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  • Yannick Noah et la gentillesse « über alles »

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    Noah est encore un des personnages les plus en vue, les mieux considérés par les français, un peu plus encore alors que la gentillesse « über alles » en vogue de nos jours gagne quotidiennement du terrain, je parle de cette idée complètement frelatée de la gentillesse qui consiste en quelques clichés que l'on retrouve partour, d'une pub pour jambon sous vide à une chanson pour jeunes concernés. Je me souviens de la victoire de Noah en 1983 à Roland Garros, tout le monde l'adulait déjà en tant que sportif, ses dents « du bonheur », ses « dreadlocks ».

    7da8aa221a_photo.jpgLes tapeurs de djembé affalés en grappes à la sortie du métro le prenaient déjà comme idole et modèle :

    « Il était trop coool tu comprends, t'vois, avant les matchs, il fumait un gros pétard avec les joueurs, t'vois, ça c'est trop coool ».

    Certains mauvais esprits très très méchants lançaient sur lui de très mauvaises blagues témoignant de leur méchanceté presque certaine, comme par exemple celle qui demandait pourquoi Noah ne monte jamais au filet pendant les matchs.

    Il était déjà très gentil, très concerné lui aussi par le monde qui l'entoure tout comme sa maman, institutrice, que l'on sent parfaite elle aussi là-dessus et ayant depuis fort longtemps sa carte de chrétienne de gauche lectrice de Télérama.

    Et en germe en lui, on trouvait ce discours politiquement extrèmement gênant à n'en pas douter pour le pouvoir, les militaires et les puissances d'argent. Parce que dire que la mort, c'est pas bien, que la guerre c'est mal et que l'on est tous frères, ça gêne encore beaucoup de gens, n'est-ce pas ?

    Noah aime rendre service gràce à la bonne éducation de sa maman au développement durable, et au commerce équitable (Quoi ? L'« évasion » fiscale de Noah est en contradiction avec toutes ces belles paroles, vous avez trop mauvais esprit). Et alors que personne pourtant ne le lui demandait, tout seul, il a réécrit les paroles de « la Marseillaise », parce que « tu vois, la Marseillaise, les paroles, elles sont plus adaptées au XXIème siècle ».

    Jusque là, je serais presque d'accord, « la Marseillaise » n'est pas un beau chant, c'est même un chant très violent. Seulement, c'est quand même l'hymne national et quelques centaines de milliers de soldats sont morts en l'entendant pendant les guerres.

    J'aime beaucoup le refrain qui nous dit comme la nature est belle, comme Francis Lalanne, Noah aime beaucoup les arbres : « Aux arbres citoyens ! ». Puis il se fait historien et revient sur les travers de notre pays qu'il constate dans une des strophes que je cite ici :

    « Notre histoire prend l'eau

    Reste notre idéal

    "Faire les beaux" ».

    J'ai cherché ce qu'il entendait par faire le beau, était-ce se dresser sur les papattes arrière en attrapant un morceau de sucre avec les dents ? Ou bien était-ce se pavaner ? Car c'est mal pour un esprit aussi gentil que celui de Noah d'être fier d'au moins une partie de l'histoire ou de la culture de son pays, « c'est comme ça qu'on fait les guerres tu vois » comme il aime à répéter en interview, alors que l'on sait que ce qui fonde la nation ce n'est pas l'envie de faire la guerre aux voisins mais plutôt le désir de fraternité et de partager les mêmes valeurs, la même langue, le même territoire avec d'autres.

    Il dit aussi ces autres superbes vers dignes de Victor Hugo à Jersey :

    « Puisqu'il faut changer les choses

    Aux arbres citoyens !

    Il est grand temps qu'on propose

    Un monde pour demain ! ».

    C'est aussi positif et aussi gentil que les indignations proposées par Stéphane Hessel qu'il rejoint dans son combat pour la gentillesse « über alles ».

    Je propose quant à moi de mettre fin à l'évasion fiscale de ces privilégiés qui ne veulent pas partager leur magot avec les moins favorisés, pour qu'il serve à construire des écoles, des routes ou des hopitaux (enfin, ce à quoi l'argent des impôts devrait être idéalement employé).

    Ci-dessous « la Marseillaise » de Gainsbourg, que je préfère à celle de Noah, voir par ici le texte complet de sa fabuleuse version...