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empirisme organisateur

  • De la nécessité d'éviter malgré tout l'anti-hollandisme

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    Déjà sur Agoravox

    Depuis que Sarkozy n'est plus président, les anti-sarkozistes de profession sont en deuil et ont perdu une partie de leur gagne-pain. Ils se raccrochent encore aux branches, aux miettes éparses, à quelques bribes d'attaques personnelles et abjectes à son encontre, mais on sent bien que le cœur et l'envie n'y sont plus.

    photo prise ici sur le site du "Nouvel Obs"

    0561333535062.jpgPar contre, en réaction, certains pensent qu'il est utile de se lancer dans un même genre d'acharnement contre Hollande, parfois tout aussi débile que contre Sarkozy, j'ai en mémoire cette photo qui a circulé largement sur les réseaux sociaux montrant Hollande regardant sa montre (dont le cadran était à l'envers), et particulièrement cette réflexion d'une internaute trouvant débile qu'il regarde l'heure là-dessus alors qu'il aurait dû le faire selon elle sur son portable.

    C'est du niveau zéro de la politique, non ?

    De même que penser que Hollande c'est Robin des bois et la droite les sbires du Prince Jean, ou que les personnes de droite sont forcément richissimes, qu'il n'y a pas de bourgeois de gauche etc...

    Il faut dire qu'après tout, l'envie n'en manque pas, de se défouler, cette gauche morale qui se pose en gardienne de la République est suffisamment agaçante pour que l'on ait envie de lui rendre un peu de la monnaie de sa pièce.

    Et il serait quand même constructif que Hollande définisse sa politique personnelle sans se référer constamment à des comparaisons avec son prédécesseur.

    Seulement voilà, la maison brûle et nous regardons ailleurs, nous laissant aller à des chamailleries finalement infantiles, et des conflits idéologiques hors d'âge (que ce soit du côté libéral ou marxisant), alors que le contexte actuel est des plus graves et que ce qui arrive en Grèce, ne serait-ce que l'affolement bien compréhensible des clients des banques qui vident leurs comptes, et aussi en Espagne, des dizaines de plans sociaux, ou en Italie, où est appliqué une rigueur qui tira des larmes à l'une de ses instigatrices mêmes, aura forcément des répercussions en France du fait de cette mondialisation que la plupart des idéologues appellent de leurs vœux depuis une soixantaine d'années, encore hier hélas lors du Conseil des 27 où l'on nous assure que finalement le problème est qu'il n'y a pas encore assez d'Europe en définitive, d'Europe libérale et monétariste s'entend.

    L'heure est venue d'un certain empirisme ou d'un empirisme certain plutôt.

    Il n'y a de toutes façons pas trente-six politiques à mener. Je trouve qu'il est appréciable d'entendre le président Hollande demander à ces collègues européens de doser la durée de leurs interventions, ce qui ralentit des débats déjà plombés par le fonctionnement sur-bureaucratique de l'Union Européenne qui est surtout, pour le moment, une construction de technocrates.

    Le « pacte de croissance », s'il est suivi d'applications concrètes, et si on en échange on ne demande pas aux états de perdre un peu plus de leur souveraineté, est au moins une base de discussion contre l'emprise des marchés sur le « vieux continent », raison pour laquelle il serait peut-être malvenu et contradictoire d'imposer un peu plus les petits épargnants de la classe moyenne en France.

    Je cite un blogueur de « Le Monde.fr » :

    « M. Hollande table sur 4,5 milliards de recettes fiscales supplémentaires grâce à une taxation accrue des revenus de l’épargne. Or, fait valoir M. Carrez, l’imposition des dividendes et intérêts ne peut aller au-delà de 2,5 milliards, le reste ne peut-être pris que sur l’épargne des ménages, en particulier l’assurance-vie, ce que le socialiste Michel Sapin, en charge du projet, avait confirmé avant d’être démenti."

    et aussi [...]la suppression annoncée par le candidat socialiste de la détaxation des heures supplémentaires rapporterait 4,2 milliards mais elle priverait les contribuables modestes qui en bénéficient, de 432 euros de plus par an en moyenne. Au total, et compte tenu des marges de manœuvre limitées sur l’imposition des plus aisés qui acquittent déjà 64% de l’IR »

    Et le « pacte de croissance » ne vaudra rien sans la mutualisation de la dette européenne et la mise en place des Euro-Bonds qui donneraient une nouvelle cohérence à la politique de l'Union. C'est là que le nouveau président doit s'affirmer, loin des bonnes intentions utopistes, et des rodomontades des uns ou des autres, et en arrêtant de définir sa politique « a contrario » par rapport à Sarkozy.