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garçons

  • Une rentrée de plus en plus chère pour des enfants de plus en plus cons

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    La pré-rentrée du Père Fouettard

    Article également sur Agoravox

    Sur la photo les mères font semblant de ne pas savoir, pour le photographe et la galerie, ce qu'elles veulent mais le gamin-tyranneau lui sait, il a pris sa décision...

    al02_1623666_1_px_501__w_ouestfrance_.jpgCet excellent slogan n'est pas de moi, je l'ai lu dans les marges de « Fluide Glacial » sous la plume de Lindingre. Il illustre le dessin d'un gosse obèse en train de bouffer de la « junk food » avec sur le dos des fringues de marques, le dernier modèle de portable de mes deux à la main. Les gamins pourris-gâtés sont devenus une cible privilégiée des pubeux, il n'y a pas plus malléable et plus grégaire. Pourtant ils n'ont pas de revenus mais les parents suivent tout le temps les désirs du petit merdeux chéri ou de la petite pisseuse adorée, et cèdent pour qu'il ait à la rentrée ce qu'il veut. Il suffit de regarder autour de soi dans un supermarché, de voir les mères à demie gênées quand même quand on observe un peu, hésiter faiblement entre la trousse sans la dernière héroïne de dessins animés débiles dessus et une trousse sans rien mais fonctionnelle et tout aussi convenable. On voit les mêmes à la télévision, expliquer que les parents qui cèdent, c'est toujours les autres, bien sûr, mais que, eux, le moins souvent possible, à savoir tout le temps.

    53582272ad6cdc0cdb2cf5b47f1b1f09.jpgUn téléphone cellulaire (je ne dirai pas téléphone portable, vocable qui en soi ne veut rien dire ou est une sorte de très beau pléonasme) devient un enjeu existentiel pour Kevin, petit blond à coupe mulet (qui revient hélas à la mode) et double menton naissant car il va un peu trop au « macdo » avec Papamaman, ou Sandrine, apprentie pétasse en devenir, avec frange et djinne slime, qui adore lire les aventures de vampires romantiques, malsains et névrosés dans « Toualaïte », tout un cycle écrit par une mormonne sociopathe (pléonasme là aussi). On voit se multiplier pourtant les reportages sur la cherté de la rentrée, le prix de la rentrée qui coûte très chère, sans que personne ne semble se demander pourquoi mais je crois que le slogan qui ouvre ce texte est parfaitement exact, c'est parce que les gosses sont de plus en plus cons. Alors certes, l'instinct grégaire des adolescents a toujours existé mais jamais avec cette ampleur qui font des supermarchés une allégorie du purgatoire, vingt caddies par caisse depuis quelques jours, des gamins réclamant sans cesse, des gamines prenant visiblement des participantes de télé-réalité comme modèles de comportement, des gamins mous l'œil vissé sur l'écran de leur gadget préféré, que Môman a sorti de l'emballage avant la caisse car le petit con ne pouvait pas attendre ne fût-ce que cinq minutes.

    Peut-être me traitera-t-on de vieux con pour ce billet ? Ce sera toujours plus facile que d'être ferme face aux chiards de l'hyper-consumérisme.

    ci-dessous deux spécimens de gosses consuméristes

  • Sur le net, on parle de plus en plus comme ma grand-mère

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    Je trouve que de plus en plus, que ce soit sur le Net ou dans la vie courante, les gens parlent comme ma grand-mère, et ça me casse vraiment les pieds.

    Et je reste poli.

    grandmere.jpgD'ailleurs, façon de parler, puisque qu'aucune de mes grands mères ne parlaient comme ça, de manière aussi poussiéreuse, employant des lieux communs aussi éculés, des préjugés aussi étroits. Que ce soit à gauche ou à droite, cela revient au même, on est dans la France de Louis-Philippe, de Guizot, à l'époque des grandes maisons avec des toutes petites pièces pour un ou deux tout juste. On réhabilite l'égoïsme, le confort intellectuel et le conformisme à droite. On aimerait bien revenir au bon vieux temps où les moins favorisés n'avaient le droit que de la fermer : il suffisait de les envoyer faire la guerre pour les calmer et les unir. A gauche, on veut revenir vers la « vraie » vie, le « Care », et les petits z-oiseaux, à droite aussi, on veut de l'authentique, des « vrais » gens, et une société simple « comme avant ». Comme si avant, la société était si simple et si douce que cela. On fantasme en même temps sur une modernité qui serait le parangon du progrès, le dernier gadget à la mode serait un pas de plus en avant vers le nirvana social en oubliant que l'on se rajoute ainsi plusieurs boulets aux pieds.

    Chez les catholiques, c'est un peu la même chose, il faudrait absolument s'ajuster à ce que propose la société, ce qui faciliterait la paix sociale, et puis il faudrait aussi tout accepter de l'institution ecclésiale. Et si ce que propose l'un et l'autre est nul et ne mène à rien ? Comment fait-on ? Que doit-on faire ? Ainsi, aux Etats Unis, dans certains groupes français, on apprend que l'on se doit d'obéir à la hiérarchie, car le patron ou le chef de service serait un peu le représentant du divin sur terre car c'est le divin qui le voudrait. Bêtise entendue dans une communauté nouvelle, et qui se diffuse de plus en plus dans le reste de la société. C'est comme le communautarisme, personne ne veut plus vivre avec ceux qui sont par trop différents.

    Ce n'est d'ailleurs pas un retour aux HLPSDNH (aux heures les plus sombres de notre histoire (TM)) mais un symptôme de l'hyper-consumérisme, on ne veut fréquenter que ceux qui consomment pareil: bouffe, morale ou ersatz de morale, couple, et religion, bien édulcorée, on ne garde que le sociétal. Ce n'est pas que je sois un grand fan du « vivrensemble » et tout le blabla mièvre qui va avec. Mais simplement rappeler qu'être français c'est accepter de reconnaître un même territoire et les mêmes valeurs (ou à peu près), avoir des droits, et des devoirs. Et que ce n'est pas comme au supermarché.

    C'est comme ça, sinon, autant déclarer de suite la mort de cette belle idée qu'est encore un tout petit peu la France.

  • La culture et les jeunes

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    222.jpgLa scène prend place sur une chaîne de la TNT pendant une émission djeuns pour djeuns qui parle de l'« actu de la culture », pour les djeuns : « Kult' Djeunz » que ça s'appellerait si ça existait ce genre de choses, ce qui serait encore trop beau.

    Un quadragénaire en habits de djeuns, lunettes noires sur le nez, djinn baggys, tennis, casquette est affalé sur un immense canapé rouge, à ses côtés un comparse plus jeune en ticheurte vert ultra-serré sur lequel est imprimé « 69 » sur le devant et « serial fucker » sur le dos. Chateaubriand fait son entrée en grande tenue, la tête un peu raide, le dos très droit. Il a sa canne à la main et ses gants.

    • Salut les kids, j'espère que ça va ou qwâ ? Aujourd'hui c'est notre nouveau pote Chateaubriand qui vient nous prendre la tetê avec ses mémoires, enfin lui il appelle ça ses mémoires. Trop un truc de ouf tu voâs ?

    • J'espère qu'on va pas se faire trop ièch, lance un deuxième animateur, c'est encore des trucs de vieux, de boloss ce truc.

    • Nannn, salut Cha', tu permets que j't'appelle comme ass passke François-René, je trouve que ça fait tarlouze. Wouarf, wouarf, wouarf, rigole-t-il.

    • Bonjour Monsieur, je vous prierai de prononcer mon prénom en entier. Sinon j'en serai fort marri.

    • Ouais, mais non, d'abord j'fais cke j'veux c'est mon émission !

    • Bien, je m'incline, le désir me prend de quitter ce lieu céans mais l'honneur convient que je reste.

    • Ouaaah, comment y parle, lui ! Enculé ! Sa mère ! Y se la joue trop, croit bon de rajouter le comparse de l'animateur.

    (Rires gras et rires débiles du public qui se met à faire « who oh oh oh »). Le comparse en vert leur montre son cul, explosion de joie du public qui ne se tient plus de bonheur extatique et grégaire. Les panneaux « applause » clignotent très rapidement.

    • Alors, Cha', keskon trouve dans ton bouquin, ça déchire ou quwâ ?

    • J'exprime mes sentiments sur ma famille, ma naissance qui fût de haute lignée et mon destin exceptionnel au regard de la médiocrité des autres hommes. Mon devoir est de raconter fidèlement ce que j'ai vu ou ce que j'ai entendu dire ; je ne dois rien inventer, mais aussi je ne dois rien omettre....

    • J'te coupe Cha' passke sinon les djeuns y vont décrocher tu voâs ? De qwâ ça parle ton truc, c'est qwâ le pitch comme y dit Ardisson ?

    • C'est la providence qui nous dirige, lorsqu'elle nous destine à jouer un rôle sur la scène du monde.

    • J'calcule rien, mon pote, tu pourrais être plus clair ? Tu fais l'amour avec des meufs, tu t'fais du pognon ou bien ?

    • O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu'elle n'est qu'un reflet de notre mémoire.

    • J'pige toujours que dalle, tu fumes ou quwâ ? Que le passé d'un homme est étroit et court, à côté du vaste présent des peuples et de leur avenir immense.

    • T'as maté les eins des meufs, mwâ, y'a que ça qui m'branche mon pote ! Le reste c'est des trucs d'intellos, ou de vieux ! Balance avec mépris le comparse en vert.

    • Si l'on vous donne un soufflet, rendez-en quatre, n'importe la joue, répond l'écrivain qui se lève et donne plusieurs coups de canne à l'animateur qui hurle comme un goret que l'on égorge

    • Sécurité ! Sécurité ! Braille-t-il. Il cherche ensuite à quatre pattes les débris de ses lunettes noires.

    Deux gros bras en costume se ruent sur Chateaubriand qui en maîtrise facilement un mais ne peut éviter les poings de l'autre, il s'écroule et les deux « gorilles » l'entraîne vers le fond de la scène sous les vivats du public en délire. Il hurle : « Ouais, foutez le dehors, il est trop chiant !! ».

    Et générique.

    Avec des citations exactes de Chateaubriand

  • Ais-je le genre de mon blog ?

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    Est-ce que j'ai le genre de mon écriture ?

    gd.jpgJe m'offre une petite récréation égocentrique, je vais parler de moi un petit peu. Hier, un des lecteurs de ce blog (il y a au moins celui-là écrit-il d'un clavier modeste avec un ton faussement humble) m'a dit, visiblement très étonné, qu'il « ne me connaissait pas plus que ça », mais que mes textes ne correspondent pas à l'impression que je donne au premier abord, ou à mon physique confortable.

    Il me percevait pas comme si incisif, si mordant.

    J'aurai pu lui rétorquer que les apparences sont parfois trompeuses. Mais quand on me fait remarquer mon incisivité, non seulement je ne me trouble pas, mais c'est un peu comme un accessit, ça me rend aussi euphorique qu'une remise de diplômes.

    Et quand on me trouve méchant, je rougis comme une collégienne. C'est l'extase.

    Une petite barrique faussement calme et paisible, bonhomme et tranquille, peut être ronchon, un petit tonneau peut être un atrabilaire, un misanthrope, sauf avec les enfants, qui ne sont pas encore « les petits tas de préjugés » que sont la plupart du temps les adultes même si ça leur vient très vite, un cynique, un type caustique, qui ne croit pas en grand-chose mais qui a beaucoup d'humour (de temps en temps un peu de pommade ne fait pas de mal...). Pour ceux qui me connaissent depuis plus longtemps, l'affaire est entendue, la seule chose qui me différencie du « Docteur House » c'est la canne, et aussi, peut-être, lui n'a pas les rondeurs voluptueuses dont je dispose, ni la même amplitude sphérique. D'autres me voient comme massif et vulnérable. La concordance entre le louque et ce qu'il y a dans la cervelle doit être standard. Une boule de suif dans mon genre doit alterner la bonne chère et les blagues un peu chargées en graisses saturées elles aussi, on n'attend pas de lui qu'il soit intelligent, encore moins qu'il soit sarcastique.

    Je pratiquai avec un ami aussi ample que moi un petit jeu afin de nous moquer du regard des imbéciles sur notre physique. Nous en rajoutions une bonne couche dans le côté beauf et « gros dégueulasse » (j'ai plutôt à l'esprit celui de Reiser), le but étant de les faire partir. Ce qu'ils finissaient par faire en prenant un air dégoûté, le nez pincé, dans le meilleur des cas, le pire étant ceux à qui ils prenaient l'envie de donner des conseils lénifiants sur l'apparence dont ils ont un tel souci qu'ils en oublient d'être eux-mêmes. Nous pouvions alors lire tranquillement sans les entendre répéter docilement les pubs pour le dernier gadget à la con à la mode ou supporter leur étonnement surjoué de voir deux bombonnes certes sympathiques se cultiver.

  • Simone Veil reçue à l'Académie

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    La dernière pensionnaire de l'hospice (sur le Ring)

    87275_une-veil2.jpg

    En 1922, André Jacob se marie avec Yvonne Steinmetz à Paris. Ils partent pour Nice en 1924. Simone Jacob, bientôt Veil, est la plus jeune d'une fratrie de quatre enfants, les trois autres étant Madeleine, Jean et Denise. Jean ne survivra pas à la guerre. Son père est architecte qui ne connait pas une grande réussite, et la mère s'occupe de ses enfants comme mère au foyer, puis devient nourrice au sortir de la crise économique des années 1930 qui les laisse sans le sou.

    En 1940, les enfants sont envoyés non loin de Carcassonne, où ils habiteront quelques temps chez un oncle et une tante. De retour à Nice, la famille subit les lois anti-juives de Vichy. Lorsque les nazis prennent le contrôle de la zone en remplacement des italiens, le danger devient de plus en plus tangible. Elle est arrêtée le 30 mars 1944, le lendemain de l'obtention de son bac, et est déportée à Ravensbrück après avoir fait un transit à Drancy. Son père et son frère déportés en Lituanie ne survivront pas. Elle poursuit après la guerre des études à la faculté de droit de Paris et à « Sciences-Po ».

    Qu'a écrit Simone Veil de remarquable pour mériter l'Académie ?

    Rien de comparable, philosophiquement ou littérairement, à l'oeuvre de son homonyme, à la vie beaucoup plus passionnante. Bien sûr, l'on ne peut qu'admirer son courage pendant la guerre, et après, il faut une capacité de volonté remarquable pour réussir pareillement après avoir subie de telles souffrance, et respecter les terribles souffrances qu'elle a enduré en déportation, et dont elle a été sauvée « in extremis » par l'arrivée des alliés, mais ensuite elle fait carrière, somme toute, et finit comme n'importe quel notable. Elle reste la femme politique la plus populaire auprès des français.

    Elle sort son autobiographie, « Une vie » en octobre 2007. Le livre se vend très bien sous nos cieux éclairés, il part à 550 000 exemplaires. Il obtient également le Prix des Lauriers Verts en 2009, ce qui est somme toute prophétique.

    Qu'a fait Simone Veil de remarquable ?

    Certains diront la loi sur l'IVG qui aura, selon eux, contribué à la libération des femmes qui maintenant peuvent choisir le moment de leur grossesse, d'aucuns pourront objecter que cette loi fait souvent de l'enfant une chose que l'on s'offre, et qu'elle favorise finalement l'eugénisme. Elle soutient Sarkozy en 2007 tout en émettant des réserves cependant sur la création d'un ministère de l'intégration et de l'immigration.

    A quoi sert l'Académie Française de toutes façons ?

    Pourquoi ce nom d'Académie Française ? « C'est la question que tout le monde se pose, sauf les académiciens français qui s'en foutent du moment

    qu'ils n'ont pas froid aux genoux... » comme l'explique Pierre Desproges dans un de ses réquisitoires, coincidence, celui contre Jean d'Ormesson qui réceptionne Simone Veil à l'Académie. Elle est invitée à y sièger par François Jacob et Maurice Druon en 2008, au fauteuil de Pierre Mesmer, il lui aura été difficile je suppose de faire l'éloge de ce politique qu'elle détestait, fauteuil occupé à l'origine par Jean Racine qui bien qu'excellent tragédien était aussi un lèche-cul de premier ordre.

    Cette institution ne sert strictement à rien, ou plutôt si, à offrir une retraite confortable et des activités enrichissantes culturellement aux seniors de la politique française, du monde des sciences ou de la littérature qui n'en ont jamais fini avec le dictionnaire, quarante papys verts « en habit de zorros » qui n'incitent pas toujours à la gérontophilie. A l'origine, il s'agissait de préserver la langue française et son influence, en privilégiant les jeunes talents ou ceux qui ne bénéficiaient pas de réseaux. C'était aussi le but du Goncourt, au départ, favoriser l'éclosion des jeunes talents. On ne peut pas dire pourtant, depuis quelques décennies, que les académiciens et les prix Goncourt soient des perdreaux de l'année.

    La suite sur le Ring

  • Fêtons la Saint Valentin avec Athanagore Wurlitzer

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  • Etes-vous un/e péripatéticien/ne ?

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    Ce n'est pas nouveau sur le Net, mais j'aime bien car je suis un sale phallocrate, onaniste de sacristie, et anarchiste de droite, encore en plus.

    wolin-sal.jpgUn gars : c’est un jeune homme
    Une garce : c’est une pute
    Un courtisan : c’est un proche du roi
    Une courtisane : c’est une pute
    Un coureur : c’est un joggeur
    Une coureuse : c’est une pute
    Un rouleur : c’est un cycliste
    Une roulure : c’est une pute
    Un professionnel : c’est un sportif de haut niveau
    Une professionnelle : c’est une pute
    Un homme sans moralité : c’est un politicien
    Une femme sans moralité : c’est une pute
    Un entraîneur : c’est un homme qui entraîne une équipe sportive
    Une entraîneuse : c’est une pute
    Un homme à femmes : c’est un séducteur
    Une femme à hommes : c’est une pute
    Un homme public : c’est un homme connu
    Une femme publique : c’est une pute
    Un homme facile : c’est un homme agréable à vivre
    Une femme facile : c’est une pute
    Un homme qui fait le trottoir : c’est un paveur
    Une femme qui fait le trottoir : c’est une pute
    Un péripatéticien : c’est un élève d’Aristote
    Une péripatéticienne : c’est une pute

  • Viens à la plage oublier les mauvaises vibrations

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    Une version de "I get around" par les "Red Hot Chili Peppers" pour oublier la vulgarité du temps présent, et les mauvaises vibrations...

    En parlant de bonnes vibrations, "Anna" de Pierre Korlanik est enfin sorti en dévédé aux éditions Montparnasse, alors, classieux ? Non ? P'tit gars ?

  • Deux ou trois perles sur l'astrologie

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    Un peu par hasard, je suis tombé là-dessus sur ce blog...

    astrologie.jpg"Des esprits chagrins du style "moi on ne me la fait pas", viennent me challenger sur mon propre blog. Vous me direz, c'est normal, c'est ça la discussion. C'est la preuve que l'astrologie dérange...

    Non, c'est parce que aucun astrologue ne sait donner les résultats du loto ou prévoir sa propre mort. Et l'astrologie ne dérange pas, on la trouve partout, y compris dans les cabinets de chasseurs de têtes, DRH et recruteurs, ce qui est un comble.

    Pourquoi cela dérange? je crois que le scepticisme est de bon ton. Si on est crédule, on a l'air idiot "ah, tu crois à ça, toi? ".

    Non, le scepticisme est plutôt mal perçu, notre société sombrant plutôt dans une sorte d'unanimisme béat qui lui est de bon aloi tout comme un relativisme du même genre, toutes les croyances se valent, n'importe quelle sottise est respectable si beaucoup y souscrivent, y compris les plus irrationnelles, y compris les pire contre-vérités.

    Si on est crédule, on croit effectivement à l'astrologie...

  • Le confident de ses dames – Torrents d’amour (entracte mais pas que…)

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    scanner_darkly.jpgProsper (appelons le comme ça pour son physique ample et confortable) était le confident de ses dames. C’était un gros garçon dont les traits fins apparaissaient quand même encore un peu sous la graisse accumulée sur son visage. Il avait les yeux rieurs, petits et un peu enfoncés, le regard moqueur même involontairement, lui se trouvait laid, sans charme ni personnalité, pourtant il avait beaucoup d’amitiés féminines sans pour autant être le garçon sensible et efféminé de service. Toujours caustique, un peu trop lucide sur lui-même, il allait toujours un peu trop souvent à l’auto flagellation ce qui est une forme aiguë d’orgueil. Sa capacité à tout tourner en dérision et ne rien prendre au sérieux était sa blessure et son fardeau. Cependant, toujours disponible, toujours à l’écoute, il les comprenait déjà très bien quand il était jeune, et elle l’aimait bien, comme un confident, rien d’autres, une copine avec de la barbe et des génitoires,  « un grand frère un peu incestueux » comme dans la chanson de Jean-Jacques Goldmann sur les femmes actives si malheureuses dans leur vie de couple. Prosper avait un secret, à chaque fois il tombait amoureux des femmes qui lui confiaient leurs secrets, leurs histoires, qui lui faisaient tellement confiance. Il les écoutait en les dévorant du regard, il avait envie d’elles. Un jour, il se prit à prendre la main d’une de ses amies, elle la retira immédiatement ainsi qu’elle l’eût fait avec une méduse. Elle dit : « Enfin, Prosper !… », puis elle lui donna une petite tape sur le dos de la main en lui disant : « Prosper, tu es drôle de petit bonhomme ».

    Elles ne le comprenaient que rarement car il était toujours discret et ne voulait pas imposer ses sentiments ou du moins faisaient-elles mine de ne pas s’en apercevoir. Il avait de la chance d’être ami avec elles mais il ne s’en rendait pas vraiment compte non plus tout le temps, c’était sa richesse mais il aurait voulu s’en séparer absolument. Il détestait sa faculté de comprendre les femmes, l’une d’elles lui avait dit : « Mais je ne veux pas être comprise, je veux être aimée » après qu’il se soit enhardi à lui avouer ses sentiments. Elle disait qu’il était « le garçon le plus gentil du monde » mais qu’elle ne pouvait tomber amoureuse. Elle lui avait d’abord dit qu’il était laid, puis plus tard, pleurant presque, elle lui avait dit qu’elle voulait rester dans son petit paradis, Prosper savait bien aménager les nids douillets pour deux, mais qu’il n’était pas pour elle, qu’elle n’était pas assez bonne. Il l’aimait pourtant mais elle, elle croyait encore au prince charmant sur son beau destrier, ce qui donne adapté au monde moderne, un type beau, intelligent mais pas de trop, gagnant très bien sa vie. Hélas, Prosper était un insatisfait chronique et avait beaucoup de mal à stabiliser sa situation, et il le savait bien, les femmes n’aiment pas vivre d’amour et d’eau fraîche, elles aiment bien le romantisme, mais quand celui-ci est confortable, excepté quelques rares exceptions, mais celles-ci trouvaient toujours chaussure à leur pied, ou le couvercle à leur pot, très rapidement.

    Avec le temps, Prosper avait gagné en sagesse, quand il tombait amoureux et qu’il savait que ses sentiments ne le mèneraient nulle part, il ne revoyait pas l’objet de ses pensées et se sevrait un peu brutalement mais efficacement. Il en restait un peu plus meurtri et vulnérable à chaque fois, et gagnait en causticité et dérision ce qu’il perdait bien malgré lui et innocence et espérance.

    scanner.jpgProsper décida qu’il était mieux seul, ou du moins seulement avec ceux qu’il aimait dans son premier cercle. Il se retira dans sa tanière au milieu de la ville, au milieu du tumulte, il se perdait dans la foule, dans la cohue. Il regardait les autres de haut, il ne voulait plus chercher à comprendre quoi que ce soit aux autres. C’était toujours tellement décevant, la nature humaine n’était jamais bien réjouissante se disait-il, tournée vers le mal, la méchanceté, la sottise, lui-même ne s’omettant pas du lot commun. Il ne ressentait plus rien, seuls les petits enfants trouvaient grâce à ses yeux. Bien sûr, il se faisait de l’enfance une idée fausse, celle-ci étant souvent une période cruelle et dure à vivre, et non et un paradis. Il retomba amoureux, mais ce fût exactement comme avant. Mais curieusement, il en tira plus de sagesse et décida de vivre en paix avec le monde et les autres, de ne plus se soucier autant de la vérité ou de l’authenticité en ce monde, parfois il vaut mieux ne pas tout dire. Il gardait sa cuirasse de dérision mais apprenait à la retirer de temps en temps, à s’exposer au regard de son entourage sans avoir la crainte d’en souffrir. Prosper se disait qu’il était presque heureux, plus serein du moins. La nuit, bien malgré lui, quand il travaillait, il se rappelait avec nostalgie de toutes celles qu’il avait aimé, il les aimait encore chacune avec la même intensité, il se disait qu’il déraisonnait, il s’obligeait à ne plus y songer mais regardant la rue silencieuse la nostalgie l’envahissait et fermant les yeux, il revivait tous les moments de douceur complice, de tendresse partagée sans en avoir conscience. Il voyait alors son reflet dans la vitre, il voyait ce gros garçon le regarder, son reflet décevant aussi, et il avait envie de ne plus rien ressentir.

    A suivre…

    Photos tirées de "A scanner darkly" de l'adaptation du roman de Philip K. Dick par Richard Linklater

  • Feuque Starbeuque !

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    Je sais, j'exagère, mais il fallait parler de ce sujet fondamental.

    chicago-fuckoff.jpgDepuis quelques temps, on voit se multiplier à Paris comme le mildiou sur les vignes les cafés « Starbeuque », à peine le temps de cligner des yeux qu'il y en a un qui sort du sol. Dans une ambiance fadasse et frelatée qui aux États Unis passe pour européenne, on y écoute du djazz izi listening, pas trop dissonant, on boit toutes sortes de cafés dont une bonne sœur ne voudrait pas, de la lavasse à peine colorée, un jus dont ma chaussette aurait honte. Quand les acteurs des séries ou des films amerloques boivent ça, on a presque l'impression que c'est bon. Dans les mains des adeptes grégaires de n'importe quelle nouveauté à la con, on voit de plus en plus de gobelets à cette enseigne, des trucs gélifiés pleins de bons colorants et de bons conservateurs, des machins glacés que l'on trouvait avant pour moins de trente centimes (des « mister freeze » quoi). Ils aiment ça selon l'idée que tout ce qui est nouveau est bel et bon et que de toutes façons on se doit de suivre le troupeau. Cela fait top-moderne et les filles ou les garçons qui vont là-dedans ont l'impression d'un coup d'être « un tout petit peu l'homme du XXème siècle » pour paraphraser Madame Mado, une copine. Ils se croient presque en couverture des magasines pipeaules à la mord-moi-le-noeud qu'ils lisent assidûment, même si quand tu les interroges ils prétendent tous se plonger dans Proust et ne regarder qu'Arte.Le Starbeuque café c'est aussi un non-lieu exportable, qui remplace progressivement, comme tous les autres non-lieux, tout ce qui pouvait avoir encore un reste d'identité dans une ville.

    Je suis aussi à la fois content que les vrais lieux, les endroits encore authentiques, ne soient pas si populaires n'aimant pas la foule, et triste car ce serait bien que la foule y aille, elle s'y perdrait moins.

  • Sale temps pour les minijupes ! La crise les rallonge !

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    diana-rigg-1967-avengers-1.jpgIl y a des sujets fondamentaux, importants, sans lesquels nous vivons beaucoup moins bien, des éléments de notre monde qui sont le socle de la civilisation, je veux bien sûr parler des mini-jupes, cette cause devrait être nationale et susciter un engagement de tout les instants. Alerté par un article d'un grand quotidien qui heureusement faisait son devoir, je me suis immédiatement senti obligé d'en faire part à toute la blogosphère : la crise favoriserait le retour à une certaine pudeur et rallongerait les jupes, ce qui coûte plus cher en tissu on notera, alors que pendant les époques prospères, les vêtements se font plus légers, et les jupes plus courtes, voire très courtes. On voit bien en passant que c'est un acte civique de mettre des mini-jupes mesdames, car ça coûte moins cher à la communauté. Bien sûr, quant à la fin du monokini sur les plages, je ne suis pas vraiment opposé là par contre, car bien souvent, je me croyais à  l'étal de mon charcutier, il faut bien dire que c'était souvent les plus moches qui commettaient là autant d'attentats contre l'esthétique, oui, l'esthétique messieurs, j'ose, et surtout contre la beauté. Et puis comme le disait une actrice qui a pourtant souvent montré son buste, Béatrice Dalle, "sur une plage entre quatre-vingt dix-neuf filles seins nus, et une qui porte une serviette ou un paréo cachant ses seins, on a plutôt envie de regarder la centième", ça se défend. Les obsédés me répondront quant à eux que tout est bon dans le cochon, mais cela ne me regarde pas.

    Comme maintenant, l'on a pris cette merveilleuse habitude de faire des lois pour tout, je demande solennellement par la présente que soit édicté un décret qui favorise l'expansion des mini-jupes, mais attention, pour les femmes disposant d'une paire de jolies jambes, les autres n'étant pas inquiètées de toute façon. Il est à préciser que la mini-jupe pétasse style kilt écossais tout petit sera bien évidemment proscrit, là c'est trop court, et surtout c'est vulgaire.

    Post-scriptum : J'y pense, mais le pantalon blanc transparent, laissant apparaître les deux faces de l'astre plus ou moins caché de nos compagnes devrait être interdit et puni d'une forte amende car c'est odieux, surtout quand l'astre est constellé de cratères et rejets volcaniques.

  • « Du sable dans le maillot de bain en lamé » - troisième épisode (bonus avant les vacances du blog)

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    Pour réfléchir, Steve décida d'aller chez le coiffeur. Il se dirigea d'un pas alerte et sûr vers le cabinet de capilliculture-biocosmétique tétrapîloctome de son ami Steven qui s'occupait des cheveux de toute la société progressiste et riche de San Francisco.

    - Bienvenue dit Steven de son ton le plus professionnel sous lequel perçait secrètement toute la chaleur de l'amitié qu'il portait à son ami architecte.

    L'endroit ressemblait un peu à un cabinet de dentiste high-tech, des jeunes hommes et des jeunes femmes tous coiffés de la même manière, touffe de plusieurs couleurs, tous habillés pareil, pantalons blancs transparents et débardeurs de même couleur, s'affairaient autour des fauteuils dans lesquels prenaient place les clients.

    A chaque fois que l'un d'eux s'asseyaient ils disaient d'un ton froid et monocorde qui avait été conseillé par un performer hollandais :

    - Fait beau mais ça durera pas, le fond de l'air est frais ; et répondaient : « Ah lala » à chaque fois qu'un client racontait ses malheurs.

    Un jeune homme fit le shampoing de Steve et lui remit un exemplaire du dernier livre de Jacques Derrida traduit en anglais, car dans le cabinet de Steven on ne lisait pas des magazines vulgaires, on continuait à se cultiver. Certaines mauvaises langues prétendaient que Derrida était un philosophe pour garçons-coiffeurs mais Steven était un biocosméticien de haute tenue.

    Cependant, Steve eût un peu peur quand il le vit s'approcher avec une tondeuse ronronnante. Steven le rassura tout de suite :

    - Ne t'inquiète pas, je compte te sculpter une néo-brosse (ou « new brush ») note du traducteur).

    Steve lui répondit :

    - Mais je ne suis pas inquiet Steven, je songeais au meurtre de ma tante qui était en fait mon oncle, et comme je ne peux me tordre de douleur sur le sol de ton cabinet je transfère ça en stress à la vue d'instruments familiers.

    Michael-Jackson.jpgEn regardant une photo au mur (voir ci-contre), Steve eût un choc terrible qui fit que la tondeuse décrivit un magnifique « Z » dans sa chevelure dont la couleur était mise en valeur par la superbe lumière dorée qui tombait des baies du cabinet qui donnaient sur le « Golden Gate » qui n'était qu'à deux kilomètres.

    En effet, Steve avait reconnu sa tante, ou faudrait-il dire son oncle.

    Son oncle.

    C'était Michael Jackson.

    Michael Jackson.

    Mais il était mort prétendaient les journaux.

    Prétendaient les journaux.

    (La répétition permet d'appuyer les effets dramatiques : note du traducteur)

    Steve dit : « Ma tante c'était Michael Jackson ».

    (Là je pense qu'on a bien compris : note du traducteur)

    Steven mit la main devant sa bouche, les peignes cessèrent de cliqueter avec les bracelets des garçons-coiffeurs, les tondeuses s'arrêtèrent et les bombes aérosols se turent, tout le monde retenait son souffle.

    À suivre...

    (Dans une semaine, je sais c'est sadique : note du traducteur)

    « The suspens ize unbearable »

  • Éteignez vos portables

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    J'ai envie de le dire vingt fois par jour, le pire étant les portables dans le train...

  • Les pornos softs de fin de soirée – la vengeance du retour de la cinéphilie honteuse

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    Non, ne proteste pas ami lecteur, mon semblable mon frère, et toi ami jeune qui découvre les mystères de la puberté, tu as déjà regardé ce genre de cochonneries sur M6, ou maintenant sur les chaînes de la TNT, en prétendant quand tu étais surpris par quelqu'un que tu tombais dessus par hasard. Souvent, c'est à prétention littéraire ou philosophique et assorti d'un scénario bien que j'hésite à appeler ainsi l'argument-prétexte qui permettra de relier les scènes de cul toutes ensemble car on est quand même là pour enquiller les moments où les acteurs exécuteront le simulacre de la reproduction. Entre deux, bien sûr, ils jouent à peu près tous comme des pieds ce qui fait largement retomber le semblant d'excitation ressenti peu avant. Les hommes comme les femmes y ont des boulots de bobos, des trucs dans l'informatique (on voit un des types tapoter n'importe quoi sur un ordinateur les sourcils froncés, on sait très bien qu'il a dû taper quelque chose comme « ?JKKUr$ » mais sur son écran apparaît toujours un pseudo cadre de traitement de textes très esthétique). L'un des deux hommes, ils travaillent à deux, a toujours des problèmes avec sa copine/sa femme/ sa fiancée (rayez la mention inutile) et s'en plaint. L'autre est toujours drôlement épanoui dans son couple y compris sur le plan sexuel et il donne des conseils pour se libérer à son ami (nous y voilà). Là, cut, (le filmage est aussi plat qu'un encéphalogramme de Christophe Maé), et on va dans l'appartement que le premier partage avec sa compagne, qui est ou toute nue ou pas loin de l'être. Dans ce genre de films, il faut savoir que l'on prend son petit déjeuner nu, que l'on vide le lave-vaisselle aussi complètement nu, idem pour regarder la télévision. Les voisins doivent être ou ravis ou scandalisés. Ou l'immeuble est interdit lui aussi aux moins de 16 ans. La jeune femme frustrée boit un verre de vin, tout en lisant une lettre, situation banale, et alors là une de ses amies proches, l'épouse du deuxième crétin cité plus haut, entre dans l'appartement, elle vient réconforter sa copine. Elles causent de chose et d'autres, l'une d'elles dit un truc du genre : « Tu aimes les pot-pourris à l'encens sur tes meubles ? ». Comme quoi, même les banalités ça aide à séduire visiblement, j'essaierai bien sur une cobaye pour voir : « Tu sais que des plantes vertes aident à aérer un appartement ? » pour voir l'effet.

    Et là toc, l'autre la caresse et c'est l'orgie sur fond de synthés sinistres. Car la musique de ces films, qui ne doivent pas coûter trop cher, est toujours au synthé, voire au Bontempi. Après cette scène, les deux jeunes femmes se quittent comme si elles venaient de faire une belote, et le mari de l'épouse frustrée rentre, il regarde intensément la femme de son ami qui sort de l'appartement et là pour bien souligner la tension séquesuelle, on nous remet un petit coup de synthé. La deuxième épouse rentre alors chez son époux drôlement libéré, et très ouvert d'esprit. Ils mangent des sushis, ou alors un wok et puis, comme ils ont une petite envie, re-synthé et re-scène de cul un peu partout dans le living-room Rocher-Bobois, ce qui tue l'ambiance c'est que ce couple très libéré semble avoir très mauvais goût en matière d'ameublement. On n'est toujours pas dans la sensualité joyeuse car finalement ce genre de films est quasiment janséniste, la tromperie est durement punie, les amants durement châtiés même si entre deux on nous a montré une scène d'orgie domestique. Rajoutons à cela le didactisme obligatoire de toutes les productions françaises quand on parle de sexualité : préservatif, la cigarette c'est pas bien (le méchant fume), le vin c'est bien mais en petites quantités, le sport c'est bien pour s'entretenir. Mais ce que je trouve finalement le plus drôle dans ces métrages qui ne sont ni pire ni meilleurs qu'un bouquin de Catherine Millet sur le plan du cul (du cul, du cul, du cul) ce sont les scènes où les personnages sont censés lire, on voit bien qu'ils n'ont pas ouvert un livre depuis des lustres et on sent bien leur soulagement quand il le repose à la fin de la scène. Parfois, bien sûr, grand classique, il y a un plombier/employé du gaz/facteur qui vient porter une lettre, vérifier les compteurs chez les « héros » du film, et bien sûr, il finit toujours par se déloquer après avoir dit un truc très excitant comme : « Ah, oui, mmm, je constate que votre consommation de jour est plus importante que la nuit, petite coquine », ou, « Mmmm, voilà un recommandé, je vais vous le tamponner virilement ! »...etc.

    Au bout du compte, je déconseille ce genre de films, ça démoralise pour la semaine, les dépressifs mutins doivent adorer cependant.

    lady_chatterley_2.jpgRegardez plutôt le "Lady Chatterley" de Pascale Ferran

  • Les jeunes filles qui rêvent

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    28109.jpgDans le bus, dans la rue, on voit des jeunes filles en djin taille basse parfois quand elles sont seules, quand elles ne se sentent pas observées ou qu'elles s'en fichent soudain, remonter ce vêtement sur leur taille comme si elles étaient soudain gênées de la naissance de leur chute de reins qu'il laisse apparaître, qu'elles comprenaient que la mode c'est vraiment con. Ou bien à cacher leurs formes, serrées par un pantalon ultra-collant style 80's, par un pull ou autre chose (rien de pire que le pantalon blanc transparent, rien de moins séduisant finalement). Comme si finalement ce besoin compulsif de plaire à tout prix, même de manière hyper-primaire, elle le ressentait très négativement (car dans la pub, une fille ça doit plaire, avoir un postérieur tentateur et un buste chasse-neige qui attire les regards et tant pis si on la prend pour une fille facile). Cela s'accroît de plus en plus, de pire en pire, avec les émissions de « côtching » stupide imposant aux jeunes esprits des stéréotypes de plus en plus débiles, sans parler de tous ces « talk shows » et trucs pseudo-réels mettant en scène grossièrement la vie de couple ou la pervertissant.

    C'est un moment émouvant où les filles, et les femmes, sont toujours belles, ce moment où leurs gestes sont complètement naturelles et non dictés par la mode ou les conventions, quand elles relèvent leurs cheveux par exemple.

    *

    Derrière les yeux noirs des filles de quinze ans, il n'y'a pas forcément de mystère.

    *

    Et puis quand les copines réapparaissent, la pudeur est obligée de s'envoler, on essaie des attitudes, un pied sur l'autre, les deux pouces négligemment glissés dans les poches du pantalon, l'air blasé comme si à quatorze ans ou dix-sept on en avait déjà beaucoup vu du monde, comme si on en savait déjà beaucoup trop. C'est le cas pour certaines, quand il arrive que le nouveau copain de Maman s'avère être aussi un amateur de tendrons et de chair fraîche ou qu'elle doive descendre plus avant dans les cercles de l'enfer domestique qui va jusqu'aux abîmes. On voudrait se faire passer pour une séductrice, une femme mystérieuse, presque fatale, on n'aime pas être comme les potiches des clips de « R'n'B » mais finalement on assume quand même car on croit que c'est obligatoire.

    9_WEB_ToKillAMockingbird.jpgOn ne peut jamais juger. Une petite qui a l'air affranchie peut se révéler encore une enfant totalement innocente rêvant au grand Amour n'osant pas croire que cela puisse lui arriver. Celles-là, derrière leurs yeux noirs, elles ont de temps à autres le regard perdu, les yeux noyés par un chagrin inconsolable et pour ne pas désespérer se mettent en ménage avec un copain de classe quand les parents ne veulent plus d'elles dix-huit ans passés « paske bientôt y 'a plus les allocs ».

    *

    Pourquoi sont-elles si émouvantes ?

    *

    On a envie de les consoler ces jeunes filles presque perdues, de leur dire que leur beauté vaut plus que la conception qu'en a la société actuelle : de la viande à l'étal. On aimerait qu'elles continuent à rêver et non à devoir mettre les pieds dans la réalité de temps en temps sordide. Elles ont des stratagèmes pour vivre comme les autres quand elles vivent sous une dictature ou la férule de crétins barbus ou imberbes qui n'hésiteraient pas à annihiler toute trace de féminité s'ils le pouvaient, comme Marjane Satrapi ou cette jeune fille palestinienne obligée de se voiler qui profitait des cours de français au centre culturel de Jérusalem pour flirtouiller.

  • Adjani et moi

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    1523.jpgIl ne faudrait pas que je le dise car c'est un secret, mais entre Isabelle Adjani et moi, c'est une grande passion qui a commencée quand je l'ai vue dans "l'École des femmes" annoncer que "le petit chat était mort" il y a de cela quelques années. On la voyait à la télévision parler de ses études, et de son travail comme actrice alors qu'elle débutait. Ensuite, il y a eu "la Gifle" multidiffusée sur TF1 (avec le cadre qui annonçait le grand film du dimanche et sa musique tonitruante). Je comprenais qu'elle soit fâchée contre son père qui était vraiment trop injuste, je compatissais, mais je ne le comprenais pas du tout car son copain c'était Francis Perrin. c'est la première fois qu'Isabelle m'a déçue. Non, quand même, franchement, elle exagérait. Elle a tourné dans différents films dont "l'Histoire d'Adèle H." qui fait d'elle une morte vivante. Le trouble ressenti, bien vague au départ, a fini par se préciser quand elle a tourné "l'été meurtrier". C'était l'époque de l'album des chansons avec Gainsbourg qui, comme la plupart du temps avec les actrices, ne s'était pas foulé pour les rimes et les allitérations. Derrière ses yeux bleu d'eau de javel, il y avait comme un mystère. Et puis là encore, une autre déception, elle a tourné avec l'hystérique Zulavski un truc plus ou moins fantastique, mais un peu trop forcé, elle coupait un bras à son amant avec un couteau électrique de cuisine, le même qu'il y avait dans la cuisine de mes parents. J'étais content qu'ils l'utilisent pas, j'avais limite la trouille. Heureusement qu'il y eut alors "Mortelle Randonnée" et "les Soeurs Brönte".

    Isabelle+Adjani.jpgOnt suivi le pitoyable "Ishtar" avec Warren Beatty et Dustin Hoffman (arriver à rendre ce dernier mauvais, fallait vraiment que le réalisateur soit nul) et le boursouflé "Camille Claudel". Quand elle reçoit le césar pour ce rôle, elle lit quelques extraits des "Versets Sataniques" pour emmerder les mollahs criminels qui avaient condamné l'écrivain pour un livre qui était plus dans la lignée des "mille et une nuits" ou Omar Khayam que dans celle des brûlots anti-religieux. Maintenant que les médias occidentaux et les politiques laissent croire que le Grand Satan c'est Benoît XVI, je me demande comment on en parlerait si elle le faisait maintenant. J'ai bien aimé aussi quand elle est allée en Algérie pour aider les opposants au FIS (Front Islamique du Salut). Et puis je l'ai un peu perdue de vue après "la Reine Margot". Un peu comme ces photos qui inspirent une certaine nostalgie mais sans le désir de revenir particulièrement en arrière. Et là, quand je l'ai revue dans "la Journée de la jupe", c'est comme si tout recommençait entre nous. Hier, je me suis infligé le show cire-pompes à paillettes de Canal + pour elle, "le Grand journal", et comme les jeunes acteurs autour d'elle, j'avais pour sa personne les yeux de Chimène.

  • L'air d'un «pas grand-chose»

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    17%20REMBRANDT%201638%20AUTOPORTRAIT%20AVEC%20SASKIA%20OU.jpgQuand j'étais au Proche-Orient, il y avait à la bibliothèque du Centre Culturel Français de Jérusalem un étudiant qui préparait une thèse et ne fichait donc que rarement les pieds en dehors de cet endroit. Pourtant, peut-être était-ce pour compenser, peut-être était-ce par orgueil ou un complexe d'infériorité, on se sait pas trop, il jouait les aventuriers avec toute oreille compatissante qui voulait bien l'entendre. Pour que la mystification fonctionne bien, il s'habillait en baroudeur : chéchia, chapeau de baroudeur, lunettes d'aventurier et habits kakis et couleur sable. Comme il avait plutôt une bonne petite tête de jouvenceau, les naïfs et naïves le croyaient et gobaient ses dires. Par contre, un ami d'un gabarit confortable comme le mien, et moi-même, quand nous commencions à parler de nos escapades, on souriait avec commisération devant ces deux bons vivants qui ne devaient pas sortir beaucoup et exagéraient sans doute un saut de puce ou un autre. Ce n'était pas possible qu'un petit gros et un grand costaud voyagent, qu'ils voient du pays sans se soucier de leur confort. Et s'ils s'étaient pris en photo devant le soleil couchant sur fond de dunes, personne ne les aurait cru. Très important cette photo, il en est qui en ramenèrent bien 700 voire plus de leur séjour entre Israël et la Palestine.

    Quand je suis rentré, on préférait aussi écouter sur toutes les questions relatives aux problèmes de la région un bouffi mais d'orgueil qui avait passé quinze jours dans le coin, dont sept au « King's David » de Jérusalem, impressionnant le troupeau par le fric et quelques colifichets qu'il avait obtenu par l'obséquiosité et le cirage de pompes de quelque trou-du-cul pompeux vaguement intellectuel. Sans oublier bien sûr les diplômes prouvant sa docilité à gober n'importe quelle sottise idéologique. Cela dit, je ne conteste pas la valeur du travail effectué mais parfois il faut remettre les choses à leur juste place et dans leur juste proportion. C'est un peu pareil sur la lecture, le goût de la belle musique, de l'art. On n'écoute pas celui qui n'a pas un morceau de papier qui fait de sa culture une culture estampillée convenable, ou simplement un peu plus de pognon que la moyenne ce qui impressionne toujours le commun pour qui c'est cela le plus Quentin_La_Tour_autoportrait_small.JPGimportant. La culture n'est là que pour mettre en valeur les prétentions de celui qui l'étale ou celles de celui qui écoute, qui s'en fout de s'enrichir intellectuellement, ne songeant qu'à l'image qu'il donne de lui, image qu'il obsède, celui-ci ne comprendra jamais qu'il serait plus simple qu'il soit simplement vrai dans son attitude et se comporte tel qu'il (elle) est. On remarquera toujours que quand on considère une personne telle qu'elle est, elle n'aime pas, elle préfère qu'on l'aime pour son personnage.

    Plus tard, je me suis présenté devant un « côtche » boulot (censé aider à trouver plus facilement du boulot) qui émit de suite un doute sur mon CV, pour lui ce n'était pas possible, je n'étais pas allé à l'étranger pour y vivre, n'avait pas participé à différentes associations musicales à l'université. C'est terrible, il faut avoir l'air de sa vie pour être considéré vraiment, l'apparence étant le plus important, tout comme les stéréotypes. Dans ces cas-là, pour éviter de me torturer, je prend l'air de rien, je fais comme si je n'entendais pas. Ou alors, à une époque, j'en rajoutais sciemment dans le côté gros lard marrant et un peu plouc, c'est tellement bon d'en remettre une couche alors pour ridiculiser le stéréotype, le couler définitivement, mais il a la vie dure, et s'enferme dans sa coquille plus profondément qu'un escargot dépressif. J'ai un ami, un géant barbu et confortable lui aussi, qui a fini par en souffrir, parce que brûlait au fond de lui un secret désespoir, une perle sombre d'angoisse, mais aussi un désir de reconnaissance pour autre chose que des blagues de fin de banquet, un désir également de romantisme car les êtres ainsi dotés d'une amplitude hors-normes ont besoin d'amour parfois un peu plus que d'autres, et sont capables de passion malgré leurs habits de Raminagrobis ou de Frère Tuck. Quand l'entourage le découvre, les amis, les amours, on prend peur, on entrevoit presque la noirceur du péché chez le coupable que l'on ne comprend plus car il ne correspond plus du tout à l'image fausse que l'on se faisait de lui.

    Deux autoportraits en illustrations : Rembrandt et Quentin de la Tour

  • Rencontrer les personnages des livres de son enfance

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    51XF1KK8EFL._SL500_AA240_.jpgOn cherche souvent des drames affreux, des mélos atroces derrière les situations, on s'imagine un secret terrible et puis quand on comprend, on se dit : "Ce n'était que ça finalement". Je vois cet homme, la quarantaine, qui parle désir, passion, amour, qui s'imagine vivre des sentiments comme un roman  pour finir par s'apercevoir que si il a tellement d'attirance pour une femme c'est parce qu'elle ressemble presque exactement à Claude du "Club des cinq" dans les illustrations des romans homonymes des années 70 par Jean Sidobre. On se disait qu'il y avait un secret avec les filles, on aurait bien rencontré des filles comme Claude, toujours à l'aventure avec son chien, garçon manqué mais féminine, casse-cou et coquette. Et toute cette comédie, c'était ça, réaliser son fantasme d'embrasser un personnage de fiction confondu avec une personne bien réelle. Ce que l'on sentait dans les illustrations, c'était comme un trouble diffus, quelque chose de caché mais mal, pas entièrement, et effectivement, Jean Sidobre illustrait aussi des albums "pour adultes" ce qui transparaissait dans ses dessins pour enfants, ce qui dans la décennie pré-cité ne choquait personne, bien au contraire à la rigueur. Il s'était dit en la rencontrant qu'il l'avait déjà vue quelque part, comme tout le monde le croit en tombant amoureux, et c'était dans un livre. Mais cela il le comprend bien plus tard...Trop tard.

  • Le lendemain de la journée de la femme

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    conseiller-bien-entoure.1173460775.JPGUne journée par an, on parle féminisme, égalité, travail domestique des hommes quand ils rentrent chez eux. On ne parle pas de galanterie car la galanterie c'est bourgeois et paternaliste, même si on râlera quand même en face d'un grossier personnage. Comme dirait l'autre : "mini-jupe, mini-robe, mais quand tu balances la louche, c'est police-secours, 'sont encore en crinoline dans leur tête" (sketch de Guy Bedos, célèbre humoriste des années 70). A lé télévision, on discute gravement et sagement des salaires des hommes et des femmes, de la difficulté pour les femmes de prendre un congé-maternité (qui va raccourcir d'ailleurs, parfois avec l'assentiment des femmes elles-mêmes). Il y a une "chienne de garde" ou deux qui parlent dans le poste pour dénoncer les machos et phallocrates supposés.

    Et puis le lendemain, les petites Shéhérazade de banlieue, les princesses bantoues, les Chimènes sauvages, se font toujours exciser, traiter de pute quand elles mettent une jupe, battre par le grand frère ou brûler vive par celui dont elles ne voulaient pas comme maris. Dans l'indifférence générale. Ou bien on trouve ça tellement cool et sympathique ces filles obligées de s'habiller et de se conduire comme des garçons violents, quand c'est dans "l'Esquive" par exemple ou "Entre les murs", ceux qui trouvent ça coool se scandaliseront ensuite des voiles que ces filles portent de plus en plus.

    jetaisunsalephallocratepl.jpgL'abruti de base trouve que c'est déshonorant pour sa virilité de s'occuper de ses enfants, de faire la vaisselle ou la cuisine (en fait il doute constamment non pas de sa masculinité mais plus prosaïquement encore de la fiabilité de son appendice caudal). On pourrait parler de la longue cohorte d'abrutis qui sur le Net déversent un flot de vulgarités ou de néanderthaleries sur les femmes ou leurs compagnes (de ceux qui craignant un regard trop appuyé sur leur copine resserrent l'étau du bras qu'ils passent autour du cou de leur compagne qu'ils voient surtout comme leur propriété). Et enfin, je déteste tout autant les féministes ou une certaine catégorie de réacs pour qui une femme ne doit surtout pas mettre en valeur sa féminité, montrer ses (jolies) jambes ou la naissance de sa gorge (comme on peut dire élégamment ou comme on disait avant : uh, uh, uh). De toutes façons, elles se ressemblent, de le cheftaine aux gros mollets, moustachue, souvent en jupe plissée bleue informe, au pilier du service d'ordre du MLF, gaulée comme un pot de mayonnaise mal rebouchée, souvent en poulovère (ou pull-ovaire : uh, uh, uh suis-je spirituel) à col roulé orange rouille ou gris muraille.

    La BD s'agrandit en cliquant dessus

  • Anatomie comparée des "geeks", "nerds" et autres bestioles psychotroniques

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    Y-a-t-il encore une culture "geek" ?

    A l'occasion de la sortie du film "Cyprien" d'Elie Semoun, aussi énergique qu'un épisode de Derrick un après-midi de déprime, que je n'irai pas voir, on a beaucoup parlé de la culture "geek". En se trompant d'ailleurs, Cyprien, d'après la bande annonce pas drôle, est un "nerd" plutôt.

    geek-poste1197411548r.jpgUn "geek", ou guique, peut réciter par coeur des trucs complètement inutiles comme toute la généalogie des souverains du royaume de la Terre du Milieu, il sait parler elfique, ce qui est indispensable comme chacun sait, et a des rudiments de klingon. Le guique joue en ligne de cinq à sept heures par jour à des jeux en réseau qui le transportent très loin de ce monde où la philosophie jedi est malheureusement méconnue. Le guique s'habille "vintage" et se nourrit essentiellement de junk food. Il aime bien le cinéma actuel, et finalement, c'est toute la culture "mainstream" qui devient guique, Michael Bay c'est de la série "B" guique gonflée aux hormones, jusque là "Le Seigneur des Anneaux" était un dessin (mal) animé, rotoscopé (un guique sait ce que ça veut dire), et la culture "geek" regroupait une sorte d'élite d'inadaptés qui s'en faisait une gloire. Le guique est plutôt un pessimiste qui préfère attendre l'Apocalypse en bouffant des chips devant une énième rediffusion de "Galactica" ou "Cosmos 1999" et ses monstres psychédéliques ("Commandant Koenig, cette fleur verte et mauve géante essaie de communiquer, comment faire ?"). Il faut dire que la fin du monde a souvent eu lieu dans les films ou séries qu'il regarde, il a donc l'habitude.

    Nerd%20Kit_jpg.jpgUn "nerd", ou neurde, c'est encore différent. Le neurde est persuadé que tout le monde sait écrire des lignes de programme html, ou des logscripts java (le neurde lui sait ce que ça veut dire), c'est plutôt un matheux qui t'expliquera que "2001" de Kubrick trouve sa source dans une équation quelconque ou un algorithme. Le neurde sait réciter par coeur les 50 premières décimales de Pi et il connaît bien le fonctionnement des moteurs ioniques de l'"Enterprise" de "Star Trek", il peut même expliquer comment on pourrait faire fonctionner ça dans la réalité. c'est un neurde qui a voulu que les premiers téléphones cellulaires ressemblent aux communicateurs de son feuilleton préféré -Star Trek- (je m'habituerai jamais à appeler ça un téléphone portable ce qui est un superbe pléonasme que tout le monde répète constamment). Le neurde est un indécrottable optimiste qui pense que la technique résoudra tous les problèmes dans l'avenir, dés qu'il pourra se faire greffer une puce dans le cerveau, il le fera. Le neurde est un naïf. Il ressemble un peu au héros de "War Games" de John Badham. C'est un peu pénible bien sûr de faire passer le neurde pour le puceau boutonneux qu'il n'est pas toujours, il en est qui sont parfaitement intégrés à la société.

    flash-gordon_20080521_060540_intro.jpgLe guique et le neurde sont tous deux des grands gamins mal mûris, ils ne sont plus vraiment inadaptés car leurs feuilletons favoris et leurs films, leur sous-culture sont devenus la norme, surtout depuis "X-files". Le phénomène s'amplifie avec "Lost" ou des séries comme "Dexter". Je trouve bien plus amusant la culture psychotronique, qui conserve l'aspect un peu subversif et satirique que les cultures "geeks" et "nerds" ont perdu. Dans les films de SF psychotroniques on sait très bien que les vaisseaux spatiaux sont des maquettes, on sait très bien que les fourmis géantes qui attaquent le monde sont en carton pâte, que parfois les effets spéciaux sont nuls ou que ce sont des ficelles qui font parler les personnages des "Thunderbirds", ou que les "brushings" des personnages sont ridicules comme dans "Flash Gordon"johnwaters2.jpg années 80 ("Flash ! Ah ! Ah !"), mais ce n'est pas ça qui intéresse l'homme (ou la femme) de goût qu'est le spectateur psychotronique qui aime bien aussi les vieux robots des années 50 dans lesquels il voit tout de suite le côté transgressif qu'ignore le guique ou le neurde. C'est John Waters, entre autres, qui définirait le mieux ce que pourrait être la culture psychotronique, à savoir qu'il existe "un bon mauvais goût" dont "Rocky Horror picture show" fait partie et un "mauvais mauvais goût" dans lequel on pourrait classer "l'étrange histoire de Benjamin Bouton" ou tous les films français ayant pour héros des trentenaires qui ont peur de s'engager. Russ Meyer c'est du bon mauvais goût, John Waters, je ne sais pas trop (voir photo en bas à droite), ses premiers films sont à la limite de l'amateurisme car les films psychotroniques peuvent être des bons films. Joe Dante est un des meilleurs connaisseurs psychotroniques tout comme John Landis qui a réalisé un meuste dans le genre avec "Kentucky fried movie".

  • Enceinte à treize ans

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    1267688813_948b08666a.jpg?v=0Depuis quelques temps, le net s'agite autour de cette histoire d'une jeune fille qui aurait été mise enceinte par un de ses camarades. Il semblerait que ce soit peut-être faux car l'"heureux géniteur" n'est même pas pubère. Ce qui a l'air de choquer les commentateurs, ce n'est pas le fait que la jeune fille ait vu le loup avant l'heure, ni même que ce soit plus ou moins dans une famille "tuyau de poèle" ou groseille, ce qui choque c'est qu'elle soit enceinte et qu'il apparaît qu'elle veuille garder le bébé (elle est certainement trop jeune pour l'éduquer mais il y a certainement des solutions à inventer). Comme si c'était devenu ça le tabou ultime, avoir un bébé. D'une jeune fille ou une jeune femme enceinte, on lui dira : "Tu as raté ta vie ! ". Certains parlent d'un retour à la femme-mère et poussent des cris d'orfraie au retour à l'ordre moral. Il ne s'agit pas du tout de ça en fait.

    Cela montre bien surtout que le bébé, l'être humain en général, est devenu une marchandise que l'on s'offre quand on en a les moyens, pour pouvoir lui acheter tous les objets socialement obligatoires comme le portable dernier cri, l'ordinateur, les vêtements de marque (les livres et autres biens culturels étant bien sûr complètement accessoires, comme le disait une mère d'élève entendue dans une librairie qui disait à sa fille : "Enfin, en 2009 on parle plus comme dans "le Cid", c'est dépassé tout ça". Le gosse est un bien de consommation dans lequel on investit à long terme afin qu'à son tour il devienne plus tard un esclave docile et polyvalent du système, sans se soucier une seconde du développement de son intelligence ou de sa conscience intellectuelle (j'ose à peine dire spirituelle), de son sens des responsabilités ou de son indépendance d'esprit.

    Post-scriptum : Cette histoire montre aussi que les jeunes de 2009 malgré l'immense liberté sexuelle dont ils sont censés disposer sont finalement aussi ignorants que leurs aînés de ces questions.

  • Panurge for ever

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    moutons_de_Panurge.jpgLe mouton existe depuis toute éternité dirait Vialatte, au moins depuis la création du monde, et on peut dire que ce n'est pas un charognard à l'absence de dents pointues que l'on peut constater dans sa gueule. Le troupeau de Panurge s'est agrandi depuis le XVIème siècle. Les prés où paissent les troupeaux ont fini par recouvrir le monde et les bergers se sont multipliés, chacun se disputant l'autorité du cheptel qui obéit selon ses caprices aux chiens de berger ou aux rapaces même qui les abusent. On donne l'illusion de se garder elles-mêmes à quelques têtes de bétail qui tentent vainement de ressembler aux loups ou aux aigles qui continuent de tournoyer en rond au-dessus, qu'elles ont plus de valeur en les montrant aux foires ou aux comices agricoles, mais quand la tonte arrive, tout le monde y passe. La tonte est très facile, les moutons y sont conditionnés dés leur plus jeune âge. Et quand il s'agit d'en cuire un ou deux, on choisit en premier les têtes de bétail les plus dociles qui s'en vantent jusqu'au four. Certaines poussent la folie jusqu'à s'y préparer Roubion1.jpgen se laissant engraisser. Le troupeau bêle souvent devant les trains qui passent, surtout devant les trains de luxe qui transportent les bêtes sélectionnées par le fermier et qui font son orgueil. Ces bêtes sélectionnées ont malgré tout une certaine autorité, quand l'une bouge les autres suivent, même quand il s'agit de se jeter du haut d'une falaise. Le fermier Panurge élève également des lemmings maintenant, des animaux qu'il vend pour sa fourrure et qui lui coûte un peu moins cher. Le lemming rêve de ressembler au mouton dont il a déjà l'instinct grégaire. Comme un curieux bipède qu'il aperçoit parfois en bas sur la plage quand il se prend son élan pour se jeter dans l'océan. L'homme se déplace également en troupeau, comme on peut le voir sur la photo en bas à droite qui montre un départ en vacances. Les troupeaux admirent tous leur berger, ils l'idolâtrent. Ils le portent au nadir de leurs aspirations car les troupeaux aiment bien être dominés et méprisés. Parfois, il arrive que des têtes de troupeau veuillent sortir du rang, mais on les considère bien vite comme des bêtes malades et le vétérinaire a tôt fait de les euthanasier

  • La romance chez les djeuns

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    Je sais, c'est sûrement mon côté vieux con qui commence à ressortir mais j'ai envie de parler de la romance chez les djeuns depuis que j'ai entendu hier à l'arrêt de bus deux d'entre eux raconter leurs histoires de coeur, une jeune fille et un jeune homme.

    slim.jpgJeune fille (frange, djin slime, blouson en dain) : Ouais Joana, depuis qu'elle sort avec Adrien, elle peut pas regarder sa photo dans le miroir !

    Jeune homme (djin slime, veste en daim, écharpe brune, coupe au bol avec frange) ! Ouais, ça se fait trop pas, mais Adrien il sait plus où il en est. Il a flashé sur elle un soir et c'est tout.

    JF : Joana elle devrait pas sortir avec Hugo, il lui fout trop la honte, c'est un intello et en plus, il sort jamais en teboi.

    Arrive un troisième larron alors qu'ils montent dans le bus, une jeune fille habillée d'un pantalon ultra-large et d'un genre turban en macramé (?), elle s'assoit par terre sur le plancher du bus : Ouais, je m'assois par terre, je suis pas une bourge, je m'en fous de ce que les gens y disent.

    Je comprend que c'est la fameuse Joana, voix un peu grave, lunettes carrées, elle finira dans le cultureux c'est sûr.

    JF : Et alors tu le kiffes toujours, Hugo ? (regard appuyé vers le jeune homme qui rigole bêtement)

    Joana : Ouais, j'sais pas, j'ai trop la honte souvent, j'ai même pas de photos de nous dans mon portable.

    Je devine alors que c'est très grave à la tête anxieuse qu'arbore les deux autres

    JH : Laisse le tomber, tu t'en fous !

    Joana : Ouais, mais tu vois, j'veux pas qu'il soye malheureux. Je suis quelqu'un de bon, moi, j'suis trop gentille.

    Regard assassin dans ma direction (je suis en train de rire sous cape)

    Ils se taisent et semblent rassurés quand je descend à la station suivante

    les trois (alors que je descend) : Ouais, les gens y respectent plus l'intimité des autres !

  • Les larbins quotidiens

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    Majordome.jpgAu téléphone, en appelant les services d'une entreprise pour du commerce, passer une commande, ou bien encore régler des factures, l'on doit supporter des « animateurs téléphoniques » ou des « conseillers clientèles » souvent obtus, et chez qui domine la mentalité de larbins, à savoir, on est obséquieux avec les puissants et les riches, insolent et incorrect avec ceux que l'on sent comme plus faibles ou plus humbles socialement, selon les critères les plus basiques. En somme on est toujours dans le rapport de forces des mâles alpha et de leur horde. Un type que l'on voit souvent à la télévision et que l'on ressent comme sympa peut se permettre de dire toutes les sottises, tel autre qui montre les signes de la réussite n'a même plus besoin de pisser pour délimiter son territoire. Les femmes réagiront pareillement. Ne parlons pas des personnes physiquement plus faibles ou handicapés, si le troupeau pleurniche en regardant le Téléthon, il est sans pitié avec ces personnes qui souffrent dans la vie de tous les jours. Finalement, l'être humain reste un primate social presque comme les autres, ne respectant que la force. On constate enfin que plutôt qu'à la gentillesse, le troupeau préfère le mépris à son encontre qui lui semble plus normal. Le vrai progrès, c'est dans l'abandon de ces rapports de force obligatoires comme seule pratique sociale réelle. Cette société de larbins est de plus en plus insupportable, par sa révérence dégoulinante de bons sentiments envers les personnages qu'on lui montre comme honorables alors qu'ils n'ont que la façade d'honorable et l'apparence seule de la grandeur. A l'inverse, je pense à Louis XVI (avec un jour de retard), présenté comme faible et pusillanime à gauche comme à droite, y compris par les monarchistes, alors qu'il était humain justement (en cette ère de « bling bling » et de crise, peut-on imaginer un chef d'état sacrifiant son luxe pour donner au plus pauvres, montrant l'exemple, comme Louis XVI le fit en vendant sa vaisselle en argent sans aucun remords afin de garantir le pain des plus pauvres ? Il semble même que le bon peuple préfère qu'on le méprise, là aussi le mépris est moins péjorativement perçu. La "tyrannie" de Louis XVI semble bien douce quand on penses aux pouvoirs exorbitants que le président concentre dans ses mains)) et c'est justement parce qu'il était l'inverse d'un tyran qu'il s'est fait guillotiner : il faut relire ses instructions à la Pérouse, étonnante de modernité pour s'en convaincre.