Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

internet

  • Désir de respect à tous les étages

    Imprimer Pin it!

     Aussi sur Agoravox

    respect.jpgActuellement, en 2017, tout le monde veut du respect, désire qu'on le respecte tout le temps et pour tout. C'est respectable, c'est le cas de le dire, mais cela a pris des proportions déraisonnables. Je me demande aussi si par respect les gens n'entendent pas l'acceptation de toutes leurs opinions, penchants, tendances même les plus détestables, les plus ignobles...

     

    Chacun veut le respect sur des coutumes mêmes barbares même les plus abjectes.

     

    Chacun veut le respect d'opinions injustifiables, d'idéologies ou de théocraties stupides au nom de la diversité, de la liberté d'expression. Tout le monde le réclame pour des goûts au ras du sol, pour des blagues chaussées de semelles de plomb comme celles que l'info-bouffon Hanouna a coutume de faire dans son émission. Mais il est loin d'être le seul.

     

    Chacun veut le respect pour son apparence, pour son envie de tout montrer, se débrailler au risque de pour le coup manquer de respect envers le reste du genre humain.

     

    Lire la suite

  • Réseaux tribus et autres communautés

    Imprimer Pin it!

    politique, réseaux, société, internet, réseaux dits sociaux, amaury watremezDepuis les débuts fracassants de la Révolution Numérique, l'explosion d'internet, nous a été seriné sur tous les tons le refrain de l'avènement du « Village Global », d'une humanité enfin réunie autour du désir universel d'accession au savoir. C'est manquer singulièrement de lucidité car jamais nos sociétés n'ont été autant atomisées en diverses communautés ethniques ou pas, tribus de « mêmes » et réseaux d'intérêt étanches les uns aux autres que ces réseaux soient virtuels ou non. Qui ne fait pas partie de l'un ou l'autre aura du mal à survivre et pouvoir se hausser socialement.

     

    Il en existe de toute sorte et dans tous les milieux, des plus favorisés aux plus précaires, des plus BCBG aux plus « beaufs ». Les individus en faisant partie sont ravis de leur appartenance à leur réseau, leur tribu. Ils ressemblent aux « alpha » et aux aux « deltas » de « le Meilleur des Mondes » de Huxley. Évidemment, afin d'assurer leur béatitude décervelée ils ont besoin comme les personnages de l'écrivain de leurs « somas » que ce soit des émissions « d'infotainement » débiles ou diverses substances toutes largement tolérées contrairement aux bonnes intentions affichées.

     

    Il n'est pas rare que dans les tribus on en vante les bienfaits soi-disant conviviaux. C'est encore un leurre afin de supporter un esclavage moderne.

    Lire la suite

  • Fougues virtuelles et fougues réelles

    Imprimer Pin it!

    politique, internet, blog, société, hypocrisie, amaury watremez

    Sur la photo on voit bien qu'il est l'heure du grand chambardement...

     

    Sur « fesse-bouc » (TM°) ou « touitteure » (TM°), tout le monde a du courage caché derrière le simili-anonymat du Net, dont on sait que c'est un leurre, tout le monde a de la fougue, de l'audace, que ce soit à gauche ou à droite, tout le monde est prêt à faire la révolution, à secouer le cocotier, à faire tomber les fruits blets d'un système corrompu, les représentants du pouvoir n'ayant plus comme d'autre ambition que d'être tous les « employés du mois » des multinationales, des banques dont les banques centrales, des puissances d'argent en général. Pour un peu ce serait la « lutte finale », le grand chambardement ultime, le charivari final. L'on se prendrait presque parfois à espérer qu'il advienne enfin mais on ne voit pas grand-chose, à peine quelques grains de poussière se soulevant de ci de là...

     

    Mais dans la vie réelle, tu sais ami lecteur, ce qui se passe juste là derrière ton écran, sous tes yeux si tu veux bien y regarder, par la fenêtre par exemple (tu sais ce genre d'écran interactif en 3D), je suis surtout frappé, effaré par la très grande docilité des personnes, soumises volontairement à une société inique par nature, ceci afin de continuer à profiter encore quelques temps des bienfaits supposés du consumérisme qui leur jette en pâture des jouets fortement addictifs pour « grandes personnes » tous plus inutiles les uns que les autres. L'indocilité est d'ailleurs perçue comme une forme de vanité extrême, de prétention dangereuse, car les autres auront peur que cela ne remette en cause leur propre situation matérielle. Elle les culpabilise de par leur allégeance qu'ils savent bien abjecte mais qu'ils acceptent la pensant obligatoire.

     

    Quand sur « fècebouque » quelqu'un évoque un cas concret d'arbitraire ou d'injustice flagrante il a pour lui des centaines d'internautes, des « likes » en pagaille, des « re-touites » en veux-tu en voilà, voire même il fera le « beuze » mais cherche-t-il des soutiens tangibles qu'il n'en rencontrera aucun ou très minimes très timides se retrouvant seul et complètement démuni face à l'adversité et, ou à la machine administrative1 :

     

    La « pasionaria » du web se métamorphose en employée très sage dans son « open space » expliquant qu'elle y tient à son « cédédé » renouvelable, le « réactionnaire » au verbe incisif sur le « Ouèbe » se mut en salarié passif en veste orange et tellement calme qui trouve normal que ceux qui ruent dans les brancards soient punis sévèrement, la tigresse des forums politiques n'est plus qu'un fauve de salon qui rentre les griffes sans se poser de questions et a des rêves bien popotes, et l'activiste forcené des dénonciations en tout genre se signale surtout par sa grande obséquiosité. Bref « de beaux sujets de pendule que tous ces anars à la petite semaine, ces syndiqués en pantoufle » pour paraphraser Audiard qui fait dire ça à Gabin dans « Archimède le clochard ».

     

    On est parfois surpris de ce que cachent réellement ces pseudo emballements. Ainsi j'ai pu lire hier un internaute affirmer que si Sarkozy revient en 2017 il reviendra sur la loi Taubira dont il n'a rien à foutre. Je suis même à peu près certain que Marine le Pen elle-même ne le ferait pas non plus. Ce tohu bohu virtuel cache bien mal une grande naïveté teintée de crédulité face au cynisme habituel des politiques à qui l'on ne demande pas de toutes façons d'être des anges de vertu tant qu'ils s'occupent « a minima » du Bien Commun. Certains s'étonnent d'avoir trouvé dans le livre, enfin le livre, le torche-cul de Valérie Trierweiler, cette anecdote qui voudrait que le président actuel désignerait les pauvres comme « sans dents ».

     

    Comment ? Hollande ne serait pas vraiment de gauche ? Il ne serait pas sincère ? Mais chers amis qui avez voté pour lui, où étiez-vous depuis qu'il mène sa politique sociétale-libérale (à savoir dictée par une pure doctrine monétariste orthodoxe avec quelques éléments sociétaux dedans pour plaire aux bourgeois dits de progrès des CSP ++ de centre-ville qui ont plein d'amis gays et, ou l'habitude de partouzer de manière endogame, entre soi, entre « mêmes »).

     

    Ce n'est pas que je sois pessimiste ou caustique pour être caustique gratuitement mais c'est surtout que j'aimerais que tout cela débouche sur quelques chose de concret enfin, un mouvement de tempête contre un pouvoir abject, celui du matérialisme roi, de l'égoïsme absolu érigé en valeur suprème.

     

    1En affectant un stagiaire du CAPES ancien contractuel depuis 15 ans à 850 kms de chez lui sans souci humain et pour lui faire payer et son blog, et sa participation à LMPT

  • Les excès de langage sur Internet

    Imprimer Pin it!

    « Tout ce qui est excessif est insignifiant » disait cette vieille salope de Talleyrand qui mangea à tous les râteliers pendant la Révolution s'enrichissant considérablement au passage ; il lui sera pardonné, un peu, car il a dit aussi :

     

    « Qui n'a pas connu l'Ancien Régime n'a pas connu la douceur de vivre ». (un temps sans le souci obligatoire de la rentabilité pour les salariés, les paysans, etc... traités en machines à produire, bientôt à produire des enfants, par les nouveaux maîtres)

    image ci-dessous prise ici

    817579103_2477590957_54541f60f8_xlarge.jpeg

    Depuis les deux-cent ans et plus que les bourgeois ont pris le pouvoir en France, ils essaient de nous faire croire qu'ils sont sincèrement persuadés du bien fondé des valeurs de la République ; Liberté, Égalité (terme souvent oubliée dans les discours officiels), Fraternité (confondue avec une tolérance du pire) et que ce sont des apôtres des Droits de l'homme alors que toutes les politiques qui se succèdent depuis le début de leur domination ont seulement pour but exclusif la préservation de leurs intérêts matériels.

     

    En os à ronger, rallongeant en somme la longueur de la laisse, ils feignent de laisser au peuple sa liberté de parole qui est comprise par le dit peuple comme sa liberté de dire ce qui lui passe par la tête ce qui consiste donc en l'exposé des pires lieux communs et idées reçues, ce qui s'aggrave depuis que l'Internet a pris autant de place dans le « débat » politique. Le second degré est totalement incompris, la dérision ignorée, sans parler du sens de la nuance, complètement jeté aux orties, le contradicteur est forcément un salaud car contredisant des certitudes, le contradicteur « pique », c'est un emmerdeur.

     

    politique, société, internet, hypocrisie, consumérisme, Amaury WatremezTout massacre de minorités par des fanatiques, des pseudo-révolutionnaires, des militaires, des nationalistes ethno-différentialistes à l'autre bout du monde ou près de chez nous devient un génocide, banalisant le terme qui à la longue ne veut plus dire grand-chose, et induisant une compréhension de la politique uniquement fondée sur l'affectif, avec des gentils tout blancs, et des méchants tout noirs. C'est la réflexion que je me faisais en assistant par hasard à une manifestation (voir photos ci-contre) en faveur des ukrainiens face à la Fontaine Saint-Michel à Paris il y a une semaine, et pourtant on aurait pu croire qu'ils étaient de mon camp, récitant le chapelet en chœur et chantant des chants à la Vierge.

     

    politique, société, internet, hypocrisie, consumérisme, Amaury WatremezIl se passe pour l'Ukraine la même chose qui s'est passé pour la Serbie en guerre contre la Croatie, pour tous ces bons apôtres qui ont pris fait et cause pour les pseudo-rebelles syriens, et vrais djihadistes, contre Saddam (ce qui donne l'Etat Islamique en 2014), contre Bachar El-Assad, contre Yasser Arafat et le Fatah en Palestine, en gros contre tous les régimes qui commençaient une laïcisation de leur pays le tout au nom de bons sentiments...

     

    L'utilisation abusive du terme génocide implique enfin une sorte de compétition mémorielle des causes, des massacres subis par telle ou telle communauté, une concurrence du malheur en somme comme si on pouvait peser les souffrances des uns ou des autres et les comparer, les mettre en balance, selon le nombre de morts, dans une comptabilité abjecte. Un seul mort tué par le simple fait de sa différence de naissance, d'apparence, d'ethnie, de religion ou de culture est en soi intolérable. On sait qu'il y a là-dessus encore beaucoup de travail et que les bonnes intentions ne suffisent pas, puisque encore maintenant de quartier à quartier dans une même ville pour beaucoup ce n'est pas la même identité.

     

    Et il y a aussi tous ces internautes, les uns issus ou non de la diversitude, les autres prétendant la combattre au nom d'une identité dont ils ignorent souvent tout, convaincus pour certains qu'être français est une idée quasiment racialiste. Les uns comme les autres s'injurient, s'insultent, se traitent de toutes les invectives possibles et imaginables, souvent les pires, en appellent au combat salvateur, au salut par les âmes, à verser le sang des adversaires.

     

    J'ai souvent envie de leur conseiller de commencer les premiers, entre eux, ce qui ferait quelques imbéciles de moins sur terre, et je les imagine souvent, lui le fier tribun de la nation, ou tel autre, ardent combattant anti-fââchiiste, petits bureaucrates minables, frustrès et complexés derrière leur guichet, coincés dans leur « open space » ruminant de sombres vengeances sur leur chef de service et contre le monde entier, planqués dans leur bicoque « Monopoly » rurbaine arrachée au système par une allégeance sans failles au système, vexés de ne pas être reconnus à ce qui leur semble être leur juste valeur par leurs profs, leurs instituteurs, leurs maîtres, idem pour leur progéniture déjà soumise elle aussi uniquement préoccupée de posséder le dernier gadget inutile à la mode.

     

    Et dans la vraie vie, les mêmes n'utiliseraient pas du tout le même ton ni le même vocabulaire, car bien que leur civilisation ne soit qu'un vernis, ils n'oseraient pas le faire craquer, ne voulant surtout pas laisser croire qu'ils puissent un jour se rebeller pour de bon et non seulement en mettant en « statut » facebook une « peinture » de Ben, ou une photo de chtit n'enfant n'étranger qui n'a faim ou sous les bombes des méchants...

  • Abandonner toutes contraintes...Vraiment ?

    Imprimer Pin it!

    Je suis toujours surpris, et effaré par son hypocrisie, du discours que l'on entend à droite comme à gauche en France, la droite libérale-libertaire et la gauche sociétale-libérale, ce qui au fond revient au même. D'un côté on y vante la disparition nécessaire des contraintes aussi bien économiques que morales, individuelles que collectives, et de l'autre on déplore la destruction des valeurs communes dites républicaines. D'un côté, l'on ne considère que les droits des personnes, sans jamais leur réclamer le moindre devoir en échange, et de l'autre, on se lamente sur la disparition du lien social ou national.

    w-sans-contrainte.jpg

    En France, et ce pour toutes les générations, un peu plus les « djeuns » qui n'ont rien connu d'autres et qui ont été éduqués sans barrières morales ni repères, la contrainte envers l'autre, fût-il un proche ou un très proche, est considérée comme insupportable, tout ce qui permet de vivre en société en somme. Une interdiction motivée, une loi à respecter, entre autres sur la route, sont vues comme des provocations insupportables des institutions, « Surmoi » social dont la société ne veut plus non pas par esprit de rébellion contre l''autorité mais par instinct grégaire, afin d'être encore plus soumis au tout économique et ses diktats absurdes.

     

    A droite, l'on considère sans trop le dire encore beaucoup mais on est de moins en moins « décomplexé » que la France est une dictature stalinienne quant à sa politique économique, en particulier concernant les aménagements sociaux qui permettent encore un peu de protéger ceux qui n'ont rien ou pas grand-chose, même si maintenant ne sont considérés comme précaires et pauvres que les populations « issues de la diversité » (TM°).

     

    Les politiques de droite souhaiteraient donc que les patrons et les banques aient les mains complètement libres, sans plus aucune barrière administrative ou légale. Alors, certes, il faut leur rendre cette justice, le fait par exemple de taxer les bénéfices d'une grande ou d'une petite entreprise est parfaitement grotesque car cela favorise la grande et empêche la petite de faire un peu plus de chiffre, et d'embaucher, par exemple, ou l'absurdité qui veut qu'un patron de PME, de commerce, doit, avant même de gagner quoi que ce soit payer 60% d'impôts sur ses bénéfices espérés...

     

    Mais de là à laisser la bride sur le coup à des types qui sont rarement des philanthropes, il y a un pas, pas qu'a pourtant franchi en France le gouvernement actuel réalisant un des rêves humides et torrides de Laurence Parisot, surtout de gôche pour le sociétal avouons le. Ce n'est d'ailleurs pas un « pacte de responsabilité » (rires) qui changera quoi que ce soit :

     

    « Si tu es méchant avec tes employés on te fera les gros yeux », ouhlala les patrons ont peur je pense...

     

    Et au fond, cette droite libérale, à quelques exceptions, est composée des mêmes individus ayant les mêmes conceptions que leurs ancêtres bourgeois et positivistes sous Guizot. La morale sociale est un paravent commode qui permet de camoufler les appétits des uns ou des autres, des appétits tous plus abjects les uns que les autres le plus souvent, abjects par leur côté étriqué. Elle permet aussi aux pauvres et aux précaires de rester à leur place et de hocher la tête avec respect et componction quand on consent à leur laisser une piécette de temps en temps...

     

    A gauche, la gauche sociétale, les moquettes épaisses des ministères et des banques, les meubles luxueux, les repas fins, les petits et grands privilèges s'accumulant, le népotisme et le clientélisme comme les autres, ont eu raison des quelques idéaux que certains avaient au départ, quand, rappelez-vous, « la France est passée de l'ombre à la lumière » selon la formule de l’inénarrable Djack Lang, encore là trente-trois ans après, malgré toutes les casseroles qu'ils traînent, la plupart risibles, d'autres rendant un écho beaucoup plus sinistre que les autres.

     

    Les politiques de cette gauche n'ont pas envie de changer un système qui leur assure des revenus confortables, leurs « ronds de serviette » à la téloche pour vendre leurs bouquins. Ils s'en tiennent donc à quelques mesures sociétales qui en plus sont bien vues, bien perçues, de leur « clientèle » électorale qui est surtout maintenant composée de petits bourgeois urbains à revenus élevés et qui ont le désir de rajouter aux prétentions matérielles de leurs ascendants des prétentions de guides sociaux, et politiques. Pour faire illusion, on feint de protéger le système social français en faisant barrage pour empêcher toute modification pourtant indispensable de régimes spéciaux de retraite parfaitement aberrants à notre époque.

     

    Notons d'ailleurs que les mesures sociétales ronflantes comme le « Mariage pour tous », et bientôt « l'Euthanasie » (pardon l'aide à la fin de vie) sont surtout à destination des petits bourgeois urbains, et non des homosexuels de milieux précaires ou pauvres, et, ou, ruraux, dont la gôche sociétale n'a rien à foutre. Et cantonner la pauvreté aux minorités « issues de la diversité » est des plus malin car cela permet de traiter de raciste le premier français dit « de souche » qui oserait revendiquer quelque chose.

     

     

    L'individu de cette société ne s'est au fond affranchi de rien, il est même encore plus soumis qu'avant à des contraintes que ses ancêtres auraient jugé impossibles à vivre, perdant de sa liberté un peu plus chaque jour, surveillé au nom de sa sécurité, grâce aux moyens techniques modernes, le tout avec son assentiment joyeux. Et "l'héritage" de "Soissantuite" est le même que celui de la société hyper-libérale victorienne ...

     

    L'affiche "soissantuitarde" vient de ce site, inventin

  • Pourquoi mon blog n'est plus anonyme

    Imprimer Pin it!

    internet, cyber-flics, société, politique, blogueCe blog est régulièrement lu par des lecteurs attentifs et sympathiques et aussi par des cyber-indics, ou cyber-corbeaux qui savent très bien que Grandgil est Amaury Watremez.

    La plupart se hâtent de faire leur compte-rendu sur tout ce que j'écris, mes articles étant régulièrement imprimés par les "autorités supérieures". Il paraît cependant que nous vivons dans un pays de liberté d'expression, donc pourquoi avoir peur ?...

    A ces cyber indics, je leur précise qu'Amaury s'écrit bien A.M.A.U.R.Y et mon nom W.A.T.R.E.M.E.Z ( se prononce vatremé ou ouatremé).

  • « Reste à ta place petit blogueur... »

    Imprimer Pin it!

    genie.jpgJ'ai un mauvais génie, de temps en temps il se manifeste, dernièrement il m'a écrit. Ce mauvais génie fait partie de moi, il se manifeste de temps en temps, il est tenté par l'acédie et « l'aquoibonisme », le manque de confiance dans des convictions fortes, dans la sensibilité au monde, il ne me veut pas de bien, cela le fait errer de long en large dans la petite pièce de mon esprit où je l'enferme, mais il lui arrive de tambouriner à la porte...

     

    Voilà ce qu'il m'a envoyé :

     

    « Mais pour qui te prends-tu avec ton blog ? Quel orgueil ! Quelle vanité !

    Tu écris des articles qui sont une longue logorrhée consistant à vomir essentiellement ce que tu dis êtres les hypocrisies de ce monde, mais qui ne sont que des compromis indispensables pour vivre en société. Ceux qui réussissent ne veulent pas trop montrer que pour cela, ils ont dû renoncer à tout ou partie de leur intégrité morale, ceux qui ont un peu réussi aussi, et même ceux qui ne font que se contenter des miettes, c'est normal ils sont humains. Ne serais-tu pas au fond un peu jaloux d'eux ?

     

    Car tous les autres sont toujours jaloux de la réussite qui suppose quelques petites renonciations. Il faut bien vivre. Il faut bien vendre du spectacle, de la polémique absconse et abjecte, c'est toujours du pognon en plus, et dans ce monde, ainsi que tu le sais on ne respecte que l'argent, et rien d'autre.

     

    Certains, sur internet, essaient désespérément d'y arriver en faisant tout leur possible pour que le spectacle absurde continue, à leur niveau. On les laisse faire pour faire croire que c'est encore possible, qu'ils peuvent un jour être connus eux aussi, et riches, de temps en temps même on en pêche un, un qui laisse un témoignage déchirant, telle autre qui parle de sa vie de caissière, telle autre encore qui se met en scène et se photographie chaque jour, à poil si possible, et photogénique c'est mieux.

     

    Sur Internet, ceux que l'on écoute vraiment ce sont les mêmes que dans la "vraie" vie ou ce qu'il en reste, c'est ceux qui ont de l'argent et le pouvoir, les relations, les copinages et les amis bien placés...

     

    Il n'y a plus vraiment de droite, il n'y a pluss vraiment de gauche tu sais en 2013, il n'y a même plus d'idées politiques saines, il n'y a même plus tellement de vrais catholiques, ni même de vrais musulmans ou de vrais juifs, il n'y a guère que des opportunistes un peu plus malins que les autres qui essaient tant bien que mal de tirer les marrons du feu, pour faire parler d'eux, les quelques marrons encore savoureux qui restent dans un système en crise qui va bientôt exploser sous la pression des violences sociales, des conflits ethniques et religieux à court ou moyen terme, il ne faut pas se leurrer, et tu le sais très bien.

     

    Qui survivra à ce moment là ?

    Les « Don Quichotte » qui auront gardé intact leur sacro-sainte morale ? Ou ceux qui auront su préserver leur confort, les utopistes audio-visuels, les poètes de salon, les « rebellocrates », les réactionnaires « de service » faisant partie du système, tout genre d'individus méprisables j'en conviens que tu ne peux t'empêcher de railler?

     

    Et toi, toi, tu restes dans ton délire d'intégrité, ton petit sillon que tu traces depuis des années, ton salmigondis de considérations qui en plus ne te rapportent rien, qui te coûtent même des liens avec telle ou telle réseau, car tu ne peux pas t'en empêcher, tu diras ce que tu penses à un militant de droite ou de gauche, tu lui diras ce que tu penses de son assujettissement, de son allégeance à des absurdités. Mais pour qui te prends tu ? Et si cela leur plaît d'être soumis à la discipline d'un groupe, celle-ci fût-elle complètement absurde à tes yeux.

     

    Je te l'ai déjà dit, l'esclave aime son esclavage, et l'être humain croit qu'il est plus fort en troupeau. C'est ainsi. Ils savent très bien qu'ils sont soumis et grégaires, ils t'en veulent de le dire, car paradoxalement ils ne supportent pas complètement de manquer autant d'intégrité. Là aussi, c'est humain de se cacher de la vérité, surtout celle qui fait mal.

     

     

    Tu n'est qu'un blog perdu parmi des millions, reste donc à ta place petit blogueur, un sale empêcheur de penser dans la foule, rien qu'un emmerdeur... »


    image prise ici

  • Histoire d'un zèbre - conte pour toute la jungle et pas seulement pour les zèbres

    Imprimer Pin it!

    geo_zebre3.jpgLe zèbre avait découvert il y a peu seulement qu'il n'était pas un singe comme il le croyait jusque là, encore moins un animal de trait, ou d'abattoir, ni même une bête à cornes ou un genre d'invertébré. Il n'était pas sûr de son appartenance à l'espèce des primates, car il était inadapté et souffrait de diverses blessures de par l'ignorance de sa vraie nature. Comme tout zèbre il était doué pour le camouflage, il s'était tellement bien fondu dans le reste du règne animal qu'il en avait oublié lui-même juqu'à son identité propre et les causes de son mal être car ne pas savoir ce qu'il était le faisait souffrir durement.

     

    Il était un zèbre et il était heureux de maintenant le savoir. Il en était maintenant sûr et certain. Il n'osait pas encore trop le dire car les zèbres sont très mal considérés dans la jungle. Étant plus intelligents, plus sensibles, plus lucides, les autres espèces ont tendance à en avoir peur, car pour elles l'intelligence, la sensibilité et la lucidité ne sont que des moyens détournés de dominer les autres. Et quand un zèbre avoue qu'il en est et montre ses rayures, tous les autres habitants de la jungle, par jalousie, par envie, par complexe d'infériorité, prétendent alors immédiatement en être également, ou l'avoir été.

     

    Ou bien pire encore, le zèbre est raillé, rejeté, comme prétentieux et vaniteux, pour qui se prend-il ? Il est d'autant plus réjouissant pour les autres espèces de le railler et de s'amuser avec lui que c'est une proie facile et vulnérable dés qu'il est un tout petit peu à découvert. Le zèbre, pourtant, le sachant très bien malgré tout, avait voulu passionément depuis son enfance faire partie des mêmes cours, bandes et tribus que les autres animaux de la jungle ou de la savane, il avait très peur du rejet, et de la solitude, solitude qu'il avait pourtant toujours vécu au plus profondément. Il pensait, il faut le comprendre, qu'avec d'autres zèbres, il s'ennuierait forcément.

     

    Mais ces autres animaux ont toujours eu peur que leurs personnalités soient éclipsés par celle du zèbre réputé hyper-performant en tout du fait des lieux communs qui circulent à son sujet, alors que celui-ci peut être complètement à la ramasse sur des questions qu'il ne maitrisera absolument pas.

     

    Le zèbre par exemple est ambivalent en amitié, par peur de trop s'engager et d'être encore blessé, par peur qu'on le reconnaisse comme zèbre et qu'on le laisse tomber. S'il est très fin et intelligent dans un ou deux domaines précis, il alterne également des phases d'hyper-activité et de grande paresse quasiment dépressive, ayant un esprit un peu trop perméable, un peu trop plastique, à tout ce qui l'entoure.

     

    Il a beaucoup de mal à maitriser le flux continu de pensées et d'émotions qui risque de le submerger chaque instant. Il tente de le canaliser par la procrastination ou bien en se cachant derrière un personnage derrière des pétarades caustiques. Il se caractèrise beaucoup par une estime déplorable de sa propre personne due à sa sensibilité un peu trop forte au monde, il n'a que modérément confiance en lui. Il attend parfois de ses amis et proches qu'ils prennent des décisions à sa place. Il n'est pas l'adulte qu'il pensait devenir, et son enfance continue sans cesse à se rappeler à lui. A considérer sa vie toujours comme un ensemble, ainsi que les personnes qui l'entourent, il a du mal à prendre parfois du recul même égoïstement et prendre soin au moins de temps en temps de lui.

     

    Les autres animaux comprenaient toujours au bout d'un moment qu'il était un zèbre, mais prétendaient que ses blessures, son comportement souvent maladroit en société, conflictuel, ou marqué par son rejet des compromis sociaux qu'il trouvait hypocrite, était dûs à des raisons par lui inavoués. Dans certaines basse-cours par exemple on suggérait qu'il aimait bien les autres zèbres mâles comme lui, qu'il avait des secrets honteux et bien cachés. Ce n'était cependant pas eux qui avait le plus de mal à l'accepter comme zèbre, mais lui-même, et d'y avoir enfin réussi le rendait plus fort, ce qui se voyait enfin. Il osait montrer ses rayures sans se soucier des cancans des oies ou des radotages des vieilles biques ou des vieux boucs.

     

     

    Quant à être heureux, c'était une autre histoire, comme l'a dit un autre zèbre, bien caché aussi derrière ses pétarades, « C'est important l'intelligence. L'intelligence, c'est le seul outil qui permet à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur. L'intelligence c'est comme les parachutes, quand on n'en a pas, on s'écrase. ». Ayant lu il y a longtemps l'histoire d'un autre zèbre, préférant d'ailleurs largement le film qui en avait été tiré, l'auteur du livre en question étant plus un poney qui prétendait avoir des rayures lui aussi, zèbre du film qui réagissait comme lui face aux sentiments amoureux, il savait que le bonheur était pour lui un idéal hélas encore lointain...


    Excellent graphisme pris sur le site des coccinelles

  • Conte ironique de fin du monde

    Imprimer Pin it!

    Sur Agoravox

    Ce texte a été lu au sens littéral comme un délira soucoupiste, le manque de recul des gens aujourd'hui, leur absence d'esprit critique fait peur, c'est terrifiant...

    Il était employé d'une grande administration, ce qui lui laissait beaucoup de temps pour rêvasser et laisser son esprit vagabonder allègrement. D'aucuns auraient dit à une époque qu'il battait la campagne, mais il savait bien qu'il n'était ni névrosé, ni malade car il n'était pas le seul.

    littérature, société, internet, fin du monde, 2012Il en profitait pour échafauder des théories sur tout, et parfois, lorsque son chef de service l'énervait un peu trop, qu'il avait du travail en retard, il se défoulait sur les forums Internet où il était connu sous le nom de « Néo3002 » (« Néo3000 » était déjà pris), là il se vengeait de toutes les humiliations qu'il pensait avoir subies, des prétentieux qui lui rétorquaient que ces théories sur la politique et le monde étaient fumeuses.

    Il pouvait enfin leur clouer le bec, lui qui n'avait pas pu faire d'études, non pas qu'il n'en eût pas les capacités, se disait-il, mais les profs ne l'aimaient pas, c'est tout, ils s'acharnaient sur lui gratuitement pour l'empêcher de s'épanouir car ils étaient jaloux de ses réflexions et de tout ce qu'il avait compris, lui. « Ils » essayaient encore de l'empêcher de s'exprimer mais heureusement il y avait Internet où il avait le droit de tout dire, sans risques.

    De toutes façons, il était maintenant convaincu que son professeur de Lettres de Quatrième était bel et bien un émissaire des « aliens ».

    Il n'était pas fou, il n'allait quand même pas mettre son vrai nom sur le Web quand il dénonçait les vrais responsables et qu'il démasquait les impostures, son chef de service qui était également très souvent sur le Réseau le verrait rapidement, et alors il n'aurait plus de moyens de subsister pour pouvoir continuer à méditer sur les causes réelles du 11 Septembre, selon lui, un complot des « sionistes » en fait, qui avaient monté cette machination perverse, alliés aux « petits gris », ces extra-terrestres agressifs bien connus qui dirigeaient la terre en sous-main.

    Par des trucages habiles et une suggestion de masse, « on » avait fait croire aux populations que des avions s'étaient écrasés sur les deux tours et ailleurs, c'était les mêmes procédés qui l'obligeait, le forçait à renouveler un achat de téléphone portable tous les deux mois. Maintenant, « ils » l'obligeaient à acheter une nouvelle « tablette » numérique en même temps, et puis c'était pratique, il en avait quand même besoin pour son travail.

    « Ils » étaient partout, « ils » contrôlaient tout.

    Il savait bien que les hommes, de surcroît des américains, n'étaient jamais allé sur la lune, que c'était Stanley Kubrick qui avait tourné un faux alunissage dans les studios de la « Warner » en mars 1969.

    D'ailleurs il avait des preuves, à 12 secondes trois dixièmes d'une vidéo disponible sur « Youtube » on voyait bien l'amorce d'une perche micro dans le coin droit du casque de Neil Armstrong, et que le drapeau flotte ainsi comme si il y avait du vent, c'était quand même le signe caractéristique qu'il avait raison. De plus, il était bien connu que les « petits gris » avaient une base secrète sur la face cachée de la Lune, alors ils n'auraient jamais permis que l'homme aille vérifier sur place.

    Il ne voyait pas de contradictions à regarder d'autres vidéos qui montraient les « OVNIs » (des points lumineux flous et lointains) que les astronautes avaient dit apercevoir lors des missions « Appolo » dont il affirmait à d'autres moments que celles-ci étaient des montages grossiers.

    Ce jour là, le 21 décembre 2012, il était en grande discussion avec « veritas21 » sur un forum réservé aux initiés de ce que l'on cachait aux autres. « Veritas21 », certainement une femme, à cause de l'énervement qu'elle lui procurait en lui répondant, une frustrée, une lesbienne c'est sûr, prétendait que les Mayas avaient tort, que la fin du monde ce ne serait pas la disparition de la Terre mais simplement le jour ou les « Eloïms », le peuple qui avait ensemencé les hommes préhistoriques, viendraient nous rechercher pour partager leur science, lui, il pensait simplement que ce serait un nouveau départ, que l'humanité allait enfin ouvrir les yeux sur « les petits gris » et s'en débarrasser.

    Par acquis de conscience certainement, il songeait en même temps à ses achats de Noël, sa sœur l'avait invité pour le 25 et il ne voulait quand même pas arriver les mains vides, ça ne se faisait pas. Il se sentait d'autant plus stressé que son chef de service l'avait forcé à terminer un rapport pénible sur un problème administratif auquel il ne comprenait rien.

    Regardant sans la voir vraiment la file de personnes qui s'allongeait démesurément devant son guichet, il se dit qu'il en avait assez de son travail, assez des ces imbéciles qui venaient tout le temps le solliciter sur des questions vraiment tellement futiles alors qu'il avait d'autres réponses autrement plus graves et plus importantes. Un vieux monsieur très digne grommela quelque chose tout bas.

    Il sortit de sa torpeur, admonesta le vieillard insolent pour la forme et l'après-midi continua à se dérouler tellement lentement, car il n'eut pas le temps d'aller jeter ne serait-ce qu'un coup d'œil sur ses sites préférés. Il ne put aller donner une leçon aux vaniteux qui parlaient de livres qu'il n'avait jamais ouvert, de films qu'il n'avait pas le temps d'aller voir occupé qu'il était à dénoncer les puissants sur le Net.

    Quand il sortit à 16h01, il ne remarqua pas tout d'abord les cris d'effroi des personnes autour de lui, il était perdu dans ses pensées, abattu, découragé. Il se dirigeait vers la pâtisserie pour aller chercher la bûche individuelle qu'il avait commandé le matin lorsqu'une femme le heurta de plein fouet. Elle était complètement paniquée. Elle avait les yeux hagards. C'est alors qu'il vit les lueurs étranges au-dessus des immeubles, qu'il entend le bruit du centre commercial tout proche qui s'écroulait.

    Des météores, du moins il pensait que c'en était, tombaient en pluie sur la ville.

    C'était bel et bien la fin du monde, et il restait incrédule.

    Et lorsqu'un morceau de balcon lui tomba dessus, lui brisant définitivement la colonne vertébrale, il n'y croyait toujours pas. Il regretta dans l'autre monde sa dernière pensée qui fût pour la facture qu'il avait déjà réglée pour le foie gras qu'il avait réservé chez le charcutier pour le repas chez sa sœur. A la dernière seconde, il se sentit d'autant plus humilié que personne ne saurait jamais qu'il avait eu raison avant tout le monde...

    L'ironie du sort...

    illustration empruntée à ce site

    ci-dessous une chanson guillerette pour la fin du monde (tirée de "Docteur Folamour")

  • De Narcisse à Facebook

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox

     Quand on parle de l’ultra-narcissisme moderne et l’invasion du virtuel qui fait que beaucoup confonde leur vie sur le réseau et la vie, on oublie de dire que cela a commencé il y a fort longtemps bien avant Internet, aux temps antiques et mythologiques et dans les contes. Et pour être bien clairs, et répondre à des commentaires courroucés prévisibles, Internet est un moyen de communication formidable, un outil qui apporte beaucoup de choses, mais c'est seulement un outil et non une fin en soi.

    Le "Narcisse" du Caravage est pris ici

    Narcisse_Caravage.jpgLe narcissique avait pour habitude déjà de prétendre que le narcissique c’est l’autre pas lui, le mégalo, le vaniteux tandis que lui avait su conserver toute sa simplicité, son honnêteté. Pour lui c'est sûr il fait partie des « vraigens »...

    Parfois il y a des narcissiques des plus talentueux, qui aiment bien se regarder mais étant donné leur génie par ailleurs, on leur pardonne sans aucune difficulté, comme François-René de Chateaubriand, et Victor Hugo voir Proust plus tard qui écrit la Recherche en se mirant lui aussi dans le miroir, de ses souvenirs d'enfance.

    Mais eux c’était deux géants…

    Narcisse était un jeune grec qui adorait se regarder le nombril, le visage, les mains, le bras, les cheveux, dès qu’il croisait un miroir ou un plan d’eau. Progressivement, il finit par confondre sa personnalité avec ce qu’il voyait dans le reflet.

    C’était de plus en plus important, le reste devenait franchement accessoire, c’était du superflu. Il ne voyait plus personne y compris les jeunes athéniennes qui l’idolâtraient et portaient sa beauté aux nues. Elles l’agaçaient parfois un peu car cela lui faisait perdre du temps pour s’admirer et puis elles s’assortissaient mal avec lui.

    Ce qui devait arriver, il prit racine en se regardant dans une rivière, et se transforma donc en cette fleur jolie mais un peu indolente et molle à laquelle il donna son nom, le genre de fleur qu’offre les radins au premier rendez-vous.

    Dans « Blanche Neige », la méchante belle-mère adore se mirer dans son miroir qui a l’avantage d’être interactif avant l’heure et de lui faire des compliments à toute heure du jour et de la nuit.

    A force de se regarder, elle ne vit pas sa maturité arriver à grands pas avec la quarantaine et la ménopause, et son cortège de petits tracas, elle en conçut une névrose qui la poussa à tenter d’assassiner sa belle-fille, en l’occurrence celle de son troisième mari, un roi d’une principauté germanique un peu rude, mais c’était tout ce qu’elle avait pu trouver.

    Elle finit très mal elle aussi, en tombant dans les abîmes.

    image ci-dessous prise ici

    mar%E2tre%20de%20blanche-neige.jpgCes deux histoires, pourtant, tout le monde les connait, mais cela ne change rien, l’homme moderne a pris et Narcisse et la belle-mère de Blanche-Neige comme maître et maîtresse à penser, et il dispose des avantages de la technique moderne, dont son téléphone portable qui ne quitte jamais ou presque la paume de sa main, ça le rassure et le conforte, en plus, même lorsque l'appareil est éteint, il peut voir son reflet dedans. Il a plus de moyens pour mieux s’en sortir que le premier qui s’est transformé en plante verte et la deuxième qui a voulu supprimer la pauvre petite princesse romantique et brune que tous les princes lorgnaient du coin de l’œil espérant lui faire subir quelques premiers et derniers outrages

    Le Narcisse moderne ne voit déjà pas qu'il a d'ores et déjà de toutes manières la cervelle d'une plante verte...

    Le Narcisse ou la belle-mère de Blanche-Neige moderne se construisent tous deux un personnage, le premier se rêve génie injustement méconnu, rebelle ou Robin des bois, révolutionnaire ou chevalier défendant la civilisation, il s’invente un personnage et adopte souvent un comportement qu’il s’imagine convenir à son personnage. Ce personnage complètement fantasmé devient pour eux leur « vraie » personnalité, ce qui crée une aliénation car dans la vie, ils sont souvent tout aussi effacés et dociles que les autres.

    La deuxième invente de nouvelles formules pour compenser ce qu’elle estime être une dégénérescence insupportable pour elle, elle se dit active, dynamique, elle c’est l’inverse du Narcisse, elle ne supporte plus son reflet, elle ne veut pas le voir, elle veut que le miroir lui en renvoie un autre beaucoup plus flatteur

    La télévision aime bien flatter les narcisses jeunes et moins jeunes et faire mine de parler d'eux et rien qu'eux dans des émissions où elle feint de leur donner la parole et d'aborder leurs -petits- problèmes, qui sont surtout des problèmes de nombril, en jouant sur l'identification à des archétypes souvent un peu trop caricaturaux pour être honnêtes.

    Là, le Narcisse moderne pleure un peu sur ce qu'il voit et sur lui-même, surtout sur lui-même. Il aime bien rêver sur la banalité, et c'est paradoxal, mais même dans le virtuel il est incapable de s'abstraire du trivial et de lui-même, de s'ouvrir à autre chose que lui. Toute contradiction lui devient insupportable. Car le contredire c'est remettre en question le personnage flatteur qu'il s'est construit.

  • Journal de vacances 3 – A quoi sert un blog ?

    Imprimer Pin it!

    Déjà sur Agoravox

     ...Si tant est que ça sert à quelque chose, écrire sur internet en général en l'occurrence.

    Devoirs de vacances :

    image emprunté au blog du plafond de verre

    blogueur_anonyme.jpgJe relis les BD de « Valérian et Laureline » de Christin et Mézières, j'aimerais bien savoir où les deux auteurs en veulent en venir avec leur cycle autour de la disparition de la terre du futur et sa capitale, Galaxity, à cause de l'hypothétique planète Hypsis. Pour Valérian, cela a un sens de la rechercher, pour Laureline, cela n'en a aucun, mais mieux vaut ça que tourner en rond.

    Christin et Mézières font durer le plaisir, à moins qu'ils ne soient en panne d'idées pour clôturer leur histoire...

    Je feuillette également le « journal » de Jean-Patrick Manchette, que je connais par cœur. En le relisant j'ai cependant l'impression de retrouver un ami, du genre de ceux que l'on revoit en ayant l'impression de les avoir quittés la veille même si la veille était il y a des années. Ce qui est passionnant dans ce journal littéraire, c'est toute la réflexion de l'auteur sur le travail de l'écrivain, son rapport au monde et aux autres.

    Impressions de vacances :

    Il y a quelques jours, quelqu'un m'a dit que les blogs, les forums internet, c'était l'équivalent moderne et à plus grande échelle des anciens courriers des lecteurs dans lesquels c'était la plupart du temps la foire aux lieux communs, aux préjugés, aux idées reçues, une occupation de concierge occupé à médire...

    Ce n'est pas toujours faux, il y a du vrai là-dedans.

    Pour moi cependant, le pire c'est quand l'auteur de blog se prend trop au sérieux (car soyons honnêtes c'est que l'on a une bonne opinion de soi quand on se laisser aller à publier des textes sur le Web).

    Ce n'est pas la première fois que j'entends cette réflexion, la différence étant que là, la personne était bien intentionnée à mon égard. Car quand lance ça à un blogueur, la deuxième question est généralement :

    « Et tu as beaucoup de visiteurs sur ton blog ? » ou

    « Tu as beaucoup de lecteurs sur tes articles ? »

    (suit toujours ou presque un sourire entendu et narquois tout prêt ).

    Bien sûr, quand on donne le chiffre, re-sourire entendu, c'est sûr, le blogueur, l'auteur d'articles ment, il se donne de l'importance, il raconte des calembredaines, l'affaire est entendue.

    De toutes façons, celui qui pose la question se fiche d'avance de la réponse, puisque finalement pour lui (pour elle) cela ne sert strictement à rien d'écrire de toutes façons, y compris des articles sur papier s'il n'y a pas des millions de lecteurs qui suivent ou le blog ou les articles, et si cela ne rapporte rien à l'auteur, à part le plaisir d'écrire et de publier ce qu'il écrit.

    L'auteur est montré comme un grand gosse immature, qui a besoin d'une catharsis et qui pour cela s'exprime abondamment, voire un peu trop aux yeux de certains.

    Je me rappelle particulièrement de celui qui m'a dit après avoir entendu le nombre de visiteurs sur mon blog et le nombre de lecteurs sur quelques articles d'Agoravox : « Ah oui, mais c'est le nombre

    Ce qui transparaît finalement ce sont deux choses :

    -La colère du médiocre qui aime le confort du troupeau, qui apprécie de ne pas se faire remarquer, et qu'il n'y ait pas une tête qui dépasse. Pour lui, ce cloporte, le type ou la fille qui publie sur le net est forcément un prétentieux, un vaniteux narcissique et complètement inconséquent.

    -Sa jalousie aussi, car il est bien souvent incapable d'aligner trois mots en français, et de le faire de manière intéressante. Sa jalousie est paradoxale car pour lui la littérature comme l'écriture de toutes façons ça ne sert à rien, comme il dit :

    « Moi je lis des livres sérieux, certainement pas des romans », qui ne sont pas sérieux c'est évident pour lui.

    Mais le fait que quelqu'un soit un peu plus doué que lui pour l'expression de sentiments, de joies, de peines, de colères, de rires, voilà qui l'embête quand même sec.

    Bien sûr, il ne comprendra jamais l'essentiel, l'auteur de blogs écrit d'abord pour lui et aussi pour trois ou quatre personnes au maximum au bout du compte (Moi c'est principalement pour une personne). S'il lui vient l'envie de croire qu'il a un message à distribuer au monde entier, et que ce message est fondamental pour la survie du monde, il faut d'urgence qu'il consulte un spécialiste, ou qu'il se pose des questions.

    Le blogueur c'est un peu François Merlin qui se prend pour Bob Saint Clare dans "le Magnifique"

  • Modération du blog

    Imprimer Pin it!

    Le blog est maintenant modéré, ceci afin de filtrer les commentaires (les commentaires injurieux ou malveillants sont néanmoins tous conservés).

    Lien permanent Catégories : Blog
  • ultra-moderne narcissisme

    Imprimer Pin it!

    On en parle aussi sur Agoravox

     « L'égotisme ne manque pas d'attraits, même dans la vie réelle. Lorsque les gens nous parlent des autres, ils sont habituellement ennuyeux.

    IMG_5252.jpgOscar Wilde, qui en était un grand, et talentueux, égotiste.

    Extrait des « Aphorismes »

    « O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu'elle n'est qu'un reflet de notre mémoire. »

    François René de Chateaubriand

    Extrait de ses « Mémoires d’outre-tombe », classique génial de l'égotisme littéraire

    Il y a des paradoxes dans notre monde, un des plus flagrants est celui-là : il est de bon ton de pratiquer la pensée positive mais finalement nous aimons bien aller mal.

    Nous adorons nous centrer sur notre nombril, contempler toutes nos frustrations, nos nostalgies, nos amours perdues, nos déceptions.

    Mais hélas, il y a égotisme et égotisme, et tous les égotismes ne mènent pas à une belle écriture ou à des beaux livres. Chateaubriand, par exemple, était un narcissique de concours, totalement égocentrique, mais son égocentrisme se compense par son génie, tout comme Proust qui passe des milliers de pages à parler de ses fréquentations mondaines.

    Ces narcissiques là étaient des géants, contrairement aux auto-fictionneurs de notre temps qui ne font que ça aussi, parler d'eux, mais le font bien mal. Quand ils parlent de leurs frasques sexuelles, ce n'est même pas un tout petit peu coquin, grivois ou gaulois, simplement plat. Cela se limite le plus souvent à de l'adultère vaguement échangiste en milieu bourgeois.

    Si tout ne se réalise pas comme nous le souhaitons, c'est forcément la faute de causes extérieures, jamais de la nôtre.

    La télévision nous y encourage de plus en plus car cela lui permet de fabriquer à la chaîne des émissions fondées sur le narcissisme, et qui ne coûte pas cher. Le téléspectateur a l'impression de se voir, de voir qu'il n'est pas seul à avoir des faiblesses ou des petites médiocrités, ça le console.

    Ainsi, des minables qui n'ont pas un brin de talent mais qui sont suffisamment opportunistes sont enfermées une certaine durée et puis on regarde ce qui se passe en attendant l'affrontement, ou du sexe, entre les participants à ces « aventures » car pour eux ce sont des « aventures » : il faut dire que les décérébrés intégrant ces spectacles ont parfaitement compris que c'est là leur seul et unique chance d'avoir une toute petite part de célébrité.

    D'autres qui n'ont pas envie de prendre une douche devant des millions de voyeurs ou de faire l'amour sous l'œil des caméras acceptent d'être « coachés » par tel ou tel expert fantaisiste et totalement incompétent pour le faire, pour différentes choses : cela va du look à l'éducation des gosses, en passant par le ménage de la maison voire bientôt si ça se trouve l'apprentissage du Kama-Sùtra (il paraît que ça se fait déjà en Angleterre).

    L'humiliation que les participants y subissent est pour eux peu de choses à leurs yeux car « ils sont passés à la télé » et c'est tout ce qui se compte, tout comme pour le spectateur qui veut qu'on ne lui parle que de lui car il n'y a que ça qui l'intéresse.

    On notera aussi que dans tous les débats dits politiques ou cultureux à la télévision, en plus du plumitif, écrivaillon, écrivain, que l'on voit tenir son rôle en jouant les fachos de service, les réacs de la bande ou les révolutionnaires du jour, il y a toujours un invité acteur ou pas, vaguement dans le show-biz, qui joue le rôle du candide qui représente le spectateur lambda.

    Le Net est bien sûr un défouloir très sûr qui pour compenser sa haine, qui sa frustration, qui pour étaler ses prétentions, son nombril, son narcissisme qu'il entretient morbidement.

    On aime bien la nostalgie sur le réseau, idéaliser son enfance ou son adolescence, ressasser encore et toujours un passé cauchemardé ou rêvé sans vivre le présent tel qu'il est, reprendre lien avec des gens avec qui l'on n'a plus rien à se dire une fois que l'on s'aperçoit que la fille de nos rêves quand on était jeune était en fait une petite bourgeoise quelconque, et le prince charmant un parfait plouc. Cela permet toujours d'entretenir ses « passions tristes », de croire que des amours perdues peuvent toujours revenir alors qu'ils sont définitivement perdues.

    Aimer sa nostalgie, c'est aimer aller mal, aimer vivre dans le passé, dans un passé idéalisé qui ressemble au décor d'une pub.

    Ci-dessous un film français où il est question de nombrils...

  • Hommage plus personnel aux moralinateurs

    Imprimer Pin it!

    Cette petite note est dédiée à tous les "moralinateurs" qui me font suer, comme d'autres dans leur entourage, par leurs conseils bien-intentionnés, qu'ils seraient incapables de s'appliquer dans le même cas.

    Et bien sûr à tous ceux qui m'appliquent telle ou telle étiquette...

    On voudrait bien qu'ils ferment leur grande bouche, mais hélas...trois fois hélas

    C'est chanté par un petit gros, qui a ma carrure, enfin celle que j'avais il y a 6 mois avec 40 kilos en plus perdus sans l'aide de justement quelque "moralinateur" que ce soit.


    Cee Lo Green - Fuck You (Official Video)
    envoyé par Henrietta-Aime-Fumer_Tv. - Regardez la dernière sélection musicale.

  • Y-aura-t-il un jour un manuel de savoir-vivre sur Internet ?

    Imprimer Pin it!

    Les cloportes osent pour certains répondre à cet article sur Agoravox

    « Elle est sale, elle est glauque et grise, insidieuse et sournoise, d'autant plus meurtrière qu'elle est impalpable. On ne peut pas l'étrangler. Elle glisse entre les doigts comme la muqueuse immonde autour de l'anguille morte. Elle sent. Elle pue. Elle souille. C'est la rumeur. Répondez-moi franchement: Est-ce que, oui ou non, j'ai l'air contagieux ? »

    rumeur2.jpgLa rumeur très bien définie par Pierre Desproges, telle qu'elle se pratique et se répand sur Internet (par là un article de référence)

    La suite de ce texte par ici

    Comment aborder les sujets importants sur Internet ?

    Quels sont les sujets à aborder sur le réseau ?

    Que faire en cas de polémique ?

    Comment parler des rumeurs ? Et coetera...

    Il me semblait qu'il manquait un guide de savoir-vivre sur Internet, cet article est une sorte d'initiative civique finalement. Mais je ne suis pas sûr d'être décoré pour autant.

    Ce qui fait le beuzz en ce moment sur le Net, c'est « Arthur a-t-il ou non pompé son émission sur un « comique » américain ? On parle aussi beaucoup de l'infidélité de Tony Parker envers Eva Longoria, sa femme (« mais en fait sépavré, il a seulement envoyé un SMS à l'autre fille...etc »). Ce sont les sujets les plus importants ou la vidéo du chihuahua qui boit l'eau des toilettes d'un fast-food américain, ça ça marche. C'est important. Ainsi que l'a dit un ancien jeune, crétin décomplexé, ignare et fier de l'être, dans une émission de NRJ 12, la chaîne de télévision pour djeuns, la plus décérébrée du PAF, « Que Houellebecq ait eu le Goncourt, on s'en fout, nous les jeûûnes ». En quelques années, que de progrès accomplis, il y a quinze ans, le type inculte avait encore un peu de honte à dire qu'il s'en foutait de ne jamais ouvrir de livres de sa vie, maintenant grâce au web, il le dit sans retenue.

    Par contre parler de la biographie de la Barbie rechappée de partout qui présente un jeu avec Dechavanne, ça c'est important, savoir combien elle était malheureuse étant plus jeune et pourquoi elle a été obligée, forcée, contrainte, le couteau presque sous la gorge, de se faire refaire les seins (10 secondes de silence pour elle, car c'est important).

    Il est bien vu d'aborder certains sujets d'actualité sur un ton extrêmement polémique, ce qui permet aux commentateurs qui n'y connaissent rien, qui de toutes façons ne lisent pas les articles, d'y répondre de la manière la plus caricaturale qui soit, non pas sur le fond lui-même, mais sur la personne de l'auteur, qu'il est plus facile d'attaquer, plutôt que de lancer une vraie réflexion sur le débat lancé par l'article.

    Il est de bon ton de ne surtout pas remettre en question l'anonymat des commentateurs qui espèrent ainsi continuer à insulter, injurier, le tout au mépris des lois qui régissent tout cela en toute impunité. Oubliés tous les efforts du législateur contre la xénophobie, toutes les phobies d'ailleurs, envolés tout cela ! Le tout au nom de la liberté. Et si d'aventure on coince quand même l'insulteur, pour lui ce n'est pas de sa faute, il a cru sentir une agression contre ses certitudes, cela justifie l'abjection avec laquelle il se sent obligé ensuite de répondre, car finalement ce genre de cloporte est aussi infantile et surtout, encore une fois, abject.

    Les cloportes y reprennent les bonnes vieilles habitudes des épistoliers modestes qui inondaient les «kommandantur » de courrier non signé pendant l'Occupation, ceci afin de se soulager qui d'une frustration, qui d'un complexe, un autre encore du tout, d'exprimer leur rancœur contre les profs, qui n'ont pas sur reconnaître leur génie quand ils étaient à l'école, les z-étrangers, les juifs, les arabes, les africains, les asiatiques, les blancs, les catholiques, les petits, les grands, les gros, les minces, les homosexuels, les hétérosexuels et j'en passe.

    Le tout c'est d'aller le plus loin possible dans l'expression du ressentiment. Sans tabous ni limites.

    La rumeur que l'on ne vérifie jamais, surtout pas, devient un fait avéré, ce qui amène certains entre autres à prétendre que le SIDA n'existe pas, que c'est une invention de la propagande américaine (ou soviétique, ou arabe, ou juive, le Mossad fait beaucoup de choses clandestinement sur le réseau (etc...) Tout dépend de la compulsion obsessionnelle personnelle de celui qui exprime ce genre de sottises). La rumeur, même électronique, même informatisée, reste bien entendu, un phénomène totalement répugnant. On croit déconsidérer quelqu'un en abordant ses travers personnels, ses addictions, ses aventures sexuelles éventuelles ou fantasmées, ses vices cachés, au lieu de discuter sereinement et humainement sur le sujet, la tentation est tellement grande de le faire, pour se venger d'une mauvaise humeur passagère, d'une déception amoureuse.

    Et de le faire sans risques, de laisser tomber le vernis de bonne éducation que l'on se donne. L'employé de bureau croit pouvoir se venger d'une chef de service, le chef de service humilier un peu plus ses subordonnés, le minable s'imagine pouvoir faire payer ceux dont il est jaloux, pour des raisons innombrables, de la réussite sociale et financière à la culture en passant par le physique, le caractère et j'en passe. La civilisation va finir par se craqueler complètement, par s'auto-détruire, car la haine engendrée par tout ce ressentiment maintenant largement exprimée est comme un torrent dévastateur, un feu de forêt qui brûle tout sur son passage. On parle encore du nazisme, du fascisme, du stalinisme, mais au bout du compte, tout cela prépare à une soumission à un arbitraire encore pire que les trois sus-cités, qui est celui du troupeau des sur-consommateurs, une soumission librement consentie, la pire, ceci afin de pouvoir continuer à consommer les objets totémiques imposés par le système. Et ce qui est finalement assez drôle c'est qu'au fond, de l'intervenant se posant comme politiquement incorrect au troll qui est là pour emmerder le monde, sans toujours assumer, les commentateurs du net sont au fond très réactionnaires quand on gratte un peu.

    Il ne s'agit pas de moraliser outre mesure le réseau, de jouer « les pères la pudeur », de prendre cela comme prétexte afin de museler un médium qui a permis l'expression libre des commentateurs habituels qui ne sont de toutes façons pas encore descendus de leur tour d'ivoire, ni sortis de leur milieu consanguin. Même quand ils interviennent sur le réseau, ils se lisent entre eux, se commentent entre eux, se répondent l'un l'autre, se congratulent dans un processus cyclique sans fin, une sorte de ruban de Moebius de la vacuité et de la vanité intellectuelle.

  • Les antisémites 2.0

    Imprimer Pin it!

    J'ai proposé cet article sur Agoravox, je serais agréablement surpris qu'il y passe vu le nombre d'antisémites 2.0 qui votent ou non pour les articles...

    Il est passé et suscite les réactions attendues

    antisemitism_european.jpgIl y a quelques mois je n'aurais pas cru écrire le texte que je m'apprête à rédiger, j'aurais trouvé cela hautement bien-pensant ou politiquement correct et pourtant. Quand j'entendais parler de plaintes contre l'antisémitisme des uns ou des autres, je trouvais cela disproportionné à l'extrême. Quand même, en 2010, me disais-je, il ne peut y avoir autant de judéophobes. Parfois même sur certains sites, je me suis fait moi-même traiter d'antisémite du fait de critiques personnelles sur la politique israélienne, ce qui m'avait confirmé dans mon opinion, tout cela était bel et bien disproportionné.

    Je ne remettais d'ailleurs pourtant jamais en question l'existence d'Israèl et encore moins son droit légitime à la sécurité. Cela ne me serait même pas venu à l'idée.

    En exprimant ce genre d'opinions me disais-je on se heurtait à une sorte de refus autiste de toutes réflexions, ce que je ne comprenais ni n'acceptais.

    Et puis un jour dans un article, j'ai eu le malheur d'écrire que j'aimais Israèl, malgré tout ce que je trouvais à reprocher à ce pays, car au moins à Tel Aviv et Haïfa, voire à Newe Shalom, petit village qui montre que la cohabitation est possible, et dans quelques rues de Jérusalem, on avait sous les yeux un modèle de société réellement multiculturelle et universaliste. De plus, je reconnaissais, aggravant mon cas aux yeux des pseudo-sectateurs du sionisme que les kibbutzim, au moins au début, étaient une utopie concrète et réussie de société réellement collectiviste sans pour cela faire appel à une dictature et l'éxécution des opposants.

    Que n'avais-je dit !

    En quelques messages, j'étais devenu un suppôt du lobby juif international, un agent du sionisme, un activiste se cachant sous la défroque d'un anarchiste de droite plutôt catholique, un hasbariste (auparavant, je ne savais même pas ce que terme recouvrait, quelques exemples des accusations contre des supposés hasbaristes). Depuis, systématiquement, mes articles sont saccagés, mes commentaires raillés. Il n'y a pas de critique réelle du contenu des articles, seulement des attaques « ad hominem » par tombereaux, et des injures abjectes par douzaines. Tout ça parce que pour les antisémites 2.0 en meute (du genre à se prendre pour des pitt-bulls alors que ce ne sont que des chihuahuas tout au plus), je suis un militant sioniste.

    Certains en sont à 300 ou 400 commentaires tous plus épouvantables de malveillance les uns que les autres à mon encontre. Je me suis demandé quel était le genre de l'antisémite 2.0 : cela va du bureaucrate hargneux, planqué derrière son ordinateur, qui se venge de ses frustrations en se trouvant un bouc-émissaire commode au simplet sans vie, qui surfe 24 heures sur 24 pour déverser sa bile et sa haine, et qui lui aussi a cru trouvé un responsable à tous ses malheures, le sioniste. Depuis qu'il a entendu parler de la cause palestinienne, dont finalement il se fiche complètement (je n'ai jamais vu d'antisémite 2.0 en Terre Sainte pour aider les populations par exemple), il a trouvé un prétexte commode pour justifier ce qui reste le « bon vieil » antisémitisme.

    Sur l'échiquier politique, cela va du gauchiste bon teint, prêt à se comporter comme un vulgaire Doriot au final ou à finir dans la milice (il a souvent tout du milicien, de la violence verbale à l'attitude générale). Je connais bien, il passe deux jours en Israèl/Palestine, il a tout compris, il a la solution, il connait les coupables, à l'identitaire sans cervelle (pléonasme ?) qui prétend défendre parfois l'identité catholique, oubliant qu'un chrétien ne peut pas, par définition, et par nature, être antisémite, ce qui équivaut pour lui à blasphèmer et rejeter la moitié de sa foi. A Gaza, où nous avions emmené l'un d'eux, le brave homme se conduisait en terrain conquis, en colonie, visitant tout comme s'il était chez lui, ne respectant pas les palestiniens qui n'étaient pour lui que de pauvres bougres arriérés dont au fond il se moquait.

    Je me trompais, en fait, l'antisémitisme se répand de plus en plus, il est de plus en plus décomplexé, car les imbéciles déversant leur haine en toute impunité sur la plupart des forums, qui sont du pain béni pour les crétins obtus en tout gen, où il est impossible d'avoir, sauf de rares exceptions, une discussion raisonnable et saine par leur faute. Quand on leur met le nez dans leur discours, ceux-ci font comme tout les fanatiques et extrèmistes, ils hurlent à l'atteinte à la liberté d'expression et aux droits de l'homme, droits de l'homme qu'ils raillent sans cesse par ailleurs, étant en cela contradictoire.

    Les modérateurs des forums n'osent pas encore trop les reprendre car ce sont eux qui grossisent le nombre de visiteurs, et ils ont peur de faire baisser le taux de fréquentation. Il me semble que ce serait sûrement un risque à prendre pourtant.

    ci-dessous un exemple d'abjections que l'on trouve sur le net

    antisemitisme-etoiles-jaunes-nez-crochus-carn-L-2.jpeg

  • Fiente trouvée dans un commentaire de Causeur

    Imprimer Pin it!

    J'ai trouvé cette fiente sur Causeur...

    Mon petit doigt me dit que c'est à cause de ce texte....

    "Grangil, aka Momo, bouffe des livres, ne les comprends pas, les digère très mal (d’où une certaine enflure tant dans le style que dans l’allure) et les restitue de façon diarrhéique sur les commentaires de Causeur.
    Arrêtons le suplice, débranchons-le."
    Une lectrice excedée

    Signée ignominieusement et surtout connement JV et Élodie B.

    18398123.jpgChristophe Bourseiller a dit hier sur France-Cul que Internet favorisait la résurgence de comportements que l'on croyait disparus depuis "Gringoire". Autant ça m'a énervé sur le moment, la diatribe habituelle du type intégré au système contre les blogs qui font entendre leur voix discordante, autant je trouve qu'il a tout à fait raison quant à certains commentateurs, qui n'argumentent pas et font dans l'attaque "ad hominem". Attention, je ne dis pas que parfois le style pamphlétaire soit inutile.

    Étrangement ce sont les mêmes qui attaquent ensuite en te traitant de fâchiste, ou que sais-je encore, et t'accusent d'être intolérants, ou qui parlent de toi comme d'un dogmatique car eux savent ce qu'il faut comprendre, eux savent ce que l'on doit savoir : ça te fait Bernanos gaulliste par exemple (rire inextinguible, celle-là je l'aime beaucoup) entre autres perles. Comme tous les trolls égocentriques, je reviens là-dessus me concernant ensuite, cette fiente pense que ce qu'il/elle ressent sur un livre est forcément ce que tout le monde doit ressentir. Les trolls font également des clubs, des clans de manière régressive, comme dans la cour de récré, défendant le caïd du préau ou la reine de la cour, qui a ses favoris/tes, il y a donc aussi parfois beaucoup de lèche-culs, il faut savoir que la société des trolls est très hiérarchisée.

    Finalement, les injures des trolls sont surtout leurs défécations d'autant de lieux communs. Et je peux comprendre leur attitude, cela leur permet de draguer la célibattante esseulée sur le net, ou la charolaise décérébrée et de coucher à droite à gauche afin de combler leur néant intellectuel et affectif. Ou alors ça joue les bons apôtres, çà t'injurie pour "ton bien" (c'est eux qui le prétendent). Enfin, suis-je égocentrique ? Bien sûr, évidemment, je dois bien l'être quelque part, sinon je ne ferais pas ce blog, je le suis comme tous les internautes persuadés que leur prose est assez intéressante pour la laisser en ligne.

    Si ça t'énerve sinon :

    Pourquoi me lis-tu pauvre con ?

    Ou pauvre conne ?

    Faut pas...

    Note, c'est pas si grave, car ça gonfle les stats du blog...

    Donc après tout continue, vas-y !!

    La photo est tiré de "Vera Cruz" un de mes westerns préférés...

  • A quelques lecteurs de Nabe égarés dans la cour de récréation...

    Imprimer Pin it!

    Celine+-+Ayme+%C3%A0+Grosrouvre.jpgSur Google, un peu par hasard je tombe là-dessus, le site des lecteurs de Marc-Édouard Nabe, et un article sur mon blog (article dont j'ai fait une copie écran à toutes fins utiles). L'auteur de cette appréciation étant très courageux, un chevalier blanc de la littérature et du politiquement incorrect, il ne signe bien sûr pas son appréciation, et s'est bien gardé de me signaler la mise en ligne de cette appréciation. Pourquoi cette phrase si peu argumentée ? J'ai osé sur un forum attaquer le grand homme, Nabe, et me semble-t-il, le ibouque, que défendent ses lecteurs. On se venge donc comme dans la cour de récréation. Le niveau est élevé. Un point quand même pour le commentateur, il décrit fort bien et sa prose et celle de son grand homme.

    Je l'avoue mes bien chers frères, je n'aime pas Nabe, pas du tout, cette posture politiquement incorrecte et célinienne de Prisunic me fait suer. Nabe ne manquerait pas de talent s'il consentait à arrêter, justement, de soliloquer et de jouer le rôle de "l'outsider" officiel. Et si j'aime bien Céline, surtout pour "le Voyage.." et "Guignol's band", je lui préfère largement Marcel Aymé, ses livres et l'individu lui-même, largement plus intéressant. Céline était un génie du style, mais aussi un fou rongé par la haine et le ressentiment à l'encontre de toute l'humanité, ce qu'il a en commun avec nombre de trolls et commentateurs de la toile. Aymé l'a d'ailleurs défendu contre vents et marées car c'était quand même son ami, je ne suis pas sûr que la réciproque eût été possible.

    Par contre, je hais le principe même de l'ibouque, ceci à l'intention des lecteurs de Marc-Édouard. Le fait qu'ils défendent ce gadget sans intérêt montre d'ailleurs qu'ils sont tous, finalement, ces braves petits, serviles et dociles quant au système, et pas du tout en rupture avec lui.

    Sur Internet, beaucoup, de toutes façons, confondent la posture politiquement incorrecte et le café du commerce. Sortir des horreurs qui font peur au bourgeois, croit-on, alors qu'on entend les mêmes à n'importe quel zinc de la bouche de n'importe quel philosophe de comptoir et qui se résume vite : les problèmes, c'est la faute de tout individu qui n'est pas du village.

  • La lassitude du blogueur

    Imprimer Pin it!

    geek-quotidien-humour.png

    Version longue sur le Ring

    Je viens de lire une interview de Chronicart d'Éric Naulleau au sujet du « nouveau journalisme » qui ne l'est plus nouveau, car il est mort de sa belle mort depuis longtemps, sur les rapports incestueux qui existeraient entre l'écriture « gonzo » (mot qui viendrait de l'argot québécois gonzeau qui signifie dingue), et celle des blogs. Cette question « m'interpelle quelque part (mais où ?) au niveau du vécu et de l'expérience extime qu'est un blog », voilà qui fait très cool pour une introduction liminaire, le blogueur, le chroniqueur se devant d'être cool et de parler à la fois djeun et cultureux.

    Cette lecture amène cependant à se poser bien d'autres questions : sur le fonctionnement actuel du médium Internet, sur sa légitimité à informer et analyser intelligemment l'actualité, et plus généralement sur l'infantilisation de notre société que tout cela entraine, celle-ci ne se limitant pas aux soirées nostalgiques ou aux gadgets régressifs, les conséquences en étant profondes et durables.

    Je suis d'accord avec Naulleau sur le fait que ce que retiennent la plupart des blogueurs de Hunter Thompson entre autres personnalités hors-normes à la mode, c'est surtout tout le folklore autour de la défonce en général, tout ce que l'on peut voir là-dessus dans le film de Terry Gilliam de 1998 d'après Fear and Loathing in Las Vegas, Ce qu'ils retiennent d'un dingue comme Hunter c'est « je suis une icône car je bois trop, je me drogue trop, je fais la fête, j'écoute des musiques de dingue, je parle de moi tout le temps, je suis vraiment un type drôlement dans le vent » alors que ce qui devrait seulement importer est le talent de l'écrivain. Et je l'approuve quant à la quantité de déchets non recyclables que l'on trouve sur la toile.

    Car les rares pékins qui s'en réclament, du « gonzo », n'ont souvent vu que le film, ils n'ont pas lu les livres d'Hunter Thompson, ou Tom Wolfe, qui peut également s'en réclamer ; pour d'autres, les grands pervers qui pullulent sur le réseau, le « gonzo » ce sont surtout des pornos amateurs tournés rapidement avec la voisine du dessus, qui trompe ainsi son ennui, ce qui permet de montrer le plus possible de scènes de cul entre dégénérés mous de la fesse en un minimum de temps dans des intérieurs dignes des pires cauchemars esthétiques. Ils se contentent de l'apparence, de la pose que l'on peut en tirer, persuadé de pouvoir plaire ainsi ; la plupart restant dans leur cervelle de moineau des puceaux fiévreux et égocentriques une bonne partie de leur âge adulte, des adulescents moins frais qu'ils veulent bien le prétendre.

    Le caquetage des uns ou des autres autour de la culture geek n'arrange pas les choses, celle-ci encourageant le « vieux jeune con » à rester cloitré chez lui à draguer sur les sites de rencontres à poster des réactions vengeresses bien planqué derrière son écran contre les z-étrangers, les juifs, les bobos, les fachos, les bolchos, et j'en passe, obéissant tranquillement à ce que la pub, les médias, les commentateurs télévisuels lui intiment de faire, et empêchant tout dialogue cohérent et sensé en se bornant aux clichés et lieux communs, voire au pire, à l'injure la plus basse. Il se fantasme en Robin des bois du virtuel, en héros du hacking harcelé par les méchants, en guerrier solitaire des autoroutes de l'information. Et surtout il entretient les rumeurs, celles-ci fussent-elle complètement idiotes, elles deviennent largement plus importantes que les faits avérés que l'on ne vérifie plus, seul compte le « bruit médiatique ». Il arrive de plus en plus que les adolescents accordent plus de foi à des sottises largement relayées sur le Web qu'à des évènements historiques. Combien parmi eux pensent que les américains n'ont jamais atteint la lune en 1969 ?

    Le degré de la réflexion politique, littéraire, scientifique, historique ou musicale est en-dessous de zéro, ce n'est de toutes façons pas le propos, car il en est qui croient trouver par ce biais une vengeance sur ceux qui ont mieux réussi ou sur les esprits un peu plus brillants qu'eux, un peu moins formatés, en les écrasant sous un tombereau d'ignominies ; comme à l'inverse quelques poètes ou écrivains de sous-préfecture sont intimement convaincus que le monde entier les jalouse. D'autres enfin parmi ce genre de commentateurs et d'écrivailleurs sont parfois sincèrement persuadés que l'auteur de l'article, qu'ils lisent sur le site d'un quotidien, d'un magasine ou d'un blog, leur parle personnellement. Ils sont un peu comme ces personnes souffrant trop de la solitude qui étaient sûres et certaines que le présentateur du journal leur tapait la discute de manière exclusive à l'heure du journal. Les plus atteints voient des aliens ou des gens morts dans la « neige » à la fin des programmes de télévision, et affirment croiser Elvis ou Michael Jackson chaque matin en allant chercher le pain.

    Quant à l'écriture c'est un souci, un questionnement qui vient largement après, on n'envisage même pas de la travailler, le but ultime étant d'être connu, d'être célèbre même si c'est pour rien ou si c'est peu de temps. Il suffira de balancer un ou deux gros mots, de dire quelques horreurs de fin de banquet sur les filles, et, croit-on, roulez carrosse. Si ça ne marche pas c'est que tous les autres sont des jaloux, des nuisibles, des malfaisants, il ne lui viendrait pas à l'idée de se remettre en question, l'écrivailleur de blog qui veut être bien vu à la fois d'Ardisson et de sa crémière, ce qui revient au même. Il ne comprend pas qu'il n'ait pas encore été invité au Grand Journal, même s'il prétend que cette émission est le parangon du politiquement correct et du cirage de pompes. Il voudrait bien s'asseoir à côté de Bedos pour dire que le racisme c'est mâââl, ou alors jouer les politiquement incorrects de service en balançant une ou deux piques perfides sur le système dont il désire pourtant ardemment faire partie. Et si d'aventure, il y va quand même il adore quand sa concierge lui demande le lendemain : « Il est sympa Michel Denisot ? ». Il répondra : « Ce n'est pas si impressionnant que ça », il jouera les blasés.

    En revanche, on oublie très vite que ce qui caractérise les icônes du « nouveau journalisme », c'est l'indocilité, pas celle du minable qui se venge de ses frustrations sur Internet, non, la véritable indocilité, celle qui consiste à être soi-même et ne plus tricher, quitte à passer pour un parfait salaud auprès de deux ou trois agneaux ou agnelles. Après Thompson, il y eut en France Pacadis, Yves Adrien et les « jeunes gens modernes », que vénèrent paradoxalement des jeunes gens bien sages et bien polis, qui n'ont jamais lu ou compris l'un ou l'autre, c'est toujours la posture qui compte, et ce qu'il en reste en 2010 c'est surtout un look eighties vintage.

    A leurs yeux, Jacno, un des représentants de ce mouvement, aurait été infréquentable. Car c'était plutôt un dandy et aussi un anarchiste de droite de la plus belle eau, quelqu'un qui déteste son époque pour des bonnes raisons, sa médiocrité, sa sottise, sa lâcheté. Quant à Pacadis, il finissait un peu trop souvent dans le ruisseau et ne prenait pas de douches tous les jours et ne mangeaient pas cinq fruits et légumes par jour, se nourrissant exclusivement de Valstar chaude ; le petit garçon bien sage qui joue les affranchis n'aurait pu s'empêcher de froncer le nez et de le trouver bien crade.

    chatroulette.pngCet attrait envers les postures soi-disant hors-normes ou rebelles, ce n'est qu'une manifestation de la pédophilie de la société actuelle, qui a peur et de la mort et de la maturité et de la vieillesse. Chacun doit rester bloqué sur ses douze ans toute sa vie, cherchant absolument le même genre de singularisation que les ados tous habillés en jeans ou en survêts. C'est le Meilleur des Mondes pour tous, le plus nul des epsilons pouvant se persuader par un blog, sa page sur n'importe lequel des réseaux sociaux qu'il a quelque chose d'intéressant à dire, même quand il enfile des perles ou débite des banalités. La plupart s'imagine se singulariser en égrenant des lieux communs qui ne déparerait pas à la terrasse de quelque café du « commerce ».

    Toute la société devient pédophile en somme. Le physique des mannequins, présenté comme indépassable, est celui d’adolescentes à peine pubères et généralement anorexiques (et qui font la gueule). Foin d’hypocrisie, je préfère sur le sujet la franchise virant presque au cynisme de Lagerfeld que la « faux-culterie » des magazines allemands qui ont fait parler d’eux il y a peu en faisant poser des femmes présentées comme communes, ce qui est agréable pour elles d’ailleurs. La sexualité et l’amour en général se doivent d’être vécues comme si l’homme était toujours un adolescent incapable de maîtriser ses pulsions, et de se responsabiliser, et la femme une midinette de treize ans, confondant ses lubies amoureuses et ses envies de coucheries. Personne ne songe un seul instant à mûrir et progresser.

    Politiquement, toute la société raisonne de plus en plus de manière apparemment binaire : celui qui ne pense pas tout à fait comme moi est mon ennemi, partageant à gauche et à droite un humanitarisme léger et très vague, gentillet et mièvre qui sert de paravent à la seule motivation réelle des uns et des autres, à savoir consommer sans limites aussi bien les choses que les êtres. De temps en temps, on se laisse aller à une sorte d’émotivité hystérique, d’affectivité sans cœur, on est là pour donner l’impression de s’aimer alors qu’on cherche surtout à se mettre en valeur et montrer comme on est si bon. Une forme aiguë de pensée positive à tout crin devient la norme, et les fois religieuses et les idéologies sont confondues avec cette « positive thought » aussi creuse et sotte qu’un slogan pour eau minérale.

    La société base ses pseudo-aspirations qui sont autant d’alibis pour un désir sans fond sur des concepts infantiles, et ce sont tout les adultes qui sont autant de gamins décervelés malléables par les médias et l’industrie du divertissement, et donc par là-même taillables et corvéables à merci. On s'étonne que ces adultes se scandalisent des actes déviants de célébrités car finalement ce qu'on leur reproche est anodin pour l'a-moralité sous-tendant le monde actuel.

  • Les politiques français n'aiment pas Internet

    Imprimer Pin it!

    Les politiques français ne comprennent rien à Internet...

    hackers_small_1.jpgCe matin, j'entends une anecdote qui me mets la puce à l'oreille, dans l'émission de Michel Field et Olivier Duhamel sur Europe 1 : Martine Aubry et les têtes pensantes du PS ont laissé pendant six mois des petits malins usurper l'identité de la première secrétaire sur Twitter et Facebook, et semble-t-il même pas des personnes du camp adverse. On se souvient aussi du site de Ségolène qui ressemblait à celui d'un mouvement « New Age » des années 90. L'UMP et la droite radicale comprennent l'utilisation du réseau, et son importance, du moins tant qu'ils peuvent imposer un point de vue, le leur, et contrôler, car il y a cette obsession du contrôle et de surtout pas laisser une miette de pouvoir au citoyen que l'on voit un peu comme un enregistreur HiFi. Je me rappelle aussi de cette secrétaire locale, d'une ville que je connais bien, d'un parti que je ne citerai pas qui faisait encore les revues de presse en découpant les articles avec des ciseaux dans les journaux, et semblait ignorer le « copier/coller » car quand un groupe politique semble s'intéresser au web il ne prendre surtout pas en compte les compétences de l'un ou l'autre, mais préfèrera appeler un fils de, un neveu, une nièce, un copain de copain, le plus souvent parfaitement incompétent. Et l'on n'oubliera pas ces artistes, y compris de gôche, paniqués à l'idée de perdre ne serait-ce qu'un centime de droits, même quand ce sont des personnalités aussi « libertaires » que Maxime le Forestier (l'idole des chorales de MJC des années 70, combien de quadras se souviendront-ils d'avoir chanté « toi le fraîîre que je n'ai jamaizu, le fraire queuh je n'ai jamais vûû... ») ou Bedos, tous les deux s'étant hâtés de soutenir la loi Hadopi qui est d'une abyssale connerie et déjà obsolète ; quand c'est Barbelivien qui vient se faire prendre en photo avec Sarkozy on comprend, ou Sardou.

    Alors certes, souvent les discussions sur le Net sont bordéliques, peu argumente, on va très vite à l'affrontement mais du moins est-ce une manière pour les gens de reprendre la main en quelque sorte alors que la plupart des politiques à quelque niveaux que ce soit sont la plupart du temps seulement inquiets de la réussite de leurs ambitions. Je pense aussi que la liberté de ton sur Internet leur fait peur. Quant à moi je serais assez content que cela empêche de retrouver de décennie en décennie les mêmes, en couleurs maintenant, à chaque élection.

    Et l'on voit bien l'incapacité des politiques quant à la compréhension d'Internet face à un cas comme celui de Zazieweb.fr, site obligé de s'arrêter faute de subventions, les régions et l'État ayant été incapables de prendre une décision rapide pour aider Isabelle Aveline sa fondatrice qui avait pourtant créé un espace de réelle médiation culturelle comme les politiques disent espérer la mise en place. Serait-ce qu'ils s'en foutent au bout du compte ?

    Serait-ce aussi tout simplement que nos politiques soient nuls ?...

  • Des oranges pleines de pépins...

    Imprimer Pin it!

    deco-trompe-oeil-koziel-mv_2_1.jpgUn fournisseur de services téléphoniques qui a un nom de couleur mélange de rouge et jaune et de fruit ne donne que du bonheur dans l'Eure et ailleurs (remarquez l'allitération).

    Un serveur plante soit-disant, c'est tout le département qui trinque depuis quatre jours : pas d'appels, rien, silence complet, nada.

    On appelle un numéro surtaxé chez des sous-traitants lointains et exploités qui ne font que suivre une procédure standard, on dit qu'il faut attendre, qu'un appel est programmé dans deux jours.

    Soient 30 minutes au bout du fil payées très cher.

    Ensuite, on prétend qu'aucun technicien de ce fournisseur de services (rires) ne peut se déplacer (rires) mais que par contre on peut faire appel à des sous-traitants privés, mais bien sûr c'est beaucoup plus cher.

    Aucun geste commercial, aucune compréhension, takapayer, car les clients, c'est normal pour un fournisseur qui a un nom de fruit, sont des poires car ils se laissent faire (pour l'instant).
    Typique de notre société spectaculaire et mercantile.

    Post-scriptum : Après avoir traîné des pieds pendant des années pour installer des infrastructures modernes et fiables, afin de rentabiliser le Minitel jusqu'au bout et faire des bénéfices, ce qui pour un service public était déjà assez scandaleux, ce fournisseura essayé de rattraper le retard pris, mais dans la précipitation.

    Quand j'évoque cela, je pense aux petits villages palestiniens dans lesquels il y avait déjà une connexion à haut débit en 1998 alors que nous en étions encore aux 3615...

  • La question brûlante de la pédophilie dans l'Église ou ailleurs

    Imprimer Pin it!

    action-innocence-fille.jpgIl n'y a rien de pire que la pédophilie, c'est un crime atroce, c'est briser sans remords du cristal, sans souci de la victime. Et un pédophile doit répondre de ses actes. Impérativement. On a tu ce problème épineux très longtemps, trop longtemps.

    Personne ne nie le problème de la pédophilie dans l'Église. A commencer par le Pape actuel et celui d'avant qui ont abordé la question de front avec courage. Elle est toujours des plus brûlantes car beaucoup d'évêques ou de responsables religieux ne prennent pas suffisamment le problème à bras le corps, parmi eux d'ailleurs beaucoup d'ecclésiastiques réputés progressistes comme l'évêque de Parthenia, ou intégriste comme le responsable du séminaire autrichien où 40 000 photos pédophiles furent retrouvées, je songe également à celui qui, interpelé sur la question par ses paroissiens leur avaient répondu qu'il "fallait le voir [le prêtre accusé de pédophilie] surtout comme une brebis égaré". De plus l'on ne considère pas assez voire pas du tout la parole des victimes que l'on prend souvent pour des affabulatrices/teurs. Dans la plupart des diocèses, on a souvent constaté que d'énormes progrès restent à faire.

    Il n'y a pas que dans l'Église que l'hypocrisie demeure il est vrai ; quelques exemples, pas loin d'Evreux, un instituteur jouissant d'une très bonne réputation et d'une très bonne notation a abusé de TOUS ses élèves quarante ans durant, j'ai eu moi-même un prof de maths qui était notoirement pédophile mais qui n'a jamais été sanctionné (on le mutait chaque année un peu partout), je passerai pudiquement sur ce prof d'allemand qui draguait ses quatrièmes ou celui de sciences de ce collège qui avait la main baladeuse avec les jeunes filles méritantes et surtout les mieux pourvues en formes, sans parler du nouveau copain de cette Maman qui est entreprenant avec la fille de sa copine sans que sa génitrice ne paraisse s'en formaliser, ce doit être çà la beauté des familles recomposées, sans ignorer non plus les salauds qui guettent leurs proies sur les forums internet. Parenthèse en passant : presque tout les élèves "à problèmes" le sont suite à des problèmes de famille "monoparentalé" ou "recomposée".

    Je trouve cela également assez ironique finalement que les attaques sur ce sujet viennent d'une gauche "kiafaitsoissantuite" ou de ses descendants sans cervelle. Je leur rappellerai que quelques uns parmi les leaders de mai, et d'autres parmi les politiques, sans parler de ces écrivains qui s'affichaient l'être sans complexes ni remords, ne cachaient pas leur attirance pour les jeunes garçons ou les jeunes filles, la plupart n'ont jamais payé pour cela sauf Patrick Font. Ils étaient logiques finalement, n'ayant aucun tabou pourquoi auraient-ils respecté les interdits parmi les plus sulfureux ?

    De cela aussi, on devrait parler beaucoup plus. Vous voulez parler de la pédophilie, allons-y, globalement et pour toutes les religions, dans tous les secteurs de la société.

  • Hit de la rentrée littéraire : le retour des Bidochon

    Imprimer Pin it!

    img-post.jpgQu'est-ce qui est vraiment intéressant dans la rentrée littéraire 2008 : le bouquin sur Dustan, celui sur Angot, ou l'autre de Millet qui nous parle de sa jalousie (en somme elle aurait poussé l'audace très loin pour garder son mari finalement) ? Le Tome 19 des Bidochon bien sûr. Raymonde et Robert ont acheté un ordinateur et se sont connectés au réseau, une fois qu'il a branché la machine (il apprend alors à la "hot line", dont Raymonde croit que c'est sa maîtresse, que l'erreur la plus répandue quant au fonctionnement de l'outil informatique est que les utilisateurs oublient de vérifier si c'est branché), mais pas pour les sites pornos sur lesquels il ne va pas nous dit Robert, Robert s'amuse avec le moteur de recherche, apprend à envoyer un mail, pas à grand-monde car le couple n'a qu'un seul ami, René, qui reçoit le premier jour 150 courriers de Robert qui est fasciné par l'instantanéité du message. Celui-ci trouve une tondeuse sur le net, mais aussi une échelle, reçoit la newsletter de Dieu, puis bien sûr, comme 90% des français et du reste du monde qui y va surtout pour çà, surfe sur des sites pornos. Il y attrape d'ailleurs un virus russe au passage qui squatte son canapé, dort dans son lit et se sert de sa brosse à dent. Répondant aux spams, un vendeur de viagra, ou de viaagra, ou gravia, ou viagragra, finit par emménager également. Mais Robert n'en profite pas plus même si "his girlfriend is not satisfied". Et bien sûr Raymonde s'en sert beaucoup mieux que lui...

    On est toujours le Bidochon d'un autre même si on ne le reconnaît jamais. J'aime beaucoup, mais ce que je préfère c'est quand Binet est plus caustique encore comme dans "Bidochon mère, (môman)".

    bidochon_hot_line4.jpg

  • Idées reçues glanées sur les blogs

    Imprimer Pin it!

    J'en ai un peu ras le bol de lire toujours les mêmes conn...idées reçues sur les blogs, quelle que soit leur préférence politique...

    J'en relève quelques unes ici là d'où elles viennent (voir fig ci-dessous).

    Poubelles_NY.jpg

    Blog : n.m. Inutilité, mais y aller quand même et commenter

    ou bien : refuge de génie méconnu injustement

    ou bien : endroit à salir et pourrir

    Bobo : n.m. à droite quelqu'un qui lit, va au cinéma et au théâtre parfois et se soucie un peu du monde qui l'entoure, à gauche caricature sans fondement

    Catholique : adj à droite forcément "tradi", à gauche, intégriste, à la rigueur gentil progressiste

    Commentaires (de blog) : n.m. le plus souvent, défouloir

    Couilles : n.f. plur le contradicteur n'en a pas le plus souvent ou du moins on le suspecte de ne pas en avoir

    - organes fondamentaux du contradicteur ou de l'insulteur anonyme, en est souvent dénué lui aussi

    Ego : fondamental sur Internet, surdimensionné

    Évènements historiques: n.m. sur Internet n'ont pas eu lieu, sont de la propagande de droite ou de gauche (voir Thierry Meyssan)

    Facho : n.m. ou adjectif un contradicteur de droite avec lequel on ne veut pas discuter

    Foi : n.m dire : "je respecte ta foi mais j'aime pas les intégrismes", ce qui veut dire que l'on assimile la foi à l'intégrisme

    Fonctionnaire : n.m. plur fainéant, râler dessus

    Forum internet : n.m. défouloir

    Gaucho : adj contradicteur de gauche avec lequel on ne veut pas discuter

    Génies méconnus : n.m. adj un grand nombre d'auteurs de blogs

    Humour : n.m. blagues racistes ou sexistes

    Internet : n.m. à droite, contrôlé par les bobos, à gauche, submergé par l'extrème-droite

    Islam : n.m. repère d'intégristes sauf quand ils sont modérés

    Juif : adj intégriste, sauf quand on parle de la Shoah

    parfois dire "je ne suis pas antisémite, je suis antisioniste", pour justifier son antisémitisme

    Modération : n.m. méchanceté gratuite qui empêche d'insulter les autres en toute liberté

    Pédé(raste) : n.m intervenant poli sur un blog

    Politesse : n.m. vieillerie inutile ou habitude politiquement correcte (voir ci-dessous)

    Politiquement correct : adv + adj Tous ceux qui ne pensent pas comme moi et qui argumente

    Politiquement incorrect : adv + adj dire des insultes racistes, xénophobes et tutti quanti en toute impunité

    Prétentieux : adj masc Quelqu'un qui a plus de culture que moi

    Sujet (connaître un) : n.m. compiler quarante pages de "Google" ou naviguer sur des sites

  • Réseau social pour ceux qui n'aiment pas les gens

    Imprimer Pin it!

    204e9bb02a4f81d5df737f2c594359d5.jpgLes réseaux sociaux sur Internet sont pleins de gens gentils tout pleins, dirait-on, qui adorent se livrer à des confessions impudiques pour se faire des dizaines de copains. C'est toujours d'un optimisme béat et superficiel créant une sorte de super "Big Brother" qui même s'il semble très gentil est souvent fortement teinté d'hypocrisie. Des petits malins tout aussi superficiels, faut-il le reconnaître, mais plus drôles on créé un réseau social qui en prend le contrepied, Hatebook, ils proposent de révéler des secrets, de  pointer les mensonges des uns et des autres, parler des dernières bêtises de ceux que vous n'aimez pas et de se mettre en valeur carrément sans se cacher en révélant pourquoi nous pourrions être meilleurs que les autres. C'est de très mauvais goût, de très mauvaise foi, donc à recommander à beaucoup.

    The enemies of your enemies are your friends – find them here»
  • Qu'est-ce qui fait bouger le curseur sur l'écran ?

    Imprimer Pin it!

    ae1dc617e00619aae64cfd06d60e26d5.jpgA ce lien, vous trouverez la réponse à cette angoissante question existentielle...

    Lien permanent Catégories : Récréation