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enseignants

  • L'éducation dans le fossé

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     Attention donc ami lecteur, je tiens à te prévenir, aujourd'hui je vais être franchement réac, je te parle d'éducation. Rien que le fait de taper le mot me range aux yeux des consciences z-éclairées dans le camp des nostalgiques d'un passé réputé révolu. L'éducation pour ces âmes pures z-et élevées c'est une question de moyens et de volonté politique alors que c'est d'abord une question de famille, il n'y a pas de bonne ou de mauvaise éducation, tout est relatif, chacun a ses normes, et en somme tout est dans tout et réciproquement. L'éducation se décide d'un trait de plume, ou par décrets par volonté étatique, et elle ne doit surtout plus éduquer au risque de se faire qualifier de paternaliste, de méchant traditionaliste adepte forcément du martinet.

    image ci-dessous prise ici

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    Il est des planètes qui ne se rencontrent pas dans toute la durée de leur existence, qui ne se croiseront jamais, ne faisant que suivre une trajectoire parallèle, voire s'éloignant progressivement un peu plus les unes des autres. Il y a ces enfants élevés dans des valeurs, auxquels les parents veulent transmettre quelque chose d'impalpable et d'inquantifiable mais aussi d'une valeur incomparable, des idéaux, une culture, des aspirations un peu plus élevées que la simple survie, la simple satisfaction de leurs pulsions primaires.

     

    Je songe ainsi à ces gosses croisés en supermarché aux prénoms de personnages de feuilletons américains, souvent mal orthographiés sur leurs bulletins de naissance, que les parents nourrissent, habillent, à qui ils fournissent la téloche par câble ou satellite ainsi qu'une connexion « ouifi » ad hoc, et rien d'autres, et qui s'étonnent ensuite d'être dépassés, ce qui leur donne l'opportunité il est vrai de se livrer parfois entre les pattes de tel ou tel « côtche » de vie télévisuel ce qui comblera leur désir de célébrité « kleenex » même si pour celle elles doivent se ridiculiser devant plusieurs millions d'autres ramollis du bulbe.

     

    Et il y a ces enfants à qui les parents ont à cœur de donner quelque chose d'autre, certes impalpable, certes immensurables, mais beaucoup plus important, ces enfants là vivent dans un univers complètement différent des premiers, un univers dont ils sortent un jour ou l'autre et la collision entre les deux mondes est toujours douloureuse, surtout pour ces garçons et filles ayant reçu une éducation, les autres connaissent déjà la loi de la jungle.

     

    Des enfants bien éduqués, ou tout simplement éduqués, ne feront pas la différence avec leurs congénères, les autres si, et durement et ils savent très bien que les belles z-âmes auront toujours pour eux diverses excuses dont le fameux « céléfotalasociété » et feignent le plus souvent de croire que l'éducation n'est qu'une question de revenus alors que l'on peut très bien être issus de milieux dits « simples » et mieux éduqués que les plus riches. Actuellement de toutes manières l'égalitarisme prévaut et un fils ou une fille de petit ou grand bourgeois a toutes les chances d'être aussi mal éduqué,e qu'un fils ou une fille de prolo, ils auront en commun tous les deux l'avidité au fric, le second disposant peut-être de plus de « réseaux » et de « copinages » des parents pour y parvenir.

     

    Depuis « Soissantuite » (TM°) en particulier que personne parmi les âmes de progrès ne songe sérieusement à remettre en question ce qui reviendrait à se questionner sur l'hédonisme vulgaire et étriqué qui leur sert de conviction profonde encore maintenant, tout ce qui induit un apprentissage des devoirs envers les autres, tout ce qui implique un examen de conscience, qui encourage à comprendre qu'il faut vivre une nécessaire empathie envers son prochain, tout cela est considéré comme insupportable, inacceptable, arbitraire ainsi qu ce qui pousse l'enfant à plus d'exigence voire ô mot grossier d'excellence, mot très grossier en 2014 j'en ai conscience ami lecteur (j'évoque ici l'exigence et l'excellence réelles, pas celles consistant à se comporter le plus docilement possible envers un système et lui offrir une allégeance parfois teintée d'abjection).

     

    illustration ci-contre prise ici

    pn10.gifA ce propos, ceux qui jugent que l'exigence intellectuelle, l'excellence sont discriminatoires, ne disent pas s'ils appliquent ces belles idées à leur progéniture que curieusement l'on retrouve dans les établissements scolaires les plus exigeants en la matière, les plus socialement élitistes.

     

    L'éducation n'est pas un apprentissage de la vanité sociale, bien au contraire, elle conduit à réfléchir sur son parcours, sur ce que l'on peut partager avec les autres à notre tour après avoir beaucoup reçu (étonnement d'aucuns ont des complexes à avoir beaucoup reçu comme si c'était une tare, mais il est certes plus facile d'être « comme les autres »). Elle apprend à accueillir, à dialoguer, à écouter. En tirer des prétentions, ce dont les cuistres et les gougnafiers accusent toujours les personnes mieux éduquées, serait contradictoire.

     

    Cependant, le vrai fossé infranchissable ou presque aujourd'hui ce n'est que ça, l'éducation, en avoir ou pas...