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journalisme

  • Des coups de pied au cul évangéliques qui se perdent

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    Ou l'incapacité à se défendre des catholiques français...

     

    catholicisme, catho agressif, société, politique, médias, journalisme, barbarin, amaury watremezSoyons clairs, dans le lynchage médiatique du cardinal Barbarin il ne s'agit à aucun moment de combattre réellement les méfaits de la pédophilie. Quand cela arrive dans une autre institution s'occupant d'enfants voire dans une autre confession cela ne suscite jamais la même hargne, la même levée de boucliers haineux. Il s'agit juste de se « payer du catho » car c'est sans risques ce qui ne signifie pas ici que les abjections commises ailleurs excusent en quoi que ce soit la pédophilie dans l'Eglise. Aucun danger de se prendre une rafale de kalashnikov ou une bombe sur le coin de la figure. A peine subira-t-on quelques « prières de rue » de « Civitas », ce qui est au pire une nuisance sonore ponctuelle.

     

    Certains catholiques lorsqu'ils se prennent à défendre le cardinal Barbarin me donne des furieuses envies de bondir et de ruer dans les brancards. Ils écrivent : « Espérance et charité et prières », « il y a deux mille ans que le Christ dérange », « Charité toujours » etc... puis-je lire un peu partout sur le Net et autres « banalités pieuses » pour reprendre une expression du père le Guillou (tirée de son livre « le Scandale du Mal »), père dominicain aumônier des Bénédictines de Montmartre.

     

    Le cardinal Barbarin lui-même, primat des Gaules et archevêque de Lyon, (et non évêque de Lyon comme j'ai pu le lire dans « le Monde »), il faut le dire se défend de manière totalement catastrophique réagissant à la façon plus que maladroite de certains politiques et, ou hauts fonctionnaires....

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  • La mort d'une belle personne et vraie journaliste - Hommage à Camille Lepage

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     Camille Lepage photographe de presse « freelance » est morte en Centrafrique certainement assassinée par des milices incontrôlées, de celles qui détestent celles et ceux qui pourraient parler de la vérité de leur crapulerie. new310x39847384759-1-fre-FRLa-mere-de-la-journaliste-tuee-en-Centrafrique-se-confie.jpgCes milices sont mues selon elles par des idéaux religieux ou politiques honorables, des alibis généralement de crapules et d'assassins, de barbares d'une banalité confondante de sottise ainsi que le rappelait le père Georges Vandenbeusch lors de sa libération évoquant cette « banalité du Mal » chère à Hannah Arendt. Ces miliciens ne sont pas des monstres hors espèces humaines, ce sont justes des crétins primaires à qui personne n'aurait jamais dû mettre un fusil dans les mains...

     

    Camille Lepage était de ces personnes qui donnent de l'espoir, car si une bonne partie des journalistes français est d'une révérence extrème à l'endroit des pouvoirs dans les rails idéologiques d'un européisme social-libéral bon teint « light », se souciant surtout de leurs carrières et de maintenir en place un système dont ils profitent largement, Camille Lepage semblait de ceux qui croient encore que l'information doit se faire avec honnêteté, en lien avec une quête évidente de vérité, en se confrontant au plus près avec les individus, ce qu'ils ont dans la tête, dans le ventre au point de risquer sa vie, et non en se basant seulement sur des archétypes ou des clichés.

     

    Et elle se donnait les moyens de dénicher la vérité des faits, les nuances derrière les slogans, les abjections derrière les bonnes intentions. Il est difficile de comprendre que l'on puisse risquer sa vie pour la vérité, le réel, à notre époque qui nie l'une et l'autre avec constance, et contribuer à une réflexion menée durablement à une période où ne compte que le « buzz » et l'avalanche d'infos immédiates, réflexion que le citoyen-consommateur déteste car elle lui rappelle qu'il est un esclave docile et volontaire, il ne veut surtout pas penser par lui-même.

     

    Je peux, comme d'autres qui ont été coopérants en terre dangereuse parfois, comprendre cette prise de risque bien que n'étant pas grand reporter ou journaliste. Quand nous vivions en Palestine et en Israël nous avions cherché au bout d'un moment à nous confronter au réel, aux personnes, nous éloigner des discours militants qui ne font qu'attiser la haine et la violence, et nous avions développé, moi le premier parti à Hébron avec un ami un jour d'émeutes, un « complexe d'invulnérabilité » qui faisait qu'il nous est arrivé de nous conduire inconsciemment face aux risques encourus, complexe que je me souviens l'avoir entendu décrire il y a quelques mois à la télévision lors d'un reportage.

     

    Passant un jour dans notre Renault Express brinquebalante un « check point » en trombe, certains parmi nous avaient été rappelés au réel, un temps, par deux coups de semonce tirés par les M16 des soldats israéliens...

     

    Elle aussi était certes plus ou moins dans la ligne de cette idéologie confortable décrite plus haut, elle était par exemple convaincue que « Rue89 » et « Médiapart », le site spécialiste des dossiers brûlants et des révélations utiles pour éviter les contrôles fiscaux, étaient des sites d'information revenant aux idéaux d'un Albert Londres. Cependant, derrière cela, on ressentait malgré tout une intégrité, une recherche de quelque chose de plus élevé que l'on perçoit dans on regard. Et je pense qu'elle était de ces belles personnes qui croient sincère avant tout quelqu'un qui invoque des belles idées, faisant confiance aux autres avant toute chose, des belles personnes qui existent dans ce monde parfois bien sombre, il suffit de savoir les trouver.

     

    photo prise ici

  • Un documentaire "partial, poisseux, visqueux" sur Outreau ?

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    Aujourd'hui 6 mars sort en salles un documentaire intitulé « Outreau l'autre vérité », jugé « partial, poisseux, visqueux » par un des avocats d'une « accusée d'Outreau », Roselyne Godard, maître Eric Dupond-Moretti. Le film est produit par Bernard de la Villardière, producteur et animateur sur M6, spécialisé dans les reportages, que les mauvais esprits dont je ne saurais être reprocheront d'être racoleurs, sur l'insécurité et la prostitution avec images choc à l'appui.

    politique, cinéma, journalisme, histoire, spectacle, beuzze


    Le film remet en question l'acquittement de certains parmi les accusés de cette affaire, suite à un travail d'« experts » et de juristes qui « démytifieraient » cette erreur judiciaire qui a déjà détruit quelques familles et couples sans que le système et ses rouages, dont les journalistes ne se soient pour l'instant remis réellement en question.


    Certes Bernard de la Villardière a raison dans l'absolu de parler d'injustice à l'égard du juge Burgaud qui ne fut pas le seul à prendre des décisions parfois malheureuses et à en porter la responsabilité, mais il oublie également que ce magistrat n'a jamais été réellement inquiété, ni ne s'est vraiment questionné lui-même sur ses actes, ayant même été promu suite à toute une série de bourdes et de maladresses due principalement à une chose qui est sa formation.


    En effet, et on ne le constate pas seulement en droit, les formations des personnes qui travaillent « sur l'humain » sont de plus en plus théoriques, abstraites et déconnectées du réel, sans que ne soit évalué une seule fois la capacité des étudiants à faire preuve d'altérité, de compréhension, de respect.


    Leur formation les pousse à appliquer les lois, les grands principes directeurs, voire idéologiques, qui les sous-tendent stricto sensu sans se soucier des conséquences humaines parfois dramatiques, sans les encourager une seconde à faire preuve de recul sur eux-mêmes.


    Le juge Burgaud n'a commis aucune faute quant à l'application du droit, certes, mais il aurait dû faire preuve d'écoute, a minima.


    Ce film et le pseudo-travail des pseudo « experts » vient aussi et surtout d'un profond mépris de ceux qui font partie du système pour les « accusés d'Outreau », maintenant acquittés, je le rappelle, mépris qui n'est jamais véritablement dit mais qui se sent face aux traitement médiatiques toujours sur le mode du « deux poids deux mesures » selon que les accusés soient puissants ou misérables. Je songe également à maître Lombard évoquant le fait que la mère du petit Lubin soit « centralienne », pour la disculper.


    Ce qui choquait à l'époque, c'est que Magali Guillemot ait pu si facilement sortir de prison du fait de son milieu, de son parcours et de ses relations professionnelles quant à elle contrairement aux accusés d'Outreau.


    Ce mépris est également induit par l'incapacité des acteurs du système français, qu'il soit éducatif, judiciaire ou social, à se remettre en question, remise en question qu'ils considèrent de toutes manières comme une remis en cause personnelle.


    Le film qui sort aujourd'hui fait preuve d'un total irrespect des souffrances endurées par ces accusés d'« Outreau », accusés rappelons le encore sur la base essentiellement de ragots.


    Il faut dire aussi qu'ils ont contre eux de ne pas être « issus de la diversité » (TM°) ou d'une communauté ayant « la carte » dans la « bonne presse ». Bernard de la Villardière ne voit d'ailleurs pas le problème quant aux conséquences possibles sur la vie des acquittés d'Outreau et le fait que leur reconstruction peut voler en éclats du jour au lendemain de par son documentaire.


    Je me souviens bien du tout début de « l'Affaire d'Outreau ». On nous présentait le tout dans les journaux, à la télévision, à la radio, sur le Net, comme du Chabrol en plus glauque encore, les ciels bas du Nord aidant à en rajouter dans l'ambiance « trash » :


    Un ancien prêtre ouvrier prêtre donc forcément pédophile, un clerc de notaire de province forcément malsain, des familles populaires forcément « tuyaux de poèle » habitant en HLM donc forcément mal dégrossies et j'en passe, certains journalistes insistant particulièrement sur le vote le Pen à Outreau, sans que les faits reprochés à ces gens ne soient une seconde remis en cause à l'époque (à ce lien un résumé utile des faits).


    Je me souviens également des réactions courroucées des politiques demandant plus de sévérité et surtout de surveiller beaucoup plus « ces gens là », les mêmes politiques se hâtant de défendre quelques années plus tard DSK au moment de l'affaire du Sofitel ou un cinéaste, certes au talent incontestable, mais défendu car du gotha, les mêmes politiques et commentateurs hurlant alors au retour de « l'Ordre Moral » face aux réactions des petites gens de la « France d'en bas » (TM°).


    Ce documentaire a été réalisé essentiellement pour « faire le buzz », entretenir le système spéctaculaire dans son immédiateté, sans penser une seule seconde cette affaire sur le long terme, et aussi par dégoût de la simple vérité, une des constantes de notre société faut-il dire...

    illustration empruntée à ce site

  • Ego Sum Pauper... - Des microcosmes culturels

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    Ego sum pauper sur Agoravox

     Quand j'étais un peu plus jeune, je rêvais de faire partie du milieu littéraire et, ou, journalistique.

    gravure de Daumier prise ici

    MI-Daumier-hoel-bouillon.jpg

     J'avais comme référence la lecture des formidables « souvenirs littéraires » de Léon Daudet, qui décrivent quelques géants des lettres comme Barbey d'Aurevilly ou Maupassant, des auteurs comme Hunter Thompson, dans un genre différent Bernanos, ou encore Philip K. Dick, voire John Kennedy Toole.

    Je me voyais bien en écrivain, ou en grand reporter.

    Mais ne disposant pas d'un réseau dans ces deux microcosmes, c'était bien sûr très difficile de se faire une place au soleil, voire quasiment impossible.

    Je n'étais pas le seul à avoir ces ambitions.

    Nous sommes très nombreux, un peu plus nombreux peut-être depuis qu'Internet existe, il faut voir le nombre de romans paraissant chaque année en septembre, le nombre de génies méconnus pullulant sur la toile. Gràce à mon blog, et mes articles sur différents sites, dont Agoravox, j'ai cru pouvoir me faire reconnaître et pénétrer ce milieu.

    Bien sûr, comme tout le monde, je n'avais pas exactement saisi ce qu'était la réalité de ces deux milieux, à savoir à de rares exceptions, un panier de crabes aux égos sur-dimenssionnés et qui implique dans la plupart des cas à de rares exceptions des reniements de bonne taille, un milieu épouvantablement endogène où tout le monde se connait, se fréquente, et ce malgré les pseudo-fâcheries entretenues sous les projecteurs.

    Ce n'est pas exactement un milieu des plus sains. J'ai parlé des « Souvenirs littéraires » de Léon Daudet, référence épicée je sais bien, il décrit parfaitement les salonnards et les salonnardes, les rebelles de salon, les coucheries entre les uns et les autres, ceux qui s'érigent en consciences morales alors que comme les autres ils ne songent qu'à leur intérêt.

    Pour ceux qui sont en dehors du panier de crabes, il convient d'être particulièrement solide car il faudra malgré tout se battre avec les autres pour faire sa place et parfois, agir comme eux.

    Ce n'est même pas que je leur reproche d'avoir un tel ego. Ce n'est pas si grave d'avoir en somme du caractère.

    Et le mien était également assez important. Je n'allais tout de même pas leur reprocher la paille dans leur œil et ne pas voir la poutre dans le mien.

    Cependant à force de lettres de refus concernant mes romans, à force de frustrations, on finit par perdre un grand nombre d'amitiés, en s'obstinant à faire partie d'une micro-société qui ne veut pas de vous, on finit par passer à côté d'autres amitiés qui auraient pu être formidables car on finit pas ne plus voir que ce qui peut servir son intérêt pour faire partie des « élus ». Toutes ces amitiés perdues on sait bien pourquoi on les a perdu, et ne reste plus qu'ensuite à se les remémorer amèrement, car le reste a été foutu en l'air.

    On cherche à faire les compromis qui sont demandés, ou que l'on croit nécessaires, ce qu'ils ne sont pas forcément !

    En notant toutefois en passant que ces refus ne préjugent pas forcément de la valeur d'un manuscrit, ils préjugent surtout de sa commercialisation problématique aux yeux du stagiaire surbooké qui l'aura rapidement parcouru, car sans confession sexuelle croustillante ou tout autre élément pouvant justifier sa mise en rayon.

    Comme en d'autres endroits très « select » il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus, et des « videurs » efficaces à l'entrée.

    De plus, les frustrations que l'on rentre en soi, que l'on garde, la colère de ne pas être reconnu pour une valeur personnelle que l'on estime toujours bien sûr sans commune mesure avec celle des autres « appelés », amène à se laisser glisser petit à petit, sans que l'on s'en aperçoive, sans qu'on le désire vraiment dans ce qui est ni plus ni moins que de l'abjection.

    On finit par s'oublier soi-même, par se renier, et oublier totalement ce qui fait que l'on est soi-même. Et ce glissement n'est même pas la faute des membres du microcosme, qui de toutes façons s'en laveront les mains quoi qu'il arrive. C'est bien de notre responsabilité. Ce glissement progressif se fait en toute sincèrité, car on est généralement sincèrement persuadé de mériter la place au soleil que l'on poursuit depuis longtemps.

    Ce n'est pas que l'on doive s'arrêter forcément d'écrire, que je doive arrêter de le faire, mais de le faire sans penser à en tirer un quelconque intérêt ou un billet d'entrée pour un salon cossu réservé à quelques membres se cooptant entre eux, de le faire pour soi, et pour partager avec ceux que l'on aime, et qui nous aiment, au moins cela. Sinon, cela fausse l'écriture, on entre dans d'autres compromis, « trucs » d'écrivains pour plaire au plus grand nombre ou à l'élite auto-proclamée...

    Et en raisonnant ainsi, plus sainement, l'amertume finit par s'en aller voir ailleurs.