussent d'ailleurs à la compartimentations des êtres humains en communautés ou tribus qui sont plus des empilages d'individus qu'autre chose. D'ailleurs beaucoup sont persuadés de faire un choix personnel et non imposé par la publicité et le déferlement d'informations ingurgité sans précautions, déferlement conduisant d'ailleurs à autant d'ignorance qu'avant les fameuses autoroutes de l'information si ce n'est plus.
    Faut-il alors se lancer obligatoirement dans une sorte de délire paranoïaque sans contrôle ou simplement essayer de changer les mentalités de l'intérieur ? Ou être aussi radical que Peter Watkins pour qui l'hyper-libéralisme engendre lui-même les germes de sa propre destruction ? Tout cela, cet excellent livre aide à le comprendre.
    6efb884784e5ce02308939f96c585c56.jpgPeter Watkins est l'auteur de cet excellent film annonçant avant l'heure la téléréalité, le retour à un ordre conformiste, le triomphe de l'hyper-libéralisme : "Punishment Park" daté de 1971. Des marginaux doivent reprendre leur vie aux gouvernants en traversant le désert du Nevada, selon le principe d'un jeu télévisé en direct. Ceux qui survivent ont droit à la vie sauve mais doivent à tout prix s'intégrer aux valeurs 42c20b8e5e20ba47fb8eeeea33143897.jpgcommunes. Bien sûr, en accepter les règles c'est déjà se soumettre à un ordre fondamentalement inique. Cette oeuvre choc donne une toute autre image de la génération hippie que les fleurs, les mantras, les guitares et les voyages à Katmandou. Son auteur est un authentique radical qui garde dans ce livre sur les medias toutes ses opinions intactes sur une société qui n'a guère changé en 33 ans. "Punishment Park" dénonçait déjà les Mass Media Audio Visuels, "Media Crisis" les analise et montre les conséquences de leur influence sur les êtres : la standardisation des esprits, la montée de l'indifférence, de l'égoïsme, le travestissement de la réalité où tout devient virtuel (bientôt l'amour ?), la destruction de l'environnement entraînée par un pillage sans scrupules de la planète pour entretenir la consommation et le pouvoir de quelques uns.

    Titre : Media Crisis | Auteur : Peter Watkins, Patrick Watkins | Editeur : Homnisphères