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filles

  • Une rentrée de plus en plus chère pour des enfants de plus en plus cons

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    La pré-rentrée du Père Fouettard

    Article également sur Agoravox

    Sur la photo les mères font semblant de ne pas savoir, pour le photographe et la galerie, ce qu'elles veulent mais le gamin-tyranneau lui sait, il a pris sa décision...

    al02_1623666_1_px_501__w_ouestfrance_.jpgCet excellent slogan n'est pas de moi, je l'ai lu dans les marges de « Fluide Glacial » sous la plume de Lindingre. Il illustre le dessin d'un gosse obèse en train de bouffer de la « junk food » avec sur le dos des fringues de marques, le dernier modèle de portable de mes deux à la main. Les gamins pourris-gâtés sont devenus une cible privilégiée des pubeux, il n'y a pas plus malléable et plus grégaire. Pourtant ils n'ont pas de revenus mais les parents suivent tout le temps les désirs du petit merdeux chéri ou de la petite pisseuse adorée, et cèdent pour qu'il ait à la rentrée ce qu'il veut. Il suffit de regarder autour de soi dans un supermarché, de voir les mères à demie gênées quand même quand on observe un peu, hésiter faiblement entre la trousse sans la dernière héroïne de dessins animés débiles dessus et une trousse sans rien mais fonctionnelle et tout aussi convenable. On voit les mêmes à la télévision, expliquer que les parents qui cèdent, c'est toujours les autres, bien sûr, mais que, eux, le moins souvent possible, à savoir tout le temps.

    53582272ad6cdc0cdb2cf5b47f1b1f09.jpgUn téléphone cellulaire (je ne dirai pas téléphone portable, vocable qui en soi ne veut rien dire ou est une sorte de très beau pléonasme) devient un enjeu existentiel pour Kevin, petit blond à coupe mulet (qui revient hélas à la mode) et double menton naissant car il va un peu trop au « macdo » avec Papamaman, ou Sandrine, apprentie pétasse en devenir, avec frange et djinne slime, qui adore lire les aventures de vampires romantiques, malsains et névrosés dans « Toualaïte », tout un cycle écrit par une mormonne sociopathe (pléonasme là aussi). On voit se multiplier pourtant les reportages sur la cherté de la rentrée, le prix de la rentrée qui coûte très chère, sans que personne ne semble se demander pourquoi mais je crois que le slogan qui ouvre ce texte est parfaitement exact, c'est parce que les gosses sont de plus en plus cons. Alors certes, l'instinct grégaire des adolescents a toujours existé mais jamais avec cette ampleur qui font des supermarchés une allégorie du purgatoire, vingt caddies par caisse depuis quelques jours, des gamins réclamant sans cesse, des gamines prenant visiblement des participantes de télé-réalité comme modèles de comportement, des gamins mous l'œil vissé sur l'écran de leur gadget préféré, que Môman a sorti de l'emballage avant la caisse car le petit con ne pouvait pas attendre ne fût-ce que cinq minutes.

    Peut-être me traitera-t-on de vieux con pour ce billet ? Ce sera toujours plus facile que d'être ferme face aux chiards de l'hyper-consumérisme.

    ci-dessous deux spécimens de gosses consuméristes

  • Sur le net, on parle de plus en plus comme ma grand-mère

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    Je trouve que de plus en plus, que ce soit sur le Net ou dans la vie courante, les gens parlent comme ma grand-mère, et ça me casse vraiment les pieds.

    Et je reste poli.

    grandmere.jpgD'ailleurs, façon de parler, puisque qu'aucune de mes grands mères ne parlaient comme ça, de manière aussi poussiéreuse, employant des lieux communs aussi éculés, des préjugés aussi étroits. Que ce soit à gauche ou à droite, cela revient au même, on est dans la France de Louis-Philippe, de Guizot, à l'époque des grandes maisons avec des toutes petites pièces pour un ou deux tout juste. On réhabilite l'égoïsme, le confort intellectuel et le conformisme à droite. On aimerait bien revenir au bon vieux temps où les moins favorisés n'avaient le droit que de la fermer : il suffisait de les envoyer faire la guerre pour les calmer et les unir. A gauche, on veut revenir vers la « vraie » vie, le « Care », et les petits z-oiseaux, à droite aussi, on veut de l'authentique, des « vrais » gens, et une société simple « comme avant ». Comme si avant, la société était si simple et si douce que cela. On fantasme en même temps sur une modernité qui serait le parangon du progrès, le dernier gadget à la mode serait un pas de plus en avant vers le nirvana social en oubliant que l'on se rajoute ainsi plusieurs boulets aux pieds.

    Chez les catholiques, c'est un peu la même chose, il faudrait absolument s'ajuster à ce que propose la société, ce qui faciliterait la paix sociale, et puis il faudrait aussi tout accepter de l'institution ecclésiale. Et si ce que propose l'un et l'autre est nul et ne mène à rien ? Comment fait-on ? Que doit-on faire ? Ainsi, aux Etats Unis, dans certains groupes français, on apprend que l'on se doit d'obéir à la hiérarchie, car le patron ou le chef de service serait un peu le représentant du divin sur terre car c'est le divin qui le voudrait. Bêtise entendue dans une communauté nouvelle, et qui se diffuse de plus en plus dans le reste de la société. C'est comme le communautarisme, personne ne veut plus vivre avec ceux qui sont par trop différents.

    Ce n'est d'ailleurs pas un retour aux HLPSDNH (aux heures les plus sombres de notre histoire (TM)) mais un symptôme de l'hyper-consumérisme, on ne veut fréquenter que ceux qui consomment pareil: bouffe, morale ou ersatz de morale, couple, et religion, bien édulcorée, on ne garde que le sociétal. Ce n'est pas que je sois un grand fan du « vivrensemble » et tout le blabla mièvre qui va avec. Mais simplement rappeler qu'être français c'est accepter de reconnaître un même territoire et les mêmes valeurs (ou à peu près), avoir des droits, et des devoirs. Et que ce n'est pas comme au supermarché.

    C'est comme ça, sinon, autant déclarer de suite la mort de cette belle idée qu'est encore un tout petit peu la France.

  • La culture et les jeunes

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    222.jpgLa scène prend place sur une chaîne de la TNT pendant une émission djeuns pour djeuns qui parle de l'« actu de la culture », pour les djeuns : « Kult' Djeunz » que ça s'appellerait si ça existait ce genre de choses, ce qui serait encore trop beau.

    Un quadragénaire en habits de djeuns, lunettes noires sur le nez, djinn baggys, tennis, casquette est affalé sur un immense canapé rouge, à ses côtés un comparse plus jeune en ticheurte vert ultra-serré sur lequel est imprimé « 69 » sur le devant et « serial fucker » sur le dos. Chateaubriand fait son entrée en grande tenue, la tête un peu raide, le dos très droit. Il a sa canne à la main et ses gants.

    • Salut les kids, j'espère que ça va ou qwâ ? Aujourd'hui c'est notre nouveau pote Chateaubriand qui vient nous prendre la tetê avec ses mémoires, enfin lui il appelle ça ses mémoires. Trop un truc de ouf tu voâs ?

    • J'espère qu'on va pas se faire trop ièch, lance un deuxième animateur, c'est encore des trucs de vieux, de boloss ce truc.

    • Nannn, salut Cha', tu permets que j't'appelle comme ass passke François-René, je trouve que ça fait tarlouze. Wouarf, wouarf, wouarf, rigole-t-il.

    • Bonjour Monsieur, je vous prierai de prononcer mon prénom en entier. Sinon j'en serai fort marri.

    • Ouais, mais non, d'abord j'fais cke j'veux c'est mon émission !

    • Bien, je m'incline, le désir me prend de quitter ce lieu céans mais l'honneur convient que je reste.

    • Ouaaah, comment y parle, lui ! Enculé ! Sa mère ! Y se la joue trop, croit bon de rajouter le comparse de l'animateur.

    (Rires gras et rires débiles du public qui se met à faire « who oh oh oh »). Le comparse en vert leur montre son cul, explosion de joie du public qui ne se tient plus de bonheur extatique et grégaire. Les panneaux « applause » clignotent très rapidement.

    • Alors, Cha', keskon trouve dans ton bouquin, ça déchire ou quwâ ?

    • J'exprime mes sentiments sur ma famille, ma naissance qui fût de haute lignée et mon destin exceptionnel au regard de la médiocrité des autres hommes. Mon devoir est de raconter fidèlement ce que j'ai vu ou ce que j'ai entendu dire ; je ne dois rien inventer, mais aussi je ne dois rien omettre....

    • J'te coupe Cha' passke sinon les djeuns y vont décrocher tu voâs ? De qwâ ça parle ton truc, c'est qwâ le pitch comme y dit Ardisson ?

    • C'est la providence qui nous dirige, lorsqu'elle nous destine à jouer un rôle sur la scène du monde.

    • J'calcule rien, mon pote, tu pourrais être plus clair ? Tu fais l'amour avec des meufs, tu t'fais du pognon ou bien ?

    • O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu'elle n'est qu'un reflet de notre mémoire.

    • J'pige toujours que dalle, tu fumes ou quwâ ? Que le passé d'un homme est étroit et court, à côté du vaste présent des peuples et de leur avenir immense.

    • T'as maté les eins des meufs, mwâ, y'a que ça qui m'branche mon pote ! Le reste c'est des trucs d'intellos, ou de vieux ! Balance avec mépris le comparse en vert.

    • Si l'on vous donne un soufflet, rendez-en quatre, n'importe la joue, répond l'écrivain qui se lève et donne plusieurs coups de canne à l'animateur qui hurle comme un goret que l'on égorge

    • Sécurité ! Sécurité ! Braille-t-il. Il cherche ensuite à quatre pattes les débris de ses lunettes noires.

    Deux gros bras en costume se ruent sur Chateaubriand qui en maîtrise facilement un mais ne peut éviter les poings de l'autre, il s'écroule et les deux « gorilles » l'entraîne vers le fond de la scène sous les vivats du public en délire. Il hurle : « Ouais, foutez le dehors, il est trop chiant !! ».

    Et générique.

    Avec des citations exactes de Chateaubriand

  • Ais-je le genre de mon blog ?

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    Est-ce que j'ai le genre de mon écriture ?

    gd.jpgJe m'offre une petite récréation égocentrique, je vais parler de moi un petit peu. Hier, un des lecteurs de ce blog (il y a au moins celui-là écrit-il d'un clavier modeste avec un ton faussement humble) m'a dit, visiblement très étonné, qu'il « ne me connaissait pas plus que ça », mais que mes textes ne correspondent pas à l'impression que je donne au premier abord, ou à mon physique confortable.

    Il me percevait pas comme si incisif, si mordant.

    J'aurai pu lui rétorquer que les apparences sont parfois trompeuses. Mais quand on me fait remarquer mon incisivité, non seulement je ne me trouble pas, mais c'est un peu comme un accessit, ça me rend aussi euphorique qu'une remise de diplômes.

    Et quand on me trouve méchant, je rougis comme une collégienne. C'est l'extase.

    Une petite barrique faussement calme et paisible, bonhomme et tranquille, peut être ronchon, un petit tonneau peut être un atrabilaire, un misanthrope, sauf avec les enfants, qui ne sont pas encore « les petits tas de préjugés » que sont la plupart du temps les adultes même si ça leur vient très vite, un cynique, un type caustique, qui ne croit pas en grand-chose mais qui a beaucoup d'humour (de temps en temps un peu de pommade ne fait pas de mal...). Pour ceux qui me connaissent depuis plus longtemps, l'affaire est entendue, la seule chose qui me différencie du « Docteur House » c'est la canne, et aussi, peut-être, lui n'a pas les rondeurs voluptueuses dont je dispose, ni la même amplitude sphérique. D'autres me voient comme massif et vulnérable. La concordance entre le louque et ce qu'il y a dans la cervelle doit être standard. Une boule de suif dans mon genre doit alterner la bonne chère et les blagues un peu chargées en graisses saturées elles aussi, on n'attend pas de lui qu'il soit intelligent, encore moins qu'il soit sarcastique.

    Je pratiquai avec un ami aussi ample que moi un petit jeu afin de nous moquer du regard des imbéciles sur notre physique. Nous en rajoutions une bonne couche dans le côté beauf et « gros dégueulasse » (j'ai plutôt à l'esprit celui de Reiser), le but étant de les faire partir. Ce qu'ils finissaient par faire en prenant un air dégoûté, le nez pincé, dans le meilleur des cas, le pire étant ceux à qui ils prenaient l'envie de donner des conseils lénifiants sur l'apparence dont ils ont un tel souci qu'ils en oublient d'être eux-mêmes. Nous pouvions alors lire tranquillement sans les entendre répéter docilement les pubs pour le dernier gadget à la con à la mode ou supporter leur étonnement surjoué de voir deux bombonnes certes sympathiques se cultiver.

  • Mystique des parisiennes

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    Sur le Ring aussi

    à propos de « Requiem pour Yves Saint Laurent »

    de Laurence Benaïm qui a aussi écrit « Yves Saint Laurent » paru en 1992

    « Sur le visages des hommes et des femmes, je vois Dieu. Si tu veux me revoir, cherche moi sous tes pas »

    Walt Whitman

    ysl-deneuve.jpgUne manière d'épitaphe pour Yves Saint Laurent prononcée par Catherine Deneuve à l'enterrement du couturier (pas de tiret entre le Saint et Laurent ainsi qu'il le rappelait souvent comme nous l'apprend Laurence Benaïm).

    Au départ, la lecture de cet ouvrage peut agacer, par la description d'un milieu ultra-codé, très fermé et hyper-élitiste. On se sent exclu très vite. C'est aussi un milieu tombé en décadence, qui a perdu de sa splendeur et de sa grandeur passée. On songe à la scène de bal dans « le Bal des Vampires », des vieux beaux beaucoup plus disgracieux qu'au temps de leur splendeur, des belles de jour et de nuit ayant perdu toute idée réelle du chic, des dames pipi en vison, des fripées en mini-jupe en cuir, le festival de la ride et du repli caché, du double menton camouflé sous plusieurs couches de fond de teint. Ou l'excellente comédie noire des années 90, avec Meryl Streep, qui campera plus tard Anna Wintour, « La mort vous va si bien ». Pourquoi vouloir l'éternité du corps et du louque alors que comme dirait l'autre (Woody Allen) « l'Éternité c'est long, surtout vers la fin ».

    Soyons clairs, certains me trouveront cruel, je le suis peut-être, mais la mode est un monde cruel. Et elle ne pardonne pas les faux-semblants et les trucages.

    Le chic, l'élégance n'ont rien à voir avec le physique ni même l'âge, mais la faculté de porter telle ou telle chose et que cela aille sans que l'on se pose de questions. Il est des femmes qui seraient chic en sac à patates, dont le port et le maintien sont merveilleux en jean. C'est une question d'âme le chic, de belle âme, de passion et de coeur, pour les autres, il vaut mieux avoir fait de la danse classique plus jeune : on n'en dira jamais assez les bienfaits quant à la beauté des gestes féminins. Loulou de la Falaise est de ces femmes, muse du couturier, qui a ce chic ; ou Marie-France, en trichant un peu, qui partage beaucoup de choses dans son histoire avec Saint Laurent.

    Le consumérisme y a comme partout tout envahi, y compris l'amour, les dames des défilés font une grande consommation de toy boys ou girls tant qu'elles en ont les moyens.

    Le personnage était infiniment parisien, ce qui peut paraître étrange car il est né à Oran, en l'occurrence sur la frontière entre l'Europe et le Maghreb, l'Orient et le Ponant, le féminin et le masculin ; un petit garçon émotif et hyper-créatif, blessé par sa mère. D'elle il dira, « Parler d'elle c'est comme extraire de mon coeur une substance qui me fait mal », dans un entretien avec l'auteur de ce livre. Il a été grouillot chez Dior où il s'est vite fait remarquer par le patron descendu de son Olympe, Lagerfeld également a été de ces grouillots des maisons de couture et Jean-Paul Gauthier aussi. Non loin de là un autre futur grand couturier débutait lui aussi l'ascension de la montagne divine, à moins que ce ne soit un miroir aux alouettes. Les parisiennes ont leur Dieu, le style, leur déesse, la mode, et plusieurs prophètes dont Saint Laurent.

    Les parisiennes ont leurs temples tout près de chez elle ce qui leur permet de pratiquer leur religion en toute sérénité, le shopping. Les parisiennes sont souvent des filles pressées, en mini-jupe pastel, en pantalon « Vichy », les cheveux dénoués, courts ou en catogan, elles courent dans toute la ville, ne s'arrêtant que pour un « Vittel menthe » à la terrasse d'un café de Montparnasse ou de la rue de Rivoli, fumant comme des militaires en permission sans pour autant sentir le tabac. Elles voudraient nous persuader également qu'elles n'utilisent jamais les lieux d'aisance, une princesse n'en ressentant jamais l'utilité réelle.

    Il est charmant d'accompagner une parisienne dans cette occupation qui leur prend pourtant beaucoup de temps à toutes, de trois à quatre heures. Elles vous en seront gré car cela leur permet de dévaliser un peu plus les rayons des magasins, grands ou petits et de croire que le petit « 36 » qu'elles ont mis en haut de la pile leur va très bien. C'est comme un bain de féminité pour le porteur presque perdu dans les parfums qui se croisent, les gestes légers des jolies femmes au-dessus des étoffes, la douceur de celles-ci et leurs couleurs.

    On retrouve cette sensualité diffuse, extrêmement féminine dans les marchés d'Orient, et parfois les mêmes senteurs, ce n'est pas une coïncidence, Yves Saint Laurent s'en souviendra plus tard en créant ses parfums : « Opium » et « Eau de Majorelle ». Cette ambiance, c'est ce qui permet de pardonner toute cette attente pour des chiffons, somme toute. Et les parisiennes sont souvent infiniment attirantes ce qui fait qu'on leur passe leurs caprices. Ce sont des petites filles qui font la moue, voire la lippe, quand elles n'obtiennent pas ce qu'elles veulent, des petites filles en jupe droite, petit pull léger avec un foulard imprimé à peine coloré et des escarpins qu'elles aimeraient toujours de chez Louboutin qui leurs donnent la cambrure que l'on apprécie quand on les prend par la taille, certes. Ils sont nombreux à avoir dessiné petit à petit son image, Givenchy, Chanel, Dior, et Saint Laurent.

    « Je suis tombé amoureux de Paris » a de toutes façons dit l'ancien gamin d'Oran ce jour de janvier 2010 où il reçoit les insignes de chevalier des Arts et Lettres.

    Cela lui permettait d'aimer toutes les parisiennes en même temps. Certains se sont choqués qu'il puisse être décoré pour son oeuvre, du fait de la futilité de la mode, de sa volatilité. Souvent, c'est ce que l'on reproche aux français à l'étranger, et de plus en plus chez eux, d'être futiles, d'accorder beaucoup trop d'importance à ce qu'ils mangent ou ce qu'ils boivent et aux vêtements des femmes, de faire des enjeux existentiels de ce qu'écrivent les écrivains, ce que filment les réalisateurs, quand d'autres voudraient que ces activités ne soient rien d'autres que bêtement fonctionnelles, performantes et hygièniques. Et même Pierre Bergé se laisse aller à la polémique nauséeuse.

    Avec Saint Laurent, c'est tout un monde qui disparaît, remplacé par une Cosmopolis sans âme, ni beauté, où les jolies filles ne sourient jamais et ressemblent dans les pages des magasines à des adolescentes névrosées à peine pubères, tandis que les femmes du couturier sont de vraies femmes.

  • Simone Veil reçue à l'Académie

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    La dernière pensionnaire de l'hospice (sur le Ring)

    87275_une-veil2.jpg

    En 1922, André Jacob se marie avec Yvonne Steinmetz à Paris. Ils partent pour Nice en 1924. Simone Jacob, bientôt Veil, est la plus jeune d'une fratrie de quatre enfants, les trois autres étant Madeleine, Jean et Denise. Jean ne survivra pas à la guerre. Son père est architecte qui ne connait pas une grande réussite, et la mère s'occupe de ses enfants comme mère au foyer, puis devient nourrice au sortir de la crise économique des années 1930 qui les laisse sans le sou.

    En 1940, les enfants sont envoyés non loin de Carcassonne, où ils habiteront quelques temps chez un oncle et une tante. De retour à Nice, la famille subit les lois anti-juives de Vichy. Lorsque les nazis prennent le contrôle de la zone en remplacement des italiens, le danger devient de plus en plus tangible. Elle est arrêtée le 30 mars 1944, le lendemain de l'obtention de son bac, et est déportée à Ravensbrück après avoir fait un transit à Drancy. Son père et son frère déportés en Lituanie ne survivront pas. Elle poursuit après la guerre des études à la faculté de droit de Paris et à « Sciences-Po ».

    Qu'a écrit Simone Veil de remarquable pour mériter l'Académie ?

    Rien de comparable, philosophiquement ou littérairement, à l'oeuvre de son homonyme, à la vie beaucoup plus passionnante. Bien sûr, l'on ne peut qu'admirer son courage pendant la guerre, et après, il faut une capacité de volonté remarquable pour réussir pareillement après avoir subie de telles souffrance, et respecter les terribles souffrances qu'elle a enduré en déportation, et dont elle a été sauvée « in extremis » par l'arrivée des alliés, mais ensuite elle fait carrière, somme toute, et finit comme n'importe quel notable. Elle reste la femme politique la plus populaire auprès des français.

    Elle sort son autobiographie, « Une vie » en octobre 2007. Le livre se vend très bien sous nos cieux éclairés, il part à 550 000 exemplaires. Il obtient également le Prix des Lauriers Verts en 2009, ce qui est somme toute prophétique.

    Qu'a fait Simone Veil de remarquable ?

    Certains diront la loi sur l'IVG qui aura, selon eux, contribué à la libération des femmes qui maintenant peuvent choisir le moment de leur grossesse, d'aucuns pourront objecter que cette loi fait souvent de l'enfant une chose que l'on s'offre, et qu'elle favorise finalement l'eugénisme. Elle soutient Sarkozy en 2007 tout en émettant des réserves cependant sur la création d'un ministère de l'intégration et de l'immigration.

    A quoi sert l'Académie Française de toutes façons ?

    Pourquoi ce nom d'Académie Française ? « C'est la question que tout le monde se pose, sauf les académiciens français qui s'en foutent du moment

    qu'ils n'ont pas froid aux genoux... » comme l'explique Pierre Desproges dans un de ses réquisitoires, coincidence, celui contre Jean d'Ormesson qui réceptionne Simone Veil à l'Académie. Elle est invitée à y sièger par François Jacob et Maurice Druon en 2008, au fauteuil de Pierre Mesmer, il lui aura été difficile je suppose de faire l'éloge de ce politique qu'elle détestait, fauteuil occupé à l'origine par Jean Racine qui bien qu'excellent tragédien était aussi un lèche-cul de premier ordre.

    Cette institution ne sert strictement à rien, ou plutôt si, à offrir une retraite confortable et des activités enrichissantes culturellement aux seniors de la politique française, du monde des sciences ou de la littérature qui n'en ont jamais fini avec le dictionnaire, quarante papys verts « en habit de zorros » qui n'incitent pas toujours à la gérontophilie. A l'origine, il s'agissait de préserver la langue française et son influence, en privilégiant les jeunes talents ou ceux qui ne bénéficiaient pas de réseaux. C'était aussi le but du Goncourt, au départ, favoriser l'éclosion des jeunes talents. On ne peut pas dire pourtant, depuis quelques décennies, que les académiciens et les prix Goncourt soient des perdreaux de l'année.

    La suite sur le Ring

  • "Les femmes ça fait pédé" selon Gainsbourg

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    Spécial "lendemain de la Journée des femmes"

    Les femmes ça fait pédé

    C'est très efféminé

    Tellement efféminé qu' ça fait pédé

    Les femmes ça met des jupes

    Non mais de quoi j' m'occupe

    Les femmes ça met des bas, Nylon ou soie

    La suite des paroles par là

    Gainsbourg chanté par Régine

  • Fêtons la Saint Valentin avec Athanagore Wurlitzer

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  • Etes-vous un/e péripatéticien/ne ?

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    Ce n'est pas nouveau sur le Net, mais j'aime bien car je suis un sale phallocrate, onaniste de sacristie, et anarchiste de droite, encore en plus.

    wolin-sal.jpgUn gars : c’est un jeune homme
    Une garce : c’est une pute
    Un courtisan : c’est un proche du roi
    Une courtisane : c’est une pute
    Un coureur : c’est un joggeur
    Une coureuse : c’est une pute
    Un rouleur : c’est un cycliste
    Une roulure : c’est une pute
    Un professionnel : c’est un sportif de haut niveau
    Une professionnelle : c’est une pute
    Un homme sans moralité : c’est un politicien
    Une femme sans moralité : c’est une pute
    Un entraîneur : c’est un homme qui entraîne une équipe sportive
    Une entraîneuse : c’est une pute
    Un homme à femmes : c’est un séducteur
    Une femme à hommes : c’est une pute
    Un homme public : c’est un homme connu
    Une femme publique : c’est une pute
    Un homme facile : c’est un homme agréable à vivre
    Une femme facile : c’est une pute
    Un homme qui fait le trottoir : c’est un paveur
    Une femme qui fait le trottoir : c’est une pute
    Un péripatéticien : c’est un élève d’Aristote
    Une péripatéticienne : c’est une pute

  • Viens à la plage oublier les mauvaises vibrations

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    Une version de "I get around" par les "Red Hot Chili Peppers" pour oublier la vulgarité du temps présent, et les mauvaises vibrations...

    En parlant de bonnes vibrations, "Anna" de Pierre Korlanik est enfin sorti en dévédé aux éditions Montparnasse, alors, classieux ? Non ? P'tit gars ?

  • Deux ou trois perles sur l'astrologie

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    Un peu par hasard, je suis tombé là-dessus sur ce blog...

    astrologie.jpg"Des esprits chagrins du style "moi on ne me la fait pas", viennent me challenger sur mon propre blog. Vous me direz, c'est normal, c'est ça la discussion. C'est la preuve que l'astrologie dérange...

    Non, c'est parce que aucun astrologue ne sait donner les résultats du loto ou prévoir sa propre mort. Et l'astrologie ne dérange pas, on la trouve partout, y compris dans les cabinets de chasseurs de têtes, DRH et recruteurs, ce qui est un comble.

    Pourquoi cela dérange? je crois que le scepticisme est de bon ton. Si on est crédule, on a l'air idiot "ah, tu crois à ça, toi? ".

    Non, le scepticisme est plutôt mal perçu, notre société sombrant plutôt dans une sorte d'unanimisme béat qui lui est de bon aloi tout comme un relativisme du même genre, toutes les croyances se valent, n'importe quelle sottise est respectable si beaucoup y souscrivent, y compris les plus irrationnelles, y compris les pire contre-vérités.

    Si on est crédule, on croit effectivement à l'astrologie...

  • Le confident de ses dames – Torrents d’amour (entracte mais pas que…)

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    scanner_darkly.jpgProsper (appelons le comme ça pour son physique ample et confortable) était le confident de ses dames. C’était un gros garçon dont les traits fins apparaissaient quand même encore un peu sous la graisse accumulée sur son visage. Il avait les yeux rieurs, petits et un peu enfoncés, le regard moqueur même involontairement, lui se trouvait laid, sans charme ni personnalité, pourtant il avait beaucoup d’amitiés féminines sans pour autant être le garçon sensible et efféminé de service. Toujours caustique, un peu trop lucide sur lui-même, il allait toujours un peu trop souvent à l’auto flagellation ce qui est une forme aiguë d’orgueil. Sa capacité à tout tourner en dérision et ne rien prendre au sérieux était sa blessure et son fardeau. Cependant, toujours disponible, toujours à l’écoute, il les comprenait déjà très bien quand il était jeune, et elle l’aimait bien, comme un confident, rien d’autres, une copine avec de la barbe et des génitoires,  « un grand frère un peu incestueux » comme dans la chanson de Jean-Jacques Goldmann sur les femmes actives si malheureuses dans leur vie de couple. Prosper avait un secret, à chaque fois il tombait amoureux des femmes qui lui confiaient leurs secrets, leurs histoires, qui lui faisaient tellement confiance. Il les écoutait en les dévorant du regard, il avait envie d’elles. Un jour, il se prit à prendre la main d’une de ses amies, elle la retira immédiatement ainsi qu’elle l’eût fait avec une méduse. Elle dit : « Enfin, Prosper !… », puis elle lui donna une petite tape sur le dos de la main en lui disant : « Prosper, tu es drôle de petit bonhomme ».

    Elles ne le comprenaient que rarement car il était toujours discret et ne voulait pas imposer ses sentiments ou du moins faisaient-elles mine de ne pas s’en apercevoir. Il avait de la chance d’être ami avec elles mais il ne s’en rendait pas vraiment compte non plus tout le temps, c’était sa richesse mais il aurait voulu s’en séparer absolument. Il détestait sa faculté de comprendre les femmes, l’une d’elles lui avait dit : « Mais je ne veux pas être comprise, je veux être aimée » après qu’il se soit enhardi à lui avouer ses sentiments. Elle disait qu’il était « le garçon le plus gentil du monde » mais qu’elle ne pouvait tomber amoureuse. Elle lui avait d’abord dit qu’il était laid, puis plus tard, pleurant presque, elle lui avait dit qu’elle voulait rester dans son petit paradis, Prosper savait bien aménager les nids douillets pour deux, mais qu’il n’était pas pour elle, qu’elle n’était pas assez bonne. Il l’aimait pourtant mais elle, elle croyait encore au prince charmant sur son beau destrier, ce qui donne adapté au monde moderne, un type beau, intelligent mais pas de trop, gagnant très bien sa vie. Hélas, Prosper était un insatisfait chronique et avait beaucoup de mal à stabiliser sa situation, et il le savait bien, les femmes n’aiment pas vivre d’amour et d’eau fraîche, elles aiment bien le romantisme, mais quand celui-ci est confortable, excepté quelques rares exceptions, mais celles-ci trouvaient toujours chaussure à leur pied, ou le couvercle à leur pot, très rapidement.

    Avec le temps, Prosper avait gagné en sagesse, quand il tombait amoureux et qu’il savait que ses sentiments ne le mèneraient nulle part, il ne revoyait pas l’objet de ses pensées et se sevrait un peu brutalement mais efficacement. Il en restait un peu plus meurtri et vulnérable à chaque fois, et gagnait en causticité et dérision ce qu’il perdait bien malgré lui et innocence et espérance.

    scanner.jpgProsper décida qu’il était mieux seul, ou du moins seulement avec ceux qu’il aimait dans son premier cercle. Il se retira dans sa tanière au milieu de la ville, au milieu du tumulte, il se perdait dans la foule, dans la cohue. Il regardait les autres de haut, il ne voulait plus chercher à comprendre quoi que ce soit aux autres. C’était toujours tellement décevant, la nature humaine n’était jamais bien réjouissante se disait-il, tournée vers le mal, la méchanceté, la sottise, lui-même ne s’omettant pas du lot commun. Il ne ressentait plus rien, seuls les petits enfants trouvaient grâce à ses yeux. Bien sûr, il se faisait de l’enfance une idée fausse, celle-ci étant souvent une période cruelle et dure à vivre, et non et un paradis. Il retomba amoureux, mais ce fût exactement comme avant. Mais curieusement, il en tira plus de sagesse et décida de vivre en paix avec le monde et les autres, de ne plus se soucier autant de la vérité ou de l’authenticité en ce monde, parfois il vaut mieux ne pas tout dire. Il gardait sa cuirasse de dérision mais apprenait à la retirer de temps en temps, à s’exposer au regard de son entourage sans avoir la crainte d’en souffrir. Prosper se disait qu’il était presque heureux, plus serein du moins. La nuit, bien malgré lui, quand il travaillait, il se rappelait avec nostalgie de toutes celles qu’il avait aimé, il les aimait encore chacune avec la même intensité, il se disait qu’il déraisonnait, il s’obligeait à ne plus y songer mais regardant la rue silencieuse la nostalgie l’envahissait et fermant les yeux, il revivait tous les moments de douceur complice, de tendresse partagée sans en avoir conscience. Il voyait alors son reflet dans la vitre, il voyait ce gros garçon le regarder, son reflet décevant aussi, et il avait envie de ne plus rien ressentir.

    A suivre…

    Photos tirées de "A scanner darkly" de l'adaptation du roman de Philip K. Dick par Richard Linklater

  • Lizzy Mercier Descloux - parigote qui chante de la Soul

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    Il y a vingt ans est sorti un album entier de cette chanteuse avec des reprises de standards du jazz et de la soul où elle est parfois accompagnée par Chet Baker. Elle chante avec un épouvantable accent franchouillard ; elle s'en fout et nous aussi car c'est loin de manquer de charme.

  • Typologie du « Gilbert » - gentil et con, rassurant

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    les_bronzes_font_du_ski_7.jpgJ'ai connu plusieurs Gilbert, il m'arrive, comme tout le monde, d'être aussi un Gilbert d'ailleurs. Le surnom vient d'un étudiant rencontré à Nanterre correspondant à l'idée du Gilbert que je v ais définir et qui ressemblait beaucoup au Gilbert des « Bronzés », toujours premier degré et toujours en retrait. Le Gilbert dont je parle est un composite.

    Au collège, il avait une pétrolette maigrelette, « customisée » d'accessoires que l'on trouvait ridicule mais qui témoignait de sa naïveté et son besoin d'être reconnu comme un type populaire. Plus tard, il reçut en cadeau une petite moto qui à ses yeux le mettait à part du commun des mortels. Gilbert faisait quelques fois des grosses blagues mais qui tombait toujours à plat, ou qui ne faisaient pas rire du tout, comme balancer une boule puante dans le gymnase où nous faisions du sport mais au moment nous entrions dedans. Gilbert était timide avec les filles mais les épiait dans les vestiaires ou à la piscine. Gilbert aimait bien jouer au mini-golf, parce qu'il faisait toujours un bon score et que là il pouvait briller, du moins à ses yeux et c'était suffisant. Plus tard, j'ai revu Gilbert, il a tenu à me montrer sa baraque, ses gosses et sa réussite, croyant tenir là sa revanche sur les humiliations imaginaires pour beaucoup vécues quand il était plus jeune.

    Au lycée, Gilbert aurait bien voulu être populaire là encore. Il était couvert d'acné, quelques fois il arrivait que les types, quant à eux vraiment « populaires » pour des raisons tout autant stupides que celles qui poussaient Gilbert à se ridiculiser, se paient sa tête facilement afin de se mettre en valeur auprès de leurs copines, des Gilberte pour la plupart. Parfois, d'autres lycéens prenaient Gilbert en pitié, mais fussent-ils victimes eux aussi des vedettes de la cour de récréation que Gilbert, cette andouille, se joignait au chœur des railleurs. Il voulait simplement être comme tout le monde, se fondre dans la masse de la horde, il ne comprenait pas que c'était le fait d'être lui-même qui aurait pu le rendre plus libre, il ne voulait pas être libre de toutes façons. A la cantine, Gilbert était très sage et mangeait de tout, y compris l'infâme viande hachée en boîte à la sauce tomate que l'on osait servir à l'époque aux gosses, il sauçait jusqu'à la dernière goutte de jus rougeâtre qui suintait sur l'assiette.

    sanstitreb.pngA l'université, Gilbert avait encore plus soif de reconnaissance, non pas pour des dons quelconques, mais pour la reconnaissance seulement. Gilbert tentait de s'intégrer à différents groupes, se donnait différents louques tous plus faux les uns que les autres. J'ai vu un Gilbert un soir portant une large écharpe rouge improbable, la tête coiffée d'un chapeau mou ou un « borsalino », fumant une pire qui le faisait tousser, jouer les esthètes décadents dans un café où le demi-pression était à 32 francs (note : la monnaie d'avant la « monnaie d'occupation les enfants). Un soir Gilbert était venu dîner avec nous dans un restaurant de Montmartre, il ne faisait pas de manières, il s'était noué une grande serviette blanche autour du cou et attendait les plats les couverts en position d'attaque, on ne peut pas dire qu'il manquait d'allant et à la fin du repas la nappe était constellée de tâches de tout ce qu'il avait choisi sur la carte. Je m'aperçois que là il mettait en lumière les prétentions chichiteuses du reste des convives, des gilberts aussi qui se prenaient pour des dandies, ce qu'ils n'étaient pas, plutôt des gosses de riches.

    Ce qui sauve souvent Gilbert est qu'il est parfois gentil, et plus humain que d'autres. Mais c'est à double-tranchant car il devient alors le con de service rassurant pour les autres gilberts.

  • Feuque Starbeuque !

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    Je sais, j'exagère, mais il fallait parler de ce sujet fondamental.

    chicago-fuckoff.jpgDepuis quelques temps, on voit se multiplier à Paris comme le mildiou sur les vignes les cafés « Starbeuque », à peine le temps de cligner des yeux qu'il y en a un qui sort du sol. Dans une ambiance fadasse et frelatée qui aux États Unis passe pour européenne, on y écoute du djazz izi listening, pas trop dissonant, on boit toutes sortes de cafés dont une bonne sœur ne voudrait pas, de la lavasse à peine colorée, un jus dont ma chaussette aurait honte. Quand les acteurs des séries ou des films amerloques boivent ça, on a presque l'impression que c'est bon. Dans les mains des adeptes grégaires de n'importe quelle nouveauté à la con, on voit de plus en plus de gobelets à cette enseigne, des trucs gélifiés pleins de bons colorants et de bons conservateurs, des machins glacés que l'on trouvait avant pour moins de trente centimes (des « mister freeze » quoi). Ils aiment ça selon l'idée que tout ce qui est nouveau est bel et bon et que de toutes façons on se doit de suivre le troupeau. Cela fait top-moderne et les filles ou les garçons qui vont là-dedans ont l'impression d'un coup d'être « un tout petit peu l'homme du XXème siècle » pour paraphraser Madame Mado, une copine. Ils se croient presque en couverture des magasines pipeaules à la mord-moi-le-noeud qu'ils lisent assidûment, même si quand tu les interroges ils prétendent tous se plonger dans Proust et ne regarder qu'Arte.Le Starbeuque café c'est aussi un non-lieu exportable, qui remplace progressivement, comme tous les autres non-lieux, tout ce qui pouvait avoir encore un reste d'identité dans une ville.

    Je suis aussi à la fois content que les vrais lieux, les endroits encore authentiques, ne soient pas si populaires n'aimant pas la foule, et triste car ce serait bien que la foule y aille, elle s'y perdrait moins.

  • Les petites villes de province en été – chronique célinienne

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    La petite province m'emmerde...

    Pernes_078.JPGIl paraît que c'est célinien de dire ça, je ne sais pas, peu importe ; j'ai horreur des petites villes de province en été, des sous-préfectures rances où le ragot et la calomnie sont deux des sports les plus populaires. On y est complexé, mal dans sa peau, parce que l'on n'est jamais sorti de son trou excepté pendant les vacances, mais on est toujours finalement rassuré de rentrer chez soi où « c'est mieux qu'ailleurs parce qu'ailleurs c'est pas chez soi, n'est-ce pas », qu'on sait bien que l'on a un manque dans sa vie mais on ne veut pas trop se l'avouer. Le maire fait-il installer des fauteuils transat et des chaises un peu comme à Paris que l'on n'aime pas ça, on se sent un peu emprunté devant l'installation, on n'ose pas s'asseoir, on est comme le métayer qui tripotait sa casquette devant le meussieur de la ville qui possédait sa ferme, et pour justifier son mal dans sa peau on trouve que ça coûte cher, on râle, on peste, on ricane finalement assez misérablement, et puis, on porte ce que l'on croit être le coup fatal, et puis à Paris, c'est pour les « pédés » ces trucs là ! Nous on n'est pas « pédés » (le provincial des petits bleds tient beaucoup à sa virilité). Un type s'y installe-t-il pour bouquiner qu'on le regarde de travers le « prétenssieux » qui lit. Le livre intimide, on en ouvre jamais parce que l'on a peur d'être ridicule et du « qu'en dira-t-on ».

    les-vamps-2.jpgOn raffole des ragots, des méchancetés, c'est un peu comme une vengeance sur sa propre médiocrité, de la commère rance qui sait bien qu'elle est moche et grosse, et qu'elle manque absolument de distinction et de classe qui dit du mal de toutes les femmes qui en ont même un tout petit peu plus qu'elle. Il n'y a pas de téléphone arabe à proprement parler mais son équivalent rural, on veut tout savoir de celui qui passe dans la rue et que l'on ne connaît pas, que l'on ne veut pas connaître car « il n'est pas comme nous ». Sans parler des « parisiens » ou supposés que l'on accuse de toutes les tares ou presque, par complexes, on en a un peu la trouille en fait, paradoxalement, cela n'empêche pas de s'écraser comme une fiente devant tel ou tel notable, médecin, dentiste, pharmacien, ou autre profession donnant presque instantanément droit à un ticket d'entrée pour le Rotary qui ont les véhicules et baraques correspondant à ce qu'ils estiment être leur standing. On fait mine de s'en moquer du Rotary, on fantasme des conspirations dessus mais on aimerait bien en faire partie. A la messe, on trouve ça normal que les membres de ce club de notables locaux soient au premier rang, tout comme pendant les réjouissances municipales. Les enfants ont les préjugés des parents ; passés dix ans c'est beaucoup plus difficile pour les faire changer un peu d'avis quant à leurs préjugés. En province, dans ce genre de petites villes, on aime bien la consanguinité totale, je dirais que souvent ça se voit. Et on se trouve tellement plus authentique que les "parisiens"...

    iton-riviere-situee-departement-eure-balades-photographiques_140734.jpgIl y a quelques années, en allant prendre le courrier, j'étais tombé sur un type qui distribuait le bulletin de la paroisse de la petite ville que j'habite. Je le voyais tous les dimanches ou presque car il donnait et donne encore la communion. La plaquette qu'il distribuait proclamait que l'on est tous frères, que l'accueil c'est fondamental, et que c'est bô en plusse. Je lui serrai la main, il me tendit un appendice mou et un peu moite. Il avait le regard exact du lapin de Garenne coincé dans un collet de braconnier, il ne savait pas quoi trop dire, faire de ses mains. Il repartit sans demander son reste. Je compris plus tard qu'il était fébrile du fait de commérages stupides sur mon compte mais pas seulement, mais auxquels il ajoutait foi, son laïus sur l'accueil et le reste étant finalement une sorte de gros pipotage finalement. C'est ça la province, comme cet homme travaillant dans une administration dans une petite ville du département, souffrant d'une dépigmentation de la peau il était réputé sidéen, personne ne lui serrait la main et les bécasses bureaucratiques avec qui il travaillait ne lui faisait jamais la bise (ça lui évitait d'entendre le traditionnel « moi c'est quatre » agrémenté d'un rire peu naturel).

    Ci-dessous des commères plus vraies que nature (ils me semblent que dans la vie elles sont pire cependant)

  • Sale temps pour les minijupes ! La crise les rallonge !

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    diana-rigg-1967-avengers-1.jpgIl y a des sujets fondamentaux, importants, sans lesquels nous vivons beaucoup moins bien, des éléments de notre monde qui sont le socle de la civilisation, je veux bien sûr parler des mini-jupes, cette cause devrait être nationale et susciter un engagement de tout les instants. Alerté par un article d'un grand quotidien qui heureusement faisait son devoir, je me suis immédiatement senti obligé d'en faire part à toute la blogosphère : la crise favoriserait le retour à une certaine pudeur et rallongerait les jupes, ce qui coûte plus cher en tissu on notera, alors que pendant les époques prospères, les vêtements se font plus légers, et les jupes plus courtes, voire très courtes. On voit bien en passant que c'est un acte civique de mettre des mini-jupes mesdames, car ça coûte moins cher à la communauté. Bien sûr, quant à la fin du monokini sur les plages, je ne suis pas vraiment opposé là par contre, car bien souvent, je me croyais à  l'étal de mon charcutier, il faut bien dire que c'était souvent les plus moches qui commettaient là autant d'attentats contre l'esthétique, oui, l'esthétique messieurs, j'ose, et surtout contre la beauté. Et puis comme le disait une actrice qui a pourtant souvent montré son buste, Béatrice Dalle, "sur une plage entre quatre-vingt dix-neuf filles seins nus, et une qui porte une serviette ou un paréo cachant ses seins, on a plutôt envie de regarder la centième", ça se défend. Les obsédés me répondront quant à eux que tout est bon dans le cochon, mais cela ne me regarde pas.

    Comme maintenant, l'on a pris cette merveilleuse habitude de faire des lois pour tout, je demande solennellement par la présente que soit édicté un décret qui favorise l'expansion des mini-jupes, mais attention, pour les femmes disposant d'une paire de jolies jambes, les autres n'étant pas inquiètées de toute façon. Il est à préciser que la mini-jupe pétasse style kilt écossais tout petit sera bien évidemment proscrit, là c'est trop court, et surtout c'est vulgaire.

    Post-scriptum : J'y pense, mais le pantalon blanc transparent, laissant apparaître les deux faces de l'astre plus ou moins caché de nos compagnes devrait être interdit et puni d'une forte amende car c'est odieux, surtout quand l'astre est constellé de cratères et rejets volcaniques.

  • « Du sable dans le maillot de bain en lamé » - troisième épisode (bonus avant les vacances du blog)

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    Pour réfléchir, Steve décida d'aller chez le coiffeur. Il se dirigea d'un pas alerte et sûr vers le cabinet de capilliculture-biocosmétique tétrapîloctome de son ami Steven qui s'occupait des cheveux de toute la société progressiste et riche de San Francisco.

    - Bienvenue dit Steven de son ton le plus professionnel sous lequel perçait secrètement toute la chaleur de l'amitié qu'il portait à son ami architecte.

    L'endroit ressemblait un peu à un cabinet de dentiste high-tech, des jeunes hommes et des jeunes femmes tous coiffés de la même manière, touffe de plusieurs couleurs, tous habillés pareil, pantalons blancs transparents et débardeurs de même couleur, s'affairaient autour des fauteuils dans lesquels prenaient place les clients.

    A chaque fois que l'un d'eux s'asseyaient ils disaient d'un ton froid et monocorde qui avait été conseillé par un performer hollandais :

    - Fait beau mais ça durera pas, le fond de l'air est frais ; et répondaient : « Ah lala » à chaque fois qu'un client racontait ses malheurs.

    Un jeune homme fit le shampoing de Steve et lui remit un exemplaire du dernier livre de Jacques Derrida traduit en anglais, car dans le cabinet de Steven on ne lisait pas des magazines vulgaires, on continuait à se cultiver. Certaines mauvaises langues prétendaient que Derrida était un philosophe pour garçons-coiffeurs mais Steven était un biocosméticien de haute tenue.

    Cependant, Steve eût un peu peur quand il le vit s'approcher avec une tondeuse ronronnante. Steven le rassura tout de suite :

    - Ne t'inquiète pas, je compte te sculpter une néo-brosse (ou « new brush ») note du traducteur).

    Steve lui répondit :

    - Mais je ne suis pas inquiet Steven, je songeais au meurtre de ma tante qui était en fait mon oncle, et comme je ne peux me tordre de douleur sur le sol de ton cabinet je transfère ça en stress à la vue d'instruments familiers.

    Michael-Jackson.jpgEn regardant une photo au mur (voir ci-contre), Steve eût un choc terrible qui fit que la tondeuse décrivit un magnifique « Z » dans sa chevelure dont la couleur était mise en valeur par la superbe lumière dorée qui tombait des baies du cabinet qui donnaient sur le « Golden Gate » qui n'était qu'à deux kilomètres.

    En effet, Steve avait reconnu sa tante, ou faudrait-il dire son oncle.

    Son oncle.

    C'était Michael Jackson.

    Michael Jackson.

    Mais il était mort prétendaient les journaux.

    Prétendaient les journaux.

    (La répétition permet d'appuyer les effets dramatiques : note du traducteur)

    Steve dit : « Ma tante c'était Michael Jackson ».

    (Là je pense qu'on a bien compris : note du traducteur)

    Steven mit la main devant sa bouche, les peignes cessèrent de cliqueter avec les bracelets des garçons-coiffeurs, les tondeuses s'arrêtèrent et les bombes aérosols se turent, tout le monde retenait son souffle.

    À suivre...

    (Dans une semaine, je sais c'est sadique : note du traducteur)

    « The suspens ize unbearable »

  • Éteignez vos portables

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    J'ai envie de le dire vingt fois par jour, le pire étant les portables dans le train...

  • Les pornos softs de fin de soirée – la vengeance du retour de la cinéphilie honteuse

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    Non, ne proteste pas ami lecteur, mon semblable mon frère, et toi ami jeune qui découvre les mystères de la puberté, tu as déjà regardé ce genre de cochonneries sur M6, ou maintenant sur les chaînes de la TNT, en prétendant quand tu étais surpris par quelqu'un que tu tombais dessus par hasard. Souvent, c'est à prétention littéraire ou philosophique et assorti d'un scénario bien que j'hésite à appeler ainsi l'argument-prétexte qui permettra de relier les scènes de cul toutes ensemble car on est quand même là pour enquiller les moments où les acteurs exécuteront le simulacre de la reproduction. Entre deux, bien sûr, ils jouent à peu près tous comme des pieds ce qui fait largement retomber le semblant d'excitation ressenti peu avant. Les hommes comme les femmes y ont des boulots de bobos, des trucs dans l'informatique (on voit un des types tapoter n'importe quoi sur un ordinateur les sourcils froncés, on sait très bien qu'il a dû taper quelque chose comme « ?JKKUr$ » mais sur son écran apparaît toujours un pseudo cadre de traitement de textes très esthétique). L'un des deux hommes, ils travaillent à deux, a toujours des problèmes avec sa copine/sa femme/ sa fiancée (rayez la mention inutile) et s'en plaint. L'autre est toujours drôlement épanoui dans son couple y compris sur le plan sexuel et il donne des conseils pour se libérer à son ami (nous y voilà). Là, cut, (le filmage est aussi plat qu'un encéphalogramme de Christophe Maé), et on va dans l'appartement que le premier partage avec sa compagne, qui est ou toute nue ou pas loin de l'être. Dans ce genre de films, il faut savoir que l'on prend son petit déjeuner nu, que l'on vide le lave-vaisselle aussi complètement nu, idem pour regarder la télévision. Les voisins doivent être ou ravis ou scandalisés. Ou l'immeuble est interdit lui aussi aux moins de 16 ans. La jeune femme frustrée boit un verre de vin, tout en lisant une lettre, situation banale, et alors là une de ses amies proches, l'épouse du deuxième crétin cité plus haut, entre dans l'appartement, elle vient réconforter sa copine. Elles causent de chose et d'autres, l'une d'elles dit un truc du genre : « Tu aimes les pot-pourris à l'encens sur tes meubles ? ». Comme quoi, même les banalités ça aide à séduire visiblement, j'essaierai bien sur une cobaye pour voir : « Tu sais que des plantes vertes aident à aérer un appartement ? » pour voir l'effet.

    Et là toc, l'autre la caresse et c'est l'orgie sur fond de synthés sinistres. Car la musique de ces films, qui ne doivent pas coûter trop cher, est toujours au synthé, voire au Bontempi. Après cette scène, les deux jeunes femmes se quittent comme si elles venaient de faire une belote, et le mari de l'épouse frustrée rentre, il regarde intensément la femme de son ami qui sort de l'appartement et là pour bien souligner la tension séquesuelle, on nous remet un petit coup de synthé. La deuxième épouse rentre alors chez son époux drôlement libéré, et très ouvert d'esprit. Ils mangent des sushis, ou alors un wok et puis, comme ils ont une petite envie, re-synthé et re-scène de cul un peu partout dans le living-room Rocher-Bobois, ce qui tue l'ambiance c'est que ce couple très libéré semble avoir très mauvais goût en matière d'ameublement. On n'est toujours pas dans la sensualité joyeuse car finalement ce genre de films est quasiment janséniste, la tromperie est durement punie, les amants durement châtiés même si entre deux on nous a montré une scène d'orgie domestique. Rajoutons à cela le didactisme obligatoire de toutes les productions françaises quand on parle de sexualité : préservatif, la cigarette c'est pas bien (le méchant fume), le vin c'est bien mais en petites quantités, le sport c'est bien pour s'entretenir. Mais ce que je trouve finalement le plus drôle dans ces métrages qui ne sont ni pire ni meilleurs qu'un bouquin de Catherine Millet sur le plan du cul (du cul, du cul, du cul) ce sont les scènes où les personnages sont censés lire, on voit bien qu'ils n'ont pas ouvert un livre depuis des lustres et on sent bien leur soulagement quand il le repose à la fin de la scène. Parfois, bien sûr, grand classique, il y a un plombier/employé du gaz/facteur qui vient porter une lettre, vérifier les compteurs chez les « héros » du film, et bien sûr, il finit toujours par se déloquer après avoir dit un truc très excitant comme : « Ah, oui, mmm, je constate que votre consommation de jour est plus importante que la nuit, petite coquine », ou, « Mmmm, voilà un recommandé, je vais vous le tamponner virilement ! »...etc.

    Au bout du compte, je déconseille ce genre de films, ça démoralise pour la semaine, les dépressifs mutins doivent adorer cependant.

    lady_chatterley_2.jpgRegardez plutôt le "Lady Chatterley" de Pascale Ferran

  • Tourments intimes d'un cochon en désintox

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    Il fait trop chaud pour autre chose que "Liberty Meadows aujourd'hui, et une pin-up de Franck Cho un peu sadique...

    Le cochon est l'ancienne mascotte d'une confrérie d'étudiants, il est actuellement en cure de désintoxication à la clinique de Brandy, la brune, vétérinaire à "Liberty Meadows".cho_2.jpg

  • La fin des "brushings"

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    people-michael-jackson-2466276_1350.jpgFarah Fawett, l'ancienne drôle de dame permanentée au sourire "pepsodent", est morte ce matin, et hier Michael Jackson, l'idole de millions d'anciens djeuns à travers le monde. Pour lui, je ne sais pas, il ne manquait pas de talent, il avait le donc d'enquiller les tubes, et a débuté la "Motown", à la rigueur j'aime bien "Don't stop till you get enough", ou encore même "Thriller" qui était un hommage aux séries B et Z. Beaucoup ont découvert ce cinéma alternatif gràce à lui, et surtout gràce à John Landis. Il y en a qui nous explique qu'il représentait une idéologie nazifiante presque, commerciale et tout, qui voit en lui beaucoup plus qu'il n'était. D'autres le perçoivent comme le symbole des années 80 qu'ils éxècrent, c'est leur droit mais du point de vue du consumérisme c'est de pire en pire surtout maintenant. C'était surtout un malade riche à millions, adulé, un pédophile aussi, une pauvre âme, ni un monstre, ni un ange. De là à faire un pélerinage à "Nerverland", faut pas déconner, je me rappelle déjà le trouver grotesque depuis le collège. Mais il fait aussi partie de ma jeunesse, malgré tout.

    farah_fawcett_poster.jpgFarah Fawcett Majors c'était la blonde qui faisait de l'ombre aux deux autres dont personne ne se rappelle plus, excepté Jaclyn Smith qui apparaît dans l'adaptation cinématographique de la série qui était déjà très con mais d'une connerie assumée, on ne se prenait pas trop au sérieux, c'était comme si Hugh Heffner, le patron de "Playboy" avait écrit un feuilleton féministe. C'est un truc très "filles" "Drôles de dames", je me souviens d'une, une drôle de fille aussi, cultivée, dotée d'un sens de l'humour fin, intelligente, m'ayant un après-midi imposé ça chez elle et il ne fallait pas moufter ou oser une plaisanterie, même pendant le générique et ce que récitait le narrateur : "il était une fois trois filles superbes...". C'était une époque encore innocente, un rien inconséquente. On pouvait s'emballer pour des futilités sans que çà ne porte à conséquence, on n'avait pas besoin de se justifier par un pseudo-engagement humanitaire ou idéologique.

  • Les jeunes filles qui rêvent

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    28109.jpgDans le bus, dans la rue, on voit des jeunes filles en djin taille basse parfois quand elles sont seules, quand elles ne se sentent pas observées ou qu'elles s'en fichent soudain, remonter ce vêtement sur leur taille comme si elles étaient soudain gênées de la naissance de leur chute de reins qu'il laisse apparaître, qu'elles comprenaient que la mode c'est vraiment con. Ou bien à cacher leurs formes, serrées par un pantalon ultra-collant style 80's, par un pull ou autre chose (rien de pire que le pantalon blanc transparent, rien de moins séduisant finalement). Comme si finalement ce besoin compulsif de plaire à tout prix, même de manière hyper-primaire, elle le ressentait très négativement (car dans la pub, une fille ça doit plaire, avoir un postérieur tentateur et un buste chasse-neige qui attire les regards et tant pis si on la prend pour une fille facile). Cela s'accroît de plus en plus, de pire en pire, avec les émissions de « côtching » stupide imposant aux jeunes esprits des stéréotypes de plus en plus débiles, sans parler de tous ces « talk shows » et trucs pseudo-réels mettant en scène grossièrement la vie de couple ou la pervertissant.

    C'est un moment émouvant où les filles, et les femmes, sont toujours belles, ce moment où leurs gestes sont complètement naturelles et non dictés par la mode ou les conventions, quand elles relèvent leurs cheveux par exemple.

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    Derrière les yeux noirs des filles de quinze ans, il n'y'a pas forcément de mystère.

    *

    Et puis quand les copines réapparaissent, la pudeur est obligée de s'envoler, on essaie des attitudes, un pied sur l'autre, les deux pouces négligemment glissés dans les poches du pantalon, l'air blasé comme si à quatorze ans ou dix-sept on en avait déjà beaucoup vu du monde, comme si on en savait déjà beaucoup trop. C'est le cas pour certaines, quand il arrive que le nouveau copain de Maman s'avère être aussi un amateur de tendrons et de chair fraîche ou qu'elle doive descendre plus avant dans les cercles de l'enfer domestique qui va jusqu'aux abîmes. On voudrait se faire passer pour une séductrice, une femme mystérieuse, presque fatale, on n'aime pas être comme les potiches des clips de « R'n'B » mais finalement on assume quand même car on croit que c'est obligatoire.

    9_WEB_ToKillAMockingbird.jpgOn ne peut jamais juger. Une petite qui a l'air affranchie peut se révéler encore une enfant totalement innocente rêvant au grand Amour n'osant pas croire que cela puisse lui arriver. Celles-là, derrière leurs yeux noirs, elles ont de temps à autres le regard perdu, les yeux noyés par un chagrin inconsolable et pour ne pas désespérer se mettent en ménage avec un copain de classe quand les parents ne veulent plus d'elles dix-huit ans passés « paske bientôt y 'a plus les allocs ».

    *

    Pourquoi sont-elles si émouvantes ?

    *

    On a envie de les consoler ces jeunes filles presque perdues, de leur dire que leur beauté vaut plus que la conception qu'en a la société actuelle : de la viande à l'étal. On aimerait qu'elles continuent à rêver et non à devoir mettre les pieds dans la réalité de temps en temps sordide. Elles ont des stratagèmes pour vivre comme les autres quand elles vivent sous une dictature ou la férule de crétins barbus ou imberbes qui n'hésiteraient pas à annihiler toute trace de féminité s'ils le pouvaient, comme Marjane Satrapi ou cette jeune fille palestinienne obligée de se voiler qui profitait des cours de français au centre culturel de Jérusalem pour flirtouiller.

  • Pitié pour ceux qui ont du talent - Camélia Jordana virée de "la Nouvelle Star"

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    Ce qui est étonnant, c'est que quand un chanteur de télé-crochet montre un début de talent, une petite pointe de personnalité, c'est comme dans la vie, les autres préfèrent soutenir la chanteuse qui leur rappelle leur bonne copine même si elle chante comme un pied ; du style à appuyer bien fort sur les nasales en anglais et sur le larmoyant en français, mais elle est COMME elles, ou COMME eux, ils préfèrent porter aux nues un rebelle de bar de province, du genre à s'appeler "le Johnny's", qui chante aussi bien que le SDF qui roupille avec son chien dans la rue en bas de chez moi, cuvant sa bière après avoir réclamé deux ou trois sous en récompense pour avoir beuglé -faux- un truc rock ou punk. La petite Camélia Jordana, malgré son pif et ses lunettes sécu, avait quelque chose que les autres n'ont pas, un peu de talent et de créativité (même si elle a une ou deux fausses notes aux deux-tiers de la chanson)...

    Ami djeuns, tu ne seras peut-être pas d'accord avec moi, mais peu importe. D'ailleurs il est vrai que comme tu vis souvent dans un présent perpétuel, tu ne sais même pas qui était Blondie, petit insolent inculte...

    On me dira, le vainqueur aura le droit d'avoir un album entièrement écrit par Obispo ou un roucouleur du même acabit, donc l'un dans l'autre, parfois il vaut mieux louper son coup...

  • Dans la catégorie on s'en fout : le sac de Carla Bruni

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    Carla_Bruni-Sarkozy__21326g.jpgSur un portail bien connu, je tombe sur un article proclamant que Carla « vide son sac ». Alléché par ce titre accrocheur et un rien racoleur, je me fais avoir comme un bleu et je vais voir et je tombe sur un texte écrit par un journaliste (?) ou du moins je le suppose, qui fait de sa carte de presse le même usage qu'une carpette. A force d'utiliser leur muscle lingual, celui-ci aura tendance je pense à râper à force. Carla, cette jeune femme merveilleuse qui déteste se plaindre comme elle l'avoue (il faut dire quand même que là elle aurait du culot à le faire) a donc ouvert en grand les portes de l'Elysée à quelques bécasses...pouf pouf, à des jeunes filles triées sur le volet, cinq lectrices de « Femmes Actuelles » ayant gagné un concours. On y apprend médusé, c'est important pour la campagne des européennes qui se profile il faut le dire, que Carla a deux paires de lunettes, une de vue (pour corriger les paroles de ses chansons je suppose là aussi), une de soleil (là le chœur du troupeau bêêle de ravissement, « comme c'est mignon ») et une boucle d'oreille, une seule car c'est une artiste quoi ? Une vraie. C'est sûr, elle transporte avec elle un grand carnet pour noter ses idées de chanson telle une George Sand moderne ou une sorte de Liane de Pougy plutôt, ou de belle Otéro, des mouchoirs, une pince à cheveux, mais aussi un petit nounours (que son fils lui demande de garder auprès d'elle car c'est une femme moderne et dynamique mais aussi une mère extraordinaire). Elle confie que ce qu'elle écrit dans son carnet est illisible car elle a une « écriture de psychopathe », je cite les saintes écritures, elle oublie aussi que c'est inaudible ensuite à l'écoute. Heureusement pour elle, sa carrière est fabuleuse, de maître Arno Klarsfeld -Non, s'il vous plaît, on ne rigole pas- au président Sarkozy, s'il y a un maître du monde qui traîne, ce sera l'accomplissement pour une telle femme.

    Ci-dessous le moment où le niveau politique français est passé en dessous de zéro, quand le président est venu (c'était une concidence bien sûr -BIEN sûr-) chercher un peu d'amour, nous l'appellerons donc maintenant Chouchou Ier talonnettes.

  • Torrents d'amour – Lucide...

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    1717618563_94e20f73e2.jpgDe la banquette de faux cuir rouge du café, je regarde les gens passer, les bureaucrates mâles empressés, les bureaucrates femelles apprêtées comme des sapins de Noël, les gamines ricanantes, les gosses qui courent derrière leur mère qui parfois colle à l'un ou l'autre une gifle. J'aime bien les clochards qui soudain s'arrêtent au milieu de la rue comme frappés par la grâce, touchés par un ange. C'est le monde, il y a le vieux qui me jette un œil suspicieux, sa femme au bras. On ne doit pas se regarder dans la rue, c'est mal vu.

    *

    Quand je vois les gosses dans la rue, j'ai toujours l'impression de pouvoir discerner quel genre d'adultes ils donneront. Bien sûr, j'aimerais me tromper, et puis me dire qu'ils seront peut-être autre chose que des individus perdus dans la masse, le jeune homme romantique deviendra un notable respecté de ses pairs, à la renommée impeccable de sa bouchère au marchand de journaux qui l'appellera « meussieur, euh... », cette pasionaria qui s'enflamme à côté de moi sera une vieille fille à chats ou elle vivra avec une autre vieille fille, tous ces enfants seront des adultes incapables de réfléchir par eux-mêmes, infoutus de donner un peu plus au type qui fait la manche mais envoyant sans problèmes aucuns des « essèmesses » surtaxés pour voter pour des chanteurs qui ne sont même pas de salles de bains. Il y a un écran au-dessus du zinc, les habitués du troquet regardent vaguement, ils hochent la tête en cadence quand il faut et où il faut, là où on leur dit de faire. Un malappris commence à critiquer l'un ou l'autre, souvent le président, on le remet vite à sa place le malpoli.


    On lui dit :


    -Le président au moins, il a les mains dans le cambouis. Tu le critiques mais t'es pas président. T'as qu'à te faire élire si t'es pas content !


    L'insolent ne sait pas quoi répondre à tant de logique imparable. Il préfère alors la boucler.


    Mais quand on observe un peu le monde, que l'on est juste un peu honnête avec soi, on ne peut que reconnaître sa laideur, sa folie, son inanité, l'iniquité qui en est la base, depuis longtemps, et un peu plus depuis que l'argent est devenu le seul repère. Le problème est que tout le monde s'en contente, on dit : « Hé quoi, tu voudrais vivre dans les bois ? » ou « il faut hurler avec les loups », on te traite de rêveur, d'inadapté alors que c'est toi qui voit la réalité derrière la trame : les bons bourgeois qui jouent les anars, les faux dandys, les fausses femmes savantes, les vraies courtisanes, les bons apôtres de bazar qui montrent vite leur vrai visage, les aventuriers de pacotille, les vengeurs masqués de supermarché, les philosophes ronds-de-cuir. Tout cela, il faut bien s'en contenter selon le troupeau qui préfère alors brouter son herbe en toute tranquillité. Le troupeau s'en fout que l'herbe peut être plus verte, il broute, c'est tout.

    *

    2650678154_015f953373_o.jpgLes rêveurs restent un problème. Ils n'ont pas envie de la grisaille, pas envie des musiciens faussement rebelles qui pointent dans les multinationales, des écrivains qui vendent leur soupe pour vanter les mérites l'un de sa vulgate idéologique, l'autre de sa nouvelle foi de la veille qui en fait bien sûr un saint quasiment instantané. On ne remarque jamais les rêveurs assez, ceux qui aiment bien prendre le temps de rêvasser, de lire, d'écouter de la musique, de regarder vraiment un film, d'écrire, de dessiner. On leur demande souvent : « A quoi ça sert ? ». Il faudrait que ce soit productif pour la société de rêvasser, car finalement, ce qui domine c'est encore l'instinct grégaire, l'instinct de survie de la tribu. Les mâles alphas rêvent encore de devenir mâles dominants, qu'ils travaillent à la bourse ou dans une administration, qu'ils soient simples prolos ou ministres.


    A côté de moi, la pasionaria, une fille mince, nerveuse, jolie, au physique de sylphide inquiète, continue de parler, parler, parler, d'injustices, de droits des femmes, de pauvreté et elle refait le monde sans reprendre son souffle même quand son compagnon paye le serveur venu réclamer son dû. La pasionaria commence déjà à mettre son manteau, elle est très disciplinée, elle sait que s'il paye, il est temps de partir. L'autre lui passe la main autour des épaules car elle est à lui.


    Je sais bien quant à moi qu'il faudrait que je renonce à ma nostalgie, au souvenir de mes amours. Je sais bien qu'elle ne m'aime plus, ou qu'elle pense peut-être à moi comme on feuillette ces vieux albums photos de notre enfance ou notre adolescence en ayant l'impression de voir quelqu'un d'autre sur les images. Quand on se dit différent des autres, on croit discerner en toi de la vanité, de l'orgueil, c'est un grand péché de croire que l'on peut échapper au sort du plus grand nombre. Le troupeau est fataliste, il faut obéir, se soumettre.


    À suivre...

  • Torrents d'amour - Romantisme

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    cafe_costes_paris.jpgIl m'est revenu en mémoire cette discussion d'un soir avec un ami romantique, ou se prétendant tel. Il m'avait invité au café Costes, le lieu le mettait en valeur se disait-il.

    Il poursuivait d'un amour éthéré, idéal, des jeunes femmes qui s'en fichaient, ou se sentaient flattées. Il pleurait beaucoup, souffrait beaucoup, et aimait ça. Et puis quand il arrivait à ses fins, elles ne l'intéressait plus du tout. Après les avoir perçues comme des princesses de conte de fées, elles devenaient des femmes comme les autres, tout juste banales. Il offrait des fleurs et des poèmes enflammés, des vers de mirliton grandiloquents, à des péronelles qui ne l'avaient sans doute jamais remarqué. Il le savait très bien, il était heureux comme ça.

    Il me dit :

    - Tu sais, moi tout ce qui m'importe, c'est juste de la prendre dans mes bras, dit-il en parlant de sa dulcinée du moment.

    Il me regarde avec intensité, attendant ma réponse d'un air de défi. Elle ne se fait pas attendre :

    - Moi, je n'ai pas envie de me contenter de la serrer dans mes bras, pour observer ensuite la pleine lune en se tenant par la main. On a tous les deux, fort heureusement, un sexe.

    Il me dit que je ne suis vraiment pas romantique, que je devrais essayer un peu de tendresse, que je dois être malheureux pour ressentir cela et idéaliser aussi peu l'amour. Il trouve que sa vie est parfaite comme ça, et que la mienne doit être bien triste. il me plaindrait presque. Ce n'est au fond qu'une réflexion de petit bourgeois satisfait de ses avantages, de ce que ses relations peuvent lui offrir, et surtout à quoi elles peuvent lui servir. Il enrobe le tout d'un peu de sentimentalisme.

    Il dit encore se lançant dans une psychanalyse risquée et stupide finalement :

    - Les gens comme toi, ils n'aiment pas les gens, on dit qu'ils ne s'aiment pas, mais au fond ce sont des narcissiques.

    La soirée commence à être pesante, ainsi sont les donneurs de leçon qui croient leur existence exemplaire, ils finissent toujours par se croire autorisés à juger de la vie des autres, à condamner, stigmatiser, approuver sans réfléchir à la profondeur réelle de leur questionnement. J'ai envie de l'envoyer promener, ce dont je ne me prive pas, sa réaction est prévisible, pour lui je suis un ingrat, que l'on aide, que l'on soutient, (juste un tout petit hors de l'eau pour continuer à être en somme le malheureux de service), et "puis voilà tout ce que l'on a en remerciements".

    Je le vois s'éloigner, il n'a pas voulu me serrer la main. Ce n'est pas très grave. C'est un barreau en moins à la fenêtre de ma solitude, aussi étrange que cela puisse paraître. J'en soupire de soulagement.

    Tout est finalement une question d'apparences et de préjugés, de respect de règles non-écrites qui font que l'on ne doit pas dire la vérité des faits, que l'on ne doit pas prendre les gens pour ce qu'ils sont mais pour ce qu'ils veulent donner l'impression d'être.

    Un jour, elle était arrivé dans un café où j'étais déjà avec un autre homme. Nous étions connus dans l'endroit, et bientôt, on me plaignit, on me dit : "Tu vois, tu rêvais, une de perdue...". Tout rentrait dans l'ordre immuable des lieux communs et des a-priori, une fille comme elle ne pouvait pas être avec un type comme moi. Et là elle m'a simplement regardé, chargeant son regard de tout ce qu'il y avait entre nous. Et les moqueurs se turent.

    à suivre...

  • Adjani et moi

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    1523.jpgIl ne faudrait pas que je le dise car c'est un secret, mais entre Isabelle Adjani et moi, c'est une grande passion qui a commencée quand je l'ai vue dans "l'École des femmes" annoncer que "le petit chat était mort" il y a de cela quelques années. On la voyait à la télévision parler de ses études, et de son travail comme actrice alors qu'elle débutait. Ensuite, il y a eu "la Gifle" multidiffusée sur TF1 (avec le cadre qui annonçait le grand film du dimanche et sa musique tonitruante). Je comprenais qu'elle soit fâchée contre son père qui était vraiment trop injuste, je compatissais, mais je ne le comprenais pas du tout car son copain c'était Francis Perrin. c'est la première fois qu'Isabelle m'a déçue. Non, quand même, franchement, elle exagérait. Elle a tourné dans différents films dont "l'Histoire d'Adèle H." qui fait d'elle une morte vivante. Le trouble ressenti, bien vague au départ, a fini par se préciser quand elle a tourné "l'été meurtrier". C'était l'époque de l'album des chansons avec Gainsbourg qui, comme la plupart du temps avec les actrices, ne s'était pas foulé pour les rimes et les allitérations. Derrière ses yeux bleu d'eau de javel, il y avait comme un mystère. Et puis là encore, une autre déception, elle a tourné avec l'hystérique Zulavski un truc plus ou moins fantastique, mais un peu trop forcé, elle coupait un bras à son amant avec un couteau électrique de cuisine, le même qu'il y avait dans la cuisine de mes parents. J'étais content qu'ils l'utilisent pas, j'avais limite la trouille. Heureusement qu'il y eut alors "Mortelle Randonnée" et "les Soeurs Brönte".

    Isabelle+Adjani.jpgOnt suivi le pitoyable "Ishtar" avec Warren Beatty et Dustin Hoffman (arriver à rendre ce dernier mauvais, fallait vraiment que le réalisateur soit nul) et le boursouflé "Camille Claudel". Quand elle reçoit le césar pour ce rôle, elle lit quelques extraits des "Versets Sataniques" pour emmerder les mollahs criminels qui avaient condamné l'écrivain pour un livre qui était plus dans la lignée des "mille et une nuits" ou Omar Khayam que dans celle des brûlots anti-religieux. Maintenant que les médias occidentaux et les politiques laissent croire que le Grand Satan c'est Benoît XVI, je me demande comment on en parlerait si elle le faisait maintenant. J'ai bien aimé aussi quand elle est allée en Algérie pour aider les opposants au FIS (Front Islamique du Salut). Et puis je l'ai un peu perdue de vue après "la Reine Margot". Un peu comme ces photos qui inspirent une certaine nostalgie mais sans le désir de revenir particulièrement en arrière. Et là, quand je l'ai revue dans "la Journée de la jupe", c'est comme si tout recommençait entre nous. Hier, je me suis infligé le show cire-pompes à paillettes de Canal + pour elle, "le Grand journal", et comme les jeunes acteurs autour d'elle, j'avais pour sa personne les yeux de Chimène.

  • L'air d'un «pas grand-chose»

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    17%20REMBRANDT%201638%20AUTOPORTRAIT%20AVEC%20SASKIA%20OU.jpgQuand j'étais au Proche-Orient, il y avait à la bibliothèque du Centre Culturel Français de Jérusalem un étudiant qui préparait une thèse et ne fichait donc que rarement les pieds en dehors de cet endroit. Pourtant, peut-être était-ce pour compenser, peut-être était-ce par orgueil ou un complexe d'infériorité, on se sait pas trop, il jouait les aventuriers avec toute oreille compatissante qui voulait bien l'entendre. Pour que la mystification fonctionne bien, il s'habillait en baroudeur : chéchia, chapeau de baroudeur, lunettes d'aventurier et habits kakis et couleur sable. Comme il avait plutôt une bonne petite tête de jouvenceau, les naïfs et naïves le croyaient et gobaient ses dires. Par contre, un ami d'un gabarit confortable comme le mien, et moi-même, quand nous commencions à parler de nos escapades, on souriait avec commisération devant ces deux bons vivants qui ne devaient pas sortir beaucoup et exagéraient sans doute un saut de puce ou un autre. Ce n'était pas possible qu'un petit gros et un grand costaud voyagent, qu'ils voient du pays sans se soucier de leur confort. Et s'ils s'étaient pris en photo devant le soleil couchant sur fond de dunes, personne ne les aurait cru. Très important cette photo, il en est qui en ramenèrent bien 700 voire plus de leur séjour entre Israël et la Palestine.

    Quand je suis rentré, on préférait aussi écouter sur toutes les questions relatives aux problèmes de la région un bouffi mais d'orgueil qui avait passé quinze jours dans le coin, dont sept au « King's David » de Jérusalem, impressionnant le troupeau par le fric et quelques colifichets qu'il avait obtenu par l'obséquiosité et le cirage de pompes de quelque trou-du-cul pompeux vaguement intellectuel. Sans oublier bien sûr les diplômes prouvant sa docilité à gober n'importe quelle sottise idéologique. Cela dit, je ne conteste pas la valeur du travail effectué mais parfois il faut remettre les choses à leur juste place et dans leur juste proportion. C'est un peu pareil sur la lecture, le goût de la belle musique, de l'art. On n'écoute pas celui qui n'a pas un morceau de papier qui fait de sa culture une culture estampillée convenable, ou simplement un peu plus de pognon que la moyenne ce qui impressionne toujours le commun pour qui c'est cela le plus Quentin_La_Tour_autoportrait_small.JPGimportant. La culture n'est là que pour mettre en valeur les prétentions de celui qui l'étale ou celles de celui qui écoute, qui s'en fout de s'enrichir intellectuellement, ne songeant qu'à l'image qu'il donne de lui, image qu'il obsède, celui-ci ne comprendra jamais qu'il serait plus simple qu'il soit simplement vrai dans son attitude et se comporte tel qu'il (elle) est. On remarquera toujours que quand on considère une personne telle qu'elle est, elle n'aime pas, elle préfère qu'on l'aime pour son personnage.

    Plus tard, je me suis présenté devant un « côtche » boulot (censé aider à trouver plus facilement du boulot) qui émit de suite un doute sur mon CV, pour lui ce n'était pas possible, je n'étais pas allé à l'étranger pour y vivre, n'avait pas participé à différentes associations musicales à l'université. C'est terrible, il faut avoir l'air de sa vie pour être considéré vraiment, l'apparence étant le plus important, tout comme les stéréotypes. Dans ces cas-là, pour éviter de me torturer, je prend l'air de rien, je fais comme si je n'entendais pas. Ou alors, à une époque, j'en rajoutais sciemment dans le côté gros lard marrant et un peu plouc, c'est tellement bon d'en remettre une couche alors pour ridiculiser le stéréotype, le couler définitivement, mais il a la vie dure, et s'enferme dans sa coquille plus profondément qu'un escargot dépressif. J'ai un ami, un géant barbu et confortable lui aussi, qui a fini par en souffrir, parce que brûlait au fond de lui un secret désespoir, une perle sombre d'angoisse, mais aussi un désir de reconnaissance pour autre chose que des blagues de fin de banquet, un désir également de romantisme car les êtres ainsi dotés d'une amplitude hors-normes ont besoin d'amour parfois un peu plus que d'autres, et sont capables de passion malgré leurs habits de Raminagrobis ou de Frère Tuck. Quand l'entourage le découvre, les amis, les amours, on prend peur, on entrevoit presque la noirceur du péché chez le coupable que l'on ne comprend plus car il ne correspond plus du tout à l'image fausse que l'on se faisait de lui.

    Deux autoportraits en illustrations : Rembrandt et Quentin de la Tour

  • Rencontrer les personnages des livres de son enfance

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    51XF1KK8EFL._SL500_AA240_.jpgOn cherche souvent des drames affreux, des mélos atroces derrière les situations, on s'imagine un secret terrible et puis quand on comprend, on se dit : "Ce n'était que ça finalement". Je vois cet homme, la quarantaine, qui parle désir, passion, amour, qui s'imagine vivre des sentiments comme un roman  pour finir par s'apercevoir que si il a tellement d'attirance pour une femme c'est parce qu'elle ressemble presque exactement à Claude du "Club des cinq" dans les illustrations des romans homonymes des années 70 par Jean Sidobre. On se disait qu'il y avait un secret avec les filles, on aurait bien rencontré des filles comme Claude, toujours à l'aventure avec son chien, garçon manqué mais féminine, casse-cou et coquette. Et toute cette comédie, c'était ça, réaliser son fantasme d'embrasser un personnage de fiction confondu avec une personne bien réelle. Ce que l'on sentait dans les illustrations, c'était comme un trouble diffus, quelque chose de caché mais mal, pas entièrement, et effectivement, Jean Sidobre illustrait aussi des albums "pour adultes" ce qui transparaissait dans ses dessins pour enfants, ce qui dans la décennie pré-cité ne choquait personne, bien au contraire à la rigueur. Il s'était dit en la rencontrant qu'il l'avait déjà vue quelque part, comme tout le monde le croit en tombant amoureux, et c'était dans un livre. Mais cela il le comprend bien plus tard...Trop tard.