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handicap

  • Les « invisibles » de la campagne présidentielle

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    Sur Agoravox aussi société,handicap,politique,présidentielles 2017,hypocrisie,eugénisme,darwinisme social,amaury watremez

     

    Des personnalités dont Gilbert Montagné, Dominique Farrugia, Philippe Crozon, Grand Corps Malade, ont lancé un appel aux candidats à la Présidentielle pour les interpeller sur l'absence de la question du handicap du débat public. Il me semble que ce n'est pas entièrement la faute des dits candidats si ce problème douloureux si ce problème grave n'est pas abordé mais celle de leurs communicants. Car en France en 2017, comme on dit en termes choisis, ce n'est pas « fédérateur ». Si de temps on pleurniche, on aime les grandes fêtes sur-affectives comme le « Téléthon », le handicap laisse concrètement indifférent.

     

    Au mieux.

     

    Comment pourrait-il en être autrement dans une société où la différence d'avec les standards physiques, moraux et intellectuels est vécue comme insupportable ? Où les personnes hors normes sont rejetés immanquablement ? Qu'elles soient hors normes d'un point de vue ou d'un autre...

     

    Apparemment dans notre société en 2017 beaucoup de choses sont faites pour les handicapés. En surface les progrès sont nombreux :

     

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  • Des enfants réellement particuliers

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    politique, société, handicap, hypocrisie, autisme, amaury watremezEmporté par ma verve caustique, j'ai dit dans un de mes billets de François Hollande qu'il était un « autiste satisfait » pour désigner son incapacité à se connecter aux français. Cela m'a valu un message de colère légitime d'un de mes lecteurs qui est autiste, me décrivant sa souffrance à l'être parfois mais aussi ce que cela lui a apporté en plus, il est musicien. Certains diront que l'on ne peut plus rien dire et que de temps en temps il faut bien accepter de se sentir blessé par l'expression de la dérision, être « Charlie ». Mais je trouve que lorsque celle-ci blesse des petits, des personnes souffrantes, elle est clairement hors de propos.

     

    Le public s'émeut en ce moment de « Miss Peregrine et les enfants particuliers » et leur univerrs sombre de Tim Burton en ce moment à l'affiche, une incontestable réussite cinématographique où le réalisateur réussit à caser des références aux films de la « Hammer » ou aux personnages en « stop motion » de Ray Harryhausen. Des gosses aux talents étranges sont protégés de la sottise de leurs presque semblables par une « nanny » très différente des autres. Si les spectateurs de cinéma s'attendrissent aussi à « Rain Man » et les lubies de Dustin Hoffman ou celles de Leonardo Di Caprio dans « Gilbert Grape ».

     

    Mais dans la vie ces enfants hors des normes, hors des standards, suscitent le plus souvent la méfiance des mêmes adultes et de leurs rejetons, au mieux l'indifférence, au pire le rejet clairement marqué sans trop de scrupules. Et si les parents des autres gosses aiment bien s'attendrir aux autistes géniaux ou pas ils n'en veulent pas dans la classe de leurs enfants. C'est d'ailleurs le cas pour les handicapés moteurs, c'est trognon à la télévision pendant le « Téléthon » (TM°) mais insupportable quand trop proche. On a le sentiment qu'ils seraient comme contagieux pour les autres enfants en quelque sorte.

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  • L'eugénisme déjà accepté, l'euthanasie déjà dans les moeurs

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    Ce qui m'effare particulièrement dans l'affaire Vincent Lambert c'est que contre toutes apparences ce n'est pas un sujet si « clivant » que cela tout le monde peu ou prou de la gauche à la droite étant d'accord pour affirmer que l'euthanasie est un mal nécessaire que les croyants seront bien obligés d'accepter un jour ou l'autre au nom de la compassion pour les malades, une compassion radicale mettant fin pour toujours à leurs souffrances physiques.

    eugenisme-200x194.jpg

    illustration ci-contre prise ici

    Et finalement l'eugénisme, une conséquence directe du darwinisme social à l’œuvre dans notre société libérale libertaire (ce qu'elle est malgré toutes les protestations des libéraux) est déjà accepté dans la plupart des cerveaux à quelques exceptions près, un rêve humide des nazis, et aussi de généticiens fous comme Lyssenko chez l'un ou l'autre « homme de fer ».

     

    Il s'agissait pour eux de créer un homme nouveau enfin libéré des contraintes matérielles, libre de choisir le moment de la naissance de ces enfants, de les programmer voire, libre de choisir la date de sa mort, quand il cesse d'être utile au système. Les bons esprits et bons apôtres de l'hyper-consumérisme ne font que suivre la voie toute tracée par les scientifiques des régimes totalitaires et surtout leur désir de faire naître un être humain tout neuf sans passé, sans histoire, sans le poids de la culture, de la morale, des valeurs universelles.

     

    Seulement voilà quand on fait l'apologie de l'euthanasie compassionnelle, de quelle compassion est-il question ? Dans le cas de Michael Schumacher, coureur automobile célèbre, riche, la question ne se pose même pas, il fallait tout faire pour qu'il sorte du coma. Il n'a jamais été question d'abréger ses souffrances qui ont pourtant dû être graves et difficilement supportables. En quoi mérite-t-il plus de vivre ? En quoi est-il plus utile ?

     

    Dans le cas de Vincent Lambert, les médias, une partie de sa famille, et le Conseil d’État aujourd'hui insistent, appuient avec insistance, Vincent en somme mérite plus de mourir. Car moins puissant ? Moins célèbre ? Moins riche ? Moins utile à la société à laquelle il occasionne des dépenses inutiles ? Cet eugénisme qui choque beaucoup quand on en parle au sujet du nazisme, y compris les maternités « aryenne »s, ne pose quasiment aucun problème à personne en 2014 où l'on veut choisir tout de son bébé, y compris son intelligence, son parcours, sa sensibilité, ses diplômes.

     

    L'eugénisme et le darwinisme social se perçoivent d'un bout à l'autre de la société, même dans les groupuscules LGBT où certains se targuent d'être tellement beaux, tellement à l'avant-garde assimilant leurs adversaires à des réacs dégénérés de fin de lignée, vaguement consanguins et endogames, et laids, on y rêve aussi de PMA, d'enfants produits et non plus conçus. On les trouve un peu partout ces deux travers, y compris dans des associations catholiques où les individus hors-normes, hors-standards sont systématiquement rejetés.

     

    illustration ci-contre prise là

    evolution_of_man.gifComme d'habitude, afin de faire passer une loi moralement indéfendable, l'on met en avant des cas bien précis de malades très souffrants, des cas bien lacrymaux, en insistant là encore bien lourdement sur le côté affectif, le contradicteur passant alors automatiquement pour un salopard. Je n'ai pour ma part que peu d'illusions les laudateurs de l'euthanasie ont presque gagné, presque...

     

    A ceux qui ne veulent d'un darwinisme social poussé à l’extrême de se réveiller enfin qu'ils soient de gauche ou de droite... 

  • A un tremblement près...

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    littérature, handicap, société, hypocrites, tremblement, handicapDepuis toujours, j'ai eu les mains qui tremblaient un petit peu, depuis que je suis tout petit je sucre les fraises, je bloblote comme un mouton gâteux. Je m'y suis habitué, je suis né comme ça. Quand j'étais petit, cela m'a rapidement appris, tout comme pour mon handicap à l’œil gauche, un peu paresseux, que le monde des grandes personnes, réputées bien à tort raisonnables, se divisaient en deux : celles pour qui c'était important, la grande majorité, et celles pour qui ce n'était qu'un détail qui ne me caractérisait en rien, une infime minorité bien entendu, je m'en suis vite aperçu.

     

    Comme j'étais un petit garçon rêveur et sage, souvent plongé dans les livres, certaines parmi ces grandes personnes s'en agaçaient et croyaient trouver une compensation, une consolation. Il est intelligent, il lit des bouquins que d'aucuns parmi les adultes n'ouvriraient jamais de leur vie, mais enfin bon, il a un œil bien faible, bien turbulent, et il tremble quand même beaucoup, ce qui doit bien vouloir dire quelque chose, qu'il est tellement bizarre, et peut-être même malade.

     

    Elles guettaient le moindre petit signe de débilité mentale ou d'infirmité que j'aurais pu montrer. Et elles finissaient par se relever, un peu de sueur perlant sur leurs fronts, la bouche pincée, n'ayant pas obtenu satisfaction.

     

    Les grandes personnes se rapprochaient alors un peu plus de mon visage, observant qui mon œil, qui mes mains agités de légers soubresauts avec une curiosité qu'il n'est pas difficile de qualifier de malsaine, comme avant les « freaks » que l'on allait regarder à la dérobée chez « Barnum and Baileys and sons » ou au cirque du quartier. Ils fronçaient un peu les sourcils en me voyant lire : comment un gosse peut-il trouver un quelconque plaisir à se plonger dans un « bouquin » !

     

    Pourquoi ne passe-t-il pas son temps à se bagarrer ?

     

    Plus tard, je suis moi-même devenu une de ces grandes personnes, il est vrai beaucoup moins raisonnable que les autres, idiot que j'étais, je n'ai jamais cru que les compromissions petites et grandes que toutes les autres acceptaient étaient obligatoires, qu'il était indispensable de « hurler avec la meute », ou d'accepter les iniquités du monde. Mon tremblement restait fondamental pour les autres grandes personnes autour de moi, elles ne voyaient même que ça, perdant avec l'âge le peu de lucidité qu'elles avaient parfois pendant l'enfance : ce tremblement à coup sûr ne pouvait signifier que deux ou trois choses ; il était alcoolique, en cachette, il se droguait sûrement, voire même il était sous médicaments du fait d'une maladie inavouable.

     

    J'ai longtemps cru que quelque chose n'allait pas en moi, que dans mon caractère, un défaut ou, je l'espérais, une qualité clochait. Alors que ce n'était que mon tremblement ou mon œil qu'ils voyaient, qui les gênaient, une différence aussi minime eût été normale dans un clan de primates, mais j'ai été longtemps convaincu, bien à tort, que la plupart de mes frères, et sœurs, humains disposaient d'une conscience qu'ils utilisaient régulièrement. Presque malgré moi, je continuais cependant à diviser l'humanité dans les deux mêmes groupes, m'apercevant à l'instar d'un sage que « là où il y a de l'homme il y a de l'hommerie ». Et beaucoup de sottise, qui est un des deux infinis comme tout le monde sait, ou pas.

     

    De rencontrer de temps en temps de vraies, belles et grandes âmes me rassuraient, un peu, et me rassurent toujours, m'encourageant dans mon scepticisme quasiment absolu de toutes les belles idées, bonnes intentions et déclarations mirobolantes dont les adultes se parent pour camoufler, croient-ils, leur égoïsme, leurs hypocrisies, les leurres qui leurs servent à justifier leurs appétits mortifères, de plus en plus à notre époque, en notre société de consumérisme universel, joyeux et festiviste.

     

    Pour se justifier de leur sécheresse de cœur, de leur bêtise, de leur dureté, les grandes personnes me disaient « hyper-sensible », « à fleur de peau », au mieux, sinon pour la plupart j'étais un petit con vaniteux, arrogant et caustique, cynique, qui étalait sa culture pour mieux écraser les autres. A chacun de ce genre de reproches, j'avais coutume, et j'ai encore coutume, d'opposer non pas des nuances raisonnables, cela m'encouragerait plutôt à rajouter quelques tambours et trompettes.

     

    Finalement, je me plains pas trop, je ne sombrerai pas dans le misérabilisme, ce que les grandes personnes appellent ma causticité, mon arrogance, mon « hyper-sensibilité » c'est juste au fond un peu de lucidité car j'ai perdu toutes mes illusions sur la nature humaine un peu plus tôt que les autres...


    L'homme à tête de chou par Pimpam

  • "Respect des différences mon cul" dit Zazie

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    handicap.pngOn n'a jamais autant parlé actuellement du respect des différences, il n'a jamais autant été question des personnes hors-normes, et après « Intouchables », c'est avec des sanglots hypocrites dans la voix (des larmes de crocodiles) que tous ont évoqué le sort douloureux des handicapés, mais dans les faits ce qui domine c'est l'apparence, d'abord l'apparence et encore l'apparence, l'ostentation sociale avec ses signes matériels quasiment obligatoires, et rien d'autres, et ce dans tous les milieux, malgré toutes les déclarations lénifiantes diverses et variées, dont celles fleurissant en statuts larmoyants sur les réseaux dits sociaux.

     

    J'en veux pour preuve ce que je vis quotidiennement depuis des années, car concernant les handicaps liés à l'apparence et aux standards physiques je cumule, sans parler de ma manière de percevoir l'existence, ce qui m'a blessé pendant des années car je croyais que c'était de ma faute et qui maintenant ne me touche plus vraiment.

     

    J'ai un « vitiligo » : un champignon parasite, une bactérie, ou une réaction violente à un traumatisme, on ne sait pas trop, mais progressivement ma mélanine disparaît et ainsi ma pigmentation de peau, ce qui se voit un peu plus l'été quand je bronze. J'ai l'œil gauche qui ne voit pas ce qui fait que quand je regarde quelqu'un en face, cela se perçoit autrement que pour les autres personnes. J'ai pesé, il y a trois ans, jusqu'à 155 kilos, et même si j'en ai perdu soixante, mon corps inspire plus envie que pitié, conservant des rondeurs voluptueuses ainsi que l'avait affirmé une amie. En plus je suis plutôt petit. J'ai également une légère difficulté pour marcher et un périmètre crânien important.

     

    Mais je te rassure ami lecteur, ce n'est pas encore suffisant pour que l'on puisse me montrer dans les foires...

     

    Le regard de la société et les blessures subies de par ce regard généralement sans bienveillance n'ont fait qu'exacerber ma sensibilité déjà grande aux sottises environnantes. Pour me protéger certainement, j'ai développé une tendance à la causticité, et à la misanthropie, devenant acerbe jusqu'à l'arrogance parfois. Et paradoxalement, tout ce temps, je m'en voulais d'être à la fois caustique et de paraître misanthrope étant persuadé que ce regard manquant de bienveillance me concernant était de ma faute, n'était dû qu'à ma trop grande sensibilité.

     

    J'ai compris somme toute depuis peu que ce qui gêne les autres chez moi, ce n'est pas tant ma personnalité que mon apparence et les quelques handicaps, légers mais suffisants pour me rejeter, dont je souffre. Combien de fois ais-je entendu alors que j'entre quelque part la conversation dévier sur les régimes, sur le sport ? Combien de fois m'a-t-on demandé si mon vitiligo était contagieux, si ce n'était pas le SIDA ? Combien de fois certains se sont émus de ma « grosse » tête ?

    Ayant compris cela, je me suis dit : « ce n'était que ça donc ? ».

     

    Et ce n'était que ça dans tous les milieux encore une fois, y compris ceux où l'on ne s'attendrait pas à rencontrer ce genre de réflexes de rejet...

     

     

    Voilà qui ne va pas améliorer ma tendance à l'ironie et à un léger cynisme, ou me convaincre de renoncer à ma totale absence d'illusions sur la somptueuse dégueulasserie, quand on le laisse se défouler, quand on le laisse sans obligations envers son prochain, quand on lui retirer ses idéaux, de l'esprit du pitoyable primate dit « homo sapiens ».


    Et au fond les plus handicapés ne sont pas  ceux que l'on croit...


    image excellente de Margerin prise ici

  • "Nationale 7" - un regard plus juste sur le handicap qu'"Intouchables"

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    Je n'irai pas voir "Intouchables", je lirai peut-être cependant le livre de Pozzo di Borgo dont il est occulté partout dans les médias qu'il est fervent catholique. Par contre, je recommande "Nationale 7" qui parle d'un handicapé qui n'est pas un émule des Bisounours dans le film sus-cité, un être humain quoi, avec ses failles.

    L'histoire du film

    voir ci-dessous la Bande-Annonce

  • Une société de voyeurs

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    En discussion sur Agoravox

    Nous sommes une société de scopophiles, de voyeurs qui adorent regarder, scruter, surtout ce qui ne va pas, chez l'autre. C'est pourquoi nous laissons notre quotidien être envahi par les caméras de browning_et_les_freaks.jpgsurveillance. Nous sommes des spectateurs du peep-show du monde actuel, fascinés par la destruction, la catastrophe, l'ordure, la violence, la haine. Les films hollywoodiens ou non formatés adorent montrer tout cela, comme ils rechignent à parler de sexe ou d'amour de manière un peu adulte et non comme une adolescente à peine pubère.

    Comme nous adorons aussi nous faire peur avec l'idée de notre propre destruction comme si nous étions finalement conscients d'aller à l'abîme à grands pas et joyeusement.

    Il n'y a plus de spectacles de monstres, il n'y a plus de cirques montrant des « phénomènes », mais nous mettons des petits myopathes sur une scène, en pleurnichant un peu pour nous donner bonne conscience mais c'est toujours « Barnum » en représentation avec ses « freaks ».

    C'est d'ailleurs paradoxal à notre époque hyper-normative qui favorise une hyper-standardisation d'être aussi attirés par la monstruosité et la difformité, à croire que beaucoup voit dans les handicapés un reflet de leurs âmes plutôt tourmentées.

    Et toujours avec le même manque de franchise et d'honnêteté quant aux motivations. On ne veut surtout pas parler de compassion ou d'humanité simplement.

    Pour s'excuser de notre curiosité malsaine, nous enrobons le tout de bons sentiments bien mièvres, de sensiblerie dégoûtante et frelatée, la même que l'on retrouve dans les publicités tellement « authentiques » pour de la purée en sachets ou du jambon sous vide. Cette sensiblerie, cette exaltation d'une fausse gentillesse geignarde et rose-bonbon, c'est notre justification de notre voyeurisme.

    On montre des petits africains qui souffrent de famine, des japonais tellement « dignes dans leur souffrance » selon la formule que l'on a entendu tout le temps, des jeunes arabes tellement courageux qui font la révolution par procuration pour les occidentaux endormis dans leur mauvaise graisse, leur choléstérol, leur anorexie ou leur boulimie, leurs névroses de riches et de bien-portants. On cherche un signe ou un sens à une catastrophe. On aime bien mettre en parallèle deux catastrophes, Fukushima et le 11 septembre, par exemple.

    Au bout du compte, c'est surtout que les catastrophes rassurent celui qui bénéficie d'un certain confort matériel, et souvent intellectuel. Il se dit alors qu'il y a plus malheureux que lui et apprécie d'autant mieux son aisance. Bien sûr, cela ne lui viendra pas à l'idée une seule seconde d'essayer de changer quoi que ce soit à l'iniquité fondamentale qui mène cette société.

    C'est forcément la fin du monde, on n'hésite pas à sombrer dans le millénarisme le plus délirant, comme croire que la planète va vraiment s'arrêter de tourner le 21 décembre 2012.

    C'est curieux de constater que notre époque qui se dit et se revendique amorale et a-religieuse croient en autant de choses aussi irrationnelles et tenant de la foi du charbonnier.

    Il faut dire que dans les magazines et même dans des journaux dits sérieux on n'a jamais vu autant de publicité pour différents horoscopes ou méthodes d'astrologie ou de divination.

    Si tant de personnes sont persuadés que le monde va crouler en même temps qu'eux, c'est a ussi par individualisme forcené, du fait du nombrilisme extrême tel qu'il se pratique de nos jours : « Si je meurs, c'est forcément le monde entier qui doit mourir en même temps que moi ».

    Cela tient aussi de la croyance qui veut que notre société de sur-consumérisme soit le nadir de la civilisation, une apogée, l'acmé de la pensée alors que nos descendants nous considèreront certainement, peut-être d'un oeil attendri, comme des barbares.

    On s'étonne qu'un petit garçon, (ou une petite fille), né avec un handicap qui se voit un peu, cela suffit pour provoquer la curiosité mal placée, devienne plus tard caustique voire cynique alors qu'il a pris l'habitude de diviser très tôt le monde en deux catégories : ceux qui ne s'arrêtent qu'à l'apparence, ceux qui vont plus loin.

    Photo ci-dessus et vidéo ci-dessous extraites de "Freaks" de Tod Browning (sur la photo on voit le réalisateur et ses acteurs, photo prise ici), le chef d'oeuvre s'interrogeant le mieux sur la "normalité" et la "différence".


    Freaks 1/4 par laingui

  • Ce handicap que personne ne veut voir

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    Hier, par faiblesse, ou par paresse, j'ai  regardé l'émission pas du tout racoleuse et encore moins cynique d'Ardisson. Comme toujours j'étais plus ou moins nauséeux, france_d__couvre_handicap.gifjusqu'à l'interview de Régine Salvat. Celle-ci, mère de Rémy qui écrivit en 2008 à Nicolas Sarkozy pour demander l'autorisation de l'euthanasie, enfant polyhandicapé, raconte les souffrances de son fils, les siennes, et surtout l'incompréhension totale de ses amis et relations. Un jour de grande lassitude, de colère, de révolte, elle a failli tuer son fils qui s'est finalement suicidé. Pour elle, comme pour son fils, la réponse était claire, il fallait autoriser l'euthanasie, je ne dirais rien sur cette réponse qu'ils voulaient apporter et n'émettraient aucun jugement de valeur là-dessus, du fait du martyr de cette mère et son garçon.

    Il apparaît cependant que cette histoire est symptomatique d'une grave question de notre époque et d'une constatation toute simple, mais terrible et terrifiante : dans notre société, les handicapés n'ont pas de place, ils sont considérés comme des poids morts, des bouches inutiles, des fardeaux. On aménage de temps en temps un « bateau » sur les trottoirs, une rampe d'accès dans les bus, qui fera râler les autres usagers des transports en commun (« Y n'ont qu'à prendre des bus adaptés, quoi ! »).

    Et je ne parle même pas des proches de personnes handicapées qui essaient de se confier, on ne veut surtout pas les écouter, et surtout pas les secourir ou les soutenir car le handicap fait terriblement peur.

    Il y en a qui n'osent pas le dire encore de manière trop franche, trop directe parce qu'il y a encore la comédie sociale du bon samaritain à jouer, il y a ceux qui assument comme ces gougnafiers qui se garent sans trop de scrupules sur les places handicapées en ville (faire trois mètres de plus pour poster une lettre, comme à la poste d'Évreux où les deux places handicapées sont toujours occupées, par des valides, c'est tellement fatigant il faut dire) ou qui empruntent dans les magasins les files des caisses dites prioritaires; J'en ai vu, hier au « Cora » de ma bonne ville, réclamer comme des boutures de miliciens qu'une dame visiblement ayant beaucoup de mal à marcher montre sa carte d'invalide ou d'allocataire de la COTOREP.

    Quand quelqu'un émet une objection à leur comportement, certains parmi eux ont trouvé la réponse qu'ils estiment imparables, on est forcément bien-pensant ou « bobo ». Il y aussi tous ceux pour qui l'handicapé n'est pas vraiment un être humain mais une victime programmée pour susciter la compassion hypocrite qui permet en pleurnichant de se débarrasser des questions plus gênantes que le handicap pose, une pauvre créature que l'on aime plaindre pour mieux se défausser de sa responsabilité ensuite. La réalité psychologique du handicap, et l'humanité des personnes qui le subissent, est très bien montrée dans un film mettant en vedette Olivier Gourmet qui joue un handicapé pas du tout présentable, râleur et imbuvable qui veut absolument faire l'amour une fois dans sa vie avec une femme (voir la bande-annonce par ici).

    L'Église Catholique en France, excepté quelques instances officielles et associations, est hélas encore souvent contaminée par l'esprit actuel. Il est très rare par exemple que les prêtres et les laïcs visitent les personnes handicapées isolées. Je me souviens aussi de ce jeune ecclésiastique, à Paray le Monial, suggérant que le handicap des personnes diminuées présentes à un grand rassemblement était dû à leurs péchés. Cela n'empêche pas les mêmes et le reste du troupeau de pleurer à chaudes larmes sur le sort des handicapés lors de grands rassemblement grégaires et affectifs comme par exemple le Téléthon où l'on exhibe quelques heures des petits myopathes en attendant de les ressortir de la naphtaline un an après.

    Je suis même sûr que l'on trouve dans le troupeau des pleureurs les jeunes péronnelles ou apprenties-pouffiasses dont parlent Alexandre Jollien dans son dernier livre qui se moquent effrontément de son état dans un bus.

    Mais le handicap le plus rejeté et le plus invisible, le moins compris, c'est le handicap mental ou psychologique. Il horrifie et terrifie encore un peu plus. On ne veut pas en entendre parler. Il est d'ailleurs terrible qu'alors qu'il y aurait besoin de beaucoup plus de structures, les établissements accueillant ces personnes handicapées soient de plus en plus négligés voire fermés.

    Texte également sur Agoravox

  • Le plouc et les handicapés

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    francais_moyen.jpgC'est toujours intéressant de prendre le bus, c'est souvent instructif pour voir de près la connerie humaine. Le plouc, le beauf, devant un chef, un représentant de l'autorité, quelqu'un qui a plus de fric, ou plus d'objets symboles de son ostentation sociale, s'écrase en somme, il s'aplatit et son obséquiosité est aussi grande que ses complexes, à savoir gigantesque. Par contre, quand il se trouve en face de plus faible que lui, ou de personnes qu'il considére comme plus faible, l'abruti s'en donne à coeur joie comme j'ai pu le constater ce matin dans le bus que je prend pour monter à la gare. Y montent aussi des jeunes handicapés du Centre d'Action par le Travail, deux jeunes hommes et une jeune fille dont le handicap est plus visible que les deux autres. Sous prétexte de blaguer, quand l'imbécile se moque d'autrui, c'est toujours censé être drôle, c'était un festival de lourdeurs détaillant l'un les "séductions" de la jeune fille, l'autre parlant de ses "conquêtes". On riait bruyamment, très grassement, et la pauvre ne savait plus trop comment se conduire. Les deux tourmenteurs ont bien sûr arrêtés, après avoir protesté et affirmé que c'était "pour rire", dés que les autres voyageurs leur aient demandé de calmer leur verve méchante et assassine. Deux grosses larmes coulaient sur les joues de la petite jeune fille.

    Ce sont les mêmes que l'on voit dans les files de supermarchés humilier les caissières, traiter les vendeurs de magasin plus bas que terre, gare à ceux qui sont sous leurs ordres, ils se rattrappent de leur lâcheté et leur obséquiosité sur les autres. C'est tellement plus confortable que de remettre en question ses certitudes. Bien sûr, pour invoquer leur droit à la moquerie, certains parlent d'incorrection politique alors que là ça n'a rien à voir, il ne s'agit que de minables qui se vengent sur plus petit.

  • "Où on va Papa ?" - de Jean-Louis Fournier

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    Fournier_JeanLouis.jpgJean-Louis Fournier était le complice de Desproges sur Cyclopède et quelques autres facéties dont le professeur Corbiniou qui passait dans "l'île aux enfants". Il est le père, en plus de ses deux fils handicapés, de la vache de télé la plus célèbre du PAf et je ne parle pas de Christine Bravo.  Actuellement, partout, que ce soit sur le net, à la télévision, à la radio, dans les journaux, on prône une norme physique et morale qui conduit à rejeter toute différence d'apparence. On est entre deux extrêmes, d'un côté une espèce de compassion vague, douce, qui fait que l'on considère ceux qui n'ont pas la bonne apparence comme des malades mais surtout pas comme des êtres humains, même quand c'est un philosophe de haut niveau comme Alexandre Jollien alors qu'il peut y avoir des handicapés cons, des pénibles, des emmerdeurs, des obsédés ; de l'autre, en fait les deux côtés se ressemblent beaucoup, l'indifférence totale. La majorité des gens ne supportent pas la différence physique, encore moins celle des handicapés, car c'est comme un miroir qu'on leur tend, miroir qui reflète leur laideur morale et intellectuelle.

    Comme Jean-Louis Fournier, j'ai toujours conchié, le mot n'est pas encore assez fort, ces manifestations de sensiblerie excessive envers les handicapés, de cette gentillesse extatique qui cache une sécheresse de coeur d'une aridité sans pareil, c'est empêcher les handicapés d'être humains. L'auteur de ce livre en parle quant à lui naturellement, sans affèterie, il a dû souffrir mais il a privilégié l'humanité de ses gosses. Dans tous lanoireaude3.jpgles articles concernant ce livre, on rappelle lourdement que ses fils étaient -ahlalala- lourdement handicapés et qu'il en a été lourdement malheureux. Ce qui est assez étonnant est que peu comprenne vraiment le second degré de ce livre, il y en a pour dire qu'il "rigole mais qu'en fait il a pas dû toujours rigoler". Pas possible.

    Ce midi, je regardais Stéphane Guillon sur Canal parler de réactions violentes après une chronique qu'il a écrite sur les jeux paralympiques très poussée dans la dérision. Les lettres d'injures venaient toutes de "valides", les lettres de remerciements d'handicapés. Les réactions des "valides" étaient des plus hypocrites car aucun n'a songé écrire autant pour demander à ce que les jeux paralympiques, où l'exploit est encore plus marqiant, soient mieux retransmis à la télévision, aussi bien que les jeux olympiques. Ce qui montre bien leur conception du handicap. Il y a aussi une chose importante dans ce livre, Jean-Louis Fournier aime ses fils tels qu'ils sont, sans se poser de questions. Or, trop souvent, les parents, les amis, les relations voudraient que ceux à qui ils offrent leur affection soient comme ci ou comme çà, posent des conditions à l'amour ou l'amitié alors qu'il ne doit pas y en avoir.

  • Un président pour chaque communauté

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    20070306sophroyalfauteuil.jpgHier, j'écoute à la radio une émission ayant pour invité Jean-Christophe Parisot, le nouveau préfet nommé, handicapé (un coup de pub médiatique pour le nabot), qui en vient à dire qu'il souhaite un président également handicapé pour la France dans son élan lyrique, et qu'il "espère qu'un jour çà arrivera". J'ai beaucoup de respect pour le handicap de ce monsieur et sa souffrance (il est myopathe), cependant, là il dit une connerie, (je sais je suis pas un type gentil), personnellement, je milite pour un président qui soit un petit gros. Sans rire, sur le handicap, comme sur toutes les autres différences, surtout les différences de louque et d'apparence, le point de vue est de toujours considèrer avant tout la différence et non la personne qu'il y a derrière, un gros n'est qu'un gros, un maigre n'est qu'un maigre, une jolie fille est conne et les filles moches sont toutes des intellos (alors que l'on peut être moche et con). De plus, on prend les handicapés pour des sortes d'anges désincarnés, sans cervelle, ni coeur, alors que ce sont des êtres humains et qu'il y a parmi eux des emmerdeurs, des imbéciles, des chieuses, des obsédés, des égoïstes, humains, quoi, je peux en témoigner, je pense à cette dame dans son fauteuil électrique, toute tordue par la paralysie mais qui était aussi une sacrée emmerdeuses de première. C'est comme pour Obama, on ne soutient pas un type parce qu'il est noir, ou blanc, ou rouge, ou jaune, gros, mince, handicapé, valide mais parce qu'il est compétent. Actuellement d'ailleurs, on supporte de moins en moins ceux qui ne sont pas comme  les autres, on se retrouve entre soi, par tribus, ceux qui ont la même apparence, les mêmes opinions, moi je trouve çà des plus ennuyeux.

    en cliquant sur le dessin (après que tu aies ri à gorge déployée), tu auras une surprise.