Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

faux-derches

  • Il est interdit de parler de l'Islam en France...

    Imprimer Pin it!

    Dédié à Pieronnelle et Blue Boy sur un forum de "Critiques libres" et aux arbitres des élégances politiques

    Dédié à "Dioms" et aux autres idiots utiles

    Dédié à Renaud Camus, Eric Zemmour, Robert Ménard, Alain Finkielkraut et Robert Redeker

     

    Tu me diras, peu importe, ami lecteur, car je vais m'empresser de le faire malgré l'interdiction d'écrire, de constater quoi que ce soit à ce sujet, surtout pas le réel, interdiction tacite et officieuse à laquelle la plupart des politiques, des commentateurs, à de rares exceptions, se soumettent sans mot dire, par lâcheté, et par peur de perdre pour certains leur « rond de serviette » du système. Car constater simplement le réel implique par contre d'être injurié, conchié, traîné dans la boue, rejeté de tous les cercles « kipensent ». On ne subira pas une ostracisation avouée d'ailleurs, elle se fera en silence, tranquillement, agrémentée de sourires gênés : « tu comprends, je hurle avec les loups ».

    politique, religions, Islam, société, hypocrisie, faux-derches

    Ce petit texte naît d'une lassitude, celle de ne jamais pouvoir en France se dire de droite sans encaisser aussitôt une volée d'injures, de ne jamais pouvoir parler de certains sujets sans immédiatement être injurié, moralisé à outrance par les arbitres des élégances morales et politiques quand ils ne font pas dans la délation dans votre dos pour votre « bien », c'est eux qui le disent, et le bien de la communauté bien entendu, Internet servant aussi à cela, démultiplier les commérages et libérer les ragots.

     

    L'auteur de ces lignes, ton serviteur ami lecteur, je suis pourtant un amoureux fou de la culturel orientale, de sa complexité, de sa sensualité entrevue dés la lecture des « Mille et Une Nuits ». J'ai d'ailleurs laissé certainement une bonne partie de mon âme au Proche-Orient. Cependant, cela n'empêche en rien la lucidité sur une religion qui en France est paradoxalement plus conquérante qu'elle ne l'est en Palestine ou en Jordanie où le Ramadan, pour évoquer un exemple, est largement moins respecté que dans nos banlieues, où le « voile », qu'il soit «intégral » ou pas est considéré par les filles comme un symbole de servitude et aussi pour avoir la paix, une fille en « cheveux » étant considérée comme une proie facile...

     

    Dés que tu prononces les mots « Islam » et « musulmans » en France plusieurs réponses « réflexes » viennent d'elles-mêmes sans qu'aucune réflexion n'intervienne jamais dans celles-ci :

     

    Rien que le fait d'évoquer la question du voile, du refus de la mixité dans les écoles, des repas tous « hallal » dans les cantines de ZEP (dans un établissement de cette catégorie, je me souviens même que lorsque, rarement, il y avait le choix avec de la viande de porc, « porc » était souligné en rouge comme du poison, un truc honteux...), les horaires séparés pour hommes et femmes dans les piscines, les ruptures de jeûne de Ramadan inscrites dans les emplois du temps des administrations, des institutions, tout cela suffit pour être soupçonné de vouloir ostraciser les musulmans, de dresser une population l'une contre l'autre, de leur refuser leur intégration, voire d'êre raciste.

     

    C'est assez ironique d'entendre les partisans de la « diversitude » d'ailleurs parler d'intégration pour des musulmans qui sont administrativement et fiscalement français depuis quatre ou cinq générations. C'est donc considérer sans le dire tout en le disant que les musulmans ne sont pas dans leur majorité intégrés à la nation et ses valeurs. C'est également ironique de comprendre qu'ils ne perçoivent de l'Islam que sa part fondamentaliste.

     

    Au mieux, on vous parlera de respect absolument nécessaire pour le « vivrensemble » (TM°) bien que personne n'ait jamais douté de l'évidence de ce respect. Et qu'il ne s'agit pas de railler la foi et les pratiques de l'Islam en France mais de constater que simplement cela implique une impossibilité de compatibilité avec notre mode de vie. Le mot de respect devient par ailleurs un terme extrèmement galvaudé, relaté, comme celui de citoyen mis à toutes les sauces et signifiant maintenant surtout « sympa », « cool » en communauté et plus grand-chose d'autres, n'impliquant surtout pas de devoirs mutuels ou justement de respect véritable.

     

    Par respect on entend en fait surtout de pouvoir faire ce que l'on veut quand ça nous chante, les conséquences important peu.

     

    Et toujours, croyant ainsi couper court à la conversation qu'il refuse, rejetant simplement le rées, les amis de la « diversitude » (TM°) se hâteront d'embrayer sur ces catholiques qui eux aussi ont des « intégriss », qu'ils assimilent aux « Manifs pour tous », c'est bien plus dangereux à leurs yeux, on se demande bien pourquoi les catholiques représentant, pour ceux qui pratiquent régulièrement, 2% de la population au plus. C'est plus simple et moins risqué me dira-t-on de feindre de croire que c'est le cas, les catholiques dans leur majorité encaissantn en plus sans broncher (de moins en moins me dira-t-on).

     

    On notera deux choses quant aux donneurs de lçons de morale sur la « diversitude » (TM°) :

     

    Ils n'habitent jamais, à une ou deux exceptions, dans les quartiers où se pose gravement le problème de l'Islam, de refus des règles communes, de territoires considérés par leur habitants comme ne relevant pas du droit de la République non pas parce que l'on n'a rien fait pour eux auparavant mais tout simplement car ils n'en veulent pas de ce droit de la République.

     

    N'y habitant pas ils ne se sentent tout simplement pas concernés, connaissant deux ou trois particuliers « remarquables » ils ne se basent que sur leur ressenti quant à ces exceptions. Il n'y a pas pire qu'eux pour rejeter et ostraciser ceux qui ne pensent pas comme eux, qui ne sont pas comme eux, il n'y a pas plus conformiste, plus normé, plus standardisé dans leurs opinions.

     

    Et surtout ils sont complètement à côté de la plaque par aveuglement et angélisme, ou les deux, et c'est ainsi qu'Allah est grand...

     

    image prise ici

  • Les causes de la nouvelle judéophobie

    Imprimer Pin it!

     Suite à l'« affaire Dieudonné » et dans les commentaires après les quelques slogans haineux de dimanche, dans « l'Express », un article du 10 janvier, on se demandait gravement comment enseigner la Shoah à l'école ? Cet article bien entendu faisait plus ou moins mine de croire que si l'on ne peut pas bien enseigner la Shoah à notre époque c'est principalement la faute au reliquat des idées catholiques et nationalistes, forcément antisémites, demeurant en France voire à des rigolos comme Soral.

    pic3.jpg

     

    Il y a incontestablement en France montée d'une nouvelle judéophobie. Celle-ci, contrairement à l'ancienne, ne prend pas ses racines habituelles dans l’extrême-droite groupusculaire mais naît dans les banlieues et les « quartiers » pudiquement dits sensibles du fait de haines ancestrales et « traditionnelles » envers les croyants d'une autre foi et d'un antisionisme radical où la haine envers Israël en particulier se double de la haine des juifs en général. On ne fait pas la différence entre la figure du juif et de l'israélien dans ces « quartiers » contrairement à ce que feignent de croire certains antisionistes de gauche qui assimile le « pansionisme » à une survivance de l'ancien colonialisme.

     

    Et bien entendu cela se double souvent d'une concurrence mémorielle où chacun se dispute un morceau du masochisme de mémoire sévissant dans notre société et ce sous différentes formes de la droite à la gauche. Ce discours masochiste consiste donc à énoncer que la France est en somme un pays qui ne mérite que la haine et le mépris, à le faire apprendre aux enfants quelles que soient leurs origines. Tout au long du parcours scolaire, il est seriné aux élèves sur tous les tons et tous les sujets que la nation française a beaucoup à se faire pardonner, que le récit de sa construction n'est qu'une longue suite de violences, de guerres, de haines cuites et recuites, que c'est une terre de racistes, sans parler du catholicisme à l'origine de tous les maux

     

    A entendre le plus souvent un français évoquer l'histoire de son pays, il n'est donc rien à sauver dedans. Il ne saura faire que dans l'autoflagellation. Dans le même temps pourtant, on enjoint les élèves habitant ces « quartiers », pour la plupart « issues de la diversité » (TM°) à respecter des valeurs d'écoute, de tolérance, de laïcité, de liberté, d'égalité et de fraternité.

     

    Et dans l'enseignement de l'Histoire, la « Shoah » tient une place très importante, les élèves en entendent largement parler du primaire à la Terminale, que ce soit en Histoire, en Lettres, en éducation civique. L'antisémitisme tient le rôle du racisme ultime, indépassable, aux yeux de beaucoup de gamins et adultes de ces quartiers on ne parle pas assez de celui qu'ils ont subi et subissent encore, racisme que les éducateurs eux-mêmes ressassent sans cesse

     

    Mais que l'on m'explique comment un gosse à qui l'on a appris à haïr systématiquement la France peut-il apprendre à respecter son instruction ? Comment peut-il se sentir responsable d'une judéophobie exercée par des « souchiens » (TM°) et des « babtous » (TM°), judéophobie se justifiant par les croyances traditionnelles dans sa culture originelle ? Cet appel à la haine de la France constamment répété ne peut qu'engendrer la violence envers tout représentant et toute représentation de son autorité...

     

    Comment peut-on concevoir que ces gosses des « quartiers » respectent les idéaux d'une nation dont on l'encourage continuellement à rejeter les fondements et à demeurer ancré dans sa culture d'origine ou celle de ses parents et grands-parents qu'on lui montre comme beaucoup plus positive que la culture française ?

     

    Comment peut-on croire qu'il aura le désir de lui-même de respecter les valeurs de la République et/ou du pays nonobstant le fait que vivre au sein d'une minorité entraine souvent le désir de se singulariser par réaction, ainsi que j'ai pu le vivre moi-même, comme d'autres expatriés, quand je vivais à Jérusalem où des éléments anodins de notre vite quotidienne en France qui nous manquaient revêtaient soudaine une importance au delà de toute proportions ? Bien sûr, de là à haïr Israël ou la Palestine, il y a un pas que nous n'avons jamais franchi, car nous aimions et aimons encore passionnément ces terres que nous avions appris à découvrir et apprécier.

     

    Bien entendu, comprendre que cette haine des juifs provient de milieux « issus de la diversité » est strictement impossible pour la majorité des bonnes consciences et aussi une bonne partie des représentants de la communauté juive de France souvent figés dans une posture doloriste et accusatrice envers ce pays et ce depuis des décennies. Ce serait aller contre leurs schémas de pensée habituels, ce à quoi ils se refusent préférant la « certitude, celle qui rend fou » à un questionnement et une remise en cause de celle-ci qui serait pourtant salutaire.

     

    image empruntée au site du  "café pédagogique"

  • Ce que je crois

    Imprimer Pin it!

    arton298.jpgIl est prétentieux vas-tu encore certainement te dire ami lecteur de commencer ainsi un article. Mais ne t'inquiète pas, tu vas voir que je ne me prend pas pour autant pour un augure plus digne d'intérêt que les autres, et que je vais tâcher d'être un peu plus compréhensible que la Pythie à Delphes.

     

    « Ce qu'il croit » te dis-tu, on s'en soucierait s'il était sage ou mûr ce qui est bien loin d'être le cas, réellement mûr. Justement, je ne crois pas en grand chose, ou plutôt je ne crois plus en grand chose, je crois surtout en l'existence d'une personne, sans en avoir aucune preuve concrète ni rationnelle, qui est Dieu, et que cette personne pousse les êtres humains qui le veuillent bien, quel que soit leur milieu, quelles que soient leurs opinions et idéaux de départ, à tenter au moins de s'élever juste un peu, à essayer d'aimer juste un peu plus, à persévérer dans une recherche incessante de la beauté, là où elle se trouve.

     

    Ces êtres humains, qui parfois ne se réclament même pas du divin, pour qui cela va de soi de se conduire réellement en êtres humains sont bien entendu rarissimes. Mais ils existent. C'était aussi pendant la Seconde Guerre Mondiale ces héros anonymes dont le courage a été souvent redécouvert par hasard bien des années après, sans qu'ils ne demandent quelque reconnaissance que ce soit.

     

    Je crois aussi que dans la plupart des partis politiques, des communautés religieuses, chrétiennes ou pas, diverses et variées, que l'on trouve en France et ailleurs, 99% de ceux qui y adhèrent n'y adhèrent pas parce qu'ils sont réellement sincères, parce qu'ils ont un raisonnement organisé, parce qu'ils croient vraiment dans les idéaux, la doctrine.

     

    A droite, on prétendra se soucier de morale mais finalement que sa progéniture consomme les corps et les biens matériels de la même manière on ne s'en souciera pas vraiment si le petit dernier ou la petite dernière sont socialement « performants ».

    A gauche, beaucoup parleront encore de justice sociale, d'équité, d'égalité des chances et j'en passe, mais confrontés à une situation qui leur permettrait justement de montrer leur cohérence de comportements et d'idées, ils seront aussi égoïstes que les autres.

    Et je ne parle pas de ces chrétiens, catholiques ou non, qui pleurent beaucoup sur l'accueil de l'étranger, les chtits n'enfants africains et qui sont incapables de simplement serrer la main de leur voisin de chaise en sortant de l'église après la messe dominicale.

     

    Ils sont dans un groupe par endogamie sociale, celui qui leur semble logique par rapport à leurs revenus, par instinct grégaire, pour compenser tel ou tel complexe, et suivront ce que les plus radicaux leur diront de faire par confort intellectuel et lâcheté, la plupart du temps, subissant quelques dizaines de « Munich » de la pensée sur la conception de la citoyenneté, sur la culture, sur la plupart des valeurs qui fondaient auparavant le sentiment d'appartenance à une même Nation, celle-ci n'étant maintenant pour la majorité des français, à commencer par les politiques qui y ont renoncé depuis longtemps, qu'un vague souvenir. Cela n'empêche pas la majorité du troupeau de se croire sincèrement animée de sentiments élevés et généreux, alors que ce sont juste des citoyens consommateurs dociles, le fait d'être "rebellocrate" ou "mutin de Panurge" n'y changeant rien. On "s'indigne" parfois, l'indignation ne mange pas de pain, elle n'implique pas d'aider son prochain...

     

    Il y a une chose curieuse, des esprits doctes de progrès progressiste évoque de plus en plus l'individualisation de la vie politique, qui se développerait, les individus seraient plus libres et plus attentifs grâce à Internet, mais finalement c'est l'inverse qui s'amplifie, la massification de plus en plus forte, de plus en plus simplistes des idées, et ce sur une rive politique ou une autre. Le « village global » n'a pas eu pour conséquence des personnes plus libres, mais finalement beaucoup plus moutonnières, obéissant beaucoup plus que leurs ancêtres à des normes très strictes. Et sortir de ces normes est beaucoup plus difficile qu'auparavant.

     

     

    Les 1% d'idéologues qui restent justifient rarement leurs idées par des considérations ayant trait au réel. Ils se perdent dans des étiquettes, des clichés et lieux communs qui n'ont plus guère de signification, et aussi dans leur grandiloquence, par souci de leur image, et qu'elle demeure flatteuse, pendant que le monde croule...


    En illustration un autre sceptique des "passions tristes", Diogène

  • Les dégoûts autorisés (quand on a le droit d'être xénophobes)

    Imprimer Pin it!

    Quelques reportages sur Lech Kaczynski , le lendemain de l'accident fatal lui ayant coûté la vie ainsi qu'à une bonne partie de l'état-major polonais, des ministres et de quelques évêques, m'ont rappelé un épisode de mon séjour à Jérusalem, certes plus futile et beaucoup moins grave mais on va comprendre.

    610plech.jpgUn des membres du Consulat travaillant à la francophonie était un charmant garçon qui n'avait peur de rien quant à son louque, osant le débardeur résille blanc et le pantalon cuir mauve en plein quartier musulman dans la Vieille Ville de Jérusalem, Gérald. Nous surveillions des épreuves du DELF (diplôme de Français Langue Étrangère) quand celui-ci s'absenta de sa salle pour répondre à un coup de fil dans le couloir, il était en binôme avec un autre coopérant, catholique, qui portait une croix de Taizé autour du cou et dont le physique pouvait évoquer celui de François Hadji-Lazaro. Je l'entendis glousser sur « les gros fachos de cathos » avec qui il était contraint, le pôvre, de travailler, et disserter sur leur louque déplorable de coincés (« Ahlala, tu les aurais vu, les types, comment qu'ils sont fringués, troop la honte »). Puis satisfait, il rentra dans la salle. Il nous regarda, attendant notre réaction, puis devant nos airs goguenards décida de s'abstraire dans quelques corrections de copie. Il ne se serait jamais permis une telle réflexion quant à la jeune personne voilée qui nous accueillait au CCF de Ramallah, ou ce jeune homme qui avait les lunettes « mercure » et la barbe des militants du Hamas là-bas. Et nous ne l'avions jamais insulté ni même abordé la question de ses orientation sexuelles.

    Il ne prenait pas de risques. Il était juste un peu lâche.

    Concernant le premier ministre polonais, j'ai trouvé moi-même grotesque certaines de ses décisions concernant par exemple les « Teletubbies », ou l'interdiction de livres. Mais on se doit de respecter le deuil d'un pays qui a manifestement le tort en 2010 d'être encore à 90% catholique, ça c'est pas bien visiblement, tous les commentateurs le ressassent continuellement à la télévision pour cette raison. Certains vont jusqu'à la xénophobie la plus crasse contre les polonais, leur reprochant d'être un ramassis de crétins judéophobes et bien sûr d'être des « intégrisss ». Du côté de notre bien-pensance, cette xénophobie est admise, quand elle est tournée contre les catholiques, et un pays catholique. On a le droit, c'est pas grave. D'ailleurs on prétend que l'on aime bien les cathos, sans préciser que c'est tant qu'ils ferment leur gueule et tant qu'ils sont d'accord avec le discours ambiant.

    De plus un petit pays qui se défend contre les gros poissons est un « pays courageux » résistant à l'impérialisme quand ses dirigeants ont « la carte », quand ceux-ci ne l'ont pas, ce sont des boutures de nazis, des salopards nationalistes et chauvins.

    C'est un peu comme les pédophiles, quand ils sont de confession catholique, ils sont bons à pendre, on pense presque à remettre la peine de mort en action, quand ils sont d'une autre confession, tout aussi inexcusables donc pourtant, il nous faut « éviter de sombrer dans l'eurocentrisme » et « relativiser nos convictions culturelles ». Dire qu'une gamine de treize ans violée par un gros porc friqué le soir d'un mariage forcé est une saloperie, c'est de « l'eurocentrisme » par exemple. Quand une saloperie de groupe « facebook » propose de violer des curés pour venger les enfants de chœur, c'est du second degré, c'est une sorte de « happening » humoristique, de la provocation t'vois, un truc dada t'vois, genre André Breton. C'est une expression de liberté et si on y touche, gare, certains parleront de la remise en cause des droits de l'homme et du retour de LHLPSDNH ™ soient les « Heures les plus sombres de notre histoire ».

  • Ce qu'il convient de dire quand on parle de culture et de censure sous nos cieux éclairés

    Imprimer Pin it!

    precieuses.jpgJ'ai assisté à une conférence des plus intéressantes sur les rapports entre culture et censure, édition et liberté d'expression, c'était plaisant, le physique de la plupart des intervenants était proche du rongeur, taupe ou opposum. Je m'attendais à entendre certains parmi eux couiner.

    Nous étions entre professionnels de la profession, une assistance clairsemée du fait des conditions météorologiques. Quand on aborde ces thèmes, il y a des passages obligatoires, semble-t-il, et les réactions obligatoires aussi (il faut pousser des « ooooh ! » de désapprobation au bon moment et des « aaaah ! » de contentement quand il le faut comme à « Guignol », et ce sont toujours les mêmes que l'on doit attaquer). Sur les trois heures qu'a duré cette admirable causerie, l'on en a passé la moitié à dire du mal des catholiques, les médiatiques comme Madame Boutin, du Pape actuel, des anciens catholiques qui étaient tous tellement prudes et cul serré, ce qui est bien connu, des rois qui étaient tous des tyrans ne concédant à leurs sujets que de faibles libertés en compensation. Alors que l'on sait de source historique sérieuse (ce qui fait une allitération en « s » d'un bel effet) que tous les livres circulaient dans toute l'Europe sans trop de problèmes, à commencer par le « Satiricon » de Pétrone qu'on lisait dans les campagnes en veillée sans se poser de questions. On porte aux nues les livres de Sade, qui ne choqueraient plus maintenant un collégien qui a accès à bien pire sur Internet, que ce soit des ménagères allemandes pratiquant la coprophilie ou des couples de ploucs français montrant zigounette et pilou-pilou à tous les passants.

    Bizarrement, ce que l'on constate pendant la progression du colloque est que sans les catholiques, pas de bibliothèques. Voilà un paradoxe qui n'emeut personne semble-t-il aussi.

    J'ai appris bien des choses, ainsi j'ai appris que les chrétiens du Moyen Age n'avaient pas le droit de rire au risque de se voir punis par l'Inquisition, terrible inquisition dont on jette encore les horreurs cinq cent après aux visages des chrétiens qui visiblement n'ont pas encore assez payé. On le voit bien sur les peintures de Breughel, personne ne rit, ou les portraits de Franz Hals, « la bohémienne ». Il est navrant de constater que, encore maintenant, on nous conseille « Le Nom de la Rose », qui est une fiction avant tout, comme source sûre concernant les rapports entre la culture et la censure au Moyen Age (étrangement, personne n'a lu le livre, qu'un intervenant de toutes façons trouve pédant ainsi que son auteur, Umberto Eco, tout le monde a vu le film bien sûr). Ce qui m'étonne est que personne ne songe à parler de la censure protestante, juive ou musulmane qui était et est parfois toujours aussi vivace, même plus.

    Taper sur les cathos est plus kiffant, comme disent les djeuns.

    LesPrecieusesRidicules2.jpgLe tout est entrecoupé de considérations oiseuses sur la grossesse considérée comme un handicap et un frein à la carrière des pauvres femmes, voire une maladie ; sur le Pape Benoît XVI, perçu comme le pape du retour à l'Ordre Moral et aux z-heures les plus sombres de notre histoire, quand on ne l'accuse pas tout net d'être un Pape nazi ; sur Christine Boutin aussi, épouvantail de ces réactionnaires catholiques qui cachent si mal leur jeu, surtout quand ils se mettent à parler un peu de leur foi, mais là n'est-ce pas ce sont des fanatiques ; sur ces atroces personnages qui font interdire des livres pour la jeunesse qui parlent de drogue, d'homosexualité ou de « tournante ». On le voit bien d'ailleurs, cette politique porte ses fruits, l'obscurantisme et l'ignorance sont en nette régression. J'en veux pour preuve cette déclaration sucrée, et un peu hypocrite, d'un homme politique sage et intelligent qui prétend que l'on connait aussi bien Voltaire dans les « quartiers » de lascars que dans les « beaux » quartiers. Il se trompe, on l'y connait aussi mal dans les uns que dans les autres.

    La cerise sur le gâteau de cette fabuleuse conférence, cet étourdissant maelström d'intelligence, ce fut vers la fin quand les conférenciers se crurent obligés d'aborder la question fondamentale de la lecture rapide, pour percevoir l'ensemble d'un livre rapidement et ainsi son intérêt. Car les livres ne sont pas fait pour être lus, mais sont des réservoirs d'informations que l'on accumule, et que l'on recrache docilement selon les opinions à la mode. On ne doit surtout pas en goûter le style.

    Je doute que cela en présente un pour Chateaubriand, « un aristocrate qui a une haute opinion de lui raconte sa vie », ou pour Proust par exemple : c'est facile de résumer la « Recherche... » en quelques phrases si l'on tient absolument à la version « digest », pourquoi ne pas en faire aussi un roman-photo après tout ?

    Essai de résumé : « Le narrateur, mondain et fortuné, tombe très amoureux d'Albertine, qui préfère les femmes. Quand il la retrouve, elle est morte » ; ou comme le disait Woody Allen : « J'ai lu tout Guerre et Paix, ça parle de la Russie ».

    Deux photos extraites de deux représentations des "Précieuses Ridicules"

  • Ellroy et le monde souterrain de la littérature

    Imprimer Pin it!

    ellroy-james.jpgJ'ai acheté le dernier volume de la trilogie d'Ellroy, « Underworld USA », hors de prix mais quand on aime, on ne compte pas. Il n'y a que dans « le genre » ou dans les romans s'inspirant de ses méthodes d'écriture : style dense et précis, que l'on trouve des livres aussi complets sur notre époque, sur le dégoût qu'elle peut inspirer par sa vulgarité, sur la politique et les idées plus ou moins rances que d'aucuns s'entêtent à ressasser encore et toujours, sur les légendes concernant des dirigeants encore perçus comme des modèles, des icônes sans profondeur, oubliant que seul l'humain compte. Ellroy n'est pas si loin de Dostoïevski, le péché, le mal a toujours des conséquences effroyables : la haine et la violence, l'envie, la jalousie, la passion destructrice, le tout menant souvent au meurtre.

    Les agneaux n'ont que peu de place dans la horde...

    Au départ, on s’en fout un peu qu’Ellroy soit de gôche ou de droâte, tant qu’il a du style et du talent. Mais sous nos cieux si bien éclairés par nos élites littéraires qui sont toutes et tous des phares de sagesse, c’est très important, car la plupart de nos auteurs, du moins les mauvais (ce qui fait beaucoup de monde quand même j'en conviens) ont toujours leur petite vulgate idéologique à vendre, leur homme providentiel à flatter, (vu le nombre de sauveurs potentiels, la pauvreté et d'autres fléaux auraient dû être éradiqués depuis très longtemps déjà), afin de combler leur manque de talent, justement, le tout passant pour de l’audace ou du dandysme post-industriel, ou alors on met au pinacle une déviation sexuelle à la mode pour faire genre, ou encore on raconte sa coke, son alcool, ses coucheries, et la désintox, en n’omettant pas le « dropping name game » qui va avec. Très important ce moment, le lâchage de noms plus ou moins célèbres.

    Et l'argument massue est de prétendre qu'un bon auteur qui est de droite, qui aggrave son cas comme Ellroy en insistant bien là-dessus, en rajoutant des tambours et des cymbales dés qu'on l'interpelle sur le sujet, n'est rien d'autre qu'un « facho », un horrible misanthrope. Cela permet de dire : « Moi je suis nul mais au moins je ne suis pas un nazi ». On se dit comme Lawrence Sterne que ce genre de libres penseurs est généralement du genre de ceux qui ne pensent jamais, certes, mais ils font assez de mal en passant. Alors que les grands écrivains sont finalement politiquement inclassables. Ils sont plus grands que nature et trop grands pour un classement si restrictif.

    Ellroy est lucide, il sait que l’homme n’est pas bon de nature, c’est en cela qu’il est de droite d’ailleurs. Il sait qu’il n’y a pas d’homme providentiel, juste des mythes éculés, des bobards infantiles pour les gogos qui s'empressent d'y ajouter foi. Ellroy vise juste pour tout cela. Comme il est à la mode, encore, ça emmerde quand même un peu les apôtres de la bien-pensance qui compensent en se disant que le bouquin bien en vue sur la table du salon, ça fait type à qui on ne la fait pas, à la page, un homme du XXIème siècle, tout en ne pouvant s'empêcher de relever que, quand même il exagère. Il en est qui n'ont pas peur du ridicule, à lire les commentaires de l'article de Marc Cohen sur Causeur, il est de droite parce qu'il égoïste, à gôche, tout le monde étant beaucoup plus généreux et accueillant.

  • "Un Pape en phase" - Philippe Muray

    Imprimer Pin it!

    Merci à xly que je remercie d'avoir signalé ce texte sur Causeur.fr quant à la polémique/lynchage autour de Pie XII

    Un dessin d'un "homo festivus festivus", en illustration, qui souhaite ce genre de pape

    philippe-muray-sempe.jpgIl nous faut un Pape en phase (Philippe Muray -mai 2005.)
    Un pape à la botte, au pied, aux ordres, aux mots d’ordre, un pape qui file doux et qui respecte les nouveaux règlements. Les nôtres. Un pape qui lâche ses bondieuseries pour notre eau bénite et ses patenôtres transcendantes pour nos homélies multiculturelles.
    Un pape qui, cessant de bêtement parler des “errances de la modernité”, nous rejoigne dans nos divagations divines.
    Un pape à roulettes et en culottes courtes.
    Un pape citoyen.
    Un pape qui sorte du Saint-Siège, une bonne fois, en poussant le cri primal, pour n’y plus jamais revenir.
    Un pape qui dégraisse la doctrine, dépoussière le Vatican, se batte pour la légalisation de l’euthanasie, prenne fermement position en faveur de la procréation assistée comme pour le mariage des prêtres et l’ordination des femmes.
    Un nouveau pape comme il y a de nouveaux pères,un pape qui porte le petit Jésus sur son ventre, dans un sac, comme les mamans kangourous (”Habemus mamam !”).
    Un pape vigilant sur le respect de la laïcité.
    Un pape qui proteste avec nous contre la mises en berne des drapeaux de la République en hommage au pape défunt.
    Un pape qui participe aux fanfares de soutien à Florence Aubenas et s’occupe de lâcher des ballons plutôt que de promulguer des bulles. Un pape qui milite pour les couloirs de bus, la candidature de Paris ville olympique en 2012 et l’opération “Ici c’est 100% sans tabac”(s’il pouvait, par la même occasion, nous donner un petit coup de pouce pour faire un peu remonter le oui à la Constitution européenne ce ne serait pas plus mal).
    Un pape soucieux de l’amélioration de la qualité de l’air.
    Un pape résolument décidé QUI laisser tomber ses lamentables discours normatifs sur le sexe pour rejoindre les nôtres.
    Un pape conciliant et pas conciliaire.
    Un pape bon apôtre, en somme, et conscient de tous les chantiers prioritaires qui l’attendent.
    Un pape d’époque. Un pape comme l’époque. Un pape-époque. Un pape-société.”

  • La Deuxième Guerre Mondiale ne s'est pas encore finie...

    Imprimer Pin it!

    Yad_Vashem_interior_9354.JPG...Il semble que non. Ce n'est pas que l'on entende encore le fracas des combats et les canons tonner, mais les affrontements ne sont pas terminés sur les fils des commentaires bloguesques entre autres, ni dans le contenu des articles. On se traite de pétainiste, de vichyste, l'ennemi qui est à nos portes, est soit un stalinien, soit un nazi, deux épithètes qui empêche ceux qui seraient tentés de fraterniser avec lui. On s'envoie à la figure le génocide de l'un, les massacres de l'autre, à tout bout de champ, on finit même par connerie pure, par banaliser l'Holocauste qui sert surtout à se mettre en valeur, ce qui est ni plus ni moins qu'une offense de première bourre faite à ceux qui sont morts dans les camps. J'ai vu, moi, le « Jardin des justes », la Pierre des noms de tous les morts à Yad Vashem, et la statue du cri silencieux. J'ai entendu des déportés parler de leur vie à Varsovie, de leur douleur mais aussi de l'humanité trouvée parfois au coeur de l'obscurité.

    Là-bas, à Yad Vashem, on n'y pleure pas, on n'y gémit pas, on ne se dit rien. Ou si une chose, on pense au mal dans le coeur du pitoyable primate humain qui se tient à peine debout sur ses deux pattes arrière.

    Prendre la pose là-dessus me parait complètement déplacé, vulgaire, amoral, barbare, pathologiquement grotesque. Et pourtant, ils sont nombreux ceux qui n'arrêtent pas d'en jouer, en rejouer et en re-rejouer encore.

    On se met souvent en valeur en surjouant son rôle de victime, j'ai lu sur un blog quelconque le récit d'un jeune homme trentenaire se présentant comme rescapé d'un ghetto alors qu'il n'a eu à souffrir aucune des atroces souffrances de ses ascendants, et qu'il n'a jamais manqué de rien ce qui est très bien pour lui. Ma compassion est grande pour lui car il a perdu toute une partie de sa famille là-bas, mais lui ne revient pas des camps, il n'y est d'ailleurs jamais allé. Il devrait s'employer à aider à extirper du coeur des hommes cette pierre noire, polie et brillante de la haine qui le pousse à refuser l'existence de l'autre.

    Ou enfin, on se place du côté des bourreaux, en se prétendant « politiquement incorrect », alors que ce n'est ni plus ni moins que de l'autodestruction ou simplement de la sottise, un peu plus rarement de la provocation pour faire bisquer le bourgeois bien-pensant qui réagit au quart de tour alors que placé dans les mêmes conditions, cet invertébré aurait fait du courrier anonyme comme beaucoup d'autres, ou au mieux se serait contenté de survivre au lieu de vivre.

  • La main d'Henry

    Imprimer Pin it!

    La main du scandale - Parlons « foûtebôle »

    photo_1258645940913-1-0.jpgJe n'ai jamais été vraiment passionné par le ballon rond, en l'occurence, je crois même que je m'en suis toujours complètement foutu. Cependant en tant que chauvin crypto-pétainiste, onaniste de sacristie, lieu propice s'il en est, et calotin de pissotière (n'en jetons plus), bien sûr que je suis presque content que la France gagne, même de manière malhonnête, un petit bonhomme patriochard en agiterait presque un petit drapeau sous mon crâne. Mais objectivement, Thierry Henry a triché mercredi pour gagner au match contre l'Eire (sur la photo, on le voit, le geste est parfaitement volontaire), capitaine d'une équipe qui a passé deux heures à ne pas jouer au sport pour laquelle elle est normalement payée 200% du PNB du Nigéria afin de représenter notre pays. Parce qu'il y a des intérêts financiers très importants, plus que l'honneur et le beau jeu. C'est totalement l'anti-morale du libéralisme libertaire actuel et de la Sarkozie : la fin justifie toujours les moyens quand il est question de pognon. Ce n'est pas le premier à tricher, ça ne justifie rien. Le match ne sera pas rejoué, en plus les irlandais sont de mauvais clients, c'est eux qui avaient commencé, ils ont voté « Non » au traité de Lisbonne puis « Oui » du bout des lèvres.

    (Les salauds ! C'est bien fait ! )

    Bientôt les profs d'EPS apprendront aux gosses : tu vois pour gagner il faut tricher, ou bien il vaut mieux coller un coup de boule à l'adversaire que garder l'esprit sportif...

    Dans le film ci-dessous, "Coup de tête" de Jean-Jacques Annaux, excellent de justesse, quelqu'un dit : "je paye 11 abrutis pour en calmer 8000", que rajouter de plus sur le foûtebôle actuel ?

  • De Brasillach à Marie N'Dyaye

    Imprimer Pin it!

    brasillach-300x300.jpgJe viens de lire un article qui dit une chose extrêmement juste auquel j’essaie de ma petitesse de blogueur compulsif de province (la providence du Tout-Puissant me garde de tout orgueil mal placé) qui m’interpelle où ? Quelque part. Un écrivain a le droit de s’exprimer, même pour balancer des absurdités. C’est comme ça.

    Il n’y a pas à demander à Marie N’Dyaye, ou qui que ce soit, un devoir de réserve, demande farfelue qui naît d’un certain anti-intellectualisme à la mode, cependant rien n’empêche de discuter ce que dit cette personne, voire de contester. Malgré tout, je ne suis pas sûr que ceux qui défendent le Goncourt 2009, excepté l’auteur de l’article, aient pratiqué la défense des auteurs jusqu’au bout, y compris les « infréquentables » rejetés par la bien-pensance actuelle, à commencer par Marie N’Dyaye elle-même. On va même jusqu’à lire un auteur plus pour son « engagement », qui consiste le plus souvent en deux ou trois lieux communs vaguement consensuels ou mollement humanitaristes, que pour son réel talent littéraire. J’ai horreur de ça quant à moi car ce genre de conception de la littérature est engendré par l’idée que la littérature devrait forcément avoir une « utilité » pour la société de son temps. Comme un « infréquentable » comme Kléber Haedens, je trouve cela infiniment hypocrite, vulgaire et condescendant.

    article_0311-CUL-NDIAYE.jpgQuand Brasillach a été condamné, voire même Rebatet, tout le monde littéraire auraient dû prendre sa défense, quant à lui il était en plus un drôle de bouc émissaire de la culpabilité de certains qui auraient dû également se retrouver sur le banc de l’infamie, à savoir à peu près 43 900 000 autres personnes y compris Sartre et son castor guindé (selon les chiffres de l’historien Robert Paxton qui chiffre le nombre de résistants réels en 1944 à 100 000 français, tout comme il est vrai le nombre de « collabos » réellement sincères). On aurait dû défendre tous les écrivains qui se sont engagés pour l’Algérie Française, de Nimier à Blondin, ou encore Céline réputé encore « salaud numéro 1 » au hit-parade des crapules littéraires sans parler d’écrivains comme La Varende, Claudel, ou Mauriac réduit à sa description de la bourgeoisie bordelaise, au purgatoire des écrivains catholiques croyants irrécupérables, ou monarchistes. Ne parlons pas de Jacques Bainville, excellent historien des relations internationales, ou Léon Daudet, chroniqueur sans pareil de la vie littéraire de son époque. On récupère parfois Bernanos, d’aucuns étant persuadés que le Bernanos qui écrit « Les grands cimetières sous la lune » n’est pas le même que celui qui écrit « Le journal d’un curé de campagne », « Monsieur Ouine » ou « la Grande peur des bien-pensants ». Dégoûté par la société de son époque, déjà toute aussi inique et stupide que la nôtre, il est parti au Brésil espérant mettre en forme l’utopie dont il rêvait étant plus jeune, sa « Patagonie » à la Raspail. Quand la guerre est arrivée, et l’armistice de 1940, il ne s’est pas posé en hérault de la résistance, il a simplement continué à se conduire en homme libre. Et comme sa voix était puissante, on l’a écouté, un temps ; la guerre finie, beaucoup sont retombés dans leurs anciens travers. Et quand il écrit « la France contre les robots », on le trouve trop sombre, réactionnaire, alors qu’il avait pourtant raison.

    soljenitsyne.jpgIl ne défendait pas une idéologie, tout comme « les Hussards » d’ailleurs, mais vivait en homme libre. Un écrivain, n’importe qui il est vrai, qui défend une idéologie, espère la victoire de son idéologie, qui se bat pour une théorie, subit une contrainte, il ne peut pas tout dire, « pour ne pas désespérer Billancourt » comme dirait l’autre (ce genre de phrases qui couvre l'emprisonnement de Zinoviev ou Soljenitsyne). C’est son droit mais il faut qu’il en assume les conséquences. Parfois, le talent de l’écrivain, quand il en a, fait largement oublier son militantisme, que ce soit Roger Vailland ou Aragon.