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  • Un dimanche soir d'élections à la télé...

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    1189191-premier-tour-des-legislatives-1973.jpgLe dimanche les célibataires s'ennuient. Ils ont beau avoir différents « trucs » pour ne pas, c'est long un week-end. Par désœuvrement la plupart, vautrés dans leur pieu ou sur leur canapé, se grattant pour les plus blasés les parties intimes à intervalles réguliers en bouffant des chips, allument alors la télé regardant sans regarder, sommeillant vaguement, des feuilletons déjà multi-rediffusés ou des films sentimentaux pour ménagères désespérées. Ce que je fais souvent, je l'avoue (sauf pour les chips après ça gratte).

     

    Ce soir c'est une série déjà vue maintes et maintes fois qui passe, celle mettant en scène les soirées électorales françaises. Les costumes ont beau se moderniser, les effets être plus subtils tout comme les éclairages rien ne change vraiment. Les politiques sont les mêmes « en couleurs » maintenant, depuis trente ou quarante ans, ainsi que les animateurs et éditorialistes.  

     

    illustration prise ici, l'internaute.com

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  • Réconcilions les irréconciliables

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    img_34651_bfm-story-la-semaine-agitee-pour-le-gouvernement-0111.jpgTu me connais ami lecteur, je suis un faux méchant et un authentique gentil, vrai de vrai, je suis comme les ours, on peut me mener par le bout du nez. Donc par ce petit texte je te propose de m'aider à réconcilier des frères ennemis, des gentils militants, et des gentils leaders politiques qui finalement ont très très envie de s'embrasser bien gentiment, qu'ils soient UMP, Péhesse, du ventre mou de l'Udéi, des « Verts » voire des copains du facteur le plus médiatique de France, légende des légendes, figure mythique, aux P et T de Neuilly où certains prétendent encore l'avoir rencontré.

     

    Ils prétendent tous que « eux c'est pas pareil », mais pourtant ils le montrent déjà, j'ai du mal à comprendre, ils veulent donc absolument passer pour des méchants, ils votent souvent ensemble déjà. Certains s'en inquiètent certes, ne veulent pas de cette comédie-bouffe sur l'Europe, mais ce sont des misanthropes, des râleurs, voire peut-être des fââchiistes dont les discours rappellent des « bruits de bottes », des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°).

     

    Déjà, les jeunes ténors du parti comme mon Eduardo Rihan Cipel ou le charmant Geoffroy, gentil garçon tellement sensible (attention je n'ai pas dit que c'était un genre de baudruche vite dégonflée), ils ont beau essayer de faire en sorte que ça ne se voit pas mais leur affection transparaît au grand jour même malgré eux. En effet, quand ils tentent de débattre durement, « comme des hommes », pour faire bonne figure et rester discrets sur leur relation tellement belle en affection et convictions partagées, on sent bien qu'ils ont d'abord et surtout le désir d'une accolade virile pour enfin ne plus cacher qu'ils ont fraternisé depuis longtemps car au fond ils pensent tous les deux la même chose sur l'économie, le social et le politique, en particulier sur l'Union Européenne, Geoffroy étant un libéral « dur », Eduardo un libéral « light » avec deux ou trois alibis sociétaux (voir vidéo ci-dessous).

     

    Ils ont réussi à convaincre des jeunes gens brillants de leur génération de les suivre comme on le voit sur la deuxième vidéo à ce lien, ils sont tous d'accord contre un méchant dont il n'est pas même besoin de citer le nom, méchant qu'Eduardo remet à sa place non mais, y compris le rebelle et génialissime Arnaud Champremier-Trigano, sémillant directeur de la communication de Jean-Luc Mélénchon. Ils essaiment, ils convertissent sans le dire les autres. Ils arrivent même à dénoncer la violence des méchants pendant un débat « citoyen » contre la violence ! Sont-ils forts n'est-il pas ?

     

    Ils partagent tous les mêmes éléments de langage, comme, je le rappelle, je suis un type fort gentil, je t'ai fait un petit lexique à destination de tous, militants, électeurs lambda, ami lecteur, juste ci-dessous :

     

    Il est conseillé aux militants de l'UMP (ce qu'il en reste), du Péhesse, de l'Udéi, du Modème, de la LCR, d'Europe Écologie les Verts de l'apprendre par cœur...

     

    poujade.jpgLexique politique - notions fondamentales : (sous le patronage tutélaire de Pierre Poujade, autre figure brillante, oui là aussi ami lecteur il s'agit d'ironie) 

     

    Union Européenne : n.f, subst, la marche irréversible du progrès

     

    Mondialisation : n.f, subst, la marche irréversible du progrès

     

    Multiculturalisme : n.f, subst, la marche irréversible du progrès

     

    Communautarisme : n.f, subst, la marche irréversible du progrès

     

    Toute loi sociétale : n.f, adj la marche irréversible du progrès

     

    « Les Heures les plus sombres de notre histoire » : exp, tout ce qui contredit la marche irréversible du progrès

     

    Nation : n.f, notion rance rappelant des « bruits de bottes »

     

    Peuple : n.f, ploucs infâmes sauf si « issus de la diversité »

     

    Culture : n.f, notion rance, (syn : nauséabonde) rappelant des « bruits de bottes » sauf si contemporaine, élitiste (même pour la frime)

     

    Populiste : syn poujadiste, ou fasciste, tous ceux qui doutent du bien-fondé des définitions ci-dessus

     

    image du haut prise ici

    le beau visage de prolétaire buriné d'Arnaud Champremier-Trigano vient d'ici, du "blog du communicant"

    le portrait de Poujade vient de

     


    BFM Story: la politique du gouvernement... par BFMTV

  • Le bal des nantis – ou les antifââchiistes des CSP ++

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    image édition de "20 minutes" du 26 mai

     

    Ce n'est pas, je l'ai déjà dit à maintes reprises sur ce blog, que je sois vraiment un fanatique de la famille le Pen, je regrette quand même que les valeurs de la France, de son histoire, de ses racines Chrétiennes soient portées par un parti comme le FN.

    politique,société,européennes,fn,ump,ps,fdg 

    Cependant, en allant au défilé du 1er Mai, j'ai rencontré des petites gens souvent sans instruction, sans culture personnelle mais inquiets pour leur pays, et pas seulement pour eux, inquiets pour les valeurs de ce pays, en colère à cause du mépris des politiques qui ne les écoutent pas, de leur dédain constant se manifestant par leur appétence à répéter qu'il faut faire encore plus de pédagogie, s’abstenant de rajouter mais ils le pensent très fort « parce que ces connards du peuple, ces franchouillards, n'ont rien compris » au mouvement inéluctable de la mondialisation hyper-libérale forcément heureuse.

     

    Notons en passant, à l'entendre dans le débat, que pour le délicieux (sic) Cambadélis, un français est nécessairement blanc ce qui me confirme dans l'idée que lui et les autres ne combattent pas les idées du FN, ils ont juste la trouille pour « leurs » places...

     

    Et puis il faut bien dire qu'en tant qu'anar de droite parfaitement et joyeusement indécrottable, ce bon coup de pied dans la fourmilière me réjouit, m'amuse, me colle le traczir. Que c'est bon ! La gueule de Copé, à la tête de canaille policée en costard de film de gangsters des années 40 ! La gueule de Le Foll qui ne réussit pas à prononcer le mot défaite voire déculottée sans parler de celle de Bové ! Quel panard les amis ! Tous sociéto-libéraux-libertaires à s'embourber dans l'explication contradictoire qui voudrait que ce vote n'est rien à cause de l'abstention mais que c'est un choc en Europe, il faudrait savoir, ça ne représente rien ou c'est un choc ?

     

    J'ai compris également hier soir ce sur quoi se basait réellement l'européisme béat en regardant sur France 2, pas longtemps, l'émission consacrée aux Européennes avec des invités de la « société civile » tous passionnants, je t'assure ami lecteur, tous d'accord, tous sur la même ligne concernant l'Europe, tous nantis, un seul surnageant et étant pertinent, Hubert Védrine, présentée par Laurent Delahousse, journaliste blond « parce qu'il le vaut bien ». On aurait cru les entendre dans les coulisses dire ceci :

     

    « l'Europe tu 'ois coco c'est teeellement sympââ, tu vas à Venise, merde maintenant tu paies en euros, c'est super pratique, et puis si tu veux tu t'achètes un loft à Londres, c'est hyyper cher mais drôlement cool aussi ».

     

    Finalement, les larbins en herbe de classes moyennes inférieures ou supérieures qui soutiennent l'européisme, « l'ââvenir » pour eux selon une de mes co-dépouilleuses de l'après-vote, le font juste parce qu'ils se rêvent assis à cette table de nantis. Quand ils parlent de leur admiration sans bornes pour l'Europe, ils sont presque comme eux, des gens connus que l'on invite à la télévision pour causer gravement de ces salauds de populistes de français de basse extraction.

     

    On les sentait frappés d'une certaine stupeur, incapables également de comprendre ce qui venait de se passer, tous à se lamenter sur le « manque de pédagogie » du gouvernement sur l'Europe, les peuples devant en somme se laisser paupériser sans réagir, tous à entonner en choeur le refrain du retour des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°), tous à approuver un langage à la fois technocratique et hyper-libéral finalement, invoquant eux aussi l'abstention qui fait que cette élection en gros ne veut rien dire et le choc que cela représente, caricaturant au passage les eurosceptiques qui ne veulent pas sortir de l'Europe mais simplement que celle-ci écoute les citoyens et tiennent compte du Bien Commun.

     

    A cette table de nantis on croisait aussi bien Marc Lévy à la barbe de trois jours légendaire et au style tellement puissant qu'il arrive à placer vingt produits dans un paragraphe, Jacques Weber, le tragédien concerné, citoyen et bien entendu de gôche, tellement de gôche d'ailleurs que je me suis laissé dire qu'il partageait maintenant ses cachets pour les pubs « Danacol » avec les pauvres de son quartier, Laurence Parisot, deux ou trois politologues de salon. J'étais presque étonné que tous ces bonnes gens de gôche ne soient pas plus gênés que ça d'être à côté d'elle.

     

    Ces nantis se fichent bien également des risques de xénophobie, ce qui les inquiète c'est que leur mode de vie soit remis en cause, ce qui les inquiète c'est que leur haine des valeurs morales, nationales et spirituelles soit questionnée. C'est qu(ils y tiennent à leurs privilèges...

     

    Les nantis il faut dire, c'est comme les bourgeois...

  • Soyons turbulents pendant les élections européennes

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    également sur "Mauvaise Nouvelle" 

     

    La "remarquable", très creuse et très sociétale affiche ci-dessous provient de ce site...

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    Elle est parlante et maladroite en même temps, car en gros l'électrice au centre va se faire baiser mais elle ne sait pas encore par qui...

     

    Il se peut que tu me dises ami lecteur que je fasse un peu dans le palimpseste zemmourien ce matin mais quand il est pertinent, et il l'est quand même souvent, je ne vois pas trop le problème non plus. Quand il compare il y a quelques mois les européistes évoquant l'Europe et les manques d'Europe selon eux aux communistes qui affirmaient dans les derniers temps de l'URSS que les républiques socialistes s'effondraient parce qu'elles n'étaient pas encore assez communistes, il a tout fait raison, et cela se vérifie encore dans les derniers feux de la campagne, assez nulle en effet, à l'exception d'un ou deux politiques, des Européennes pour qui la nation et l'idée même de nation, ou de souveraineté, sont de toutes façons obsolètes, mortes et enterrées depuis déjà fort longtemps ainsi que l'affirme Daniel Cohn-Bendit (pauvre Cohn...) entre autres qui dit tout haut ce que les ténors UMP et PS sans parler du « ventre mou » de l'UDI-Modem, y compris les « souverainistes » chez eux pensent tout bas.

     

    D'ailleurs, les « grands » partis républicains, c'est eux qui se qualifient ainsi, n'y croient pas non plus du tout à ces européennes et à leur discours pré-mâché sur les bienfaits de l'Union hyper-libérale puisque la plupart des têtes de liste des grandes régions de l'Union sont des seconds couteaux sans grande envergure, je songe par exemple à Karima Delli d' « Europe Ecologie les Verts » qui rappelle ces premières de la classe insupportables et « têtes à claques » qui ne peuvent pas aligner trois mots sans un lieu commun, docile et soumise à l'idéologie du troupeau bien-pensant sans se poser aucune question ni remettre en cause la bonne parole.

     

    Que nous disent avec presque des sanglots dans la voix les européistes de la droite libérale-libertaire comme de la gauche sociétale-libérale ? Si les citoyens français particuliers sont en colère (car ils voient quand même cette colère) du fait de la politique d'austérité drastique qu'impliquent les fameux critères de convergence et à cause du détricotage scandaleux des services publics dont l'éducation Nationale, c'est en fait parce que les décisions de la commission de Bruxelles ne sont pas encore assez prégnantes dans leur vie quotidienne, pas encore assez présentes, en attendant les normes qui seront imposées par le Traité transatlantique.

     

    Je suis toujours étonné également, plutôt effaré, de constater que les fonctionnaires qui s'émeuvent non sans raison de la destruction programmée des services de l’État aux citoyens continuent à voter PS et, ou écolo pour la majorité d'entre eux, ce qui est tendre les verges pour se faire battre...

     

    En effet, en Grèce, en Espagne, en Italie, les politiques européennes ont eu des répercussions profondes dans l'existence de chaque personne depuis quelques années et bien visibles :

     

    Paupérisation galopante, précarité du salariat, un rêve humide de Pierre Gattaz la Grèce !

     

    Pour connaitre l'état d'esprit du système, son affolement éventuel face à la montée de la colère des peuples, rien de tel que de regarder « le Petit Journal » de Canal Pelu, ce moment de « pure » dérision « citoyenne » et militante ou d'écouter France-Inter, en particulier les interviews du jovial Philippe Cohen.

     

    Leurs cibles favorites depuis longtemps sont les partis souverainistes, ayant le souci de la nation, qualifiés de « populistes », qualificatif qui permet parfois de ne pas aller plus loin dans un débat politique car il dit tout. Encore hier Thomas Piketty, l'économiste de gauche à la mode à « Boboland », ce qui ne veut pas dire que ceux qui l'adulent sont prêts à partager quelque part que ce soit de leu magot, montrait tout le mépris et le dédain qu'il a des électeurs de droite qui osent parler contre l'Europe, une Union Européenne pourtant ultra-libérale à la base et donc théoriquement à l'inverse de ce qu'il écrit. A leur propos il ne parle que de « haine »...

     

    Ce qui en dit long sur son souci réel de la montée de la précarité sociale, un pauvre est tenu d'être gentil, bien sage et docile et de dire merci au monsieur qui lui dit ce qu'il doit faire s'il veut manger chaque jour, avoir un travail, tenter d'être un peu heureux, un pauvre n'a pas le droit d'être de droite, de réfléchir, de penser par lui-même.

     

    Bien entendu, il est hors de question que sur ce blog, nous soyons un jour gentils, bien sages et dociles, contre ce totalitarisme de la pensée, nous préférons être turbulents, indociles et impertinents, quitte à poser les questions qui fâchent.

  • Valse en deux temps

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     Manuel Valse c'est un peu un Jean-Marc Ayrault qui serait doté de gonades, de testostérone et d'énergie. Il a présenté son discours de politique générale devant les parlementaires. Certains ont feint de croire qu'il y avait un suspens intolérable, impossible et que peut-être les députés n'allaient pas voter la confiance à ce gouvernement, car Valse est considéré comme étant de droite, voire même lepèniste dans la gauche sociétale et la vraie gauche, celle qui si elle ne se retenait pas redistribuerait ses salaires dans la seconde aux nécessiteux, s'il a évoqué son statut de « sang mêlé », il a aussi été le premier à évoquer, certes du bout des lèvres, la réalité de « l'intégration » de populations d'origine allogène, réalité qu'en tant que ministre de l'Intérieur il connait bien :

    Manuel-Valls_pics_390.jpg

     

    L'art de vivre considéré comme un souci d'hédoniste petit-bourgeois, la culture, considéré comme une lubie de privilégié, l'art perçu uniquement dans « l'utilité » et le messâââge qu'il pourrait bien avoir etc...

     

    Ce n'est pas entièrement la faute de ces populations à qui certes on a consciencieusement appris à ne pas aimer la France par ceux-là même censés former les citoyens, elle leur est décrite comme rââciiste, fââchiiste, collabo, antisémite, colonisatrice, amatrice de massacres etc...et j'en passe. Pour eux tout ce qui ne va pas dans leur sens de l'Histoire, celui généralement du progrès progressiste, tout est bon à jeter.

     

    On voit ce que donne ce progrès progressiste chaque jour, des gosses farouchement égocentriques, tournés sur eux-mêmes, préoccupés presque exclusivement de posséder le dernier gadget que la pub et les médias leurs enjoignent d'avoir, des adultes incapables de prendre leurs responsabilités, de mûrir simplement...

     

    Il est donc plus que normal que des français de deuxième ou troisième génération, des immigrés de fraîche date sans papiers ou non, nous méprisent cordialement mais par contre revendiquernt leurs droits qui leurs sont accordés sans échange de devoirs ou de civisme en réciprocité, surtout pas de contraintes ! Surtout pas de « culpabilisation » ! Non, on espère qu'en étant gentils tout pleins ils le seront aussi et seront assoifés de découvrir la citoyenneté et ses joies, ce qui est méconnaître gravement la nature humaine et les ravages de l'individualisme de masse contemporain.

     

    Sur le fond, c'est tout comme pour Ayrault, tout comme pour Fillon première et deuxième saisons, la même politique soumise aux responsables de l'Union Européenne, aux institutions financières, selon le terme pudique des journalistes, et aux patrons de grandes entreprises transnationales qui voient un intérêt majeur au détricotage systématique et méthodique des nations et des peuples sous prétexte d'économie, et donc de démagogie, en mettant en avant des régionalismes qui n'existent plus depuis longtemps, et en incitant certains esprits étriqués à se replier sur leur toute petite perception de l'identité qui se limite à leur bled idéalisé.

     

    A l'Uèmepet comme au Péhesse, les politiques ont déjà entériné la fin de la France me fera-r-on remarquer, et n'ont de toutes façons de ce vieux pays qu'une idée très floue toute entière basée sur des lieux communs qu'ils finissent par prendre pour des vérités, et une histoire réécrite dans le sens du masochisme mémoriel constant, de l'auto-flagellation collective, et de l'idéologisme, qu'ils ont assimilé sans trop de difficultés.

     

    Ils ont déjà enterré le pays car pour eux, parler de nation est réellement synonyme d'adhésion à des idées totalitaires, aux fascismes, au nazisme. On le croit à peine mais ils ne sont pas cyniques sur la question, ils sont sincères dans leur internationalisme de pacotille. Ce sont les idiots utiles du libéralisme supra-national qui a un intérêt au démantèlement de tous les liens sociaux et collectifs qui empêchent encore l'individu de se soumettre totalement aux désidérata des sacro-saints « marchés ».

     

    Ne serait-il pas temps de commencer enfin à contester ces « désidérata » ?...

     

    Manuel à la plage, image prise ici

     

  • Evreux-Clochemerle sur PS c'est la France

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    politique, Champredon, Evreux, société, PS, Fdg, UMP, municipalesJ'ai été invité ce matin à la réunion de campagne de Michel Champredon, notre maire d’Évreux, par un correspondant bien intentionné mais qui se méprend sur moi et sur ma perception de choses, oubliant au passage certaines appétences dirons-nous, et tribulations de notre édile locale (que le Très Haut, le Tout Puissant le Miséricordieux l'ait en sa Sainte garde !). Non, franchement, (voir fig 1 en haut à droite), est-ce que j'ai une tête « de gauche » ? Enfin de gauche, concernant Champredon (voir fig 2 en bas à gauche) et le Péhesse, de sociéto-libéral...

     

    Une autre de mes correspondantes m'a encouragé à écrire sur le sujet, elle a plus confiance que moi en mes textes car vois-tu ami lecteur je suis une pauvre petite chose fragile en fait derrière cette cuirasse de causticité (encore une pirouette d'ailleurs), qui doute sans cesse de lui.

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  • Qui est vraiment à gauche en France en 2014 ?

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     Au delà des petites taquineries sans méchanceté aucune (croix de bois, croix de fer si je mens je vais en enfer) que recèle ce petit article, ce ne sont pas les idéaux élevés que certains communistes et marxistes (ils sont rarissimes) portaient en eux que je moque. Je songe entre autres à un vieux monsieur cheminot retraité qui avait fait les « grèves de 36 » et en parlait encore avec des sanglots dans la voix suscitant l'émotion. J'aimais bien ce monsieur qui parlait des trains avec passion avec moi qui ait emprunté depuis l'enfance tous ceux qui existent ou presque en France et ailleurs.

    284529_pierre-laurent-le-6-mars-2012-a-rouen.jpg

     

    Bien entendu, pour le « méchant réac » que je suis, l'« anar de droite » irrécupérable que tu as encore l'indulgence de lire ami lecteur, l'idéologie issue des livres de Marx et Engels, que j'ai lus et pus étudier et en tirer profit en fac (Quel bonheur !), ne peut mener, quelle soit la manière dont elle est appliquée, stalinienne, pas stalinienne, maoïste, trotskiste, gentille, pas gentille, qu'à une utopie forcée, un bonheur imposé selon des vues très arbitraires aux peuples, contre leur liberté et donc insoutenable, même si ces vues naissent de bonnes intentions sincères, celles-ci ayant causées au cours du sinistre vingtième siècle quelques dizaines de millions de morts un peu partout.

     

    Mais l'Enfer est pavé de bonnes intentions...

     

    Le libéralisme, qui est aussi une idéologie globalisante me répugne tout autant, voire encore plus, par son ambition d'englober et de quantifier tous les désirs humains, jusqu'aux rêves et cauchemars, jusqu'à l'amour qui devient un bien comme un autre que l'on vend et que l'on échange sans plus de questions ou de remords, les citoyens consommateurs que sont devenus les peuples autrefois souverains se soumettant passivement dans la joie et la bonne humeur à des injonctions d'achats tous plus débiles les uns que les autres.

     

    Certains en viennent même à parler de « liberté de consommer », comme si la consommation n'était pas soumise à des mécanismes par nature ne faisant jamais appel au libre-arbitre, comme si elle n'était pas une autre forme d'esclavage, abject car consenti en courant vers l'abîme spirituel, intellectuel, culturel et social que cette avidité produit.

     

    A notre époque manichéenne, mon dégoût du libéralisme me rend finalement, moi, le « salaud social-traître » (TM°), l'infâme catholique « vipère lubrique conservatrice » (TM°) de tendance traditionnelle, cerise sur le gâteau, plus à gauche que Hollande et tout le Péhesse réunis, voire même que des types comme Pierre Laurent ou Jean-Luc Mélenchon qui eux aussi et quoiqu'en pensent leurs soutiens font bel et bien partie de l'oligarchie libérale-libertaire, tenant encore quelques miettes du pouvoir auxquelles ils s'accrochent comme le morpion à l'intimité du membre (uh, uh, uh) du service d'ordre du PC. Aucun d'eux ne remet vraiment en cause l'Union Européenne et son fonctionnement dépendant des diktats monétaristes de la BCE et monsieur Trichet, un des dirigeants réels du continent.

     

    Et les protestations éventuelles que provoquera ce passage ne changeront rien à cette évidence, à ce fait objectif.

    melenchon-parcours-politique-604-564x261.jpgC'est justement car ils font partie des oligarques, tout comme il est vrai un peu plus la famille le Pen, qu'ils conservent et conserveront leurs « ronds de cuir » bien douillets dans les « JT » et chaînes d'infos, de par leur rôle de « bons clients », de « repoussoirs » utiles des sociéto-libéraux et des libéraux-libertaires. Ce qui m'étonne toujours et me révulse personnellement, c'est que ces « coqs de village » prétendent encore parler au nom des petits, des travailleurs et des humbles que concrètement ils ont quant à eux abandonné, je ne parle pas ici des personnes de bonne volonté militants communistes ou « Front de Gauche » qui peuvent faire aussi du bon travail de proximité.

     

    Eux et leurs séides, tous ces bourgeois vraiment à gauche, plus à gauche qu'eux tu meurs foudroyé, je m'étonne d'ailleurs, que ne redistribuent-ils pas leurs revenus, parfois conséquents, que ne collectivisent pas leurs biens ? Voilà des gestes qui seraient forts et rassembleraient du monde autour d'eux, et qui éloigneraient le risque de retour des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) refrain habituel et éculé qu'ils ont tous entonné dimanche soir en attendant les défilés « citoyens » qui auront lieu quand le FN sera premier parti de France aux Européennes car ils sont encore et toujours coupé du peuple, le « pays légal » ne comprenant rien au « pays réel »...

     

    portrait de Pierre Laurent sur le site de "l''Express"

     

    image de monsieur Mélenchon prise sur ce blog

  • La politique du pire

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    Il y a ceux qui moralisent et hystérisent à outrance sur le sujet, il y a ceux qui soutiennent à fond sans réfléchir, mais finalement personne ne se demande pourquoi des jeunes, en grande majorité, et des jeunes des « quartiers » en particulier, soutiennent autant Dieudonné 

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    On remarque d'ailleurs sur la moralisation et l'hystérisation que celles-ci sont clairement à géométrie variable car au moment de « Piss Christ » ou « Golgotha Picnic », au moment des caricatures de Mahomet, les mêmes « grandes consciences » qui demandent l'interdiction de Dieudonné hurlaient au risque de retour des « z-heures les plus sombres de notre histoire » et parlaient de « censure indigne » du fait de l'indignation de certains croyants chrétiens et musulmans tous assimilés à des fanatiques de la pire espèce. Ces « grandes consciences » oublient d'ailleurs que l'humour juif est le premier à pratiquer l'auto dérision et avec talent. Il ne faut pas confondre non plus le pseudo humour de Dieudonné avec des textes comme ceux de Desproges, voir ci-dessous, qui seraient à n'en pas douter mis dans le même sac de nos jours...

     

    On notera d'ailleurs qu'un article grotesque de « Politis », le journal des chrétiens de la « gôche kipense », soutient la thèse capillotractée du rapport étroit qu'il y aurait entre les dieudonnistes et les cathos qui ouvrent leur gueule, forcément réacs. C'est le me même refrain anoné depuis des années, et le même aveuglement assumé.

     

    Donc de deux choses l'une, ou bien l'on applique la loi quant aux incitations à la haine d'un groupe ou d'une communauté de croyants pour tous les groupes et tous les communautés, ou bien non. Hors, cette application est des plus sélectives. Et moraliser les fans de Dieudonné ne les amènera pas à plus de modération et de rationalité mais à se radicaliser quant à leur haine judéophobe souvent bien réelle et qui s'exprime déjà et depuis de nombreuses années, en particulier dans les « quartiers » et bien souvent sous couvert du fameux « antisionisme ». Il a bon dos l'antisionisme...

     

    Je me demande d'ailleurs si les militants de gauche qui ont soutenu depuis des décennies ce pseudo anti-sionisme se rendent bien compte de leur responsabilité dans la montée d'un judéophobie qui n'a plus rien à voir avec la droite extrème ?

     

    Bien entendu, l'autisme hystérique qui a cours en face est tout aussi détestable, celui-ci consistant à clamer au retour des nazis dés que quelqu'un ose exprimer la moindre critique envers la politique israélienne, et fût-ce un débile qui trace une croix gammée sur une porte cochère à qui on donne une importance démesurée.

     

    Le public de Dieudonné et ses fans sur le Net est également composé de précaires, de « laissés pour compte » du système, de victimes de l'abandon progressif de l'état face à toutes ses responsabilités d'éducation et de protection de l'individu, de ces anciens électeurs que le PS a décidé de laisser tomber sous la pression de « Think Tanks » exclusivement sociétaux comme « Terra Nova ». Ce public « se trompe de colère »...

     

    Ces laissés pour compte du « pays réel » savent pertinnement que les bonnes paroles des politiques, qu'ils fussent de droite ou de gauche, ne sont pas suivis d'actes concrets depuis fort longtemps, et que même ils n'en ont concrètement rien à foutre de la montée de la précarité et ce des syndicats traditionnels aux partis dits « républicains », c'est eux qui le disent. Notons d'ailleurs que les partis recrutant dans le peuple, FDG et FN, sont pointés comme forcément extrêmes et composés de nostalgiques des dictatures disparues depuis longtemps ceci afin de les discréditer.

     

    Plutôt donc que de répondre à l'angoisse de ces précaires face à l'avenir économique qui s'annonce sombre pour eux, plutôt que de chercher à les aider, plutôt que d'essayer de lutter contre le monde de la finance et un système européen notoirement libéral-libertaire, il est tellement plus simple, tellement plus commode de les désigner à la vindicte comme fachos, antisémites et racistes au lieu d'aider à l'éducation, à la formation, au lieu de lutter contre la paupérisation galopante...

     

    Dessin de Tomi Ungerer emprunté ici sur ce blog

  • 79% de français "fachos" ?

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    Ce qui s'est passé hier, les huées et les sifflets pendant le défilé du 11 Novembre sont surtout de la responsabilité d'un gouvernement qui, comme les précédents, a déjà enterré la France, la Nation et sa mémoire qu'il feignait de célébrer. Si le peuple était écouté il2013-11-11T181336Z_1_APAE9AA1EMQ00_RTROPTP_3_OFRTP-FRANCE-11-NOVEMBRE-HOLLANDE-20131111.JPG n'y aurait pas ces incidents...

    Le président Hollande bat ces jours encore un record d'impopularité en étant à 21% d'opinions favorables (au moins il bat un record), du fait surtout d'une politique autiste consistant surtout à appliquer sans aucune concertation ni respect de l'expression démocratique des mesures dictées par l'Union Européenne et les satanés critères de convergence budgétaire qu'implique le traité de Lisbonne.

     

    Hollande est à 21% d'opinions favorables de par une pression fiscale qui ne se justifie plus par le civisme et le sens de la collectivité pour les citoyens, l'impôt servant surtout à étayer un système hyper-libéral en voie de destruction, à renflouer les banques et alimenter la dynamique des marchés.

     

    Hollande est à 21% d'opinions favorables à cause de lois essentiellement sociétales qui concernent au fond un tout petit milieu de bourgeois ayant abandonné leur « surmoi » moralisateur depuis « Soissantuite ». Il a été élu d'ailleurs contre un autre et non pour son programme qu'il applique, on peut lui reconnaître ce mérite, sans tenir compte des avis extérieurs.

     

    Hollande est à 21% d'opinions favorables de par une politique concernant la Sécurité et l'Éducation simplement déconnectée du réel que vivent chaque jour des français qui ne sont pas tous, tant s'en faut, des soutiens du Bloc Identitaire ou des catholiques « intégriss' » ?

     

    Hollande est à 21% par la faute du « deux poids deux mesures » qui a cours un peu partout, du clientélisme électoral qui sévit à tous les niveaux, du copinage de plus en plus insupportable, du communautarisme qui excuse toutes les incivilités, du dogmatisme angélique, des corporatismes qui l'ont soutenu.

     

    Face à cette déferlante de mécontentement qui paraît parfois pré-insurrectionnelle, de la gauche à la droite, qu'entend-on suggérer par les soutiens du président et soutiens, ceux qui sont sincères et ceux qui sont tout juste serviles ? Évoquons par exemple « le petit Journal » de Canal + qui de petit moment aimablement et gentiment caustique au départ devient de plus en plus le quart d'heure d'« expression directe » du PS section « Terra Nova », et dont les cibles favorites sont Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen.

     

    Si on suit le raisonnement des « hollandistes », dont ce prof d'histoire hier si anonyme si peu militant qu'il acceptait une interview chez Yann Barthès justement le soir même, un représentant des corporatismes évoqués tiens, les mécontents, les « bonnets rouges », le « Printemps Français », sont tous issus de l'extrême-droite ou l'extrême-gauche, des jaloux, des aigris, des râleurs réactionnaires, tous des nostalgiques des ordres noirs, de l'Ordre Moral. On s'étonne, il y aurait donc en France 79 % de « fââchiistes » et de staliniens nostalgiques des fameuses « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°).

     

    C'est seulement ça la réponse du gouvernement et de ses partisans ? Ils sont donc si peu à l'écoute que cela des français ?

     

    J'en connais que cela étonne encore. Ce n'est pas cet autisme, ce mépris total de l'expression démocratique, quand celle-ci ne suit pas celle qu'on lui dicte, qui est le plus étonnant, c'est que les français soient encore encore aussi calmes quant à ce qu'ils subissent.

     

    Personnellement, je ne souhaite pas une seconde l'insurrection et l'incendie général. La foule imbécile et violente est toujours imbécile et violente, quelles que soient la pureté de ses intentions affichées au départ et ses raisons. Mais nous nous y dirigeons à grands pas et ce un peu partout en Europe. A gauche, la gauche sociétale surtout, on ne comprend pas ce retour de balancier des peuples qui ne veulent plus d'un pseudo progrès qui a surtout consisté à imposer une société libérale libertaire où l'argent est roi et la seule « valeur ».


    image empruntée ici

     

  • Un taré commet un meurtre...Est-ce le retour des z-heures les plus sombres de notre histoire ? - la mort du jeune Clément

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    SKIN HEADS.jpgUn taré, skin-head, militant d'extrême droite voire d'extrême extrême droite, a tué ou quasiment un jeune homme hier soir, militant du Parti de Gauche. Cet acte est inqualifiable par sa violence, il ne mérite aucune légitimation, aucune minimisation. Pour autant, il ne justifie pas le discours sur le vote de droite ou d'extrème-droite que l'on nous ressort depuis ce matin, nous resservant encore une fois le coup des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°) qui seraient à nos portes, « fââchiistes » qui infesteraient nos villes et nos campagnes, mugissant comme des féroces soldats attendant qu'un « sanguimpur » abreuve nos sillons, sans que la police ne bouge.

     

    Notons que ces groupuscules de tarés sont tous noyautés au dernier degré par la DCRI, comme les autres groupuscules, qui les sait violents dans leurs attitudes et leur vocabulaire, plus rarement physiquement, à de rares et dramatiques exceptions, et au fond globalement inoffensifs. Ils permettent à des types ayant le goût des amitiés saines et viriles, des déguisements collectifs, et des douches entre hommes, souvent issus du « Lumpen-prolétariat », abandonnés, méprisés par ceux qui auraient pu les éduquer, les former, laissés à la merci du premier gourou extrême qui passe de se défouler.

     

    Cela permet comme d'habitude à la droite et la gauche « kipensent » de feindre de ne pas voir que le problème n'est pas là et qu'il y a beaucoup plus dangereux quant au retour éventuel d'heures sombres.

     

    Les personnes qui habitent dans les « quartiers », que l'on n'écoute jamais quand elles parlent de l'insécurité qu'elles vivent, ces populations précaires, européennes de souche, vivant le chômage, ayant peur de la pauvreté, et avec raison d'ailleurs, qui se sentent toutes « invisibles », se sentent rejetées, car comme elles n'appartiennent à aucune communauté, aucun groupe de pression, aucun lobby, on a tendance la plupart du temps à les oublier, à les moquer, les dédaigner quand elles osent confier juste un peu leurs inquiétudes, leurs colères aussi, comme ces familles nombreuses maintenant imposées par exemple, comme ces personnes qui s'angoissent de la multiplication des voiles islamiques ou des incivilités...

     

    Non, ce sont des populistes ou des poujadistes (rayez la mention inutile)...

     

    skin.jpgLes petits et grands bourgeois « de progrès » aiment se faire peur avec les skins, avec ces types dont la violence exprimée de manière primaire les fascine finalement, et ces petits et grands bourgeois n'attendent que la confrontation eux aussi. Les mêmes, tout comme le chœur habituel des « pleureurs » et des « pleureuses », n'a rien exprimé quant au fait que ce soit par exemple surtout des populations « issues de la diversité » (TM°) qui ont insulté les mariés de Montpellier, et non des réacs de « La Manif pour tous », ou des fâââchiistes. On pourrait évoquer également le sort des jeunes filles en banlieue, ou des homosexuels des « cités ».

     

    Est-ce étrange ? Là ce sont des violences moins graves, moins dérangeantes ?

    C'est un peu comme si les belles âmes songeaient que tomber à bras raccourcis sur les tarés skins-heads permettaient de ne surtout pas parler de toutes ces questions qui sont autrement préoccupantes et à la racine du vote FN qui est un vote populaire et un note qui dure, car contrairement à ce qui est dit partout dans « la bonne presse », ce n'est plus un vote protestataire. Pour les mêmes, cette violence des groupuscules serait de la faute de LMPT ou de Patrick Buisson, et pas du tout due à tous les motifs exposés ci-dessus. Il n'est de pire sourd que ceux qui ne veulent pas entendre, et cela nécessiterait de leur part une telle remise en question qu'ils refusent d'écouter...


    image du haut prise ici

    image du bas prise là

  • Lettre à une célébrité à qui l'on a fait peur....

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    Un fâchiiste et quelques autres esstrêmistes au départ d'Evreux à ce lien (un certain Grandgil en rouge).

    Il y a quelques années, tu as vécu, et témoigné, d'une très belle conversion au catholicisme, toi l'humoriste décalée, fêtarde et caustique que l'on n'attendait pas du tout là. Il n'y a que quelques imbéciles dénués de tout esprit de finesse pour en avoir été surpris, contrairement à ceux qui savent que « Dieu écrit droit avec des lignes courbes », et que « l'Esprit souffle où il veut » et jamais là où on l'attend. Tu n'as eu de cesse de témoigner de ta foi nouvelle depuis, avec une bonne humeur et un enthousiasme communicatif.

     

    Déjà, en face, ceux qui haïssent le catholicisme et tout ce qui semble contredire leurs certitudes sectaires, persuadés qu'ils sont de détenir la vérité et d'être les seuls garants du progrès t'ont raillée, moquée, méprisée et ainsi que tu en témoignais chez Ruquier à la radio, avec qui tu avais travaillé, on ne t'invitait plus nulle part ou presque. Ils t'ont moqué comme l'on fait avec une enfant turbulente, qui faisait sa « crise mystique » après s'être beaucoup amusé, comme si d'ailleurs l'humour, la joie et la foi étaient inconciliables.

     

    « En face » on n'est pas de gauche, « en face » on n'est pas de droite, « en face » on est un tout petit milieu aisé, voire très aisé, où l'on ne croit ni à dieu ni à diable, où on aime l'argent et la facilité avec lequel il permet l'accès à différents plaisirs. « En face » on ne pense qu'à préserver les intérêts d'une toute petite classe de privilégiés qui assure son pouvoir en jouant sur la peur panique des « bêtes à cornes » de ne pas être dans le vend du progrès pour faire passer les idées ou lois qu'ils souhaitent pour leur milieu et rien que pour leur milieu.

     

    Il y a quelques mois, tu as lancé un mouvement spontanément contre une loi, la loi Taubira, loi d'essence sociétale libérale et non progressiste, loi assurant surtout au nouveau président une nouvelle base électorale plus stable, l'électorat populaire ayant fichu le camp sous d'autres cieux politique. Là, en face, ils ont commencé à fulminer, à enrager, à se mettre en fureur contre toi, à laisser sortir quelques calomnies, à te trainer plus bas que terre, à t'injurier à jet continu de la manière la plus basse, la plus abjecte, la plus méprisable.

     

    Pas directement pas d'eux mêmes d'ailleurs car à l'abjection ils rajoutent souvent la lâcheté...

     

    Qu'à cela ne tienne, tu t'es entêtée et tu as continué. Tu as rassemblée des catholiques de droite, de gauche, des « réacs », des « pas réacs », des homosexuels, des familles, des célibataires, il y avait même des électeurs de Mélenchon hier, portant fièrement une bannière du Parti de gauche, et tu as donné un élan formidable à des jeunes qui n'osaient pas jusque là contredire les dogmes de la pensée dominante et libérale libertaire. Il n'y a pas que toi qui ai été méprisée, mais tout ce mouvement de « la Manif pour tous » avec toi, jusqu'à l'humiliation par le président qui ne veut surtout pas t'écouter, toi et ceux qui t'ont suivie.

     

    Beaucoup n'ont d'ailleurs pas encore compris dans ceux qui te suivent que le fait de se dire ci ou ça, de se justifier ne change strictement rien, pour ceux « d'en face », c'est tout ce mouvement qui est composé de « fachos » et de « réacs » nostalgiques de Vichy ou des Ordres Noirs. Quoi que les participants à la « Manif pour tous » fassent ou disent, ce sont des réactionnaires, ce sont des bourgeois, ce sont des privilégiés, ce sont des catholiques vétilleux, traditionalistes et dogmatiques. Il ne faut pas s'étonner que certains se radicalisent et en viennent à d'autres extrémités.

     

    3417741_3_58a0_la-manif-pour-tous-le-26-mai-place-des_13938df3885bcc1fe9b7958fd2d26927.jpgTu n'a pas participé à la manifestation d'hier, qui a été traitée dans les médias évidemment, en insistant bien lourdement sur les débordements qui ont eu lieu après, sur l'influence du clergé catholique qui pousserait comme un vulgaire lobby les paroissiens à défiler sans se poser de questions et en toute docilité – encore du mépris, sans parler des gros yeux que monsieur Valls roulait en affirmant qu'il allait interdire le "printemps français" mouvement qui n'est même pas formalisé. Notons aussi que parmi les jeunes interpellés hier soir beaucoup l'ont été surtout pour cause de « non dispersion » immédiate et non pour violences.

     

    Tu as dit que tu n'es pas venue du fait de menaces que tu as reçues, ce que je ne mets pas en doute une seconde. Mais ces menaces je pense ne venaient pas seulement d'excités extrémistes et « jusqu'au boutistes » mais de ceux « d'en face » qui, poussés à la colère que tu as déclenché chez eux, sont dangereux, savent très bien quoi dire pour inquiéter, minoritaires mais disposant de réseaux dont ils savent très bien user ils peuvent très bien t'empêcher de travailler, entre autres....

     

    Ils ont dû croire que si tu te retirais, le mouvement s'essoufflerait, mais contrairement à ce que tu as dit hier, « la Manif pour tous », ce n'est pas fini. Avec la GPA et la PMA qui se profilent, en attendant l'euthanasie pour tous, le corps humain, l'être humain ne sont plus que des variables ajustables soumises au pouvoir du tout économique. Cette colère ne va pas s'éteindre, ce n'est que le début...

    photo du haut prise sur le site du Figaro

    photo du bas prise ici

  • 2013 aussi anodine que 2012 en politique ?

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    La petite planète bleue perdue dans un coin perdu de la galaxie a encore effectué un tour complet autour de la minuscule étoile qui la réchauffe comme elle peut depuis quelques millions d'années. Dans l'excellent « Jésus de Montréal » une scène résume très bien tout cela, au début du film, dans le planétarium, un jour l'univers disparaîtra et ce sera peut-être comme si il ne s'était rien passé entre l'étincelle originelle et la fin.

    P1020397.JPGPourtant, les habitants de cette boule de glaise, qui se tiennent debout depuis à peine quelques milliers d'années se considèrent encore et toujours comme étant au centre de l'univers, persuadés que leurs gesticulations ont un sens fondamental.

    A écouter les rétrospectives obligatoires politiques, économiques et sociales de fin d'année on est cependant encore frappé par le côté fortement anodin qui se dégage au final de la grande majorité des discours entendus dans une toute petite partie de ce tout petit astre, un pays que ses habitants appelaient la France il n'y a pas si longtemps, et ce d'un côté comme de l'autre.

    Tout cela reste très superficiel.

    A gauche, les uns promettaient le changement maintenant, demain, incessamment sous peu, on l'attendrait encore vainement à cette heure.

    On me rétorquera, la fiscalité qui a déjà considérablement augmentée, c'est déjà un changement considérable, et ce pas seulement pour les plus riches et la taxe alibi à 75% censée « faire payer les riches ».

    Pour compenser, à gauche on reste tout autant qu'avant dans la moralisation et les préoccupations sociétales à peu de frais qui permettent de continuer à faire croire que l'on est à l'avant-garde du progrès sans trop changer quoi que ce soit, tout en gardant sous la main quelques épouvantails utiles que l'on agite pour se mettre en avant :

    Le Pen père et fille et de plus en plus « les cathos », tous mis dans le même sac réactionnaire, surtout quand ils donnent leur avis, un bon « catho » étant un catho qui ferme sa gueule.

    Curieusement, les discours musulmans ou juifs sur les questions sociétales, qui sont tout aussi « réactionnaires » sur le fond et la forme, voire plus, sont largement plus tolérés, même ignorés alors que les croyants musulmans pratiquant leur religion sont largement plus nombreux que les catholiques, représentant objectivement un plus grand danger pour les politiques prétendant défendre le progrès.

    A gauche de la gauche, comme d'habitude depuis fort longtemps, la révolution est pour demain, c'est sûr, ce qui est le cas depuis quelques décennies.

    Mais à les entendre, il y a des signes qui ne trompent pas, l'effondrement du capitalisme est proche, c'est certain. Comme après toutes les crises de système, on entend ce refrain entonné surtout pour porter au pouvoir des hommes ambitieux qui confondent leurs idéaux avec ce qu'ils estiment être leur destin : être guide de leurs congénères.

    A droite, les conflits de personne, les ambitions démesurées des uns et des autres, les ont conduit à se ridiculiser non pas définitivement (les peuples ont la mémoire courte, très courte) mais à se montrer au fond tels qu'ils sont, des pantins grotesques dont l'ego prend toute la place.

    Comme les hommes de gauche dont il fut question ci-dessus, ils sont également persuadés que leur destin a une importance, en appelant à de grands anciens, dont certain général, que cela ferait bien rire.

    A droite de la droite, comme d'habitude, on en appelle à la « Patrie en danger », on concentre l'expression des voix des mécontents, qui sont ainsi contenus, tout en sachant très bien que l'on n'accédera jamais au pouvoir, et ce malgré tous les alarmistes de gauche comme de droite qui en appellent au souvenir des « z-heures les plus sombres de notre histoire » (TM°).

    Bien sûr, il est hors de question pour ceux qui moralisent encore et toujours sur le vote à droite de la droite de se demander pourquoi il est des électeurs qui votent pour ces partis.

    Pour consoler le peuple, pour compenser ses frustrations, les politiques et ceux qui détiennent véritablement le pouvoir, à savoir les dirigeants économiques et financiers, ont trouvé l'idée de génie, lui donner l'illusion qu'il peut tout dire sur le Net, mettre au jour des secrets -de polichinelle-, des pseudo complots qui restent dans l’irrationalité « traditionnelle », comme avant on en reste au complot juif mondial (maintenant sur le réseau on invoquera le complot « sioniste » mais pour la plupart des antisionistes, cela revient au même, à quelques exceptions, se dire anti-sioniste ne tombant pas sou le coup de la loi car ce genre d' « antisionistes » est courageux mais pas téméraire).

    Sur le réseau, il y a également des hommes politiques qui s'imaginent avoir un destin important, et qui rassemble à chaque fois une poignée de fidèles persuadés de l'importance de leur gourou, même micro-gourou.

    Et personne ne veut vraiment que cette farce s'arrête tant qu'elle est encore possible. Les ennemis prétendument irréductibles se réconcilient bien vite une fois les projecteurs éteints, loin des forums, sachant qu'ils ont besoin les uns des autres pour entretenir le jeu, la comédie qu'ils tiennent à continuer de jouer en 2013, la roue continuant de tourner..

    illustration de l'auteur

  • Puisqu'il est question de Prise de la Bastille...

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    p16ka32rs914as1o4q1sc2n3f176u1.jpg...Je rappelle ce qu'elle fût vraiment.

    La victoire de la violence de la rue sur la raison.

    Une centaine d'hommes armés de pétoires et d'un canon hors d'âge ouvrirent les portes à la lie qui s'y pressait, après avoir capitulé, et ne voulant pas tirer sur la foule.

    Et après que des gardes françaises eurent mis des canons en batterie autour de la fortesse.

    Ils furent tous massacrés jusqu'au dernier. En attendant les massacres de septembre, les guerres de Vendée, les crématoires à Angers, les noyades à Nantes, et la Terreur...

    Des "dérives" l'on vous dit...

    Les émeutiers libérèrent sept prisonniers dont un aristocrate pédophile, rattrapé peu après, quatre faussaures, et deux fous, transférés plus tard discrètement à Charenton, voilà pour les prisonniers "politiques"...

    Ce que fête la République le 14 Juillet c'est la réconciliation et l'unité paraissant retrouvée un an plus tard lors de la Fête de la Fédération le 14 Juillet 1790.

  • Le grand soir à un train de sénateur...

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     La gauche, enfin la gauche, nous parlons surtout du PS et des « verts » a remporté la majorité absolue dimanche à la chambre haute du Parlement français. C'est un camouflet à la figure de Sarkozy, et la politique qu'il mène avec Fillon depuis bientôt cinq ans. Beaucoup voit la chute de la maison Sarkozy et espère la fin de la politique ultra-libérale, ordonnée par l'Europe et les monétaristes à sa tête, la fin du diktat des agences de notation.

    photo prise ici

    12108_une-senat.jpgBeaucoup au PS feignent d'y voir des retrouvailles avec l'électorat populaire alors qu'il s'agit d'un vote de grands électeurs qui pour autant représentatifs qu'ils soient du peuple ne sont pas exactement l'expression de celui-ci. A entendre les caciques du PS, la victoire de dimanche devient une victoire des petites gens, du petit peuple contre le « bling, bling » élyséen.

    C'est en partie vrai.

    Mais on aurait aimé que les grands électeurs soient cohérents jusqu'au bout en refusant l'indemnité à laquelle ils ont droit en allant voter, ce qui est pour eux obligatoire, ce qu'a proposé un parlementaire Modem. Certes, celle-ci est plus que symbolique, 15,75 Euros, mais cela aurait été un geste important.

    Et ce geste aurait accéléré la réconciliation avec le peuple qui devient une donnée accessoire comme on l'a vu sous la plume d'un participant de la fondation « Terra Nova », proche du PS et de DSK. Cet organisme se contente de faire le constat du divorce du PS d'avec l'électorat populaire sans le regretter le moins du monde.

    Il aurait été appréciable aussi d'entendre les nouveaux sénateurs renoncer à leur régime spéciale de retraite et aux privilèges dont bénéficient les membres du sénat, mais les ors du pouvoir endorment parfois les idéaux affirmés avant une élection, est-ce étrange ?

    Ce serait aller un peu vite en besogne de croire que les belles promesses seront tenues.

    Car la LOLF, Loi d'Orientation Loi de Finances, instituant le principe de la réduction des dépenses publiques exigée pour maintenir l'Euro à flots, entre autres choses, a été instituée par le gouvernement Jospin et non par un gouvernement de droite libérale dure, les uns le faisant simplement par angélisme, les autres appliquant leur programme idéologique. Dans les deux cas, cela a mené au même résultat, un monétarisme très dur à l'échelle européenne.

    Rappelons aussi que la « gauche » française, je parle du PS et des députés européens écologistes ont voté à chaque fois à Strasbourg dans son ensemble dans le sens d'un pouvoir finalement plus grand des « marchés » et « des banques ».

    Rappelons qu'avant d'être un pêcheur repentant en état de faute morale, un pénitent à l'allure de Raminagrobis, DSK n'aurait jamais envisagé pour les grecs de reporter quoi que ce soit de la dette de ce pays...

    On remarque, c'est le cas dans chaque camp, que lorsqu'un camp perd les élections dans la chambre haute, celle-ci ne sert à rien, tandis que depuis dimanche, le sénat, cette chambre réputée une chambre de notables conservateurs par la gauche depuis des décennies est devenue par la grâce de la majorité absolue l'assemblée représentative, ce qu'elle n'est pas, encore moins que l'Assemblée Nationale où la diversité sociale des représentants du peuple n'est plus qu'un lointain souvenir, si tant est qu'elle ait jamais réellement existé.

    Certains « socialistes » au PS ne perdent pas le nord et gardent un sens politique aiguisé, ainsi Elisabeth Guigou s'est hâté de rappeler sur son blog qu'il faudrait poser la question très vite du vote des étrangers aux élections locales, ce qui redonnerait une base électorale populaire à son parti.

    De plus, du fait de la politique politicienne, des jeux de pouvoir de l'UMP avec le centre, il y a encore un risque que l'UMP conserve la présidence du Sénat...

  • Journal de Vacances 4 – « L'adulte ne croit pas au Père Noël, il vote »

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    Déjà sur Agoravox

     La citation donnant le titre est de Pierre Desproges dans « les chroniques de la haine ordinaire ».

    Elle est très juste...

    illustration ci-dessous prise ici (elle est tirée de "M le Ministre" de Binet)

    Dans le « dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis », il dit aussi ceci :

    _RumeurMinisterielle.jpg« Terminons en rappelant que la Bastille était quasiment vide lorsqu'une brassée d'excités la prit vaillamment d'assaut un jour d'été 1789.

    C'était la révolution des bourgeois.

    Ils sont toujours au pouvoir. »

    devoirs de vacances :

    En devoirs de vacances, c'est ici assez simple, sur la politique française, ses hypocrisies, ses grands principes dont tout le monde se fout, ses égoïsmes, on peu relire sans trop de problèmes « Uranus » de Marcel Aymé. Les personnages décrits vivent pendant les folles joies de l'Épuration, quand les méchants, tous les méchants ont été punis, puisqu'on vous le dit !

    Même les hauts fonctionnaires qui ont continué à faire carrière sous Vichy, et sous De Gaulle...

    Comme René Bousquet ou le type qui était responsable pendant la Seconde Guerre du Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre en 1942...

    Je suis sûr que comme ils l'ont tous dit, ils étaient en fait résistants secrètement, sans le dire, tellement ils étaient modestes au fond.

    J'aime particulièrement dans ce livre le personnage de Léopold, et aussi celui du petit professeur petit-bourgeois qui sait au fond qu'il demeure un petit bourgeois malgré toutes ses grandes déclarations claironnantes de fraternité avec le petit peuple, les prolos, les libérateurs.

    Il y a aussi plus innocent, moins sarcastique, « Clochemerle », que l'on peut relire si l'on a peur de trop de causticité.

    Impressions en vacances :

    Il y a un peu plus de deux-cent ans, les bourgeois ont pris le pouvoir, ils y sont toujours. Ils ont essayé des trucs pour conserver le pouvoir, tout d'abord, ils ont décidé que le vote était réservé aux plus riches parmi eux, ça s'appelait le suffrage censitaire chers petits amis, puis comme ils se sont aperçus que ça « le faisait pas », niveau démocratie, ils ont décidé que tout le monde pouvait voter. Ils ont quand même mis quelques années à se décider car le suffrage universel à tous les citoyens est devenu réalité, ô joie, seulement en 1946.

    Bien sûr, on a cru qu'ils partaient du principe que chaque citoyen en âge de voter lit les programmes de chaque candidat avant d'aller déposer son bulletin dans l'urne, qu'il pèse le pour et le contre de toutes les propositions, qu'il sait de quoi il parle quand il entend des mots comme Europe, libéralisme, marxisme, ou nation.

    Il n'y a que les mauvais esprits pour croire que le citoyen vote surtout pour un candidat qui lui ressemble, qui le flatte, qui le caresse dans le sens du poil et lui donne un « sussucre « sans qu'il n'ait à faire le beau, et qui, cerise sur le gâteau, pourra défendre avantageusement les maigres ou non avantages matériels dont il dispose, que ceux-ci soient des avantages z-acquis ou familiaux.

    Jusque dans les années 60, juste avant le grand passage vers la lumière des français en 68, passage encore plus lumineux en 81, il existait certes l'instruction civique, qui apprenait aux enfants, et aux adolescents, quelques notions utiles pour se construire en tant que citoyens : le mode d'élection des députés, des sénateurs, des conseillers généraux, le travail de l'Assemblée et du Sénat, par exemple.

    Après, on a jugé bon que le peuple n'avait pas besoin de ça, et qu'il mieux de le faire discutailler dés l'enfance en échangeant des lieux communs sympathiques, mais qui sonnaient creux :

    la guerre c'est pas beau, le racisme c'est laid, la violence c'est mal etc... (rajoutez « t'vois » après chaque affirmation).

    Bien sûr on a alors cru ou feint de croire que le futur citoyen allait se renseigner de lui-même ensuite pour savoir comment atteindre ses idéaux au sein de la démocratie française. Mais comme on lui a dit qu'il n'y avait plus d'obligations à savoir ces choses embêtantes, ennuyeuses, sur les droits et devoirs des citoyens, sur le fonctionnement des institutions, il ne s'en est plus préoccupé vraiment, se demandant surtout pour qui il allait voter à « Secret Story » :

    Tapez 1 si vous préférez le « surfer » décérébré métrosexuel qui se tape toutes les filles de l'émission, tapez 2 si vous voulez que la pétasse blonde décolorée reste avec son petit ami qu'elle aime d'amour romantique et fusionnel depuis trois jours.

    Bien sûr, les politiques ont oublié ou feint d'oublier que l'instruction civique faisait en théorie de chaque français un individu un peu plus au fait de son devoir et de ses droits. Quelques « idiots utiles » de l'après 68 ont décidé que c'était paternaliste, et ce qui est paternaliste c'est mââââl.

    Ce fut l'excuse toute trouvée.

    Généralement, l'adulte qui vote est bien discipliné, il fait là où on lui dit de faire, généralement dans le caniveau donc. De temps en temps, il se met à réfléchir, et là à quasiment 55 % il dit non par exemple à un traité hyper-libéral sur l'Europe, là il se fait taper sur les doigts, gentiment mais fermement, et comme le dirigeant est bon avec l'adulte qui vote, il rattrape sa bévue en rédigeant un nouveau traité exactement semblable au précédent, excepté deux ou trois virgules ayant changé de place, sauf que là l'adulte qui vote n'a pas son mot à dire.

    C'est de toutes façons mâââl d'avoir dit non à ce traité...

    Il ne faudrait pas terminer ce petit texte badin en oubliant une dernière catégorie d'adultes qui votent qui sont les militants. Les militants sont de deux espèces : il y a le militant intellectuel, celui qui sait, et qui porte la bonne parole du grand homme, ou de la grande femme à la deuxième catégorie, le militant de base. Dans les militants de base, on distingue plusieurs catégories, il y a généralement l'arabe de service, le jeune de service, la personne âgée de service aussi etc...

    Le militant de base adore jouer la familiarité avec le grand homme, ou la grande femme, et affecter de le, de la, tutoyer, un tutoiement tellement antinaturel qu'il sonne toujours faux d'ailleurs, que ce soit avec un petit roitelet politique local ou avec un responsable nationââl.

    Le militant de base est flatté de discuter avec le militant qui sait, qui le rappellera à l'ordre bien sûr si sa vulgate est remise en question par des réflexions considérées comme manquant de révérence ou de la simple obséquiosité que le militant intellectuel qui n'est jamais étouffé par la modestie s'imagine mériter.

    Et à ses yeux il en mérite beaucoup.

    Maintenant, les choses changent, l'adulte qui vote est persuadé qu'il ne sert à rien de toutes façons et que donc, il n'a pas à se déplacer en cas d'élections. C'est un effort qui lui semble insurmontable, tout comme se former politiquement. Il préfère maintenant ou « s'indigner » ce qui ne mange pas de pain et permet de se défouler ou pester un peu partout contre les fonctionnaires et l'état qui prend trop d'argent aux citoyens (tout en mettant ses gosses à l'école publique sans se demander comment celle-ci est financé, sans protester quand il touche ses allocations diverses et variées).

    Ci-dessous la définition d'un citoyen français selon Luis Rego (dans "La Tribunal des flagrants délires" il était souvent aussi bon que Desproges, comme dans "la journée d'un fasciste" également)


    Luis Rego Jean Carmet par susacacon

  • Ce que révèle l'affaire Tristane Banon sur la France actuelle...

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    débat animé en perspective sur Agoravox

     Ce n'est pas que je sois vraiment un fan de Berlusconi, qui gouverne l'Italie en s'appuyant sur des méthodes éprouvées par divers syndicats officieux, financiers ou criminels, et parfaitement sans scrupules. Mais je suis toujours surpris depuis quelques semaines d'entendre les militants de gauche, les hommes et les femmes politiques émettre un avis outré quand ils parlent des soirées « bunga, bunga » du président du conseil italien.

    photo ci-dessous prise ici

    e538c016-b177-11e0-b563-e77537dce5e6.jpgDans son cas, ce n'est donc pas la marque d'une personnalité séductrice qui aime les femmes ?

    Comme pour DSK ?

    Alors que c'est exactement le même comportement avec les femmes ?

    Je soutiens donc totalement par ce texte Tristane Banon et Anne Mansouret qui subissent depuis quelques temps un flot de boue qu'elles reçoivent en pleine figure, un flot de boue dont on leur impute en plus la responsabilité comme on le constate en écoutant les propos des uns et des autres, dans les journaux « people » (il faut voir les couvertures serviles concernant Anne Sinclair et son mari), dans la rue, sur le net, parmi les politiques, dont un candidat à la primaire qui a un nom de pays aux fromages insipides se conduisant mais ce n'est pas le seul en jésuite :

    « Qui, moi ? Non, je n'étais pas au courant », je ne savais rien. »

    A qui veut-il faire croire ça ?

    Je pense aussi à Aurélie Filipetti qui aura gardé les faits enfouis pendant huit ans, car si on est de gauche et écologiste, féministe et pour la libération des mœurs, il n'en reste pas moins que l'on est ambitieuse et que l'on aime bien les ors de la République quitte pour cela à ne pas aider une victime d'agression sexuelle.

    Et qu'au fond, on se conduit comme dans les familles dites bourgeoises avant, on étouffe le scandale, surtout pas de scandale, pas de vagues.

    En cas d'affaires de mœurs, c'est il est vrai toujours les mêmes comportements que l'on remarque quel que soit le milieu, le contexte, la hauteur du statut social de celui qui s'est conduit en porc.

    Si la femme se fait agresser, c'est que quelque part, elle l'a bien voulu, il y a toujours ce soupçon.

    Et je ne parle pas des affaires de pédophilie, soigneusement étouffées, et là aussi c'est contradictoire. Car ceux qui la pratiquent affichent des opinions très libérales sur leurs pratiques sexuelles, en quoi cela les gênent-ils si ce n'est plus un tabou ? Serait-ce donc qu'ils restent au fond hypocrites ?

    Rien ne change, c'est exactement comme du temps où les notables engrossaient la bonne qu'ils viraient quand même quelques mois plus tard pour immoralité.

    On se conduit bien docilement afin que rien ne puisse atteindre les caciques du parti. Il n'y a plus de souci du sort des précaires, dont les femmes de ménage, il n'y a plus de souci des sans-papiers, comme l'a été Nafissatou Diallo, il n'y a plus que des bourgeois qui veulent que l'on étouffe leurs turpitudes morales car ils restent au fond des puritains.

    L'affaire DSK a au moins un mérite, elle révèle un peu plus chaque l'ignominie de politiques qui jouent les belles consciences alors que ce ne sont que des privilégiés qui défendent leurs privilèges, elle révèle également l'ignominie d'une grande partie des citoyens français, égarés par trente ans de sottises idéologiques hypocrites serinés sur tout les tons, persuadés qu'il est normal qu'un type qui a du pouvoir, de l'argent et des réseaux se conduise en pauvre type au fond, qui ne sait pas se contrôler, en queutard qui saute sur tout ce qui se bouge.

    On ne voit pas trop maintenant l'intérêt que Tristane Banon ou Anne Mansouret pourrait maintenant en retirer, contrairement à ce qui leur est maintenant reproché. Elles n'ont rien à y gagner. On ne voit pas trop non plus pourquoi elles feraient partie d'une espèce de complot car elles n'en tirent aucun bénéfice.

    Et ce que l'affaire DSK révèle aussi c'est surtout, d'abord et avant tout l'état de décrépitude déplorable des valeurs ayant cours en France, pays devenu une « société de porcs » (selon le terme de Gilles Châtelet, et aussi, de Léon Bloy).

  • L'inquiétante crise de l'Euro

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    en débat sur Agoravox

     Ce qui inquiète vraiment en ce moment du point de vue politique, ce qui interpelle « quelque part » comme dirait l'autre, ce n'est pas l'Affaire DSK, ce n'est pas les coups médiatiques des uns et des autres, les vilaines rumeurs, vraies ou fausses, le bébé de Carla ou la podophilie de Georges Tron.

    photo du Parlement Européen de Strasbourg ci-dessous prise ici

    54624_960_une_flotte_d_ipad_au_parlement_europeen.jpgTout cela c'est du badinage au bout du compte, celui-ci ayant au moins l'intérêt de montrer la connivence extrêmement importante existant entre la plupart des politiques et le monde médiatique, et également l'hypocrisie de beaucoup de soutiens de gauche de DSK.

    Cela prouve aussi que le débat politique est en bonne santé malgré tout en France.

    Ce qui inquiète vraiment c'est la crise de l'Euro et ses conséquences gravissimes en Europe et en France.

    En Grèce, comme en Espagne, comme au Portugal ou en Irlande d'ici peu et bientôt en Italie, il n'est pas question de sauver l'économie de ces pays, mais de sauver l'Euro dont la mise en place s'est fondé sur de nombreux pré-supposés monétaristes énoncés par Milton Friedman et son fils David, qui quant à lui est encore plus radical que son père, appliqués avec enthousiasme par Jean-Claude Trichet à la BCE, donc ultra-libéraux, entrainant la domination des « marchés » et un endettement catastrophique des pays entrant dans la zone Euro, une entrée pour laquelle il n'était pas prêt.

    C'est l'alliance objective de la sociale-démocratie européenne, des libéraux et des milieux d'argent qui a conduit à ce désastre.

    Après la guerre, beaucoup se sont demandés ce qu'il fallait faire pour qu'une autre boucherie mondiale n'arrive plus.

    A juste titre d'ailleurs.

    C'était encore le règne des idéologies toutes puissantes, s'affrontant à l'Est et à l'Ouest, des utopies que l'on croyait réalisables. Les idées à la base de l'Europe étaient de celles-ci, se fondant aussi sur un texte célèbre, prononcé le 21 Août 1849 au Congrès de la Paix, de Victor Hugo prédisant la création des « États Unis d'Europe ».

    C'est sur cette base que fut signé le Traité de Rome du 25 mars 1957 instituant la Communauté Économique Européenne avec six membres fondateurs :

    La France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays Bas et le Luxembourg.

    Le Traité est entré en œuvre le 1er Janvier 1958 instituant quelques principes de fonctionnement, ne serait-ce que sur la politique agricole commune.

    Les inspirateurs de la CEE, Jean Monnet, Paul-Henri Spaak, avaient en tête son élargissement et le passage rapide à l'Europe politique.

    Progressivement, la nation est devenue le mal absolue, comme tous les symboles s'y rattachant, abandonnés aux extrêmes :

    Drapeau, bâtiments, culture, et même la citoyenneté, amenant les citoyens à réagir de plus en plus en consommateurs de leurs droits et devoirs, et non en personnes responsables. Rabâcher la vulgate du « vivre ensemble », qui comporte surtout quelques lieux communs avec lesquels tout le monde sera d'accord, ne sert à rien si par ailleurs l'on entreprend de complètement démonter ce qui constitue l'essence même de ce que devrait être la citoyenneté dans un pays.

    Pourtant, comme Hannah Arendt l'explique dans son livre sur les origines des totalitarismes modernes en trois parties (l'Antisémitisme publié en France en 1973, l'Impérialisme publié en 1982 et le Système Totalitaire publié en 1972), ce n'est pas la nation et une conception haineuse de celle-ci qui est à l'origine du nazisme, du fascisme, du stalinisme ou de la guerre, mais que ces régimes étaient des perversions du marxisme et du libéralisme, des conséquences logiques de la massification des être humains, celle-ci continuant, les individus n'étant plus considérés comme personnes mais simplement sous l'angle collectif.

    Le traité sur l'Union Européenne ou Traité de Maastricht a été signé le 7 Février 1992 entre les 12 pays membres de l'époque, il est entré en vigueur le 1er Janvier 1993. Il a permis la mise en place de l'Espace Schengen, supprimant les frontières et les contrôles douaniers, en théorie, en son sein, le tout prévu par un accord signé en octobre 1985.

    Le TUE prévoyait également le création de l'Euro, celui-ci est entré en vigueur le 1er janvier 1999 pour les entreprises et le monde des finances, et en 2002 pour les particuliers. A l'époque, l'on avait annoncé que sa mise en place n'engendrerait pas de hausse des prix supérieure à celle prévue si le Franc était resté la monnaie nationale. En catimini, le 1er Août 2001, sous le gouvernement Jospin, est passée la loi organique relative aux lois de finance, ou LOLF, censée assainir les finances publiques et la répartition des crédits. Un de ses premiers résultats fut le licenciement « sec » de quelques milliers de « précaires » de la Fonction Publique.

    Grâce à ce lien, on pourra constater quant à l'inflation ce qu'il en vraiment été...

    Ou de manière ludique en regardant cette vidéo qui dit des choses tout à fait sérieuses en faisant rire, jaune...

    photo de la Commission de Bruxelles ci-dessous prise ici

    Belgique-Bruxelles-Commission-Europeenne-Siege-1.jpgLa plupart de ces étapes ont été accomplies sans jamais vraiment consulter les peuples, considérés comme incapables de réfléchir à leur destin ou de choisir quoi que ce soit. Pourtant le 29 Mai 2005, à la question du référendum d'initiative populaire, portant sur l'approbation du traité sur une constitution européenne, 54,68% des votants ont répondu clairement « non ».

    Il ne faut pas être naïf, ce « non » était certainement également dû à un rejet de la politique intérieure française menée à l'époque, et non à un rejet de l'Europe. Mais, ce « non » était l'expression de la volonté du peuple, exprimée également par ras-le-bol contre toute la connivence constatée pendant la campagne précédant le référendum pendant laquelle dirigeants, secteur financier, et médiatique, poussaient à voter « oui », le « non » étant montré comme synonyme du retour à la barbarie et bien entendu, selon la formule consacrée utilisée par les oligarques et leurs séides quand ils n'ont plus d'arguments du retour aux heures les plus sombres de notre histoire, au populisme, et au poujadisme (à cet effet je précise que je ne suis pas petit commerçant ni militant de leur cause).

    Pour l'Europe et ses institutions, cela ne pouvait convenir pour l'Union maintenant constituée de 27 pays, il a bien fallu trouver une parade permettant pour dire les choses clairement un réel et net déni de démocratie. C'est là qu'un mouvement d'indignation eut pu prendre place. On déplaça deux ou trois adjectifs, on rajouta une ou deux virgules, et l'on fit ratifier cette fois par le seul parlement le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007.

    Il est entré en vigueur le 1er décembre 2009.

    On constate depuis quelques temps déjà, le tout mis un peu en lumière depuis quelques jours, l'inféodation quasiment totale des institutions européens aux agences de notation économique, et aux fluctuations des marchés. L'Europe mise en place n'est pas celle des peuples, ce n'est pas une Europe sociale, et encore moins une Europe à vocation politique, elle a pour vocation évidente les intérêts des oligarques économiques et politiques, et rien d'autres. Sarkozy, DSK, Bush, père et fils, Obama, ne sont que des émanations de ce système assurant le service après vente du nouvel ordre mondial se construisant sur le dos des peuples.

  • Une pensée pour les militants du PS après l'affaire DSK

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  • Lettre cruelle à une jeune femme moderne qui rêvait de justice sociale...

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    Lettre également sur Agoravox

    ...Et qui est devenue « réaliste ».

    photo ci-dessous prise ici

    1992-412%20Femme%20Actuelle-04.jpg

    Une fine mouche me l'a fait remarqué dernièrement, finalement dans la plupart des textes que je commet sur le web, je m'adresse à toi, ou je parle de toi. Comme disait l'autre, « Cherchez la femme ». Car maintenant je dois le reconnaître, elle avait tout à fait raison.

    Les grandes envolées, l'ironie, la causticité, les sarcasmes et un certain cynisme, tout cela naît de blessures le plus souvent mal refermées ou pas refermées du tout. Donc, aujourd'hui, j'ai décidé de ne pas tricher et de parler directement de ta personne tout en m'adressant directement à toi, qui lis mes textes.

    Est-ce à dire que je vais être d'un romantisme échevelé dans la suite de cette lettre ?

    Tout comme moi, je sais que tu as horreur des grands sentiments pleins de sucre et de sirop de bois de rose.

    Tu es ce que l'on appelle une jeune femme moderne.

    Tu as réussi ta carrière, tu as un bon poste, un bon salaire aussi, des tas de responsabilités, et des subordonnées dévoués à ta cause. Tu as choisi librement ta vie amoureuse, ou du moins c'est ce que tu voudrais laisser croire. D'ailleurs, tu ne veux pas choisir. Tu veux vivre avec une femme ou un homme et continuer à te laisser séduire ou séduire d'autres femmes ou d'autres hommes.

    Et puis, j'ai vu la photo que tu as laissé sur Facebook, une photo que je trouve triste, on te voit toute seule tenant une bande sur laquelle est marquée ton âge, les reliefs de ce qui semble être un repas de fête juste devant. J'ai trouvé ça finalement assez pathétique, sans ironie aucune, dans le sens que l'impression qui domine de cette image, c'est surtout ta solitude, malgré le bronzage savamment étudié, ta coiffure déstructurée avec style et modernité, le look de femme indépendante et encore jeune malgré tout.

    Sans enfants, cela prend trop de temps, n'est-ce pas ?

    Plus jeune, tu ne voulais pas choisir déjà, tu jouais aussi un rôle. Cela ne me dérangeait pas car j'étais une des rares personnes qui avait le droit à la vraie « toi ». J'étais le plus gâté en somme. Il faut dire que j'étais déjà assez caustique, et que tu savais que le jeu des masques ne m'aurait pas plu.

    C'était une complicité de tous les instants, et pourtant qui aurait cru qu'elle aurait pu exister : j'étais catholique, plutôt du genre « anar de droite », je n'ai jamais rien caché.

    Toi tu étais communiste, très engagée, tu distribuais les tracts les veilles d'élections, et tu étais de permanence dans les bureaux de vote à toutes les élections.

    Maintenant, comme tu as cru mûrir, et que tu t'es habitué aux moquettes profondes des bureaux des décideurs, que tu as même travaillé pour une banque, tu as songé qu'il était temps de devenir réaliste.

    Enfin...

    Réaliste...

    Manière de parler.

    A savoir, accepter quelques injustices, un petit compromis, le plus important, n'est-ce pas, c'est que les choses progressent petit peu par petit peu, tu ne te révoltes plus comme avant face aux profiteurs, aux maîtres du monde ou proclamés tels.

    C'est donc plus une manière de te résigner, et non du réalisme.

    Pour ces raisons, je n'ai pas été étonné de te retrouver à « Terra Nova », et dans le sillage d'un des soutiens de Dominique Strauss-Kahn qui est quant à ses convictions réelles à l'inverse de celles que tu affirmais quand tu avais vingt ans. Il est libéral dans les faits, avec quels aménagements d'un côté ou de l'autre pour donner l'impression qu'il reste de gauche.

    Ce qu'il n'est pas...

    Ou plutôt ce qu'il n'est plus :

    A force de se gaver de bonnes choses, le foie se charge de mauvaises humeurs, le cœur se gonfle de graisse qui gêne la circulation, on respire moins bien, on se dit, pourquoi faudrait-il se passer de ces privilèges et partager les richesses ? Te souviens-tu de « Ruy Blas » :

    Acte III scène 2 :

    «  Bon appétit, Messieurs ! ô ministres intègres Conseillers vertueux, voilà votre façon de Servir, serviteurs qui pillez la maison. »

    Toi qui étais si soucieuse de la liberté et de l'indépendance des femmes, as-tu remarqué que la parole d'une pauvre dame de ménage ne compte pas beaucoup pour eux, dans leur progression vers le pouvoir ?

    Et que le plus souvent, ce sont toujours et encore des hommes qui tirent le bénéfice des réalisations que des femmes comme toi achèvent ?

    Alors, oui, bien sûr de temps en temps, on donne une sorte de hochet aux femmes de ton parti, pour les distraire, une réunion par ci, un congrès par là, une plaquette, une brochure avec beaucoup de grands mots pour assurer qu'il y a un grand souci des droits des femmes au PS. Mais finalement, ce sont toujours les hommes qui sont placés au premier rang sur la photo.

    Je ne sais pas ce que tu ressens à ce sujet maintenant, mais tu n'aimais ni l'ironie, ni la dérision avant, tout en la pratiquant d'ailleurs à grande échelle.

    Tu disais que c'était trop facile. Peut-être l'est-ce effectivement ? Mais c'est aussi une manière d'atteindre à plus de lucidité, donc à être plus réaliste. Et être réaliste de cette façons conduit à rejeter tous les compromis avec ce que l'on pense, et ce que l'on est...

  • "Salauds de pauvres!" - de Marcel Aymé à Laurent Wauquiez

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    article également en discussion sur Agoravox

     Monsieur Laurent Wauquiez a une belle tête de premier de la classe, mais pas du genre à être méprisé par les sportifs de l'école ou à subir les vexations des autres élèves. Ce n'est pas le genre à traiter les pauvres de salauds comme Grandgil dans la traversée de Paris, la nouvelle de Marcel Aymé et le film de Claude Autant-Lara. Et pourtant il l'a fait, mais pas avec les mêmes arrière-pensées que le personnage incarné au cinéma par Gabin.

    Je ne suis pas totalement certain que monsieur Wauquiez apprécie l'humour caustique de Marcel Aymé.

    Comme cette réplique aussi, qui précède le « Salaud de pauvres » que rugit Grandgil :

    « Non mais regarde-moi le mignon avec sa face d'alcoolique, sa viande grise... Avec du mou partout... Du mou, du mou, rien que du mou... Dis donc, tu ne vas pas changer de geule, un jour ? Et l'autre, la rombière, la guenon gélatine et saindoux. Trois mentons et les nichons qui dévalent sur la brioche... cinquante ans chacun, cent ans pour le lot... Cent ans de conneries. »

    Ce que Grandgil rejette, et son créateur avec, dans cette phrase, c'est la docilité des « pauvres » aux pouvoirs les plus arbitraires dont celui de l'argent, et celui de la haine.

    Je pense que monsieur Wauquiez adore la docilité chez les citoyens français...

    laurent-wauquiez.jpg

    photo prise ici

    Il vient d'une famille d'industriels de Tourcoing spécialisé dans la tannerie. Son père était directeur de la banque Indosuez, et sa mère maire de Chambon sur Lignon. Il fait ses études secondaires à Louis Le Grand, un lycée qui n'obéit pas exactement aux mêmes critères de recrutement qu'un quelconque lycée « Marcel Amont » de province ou de banlieue.

    Pas de ZEP, de ZUP ni même de ZIP à Louis Le Grand...

    Même si on trouve bien dans cet établissement quelques élèves-alibis, des « bon sauvages » recrutés sur quotas, qui toute leur vie porteront cette marque infâmante, on soupçonnera leur réussite de n'être dû qu'à ces quotas.

    Il a été reçu à Normale Sup', puis a étudié à Sciences-Po, où l'on peut croiser depuis la création de cette école de jeunes coquelets qui tous ont l'espoir un jour de dominer la basse-cour, les poules et les poulets, et de pousser leur cri pour réveiller le fermier et faire suer les voisins parisiens rurbains. Il a été reçu premier

    L'on peut donc dire qu'il n'est pas exactement le pur produit de la méritocratie républicaine mais j'y reviendrai plus en détail. Il serait plutôt le pur produit de la haute bourgeoisie française, où les enfants sont poussés dés leur plus jeune âge à réussir, où on leur met dans la tête qu'ils sont faits pour diriger, qu'il est normal qu'il fasse partie de l'élite, que c'est légitime.

    L'on peut penser que c'est moins hypocrite quand les géniteurs sont de droite et surtout libéraux, ils sont alors cohérents en somme. Quand ils sont de gauche, on peut trouver ça totalement hypocrite. Dans ce cas, on fait comprendre aux enfants que non seulement ils sont appelés légitimement à fa ire partie de l'oligarchie mais qu'en plus être privilégié, c'est surtout un sentiment. Si on ne ressent pas vraiment son privilège, en somme on n'est pas un privilégié.

    Vainement, me semble-t-il, des personnes au RSA ont essayé de se dire qu'en fait elles avaient le sentiment d'être privilégiées, et que seul ce sentiment comptait, mais étrangement cela n'a eu aucune conséquence sur leur compte en banque resté désespérément vide.

    Il a l'attitude de celui à qui tout semble réussir, compétitif et parfaitement adapté à la société hyper-libérale actuelle, marié à une jolie femme, qui est non seulement une bonne ménagère mais a une garde-robe digne des meilleures pages des magasines de mode, avec des enfants parfaits qui ne disent jamais de gros mots, ne sont pas pendus à leurs portables tout le temps, et qui ont de bonnes notes à l'école tout en étant de bons camarades.

    Monsieur Wauquiez est du genre à rendre jaloux ceux qui espèrent acquérir un jour un statut social honorable et surtout le revenu qui va avec, car de nos jours, ce n'est plus tellement la différence de milieu, d'éducation ou de culture qui compte mais d'avoir de l'argent ou pas.

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    photo de monsieur Wauquiez avec une copine prise ici

    Cependant, il est bien incapable pour toutes ces raisons de comprendre la vie de quelqu'un pour qui les fins de mois commencent le 15, ces personnes qui se demandent avec anxiété si elles arriveront à régler leur loyer à temps tous les mois, et pour qui les dépenses de santé sont un luxe superflu. Un parti que je ne connaissais pas, le parti libéral démocrate, qui incarnerait les valeurs sociales de la droite libérale (rires).

    Monsieur Wauquiez comme eux prétend lutter contre la dépendance en partant de bons sentiments, aider son voisin à créer lui-même son entreprise, à gagner beaucoup d'argent pour ne pas être un « left behind ». Depuis la création du libéralisme, rien n'a changé, c'est resté une doctrine volontariste qui veut que comme « aide toi le ciel t'aidera », si quelqu'un ne réussit pas c'est de sa faute et uniquement de sa faute, et non des circonstances ou du système qui fait que de toutes façons, comme dit le proverbe, on ne prête qu'aux riches.

    Bien sûr, les libéraux et monsieur Wauquiez oublient simplement une chose fondamentale, l'homme est un animal disposant d'une conscience qui lui permet de distinguer ce qu'il peut faire de bien ou de mal pour son voisin. Il serait heureux que monsieur Wauquiez prononce des phrases qui poussent ses compatriotes à faire plus de bien aux autres...

    Et non à les condamner, ou à jouer les démagogues...

    Ci-dessous le "Salaud de pauvres" de Grandgil/Gabin...

  • Le deuxième livre de Frédéric Seaux

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    seaux.jpegL'image s'agrandit en cliquant dessus.

    C'est un livre d'histoire très intéressant de Frédéric Seaux, éditeur, journaliste, correspondant de presse, animateur radio et professeur en lycée professionnel.

    C'est aussi le premier livre publié par sa maison d'éditions, "Cogito Ergo Sum".

    Le blog de cette toute nouvelle maison

  • Hommage à un vrai militant de gauche

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    Hommage aussi sur Agoravox

    Bernard Bonnechère est mort, c'était une figure bien connue à gauche sur Évreux et dans l'Eure.

    photo prise dans Paris Normandie

    201104284db8b6203b4ec-0.jpgOn pouvait le croiser tôt le matin, en attendant le bus, car même retraité, Bernard n'en continuait pas moins à mener beaucoup d'activités afin de rendre service à la communauté. Il était toujours à l'écoute, toujours prêt à rendre service et à donner de son temps.

    Je l'ai rencontré pour ma part lors de mon propre « encartage » au PS juste avant les élections présidentielles de 2007. Il était passé depuis au « Parti de Gauche ».

    C'était un militant de gauche au sens noble du terme.

    A savoir, il ne l'était pas par posture, pour plaire aux filles, prendre l'attitude du pseudo-rebelle, se disculper d'être un petit bourgeois, et finalement ne pas avoir de réelles convictions. Ce n'était pas un militant de salon qui apprécie malgré tout le confort de la société hyper-libérale, un communiste en charentaises ou en « Burberry's » .

    C'était un « pur », un produit de la méritocratie républicaine à l'œuvre il y a quarante ans, qui ne fonctionne plus vraiment maintenant.

    Il avait travaillé dur pour s'accomplir et luttait pour que les plus jeunes aient les mêmes chances que lui car ses convictions faisaient de lui quelqu'un d'extrêmement généreux.

    Malgré la Corée du Nord, malgré Cuba, tu voulais y croire, tu ne voulais pas entendre parler de ces tyrans qui avaient perverti ton idéal.

    Bernard me rappelait monsieur L (il fut question de lui déjà ici)., retraité de la SNCF, au PCF depuis cinquante ans, qui avait encore les rêves de sa génération à l'esprit, qui croyait possible un monde meilleur, et qui pensait fermement qu'il suffisait d'aider un petit peu plus les êtres humains afin que ceux-ci partagent les richesses et ne sombrent pas dans l'avidité de l'hyper-consumérisme.

    Tous les 21 Janvier, monsieur L. levait les couleurs pour se souvenir de la mort de Lénine. Juste en face, un autre monsieur retraité faisait de même quant à lui pour commémorer l'exécution de Louis XVI. Leur amitié était sans failles, car ils étaient tous deux honnêtes et parfaitement sincères en sachant l'un et l'autre ce qu'ils pensaient.

    Et ils aimaient chez l'un et chez l'autre ce rêve d'idéaux plus élevés pour leurs semblables. Ils se rappelaient pourtant très bien de l'époque où ils se retrouvaient souvent face à face à se rentrer dedans parfois violemment.

    Bernard était dégoûté par l'iniquité et l'hypocrisie de la société actuelle, la précarisation progressive des salariés du public et du privé, et le dynamitage de ce qu'il reste de la classe moyenne.

    Il était révolté par le dé-tricotage du service public, à commencer par celui de l'Éducation Nationale, par celui de la poste. De jeunes militants le prenaient parfois pour un réac car il contestait aussi avec force la validité du pédagogisme et la pertinence des politiques mises en œuvre après « Mai 68 »

    Il était plus que scandalisé par les abus des lobbies divers et variés qui imposent leurs vues au pouvoir.

    De plus, il n'aimait pas du tout ces notables locaux ou pas qui jouent finalement leur carrière quand ils se présentent à une élection plutôt que de songer ne serait-ce qu'une minute au bien commun, et se satisfont de l'évolution de la société telle qu'elle est.

    Il n'y a plus beaucoup de militants comme Bernard, la plupart sont maintenant de gauche mais pour une gauche sociétale, ils se sont fait au consumérisme et ne voient pas pourquoi ils devraient s'en passer au fond, se contentant de quelques aménagements « équitables » ou de quelques belles formules sur le Développement Durable, sans remettre en cause beaucoup plus.

    Bernard croyait sincèrement que l'idéologie socialiste pouvait faire de ce monde un monde meilleur, pour combattre la pauvreté.

    revolution1848.jpg

    tableau pris ici

    Et il ne serait jamais allé voter en « consommateur », piochant ce qui l'arrangeait et s'en contentant.

    Cela va paraître contradictoire, cet hommage d'un type plutôt de droite, et catholique, mais finalement, nous partagions au fond les mêmes détestations, devant l'indigence du spectacle offert par la vie politique nationale et régionale, se limitant à des discussions sur des questions cosmétiques (voire sur des méthodes de pressing) pour beaucoup, à l'exaltation de révolutions faites par d'autres, à des grands mots, nous détestions tout autant l'individualisme profondément marqué de notre temps, l'égoïsme dans lequel menace de tomber notre pays.

    Repose en paix Bernard...

    Au moins ne seras-tu pas obligé de soutenir DSK comme tu l'aurais fait par discipline républicaine mais à contrecœur...

  • La diversité contre l'égalité ?

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    Note dédiée à Alain Minc

    Discuté sur Agoravox

    Au sujet de "La diversité contre l'Égalité" de Walter Benn Michaels aux éditions Liber collection "Raisons d'agir"

    MichaelsInterior.jpg

    Ci-contre : photo de l'auteur prise ici

    Que l'on ne se méprenne pas, l'auteur de cet article aime bien rencontrer des personnes de diverses origines. Il aime bien une certaine diversité. Il a adoré toutes les villes cosmopolites du Proche Orient, mais aussi Londres, Bruxelles ou Paris, ou de nombreux peuples se croisent, parfois hélas sans se rencontrer. A son avis, elle existera vraiment quand le fait de dire qu'une personne d'origine africaine, asiatique, arabe, juive (etc...) est con ou incompétente (etc...) sera anodin et ne soulèvera pas une tempête de protestations des associations se réclamant de l'anti-racisme.

    On remarque que cet antiracisme

    Le problème est que cette diversité est devenue une vérité imposée à laquelle il faut absolument souscrire sous peine de passer pour un raciste ou un affreux réactionnaire. Comme croire qu'Obama est un produit de la discrimination positivie alors qu'il est plus libéral que social-démocrate. L'autre chose à noter est que ceux qui soutiennent la diversité et le métissage le réduise à sa peau noire, Obama n'étant d'ailleurs pas noir mais métis.

    Dans les années 60, 70, dans les feuilletons américains, même ceux censés se passer sous la Renaissance ou à l'époque romain, il fallait absolument dans le casting un quota de minorités pour ne pas se faire taper sur les doigts par diverses organisations dites communautaires. Dans « Hogan's Heroes », « Papa Schultz » en français, on trouve même un noir dans un camp de prisonniers nazi alors que l'on sait bien qu'il aurait été derechef été envoyé en camp d'extermination. Actuellement, dans les feuilletons américains, on trouve en plus des hispaniques, une mère célibataire, un homosexuel ou deux, des noirs aussi « WASP » qu'Obama.

    Dans le « Marianne » de cette semaine donc, et aussi sur « Marianne 2 » on peut lire un entretien passionnant avec Walter Benn Michaels sur les méfaits du dogme de la diversité, un entretien hautement politiquement incorrect dans son pays, où la diversité est reine, dans le nôtre où elle également hautement taboue. C'est donc un entretien avec un chercheur de gauche, dans un journal de gauche avec un journaliste de gauche qui lancent quelques pistes de réflexion sur le sujet.

    (un lien vers une biographie de cet auteur)

    A commencer par le plus important, la diversité est au service du néo-libéralisme.

    La marque dont il est question dans la photo ci-dessous l'a compris très tôt... (photo emprunté ici)

    diversite.jpgComme le signale d'ailleurs le sous-titre du livre en anglais, le système néo-libéral privilégie, ou feint de le faire, l'identité du consommateur, et ignore totalement les inégalités. De fait, instaurer des quotas pour que quelques individus triés sur le volet, souvent cooptés pour leur docilité, puissent accéder à un niveau de revenu élevé et un statut enviable n'a jamais résolu quoi que ce soit quant à la précarité des communautés en particulier, ou en général non plus. Il s'agit surtout de se donner bonne conscience.

    Walter Benn Michaels note de toutes façons également que si il y a eu quelques efforts cosmétiques contre quelques discriminations, les inégalités n'ont cessé d'augmenter depuis trente ans dans les pays riches : Royaume Uni, États-Unis et France en particulier.

    Le but en imposant le tabou de la diversité c'est surtout d'imposer aux pauvres l'opinion que si ils le sont ce n'est pas de la responsabilité des riches. On s'aperçoit là aussi que la plupart des gens, même les pauvres, le pensent déjà, une célébrité « people » ou pas qui a de l'argent ne sera pas jalousé, ni même envié, elle sera portée aux nues même si elle se moque bien et de l'adulation et de l'admiration des moins chanceux qui la célèbrent.

    L'anti-racisme est devenu selon Walter Benn Michaels une des composantes essentielles du capitalisme contemporain, et d'aucuns, comme Yazid Sabeg, ne sont pas loin de penser que c'est la diversité qui sauvera l'hyper-consumérisme dans lequel nous vivons.

    Ce qu'il propose est limpide :

    Accentuer les politiques éducatives afin que l'Éducation ne soit pas seulement un privilège réservé à la progéniture de nos élites auto-proclamées.

    Réduire les inégalités en aidant les politiques d'insertion pour tous, sans que celles-ci ne soient fondées sur une quelconque discrimination fût-elle positive.

    Cela ne concerne pas seulement Sarkozy (et l'UMP). Selon l'auteur de « la diversité contre l'égalité », « il [Sarkozy] sait déjà qu'une élite diversifiée est une élite plus heureuse, plus autosatisfaite ».

    Le plus ironique étant que Sarkozy est lui-même issu de cette diversité.

    Cela concerne surtout ceux qui sont censés lutter contre les inégalités et la précarité, et qui pour l'instant ne proposent rien de concret ou de tangible.

     


    Les Inconnus - United Colors ... par 2fresh

  • Ce qui est fait pour les travailleurs précaires en France - un état des lieux...

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    Sur Agoravox aussi

    Qu'est-ce qui est réellement fait contre la précarité en France non seulement par les institutionnels mais aussi par ceux qui sont censés défendre les salariés ? On en parle ponctuellement au moment de l'action des "Don Quichotte" au Canal Saint Martin ou lors des premières manifestations de "Génération Précaire" mais sinon le sujet est vite expédié alors qu'en ces périodes de post-élections cantonales et de pré-campagne présidentielle il devrait être central.

    L'état des lieux est inquiétant, il pousse à la fois à la colère et l'effarement. Celui qui suit ne se prétend pas exhaustif, il peut cependant constituer à mon sens une base de réflexions sur la question.

    place-de-precarite.jpgLe salariat public et privé est de plus en plus précaire en France : appel à des intérimaires, à des contractuels, multiplication des CDD, au mépris de lois et des directives europénnes, (un lien sur celle concernant les CDD à répétition, un autre sur son application réelle en particulier dans la fonction publique où la gestion des ressources humaines est aussi déplorable que dans le privé) qui lorsqu'elles concernent le social ne sont que rarement appliquées, et licenciements sans contrôle ni contraintes, remise en cause de tous les statuts, de tous les acquis, délocalisation (voir par ici un rapport très complet sur la question), et abus de toutes sortes dont « Continental » est l'emblème en France, tout comme le courage des ses ouvriers qui ont vite compris qu'ils étaient tout seuls (le rappel des faits par ici).

    Face à cette situation, on se dit que la précarité est le principal souci des syndicats, leur principal cheval de bataille.

    Il n'en est rien.

    Face à des gouvernements qui ont très peu de pouvoir réel, et une marge de manoeuvre infime, non pas d'ailleurs parce qu'ils y sont contraints, mais du fait avant toute chose de l'abandon progressif et quasiment total de leurs prérogatives aux institutions européennes, financières et bancaires.

    Attaquer le gouvernement, contester ses décisions, c'est le droit de tout citoyen, c'est totalement légitime mais c'est un rideau de fumée, un paravent pudique de l'hypocrisie de ceux qui ont une situation stable et acquise et ce à tous les niveaux car au bout du compte s'attaquer au gouvernement c'est s'attaquer à des lampistes, et rien que des lampistes, qui profitent , qui ont des avantages énormes à leur situation, mais des lampistes (Comment calcule-t-on le seuil de pauvreté en France ? http://www.inegalites.fr/spip.php?article270).

    Alors certes, un précaire au RSA en France sera toujours proportionellement plus riche qu'un précaire dans un Pays en Développement, qui le sera encore plus, où parfois le salaire est inférieur à 100 euros par mois (par ici un rapport sur la question au niveau mondial)...

    ...Mais un pauvre est un pauvre, que ce soit n'importe où sur la planète.

    Et il serait cynique de mettre les souffrances que la précarité et la pauvreté impliquent en balance.

    Il y a plusieurs définitions de la précarité (et donc plusieurs chiffres quant au calcul de ses proportions en France), il existe celle qui arrange les politiques et les responsables économiques, et celle qui reflète plus la réalité.

    Les syndicats s'intéressent-ils aux précaires, en particulier dans la fonction publique, l'Éducation Nationale et l'administration ?

    Dans la plupart des manifestations et autres rassemblements, quand on lit les tracts, il y a toujours une référence à la précarité des salariés, soyons justes, mais on constate peu de grande mobilisation et revendications concrètes contre celle-ci. Il y a beaucoup de bonnes intentions, de déclarations d'intentions sincères mais finalement, à de rares exceptions, ce sont ceux qui disposent déjà -pour combien de temps ?- d'un statut qui sont défendus.

    Dans le meilleur des cas, la titularisation des contractuels et intérimaires est demandée, ce qui est quand même déjà un pas, mais rien de tangible n'est proposé pour y arriver, ce qui est le plus important, comme si c'était surtout un mot d'ordre pour donner une image positive mais seulement une image.

    Quand on creuse un peu, les syndicats font finalement un rappel de la loi aux contractuels : pour être titularisés passez les concours !

    En réclamant plus de places aux concours certes mais sans indiquer ce qui est suggéré pour l'augmentation du nombre de places.

    Et quant à certaines mesures concernant par exemple le réemploi à des postes d'aides au devoir ou de documentation de professeurs retraités, aucun n'a vraiment protesté, alors que ces emplois pourraient être donnés à des étudiants ou des personnes en recherche d'emploi. On peut comprendre que ces personnes veulent augmenter leurs revenus mais il est dommage que cela soit aux dépens de salariés qui commencent dans la vie active.

    Cela concernait au départ seulement l'Éducation Nationale, il semble que cela s'étend aux hôpitaux et aux prisons.

    On m'objectera qu'il s'agit aussi de mettre en concurrence deux catégories, de diviser pour mieux régner en somme mais ces retraités disposent aussi d'une conscience qui devrait leur permettre de dire « non » et de savoir quelles sont les conséquences de leur réemploi.

    6a00d8341cdf0d53ef0120a832b7ba970b-800wiOn oublierait aussi que le contractuel est la plupart du temps soumis à la pression constante d'un chefaillon ou d'une chefaillonne, aux appréciations souvent peu amènes de ses collègues pour qui il « prend la place » parfois d'un titulaire de manière illégitime. Comme il ne peut guère protester sans risques, on lui fait payer telle ou telle vexation réelle ou imaginaire.

    Bien que sa compétence soit souvent remise en question, paradoxalement, il est toujours considéré comme parfaitement capable d'assumer toutes les corvées dont les autres ne veulent pas.

    On a pu constater également lors du licenciement de personnels contractuels enseignants, dans certaines académies, que si les collègues titulaires s'en désolaient de vive voix, la plupart s'en réjouissaient plus officieusement car cela a permis de dégager un grand nombre d'heures supplémentaires à leur avantage, donc des revenus plus conséquents. Il n'y a pas de statistiques concrètes sur la prise abusive d'« heures sup' » car c'est un rien tabou d'évoquer ce problème pourtant épineux, et que si quelques uns assument d'en prendre afin d'accroître les revenus du ménage, la plupart non.

    Il est enfin à constater que le statut des titulaires a été remis en question sans pour autant titulariser abusivement les « précaires » qui ont été un peu plus licenciés à grandes charretées.

    (Nota Bene : Il arrive aussi que dans quelques établissements, malheureusement rares, les professeurs titulaires se contentent d'une heure supplémentaire chacun afin de rendre possible l'emploi d'un précaire comme au Lycée professionnel « Louise Michel » à Gisors, dans l'Eure, par exemple).

    Dans le secteur privé, c'est le sort des stagiaires qui est le plus précaire, multipliant les stages qualifiants ou pas, les CDD et autres petits boulots subsidiaires pour vivre et n'obtenant jamais le poste qu'on leur promet pendant toute la durée du stage ou du contrat court. Le pire est que bien souvent le poste promis est donné à un autre sur des critères qui n'ont rien à voir avec la compétence de la personne promu, et beaucoup avec la capacité d'obséquiosité du candidat, sa docilité, voire ses liens avec son employeur - familiaux, sentimentaux, sexuels...- mais aussi son appétence, quand il s'agit d'une jolie femme à choisir la « promotion canapé ».

    Les stagiaires sont taillables et corvéables à merci et permettent de payer moins de charges ou de distribuer moins d'avantages, ainsi que l'indique « Génération Précaire » sur son site. De plus, leur accorder plus revient pour ceux disposant d'un statut à perdre une partie de leurs fameux « avantages acquis ». Et comme les contractuels dans la fonction publique ils subissent une très forte pression quotidienne au travail.

    Il est curieux que ce thème n'est que bien rarement abordé de manière frontale, concrète et directe, et dans tous ses aspects, par la gauche française qui reste très vague sur la question, se contentant de promettre en fait une "resucée" des "emplois jeunes"...

  • Les Cantonales et les Heures Les Plus Sombres de Notre Histoire

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    En discussion sur Agoravox

    Depuis dimanche on nous rebat les oreilles des poncifs habituels, le retour des z-Heures Les Plus Sombres De Notre Histoire (tm), sans que cela ne réponde aux questions des électeurs en particulier, des citoyens en général. On rappelle les souvenirs du fascisme, du nazisme et autres dictatures atroces. On parle de Front Républicain contre le Front National car ce ne serait pas un parti démocratique. Il y a donc une chose qui n'est pas logique, si le FN promeut des opinions illégales, contraires aux lois de la République, il faut carrément l'interdire, être cohérent jusqu'au bout.

    Les-cantonales_scalewidth_630.jpgSur le splendide « café du commerce » qu'est parfois Internet, on trouve des idées parfois intéressantes, en oubliant de temps à autres qu'il faudrait aussi pour éviter ce genre de problématique exercer ses devoirs de citoyen et rappeler aux politiques qu'ils sont là pour le Bien Commun et non pour celui uniquement des banquiers et des privilégiés de tout poil qui, en ce moment, pratiquent le clientèlisme à un niveau encore rarement atteint depuis la nuit du 4 Août, où parait-il, tous les privilèges furent abolis.

    On sait bien de toutes façons qu'en 1789 les bourgeois ont pris le pouvoir et qu'ils le gardent depuis. A l'époque, ils affichaient plus clairement les choses, la démocratie était censitaire, et la Loi le Chapelier interdisait toute association ouvrière, maintenant il est pénible de les entendre parer leur égoïsme foncier de classe de discours lénifiants vaguement humanitaristes.

    On traite les électeurs du FN de cons, car ils sont forcément cons de ne pas voter comme on leur dit de voter aux yeux de nos belles élites politiques et intellectuelles. Nous parlons d'élite, dans le « Libération » d'aujourd'hui on peut lire une interview de Nadine Morano, qui si elle avait eu du temps à elle aurait certainement inventé l'eau tiède affirmer en page 3 de ce journal que « nous avons le devoir d'éclairer les électeurs sans les contraindre ».

    En gros, c'est mieux quand même s'ils votent dans le bon sens.

    Tout vote qui ne pas dans ce sens est anti-démocratique.

    C'est une erreur grossière, et complètement stupide, de faire de la « reductio ad hitlerum » jusqu'à la nausée car le racisme, la xénophobie, l'abandon de la liberté des peuples au profit des puissants, ce n'est pas le fait de nostalgiques du IIIème Reich en imper caoutchouc ou de skins bas du front.

    Tout cela venant des « braves gens qui n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux » (voir la suite de la chanson de Brassens par ici).

    J'en veux pour preuve deux anecdotes que je certifie absolument véridiques.

    La première se passe dans un supermarché d'une petite ville. Un clochard, sentant mauvais, était dans une file d'attente à une caisse attendant son tour. La plupart des personnes qui étaient derrière lui, ainsi que la caissière, reniflaient bruyamment et avec ostentation, sans oser dire quoi que ce soit quand même car les bonnes gens étaient courageux mais pas téméraires. Une fois qu'il eût payé, en toute petite monnaie, sa bouteille en plastique de « velours du duodénum », et qu'il fut sorti du magasin, j'assistai alors à un déchainement de remarques sur le pauvre homme qui n'avait certes pas le dos assez large pour toutes les recevoir.

    Et chacun d'y aller de sa suggestion pour résoudre la question :

    « Faudrait les parquer à la sortie des villes ces gens là »

    « Faudrait aussi les obliger à se laver »

    « Et pis faudrait aussi les obliger à travailler passque c'est quand même des fainéants »...etc ad lib

    En moins de dix secondes, des quidams, des pékins moyens venaient de réinventer le principe des camps de concentration. Comme tous les salauds ordinaires, ils venaient de le faire bien sûr en prétendant que c'était pour le bien de ceux qui y seraient enfermés. Dans la file, aucun skin, aucun nostalgique d'Ordre Noir : deux retraités, un jeune homme, trois ou quatre bureaucrates, deux jeunes filles ordinaires et un professeur.

    L'autre histoire se déroule dans un tout petit village, tout mignon, fleuri, et se voulant accueillant, mais pas pour tout le monde. Il y avait 800 habitants, tout le monde se connaissait, se tutoyait, et faisait au moins semblant de s'apprécier devant les étrangers au coin. On tâchait de faire bonne figure. Quand un jour le vieux médecin qui y exerçait décida d'aller finir ses jours au soleil à moins qu'il en ait eu assez de la sclérose mentale gagnant les personnes habitant ce petit bourg.

    Il vendit son cabinet à un médecin marocain. Bien intégré, ses gosses mis dans une boîte privée non loin, une famille déjà de provenance extérieure au village mais en plus d'origine maghrébine, c'était de trop.

    Ce n'est pas que les villageois se conduisirent avec eux méchamment ou durement. On faisait comprendre que l'on préférait aller consulter ailleurs si c'était comme ça plutôt que lui. C'était des petites remarques blessantes mais jamais lourdes ou carrément racistes, la boulangère n'avait jamais de monnaie pour rendre à son épouse, le cafetier faisait toujours des « blagues » sur le fait qu'ils ne boivent pas de vin (des blagues « pas méchantes c'est pour rire » comme disent ceux qui ont toujours à la bouche des plaisanteries pas drôles et blessantes).

    Le tout créait une ambiance délétère qui fut tellement insupportable que le nouveau médecin décida de plier bagages avec sa femme et ses enfants.

    Bien sûr, une fois qu'il fut parti, on fit comprendre que c'était de leur faute, qu'ils étaient trop ci, pas assez ça, qu'ils étaient susceptibles « ces gens là » quand même. Les villageois n'étaient pas encore une fois des semi-gorilles en « bombers », crâne rasé, des admirateurs d'Adolf ou de Benito, il y avait de tout parmi eux, y compris des électeurs de gôche qui donnaient pour les petits n'enfants africains, « des pétroleurs syndiqués, des anars inscrits à la sécurité sociale ».

    Voir ci-dessous la scène du film "Archimède le clochard" dont est extrait ce dialogue.


    Ah ils sont beaux les réformateurs du monde!! par -mirinda-

  • Marx et son orchestre dans le vent

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    Les anciennes icônes reviennent sur le devant de la scène, mais serait-ce plutôt pour une tournée d'adieux ?

    politique

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'était hier, samedi, jour de paye,
    Et le soleil se levait sur nos fronts
    J'avais déjà vidé plus d'un' bouteille,
    Si bien qu' j'm'avais jamais trouvé si rond
    V'là la bourgeois' qui rappliqu' devant l' zingue:
    "Feignant, qu'ell' dit, t'as donc lâché l' turbin?"
    "Oui, que j' réponds, car je vais au métingue,
    Au grand métingu' du métropolitain!"

    Les citoyens, dans un élan sublime,
    Étaient venus guidés par la raison
    A la porte, on donnait vingt-cinq centimes
    Pour soutenir les grèves de Vierzon
    Bref à part quatr' municipaux qui chlinguent
    Et trois sergents déguisés en pékins,

    J'ai jamais vu de plus chouette métingue,
    Que le métingu' du métropolitain!
    Y avait Basly, le mineur indomptable,
    Camélinat, l'orgueil du pays
    Ils sont grimpés tous deux sur une table,
    Pour mettre la question sur le tapis
    Mais, tout à coup, on entend du bastringue;
    C'est un mouchard qui veut fair' le malin!
    Il est venu pour troubler le métingue,
    Le grand métingu' du métropolitain!


    Moi j' tomb' dessus, et pendant qu'il proteste,
    D'un grand coup d' poing, j'y renfonc' son chapeau.
    Il déguerpit sans demander son reste,

    En faisant signe aux quatr' municipaux
    A la faveur de c'que j'étais brind'zingue
    On m'a conduit jusqu'au poste voisin
    Et c'est comm' ça qu'a fini le métingue,
    Le grand métingu' du métropolitain!

    Morale:
    Peuple français, la Bastille est détruite,
    Et y a z'encor des cachots pour tes fils!..
    Souviens-toi des géants de quarante-huit
    Qu'étaient plus grands qu' ceuss' d'au jour d'aujourd'hui
    Car c'est toujours l' pauvre ouvrier qui trinque,
    Mêm' qu'on le fourre au violon pour un rien,
    C'était tout d' même un bien chouette métingue,
    Que le métingu' du métropolitain


    Marc Ogeret - Le grand métingue du métropolitain
    envoyé par basad. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.

  • Il était deux amis...

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    Sur Agoravox aussi on parle aussi du mépris du politique et du retour nhécessaire à l'Histoire

    Il était deux amis qui s'étaient rencontrés au mariage d'un troisième.

    binet_mleministre.jpgDés la première phrase, ils avaient senti quelque chose de fort, et ce malgré la virulence de leur hétérosexualité virulente qui les avaient sans aucun doute empêché de se demander en mariage à ce moment-là. Ces affinités électives, on les ressent de suite avec ceux que l'on aime ensuite. Bernanos appelait ça la « communion des saints », cette espèce d'empathie instantanée, de complicité qui n'a plus besoin des mots. Avec ceux dont on sait qu'ils seront toujours là au fond du coeur.

    Peut-être ne le sentaient-ils plus car ils étaient désormais fâchés et apparement irréconciliables.

    Tous les deux partageaient beaucoup de choses, la première étant un amour immodéré pour la littérature, quitte à croire que celle-ci était autant importante si ce n'est plus que la vie.

    Ces choses qu'ils appréciaient n'étaient plus du tout à la mode ou dans le vent du troupeau, des indignations sélectives, de l'humanitarisme vague, bien comme il faut ainsi qu'il convenait d'être en ce triste début de siècle : la beauté des filles, boire du bon vin, en parler, les films « de genre » trasngressifs, déguster des plats pas très hygiéniquement corrects, lire des auteurs mal vus par le troupeau qui subissait sans broncher la dictature de la gentillesse « über alles » dans les médias, les films, les journaux, les auto-fictions à la mode, les pubs pour les couches-culottes.

    Critiquer, remettre en question les lieux communs totalement arbitraires qui se pratiquaient, ne pas suivre les mêmes rails que les autres, ne pas accepter l'allégeance au pouvoir du tout économique, c'était effectivement considéré comme ne pas être gentil, être jaloux de quelque chose, forcément, être aigri. Cela chatouillait les complexes sociaux encore vivaces. Et Internet ne faisait que raviver ceux-ci, le réseau étant devenu la providence de quelques crétins qui y trouvaient matière à se défouler de leurs frustrations diverses et variées.

    Il n'y avait plus de nécessité réelle de montrer de la sensibilité, de l'affectivité et de l'empathie pour les autres, le plus important était de faire semblant, de les surjouer, de pleurer à chaudes larmes en étreignant le voisin (le mieux étant de le faire en direct à la télévision).

    Cela avait été révélé par la réactualisation des « zoos humains » que l'on appelait du nom fallacieux « télé-réalité », fallacieux car plus rien n'y était vrai.

    Tous les deux partageaient le même desespoir devant la sottise absolue des aspirations de leur époque. Ils savaient bien que la nature humaine, l'homme, ce primate lamentable plus proche de la violence du chimpanzé que de la douceur du bonobo, est pitoyable, et qu'elle recherche surtout la satisfaction de ses désirs, de son avidité, de son appât du gain dût-elle se parer des meilleures intentions.

    L'un d'eux n'hésitait pas à se laisser aller à ses émotions, au flot de sentiments qu'il ressentait, de la haine à l'amour fou, tandis que l'autre avait peur de ressentir, et portait aux nues la rationnalité dont pourtant il ne faisait pas souvent preuve.

    Le premier s'il était ironique souvent n'était pas un type caustique et cynique comme le deuxième qui ne croyait en rien sauf en Dieu, et pour qui rien n'était vraiment réel hormis l'amour, l'amitié, l'affection donnée et reçue.

    Bien sûr, il n'était ni cynique, ni caustique, mais essentiellement un hyper-émotif qui s'était construit une cuirasse pour se protéger du monde extérieur.

    Ce qui les différenciait est que l'un d'eux éta it persuadé, voulait croire plus que tout que l'on pouvait changer la société en en changeant les fondements de manière radicale quitte à en passer par « l'impôt du sang » pour les peuples. Trouver de nouveaux fondements au monde pour qu'il soit moins inique, c'était mettre en oeuvre la théorie marxiste. Des affrontements contre les pouvoirs économiques en place naîtrait ainsi l'harmonie sur terre.

    Tandis que l'autre était à peu près sûr que ça ne changerait jamais rien du tout. Ce n'est pas qu'il doutait de la possibilité des utopies et de leur réussite potentielle, mais un bonheur imposé, même pour le bien de l'humanité malgré elle, est un bonheur insoutenable.

    Du fait de la nature humaine justement, on ne peut forcer les êtres humains au bonheur et à la concorde. Décider que la pauvreté est abolie, tout comme les privilèges, d'un trait de plume, c'est un rien futile.

    Il songeait souvent à l'exemple de l'utopie de Jean de Leyde, un temps ce fut effectivement comme le paradis sur terre, puis les passions humaines l'emportèrent et tout finit dans un bain de sang. Il croyait que la nature humaine était irrémédiablement marquée par le mal auquel elle se laissait souvent aller.

    Au fond, ces deux amis étaient deux naïfs, ou deux idéalistes, car le monde continuait sans eux, ainsi que la comédie politique, qui satisfait le bon peuple tant qu'il peut continuer à consommer toutes les choses inutiles qu'ils convoitent quand ils les voient à la télévision ou qu'il déambule dans les allées des supermarchés géants, ces cathédrales dérisoires des temps modernes. Ainsi est la politique qui n'a plus que très peu d'influence, raillée, discréditée, plus personne n'en veut. Alors qu'elle n'a finalement jamais eu autant d'importance, que l'on soit d'un côté ou l'autre de la rive.

    BD extrait de "M le Ministre"

  • Sarkozy comme Dieu en France

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    Cette semaine, le journal allemand « Bild Zeitung » publiait un article sur le train actuel de vie de l'Elysée, La Traduction :

    zeitun10.jpg"8 avions, 61 voitures de fonction, 1 000 employés.

    Toute la France est touchée par les mesures de récession. Toute la France ? Une personne ne joue pas le jeu : le Président Nicolas Sarkozy (54 ans)

    Le budget de la Présidence a toujours été tenu secret en France.

    Pour la première fois il est révélé sous Nicolas Sarkozy.

    - Dans les 300 mètres carrés de l'appartement de fonction des Sarkozy les fleurs doivent être fraîches en permanence : coût 280 000 euros par an.

    - Lorsque Nicolas Sarkozy voyage à titre privé, un avion gouvernemental vide l'accompagne en permanence, pour lui permettre de rentrer à Paris en cas d'urgence.

    - Il dispose de 61 voitures de fonction, 2 Airbus et 6 avions Falcon-Jet. Le dernier avion en date (60 millions d'euros) a été baptisé « Carla » du prénom de madame Sarkozy numéro 3.

    - Dépenses annuelles pour les boissons (Champagne, etc.) : 1 million d'euros.

    - Il a presque 1 000 employés à son service, deux fois plus que la Reine d'Angleterre.

    Parmi eux 44 chauffeurs et 87 cuisiniers.

    - Les cuisiniers-chefs peuvent se servir librement dans les caves à vin du Palais de l'Élysée, le repas de midi leur est servi par des laquais.

    - Carla et Nicolas peuvent commander de la nourriture ou des boissons 24 heures sur 24. La cuisine est en service en permanence.

    Indignation ? Protestations ? Pas du tout. En France il semble être une affaire d'honneur que le Chef de l'État incarne la "Gloire de la nation".

  • La mort d'un libertarien – la mort de Jacques Marseille

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    On l'a vu précédemment, je ne suis pas exactement un marxiste, ni léniniste, encore moins trotskiste ou gauchiste voire écolo tendance pastèque. De plus je ne parle pas de la nature de cet homme, je ne sais pas jauger les reins et les coeurs et me 800px-Gadsden_flag.svg.pnggarderait bien de le faire à son encontre. J'écris tout cela en prévision de possibles réactions à ce petit texte à l'occasion de la mort de Jacques Marseille.

    Je l'ai eu comme professeur à Nanterre et déjà je n'appréciais aucune de ses thèses profondément libertariennes.

    Il n'était même plus libéral.

    Les libertariens se revendiquent d'une totale liberté qui exclut toute coercition quant à leurs désirs et leurs pulsions, en gros, « je fais ce que je veux quand j'ai envie de le faire au moment où j'ai envie de le faire sans me soucier du reste ». Ils désirent la disparition de toutes traces de l'État, y compris quant à la protection des individus ou à l'éducation, marseille-4226122aqgag_1902.jpg?v=1au profit d'une libre coopération des individus, d'une mise en commun des intérêts sur la base du contrat : Tout est permis à condition qu'il y ait un contrat ; faire chanter quelqu'un (je parle au sens figuré, je ne parle pas des barbares qui font chanter Céline Dion, par exemple), se prostituer, vendre ses enfants, demander un péage quand on emprunte le trottoir en face de notre logement.

    Nous sommes dans une société libertarienne : les enfants réagissent selon leurs pulsions, selon ce qu'ils ont envie de faire, et même la conception actuelle de l'éducation et de la pédagogie ne tient compte que de ces pulsions, de là les cours ludiques, et la « construction personnelle du savoir » des « apprenants ». Les adultes eux-mêmes, consuméristes au dernier degré, y compris quant au désir d'enfant, ne réagissent que selon leurs pulsions, animalement en somme. Dans cette jungle a-morale,c 'est la loi du plus fort qui domine, le darwinisme social qui s'instaure peu à peu ainsi que l'eugénisme le plus concret et la standardisation des esprits et des corps.

    Paix aux cendres de Jacques Marseille mais ses opinions étaient fortement toxiques.

  • Cafouillage monstre sur les lignes de Paris Saint Lazare hier 4 Mars

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    Hier 4 mars, je prend le train de 17h33 de Vernon pour regagner Évreux passant par Mantes.

    Gare_de_Mantes-la-Jolie01.jpgCelui-ci arrive en fait à 17h45.

    Arrivé à Mantes, nous constatons que le train de Cherbourg de 17h13 n'est pas encore passé. Ce qu'il finit par faire à 18h45, il reste ensuite bloqué en gare de Mantes sans aucune information sur un quelconque délai ou quoi que ce soit d'autres.

    Jusque là aucune information, si, on nous informe que le train de 17h13 est bloqué, ce que nous pouvons voir sans avoir besoin d'être informé.

    Vers 19h20, on nous dit à l'accueil de la gare de Mantes qu'un arbre bloque la voie à Bréval,

    à 19h35, l'arbre risque seulement de tomber,

    à 19h45, il bloque la voie après Mantes,

    à 19h55, en fait c'est une agression en gare de Bueil.

    Nous apprenons entre temps que la circulation des trains est très perturbée depuis 16 heures.

    Bref, on se fout de notre gueule.

    Le plus étrange est que cela arrive une semaine avant le premier tour des régionales.

    A deux reprises, les personnes censées nous informer appellent la police ferroviaire pour nous surveiller car les voyageurs s'impatientent et des salariés qui veulent simplement rentrer chez eux, c'est très très dangereux. Huit policiers ferroviaires arrivent, c'est surprenant, car lors d'agressions antérieures, ils ont été toujours invisibles.

    Un jeune homme à l'accueil, à la jolie figure de jouvenceau, nous dit qu'en fait c'est parce qu'il n'y a pas assez de personnel (nous comptons huit pélerins dans le bureau de l'accueil, tournant en rond).

    Et qu'il ne faut pas compter sur un remboursement car le trajet vers Evreux fait moins de 100 kilomètres.

    Comme seule info dans les hauts-parleurs, on nous informe qu'il n'y a pas de train sur la ligne Paris-Cherbourg, mais de fait il n'y en a plus sur la ligne Paris-Rouen-le Havre.

    Fort heureusement, la solidarité des passagers me permet de regagner Evreux en voiture.