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judaïsme

  • les lettres de Menahem le "songe creux"

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    515JMQRwWpL._.jpgLes éditions Liana Levi ont l'excellente idée de rééditer dans la collection « Piccolo » le recueil des chroniques de Menahem Mendl, habitant d'un « shtel » d'Europe de l'Est proche de Kiev qu'il appelle « Yeoupetz » ayant eu l'idée bizarre aux yeux de ces semblables d'émigrer en Amérique pour devenir grand spécialiste de la bourse considérant que comme il est déjà doué pour négocier sur le marché, il y arrivera tout aussi bien à Wall Street. Mais au moins évitera-t-il de prendre le risque de se faire massacrer dans un pogrom ou un autre...

    Il évoque la difficulté de célébrer les fêtes traditionnelles dans un peuple pour lui « impie », dont « Pessah » ou « Sukkot », et les divertissements des peuples étranges qu'il découvre autour de lui dont le théâtre de Broadway, et ses « girls » tentatrices, ou les cabarets sur la « grande voie blanche ». La préface parle de Mark Twain mais l'auteur de ce recueil épistolaire rejoint également Groucho Marx et Woody Allen dans la grande tradition de l'humour juif new yorkais, un humour de sales gosses qui aiment tourner en dérision les ridicules et les vanités.

    C'est toujours un peu le principe de l'indien ou du huron découvrant le monde occidental et ses coutumes si étranges, ici un juif « hassidim », qu'il décrit à sa femme et ses amis en leur écrivant chaque semaine une lettre en « yiddish », ici il faut signaler le talent de la traductrice qui fait un travail d'adaptation remarquable, Nadia Déhan-Rothschild même s'il reste des termes intraduisibles, le yiddish étant comme tous les « pidjins » de minorités d'abord conçu pour embrouiller les représentants de l'autorité qui auraient la mauvaise idée de contrôler les papiers de l'émigré clandestin qu'est Menahem qui ressemble par bien des traits au personnage du vagabond de Chaplin. 

    Menahem se fait enguirlander par sa femme du fait des « mauvaises » rencontres qu'il pourrait faire et qui pourrait le détourner de la « vraie » foi juive, dont les nombreux rites « koscher » dont certains n'existent, il le reconnaît lui-même que pour enrichir les rabbins. Lui-même s'extasie devant les « merveilles » qu'il découvre, dont les sandwiches vendus dans la rue, et peste contre tous les problèmes liés au fait d'être d'une communauté méprisée par les « W.A.S.P ». Il rencontre d'autres émigrés pauvres, d'autres origines que la sienne, parfois de ces anciens « ennemis héréditaires » comme des turcs qui subissent les mêmes souffrances que lui à New York et avec lesquels il est bien obligé de rechercher une fraternité, celle des miséreux.

  • L'autiste qui voyait des antisémites partout...

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    antism.jpg

    Dédié à Arnaud qui a raté une "bonne fortune" par ma faute, et d'autres croisés côté pseudo-"sioniste" (souvent surtout musulmanophobe) et sur l'autre rive, pseudos-"antisionistes" (souvent surtout judéophobe)...

     

    Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. »


    Ami lecteur, tu le croirais à peine, mais un jour que je parlais de mon expérience en Palestine, je me suis fait sonorement traiter d'antisémite par une jolie brune au décolleté plongeant, ce qui me valut le courroux de l'ami qui m'invitait ce soir-là car il avait des intentions galantes voire plus si affinités envers cette personne charmante au demeurant (qui faisait les mêmes raisonnement sur la questions que les auteurs du dossier du "Nouvel Obs" en illustration, voir ci-contre).


    Tu vas rire, ami lecteur, mais un peu plus tard, alors que je faisais part de mon enthousiasme à découvrir l'ouverture d'esprit et la culture des habitants de Tel Aviv ou Haïfa, je me faisais traiter d'islamophobe et l'on me soupçonna d'être un agent dormant de la « Hasbara »...

     

    Plutôt que de me lancer dans une longue tirade justificative maladroite comme beaucoup d'antisémites, des vrais, dont beaucoup de prétendus « antisionistes » du Net ou d'ailleurs (rires), savent le faire :

    « Je ne suis pas antisémite, je respecte beaucoup le judaïsme, d'ailleurs j'ai de très bons amis juifs etc... » ; j'ai préféré demander à la personne qui me décernait cette épithète ce qui la justifiait selon elle dans mon propos.

     

    C'était simple, j'avais dit que j'étais à Jérusalem en Palestine, dans un des quartiers palestiniens de la Ville. Dire cela à ses yeux c'était être antisémite et coupait court à toute discussion, ce qui revient à dire donc que les israéliens juifs membres de « Gush Shalom », ou « Peace Now », qui militent activement chaque jour pour la paix entre israéliens et palestiniens sont donc dans la haine de leur propre identité.

     

    Et racistes.

     

    C'était oublier aussi quand même que 20% des israéliens, ce qui fait quand même du monde, ne 


     
    relève pas du tout du judaïsme. Mais c'est ainsi, il ne s'agissait 

    même pas d'une critique embryonnaire de la politique d’Israël envers ses voisins ou envers la Palestine, mais de constater que la Palestine existe, ainsi que les palestiniens. Selon les partisans d’Israël pour qui cette critique est forcément antisémite, cela tient du fait qu’Israël est un pays souverain, ce qui est tout à fait exact, et que donc un autre pays souverain ne peut se permettre de le critiquer, ce qui signifierait que celui-ci se donnerait une autorité ou un pouvoir indu sur l'état hébreu. Les mêmes, tu l'as souvent constaté comme moi ami lecteur, parfois dans la même phrase, s'empresseront de critiquer la politique de tous les autres pays.

    Contradiction assez importante qu'ils ne remarquent même pas.

     

    Poussés dans leurs derniers retranchements, et à bout d'arguments, les mêmes invoquent alors la Shoah qui justifieraient selon eux que les soldats de « Tsahal » se comportent avec les palestiniens aussi mal que les soldats du tsar avec les habitants des « shtetls » de l'Europe de l'Est, par exemple. Ces partisans jusqu'à l'autisme d’Israël, qui voit de l'antisémitisme partout, sont au fond leurs pires ennemis. Car l'antisionisme frauduleux qui se développe depuis plusieurs années en France et ailleurs en Europe de l'Ou

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    est, dans une certaine extrême-gauche mais aussi dans les quartiers dits difficiles où la population musulmane est importante, la question palestinienne y est centrale, relève plus ou moins de leur responsabilité et de leur compulsion à considérer que toute ébauche de discussions sur les palestiniens est forcément une manifestation de judéophobie proche du nazisme.

     

    Et il est maintenant bien tard, excepté des initiatives comme par exemple celle du père Shufani qui emmena des jeunes palestiniens à Auschwitz pour leur faire prendre conscience de ce que les grands parents ou parents des juifs ayant fait leur « aliyah » avaient pu vivre comme traumatisme. Et il fit visiter également des camps de réfugiés palestiniens à de jeunes israéliens pour leur montrer ce que vivait des adolescents comme eux juste en face de chez eux.

     

    Ne se baser que sur l'émotionnel et l'affectivité pour interdire toute polémique, qui un énième témoignage prétendant à chaque fois rompre le silence qui l'est, rompu, depuis longtemps, sur la « Shoah », qui un rappel solennel au risque de retour des fameuses z-heures les plus sombres (TM°) pour éviter toute discussion sur Israèl, ne mènera pourtant qu'à exacerber les tensions et les haines un peu plus. Et pas seulement en Israèl ou en Palestine...

     

     

    A l'inverse, et pour être équitable jusqu'au bout, ne se baser que sur le poignant et le sur-affectif, sur l'anathème ronflant et les grandes et belles déclarations pseudo-humanistes pour défendre les palestiniens ne mènera également nullement à la paix...

    Couverture du "Nouvel Obs" prise ici

    La couverture de "Hitler = SS" de Vuillemin et Gourio est prise sur BDZoom

  • "Citoyen consommateur" et "sottise démocratique"

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    "Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli."

    Gustave Flaubert.

    Depuis déjà quelques années, le mouvement s'accélérant avec l'expansion d'Internet et du virtuel dans les foyers, et ce quel que soit le camp politique, la foi religieuse, la couleur des yeux, la plupart des français, de souche, de première, deuxième ou troisième génération, ne veulent plus vivre que d'après leurs règles ou celles propres à la communauté ou au groupe social dont ils se réclament, et rejettent catégoriquement la loi commune considérée comme une oppression insupportable, un diktat atrocement arbitraire de la même manière que le ferait des enfants gâtés qui n'ont jamais été contredits par les parents.

     

    politique, société, hypocrisie, PS, UMP, FN, Islam, christianisme, Judaïsme, religions, sottise démocratiqueIls veulent exprimer leurs haines, toujours abjectes, en toute impunité et sans que cela ne porte à conséquence, des haines à les entendre légitimes, naissant de leur souci de la justice, des haines dont ils ne prennent pas complètement la responsabilité les justifiant toujours assez grotesquement, les moyens de communication modernes leur donnant toute latitude pour le faire et le faire anonymement.

     

    Enfin, un anonymat tout relatif, car on sait très bien ce qu'il en est réellement.

     

    Ces haines, même exprimées sur Internet, ne sont que lss mêmes vieilles dégoûtations traditionnelles dans l'un ou l'autre camp, l'une ou l'autre foi, la nature humaine ne changeant guère malgré les énormes progrès techniques.

     

    Ils veulent vivre selon leurs propres coutumes et mode de vie, se vêtir et manger comme ils l'entendent fût-ce au mépris des personnes avec qui ils vivent, des coutumes qu'ils ne cherchent même plus à justifier selon une tradition ou un passé idéalisé, les connaissant de toutes façons très mal ou les ignorant, mais selon leurs caprices du moment, le seul argumentaire étant généralement de leur part « ce comportement est le meilleur car j'en ai envie » ou encore « c'est bien parce que je trouve que c'est bien », l'heure étant à la simplification extrême.

     

    La plupart des français ne veulent plus respecter des règles qu'ils n'ont pas choisies au départ, des règles communes pourtant indispensables pour maintenir le compromis social qui permet de vivre en collectivité sans avoir besoin de coercition ou d'user de violences et dont le respect ne se choisit pas et n'a pas à être choisi à part l'assentiment que tout citoyen consent théoriquement à donner pour souscrire à des valeurs communes, ce qu'évoquait Renan quand il parlait de la Nation française, il y a une éternité semble-t-il lorsque l'on considére les bouleversements que celle-ci a subie depuis sa conférence sur ce sujet.

     

    La règle générale est la consommation de la citoyenneté ou ce qu'il en reste, le citoyen-consommateur se promenant dans les rayons de la société libérale libertaire actuelle ainsi que dans un immense supermarché où il ne choisit que les valeurs et les idées qui l'arrangent se contentant généralement des produits « discount » que sont l'humanitarisme très vague et d'une mièvrerie sans pareil qui sévit à la télévision, la radio, dans les journaux, dans la rue, un peu partout, toute réflexion quant aux questions de société étant bannie au profit d'une sur-affectivité bien dégoûtante et délirante.

     

    L'auteur de ces lignes est quant à lui révulsé par l'inconscience totale de ces « citoyens-consommateurs » car elle risque fort de déboucher sur des violences sociales et communautaires de pire en pire et l'arrivée au pouvoir de démagogues d'un bord ou de l'autre, ce qui revient au même. Ou peut-être est-ce simplement qu'en bon anarchiste de droite que je suis, je ne fasse qu'exprimer mon dégoût de la « sottise démocratique » telle qu'elle s'exprime aujourd'hui...

    Couverture prise ici

  • Le temps des bonnes intentions et le temps des assassins

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    En débat sur Agoravox

     Les évènements de la tuerie de Toulouse

    Cela fait des années, des décennies, que dès que l’on évoque les risques liés au fondamentalisme musulman, ou que l’on tente d’avertir sur les dangers d’une anti-sionisme qui cache souvent bien mal les haines judéophobes de ces promoteurs, l’on promet le retour des heures les plus sombres de notre histoire (TM°), des ordres noirs.

    image prise ici

    tuerie-toulouse.jpgCela ne préjuge pas de la grande majorité des croyants musulmans, qui ne font pas de politique, qui ne se soucient que de travailler et vivre en bonne entente avec les autres français. Les premières victimes du fondamentalisme se targuant de représenter leurs valeurs, c’est d’abord et avant tout eux d’ailleurs.

    Juste après les tueries de Toulouse, d’ailleurs, ça n’a pas raté, le criminel était forcément un néo-nazi, un raciste bas du front. Il s’avère que non, c’était un djihadiste qui a commis ces actes pour venger les palestiniens et du fait de l’engagement français en Afghanistan.

    D’autres commentateurs, plus ou moins hypocrites s’inquiétaient de la récupération possible de ces assassinats, s’angoissant en fait sur leur propre récupération de ces évènements, s’angoissant aussi de ne pas pouvoir encore une fois se mettre en valeur en jouant les consciences éclairées.

     Maintenant, du fait de leur aveuglement à ne pas vouloir traiter la question de l’intégrisme musulman en amont, de leur sottise, de leurs bonnes intentions qui ne mènent qu’à la haine, de la récupération ils vont en avoir, de leur appétence à jouer les Zorros, les Robins des Bois, dans des causes légitimes, comme la cause palestinienne, à laquelle ils font surtout du mal, la déligitimant par leur bêtise crasse, de la récupération ils vont en avoir.

    Ces idiots utiles sont les alliés objectifs de Marine le Pen, et s’ils s’obstinent d’une radicalisation des positions de chacun, entrainant là un risque tout à fait réel ici du retour des heures barbares et du temps des assassins.

    Et depuis ce matin, ces beaux esprits sont toujours dans le déni le plus total, il ne faut rien aborder, ne pas en parler et continuer la tête dans le sable, tels les autruches, par peur de « stigmatiser » les populations musulmanes.

    Assez de coupable indulgence sur des coutumes barbares qui n’ont aucun sens, assez de coupable indulgence sur toutes les atteintes aux valeurs de liberté, toutes ces atteintes contre les femmes en particulier, aux valeurs qui portent notre société !

    Assez de tolérance et de sensiblerie quant aux radicaux religieux, qui sont de toute façon minoritaires ! Assez d’ignorances sur les croyances des uns et des autres aussi !

    Ne pas vouloir régler la question, ne pas vouloir regarder le réel en face, n’engendrera qu’un peu plus de haine, un peu plus de tentations mortifères, d’autres tueries.

    On ne discute pas avec des fondamentalistes, on ne leur tient pas un langage mièvre et compréhensif. Entrer dans leur discours, comme pour tous les fanatiques, qu’ils soient religieux ou idéologiques, c’est déjà accepter leurs thèses, c’est déjà souscrire à leurs idées. Les fanatiques et les fanaticophiles ne méritent qu’une réponse, le mépris et que l’on tourne les stupidités qui sortent de leurs cervelles malades en dérision, rien d’autres. Ils n’ont que leur haine en eux, une haine qui comme un poison les envahit et remplit tout.

  • "Gazoute ou l'étoile en balsa" - la mémoire des juifs portugais

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    Aussi sur Agoravox

     Chantal Figueira Lévy, Gazoute ou l'étoile en balsa, éditions Cogito Ergo Sum, août 2011, 134 pages, 18 €

    9782953934311_1_75.jpgFrédéric Seaux a créé sa maison d'éditions au printemps 2011, « Cogito Ergo Sum », pour publier les livres qui lui tiennent à cœur d'auteurs normands en particulier, mais il n'a pas d'exclusive quant à l'origine régionale des écrivains qui lui envoient ses manuscrits.

    La Normandie a été et est toujours un vivier d'écrivains et de passionnés de la littérature : Maupassant, Flaubert, Maurice Leblanc, Philippe Delerm, Olivier Frébourg, Nicolas Rey entre autres. Cet éditeur est diplômé d'histoire et enseigne les Lettres/Histoire en Lycée Professionnel à Neufchâtel-en-Bray.

    Il est aussi journaliste et animateur radio.

    Le livre de Chantal Figueira Lévy est la deuxième publication des éditions « Cogito Ergo Sum ». C'est bien un livre qui fait penser, qui fait prendre conscience.

    Elle est issue d'une famille de « marranes », juifs convertis de force au XVIème siècle, soupçonnés d'être apatrides même après leur conversion.

    Elle tient beaucoup à son identité juive,et à toutes ses traditions qui ont bercées sa jeunesse.

    Elle est passionnée par son métier d'architecte d'intérieur, comme son héroïne et par l'écriture, qui lui permet le rêve.

    Dans cette œuvre de fiction, l'auteur nous convie à un voyage dans la mémoire des juifs portugais, de ce qu'ils ont vécu depuis la « Reconquista », pendant la dictature de Salazar et maintenant, de la persécution larvée, ou sans équivoque, qu'ils ont subi, de leurs coutumes, de leur faculté à se consoler des maux subis.

    L'histoire commence le 10 mai 2016, Julia Frances, architecte d'intérieur reconnu, célébré, est en séances de dédicace pour son autobiographie sous les flashes des photographes, les demandes de dédicaces.

    Elle s'embête. Elle finit par pouvoir aller se coucher, se retrouve seul et fait le bilan de sa vie.

    Elle a l'impression de se perdre dans toutes les mondanités qu'elle supporte comme un fardeau, elle a peur de ne plus savoir qui elle est vraiment, d'oublier quelles sont ses racines. Elle sait aussi que pour devenir celle qu'elle est, elle a dû renier de nombreuses choses : elle-même, un amour perdu.

    Une petite voix qu'elle n'a pas entendue depuis longtemps, la voix de sa conscience, de sa sagesse, elle petite fille peut-être, se rappelle à elle et l'aide à se remémorer de tout ce qu'elle a traversé, du courage de son peuple. Sa petite voix évoque son goût pour l'esthétique, pour tout un monde de formes et de couleurs. Elle plonge Julia dans son enfance, quand elle n'était pas encore la grande Julia Frances, quand elle vivait à Tomar et Lisboa.

    Ce livre est un peu dans le style d'introspection féminine, sympathique, pleine d'humour, comme Céline Minard en écrit, en toute liberté et sans prétentions.

  • Les antisémites 2.0

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    J'ai proposé cet article sur Agoravox, je serais agréablement surpris qu'il y passe vu le nombre d'antisémites 2.0 qui votent ou non pour les articles...

    Il est passé et suscite les réactions attendues

    antisemitism_european.jpgIl y a quelques mois je n'aurais pas cru écrire le texte que je m'apprête à rédiger, j'aurais trouvé cela hautement bien-pensant ou politiquement correct et pourtant. Quand j'entendais parler de plaintes contre l'antisémitisme des uns ou des autres, je trouvais cela disproportionné à l'extrême. Quand même, en 2010, me disais-je, il ne peut y avoir autant de judéophobes. Parfois même sur certains sites, je me suis fait moi-même traiter d'antisémite du fait de critiques personnelles sur la politique israélienne, ce qui m'avait confirmé dans mon opinion, tout cela était bel et bien disproportionné.

    Je ne remettais d'ailleurs pourtant jamais en question l'existence d'Israèl et encore moins son droit légitime à la sécurité. Cela ne me serait même pas venu à l'idée.

    En exprimant ce genre d'opinions me disais-je on se heurtait à une sorte de refus autiste de toutes réflexions, ce que je ne comprenais ni n'acceptais.

    Et puis un jour dans un article, j'ai eu le malheur d'écrire que j'aimais Israèl, malgré tout ce que je trouvais à reprocher à ce pays, car au moins à Tel Aviv et Haïfa, voire à Newe Shalom, petit village qui montre que la cohabitation est possible, et dans quelques rues de Jérusalem, on avait sous les yeux un modèle de société réellement multiculturelle et universaliste. De plus, je reconnaissais, aggravant mon cas aux yeux des pseudo-sectateurs du sionisme que les kibbutzim, au moins au début, étaient une utopie concrète et réussie de société réellement collectiviste sans pour cela faire appel à une dictature et l'éxécution des opposants.

    Que n'avais-je dit !

    En quelques messages, j'étais devenu un suppôt du lobby juif international, un agent du sionisme, un activiste se cachant sous la défroque d'un anarchiste de droite plutôt catholique, un hasbariste (auparavant, je ne savais même pas ce que terme recouvrait, quelques exemples des accusations contre des supposés hasbaristes). Depuis, systématiquement, mes articles sont saccagés, mes commentaires raillés. Il n'y a pas de critique réelle du contenu des articles, seulement des attaques « ad hominem » par tombereaux, et des injures abjectes par douzaines. Tout ça parce que pour les antisémites 2.0 en meute (du genre à se prendre pour des pitt-bulls alors que ce ne sont que des chihuahuas tout au plus), je suis un militant sioniste.

    Certains en sont à 300 ou 400 commentaires tous plus épouvantables de malveillance les uns que les autres à mon encontre. Je me suis demandé quel était le genre de l'antisémite 2.0 : cela va du bureaucrate hargneux, planqué derrière son ordinateur, qui se venge de ses frustrations en se trouvant un bouc-émissaire commode au simplet sans vie, qui surfe 24 heures sur 24 pour déverser sa bile et sa haine, et qui lui aussi a cru trouvé un responsable à tous ses malheures, le sioniste. Depuis qu'il a entendu parler de la cause palestinienne, dont finalement il se fiche complètement (je n'ai jamais vu d'antisémite 2.0 en Terre Sainte pour aider les populations par exemple), il a trouvé un prétexte commode pour justifier ce qui reste le « bon vieil » antisémitisme.

    Sur l'échiquier politique, cela va du gauchiste bon teint, prêt à se comporter comme un vulgaire Doriot au final ou à finir dans la milice (il a souvent tout du milicien, de la violence verbale à l'attitude générale). Je connais bien, il passe deux jours en Israèl/Palestine, il a tout compris, il a la solution, il connait les coupables, à l'identitaire sans cervelle (pléonasme ?) qui prétend défendre parfois l'identité catholique, oubliant qu'un chrétien ne peut pas, par définition, et par nature, être antisémite, ce qui équivaut pour lui à blasphèmer et rejeter la moitié de sa foi. A Gaza, où nous avions emmené l'un d'eux, le brave homme se conduisait en terrain conquis, en colonie, visitant tout comme s'il était chez lui, ne respectant pas les palestiniens qui n'étaient pour lui que de pauvres bougres arriérés dont au fond il se moquait.

    Je me trompais, en fait, l'antisémitisme se répand de plus en plus, il est de plus en plus décomplexé, car les imbéciles déversant leur haine en toute impunité sur la plupart des forums, qui sont du pain béni pour les crétins obtus en tout gen, où il est impossible d'avoir, sauf de rares exceptions, une discussion raisonnable et saine par leur faute. Quand on leur met le nez dans leur discours, ceux-ci font comme tout les fanatiques et extrèmistes, ils hurlent à l'atteinte à la liberté d'expression et aux droits de l'homme, droits de l'homme qu'ils raillent sans cesse par ailleurs, étant en cela contradictoire.

    Les modérateurs des forums n'osent pas encore trop les reprendre car ce sont eux qui grossisent le nombre de visiteurs, et ils ont peur de faire baisser le taux de fréquentation. Il me semble que ce serait sûrement un risque à prendre pourtant.

    ci-dessous un exemple d'abjections que l'on trouve sur le net

    antisemitisme-etoiles-jaunes-nez-crochus-carn-L-2.jpeg

  • J'aggrave mon cas...

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    ...aux yeux des matamores de l'islamophobie

    415px-Santiago_matamores.jpgEn Terre dite Sainte, où j'ai vécu deux ans comme on sait, j'ai trouvé la violence, la haine, la sottise, mais j'ai aussi trouvé deux peuples remarquables et divers, palestiniens et juifs, qui ont encore des valeurs que nous avons perdues depuis belle lurette. Quant à vous, chers amis matamores, je ne dirais qu'une chose, ils sont meilleurs que vous, bien meilleurs, et ce malgré tout leurs défauts. Vous, vous ne songez qu'à consommer, finalement, derrière toutes vos grandes déclarations de matamores, vous ne pensez qu'au fric, celui-ci vous obsède, comment en avoir plus, comment le consommer. Vos tonitruances naissent de votre frustration de ne pas en avoir plus, et rien d'autres, la culture française, vous n'en avez rien à foutre, vous n'ouvrez jamais un bouquin car « vous n'avez pas le temps », la beauté des monuments de France est le cadet de vos soucis, vous songez surtout au pavillon moche de vos rêves étriqués que vous rêvez de vous faire construire en bordure de ville, en quartier « rurbain ». Quand vous habitez à la campagne, vous râlez contre le coq, les ânes, les autres animaux, le bruit des tracteurs et l'odeur des bouses, comme les « bobos » qui sont votre alibi, le bobo, cet infâme personnage selon vous est votre trouvaille génial selon vous afin de justifier votre inappétence aux choses de l'esprit. Je ne dis pas bien sûr que les bobos n'ont pas de prétentions, mais le fait qu'ils en aient ne signifie pas que avoir des aspirations intellectuelles élevées soit la conséquence d'une prétention.

    J'aime les palestiniens, qui ne sont pas des arabes d'ailleurs, bien que pour vous ce ne soit que des « bougnoules », car ils étaient capables d'accueil sans conditions, du plus riche au plus pauvre, qu'ils ne se souciaient ni du louque, ni de l'apparence, ou du physique, ou d'un statut social. Je ne parle même pas de ces chrétiens palestiniens capables de prier toute une messe en français pour accueillir trois personnes.

    Pour toutes ces raisons, ils sont meilleurs que vous.

    J'aime aussi profondément les israéliens, qui sont multiples, quatorze communautés, et capables d'engager une conversation avec quelqu'un qu'ils ne connaissent pas, juste pour le mettre en confiance, l'accueillir, juste parce qu'ils sont curieux des autres, dans les villes laïques du pays comme Tel Aviv ou Haïfa, pour que l'autre ne se perde pas dans sa solitude. J'ai même rencontré cet accueil à Jérusalem chez l'un ou l'autre, comme cette dame capable de nous recevoir pour Hanukah sans que cela ne pose de questions. Combien de chrétiens invitent pour Noèl des gens qui ne sont pas de leur famille ? Des nouveaux arrivants dans une paroisse ?

    Pour tout cela, ils sont meilleurs que vous eux aussi.

    Leur sens de l'accueil n'était même pas volontariste ou ostentatoire, et je suppose qu'il est toujours ainsi.

    C'est bien pour cela, soit dit en passant que je trouve que la guerre entre ces deux peuples est une guerre d'une bêtise sans nom, et une guerre fratricide, qui touche aussi en premier lieu les chrétiens d'Orient qui sont entre le marteau et l'enclume, chrétiens dont les matamores pseudo nouveaux croisés d'Occident n'ont d'ailleurs strictement rien à fiche.

    Rentré en France, j'ai cru y retrouver les mêmes valeurs, mais en France ce ne sont plus que des souvenirs.

  • "L'année prochaine à Jérusalem..."

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    "Si je t'oublie Jérusalem"...

    steanne1.jpgCe petit texte vient du plus profond de mon coeur, de mes entrailles et de mon cerveau, il vient d'un besoin viscéral de faire connaître ces chrétiens oubliés, méprisés et qui connaissent le plus souvent l'indifférence. Il vient aussi d'une grande frustration, je suis revenu en France déjà depuis dix ans, et pourtant, la ferveur, le sens de l'accueil, et la spiritualité réellement solide de ces chrétiens me manquent encore cruellement. Il vient aussi de ma colère. Nous nous berçons de bonnes intentions, de grands mots et d'illusions, nous chrétiens d'Occident encore libres, nous nous passionnons pour des querelles picrocholines et nous sommes incapables de nous fixer sur l'essentiel, et dans ce « nous » je me place aussi.

    Je développe, il est bien sûr indispensable de défendre le Pape et l'Église contre les attaques honteuses du moment, mais il apparaît que dans cette défense, comme j'ai pu le lire sur de nombreux forums, on ne parle pas encore assez des victimes, souvent soupçonnées d'affabulation, et que si les croyants faisaient au lieu de dire encore et encore, l'image de l'Église en sortirait grandie. Au lieu de ça, nous consommons comme les autres, nous nous comportons de manière tout autant égoïste et matérialiste bien que moralisant parfois, nous nous passionnons pour des politiques ineptes, des sujets de société souvent futiles oubliant qui nous sommes.

    J'ai entendu, j'entends souvent, et j'entendrai encore qu'il n'y a pas forcément besoin d'aller à Jérusalem et que l'on prie aussi bien dans une petite église de campagne qu'au Saint Sépulcre. Certes, évidemment, rajouterais-je en espérant que ces constatations ne sont pas dictées par la jalousie. Et dans cette ville, ce ne sont pas les monuments le plus important, de toutes façons leur emplacement est la plupart du temps inexact, mais les personnes rencontrées et ce qu'elles apportent, ce qu'elles continuent d'apporter par leur simplicité dans le sens même des Béatitudes.

    Quant à moi, quant à nous devrais-je dire, je ne suis pas le seul, combien de fois ais-je dû faire face à des personnes certainement animées de bonnes intentions me faisant comprendre que vivre à Jérusalem c'était bien beau mais que ce n'était qu'une parenthèse et que tout devait recommencer comme avant, sur les rails, alors que rien n'était plus comme avant. Que vivre cette expérience change radicalement. Que les personnes croisées sur place, ne fûte-ce que quelques jours, sont les seules à pouvoir la comprendre vraiment, celles-ci seraient-elles aux antipodes de mes opinions. Que celles et ceux qui ont vécu cela en même temps que moi sont pour moi comme des amis de très longue date.

    Les chrétiens n'ont pas de pélerinage obligatoire, c'est tout à fait exact, rien qui les force à aller là-bas.

    PHOTOLISTE_20090616173735_israel_jerusalem_st_sepu_500_.jpgPourtant, à Jérusalem, on ressent plus qu'ailleurs l'universalité de la Foi et que quelque chose de fondamental s'y est passé et s'y passe encore. Le soir, sous les étoiles, il ne m'était pas difficile de penser à ceux que j'avais laissé en France, ils étaient si proches. Et pourtant la sottise, la violence et l'ignorance semblent régner sans partage sur cette ville qui entretient chez beaucoup leurs fantasmes de destruction, de pouvoir et de fin du monde qu'ils vont jusqu'à souhaiter, les imbéciles, refusant de sentir la douceur de l'air, du mode de vie et du paysage de Judée, ayant pour la plupart les yeux grands fermés. Ne voulant pas voir la beauté, ils blasphèment de fait, diabolisant la création qu'ils savent pourtant être divine. La beauté est même dans le chant lancinant des muezzins le soir du jeudi saint, car leur chant était comme l'écho, largement amoindri, de la souffrance du Christ, de celles des hommes coupés de Dieu, alors que nous l'écoutions en silence à Gethsémani.

    Les chrétiens occidentaux qui sont à Jérusalem n'y sont pas en reste, les uns ignorent totalement l'existence des chrétiens d'Orient et des églises arabes, qu'il y ait des chrétiens arabophones les dépassent même, les oubliant d'ailleurs lors de la venue du Pape en Terre Sainte en 2000 comme j'avais pu le constater (les places au premier rang étaient toutes réservées aux copains des uns et des autres), ou les assimilant à des « collabos » ou encore à des survivances folkloriques sans intérêt comme les indiens d'Amérique, ignorant que ces chrétiens le sont depuis plus longtemps que les catholiques d'Europe et les protestants des États Unis, les autres se partagent entre un sionisme ou un soutien aux palestiniens à la limite de l'autisme voire complètement autistique. Ils en viennent à acclamer le terrorisme du Hamas ou l'offensive de Tsahal à Gaza.

    Sans parler de l'inconscience de quelques groupes, confinant la plupart du temps à la bêtise, on les voyait traverser la Vieille Ville palestinienne en chantant des chants hébreux, sans savoir que les psaumes qu'ils chantaient sont aussi des chants hyper-nationalistes qui ne faisaient qu'exciter un peu plus la haine. Des participants d'un rassemblement de jeunes croyants étaient allés se faire plaisir ainsi, prenant la Terre Sainte pour un Disneyland biblique, sur la place de Jéricho provoquant ensuite, sans le vouloir, des émeutes et des morts car réveillant la haine.

    pt26545.jpgLes chrétiens occidentaux parlent beaucoup d'accueil, de partage, de l'étranger, de l'autre, de sa souffrance, bien qu'ils soient incapables de la percevoir chez les personnes qui leur sont le plus proche la plupart du temps, la souffrance lointaine a ceci de confortable qu'elle n'implique pas autant d'actes. On se gorge de discours et de sermons enflammés, de conférences exaltées, on lève les mains, on communie dans l'affectivité la plus grégaire, et puis ensuite ? Ensuite on rentre dans le rang.

    Depuis dix ans, j'ai parfois comme le sentiment d'être au Purgatoire, de payer toujours et encore ces deux ans de liberté, ces deux ans proche de ces chrétiens d'Orient, loin de la sujétion obligatoire aux banques, à la consommation et à l'argent-roi, au troupeau qui est en furie dés qu'une seule tête de bétail dépasse du lot. J'en souffre à m'en écorcher les chairs, les poings serrés de rage impuissante.

    Les chrétiens orientaux ne se posaient pas autant de questions, ils ne parlaient pas d'accueil, ils accueillaient, sans aucune mièvrerie, ils ne compassionnaient pas avec des larmes de crocodiles à la souffrance de ceux qui ont mal, ils tendaient la main sans aucune sensiblerie, contrairement à nous qui nous donnons souvent beaucoup de bonnes raisons, toujours très humanistes, pour ne pas le faire. Je ne supporte plus ces mensonges, cette tricherie avec la vérité du coeur et de l'esprit.


    DOCUMENTAIRE JERUSALEM( S) 4
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  • Réaction aux facilités contre Pie XII

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    6 septembre 1938 par le Pape Pie XI et le futur Pie XII alors nonce à Berlin :

    pape_pie12.gif« Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance spirituelle d’Abraham.
    Non !
    Il n’est pas possible aux chrétiens de participer à l’antisémitisme.
    Nous reconnaissons à quiconque le droit de se défendre, de prendre les moyens de se protéger contre tout ce qui menace ses intérêts légitimes.
    Mais l’antisémitisme est inadmissible.
    Nous sommes spirituellement des Sémites ».

    Bien sûr, pour les adversaires de Pie XII, c’était une phrase hypocrite puisque Pie XII était coupable, forcément coupable. A moi, elle me paraît claire...

    Je me suis demandé si je devais rentrer dans une discussion, très vite, elle sombre dans les déclarations autistiques qui lassent à force.
    L’Église est composée d’être humains donc imparfaite par nature, donc il y a eu aussi un grand nombre de salauds, et des justes, qui ne se lancent pas à chaque fois dans de grandes déclarations grandiloquentes sur la Shoah.
    Je pense aussi à Larissa Cain, rescapée du ghetto de Varsovie, que j’ai l’honneur de connaître, qui ne se lance pas dans ces discours quant à elle ; elle dit les faits, point par point, sans pathos, pas besoin de grands discours.

    Elle a aussi écrit un livre sur Irena Adamowicz, catholique qui a sauvé plusieurs centaines de personnes en Pologne.
    Il y a ce parallèle entre Benoît XVI, pape d’origine allemande, et l’histoire de Pie XII : un pape allemand, mais ma chère, bien sûr, ils sont tous un peu nazis non les boches ? Donc Benoît XVI est nazi…

    D’autre part ni dieu, ni diable n’existent, soit, approfondissons un peu dans ce cas, il n’y a donc pas de morale, pas de bien, pas de mal, donc toute idée est concevable et finalement qu’est-ce qui justifie, si on ne croit ni à dieu, ni à diable, ni au bien, ni au mal de condamner l’Holocauste ? Rien. Ce n’est pas moi qui pose la question, mais Michel Onfray.

    De toutes façons, c’était un grand méchant, ouh qu’il était méchant, beaucoup plus que Churchill, qui n’a rien fait, ou Roosevelt, qui n’a rien fait, ou Staline (ah, non, c’est vrai Staline a longtemp souffert d’une mauvaise réputation, en fait il était sympa), tous les trois au courant. en plus, quand même, je trouve ça drôlement courageux de s’attaquer à Pie XII, on court un risque, hein, attation, c’est le retour des z’heures les plus sombres de notre histoire si on ne s’y attaque pas.
    Cela me met tout de suite en colère ces braves petites gens qui te disent que, eux, auraient résisté les armes à la main, que, eux, se seraient fait tuer, que, eux, auraient été courageux. Tu parles, Charles. Ils auraient cherché pour la plupart à survivre en attendant de savoir qui était le vainqueur, ils auraient fait du courrier modeste (non signé).

    Comme nous l'avait fait remarqué Maître Henri Leclerc, président de la Ligue des Droits de l'Homme, donc pas exactement un réac, rencontré lors d'un colloque à Nanterre un jour, nous aurions certainement et plus que probablement agi de même...

    Je reprend mes réactions sur ce fil de discussion où on peut lire aussi des absurdités comme Hitler = Saint Louis...

  • La Joie Parfaite à Jérusalem

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    Hier, c'était le dimanche de la Joie pour les catholiques, et l'homélie du prêtre m'a remis en mémoire ce que j'ai vécu avec d'autres à Jérusalem.

    Entree_de_l_eglise_du_Saint_Sepulcre_TB_N033100.jpgLà bas les chrétiens (car il y a des chrétiens au Proche Orient, de moins en moins car ils sont persécutés, hélas) n'ont pas besoin d'appeler la joie de leurs voeux, ni de s'y forcer, ils la vivent à chaque célébration et chaque fête pour une bonne raison : il existe encore entre eux un lien quasiment organique qui a disparu dans notre société mais aussi dans nos églises, un sentiment d'appartenance à la même « communauté » qui est catholique donc universelle par définition ; à la même Foi ; qui engendre la solidarité, l'accueil, l'écoute, le partage, qui n'y sont même pas des questions qui se posent, le tout va de soi. Les croyants se saluent tous entre eux, sans mièvrerie, sans mondanités. Les nouveaux venus sont quasiment traités comme des princes quelle que soit leur statut et leur apparence (je me souviens par exemple d'un dimanche à la paroisse de Ramallah où nous avions été reçus comme tels ou presque). Quant aux fêtes, la ferveur y est toujours remarquable, particulièrement marquante pour moi au Dimanche des Rameaux pendant le « Samedi de la Lumière ».

    Nous qui étions une infime minorité là-bas, une cinquantaine de coopérants et volontaires français, dont une douzaine catholiques, il nous était impossible de céder à nos mauvaises habitudes de consuméristes et de rester dans notre coin, nous partagions les joies, les peines, parfois les grandes douleurs, les friandises que l'on nous envoyait de France (la question ne se posait même pas), tout. De plus, après un voyage épique au Sinaï, nous ne nous pouvions plus vraiment essayer de passer pour quelqu'un d'autres, car nous nous étions révélés les uns aux autres. Pourtant nous ne nous voyons pas souvent, mais ces personnes sont comme des frères et soeurs. Notre joie de croyants, nous n'avions pas besoin de la provoquer, d'aller la chercher, elle venait d'elle même de par ce lien entre nous.

    Je sais qu'ils sont tous là dans mon coeur et que je suis dans le leur. Unis dans la même Foi. C'est cela ce que Bernanos appelle la « communion des saints », je ne sais si nous le sommes, saints, mais nous vivons cette communion.

  • Dieudonné : révélateur de haine et d'hypocrisie

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    Sur l'interdiction de Dieudonné

    Jusqu'à maintenant, quand un acte anti-sémite était commis (on devrait d'ailleurs plutôt parler de judéophobie), on accusait l'extrème-droite ou les skins bas du front du coin, sans voir que la "nouvelle" judéophobie la plus active ne vient plus de ces milieux, même si ceux-ci restent anti-juifs, mais d'une certaine partie des musulmans, du monde arabe et même de l'extrème-gauche où l'anti-judaïsme, ou c'est déjà assimilé à de l'anti-capitalisme, mais aussi et surtout de l'anti-sionisme. La haine pour Israèl a été importée en France par la plupart de ces mouvements. A gauche comme à droite, on ne voulait absolument pas le voir, la bien-pensance impose que quelqu'un qui a été victime du racisme ne peut pas être raciste alors que malheureusement si, hélas, en clair dans l'esprit bien-pensant un arabe ne pouvait pas être anti-sémite, tout comme un africain. Il faut rappeler quand même que les prêches du vendredi demandent régulièrement dans la plupart des pays de terre d'Islam la destruction totale d'Israèl.dieudoelie.jpg

    En public, on parle bas, on ne dit pas grand-chose, ils sont un rien faux-cul, mais dés qu'on les encourage un peu, c'est l'avalanche. Dieudonné quant à lui fait partie à la fois de cette tendance anti-sémite venu d'anciens "situs" très à gauche, comme Faurisson, ou Garaudy, et du fait que depuis quelques années, beaucoup d'intellectuels d'origine africaine font la comparaison entre la traite négrière et la Shoah qu'ils estiment sur-traitée dans les médias. En gros, c'est "mon génocide est plus gros que le tien".Sans parler bien sûr de l'antisémitisme encore un peu plus irrationnel qui sévit un peu partout sur le Net ou dans la société, engendré par les frustrations des uns ou les complexes des autres : "si je n'ai pas réussi c'est pas ma faute mais celle des juifs,...". Il est dangereux de défiler avec des individus pareils contre les bombardements à Gaza, c'est les encourager dans leur haine et les pousser à développer cette haine. Je me souviens de ces individus pro-palestiniens qui finissaient toujours par affirmer qu'on était trop sympas avec les juifs.

    De l'autre, Israèl joue continuellement sur la carte anti-sémite pour justifier sa politique. Si l'on ose critiquer Israèl, c'est que l'on est anti-juif. Si l'on ose critiquer Israèl c'est que l'on est raciste en somme. Alors que ça n'a rien à voir. Le problème est que ce pays ne base son identité que sur le traumatisme de l'Holocauste et le besoin de se protéger absolument des holocaustes futurs possibles, quitte à les entraîner en dialoguant par exemple depuis longtemps exclusivement avec le Hamas ou les pires fondamentalistes. Les bombardements de Gaza, ceux vers le Liban sont comme une fuite en avant de ce pays. Au risque d'embraser toute cette région du monde et nos pays avec.

    Dieudonne_texte.jpgSi Dieudonné a de l'audience, ce qui l'arrange, ces provocs c'est fait pour ça, si son spectacle rentre autant de places de spectateurs donc de fric, c'est aussi que la politique d'éducation et d'information sur l'anti-sémitisme est entièrement à revoir, et l'interdire c'est en faire une victime c'est encourager ses supporters à le suivre un peu plus loins. On y discerne un rejet de l'enseignement de cette partie de l'histoire, les préjugés, les lieux communs semblent plus forts que tout au bout du compte : la richesse, la mainmise sur le pouvoir, l'importance des groupes de pression sionistes (là ce n'est pas tout à fait faux...). Tout semble à revoir. Personnellement, je trouve d'ailleurs que les documentaires à répétition sur la Shoah, les films de témoignages, les cris d'alerte des associations juives, parfois pour rien (appeler à la patrie en danger parce qu'un débile trace une croix gammée c'était pas malin), ressortent d'une fascination morbide pour les bourreaux nazis plus que d'une dénonciation. Je préfère pour ma part "To be or not to be" de Lubitsch ou "The producers" de Mel Brooks qui sont considérés à tort comme de mauvais goût mais remettent les nazis pour ce qu'ils étaient ; des pantins grotesque et dangereux. La judéophobie de Dieudonné est maladive et grotesque, presque pathétique de connerie cruelle, et elle aussi très dangereuse.

    Et enfin, on voit bien que le fait de diaboliser toute inquiétude, tout questionnement, sur les populations idee-flyer-j-ai-fait-lcon-2-12201.jpgd'origine autre que française de souche n'a conduit qu'à les exacerber. On n'a pas cherché à les comprendre ou à y répondre concrètement, dire ce qu'ils vivaient, ces gens dans les cités, sans fioritures, c'est considéré encore maintenant être raciste : la vieille dame qui se fait piquer son sac quatre fois par an dans l'escalier de son immeuble, ce n'est pas une plouc franchouillarde raciste, c'est une vieille dame qui a peur de descendre dans la rue, le monsieur dont la voiture est incendiée, il a le droit d'être en colère, si personne ne l'aide, que va-t-il faire ?, le jeune qui se fait racketter quotidiennement parce qu'il est d'une autre religion ou d'une autre couleur, il ne va pas brûler d'un amour passionné pour ses racketteurs, quand un français écoute les paroles de haine de certains groupes de rap il ne voit pas pourquoi il soutiendrait des artistes qui le détestent, la jeune fille qui se fait insulter parce qu'elle met une jupe, elle va s'enfermer en elle-même pour supporter etc...

    Il y aussi que le racisme peut venir d'un africain, d'un asiatique, d'un juif aussi. Il est temps d'ouvrir les yeux. Et le scandale incompréhensible c'est que Dieudonné qui était la figure emblèmatique anti-Front National a choisi le Pen comme parrain de sa fille, le Pen ou l'épouvantail commode de ces vingt dernières années; le méchant absolu alors qu'il y a pire maintenant et que ses idées sont appliquées par monsieur Sarkozy. De fait on a également beaucoup promis aux jeunes de banlieue chaude, on leur a tenu des beaux discours. Certains s'en sortent par ce qui n'est rien d'autres que des quotas dans les concours, ce n'est pas malin non plus, il y aura toujours une suspicion avouée ou non sur leurs compétences. De temps en temps, pour se déculpabiliser, on nous sort une oeuvre comme "l'Esquive" ou un "Entre les murs" ou un" Kiffe kiffe demain". Bien sûr, tout n'est pas dangereux, ou sombre dans les cités, et la haine n'est pas si forte mais elle grandit. Et elle inquiète très fortement. Les imbéciles, les débiles, aiment la haine et la violence, elle les conforte dans leurs vices violents, ils en rêvent la nuit, comme une revanche sur ce monde qu'ils estiment en dette à leur encontre.

  • Le procès des caricatures - article de "Libération"

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    medium_charlie-hebdo-portada.jpgUne chose que l'on entend généralement depuis un an est de mettre toutes les religions dans le même sac et de parler d'intégrismes dés que l'on aborde le sujet, souvent pour noyer le poisson, d'ailleurs la couverture de "Charlie Hebdo" fait la même erreur. Théo Van Gogh s'est fait assassiner en Hollande, Ayan Hirsi Ali doit se cacher, Redecker change de domicile continuellement car dans sa grande candeur, il a cru pouvoir attaquer l'Islam comme les autres religions (il a été làché par tout le monde, des syndicats à son administrations, très courageux pour se lancer dans de grands discours sur la laïcité, moins quand il s'agit de se battre pour de bon). Dans une grande ville du Nord, il y a des horaires spéciaux pour les femmes à la piscine, dans la plupart des étabklissements scolaires, la laïcité n'est plus qu'un lointain souvenir et personne n'a entendu des responsables musulmans condamner fermement les attentats terroristes commis sous le prétexte d'Allah. Sur un point, ils ont raison, un croyant dont on ridiculise la foi se sentira humilié et cette humilitation engendre la violence. On peut se dire aussi que les extrêmistes ne sont pas vraiment sûrs de leur foi puisqu'ils ont besoin de la violence pour convaincre.

    Un prélat, un rabbin et un imam, bras dessus, bras dessous, poussent un même cri : «Il faut voiler Charlie Hebdo !» Un numéro spécial et un nouveau dessin. Telle est la réponse de l'hebdomadaire satirique à son medium_val.jpgprocès, qui s'ouvre aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Paris. Pour avoir publié, il y a un an, les caricatures medium_fourest.jpgdanoises de Mahomet, la Grande Mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) poursuivent le journal de Philippe Val pour délit d' «injure stigmatisant un groupe de personnes en raison de sa religion». Elles réclament 30 000 euros de dommages et intérêts et la publication du jugement.

    Les plaignants dénoncent un «acte délibéré d'agression». La reproduction de dessins déjà parus dans le quotidien danois Jyllands-Posten aurait obéi à un «plan mûrement réfléchi de provocation visant à heurter la communauté musulmane dans sa foi». Me Christophe Bigot, avocat de la Mosquée de Paris, déclare qu'il y a «deux veines dans la caricature, une veine anticléricale, une autre haineuse. Là, on est dans le deuxième cas. On installe une image des musulmans qui fait peur».

    La suite ici 

    En photos : Philippe Val et surtout Caroline Fourest que je trouve bien plus pertinente sur la question de l'intégrisme musulman (comme des extrêmismes en général).