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loup dans la bergerie

  • A force de crier au loup

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     Depuis des années, voire des décennies, les voix des « grandes consciences » c'est elles qui se qualifient ainsi, nous alertent sur le risque de réveil de la bête immonde de l'antisémitisme dés qu'un taré trace une croix gammée à la bombe de peinture sur une porte cochère ou prononce des paroles antisémites. On donne aussi aux profanations de cimetière par des tarés qui vont de la bouture de nazillon bas du front au cyberautiste qui s'imagine être au dernier niveau d'un jeu « gore » en passant par des gosses de banlieue « anti-sionistes » ou qui veulent simplement se singulariser en choquant les adultes et les éducateurs.

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    Il y a même des sites qui se spécialisent dans la tâche douteuse de dénoncer ceux qu'ils supposent être antisémites, ne se basant que sur leurs présupposés et a-priori comme on le voit souvent (de quelques dénonciations arbitraires)...

     

    Il est bien clair pour ces « grandes consciences » l'antisémite est forcément un français, un « petit blanc », d'extrême-droite ou de droite radicale, un « crâne rasé », un catholique vaguement traditionnel nostalgique du pétainisme, forcément, de la messe dos au peuple et de l'admonestation sur les « juifs déicides » considérant les catholiques comme ils étaient en 1900. Un catholique même « laveur de carreaux » (TM°) et gentil tout plein, qui chante des psaumes en hébreu, a beaucoup à se faire pardonner pour ces « grandes consciences », il est suspect malgré tout.

     

    C'est un cliché bien implanté encore maintenant, certain, même, au moment de « l'affaire Dieudonné », de « Politis » à « Golias », ont cru pouvoir opérer un tour de force et l'appliquer quand même aux fans de Dieudonné assimilés aux soutiens de la « Manif pour tous » par un tour de passe-passe rhétorique un peu douteux. Et de faire taper dans les mains, avec un air concerné, le public des citoyens consommateurs en leur faisant écouter « Anne ma soeur Anne » de Louis Chédid qui évoquait surtout le Front National...

     

    Par contre, des populations « issues de la diversité » (TM°) ne peuvent pas être racistes, ne peuvent pas se conduire lamentablement. Surtout quand elles agissent violemment au nom de « l'antisionisme ». A gauche, et parfois à droite, on a été longtemps aveugle sur la responsabilité que l'on porte dans la montée d'une haine des juifs forte et beaucoup plus agressivement exprimée que chez les « petits blancs » cités en début de texte, ce qui ne signifie pas que je l'excuse chez eux bien entendu.

     

    A gauche car l'on pense que le sionisme est un des derniers colonialismes occidentaux, à droite, parce que pour certains la construction de l'état d'Israël était une absurdité aux dépens des palestiniens et aussi car une minorité garde la bonne vieille tradition de l'antisémitisme.

     

    Comment peut-on croire sérieusement que les gosses des banlieues difficiles, fans de Dieudonné pour certains, souvent plus ou moins déscolarisés, font la différence entre juif et sioniste ? Comment peut-on croire qu'ils puissent accéder à la compréhension de la complexité de la guerre israélo-palestinienne qui ne peut se réduire à des schémas, des slogans ? Il n'empêche, un gamin d'origine arabe ou africaine ne peut pas être raciste, une victime du racisme supposé général des « souchiens » (TM° avec des pincettes) oui, mais un raciste, non ! Ce qui est raciste à son encontre d'ailleurs, puisque l'on suppose qu'il n'appartient pas à la même espèce humaine en somme, ne pouvant faire preuve des mêmes travers que tous les autres primates lamentables qui se meuvent à la surface de notre boule de glaise commune.

     

    Rappelons aussi ces cris d'orfraie dés que quelqu'un ose émettre le moindre début de critique, même embryonnaire, sur la politique israélienne. Et puis il y a ce réflexe que personne n'ose évoquer vraiment, mais qui est bien tangible, bien réel, qui est un réflexe communautaire des personnalités de confession judaïque qui réagissent, à coup sûr légitimement le croient-elles, dés qu'elles imaginent leur communauté originelle attaquée.

     

    A force de crier au loup, ceux qui sont injustement accusés finiront par se mettre en colère et se radicaliser pour de bon contre la communauté juive, à force de crier au loup, plus personne n'écoutera quand les loups seront vraiment entrés dans la bergerie...

     

    image prise sur l'excellent blog "rockandrouge"