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ellroy

  • Perfidia

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    « Perfidia » de James Ellroy chez Payot et Rivages

    politique, société, littérature, Ellroy, Noir, amaury watremez, polar« Underworld USA » m'était tombé des mains, « it was a piece of shit man », c'était la première fois avec un roman d'Ellroy. Ellroy était fatigué, Ellroy était moins perturbé, Ellroy avait envie d'une vie bourgeoise croyait-on à l'époque. On le sentait moins inspiré, moins concerné par ses personnages. Je n'avais pas trop compris où il voulait en venir. « Perfidia » se tient mieux, est plus cohérent, et descend beaucoup plus bas dans les tréfonds de L.A (California) dont rêvent encore les naïfs, les fous et les esclaves enthousiastes du « Barnum consumériste ». 

     

    Avec ce livre, ça se confirme, Ellroy n'est jamais aussi bon quand il écrit sur les années 40 ;

     

    « LA Confidential », « le Dahlia Noir » et « le Grand Nulle part » ;  

     

    Et sur son parcours de « Ellroy Da Dog »  camé à la benzédrine, buvant beaucoup trop, clodo voyeur, caddie de golf pour richards et finalement écrivain talentueux à succès, de cette veine dans laquelle c'est un sang épais qui bat je retiens « Ma part d'ombre » sur sa mère, et « la Malédiction Hilliker » sur sa fascination des femmes....

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  • Ragoteur au Purgatoire

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    « Extorsion » de James Ellroy chez « Rivages noirs » Payot

    414Nc93TpHL._.jpgAutant « Underworld USA » m'avait laissé parfaitement froid, à tel point que je n'en ai pas dépassé la page 61 (les livres que je n'arrive pas à lire, ainsi également « la Débâcle » de Zola, curieusement je m'arrête toujours à cette page, tu y verras sûrement un détail psychologique passionnant que je te laisserai analyser sans vergogne ami lecteur), autant «Extorsion » m'a plu retrouvant l'Ellroy des grands jours, excessif, au style en allitérations, en rythme fabuleux. Je peux comprendre que l'on ne supporte pas, c'est « plutôt une boisson d'homme » comme aurait dit l'oncle Fernard, c'est râpeux en gorge, alcoolisé et rude à avaler, et il faut se lancer.

     

    Bien sûr une fois lancé, l'addiction s'installe...

     

    Dans « Underworld USA » il restait donc des figures de styles qui n'étaient plus que des tics qui à force devenait pénibles et n'étaient plus des tics de langage et d'expression, des facilités sans trop d'humilité, d'une part, et d'autre part la documentation de l'auteur visiblement avait dévoré une bonne partie de la fiction et de la création purement romanesque ou fictionnelle.

     

    Après tout on ne demande pas un ouvrage dit de « genre » (à ne pas confondre avec le « Gender ») d'être exhaustif sur la question du réel, on ne demande pas à un ouvrage dit de « genre » d'être une thèse de doctorat sur l'histoire des États-Unis, avec thèse, antithèse, synthèse et tout le toutim. Et le « genre », en particulier celui du « roman noir » justement offre des possibilités transgressives remarquables, même celle de transgresser l’histoire et un point de vue trop sage dessus . Parfois le « roman noir » génère des classiques pour lecteurs mal élevés qui le préfèrent à Amélie Nothomb ou Christine Angot, Marc Musso ou Guillaume Lévy.

     

    Donc Fred Otash, personnage déjà entrevu chez Ellroy, notamment dans « L.A. Confidential » se retrouve au Purgatoire, lui l'ancien flic parfaitement au fait des lubies en cours sur « la montagne du miroir aux alouettes », colporteur de rumeurs dégueulasses sur les vedettes et les stars de l'écran des années 50, proxénète à l'occasion, dealer de coke pour les actrices en mal de sensation et accessoirement gigolo, après qu'un certain Ellroy, écrivain doté d'un culot monstrueux, ne doutant de rien l'ait contacté pour faire de sa vie une série télévisée appelée « Extorsion ».

     

    Ellroy le paye pour tirer de lui la substantifique moelle des méfaits qu'il a commis, des méfaits XXX, gagner de l'argent tout en racontant des horreurs sur Los Angeles, cité des Anges dont il fut le voyeur pendant des années avant de pouvoir aligner des phrases qui se tiennent, et qui plaisent, du moins dans un premier temps, au bourgeois bohème en quête de sensations fortes qui finit toujours par le trouver un peu trop de droite, le péché ultime.

     

    Fred avale de travers un sandouiche et se retrouve coincé entre l'Enfer et le Paradis, son châtiment quotidien étant de subir chaque jour dans la cellule exiguë qui lui a été allouée d'écouter la liste des saloperies qu'il a fait subir à ses victimes :

     

    Marlon Brando, Danny Kaye, Sal Mineo, Marylin, Montgomery Clift entre autres ou Frances Barber accusée de folie furieuse car ayant des velléités d'indépendance artistiques insupportables pour les studios...

     

    Fred va quand même travailler avec Ellroy, ce scribouillard sans scrupules, Fred va quand même se rédimer malgré tout Fred doit seulement se confesser sur ses méfaits. Il commence donc à se rappeler de ses débuts comme ragoteur pour le magazine « Confidential » mais on devine qu'il a du mal à exprimer quelque regret que ce soit. Fred aime bien s'écouter parler et finalement il n'a strictement aucun regret ni remords, apparemment.

     

     

    A la fin, il est donc puni quand même, justice est faite. Mais Fred n'en a cure il n'a aucun regret au fond, car il reste un salaud. Le lecteur se demande aussi si finalement il n'attendait pas la punition ultime.

  • "La Malédiction Hilliker" d'Ellroy "Da Dog" - en matière de tizeure

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    elizabeth_short_black_dahlia.jpgJe suis en train de finir "la Malédiction Hilliker" d'Ellroy, il y parle de sa quête de l'amour fou, de son émotivité, de son inadaptation et de pourquoi il écrit, et j'adore.

    C'est beaucoup mieux qu'"Underworld USA", qui était trop dense, et un peu dur à terminer.

    Ellroy n'est jamais aussi bon que lorsqu'il parle de ses démons et qu'il le fait sans concessions et aussi bien que dans ce livre lu en deux jours un peu partout : le train, le car, le bus rouennais, et un café place Jeanne d'Arc.

    En photo ci-contre, "The Black Dahlia", Elisabeth Short, qui la deuxième femme à obséder Ellroy après Jean Hilliker, assassinée elle aussi, assassinat qu'il a mis quarante-cinq ans à exorciser...

    Ou pas.