Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

intégrisme

  • Les nantis veulent du multicul à tout prix

    Imprimer Pin it!

    politique, société, religions, islam, islamisme, terrorisme, intégrisme, laïcité, france, nantis, amaury watremezLes nantis n'habitant pas les quartiers où la "diversité" est présente se réjouissant de la décision du Conseil d’État d'autoriser de fait le burkini, provoc islamiste, veulent du multiculturel à tout prix. Hé bien ils vont en avoir de la différence, de l'exotisme à peu de frais, de la coutume religieuse traditionnelle et pittoresque. Ils veulent du multiculturel car cela flatte leurs vanités. Il voient cela dit le multiculturel en « clichés » de cartes postales : les épices multicolores, les femmes tatouées au henné, les hommes mystérieux derrière leur look de « fier nomade du désert ». Quand ils ont un zeste de culture, cela leur rappelle leur lecture de Jean Genet sur les palestiniens.

     

    Mais leur perception de la différence ethnique demeure donc clairement colonial au fond, ce que l'on peut trouver un rien ironique. Cette conception de la différence est à géométrie variable, elle est liée au masochisme mémoriel constant que la France doit subir depuis des décennies et à cette « haine de soi » de la majorité des occidentaux évoquée par Reynald Secher, une haine d'eux mêmes les amenant à rejeter toute leur histoire, leurs racines, leurs valeurs. L'ignorance le dispute à la sottise, le salmigondis de lieux communs vaguement syncrétistes à la bouillie pour chats très superficiellement humaniste.

     

    Ce n'est en rien par humanisme qu'ils veulent du multiculturel jusqu'à l'absurde, il s'agit juste pour eux de se distraire de leur profond ennui de privilégiés décervelés, profondément amoraux comme l'étaient leurs ascendants mais de manière beaucoup moins hypocrite.

     

    On peut le leur reconnaître...

    Lire la suite

  • Entre Israël et la Palestine je ne choisis pas

    Imprimer Pin it!

    Également sur Agoravox israèl, palestine, société, politique, sionisme, intégrisme, Hamas, christianisme

    Je me souviens d'une soirée douce, dans un café de la rue Ben Yehuda à Jérusalem. Nous étions quelques expatriés, tellement heureux de vivre l'expérience extraordinaire de côtoyer presque tous les peuples quotidiennement, que ce soit par les origines très diverses des israéliens, des voyageurs, de ressentir profondément cet accueil des palestiniens, d'apprécier la sensualité des paysages tout autour de nous, féminins, ronds, chaleureux.

    Boire de l'excellent vin local, ou une bière palestinienne, ou israélienne, constituait déjà en soi un geste subversif aux yeux des « fous de Dieu », ou idéologiques, d'un bord ou de l'autre, qui ne comprendront jamais que la convivialité ou ce qu'ils qualifient de moments « simplement humains » peuvent être aussi pour un croyant et,ou toute personne soucieuse de paix et de justice un outil permettant d'aplanir les détestations réciproques.

    A leurs yeux, certes, ne comptent que leurs haines, et leurs frustrations, leur désir de prendre leur revanche sur leurs complexes personnels par le biais d'autres personnes, se défoulant de leurs violences qui n'ont rien à voir finalement par l'entremise d'un affrontement dont au fond ils se fichent complètement.

    Certains parmi nous vivaient du côté occidental, d'autres, comme moi, dans la Vieille ville, côté oriental.

    Nous constations déjà la sottise de tous ceux qui passant quelques jours en ces lieux prenaient violemment parti pour les uns ou les autres, sans trop réfléchir, entretenant les tensions, la violence, juste pour satisfaire leur narcissisme, ou leur mysticisme de pacotille, ou simplement pour jouer à « Robin des bois ».

    Nous avions décidé, tous, de ne pas choisir entre les deux peuples, de nous en tenir aux faits aussi, d'éviter tout fantasme ou déformation de ceux-ci due à la propagande de l'un ou l'autre, et aussi à ne chercher à entretenir ce qui pouvait rapprocher les deux peuples, là où nous étions, à notre niveau, plutôt que ce qui les éloignait, sans pour autant nous ériger en donneurs de leçons de morale tels ces redresseurs de torts spécialistes de l'enfoncement de portes ouvertes, toujours courageux derrière leurs écrans, qui clament que :

    « Faudrait qu'ils fassent la paix, les palestiniens et les israéliens ».

    Comme si personne ne l'avait compris jusque là.

    Entre Israël et Palestine, moi non plus je ne veux toujours pas choisir.

    J'ai vécu deux ans en Terre dite Sainte, dans cette ville déchirée entre les trois « grandes » religions monothéistes, capitale revendiquée par les palestiniens et les israéliens, la plupart de leurs représentants là-bas à de très rares exceptions faisant preuve de la même bêtise et du même aveuglement quant à leurs haines, et particulièrement ceux qui ne sont que de passage là-bas.

    La plupart de ces personnes qui ont toute leur panacée, leur solution-miracle pour résoudre le conflit israélo-palestinien, est qu'elles ignorent généralement toute la complexité de la question, que par exemple Gaza ne réagit pas comme la Cisjordanie, ainsi en ce moment.

    Et qu'ainsi que le dit fort bien Frédéric Encel, le Hamas vote Likoud, a tout intérêt à la guerre et l'affrontement, ceci afin de maintenir les populations gazaouies sous le joug intégriste, dont les minorités chrétiennes de Khan Younis, et de se présenter comme seule alternative possible et seuls résistants à Israël.

    A l'inverse, le Likoud, et les partis religieux peuvent justifier leur politique d'implantations et de colonisation « de facto » des territoires derrière la « frontière de 67 » par les actes terroristes et les tirs de roquettes, et continuer à se faire élire et gouverner. Et bien souvent, les partisans des uns ou des autres ignorent clairement que Jérusalem n'est pas Tel Aviv, ou que les populations réagissent encore très différemment à Haïfa ou Eilat, qu'elles sont côté israélien d'une grande diversité, que l'on ne peut résumer à un ou deux slogans.

    Il n'est pas anodin que les évènements dramatiques se déroulant en ce moment, meurtriers pour les deux camps, j'insiste sur ce point, aient lieu en période électorale. Les fondamentalistes musulmans, les « jusqu'au-boutistes » palestiniens font le jeu des sionistes radicaux et inversement, ce que l'épisode de la mosquée de Nazareth avait déjà montré il y a quelques années, les intégristes musulmans demandant la construction de celle-ci se présentaient comme israéliens, se revendiquant comme tels dans la presse israélienne, et étaient utilisés pour contrer les modérés palestiniens ou arabes israéliens en recherche de solutions concrètes et tangibles de développement économique et d'aide aux habitants les plus défavorisés de Cisjordanie ou de possibilités de collaboration positive entre les deux peuples, possibilités qui existent.

    Pendant la période plus apaisée, entre 1998 et 2000, il n'était pas rare que les habitants d'Ashquelon ou Tel Aviv aillent faire leur marché à Gaza faisant vivre l'économie locale, ou que les habitants des territoires aillent se détendre ou flâner sur le front de mer non loin de Jaffa. Il était également fréquent que des jeunes de Jérusalem sortent « en boîte » à Ramallah et inversement.

    Car ainsi que tous le disait lorsqu'on leur en parlait, il ne s'agissait que d'apprendre à vivre ensemble à peu près en bonne intelligence, paisiblement, à travailler, faire du commerce, se déplacer librement, profiter de la vie, notion que fanatiques ou idéologues radicaux ne peuvent pas saisir, car ils ont la vie et l'humanité en horreur.

    Illustration : une rue de Jérusalem Est (la rue que j'habitais), prise sur ce site en lien