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losers

  • Losers

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    en photo : Ignatius J. Reilly de "la conjuration des imbéciles"

    « Qu'est-ce que ça peut faire, où on vous met quand vous êtes mort? Dans un puisard dégueulasse ou dans un mausolée de marbre au sommet d'une grande colline? Vous êtes mort, vous dormez du grand sommeil... vous vous en foutez, de ces choses-là... le pétrole, l'eau, c'est de l'air et du vent pour vous... »

    (Raymond Chandler - « Le Grand Sommeil », 1939)

     

    On cite ce mot d’Alexandre : « Si je n’étais Alexandre, je voudrais être Diogène ! »

     

    Dans la littérature, on trouve parfois des perdants, des losers, souvent magnifiques, à savoir des personnages qui ont des exigences en matière de vérité des faits et des personnes un peu plus élevées que la moyenne. C'est un personnage plus intéressant que les autres en matière romanesque, le clampin à qui il n'arrive jamais rien de bien palpitant n'ayant aucun intérêt. Les personnages de Philip K. Dick le sont tous, ne maîtrisant absolument rien de leur destin, la plupart du temps incapables de s'adapter aux diktats de la société. Philip K. Dick en était un lui-même pour le reste du monde, écrivant sans trève, alternant plusieurs petits boulots parfois humiliants pour faire vivre ses familles. La gloire est venue très tard, juste avant « Blade Runner », peu de temps avant qu'il ne meurt. Dick s'en fichait d'être loser, sachant très bien que la réussite apparente n'est qu'un simulacre, une imitation d'humanité. Fitzgerald a été à la fois le héros ultime de son temps, brillant, riche, aimé, tombant ensuite dans une déchéance sans beaucoup d'honneur, allant jusqu'à l'abjection puisque c'était certainement une des taupes de Washington au moment de « la chasse aux sorcières ».

    C'est mal vu d'être un loser à notre époque, même magnifique. De là à dire que notre époque a des exigences très peu importantes en matière de vérité, de morale et de personnes il n'y a qu'un pas que je n'hésiterai pas à franchir. Il y a loser et loser, les joueurs de l'équipe de France, par exemple, sont des icônes de gagneurs, ou plutôt de « bonnes gagneuses », comme ces tapineuses qui font la fierté de leurs macs. Il y a aussi cette hypocrisie qui consiste à trouver les perdants géniaux dans la littérature et les films et ne respecter dans la vie de tous les jours que les porteurs de breloques, de médailles de carnaval, d'accessoires bien clinquants. Dans un pays comme la France, bizarrement, se targuant d'égalité encore maintenant dans sa devise, et de la fameuse phrase « faut être comme tout le monde », c'est peut-être encore pire, les petits tyranneaux de province, les roitelets de canton sont adulés, adorés, choyés, ainsi que leur progéniture par la suite le plus souvent.

    Le loser, ou du moins celui, ou celle, que l'on considère comme tel, on lui parle avec commisération. On aime bien dire qu'on l'aide, alors qu'en fait on le méprise car ce qui compte toujours dans notre société hiérarchisée et hautement hiérarchique, c'est le rang que l'on occupe qui compte, le rapport de forces qui reste la seule chose qui compte.

    Il y aura peut-être une suite à ce texte (ou pas)

    Ci-dessous, un film parlant d'un loser magnifique

  • Jack Palmer enquête en banlieue

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    J'aime beaucoup les enquêtes de Jack Palmer, privé minable et débile, incompétent à plein temps, imaginé par Pétillon. Il ne résout jamais ses enquêtes, ou alors tout à fait par hasard, ne comprend rien à ce qui lui arrive. Il a eu plusieurs styles suivant l'évolution du dessin de Pétillon. au départ inspiré des dessinateurs américains de "Mad", il a fini par trouver sa touche. Palmer vit dans une mansarde où il vivote tout en repassant son permis régulièrement (il en est à vingt-sept tentatives), il a des ardoises partout dans les cafés du quartier où il boit sous des faux noms. J'aime particulièrement l'histoire du "Grand Sommeil" revue et corrigée en employant les termes et les images politiquement correctes (un mari devient un violeur légal, on ne dit plus un imbécile mais un individu à compréhension différée etc...). Ci-dessous, Palmer enquête en banlieue dans "l'Affaire du voile".

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