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histoire

  • Plus jamais de « Vel d'Hiv » ?

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    Vel d'hiv, Emmanuel macron, histoire, politique, mémoire, amaury watremezAussi sur Agoravox

     

    Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, deux visions de l'attitude des français durant cette période dominent, une angéliste : les français étaient tous résistants de cœur, une à l'inverse : ils étaient tous collabos. La vérité se situe sans doute entre les deux. Selon Robert Paxton qui écrivit un ouvrage de référence sur Vichy, il semble qu'il n'y ait eu que 100 000 résistants tout au plus et autant de collaborationnistes de conviction. Et quarante millions d'attentistes, quarante millions de personnes songeant surtout à sauver leur peau, quitte pour cela à oublier toutes valeurs morales, toute humanité.

     

    Et parmi eux quelques héros méconnus dont on ne parle jamais. Quand il arrivve que l'un d'eux soit connu, il avoue généralement qu'il ne voit pas d'héroïsme dans ce qu'il a fait, et que cela lui semblait aller de soi. De tels êtres humains sont rares, voire rarissimes...

     

    Il y en eut pendant la rafle du « Vel d'hiv ».

     

    Il y en eut en effet parmi les policiers français pour prévenir les familles juives allant être raflées la veille et leur éviter un sort funeste. Beaucoup ne purent le croire et furent déportées.

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  • Macron aime l'autoflagellation

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    Aussi sur Agoravox

     histoire,emmanuel macron,société,politique,algérie,amaury watremezLa France a un rapport particulier avec l'Algérie qui fit partie intégrante du territoire national. Il existe encore une blessure ouverte entre les deux pays. Et l'histoire réelle de la Guerre d'Algérie, nuancée, argumentée, étayée, est encore à faire. Des jeunes français qui étaient sans doute loin d'être tous des « fachos » bas du front étaient prêts à beaucoup de chose pour défendre ce que l'on appelait « l'Algérie française ». Si l'on évoque en 2017 complaisamment la torture et les exactions certes indubitables commises par l'armée française pendant ces « évènements ».

     

    On glose à qui mieux mieux sur la « manif de Charonne » mais on ne parle jamais de la fusillade de la rue d'Isly ou des massacres de « harkis » et de « pieds noirs » parqués pour les survivants « rapatriés » dans des camps de rétention dans le Sud de la métropole sans le confort moderne...

     

    ...Et ce pendant trente ans pour certaines familles. Au mieux on minimise. Cela aurait été des dérives inévitables après une guerre d'indépendance...

     

    Tant qu'à s'indigner pourquoi ne pas le faire pour ces harkis eviscèrés, écharpés, brûlés vifs ? Ils ne le méritent pas ? Ils étaient du mauvais côté ? Le nôtre d'ailleurs. Et pourquoi ne pas le faire pour tous ces innocents qui n'étaient pas tous de l'OAS tant s'en faut sur lesquels les soldats ont tiré le 26 mars 1962 ?

     

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  • Mythes éculés

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    300px-Prise_de_la_Bastille-eb6eb.jpg"Vous n'allez tout de même pas remettre en cause les acquis démocratiques de la Révolution ?" puis-je lire d'un commentateur courroucé dans le fil d'un article sur un site politique. Il exprimait cela après avoir lu un affreux réactionnaire sans doute remettre en question le bien-fondé des différentes lois sociétales édictées dans notre beau pays depuis la loi Veil. Ces lois sont comme les pierres levées de Stonehenge, intouchables, immobiles pour l'éternité, juste attaquées par la lente érosion des siècles...

     

    Vous n'allez tout de même pas faire une chose pareille ? semble-t-il (ou elle) dire  comme si son interlocuteur allait montrer son sexe à tous les passants ou faire quelque chose d'encore plus choquant. C'est pourtant un des mythes éculés sur lequel se fonde notre mythologie dite républicaine. On ne peut absolument pas remettre en question ce mythe voire le nuancer même du bout des lèvres sans prendre le risque de se faire aussitôt traiter de réac nostalgique de l'ordre moral, des fameuses heures les plus sombres, j'en passe et des meilleures.

     

    Même à droite de la droite on n'ose pas trop le dire non plus même si on le pense par ailleurs alors que pourtant des historiens pour certains marxisants comme Braudel remettaient en doute la nécessité absolue d'une révolution en France, rappelant que celle-ci avait fait perdre cinquante ans au pays quant à son développement et sa modernisation.

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  • Le grand Charles

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    politique, histoire, société, de gaulle, mon général, seconde guerre mondiale, amaury watremezLes icônes indéboulonnables sur leur piédestal m'ont toujours fait largement suer. L'adulation excessive m'emmerde. Quand j'entends des louanges dithyrambiques sur tel ou tel personnage, quels que soient ses mérites, cela me donne envie de provocation ou de dire exactement le contraire. Cela ne m'empêchera pas évidemment d'être capable d'admiration ou d'enthousiasme pour une personne. Ce que j'admire le plus ce sont surtout ceux qui se comportent comme tout le monde le devrait sans ressentir le besoin d'être en pleine lumière. Comme tout le monde le devrait, car nous sommes capables du meilleur bien que nous laissant le plus souvent aller au pire.

     

    Dans ce petit texte, point n'est mon intention de diminuer l'importance des actes du général de Gaulle. Je ne veux pas non plus minimiser son courage durant la Seconde Guerre Mondiale ni même critiquer la constitution de la Vème République qui nous a donné une stabilité politique. Mais le "grand Charles" que l'on évoque tout le temps, à tout propos pour se justifier, pour s'auto-apitoyer, par nostalgie d'une époque pour toujours enfuie, j'ai du mal  à comprendre et cela m'agace profondément.

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  • Les odeurs encore méphitiques du vote le Pen

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    FN, le Pen, histoire, politique, société, amaury watremez, les HLPSDNH

     En 2016 encore et toujours, le vote pour la famille le Pen, que ce soit pour la fille, pour la nièce, pour le patriarche peut-être, sent encore la soufre à plein nez pour les oligarques, les journalistes et les éditorialistes. Que ceux-ci soient des bourgeois pédagogues ou des éditorialistes réputés « politiquement incorrects ». Ceux-là, on le sent bien en parlent encore avec des pincettes, comme s'ils s'approchaient trop près du gouffre des enfers, respirant déjà les vapeurs méphitiques de l'Hadès. Ce n'est pas pour eux un vote républicain ou respectable. Même Zemmour n'est pas très à l'aise quand il l'évoque.

     

    Les bourgeois pédagogues le vote le Pen « les inquiète » confient-ils gravement en adoptant l'attitude « ad hoc » pour montrer combien ils sont inquiets les pauvres : la main sous le menton deux doigts pointant vers le haut de leur front large de grandes consciences politiques. Ce sont encore des censeurs redoutables de tous ceux qu'ils soupçonnent de sympathies mal placées. Moi-même ami lecteur qui ait accueilli sur mon blog des articles de Myriam le Corre très bienveillants pour le FN, précisant pourtant à chaque fois en introduction que je n'ai jamais mis un bulletin de vote pour ce parti dans une urne et n'en mettrai jamais, je suis suspect, excommunié, anathémisé par toutes ces grandes consciences citoyennes.

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  • Tous chiraquiens

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    politique, jacques chirac, société, présidents, France, nostalgie, histoire, amaury watremezDepuis quelques années déjà en France tout le monde se réclame du général de Gaulle y compris ses adversaires acharnés quand il était encore vivant. Ces héritiers se voulant gaullistes que le général ne reconnaîtrait sans doute pas devant notaire sont un peu comme les pigeons qui défèquent sur les statues du grand homme. Les volatiles se perchent sur les épaules de bronze du fondateur de la Vème République pour se protéger des prédateurs disent-ils. Mais ils ne voient cependant pas pourquoi celui-ci verrait un inconvénient à ce qu'ils fassent leurs besoins sur lui.

     

    Ils continuent cependant à roucouler comme si de rien n'était devant les micros se haussant tous du col pour garder le pouvoir coûte que coûte quitte à en passer pour tous les compromis, tous les renoncements.

     

    Depuis son malaise Jacques Chirac n'a que des amis, et moult disciples politiques, y compris à gauche. Tous ces pigeons attendent avec impatience de pouvoir se soulager sur ses statues. Chirac est soudain devenu un grand homme d’État. Tous ces pigeons pratiquent ainsi qu'il est coutume de nos jours une révérence littéralement abyssale, il ne faudrait surtout pas critiquer ni ironiser. On ne va certes pas moraliser, de grands hommes d’État ont profité de leur position pour faire fortune, se construire une collection d’œuvres d'art et que sais-je encore.

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  • Attendre quoi d'un peuple coupé de ses racines

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    pays, france, histoire, terrorisme, attentats de nice, amaury watremezLes populations terrifiées, à juste titre, par les massacres des musulmans radicalisés du Bataclan et de Nice ne savent plus réagir qu'en posant des bougies ou des bouquets, en choisissant « je suis...ceci ou cela » sur « Facebook », en défilant dans de grandes « marches blanches » sans lendemain puis hélas retournent à leur individualisme. Ils font suivre de belles histoires bien mièvres, rassurantes convaincus que la terreur ne va pas durer, que tout va revenir à la normale consumériste et festiviste. Il suffit de le souhaiter, de dire que « c'est pas ça l'Islam » que les musulmans sont modérés et gentils dans leur immense majorité, que tout ira bien.

     

    Peut-on le leur reprocher ?

     

    Cela fait des décennies que l'idée nationale, le sentiment d'appartenance à un peuple, à une histoire, à une culture, sont systématiquement raillés, conchiés et traînés dans la boue. A droite comme à gauche c'est un masochisme mémoriel constant qui domine lorsqu'on évoqué l'histoire de France récente ou non. Rien n'est à retenir, tout est à jeter aux ordures dans notre passé. A droite on reste tétanisé par l'arbitrage moral de la gauche. A gauche on est encore persuadé d'avoir la mission de guider le peuple même malgré lui....

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  • Au Nord c'était le Punk et le Funk

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    Retour à Manchester Music également sur Causeur

     

    à propos de « Manchester Music City 1976-1996 » chez Rivages-Rouge aux éditions Payot où l'on évoque les « Buzzcocks », « Joy Division », les « Smiths », « New Order », « Happy Mondays », « Stone Roses » et autres groupes « de jeunes » pour « vieux » quadras et quinquas nostalgiques de leur adolescence d'enfants des « Trente Glorieuses » et du « Baby Boom »...

     

    musique, littérature, société, histoire, punk new wave, amaury watremezCe livre écrit par John Robb, musicien et critique rock, ami de nombreux musiciens dont Morrissey ou Ian Curtis, est un peu différent des autres ouvrages du genre car il laisse la parole surtout à ses acteurs. John Robb a passé des années à les interroger et conservé des kilomètres de bandes qu'il a retranscrites ici, collant son micro sous le nez de ses camarades de galère ou de succès, s'installant dans une des « zones » de Manchester à la fin des années 60, cherchant le succès en fondant plusieurs groupes plus ou moins professionnels.

     

    C'est à la fois l'originalité et le handicap de la chose, sa limite.

     

    Le procédé favorise les redites et surtout l'on n'y trouve pas la même dinguerie, l'excentricité de ceux de Nick Kent ou Richard Neville. Le style de John Robb est bien sage, un peu bourgeois ce qui est quand même le comble pour un bouquin se remémorant les figures de musiciens ayant eu pour but de secouer « l'establishment », de remuer les consciences, de les amener à la rébellion contre l'ordre établi. Il décrit ainsi le moment où Manchester deviendra « Madchester » après le concert des « Sex Pistols » dans une des salles de la ville, une salle qui pour l'anecdote appartenait à une secte protestante presbytérienne....

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  • La jeunesse des peuples

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    Quand je vivais à Jérusalem l’extrême jeunesse des peuples que je côtoyais là-bas m'avait stupéfié, on la prenait en pleine face. Ce n'était pas seulement la présence de tous ces enfants à tout les coins des rues, des enfants ne menant pas toujours la vie devant être la leur dans la Jérusalem palestinienne, mais l'on pouvait ressentir cette fraîcheur, ce dynamisme dans l'attitude des palestiniens ou des israéliens, les palestiniens devenus « de facto » un peuple de par l'existence d’Israël, les descendants des premiers colons, des habitants des utopies réalisées des « kibbutzim ».

     

    3522462_3_aedf_enfant-syrien-dans-la-file-d-attente-pour-se_418948e5146302aa704f815a81d3caa5.jpgC'était quelque chose de presque indéfinissable mais bel et bien présent dans l'atmosphère, dans l'air ambiant. L'on sentait bien que ces deux peuples n'en étaient qu'aux débuts de leur histoire, prêts à conquérir, dans tous les domaines à l'enthousiasme de la découverte sans cesse renouvelée. Il n'y avait pas chez eux cette lassitude d'être soi-même, ce déni d'identité et de leur histoire que l'on trouve chez tous les occidentaux pressés d'être quelqu'un d'autre, tout le monde mais surtout pas eux-mêmes, ayant un profond dégoût d'eux mêmes de par des décennies de masochismùe mémoriel de droite comme de gauche, de décervelage intensif des masses.

     

    En Occident ceux réclamant plus de moralité publique acceptent sans sourciller l'amoralité foncière du système économique, catholiques et autres. Il en est se réclamant de l'identité de la France mais ne voyant pas le problème à une mondialisation économique et sociale sans frein entrainant la destruction des nations et de ce qu'elles sont, de leurs cultures, de ce dont elles pourraient être aussi légitimement fières...

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  • Black M contre le pays réel

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    histoire, première guerre mondiale, verdun, black m, PS, LR, droite, pays réelL'affaire « Black M » est symptomatique de la coupure profonde entre le « pays légal » et le « pays réel ». S'y opposent d'un côté des élites mondialisées, pour qui la France et l'amour de la patrie sont deux idées mortes et bien mortes, de l'autre la « France périphérique » des petites gens, le « pays réel » oublié, celui des employés, des salariés trop riches pour être considérés comme pauvres, trop pauvres pour être considérés comme vraiment riches. En plus, ne faisant pas partie de « communautés » bien reconnaissables, les médias et le pouvoir les oublient dans les « poubelles de l'histoire ».

     

    Et puis parmi les oligarques et leurs obligés, on est « citoyen du monde », citoyens européens, c'est un fait entendu, on aime bien prendre l'avion et pouvoir éviter de changer sa monnaie dans un pays autrefois complètement étranger. On envoie les gosses en Angleterre, en Allemagne ou aux Etats Unis, des pays offrant des perspectives d'avenir autrement plus honorables économiquement que la France. La France c'est un vieux truc ringard, on la rêve mondialisée, multiculturelle, métissée ce qui est également une manière dans ces milieux hyper-favorisés de se mettre en valeur, de poser à l'humanisme et au progressisme anti-raciste.

     

    Au sein du pays réel demeurent quelques bribes d'identité ayant échappé aux réformes de l'enseignement de l'histoire, quelques restes de valeurs nationales auxquelles le peuple essaie de se raccrocher tant bien que mal tant qu'on le lui permet encore, tant que ce n'est pas encore totalement judiciarisé. Le souvenir des morts pendant les guerres en fait partie, des morts qui étaient des arrière grands-parents, des grands-parents dont l'absence se fit cruellement sentir dans les familles....

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  • Des imprudences politiques dangereuses

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    à propos de « le Voyage d'Automne » de François Dufay aux éditions Tempus sorti en 2008

     

    histoire, occupation, vichy, société, excuse, intellectuels, amaury watremezA droite de l'échiquier politique, l'on excuserait presque parfois le fourvoiement de certains écrivains et intellectuels pendant la Seconde Guerre Mondiale et l'Occupation au prétexte qu'avant et après d'autres auteurs ont été de fervents soutiens de Staline, Mao ou Pol Pot d'autres tyrans tout aussi sanguinaires qu'Hitler. Cependant, la sottise parfois meurtrière des uns n'excuse en rien celle des autres. Ce livre revient sur le voyage plus que malheureux de quelques auteurs en Allemagne à l'invitation des nazis et l'instigation de Goebbels lui-même en octobre 1941 :

     

    Marcel Jouhandeau, « amateur d'imprudences » selon ses dires, diariste prolixe homosexuel marié à sa volcanique Elise, Abel Bonnard, éphémère ministre de l'Education de Vichy, Jacques Chardonne, l'auteur du magnifique « Epithalame », Robert Brasillach qui avait déjà produit son livre « les Sept couleurs » racontant sa découverte de l'Allemagne nazie des années 30, Ramon Fernandez, critique à « Je suis partout », viveur et séducteur et Drieu ce véritable génie des Lettres fasciné par l'abîme et le dégoût de sa personne...

     

    Au moment de leur périple, d'aucuns comme entre autres Honoré d'Estienne d'Orves, de « leur » camp mourraient fusillés pour leur amour authentique de la Liberté. Et Hélie de Saint-Marc commençait ses ballades dangereuses qui le mèneront à la Déportation. Je songe également à Bernanos qui du « chemin de la Croix des Ames » se lance dans ses « écrits de combat » pour son pauvre pays. En période troublée il n'est que peu d'alternative entre le déshonneur et l'honneur. On vit soit l'un, soit l'autre, « l'entre-deux » est une chimère.

     

    François Dufay raconte leur voyage d'agrément surréaliste en temps de guerre en Allemagne sous la conduite du SS Gerhardt Heller qui après la guerre dans ses mémoires souffrira d'amnésie sélective. L'auteur de l'ouvrage narre tout cela de manière totalement dépassionnée et sans aucun pathos ni jugements moralisateurs. Il ne fait que montrer des imbéciles talentueux se laissant prendre au piège des nazis de par leur infatuation et leur vanité. Le but officiel de tout cela est la création d'une association d'écrivains européens dans laquelle les français invités joueraient un peu le rôle d'instituteurs de tous les autres....

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  • Expliquer le vote FN à un bourgeois pédagogue

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    politique, société, histoire, FN, élections régionales, amaury watremezAu galvaudé « bobo » ne voulant plus dire grand-chose et devenant parfois l'excuse des ignares pour se justifier de leurs carences culturelles, je préfère le terme « bourgeois pédagogue » forgé par Erik Satie. Il me parle beaucoup plus, et il correspond parfaitement à ce milieu de plus en plus restreint de privilégiés rajoutant à leurs prétentions matérielles des prétentions de guides politiques du peuple que celui-ci soit d'accord ou non.

     

    Depuis les résultats du premier tour des Régionales hier soir, le bon coup de pied dans la fourmilière s'en étant ensuivi, ayant vu une percée historique du Front National, les commentaires vont bon train sur le vote FN qualifié comme d'habitude de vote protestataire, de vote « de colère », raciste, fâââchiiste j'en passe et des meilleurs. Les commentateurs, les z-élites et la plupart de nos politiques « républicains » n'ont strictement rien compris, sans doute ne le veulent-ils pas. Ils parlaient de « Génération Bataclan », étaient persuadés de pouvoir encorer guider les aspirations de la jeunesse, les voilà encore sidérés, une deuxième fois depuis les tueries du 13 Novembre :...

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  • Défendre l'Occident oui mais lequel ?

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    politique, société, hypocrisie, vivrensemble, histoire, occident, amaury watremezDe plus en plus souvent, sur internet, sur les réseaux dits sociaux et ailleurs, des internautes « partagent » pour disent-ils protéger un Occident pourtant spirituellement et intellectuellement moribond :

     

    Des vidéos « d'incivilités » selon le terme hypocrite, ou d'horreurs commises par « Daesh » relayant dans les deux cas précisément ce que les tarés fanatiques veulent qu'ils relayent afin d'amener le monde au fameux « choc des civilisations »,

     

    Des articles vengeurs se trompant de cible, oubliant que les politiques ne sont plus que des exécutants de la mondialisation,

     

    Des photos pour se scandaliser d'attaques subies par l'Occident et les occidentaux. Il s'arrêtent là, n'en font pas plus. Ils ne sont pas complètement fous....

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  • Souvenir pieux pour une parisienne

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    Au moins Johnny ne lui en donnera plus de la Série Noire... 


    Magali Noël "Fais-moi mal" de vian par chantalounette

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  • La fin des clivages

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    clivage,gauche,droite,société,politique,histoire,révolution,amaury watremezSur "Mauvaise Nouvelle", à ce lien, on a commis un article pour essayer de faire prendre conscience de la fin des clivages traditionnels, qui ont d'ailleurs toujours été une illusion, le but du pouvoir étant surtout de préserver les intérêts de la bourgeoisie au pouvoir depuis 1789, l'ayant pris sur une imposture politique qui dure depuis maintenant plus de 200 ans....

     

    L'imposture, considérant la coupure entre "pays légal" et "pays réel", ne durera peut-être pas encore très longtemps...

     

    Sic Transit Gloria Clivagii, Grandgil

     


    £a €ampagne Électoral de La Droiche . par nicolacoche

  • Piéton dans le Paris littéraire et historique

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    À propos de « l'Invention de Paris - il n'y a pas de pas perdus » de Eric Hazan en « Points Seuil »

     

    histoire, Paris, société, péquenots, nostalgie, littérature, eric hazan, amaury watremezOn dit d'un trésor qui est découvert qu'on « l'invente », Paris est « inventée » et « réinventée » chaque jour par celles et ceux qui aiment cette ville. Eric Hazan, éditeur curieux, écrivain, dans ce livre dense et extrêmement documenté, et agrémenté de citations de tous les écrivains ou presque ayant écrit sur la ville, se promène dans ce Paris littéraire et réel sans cesse « réinventé » au sens de redécouverte d'un trésor. Ce trésor est toujours là malgré les centaines de mètres carrés des immeubles plus ou moins abandonnés des « beaux » quartiers, de la « façadisation » odieuse (« maquiller » un bâtiment en ripolinant l'extérieur), de la « bobolisation » de nombreux endroits, malgré les putes de luxe et autres gigolos de salon....

     

    Il suffit de vouloir regarder dans la bonne direction, d'accepter de se perdre dans des rues encore préservées, il y en a encore, d'accepter d'oublier son ressentiment contre les « bourgeois pédagogues » transformant progressivement Pantruche en conservatoire à la fois social et culturel, en musée à ciel ouvert. Et bien sûr, ceux qui ne vont à Paris que pour baver à la fois d'envie et de rancœur, un peu comme ces Tartuffes l’œil rivé sur les trous de serrure des chambres des couples tout en ne perdant pas une miette de leurs ébats supposés ou réels tout en les qualifiant de pécheurs, les anathématisant et les jalousant maladivement dans le même temps, ne me comprendront pas.

     

    Cet ouvrage a pourtant failli faire partie de mes « pages 61 » : effectivement curieusement quand un bouquin me tombe des mains je l'abandonne toujours à la page 61. Il faut s'accrocher un peu afin de « rentrer » dedans du fait de la multiplication des notes de bas de pages ce qui en rend parfois la lecture un peu malséante. Et puis Paris, mon Paris, était bien loin quand je l'ai commencé, et je ne voulais pas éprouver le chagrin d'avoir perdu cette ville. Cela n'aurait pas servi à grand-chose. Ce livre me tombait des mains non pas par trop d'éloignement mais car il m'était trop proche, je suis aussi un de ces piétons de Paris en ayant arpenté les artères inlassablement...

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  • Si on ne peut même plus faire confiance aux dictateurs de gauche !

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    politique, histoire, Cuba, dictateurs, amaury watremezIllustration empruntée ici

     

    Cuba No ! Cuba Si ! Article taquin sur un air de Tito Puente...

     

    Hasta Siempre !

     

    Tu le sais bien ami lecteur, je ne suis pas de ces zélotes libéraux qui se réjouiront à contresens voyant dans la France de Hollande un régime comparable à celui de Mao. Mais quand même, si on ne peut même plus faire confiance aux dictateurs, américains et cubains de gauche, cathos progressistes, viennent de mettre fin à quelques scories de la Guerre Froide qui subsistaient encore, on me dira, ni le leader cubain ni Obama n'ont évoqué de possibles progrès vers la Démocratie à Cuba.

     

    Tu m'objecteras ami lecteur que la démocratie en ces temps libéraux libertaires ce n'est pas tout à fait la démocratie, et puis Cuba était parfait donc pourquoi s’embarrasser avec ces idées petites bourgeoises de liberté d'expression, de vote voire d'écriture. Rappelons que les prisonniers politiques cubains, de sales petits bourgeois hédonistes et réactionnaires, c'est sûr, devaient voir leur famille quand ils en avaient le droit, à savoir rarement, nus, non pas que ce fût indispensable mais à la dureté de la peine, au chagrin que causait les séparations déchirantes avec ses proches, il fallait bien rajouter l'humiliation.

     

    Cuba était un des derniers paradis communistes -mais si je t'assure ami lecteur, en état de fonctionnement -ou presque- sur cette planète, un système d'enseignement remarquable, des soins gratuits pour les plus pauvres, un peuple qui mangeait à sa faim depuis cinq ou six décennies et un « Lider Maximo » , Fidel Castro, qui donnait tout à son pays y compris des discours fleuves pour montrer combien il était encore vaillant à plus de quatre-vingt ans. Quand il avait fait la Révolution il avait un second qui délivrait la bonne parole à ceux qui ne l'avaient pas encore reçu, non p as un beau sujet de pendule mais de « ticheurte » pour ado libéral-libertaire voulant jouer la révolte, le « Tché Guévara ». Et puis le « Lider Maximo » a cassé sa pipe et son frère Raul lui a succédé, un type plus fade, avec moins de personnalité, plus Général Tapioca qu'Alcazar en somme.

     

    Note ami lecteur que l'album de Tintin qui raconte le retour au pouvoir de ce dernier dans son pays d'opérette se termine amèrement par la même image qu'au début, une mère et son enfant crevant de faim sous le regard sévère de deux flics militaires patrouillant dans un bidonville. Le fait que Alcazar comme Castro ait de meilleures intentions que son ennemi ne change rien à l'ironie douloureuse de la situation.

     

    Avant Castro, un autre genre de « Lider Maximo », tout aussi dictatorial, gouvernait, Batista, une marionnette des grandes entreprises américaines docilement vendu au « Syndicat » de la côté de Floride, une crapule de la plus belle eau. Sous Batista, on buvait surtout des « Cuba Libre » que des magouilleurs réfugiés sur l'île après la Guerre d'Espagne éclusaient sec mais il faut dire quand même qu'un coquetèle avec du Coca c'est imbuvable.

     

    Les casino pullulaient, et les écrivains en recherche de posture glorieuse venaient tous s'y prendre pour Hemingway qui lui était plutôt du côté de Fidel. Il a cru y retrouver un élan perdu depuis la Guerre d'Espagne. Au moins cette période troublée de Cuba aura-t-elle permis à Hunter Thompson d'écrire son excellent « Rhum Express », où il croise quelques autres inadaptés sans scrupules comme lui, et les illusions d'Ernest « Papa » Hemingway ont permis l'invention du « Hemingway special », rhum cubain, un peu de citrons verts, du jus de pamplemousses, une ou deux gouttes de marasquin.

     

    Autre ironie du sort dans l'histoire, ce rapprochement serait dû au pape François celui-là même qui est si bien vu par la gauche qui sait et la gauche encore un peu révolutionnaire, ces papes ! On se demande ce qu'ils ont avec le Communisme, Jean-Paul II va en Pologne, passe le rideau de Fer, en 1991, plus d'URSS, tout se perd. Ne reste plus que le sinistre Ubu encore au pouvoir en Corée du Nord, un imbécile sanguinaire infiniment plus dangereux que Castro frères...

     

    Et comme je dis toujours « Viva la Revolussionne ! » Et retour à la première image  (cf fig 1) ...

  • Le mépris pour « ceux de 14 »

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    politique, histoire, société, armistice, amaury watremezimage ci-contre prise sur le site de Radio Notre Dame, image ci-dessous, mémorial de Vimy, image personnelle

     

    Bien trop souvent, sur Internet ou dans les journaux lors des commémorations du 11 novembre, je lis qu'en somme les populations ouvrières et paysannes s'étaient faites manipuler pendant la Première Guerre Mondiale, suivant aveuglément les ordres des puissants, de pauvres hères sans cervelles bien moins intelligents que nous qui vivons dans une société, qui c'est bien connu, est l'apogée du progrès et des libertés, et puis ces idiots en pantalon « garance » qui sont allé se faire tuer comme à la fête foraine par les soldats allemands en « vert de gris » et les « poilus » n'avaient même pas de « smartphones » si ça se trouve, les cons ! Et je dois avouer que ce mépris involontaire parfois pour les soldats de la « Grande Guerre » me met en colère.

     

    Il y a aussi celles et ceux, ce sont souvent les mêmes esprits « forts » qui lancent ces formules d'un courage sans bornes, il faut reconnaître, sur la guerre qui n'est pas belle et la haine entre les hommes qui s'ils voulaient tous se tenir par la main seraient plus heureux. Et que la paix universelle quand même ce serait mieux. C'est aussi une manière de se mettre en valeur, passer pour un bon apôtre sur les réseaux sociaux où ce n'est pas la profondeur ou la sincérité des opinions qui comptent mais l'image que cela donne de nous.

     

    La fausse paix de nos « sociétés de porcs » (cf Gilles Châtelet pour le terme), la concorde du troupeau consumériste ce n'est pas la paix, ce n'est que la soumission au pouvoir du « tout économique » pour consommer allègrement ne fût-ce encore qu'un moment les babioles que les vrais maîtres leur intiment d'acheter tous les deux mois.

     

    Énoncer ces clichés comme beaucoup le font aussi finalement par candeur, c'est oublier pourquoi ces hommes sont allés se battre sans se poser vraiment de questions, risquant le sacrifice ultime, que ce soit à Verdun ou au « chemin des Dames » car ils avaient un sentiment commun au cœur, qu'ils soient instituteurs, ouvriers, employés de bureau, agriculteurs, qu'ils croient en Dieu ou pas, qu'ils soient monarchistes ou républicains, d'Action Française ou communistes, un sentiment maintenant disparu dans nos sociétés d'individualistes égoïstes, posés les uns à côté des autres, ne songeant qu'à la satisfaction de leurs instincts les plus vils, les plus abjects persuadés que parce qu'ils en ont envie cela les rend légitimes, ne se souciant plus une seconde de ce que des nostalgiques, des « réacs » c'est certain, appelaient la « décence commune ».

     

    Voire même, même si ce fût un peu plus tristement, il y en eut pour « remettre le couvert » se préparant encore au même sacrifice quelques vingt années plus tard, et résister encore après la défaite, combattre jusqu'au bout parce que c'était comme ça, pour les autres, pour la nation...

     

    politique, histoire, société, armistice, amaury watremezAlors, oui, bien sûr, ainsi que le dit Céline, qui n'a pas combattu, lorsqu'il décrit les combats et leur absurdité parfois, la guerre est une « duperie » pour les pauvres hommes, et oui, comme dans le poème d'Aragon chanté par Léo Ferré ci-dessous, les noms de ceux qui sont morts ne sont plus en définitive pour nous que des noms de « pauvres diables » qui ont péri par sottise et aveuglement sur les champs de bataille sans savoir, sans comprendre ce que nous, bien sûr, nous comprendrions bien mieux qu'eux, nous qui avons accès à tant de savoir par « Gougueule » ou « Ouiquipédia », Internet ne nous servant qu'à cela et non à flatter simplement nos narcissismes, on le sait bien.

     

    Il en est même, progressistes de progrès, esprits encore plus « forts » que les autres qui se demandent s'il est toujours bien nécessaire de célébrer l'Armistice alors que les allemands à l'ère de madame Merkel, « Mutti BCE », sont devenus nos meilleurs amis et que France et Allemagne sont peut-être en passe de devenir une seule et même patrie d'ici quelques années ce qui serait la cerise sur le gâteau de la déconstruction de notre pays...

     

    Je me souviens de cet arrière grand-père maternel mort à Verdun, personne chez lui n'ayant jamais reproché cette mort au pays, de cet autre du côté de mon père, héros anonyme de guerre, et de son ami « Hussard noir » radical et « bouffeur de curés » qui avaient été au « Chemin des Dames ». Je ne sais pas ce qu'ils en penseraient de ces considérations vaseuses sur la guerre, la paix et la Nation, de l'incompréhension de leurs descendants face au donc qu'ils firent d'eux mêmes car ils se faisaient de la France une grande idée, trop grande pour notre époque visiblement.

     


    Léo Ferré - Tu n'en reviendras pas par RIMBOWARRIOR

  • La curée contre Zemmour c'est bon signe

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    à propos du livre d'Eric Zemmour, « le Suicide français » chez Albin Michel

     

    couverture prise sur amazon.fr

     

    Zemmour, politique, histoire, France, amaury watremez

    Zemmour emmerde les tenants du pouvoir libéral-libertaire, il dérange leurs larbins communautaristes z-et sociétaux de la « Bonne » presse qui jouent à se faire peur avec les le Pen qui ne veulent pas vraiment de toutes façons accéder au pouvoir et qui sont au fond moins dangereux pour eux. Par contre, quand la curée des Trissotins post-modernes, des petits marquis arbitre des élégances sociétales z-et féministes (et je ne parle pas seulement des arrivistes comme mesdames Pellerin et Vallaud-Belkacem qui n'ont que du mépris pour les « sans dents » elles aussi) et des boutures de commissaires politiques se déchaînent contre un auteur, une personne, sans véritablement argumenter d'ailleurs, ne lui opposant que des attaques à la personne et des injures toutes plus abjectes les unes que les autres, c'est bon signe, cela veut dire que son discours est dans le réel, dans le vrai et qu'il attaque là où ça fait mal :

     

    l'Union Européenne et ses soi-disant bienfaits, la légende de la mondialisation « heureuse » et les conséquences d'une immigration incontrôlée (sans pour autant stigmatiser ceux qui émigrent qui le font car ils crèvent de faim et subissent des dictatures ignobles dans leurs pays).

     

    Zemmour est en tête des ventes avec son livre « le Suicide français » et ça ça les fait encore plus grincer des dents, les moralisateurs, les donneurs de leçons sociétaux, les chroniqueurs politiques qui ont tous leur « rond de serviette » et leur « emploi » comme au théâtre qui s'imaginent tous être proches du peuple alors qu'ils ne risquent pas d'en croiser même chez Denise au « 41 », on y baise « entre soi », où certains ont encore leurs habitudes et autres bonnes maisons. Car chez les contempteurs de Zemmour, ceux qui lui reprochent tant d'être intolérant et j'en passe on pratique l'endogamie quotidiennement, on n'irait pas quand même se mélanger aux « petits blancs » « franchouillards » de cette « France périphérique » évoquée par Christophe Guilluy.

     

    Je n'ai jamais d'ailleurs bien compris, si le moindre groupuscule ethnique peut se revendiquer de son identité propre pourquoi par les français dits de souche ?

     

    C'est donc également que ses préoccupations rejoignent celles de centaines de milliers de citoyens français qui sentent bien que l'identité de leur pays est soigneusement détricotée depuis quelques décennies déjà par les gouvernements de droite libérale libertaire comme de gauche sociéto-libérale ce qui revient strictement au même, le second ensemble étant peut-être moins soucieux de maintenir les apparences de morale bourgeois que le premier apprécie encore un peu. Et cela emmerde encore plus les moralisateurs petits bourgeois progressistes, ces « bourgeois pédagogues ». Il n'y a que quelques militants UMP libéraux purs et durs pour croire que le PS est encore un parti marxiste.

     

    La France est un pays à qui l'on a appris à se détester, à rejeter ces composantes, dans une histoire officielle par exemple où l'on retient de l'histoire de cette nation que les massacres, malheurs, guerres et colonisation atroce, atroce, en admettant à peine qu'en 1789 et en « Soissantuite » ou en 1981 les français sont « passés déjà plus ou moins de l'ombre à la lumière ». Cela ne devient acceptable qu'à partir du moment où le pays devient « divers » et « multicul », alors que ces personnes composant la diversitude ne se reconnaissent jamais, à quelques exceptions, comme français, leur identité étant ailleurs, qu'ils le soient de deuxième ou troisième génération. En bout d'arguments les « suicidaires » dont parlent Zemmour en viennent toujours à rappeler leur « loi du talion » qui veut que nous payions encore les méfaits atroces, atroces l'on vous dit !, de la colonisation nous les enfants et petits enfants des colonisateurs, ces salauds de français qui étaient mus lorsqu'ils sont partis coloniser, rappelons le en passant, par des idées positivistes, laïques et républicaines, ainsi Jules Ferry.

     

    Zemmour égratigne au passage quelques lieux communs et clichés sur l'histoire de France dont l'histoire contemporaine et en particulier celle de la Seconde Guerre Mondiale : celui de la bonne blague des français tous résistants, la statue du Commandeur de De Gaulle, celui d'une résistance forcément puissante dés 1940, celui d'un Vichy composé uniquement de salauds : Rappelons là encore qu'à Vichy s'étaient rassemblés surtout des « républicains dits de progrès » dont Laval, qui était radical, donc beaucoup plus à gauche que le PS actuel ; rappelons aussi que les premiers jeunes à résister furent ceux qui étaient encouragés par leurs curés catholiques (tous d'affreux réacs!) à travers les patronages. J'ai du mal à comprendre l'injure là encore abjecte de « collabo » qui a été prononcée envers Zemmour, dont la famille eut à subir la déportation ; quand il en parle, lui il sait ce que cela a causé comme souffrances...

     

    Zemmour encourage avec ce livre à ce que les emmerdeurs de petite et moindre envergure que lui continuent à « emmerder » le monde, à donner quelques coups de pieds bien placés dans la fourmilière.

  • Hitler = SS

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    A propos du « manga » « Hitler » aux éditions Cornélius de Shigeru Mizuki

     

    album-cover-large-14358.jpgPour parler du nazisme et d'Hitler, sujets qui fascinent encore de nos jours les auteurs, les historiens, les individus, dans la masse de livres qui y sont consacrés on distingue plusieurs manières de faire :

     

    En faire un monstre en dehors de l'espèce humaine, ce qui est la manière la plus répandue, le point de vue psychanalytique et introspectif comme dans « Maus », qui fait des nazis et des juifs deux espèces différentes ce qui selon moi est un non-sens, l'évoquer avec un humour « hénaurme » et une extrême dérision comme dans « Hitler = SS » de Jean-Marie Gourio et Vuillemin, album d'ailleurs interdit, essayer d'en rire comme dans « la Vie est belle » de Begnini que l'on peut trouver un tant soit peu indécent au final et ce malgré les bonnes intentions.

     

    Et enfin, la plus dérangeante des manières d'écrire dessus, comme dans ce manga, en parler comme d'un être humain qui a laissé sa part d'horreur et de mal prendre le dessus dans son esprit. C'est la plus dérangeante car pour les personnes vivant en 2013 et s'imaginant être au nadir de la civilisation du fait des progrès techniques de notre monde c'est très déstabilisant de voir que cette part d'horreur et ce mal qu'Hitler a laissé croître et se développer et qu'il a communiquée à tout un peuple, son peuple, nous l'avons tous en nous ; mais nous sommes excessivement peu à en être conscients.

     

    Mizuki évoque les différents visages d'Hitler qui n'était pas du tout non plus la marionnette des grands groupes industriels que l'on en a fait également, qui l'ont aidé certes à accéder au pouvoir par peur de perdre ne serait-ce qu'une partie de leurs dividendes. L'auteur montre bien l'humanité d'un des grands criminels de l'Histoire, son ascension progressive vers ce qu'il pensait être un destin presque cosmique. Il faut s'adapter au style particulier des images et bien entendu de la lecture de la droite vers la gauche, mais ce style est en cohérence avec l'intention de l'auteur qui offre ici une méditation sur l'humanité du « Führer », sa folie et la folie collective allemande des années 30, plus qu'une biographie didactique et informelle.

     

    Un autre aspect extrêmement dérangeant de cette vie et du nazisme est aussi que l'on en retrouve des aspects dans notre société si avancée, ainsi l'obsession quasiment pathologique de la transparence et du contrôle des corps et des esprits, ainsi les mouvements de masse où la minorité n'est plus rien, ainsi ce rejet constaté un peu partout sur le Net de la différence de pensée, de vie, d'expression et du hors-norme, parfois au nom des meilleures intentions là encore, qui sont deux des caractéristiques des régimes totalitaires. Le rêve humide des nazis les plus radicaux s'y trouve là réalisé pleinement et accepté par la majorité des personnes dans notre monde et sur les réseaux informatiques.

    hitler=ss.jpg

    Il n'y a même pas eu besoin de l'accession au pouvoir d'un Hitler.

     

    D'autres aspects célébrés par les nazis sont également complètement intégrés et réalisés dans notre société dite libérale-libertaire. Hannah Arendt disait avec pertinence que le nazisme ne faisait somme toute qu'exacerber des tendances latentes déjà à l’œuvre dans le libéralisme et dans la plupart des idéologies. L'eugénisme, la suppression des plus faibles, des « inutiles », des vieux, des malades, des handicapés, le darwinisme social sont devenus parfaitement tolérables dans notre monde, et là encore au nom d'une idée complètement délirante du bien collectif qui méprise la liberté individuelle.

     

    Qui les remet en question parmi les intellectuels « kipensent » et que l'on écoute en France maintenant ? Quasiment personne.

     

    Mais hélas, nous vivons dans une période où personne ne souhaite vraiment être dérangé dans des certitudes bien confortables, des certitudes qui ne changent rien aux questions soulevées et aux réponses apportées.


    couverture prise ici

    la couverture de Hitler = SS prise sur le site de la bédéthèque

     

  • Les ricanements et la grandeur des "poilus"

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    200811110667.jpg

    J'écris ce texte en souvenir d'une visite à Vimy...


    Bientôt nous commémorerons le centenaire du début de la Première Guerre Mondiale. Il est devenu malséant et assimilable aussitôt à du fascisme ou une nostalgie réactionnaire de simplement utiliser le mot de « Nation » ou d'évoquer l'histoire de France sans passer par une auto-flagellation obligatoire, tel Lorant Deùtsch aussitôt soupçonné des pires avanies par Gilles Verdez, historien (qui a un très beau « brushing » on peut lui concéder au moins cela) tout ce qu'il y a de plus consensuel au fond, ce qui conduisit à un esclandre qui est toujours bon pour l'audience dans l'émission dont je ne voudrais même pas ou entourer mes poissons « Touche pas à mon poste ».

     

    Il a été amusant de voir ensuite une célébration dithyrambique de Cyril Hanouna, « kloune » cynique de « l'infotainement » et ses séides par la presse de la « gôche kipense », a.k.a Bruno Roger Petit sur son blog en l’occurrence , le Zorro de « Boboland » (TM°) tellement de gôche que s'il ne se retenait il partagerait la moitié de son salaire avec des « pôvres », enfin des « pôvres » qui votent comme lui bien sûr !

     

    Lorsque les mêmes parlent des soldats de « la Grande Guerre » ils sont très vite dans le ricanement déplaisantr et la raillerie, le mépris social envers ces « poilus » qui sont allés combattre non pas paraveuglement et par soumission au pouvoir mais par devoir envers leur pays, ce qui pour eux voulait dire leur famille, leur quartier, leurs amis et tous les autres, et ce qui pour ces personnes allait de soi car ils avaient conscience que les droits dont ils jouissaient impliquaient des devoirs, qu'ils soient de droite ou de gauche, coyant en Dieu ou pas. Je songe ici à mon arrière grand-père catholique et d'« Action Française », celle d'avant la « Grande » Guerre, et à son ami instituteur qu'il respectait sans aucun questionnement, radical et de gauche, athée, qui combattirent tous deux ensemble pour les mêmes idéaux qu'ils savaient plus grands qu'eux et leurs divisions habituelles. Je me souviens aussi de cet arrière grand-père maternel mort quelque part en Sologne dans le bataillon d'Alain Fournier.

     

    99 ans après eux, après leur sacrifice qui fut excessivement lourd, et sanglant, les gosses qui ont l'âge que ces hommes avaient en 1914 préfèrent également se laisser aller à ricaner de leurs ascendants qui n'avaient même pas de « smartphone », feindre parfois de l'apprécier pour se fondre dans la masse, et n'iraient certainement pas défendre le pays, surtout pas pour d'autres personnes qu'eux. Comme leurs aînés perdus par l'égoïsme et l'avidité, ils préfèrent ne songer qu'à leur intérêt personnel et étriqué.

     

    Ce qui est d'ailleurs normal puisque personne n'a daigné leur transmettre autre chose, et surtout pas des valeurs ou des repères. Ils baignent dans un vague, très vague, humanitarisme « light » qui implique d'affirmer que tout ce qui relève de la Nation est ringard et dépassé.

     

    Mais encore une fois, ce n'est pas tout à fait de leur faute s'ils feraient ainsi honte à leurs ancêtres.

     

    A l'inverse nos dirigeants, qui ont dans les faits déjà entériné la mort de la France, engluée dans une Europe hyper-libérale n'ont strictement aucune excuse justifiant leur cynisme.

     

    sn1916.jpgUne chose d'ailleurs m'étonne toujours, les historiens comme Gilles Verdez, qui reprochent à d'autres de ne traiter qu'une histoire « blanche » et selon eux raciste ne parlent jamais des tirailleurs sénégalais, des algériens, des marocains engagés à ce moment dans l'Armée Française non pas par contrainte pour mais défendre les mêmes valeurs que leurs camarades des « Tranchées ». Généralement, ils sont décrits comme de pauvres hères déboussolés attirés sur le Front par des promesses de primes et rien d'autres.

     

    On pourrait aussi rappeler la manière dont les autorités françaises les ont traités depuis, à commencer par le montant ridicule des pensions que certains de ces anciens combattants touchent encore pour la Seconde Guerre Mondiale, et bien sûr, nous nous tairons sur le mépris réservé aux « harkis ».

     

    Ce mépris, ami lecteur, l'auteur de ces lignes l'a plutôt pour tous ces cloportes lamentables qui ont oublié tout cela...


    illustration du haut prise ici

    illustration du bas empruntée


    Voir ici la polémique évoquée plus haut

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  • Anthologie de SF -trop- explicite

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    « Retour sur l'horizon » - anthologie rassemblée, préfacée et commentée par Serge Lehman

    littérature, Science Fiction, histoire, politique, sociétéGallimard, dans la collection « Folio SF », vient de rééditer cette anthologie de SF francophone précédemment parue chez « Lunes D'Encre ». Refermant ce pavé pourtant agréable à lire, ce qui est déjà quelque chose d'extrêmement positif pour de la littérature française, j'ai comme la sensation d'être resté un peu sur ma faim, je suis un peu dubitatif.

     

    Les nouvelles et « novellas » présentées dans ce recueil égrènent des thèmes classiques de la SF, et se situent presque toutes dans le registre de l'anticipation pure qui est un genre un peu agaçant par sa manie de vouloir décrire avec tous les détails techniques afférents un futur dont rien n'est moins sûr qu'il advienne.

     

    C'est de la SF « explicite » à la manière d'Asimov, qui voulait même raconter quant à lui l'histoire du futur, selon ses conjectures, et le lecteur se perd quand même un peu en route.

     

    Les autres auteurs anglo-saxons ont pour eux de savoir donner de l'humanité à leurs personnages, de la chair. Ils décrivent des machines sans en expliquer le fonctionnement car cela n'a aucune importance quant à l'histoire qu'ils veulent raconter et la réflexion qu'ils veulent éventuellement provoquer chez le lecteur. Parfois même les écrivains dits « du genre » se débarrassent de tout l'attirail et du décorum rutilant autour, ainsi « Crash » ou « le massacre de Pangbourne » et certaines des « dangereuses visions » d'Harlan Ellison.

     

    Chez Philip K Dick, ou chez Ballard, les ordinateurs et les androïdes fonctionnent avec des cartes perforées, dans les « Chroniques Martiennes », les fusées de Ray Bradbury sont encore des fusées « hergéennes » phalliques qui décollent de travers des planètes, mais cela ne change rien à leur talent, car ils se souviennent d'un élément pourtant évident du genre :

     

    la SF ne parle pas du futur, elle ne parle pas de nos descendants, mais de nous et de notre présent, du moins la SF qui présente un intérêt littéraire. « 1984 » ne raconte pas la vision d'Orwell décrivant précisément l'année 1984 telle qu'il l'imaginait, ainsi que j'ai pu le lire, « Le Meilleur des mondes » d'Aldous Huxley n'est pas une sorte de prédiction, « Farenheit 451 », encore de Bradbury, ne se veut pas un traité de prévisions ou « Tous à Zanzibar » de John Brunner. Tous ces livres évoquent les dangers que notre société court, dangers largement négligés par la plupart des individus peuplant cette petite planète dans un coin paumé de la galaxie où il n'est plus de bon ton de lire des livres qui incitent à la réflexion sur nous-mêmes.

     

    C'est aussi de la SF dite « implicite », quand un personnage utilise un tournevis atomique, l'auteur ne dit pas à quoi ça sert, ou ne cherche pas à décrire comment ça fonctionne, ce qui le ridiculise à plus ou moins terme et donne plus de force à son propos. On va sur la Lune ou Mars sans dire à quelle époque et de quelle manière la conquête spatiale s'y est prise.

     

     

    Les français en bons cartésiens qu'ils sont, à moins que ce ne soit de l'étroitesse d'esprit pour certains d'entre eux, appréciant de ranger dans des petites cases la production littéraire, ne comprennent la SF qu'ainsi, faisant de la vulgarisation de futurologie, et très explicite et, à de rares exceptions dans ce livre dont André Ruellan, alias aussi Kurt Steiner, ou Philippe Curval, qui raconte une dystopie uchronique (ou une utopie enfin réalisée !), « Dragonmarx ». L'écriture, le style, la construction des personnages, le travail littéraire en quelque sorte, ne sont plus que des prétextes pour les auteurs à exposer leur vision de l'avenir, leurs craintes, leurs espérances ou faire passer leur message politique ou idéologique. On me rétorquera que même dans ce genre d'écrits, il est vrai qu'il y a aussi des auteurs de renom. Plus rares.

  • Un documentaire "partial, poisseux, visqueux" sur Outreau ?

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    Aussi sur Agoravox


    Aujourd'hui 6 mars sort en salles un documentaire intitulé « Outreau l'autre vérité », jugé « partial, poisseux, visqueux » par un des avocats d'une « accusée d'Outreau », Roselyne Godard, maître Eric Dupond-Moretti. Le film est produit par Bernard de la Villardière, producteur et animateur sur M6, spécialisé dans les reportages, que les mauvais esprits dont je ne saurais être reprocheront d'être racoleurs, sur l'insécurité et la prostitution avec images choc à l'appui.

    politique, cinéma, journalisme, histoire, spectacle, beuzze


    Le film remet en question l'acquittement de certains parmi les accusés de cette affaire, suite à un travail d'« experts » et de juristes qui « démytifieraient » cette erreur judiciaire qui a déjà détruit quelques familles et couples sans que le système et ses rouages, dont les journalistes ne se soient pour l'instant remis réellement en question.


    Certes Bernard de la Villardière a raison dans l'absolu de parler d'injustice à l'égard du juge Burgaud qui ne fut pas le seul à prendre des décisions parfois malheureuses et à en porter la responsabilité, mais il oublie également que ce magistrat n'a jamais été réellement inquiété, ni ne s'est vraiment questionné lui-même sur ses actes, ayant même été promu suite à toute une série de bourdes et de maladresses due principalement à une chose qui est sa formation.


    En effet, et on ne le constate pas seulement en droit, les formations des personnes qui travaillent « sur l'humain » sont de plus en plus théoriques, abstraites et déconnectées du réel, sans que ne soit évalué une seule fois la capacité des étudiants à faire preuve d'altérité, de compréhension, de respect.


    Leur formation les pousse à appliquer les lois, les grands principes directeurs, voire idéologiques, qui les sous-tendent stricto sensu sans se soucier des conséquences humaines parfois dramatiques, sans les encourager une seconde à faire preuve de recul sur eux-mêmes.


    Le juge Burgaud n'a commis aucune faute quant à l'application du droit, certes, mais il aurait dû faire preuve d'écoute, a minima.


    Ce film et le pseudo-travail des pseudo « experts » vient aussi et surtout d'un profond mépris de ceux qui font partie du système pour les « accusés d'Outreau », maintenant acquittés, je le rappelle, mépris qui n'est jamais véritablement dit mais qui se sent face aux traitement médiatiques toujours sur le mode du « deux poids deux mesures » selon que les accusés soient puissants ou misérables. Je songe également à maître Lombard évoquant le fait que la mère du petit Lubin soit « centralienne », pour la disculper.


    Ce qui choquait à l'époque, c'est que Magali Guillemot ait pu si facilement sortir de prison du fait de son milieu, de son parcours et de ses relations professionnelles quant à elle contrairement aux accusés d'Outreau.


    Ce mépris est également induit par l'incapacité des acteurs du système français, qu'il soit éducatif, judiciaire ou social, à se remettre en question, remise en question qu'ils considèrent de toutes manières comme une remis en cause personnelle.


    Le film qui sort aujourd'hui fait preuve d'un total irrespect des souffrances endurées par ces accusés d'« Outreau », accusés rappelons le encore sur la base essentiellement de ragots.


    Il faut dire aussi qu'ils ont contre eux de ne pas être « issus de la diversité » (TM°) ou d'une communauté ayant « la carte » dans la « bonne presse ». Bernard de la Villardière ne voit d'ailleurs pas le problème quant aux conséquences possibles sur la vie des acquittés d'Outreau et le fait que leur reconstruction peut voler en éclats du jour au lendemain de par son documentaire.


    Je me souviens bien du tout début de « l'Affaire d'Outreau ». On nous présentait le tout dans les journaux, à la télévision, à la radio, sur le Net, comme du Chabrol en plus glauque encore, les ciels bas du Nord aidant à en rajouter dans l'ambiance « trash » :


    Un ancien prêtre ouvrier prêtre donc forcément pédophile, un clerc de notaire de province forcément malsain, des familles populaires forcément « tuyaux de poèle » habitant en HLM donc forcément mal dégrossies et j'en passe, certains journalistes insistant particulièrement sur le vote le Pen à Outreau, sans que les faits reprochés à ces gens ne soient une seconde remis en cause à l'époque (à ce lien un résumé utile des faits).


    Je me souviens également des réactions courroucées des politiques demandant plus de sévérité et surtout de surveiller beaucoup plus « ces gens là », les mêmes politiques se hâtant de défendre quelques années plus tard DSK au moment de l'affaire du Sofitel ou un cinéaste, certes au talent incontestable, mais défendu car du gotha, les mêmes politiques et commentateurs hurlant alors au retour de « l'Ordre Moral » face aux réactions des petites gens de la « France d'en bas » (TM°).


    Ce documentaire a été réalisé essentiellement pour « faire le buzz », entretenir le système spéctaculaire dans son immédiateté, sans penser une seule seconde cette affaire sur le long terme, et aussi par dégoût de la simple vérité, une des constantes de notre société faut-il dire...

    illustration empruntée à ce site

  • Rappel de propos de Stéphane Hessel sur une "occupation relativement inoffensive"

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    ghetto-de-varsovie1.jpg« Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j’affirme ceci : l’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’oeuvres d’art. »

    Frankfurter allgemeine Zeitung, 21 janvier 2011.

    photo - une famille pendant "l'occupation relativement inoffensive" du Ghetto de Varsovie

  • Cette illusion du Peuple Souverain...

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    En débat sur Agoravox

    L'Histoire est écrite par les vainqueurs, l'histoire de France en particulier, qui a été réécrite par la bourgeoisie qui a été la première instigatrice des évènements menant à la Révolution, et ce en 1789 et 1793.

    politique, histoire, société, hypocrisie, révolutionPlus de deux cent après ils sont toujours au pouvoir, et malgré leur apparente mue libertaire sur le plan des mœurs seulement depuis Mai 68 on ne peut que constater qu'ils n'ont pas changé d'un iota sur le plan économique et social si l'on excepte bien sûr les quelques arguments cosmétiques que sont le « commerce dit équitable » ou leur tout nouveau souci du « développement durable » qui consiste surtout en incitation à la décroissance, pour le reste de la société....

    La société n'est perçue que comme devant conforter leurs intérêts financiers, et leurs prétentions sociales, ce qui est une spécificité bien française. Il n'y a effectivement que dans notre beau pays qu'ils ont ce petit supplément non pas d'âme mais de vanités légèrement déplacées car pour eux il ne s'agit que de préserver les apparences. Ils savent bien qu'ils sont encore en fait d'un égoïsme déplorable, d'un individualisme forcené, et généralement sans appétence particulière à se cultiver, mais le tout est de correctement faire mine d'être altruiste, généreux et d'une ouverture intellectuelle sans pareil (quelques déclarations d'intentions fracassantes sur la diversité, quelques poncifs sur l'homosexualité de tel auteur suffisent alors à leurs yeux).

    Afin d'asseoir son pouvoir, la bourgeoisie triomphante a laissé entendre que dorénavant les privilèges étaient abolis à compter de la fameuse « Nuit du 4 août 1789 ».

    Tous.

    D'ailleurs il n'en reste aucun, c'est bien connu.

    Et qu'à dater de ce jour, le peuple, prononcer le « pôôple » avec des trémolos dans la voix, devenait le seul souverain, le peuple dans son ensemble bien entendu, alors que déjà, ceux censés le représenter étaient déjà en grande majorité des bourgeois avec pour quasiment tous les réflexes de classe habituels quant à la préservation de leur statut privilégié.

    Si d'aventure, un représentant issu de milieux moins favorisés arrive au Parlement ou ailleurs les ors de la République, les moquettes profondes, les voitures de fonction, les « indemnités » font le reste et personne n'aura besoin de lui demander de défendre son nouveau statut, il s'y accrochera becs et ongles sans aucun souci, l'avidité étant toujours, ou quasiment, la plus forte.

    Rappelons qu'à la suite de cette fameuse nuitée, les nouveaux dirigeants se sont hâtés d'instaurer un suffrage censitaire bien restrictif, et non universel, ce qui suggère que déjà dans leur esprit la qualité d'un homme à représenter ses semblables était liée au montant de ses revenus, suffrage qui signifiait une expression populaire moindre qu'avec les parlements des provinces qui existaient sous la Monarchie, et dont le rôle, bien que théoriquement consultatifs exclusivement, grandissait ce qui aurait entrainé une évolution démocratique de fait.

    Ce mythe idéologique lié au 4 août, que l'on retrouve de la droite à la gauche en France depuis, a la vie dure. C'est l'excuse parfaite pour la classe sociale ayant pris le pouvoir à la faveur de ces bouleversements pour s'y maintenir et insister sur sa légitimité à guider le peuple vers le Bonheur universel et l'Utopie enfin réalisée, utopie à laquelle les bourgeois n'ont jamais réellement cru.

    Je précise bien qu'il ne s'agit pas pour moi de douter ici de la sincérité quant à ces idéaux élevés des hérauts de la République que furent par exemple les instituteurs, les « Hussards noirs », qui ne se berçaient pas de beaux discours et amenaient l'instruction, et la culture, partout en France car c'était là leur devoir. Ces hérauts y croyaient fermement quant à eux. Il a suffi d'une cinquantaine d'années pour réduire une bonne partie de leur oeuvre à néant ou quasiment...

     

    La constitution de 1793, de la Convention, prévoyait bien la mise en place du suffrage universel, enfin presque, les femmes n'étant pas comprises dans cette universalité, mais ne l'appliqua jamais sous prétexte de « Patrie en danger », l'ennemi et les tyrans étant à nos portes du fait de guerres il est vrai déclenchées par les nouveaux dirigeants contre à peu près toute l'Europe, une manière je suppose de célébrer les idéaux de paix, de justice et de tolérance qu'ils étaient censés défendre.

     

    A noter que depuis c'est devenu une habitude, lorsque les dirigeants des républiques successives sont dans une position inconfortable à l'intérieur du pays, rien de tel qu'une bonne guerre pour détourner l'attention du peuple des problèmes les plus douloureux le concernant au premier chef comme la précarité, la pauvreté, le chômage.

    Les uns vont en Libye, les autres au Mali, faisant d'une pierre deux coups en plus :

    les prétextes humanitaires permettent de défendre les intérêts pétroliers de la France dans le premier cas, et ceux d'AREVA dans le second.

    Précisons que je ne remets pas ici une seconde en question les idéaux sincères qui sous-tendent les déclarations des droits ou même plus tard le Code Civil, bien au contraire, ou encore moins que je doute l'accomplissement de la France comme nation à Valmy, dans la continuité de ce qu'avait déjà entrepris la Monarchie tout au long du XVIIIème siècle.

    Le plus désolant dans tout cela est que le peuple se laisse prendre ou feint de se laisser prendre maintenant encore à toutes ces belles paroles tout en rêvant, à quelques exceptions près, de bénéficier des mêmes avantages matériels car les aspirations bourgeoises à la réussite exclusivement matérielle pour obtenir un statut social honorable, et se livrer aux prétentions qui vont avec, aspiration étriquées qui ont envahi toute la société française.

    Pour le rassurer, on lui laisse bien quelques os à ronger, on lui balance un méchant riche, bouc émissaire de tous les autres, Depardieu, on le laisse s'étriper autour de débats sociétaux qui n'en sont plus depuis longtemps pour les dirigeants, on lui parle de la neige vingt minutes aux journaux du soir à la télévision, et on le laisse se déchirer parfois avec acharnement sur Internet, ce qui lui donne l'illusion d'une liberté d'expression plus grande quitte à sonner la fin de la récréation par des lois beaucoup plus restrictives (à ce lien, paragraphe VI particulièrement) quant à cette expression, sous prétexte bien entendu de lutter contre les « dérapages » et les nostalgiques des « z-heures les plus sombres de notre histoire ».

    Ci-dessous un extrait de "la Gueule de l'Autre", film de Pierre Tchernia, et de l'excellente caricature de débat télévisé

    illustration tirée de la "Gueule de l'autre" prise sur "Tout le Ciné"


    La gueule de l'autre - le débat par daniel-c

  • Hommage à deux camarades des "tranchées"

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    politique, société, nostalgie, histoire

    On se souvient aussi sur Agoravox

    Ces derniers jours, j'ai pensé à Charles, Charles est un de mes ascendants, il paraît que je lui ressemble beaucoup, le goût pour l'humour « à froid » compris. Je me suis demandé ce qu'il aurait pensé de la France de 2013, si elle lui aurait plu...

    Sa famille venait d'Alsace après la guerre de 1870, plutôt que de devenir allemands, ils avaient préféré partir les uns jusqu'en Picardie, les autres à Montmartre, dans une toute petite rue près de la rue Caulaincourt, une des rues qui n'est pas encore envahie par la « bobolitude » contrairement au reste de Montmartre.

    A ce que j'en sais, cela lui avait paru tout à fait normal de partir, malgré tout le déchirement que cela impliquait, et les privations, il ne s'était posé aucune question. Maintenant, on lui rirait au nez, il passerait pour un naïf, un pauvre diable manipulé à ne pas penser une seule seconde à se garantir une survie confortable.

    Tout comme il ne s'en posa aucune pendant la Première Guerre Mondiale où il reçut une décoration pour avoir pris un nid de mitrailleuses à l'ennemi pendant une des interminables offensives des « tranchées ».

    Il n'en tirait aucune gloire, il avait fait son devoir c'est tout, la médaille avait été accaparée par les enfants qui jouaient avec comme avec un hochet. Et personne n'en parlait plus que ça.

    Il n'avait aucune haine pour les allemands, mais le pays étant en danger il ne s'épolitique, société, nostalgie, histoiretait pas posé plus que de questions que cela.

    Après la « Grande Guerre », qu'il n'aurait pas songé une seconde à qualifier de « boucherie », on lui avait proposé un poste de « rond-de-cuir » confortable en Espagne, mais quitter son cher Montmartre, où ses filles croisaient régulièrement Kandinsky, un jeune peintre espagnol prometteur, et Fréhel, ses deux cabots minuscules dans les bras, et qui offraient des « grenadines » aux gosses du quartier, lui avait semblé un sacrifice beaucoup trop difficile.

    Dans leur petit appartement de la « Butte » on lisait le journal avec les voisins, les uns « l'Action Française », les autres « l'Humanité ». La politique était une chose importante ainsi que l'engagement pour la collectivité, considéré comme allant de soi.

    Un temps il fût tenté par « le Sillon » de Marc Sangnier, et son utopie rurale, son beau-fils, mon grand-père, s'en souviendra quand il proposera de mettre en place, pour voir, pour essayer, un système collectiviste agraire pour résoudre le problème de la pauvreté en milieu rural dans son département, et lutter contre la désertification des campagnes.

     

    Charles était curieux de tout, par exemple bien qu'ayant des convictions très différentes des deux personnages, il avait lu Louis Blanc, son « Histoire de la Révolution », et Ernest Renan., principalement sa « Vie de Jésus », et ses conférences sur la nation. Il n'avait pas fait d'études pourtant, ce qui ne l'empêchait pas d'avoir une bibliothèque immense témoignant de son goût éclectique

     

    politique, société, nostalgie, histoireQuand il rentrait dans son petit village de la Somme, où il avait une petite maison carrée typique de la région, il faisait du théâtre avec « monsieur Éric ». a Paris il avait joué avec la troupe de Charles Dullin. Monsieur Éric, ainsi qu'on l'appelait, était l'instituteur, qui était une personne que l'on respectait infiniment car tout le monde lui était gré de son dévouement pour les enfants et de ce qu'il transmettait. A l'époque, nul besoin de grandes déclarations fracassantes sur la culture, l'accession à la culture pour les défavorisés, cela allait de soi pour la République de l'époque, y compris dans les tout petits villages.

    C'est grâce à lui qu'une des filles de Charles fut une des premières femmes à faire des études longues en France, sans pour autant qu'il ne se glorifie de quelques bonnes intentions idéologiques.

    Elle travaillait bien et était consciencieuse, quels inconvénients pouvait-il y voir ? Elle le méritait.

    « Monsieur Éric » également avait fait la « Grande Guerre », dans les tranchées, avec Charles ; c'était un « hussard noir » pur qui croyait qu'un jour grâce aux progrès de l'instruction l'humanité deviendrait enfin plus fraternelle et plus libre. « Monsieur Éric » écrivait de la poésie classique, sur les paysages de Picardie, sur la tragédie des « tranchées », il avait noirci de son écriture sûre et bien dessinée quelques cahiers d'écolier qu'il avait confié à son ami.

    Ce qui caractérise encore maintenant Charles et « monsieur Éric », ainsi que beaucoup de personnes de leur temps, c'est leur hauteur de vue morale. Là encore, quel vilain mot ais-je employé là ?

    Aujourd'hui la morale est niée, reniée, déniée, rejetée, car elle apparaît comme une contrainte insupportable aux désirs des « citoyens-consommateurs » de notre époque qui ne veulent aucun frein entre eux et la satisfaction de leurs pulsions de consommation des choses et des personnes, l'amour se consommant comme tout le reste.

    Ce n'est pas que Charles et « monsieur Éric » fussent des purotins, bien au contraire mais il ne faisait qu'obéir au précepte suivant :

    « Tout m'est permis mais tout ne m'est pas profitable ».

    politique, société, nostalgie, histoireCharles détestait pour cela, tout comme son ami, l'hypocrisie morale profonde de la bourgeoisie positiviste, se voulant de progrès, au pouvoir depuis 1871. Il avait vu aux premières loges pendant « la Commune » quelles conséquences cela avait pour les « petites gens » et les classes réputées « dangereuses », en particulier au « Mur des Fédérés ».

    Il en avait également conçu une méfiance très forte, transmise à tous ses descendants, envers toutes les idéologies, y compris les plus généreuses, leurs théoriciens n'hésitant pas à envoyer se faire tuer le peuple à leur place, ou à profiter de la situation opportunément pour prendre le pouvoir et le conserver à leur bénéfice exclusif sous prétexte d'utopie à venir.

    Charles et son camarade des tranchées auraient détesté voir foulés aux pieds en 2013 leur hauteur de vues, leurs idéaux généreux à tous les deux, et la culture, en particulier les Lettres aussi méprisées, le tout au nom du progrès. Quant aux bourgeois positivistes hypocrites qu'ils détestaient, ils les auraient reconnu, ils sont toujours au pouvoir même s'ils prétendent avoir changé...

    illustration de la rue des Cloÿs, prise sur le site "Paris XVIIIème"

    illustration sur Fréhel prise sur le blog "radio herbe tendre"

    illustration sur Ercheu, le petit village de la Somme en question prise sur le site "Ercheu info"

    illustration sur "le Mur des Fédérés", prise sur le site de Larousse

  • Du Traité de l'Elysée à la "Françallemagne" (TM°)...

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    La France et l'Allemagne, déjà plus ou moins la « Françallemagne » (TM°) ou plutôt l'« Allemafrance », célèbrent ces jours-ci l'anniversaire du « Traité de l'Élysée », signé entre Adenauer et De Gaulle, censé instaurer la paix définitivement entre nos deux pays.

    politique, histoire, allemagne, france, sociétéL'on ne peut que constater l'existence de la « Françallemagne » lorsque l'on voit l'empressement avec lequel François Hollande ou son prédécesseur se sont hâtés de donner des gages de bonne conduite à Angela Merkel.

    Cette paix réputée éternelle a été le prétexte depuis le début de la construction européenne du dé-tricotage méthodique et systématique de la plupart des systèmes de protection sociale des pays concernés, de leur cohésion nationale voire même de leur existence en tant que peuples ou nations.

    Cette paix réputée éternelle méconnait la nature humaine et l'histoire car qui peut dire que la guerre est évitée à jamais en Europe ?

    Ce que comme tout le monde je souhaiterais certes mais il conviendrait d'être juste un peu plus lucide car la paix entre les peuples ne se décide pas d'un trait de plume ou par la destruction des identités de chacun.

    Le symbole de ce couple franco-allemand que la plupart des observateurs trouvent « magnifique », « splendide », encore ce matin Alain Duhamel dans sa chronique sur « RTL », c'est bien entendu la photo du président François Mitterrand tenant la main du chancelier Helmut Kohl à Douaumont.

    Pour ma part, mais je suis un mauvais esprit, je trouve cette image parfaitement risible, un petit garçon tenant la main de son Papa sévère mais juste, le réprimandant à juste titre sur ses « groβes » bêtises passées, et surtout des plus hypocrites. La réconciliation entre les deux peuples s'est faite sans les élites qui eux la mette en avant pour protéger les intérêts des sacro-saints « marchés » et du pouvoir tout-économique.

    Et France et Allemagne font encore chambre à part.

    Car le couple n'existe ni sur la politique énergétique, ni diplomatiquement, et encore moins au plan de la coopération militaire, à l'exception d'une brigade-alibi ainsi qu'on nous l'avait annoncé à grands renforts de flonflons humanitaristes dégorgeant de bons sentiments il y a encore quelques années...

    Ceux qui ont détricoté la nation ont eu gain de cause, la plupart des français ne se sentent plus vraiment français, le patriotisme est devenu une notion très floue, voire carrément haïssable, le tout lié à un mépris certain vis à vis de nos ancêtres qui sont allés à la guerre en 1870, 1914 et 1939 non pas parce que c'était de pauvres bougres manipulés, et non par haine des allemands, mais par amour de leur pays et parce que c'était leur devoir, mot actuellement apparemment incompréhensible, les citoyens ne se reconnaissant que des droits.

    Nous parlons bien des français, car les allemands, eux, le sont restés, pratiquant par exemple un patriotisme économique de fait, « Mutti » Merkel a annoncé clairement la couleur à ce sujet, encourageant à privilégier les produits allemands. Ce dont je ne saurais la blâmer d'ailleurs, qu'un pays veuille se protéger n'est en rien une tare. On connait peu de pays qui mènent des politiques contraires à leurs intérêts, à l'exception il est vrai du nôtre.

    Il arrive même parfois que l'européiste le plus convaincu, le libéral le plus orthodoxe, la carapace craque et que l'amour de son pays soit quand même le plus fort, ainsi lors de cette épisode télévisuelle quand Giscard d'Estaing éclate presque en sanglots en voyant un défilé allemand dans les rues de Paris au moment du 14 Juillet, défilé lui rappelant de bien tristes souvenirs...

    Dans un couple disait Desproges, il y en a le plus souvent « un qui s'emmerde, un qui est malheureux ».

    Dans le couple franco-allemand, dont on nous vante les mérites du fait de leur cinquantième anniversaire de mariage, on ne sait pas trop lequel s'emmerde le plus, c'est à tour de rôle, les allemands qui ne veulent pas prêter aux européens paresseux du Sud, et que cela chagrine, les français qui voudraient bien que les allemands leur sauvent la mise sur le plan budgétaire, pour le plus malheureux ce n'est pas très difficile, ce sont le plus souvent les français qui souffrent de diverses inerties, paralysies, querelles picrocholines grotesques etc...

    politique,histoire,allemagne,france,sociétéQuoi que en ce moment, l'austérité budgétaire allemande, même si celle-ci a permis de diminuer considérablement les déficits publics, provoque un net ralentissement de la croissance économique ce que tous les économistes sérieux avaient prévu, et qui entraine une baisse conséquente du moral allemand.

    Ils sont les « bons élèves » de l'Union Européenne appliquant à la lettre les délirants critères budgétaires de convergence induits par le traité de Lisbonne mais finalement n'y gagnent pas grand-chose de plus à long terme, excepté conserver leur suprématie en Europe encore quelques temps. Ce n'est pas un idéologue marxiste, voire « bolchevik » qui le dit mais le bréviaire des fidèles libéraux, « la Tribune ».

    En France, nous qui sommes les « cancres », pleins de bonne volonté, de l'Union, on préfère continuer à s'étriper autour de querelles idéologiques d'un autre âge, des privilèges grands et minuscules des un et des autres, ou des fâcheries entre personnes.

    Ce qui nous mène lentement mais sûrement à notre marginalisation de l'Europe...

    La France et l'Allemagne par Tomi Ungerer, illustration prise ici

    photo de la poignée de mains Kohl-Mitterrand prise ici

  • Ce qu'il faut dire ou pas sur la Révolution Française - à propos de la reconnaissance tardive de Reynald Sécher

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    En débat sur Agoravox

    « Terminons en rappelant que la Bastille était quasiment vide lorsqu'une

    brassée d'excités la prit vaillamment d'assaut un jour d'été 1789.

    C'était la révolution des bourgeois.

    Ils sont toujours au pouvoir. »

    Pierre Desproges à l'article « Bastille » dans « le dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis »
    « … Les vraies révolutions sont lentes et elles ne sont jamais sanglantes. Le sang c’est toujours pour payer la hâte de quelques hommes… Pressés de jouer leur petit rôle. »

    Dans "Pauvre Bitos" de Jean Anouilh

    couverture du livre prise sur ce site

    Histoire, politique, société, vendée, religions, christianismeReynald Sécher, historien qui a travaillé sur les Guerres de Vendée, a reçu le quatorzième prix Combourg le 6 octobre 2012, prix qui distingue un écrivain qui honore la mémoire de François-René de Chateaubriand. Il a également reçu le prix des nouveaux droits de l'homme des mains de Pierre Bercis le 17 octobre.

    Son œuvre sur la question des « vendéens », qui va à contre-courant total de l'histoire de la Révolution, lui a valu un ostracisme sévère des institutions, des historiens plus dogmatiques et des commentateurs orthodoxes pour quoi la Révolution Française reste dans son ensemble un événement indépassable de l'histoire de l'Humanité ce qui en excuserait les dérives parfois sanglantes.

    Rappelons que la Révolution fût essentiellement une révolution bourgeoise, la prise de pouvoir d'une classe sociale montante depuis le « colbertisme », enrichie pour une bonne part par la « Traite » négrière pour ceux qui acquièrent tout au long du XVIIIème siècle des prétentions au gouvernement.

    Les « loges » maçonniques, les clubs de réflexion les plus influents, les officines politiques répandant les idées des « Lumières » étaient d'ailleurs à Bordeaux et Nantes, places principales de ce commerce honteux dont les dividendes financeront également les premiers pas du capitalisme en France.

    C'est Fernand Braudel, historien plutôt marxisant, qui souligne ces fait dans plusieurs de ses ouvrages, particulièrement dans « Civilisation, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècle. 2. Les jeux de l'échange » et « Identité de la France ».

    Il rappelle aussi que les premières mesures prises par les révolutionnaires furent la « Loi Le Chapelier », contre les corporations, mais aussi et surtout contre toute association ouvrière (loi qui ne fut abrogée complètement qu'en 1884 par la loi Waldeck-Rousseau, et les édits dits « de clôture », d'ailleurs, il faut le reconnaître, déjà débutés en 1770 par la Monarchie déclinante. Ces destructions des droits des petits paysans, qui se retrouvaient démunis par ces actes qui les appauvrissaient, furent à l'origine de l'exode rural vers les villes et de l'avènement d'un « lumpenprolétariat » exploité dans les usines et fabriques des nouveaux dirigeants.

    Paul Lafargue, historien marxiste, ne dit pas autre chose à ce lien.

    Beaucoup ne se satisfont pas de la reconnaissance tardive de monsieur Sécher, ne supportant pas que l'on remette en cause, même sur des faits précis et avérés les bienfaits révolutionnaires, certains sont plus subtils que d'autres.

    A lire les articles sur le sujet, on en vient à penser à la formule de Desproges évoquant ces penseurs qui font subir aux diptères communs des choses que la morale réprouve, jouant sur les mots par exemple en affirmant que le massacre des vendéens, après la « Vendée Militaire », qui dure en elle-même peu de temps, cinq mois en 1793, ensuite celle-ci est plus une guérilla, une guerre d'escarmouches menée principalement par Charrette après la désastreuse « Virée de Galerne » à laquelle il faut ajouter le comportement tout aussi désastreux des « émigrés » avec qui les « brigands », selon le terme officiel de l'époque, essayèrent de s'entendre .

    Les « Guerres de Vendée », longtemps confondues avec la Chouannerie, débutent par une insurrection concrètement populaire, Cathelineau et Stofflet les deux premiers chefs militaires de l'armée catholique et royale étant également issus du peuple et ne faisant que suivre après tout les articles divers des déclarations des Droits de l'Homme de 1793, particulièrement l'article 35 de la déclaration du 24 juin 1793 :

    « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

    Les vendéens se sont sentis bafoués dans leurs droits, essentiellement suite aux levées « en masse » de soldats, qui touchaient surtout les moins favorisés, ou de la « Constitution civile du clergé », ils n'ont fait qu'exercer ce droit sacré

    La décision de massacrer les vendéens qui se sont soulevés, en particulier par les « colonnes infernales » ou les noyades en masse de Carrier à Nantes, ou le massacre des Lucs-sur-Boulogne, (il y eut également des tanneries de peau humaine et des fours crématoires avant l'heure à Angers), est une décision murie et prise en pleine connaissance de cause par un état afin d'exterminer toute une population, suivant les conclusions du rapport de Barrère à la Convention, n'est pas à proprement parler un « génocide », mais plus exactement un « populicide » selon le terme employé par Gracchus Babeuf qui n'était pas exactement un auteur réactionnaire.

    En effet, plutôt que génocide, on aurait pu également tout aussi bien parler d'une « épuration ethnique ».

    Est-ce que les Guerres de Vendée remettent en question toutes les décisions et évènements de la Révolution ?

    Jacques Bainville (son point de vue à écouter à ce lien), historien pourtant d'« Action Française » le souligne lui-même :

    la Nation française a terminé de se construire pleinement suivant le processus commencé sous la Monarchie pendant la période révolutionnaire, entre autres à Valmy, bataille pendant laquelle un anonyme aurait crié « Vive la Nation ! » ce qui aurait galvanisé les troupes presque instantanément, et événement symbolique fort.

    Il rajoute également que la réforme de la justice d'Ancien Régime, sa rationalisation, qui sera parachevée par la naissance du Code Civil napoléonien, était de toutes façons inéluctable, indispensable, tout comme une organisation modernisée de l'État ou encore la réforme de l'Impôt égal devant laquelle les rois ont reculé, ce qui fût peut-être leur erreur et ce qui amena certainement la Révolution.

    Quand on essaie de repérer ceux qui se sont le plus opposés à un impôt plus équitable pour tous étaient les parlements des grandes villes des « provinces » du Royaume.

    Il est ironique de noter que la réforme de l'impôt proposé par Marchault d'Arnouville, et qui souleva un tollé, portait seulement sur l'imposition d'un vingtième des revenus, ce qui pour nous français contemporains qui sommes imposés d'un peu plus paraît maintenant anodin.

    Les souffrances subies par les vendéens ne peuvent être évacuées d'un revers de la main méprisant ou considérées comme des déviations finalement inévitables, elles montrent simplement ce qui arrive quand les porteurs d'idéaux, de belles idées, oublient que ce qui prime ce n'est pas leur idéologie, si généreuse soit-elle, mais l'humain.

  • Maurice Sachs ou la complexité incarnée

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    Maurice Sachs aussi sur Agoravox

    C'est la deuxième fois que j'évoque Maurice Sachs...

    La première fois ici

    Les êtres humains sont complexes, ils ne sont pas réductibles à des slogans, des généralités, empaquetés dans des schémas pré-mâchés, Maurice Sachs alias Maurice Ettinghausen en est une preuve flagrante lui qui avait fait du paradoxe un mode de vie, ce qui a fasciné et fascine encore Patrick Modiano qui en a fait son père idéal, et qu'il évoque dans « la place de l'Étoile ».

    littérature, histoire, société, âme, nostalgie, politiqueIl faisait partie des personnes humaines qui se situent en dehors de toute définition d'un comportement normé ou considéré comme normal, c'était un homme libre au sens exact du terme, et un pauvre type esclave de ses appétits, un écrivain an talent évident, et un dilettante trop paresseux pour épanouir ses dons.

    Quand il y songera enfin, en prison, il sera beaucoup trop tard.

    Il est de temps en temps de ces personnalités brillantes qui scandalisent les foules banales et suscitent l'envie de ceux qui affirment des opinions qu'ils s'imaginent libérées de toutes contraintes, alors qu'ils ne font que répéter des lieux communs à la mode, et qui prennent la pose de l'affranchissement des mœurs alors qu'au fond ils demeurent des petits bourgeois moutonniers et surtout soucieux du contenu de leur compte en banque et de celui du voisin qu'ils envient.

    Il était complètement indifférent à la rumeur publique, à l'image qu'il donnait de lui.

    C'était un de ces ogres, angoissés joyeux, qui veut tout, qui a soif de tout ce qu'il peut connaître, vivre, ressentir, sachant très bien qu'il n'aura pas assez d'une vie pour que rien de ce qui est humain ne lui soit étranger.

    Il avait de nombreuses ressemblances avec Dorian Gray, et Don Juan, se mesurant, se colletant sans cesse aux préjugés et à la morale commune, ou à la sottise de la foule imbécile. Il était proche de Lafcadio, le personnage principal des « Caves du Vatican », qui sait très bien que les actions humaines sont surtout marquées par l'agitation vaine, la vacuité, de nombreuses prétentions, et l'absence totale d'un sens quelconque.

    Il rappelle aussi par bien des égards ces aristocrates du verbe amoraux et au bord de l'abîme qu'étaient Drieu la Rochelle et Montherlant.

    Et comme Oscar Wilde, l'auteur de « le Portrait de Dorian Gray » cité ci-dessus, il ne savait pas « jusqu'où aller trop loin » croupissant à la fin de son existence dans une geôle atroce surtout pour cette raison.

    Il n'y a pas d'être humain qui soit tout noir ou tout blanc, ce que feignent de croire les thuriféraires des théories paresseuses qui réduisent l'Humanité à quelques lieux communs, ce qui est on s'en doute plus simple à comprendre, et plus confortable. Il est plus facile de rejeter le contradicteur, ou celui qui vit différemment en en faisant un monstre ou un pervers.

    Ce qui n'exclue pas l'existence de monstres ou de pervers au sein de l'humanité ceux-ci relevant souvent de la profonde banalité du Mal plus que d'une horreur extraordinaire et ponctuelle.

    Maurice Sachs a donc été successivement, en même temps parfois :

    Fils à maman trop gâté, puis délaissé, sa mère se remariant après que son mari ait quitté le domicile conjugal, juif, homosexuel, converti au protestantisme pour épouser une riche américain, menant la grande vie pendant les « années folles » dont il fût un des « faunes », ami de Cocteau, noceur, travailleur, joyeux, désespéré, riche, pauvre, animateur de radio célèbre aux États-Unis sur la NBC, trafiquant aimant sans complexes les biens de ce monde, antifasciste sur la « liste noire » des nazis.

    Il est de ceux qui soutiennent l'entrée en guerre des américains, puis « juif collabo », sachant ce qu'il fait en toute connaissance de cause, proposant ses services aux SS et à la Gestapo, menant une vie fastueuse en Allemagne, dont ses nouveaux maîtres finissent par se lasser car il multiplie les faux rapports et surtout les imprudences se comportant insolemment avec les nazis.

    Il est emprisonné dans un camp très dur, mis à l'isolement dans une cellule sombre et crasseuse, où il continuera à écrire, ce fut sa plus grande période de créativité, puis assassiné pour n'avoir pas dénoncé un père jésuite résistant, son corps ayant ensuite été peut-être livré aux chiens, ce dernier épisode étant plus ou moins sujet à caution.

    Il est né dans une famille totalement areligieuse et anticléricale pour finalement sur le tard avoir une certaine appétence pour la spiritualité comme tous les esprits ne se contentant pas de suivre les instincts grégaires des braves gens du « vulgum pecus » qui n'aiment pas « que l'on suive une autre route qu'eux ».

    littérature, histoire, société, âme, nostalgie, politiqueSon roman le plus connu, pour son parfum de soufre, est « le Sabbat », mais il écrivit aussi deux chroniques des « années folles », faisant passer la première « Au temps du bœuf sur le toit » pour autobiographique alors qu'il s'avère ainsi que le note un exégète de son œuvre dans la préface de « chronique joyeuse et scandaleuse » que c'est faux (Thomas Clerc dans l'édition « Libretto » de septembre2012).

    Non seulement, donc, comme individu, il échappe à toute tentative de définition restrictive mais aussi aux biographes et à ceux qui tenteraient une interprétation étriquée de son existence et de son œuvre.

    A notre époque d'hédonisme de masse, qui n'a rien à voir avec le véritable hédonisme qui est aussi une forme d'élévation, et de recherche intellectuelle, voire une ascèse, l'épicurisme au sens strict en étant une, Maurice Sachs, par ses tribulations amoureuses homosexuelles choque moins.

    En surface, car si l'homosexualité semble maintenant une orientation tolérée par le plus grand nombre, les personnes sont finalement toujours aussi grégaires, en particulier la bourgeoisie intellectuelle d'où était issue Maurice Sachs.

    Celle-ci a simplement troqué son hypocrisie foncière concernant la moralité par une liberté de façade. Et elle déteste toujours autant ces individus « hors-normes » priés de vivre dans leur communauté propre et seulement leur communauté, ce qui la maintient dans un confort intellectuel béat.

    Maurice Sachs ne se réduit pas à une seule de ses incarnations successives, il les était toutes, y compris les plus sombres, une autre différence entre lui et les autres personnes étant qu'il connaissait très bien l'existence de cette part d'ombre en lui tout en étant un « porteur de lumière », encore un paradoxe, et qu'il l'acceptait, se voyant tel qu'il était ce à quoi la plupart des gens se refuse, préférant se rêver, de plus en plus virtuellement en personnages de légende.

  • Devoir de mémoire - les harkis

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    J'ai reçu ceci ci-dessous...

    image prise ici
    Après avoir vu tous les drapeaux algériens à la Bastille j'ai pensé que ce devoir de mémoire était important.
    "DEVOIR DE MEMOIRE -  Hocine le combat d'une vie, voir vidéo ci-dessous, par croaclub

    1975-harkis-15A.jpg En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après 24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l¹époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l¹Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200 harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société française.

    Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler. 35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte.

    Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011.

    Anne Gromaire, Jean-Claude Honnorat

    Et pour compléter le documentaire, réécoutez sur SUD RADIO, « podcasts » l'émission du 8/11/11, de Karim Hacene, Enquêtes et Investigations, sur les harkis le camp de saint maurice l'ardoise Sur radio-alpes.net, Infos Générales - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13)

    Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi) "

     


    HOCINE Le Combat d'une vie par CROACLUB