Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

ecole

  • L'ignorance et la sottise en marche

    Imprimer Pin it!

    Flat-Earth.jpegL'ignorance et la sottise vont souvent de pair, cela se vérifie souvent au cours de l'histoire. Je ne crois pas personnellement au merveilleux « bon sens » inné qu'aurait les personnes dites « simples » n'ayant rien appris, moins « pourries » que les savantes. Ce « merveilleux bon sens » mène le plus souvent à massacrer dans la population ceux ne ressemblant pas à tous les autres. Ce n'est qu'une manière de se rassurer de la part des ignares. Je ne pense pas non plus que tout savoir s'apprend à l'école. Ce désir d'apprendre part de la volonté de s'élever de la part de ceux en faisant preuve. Et parfois ils apprennent par eux-mêmes. Tous finissent par comprendre que cela demande un effort, du travail, que cela ne se fait pas en claquant des doigts.

     

    Pourtant, le savoir est remis en cause de multiples façons...

     

    D'aucuns parmi les scientifiques eux-mêmes, on ne sait trop pourquoi, comme André Pichot remettent en question l'histoire des sciences sur la base de paradigmes que l'on a un peu de mal à entrevoir (ou trop bien), (voir à ce lien)

     

    L'hyper-féminisme, la communautarisation des individus mènent à donner à la sottise et l'ignorance de plus en plus d'importance au nom de la lutte contre le racisme, les stéréotypes, et j'en passe (voir cette vidéo où la femme s'exprimant est une universitaire). Il faudrait remplacer cela par d'autres normes, évoquer la magie, la sorcellerie pourquoi pas ? Pour ne risquer de ne complexer, de ne blesser personne, dans l'idée du « il ne faut pas stigmatiser ». Le savoir serait stigmatisant pour des populations d'origine immigrée se sentant inférieures de ce fait.

    Lire la suite

  • Les gros sabots du rapport Bergé

    Imprimer Pin it!

    citoyenneté, société, éducation, école, politique, bergé, descamps, profs, amaury watremez Aurore Bergé, député LREM, et Béatrice Descamps, UDI ont toutes deux rendu des recommandations sur ce que devraient être selon elles les rapports des enseignants avec les parents (voir à ce lien). Rappelons pour situer son niveau culturel que madame Bergé a déjà fait parler d'elle par sa comparaison entre l'enterrement de Johnny et les funérailles de Victor Hugo. Elle reproche donc aux profs, ainsi que sa co-rapporteuse, d'être déconnectés des enfants et de leurs géniteurs, et de la société en général. Comme à l'habitude quand il s'agit d'évoquer l'Education Nationale quelques vérités sont entremêlées avec quelques énormités déjà lues ailleurs.

     

    Avec ce qu'elles écrivent, elles jouent sur du velours, dans une société où les salariés du privé sont de plus en plus précarisés, les fonctionnaires sont perçus comme des chanceux, des gâtés. Quand le gouvernement suggère de les payer au mérite il flatte le bon peuple dans le sens du poil. Il faut que les fonctionnaires, à commencer par les profs, "y faut qu'y soyent comme tout le monde ma bonn'madame Michu".

    Lire la suite

  • Les élites hier et aujourd'hui

    Imprimer Pin it!

    politique, société, héritiers, économie, école, amaury watremez, élites, trumpLes élites sont aujourd'hui contestées de toute part. Pour une raison simple, elles s'auto-entretiennent et sont parfaitement étanches au reste du peuple. De toutes façons le peuple les indiffère, un ramassis de ploucs sans éducation ni revenus conséquents et encore moins de réseaux. Il a un défaut ce peuple, il ne vote plus ce qu'on lui intimait de voter auparavant et conteste les élites et les institutions dans leur ensemble. Il est vrai que bien souvent ceux qui contestent le pouvoir des élites en sont clairement issus. On ne peut leur reprocher d'être lucides et de désirer un monde plus équitable.

     

    J'ai toujours eu beaucoup de mal à comprendre  ce reproche. Moi-même qui écrit ce texte j'ai fait des études supérieures et fait objectivement partie des professions que l'on pourrait classer dans ces "bourgeois pédagogues" que je brocarde allègrement par ailleurs. J'ai du mal à l'écrire sans rire mais je fais partie de ces "élites" indubitablement...

     

    La reproduction sociale des privilèges a toujours existé sous tous les cieux et tous les régimes politiques car "là où il y a de l'homme il y a de l'hommerie" et donc des injustices. Cependant, la société a toujours prévu un ascenseur social, une méritocratie afin de s'élever selon son travail et les services rendus aux autres pour le Bien Commun. Cela existait déjà sous l'Ancien Régime à travers la noblesse dite "de robe". Le chancelier Séguier sous Louis XIV est un exemple de cette méritocratie. Il est arrivé au sommet de l'État de par son travail. Rappelons que ses parents étaient épiciers en somme...

    Lire la suite

  • La jeunesse c'était mieux avant

    Imprimer Pin it!

    enfants, enfance, société, politique, éducation, école, amaury watremezCela fait vingt-quatre ans que je travaille avec des jeunes et pour des jeunes. Cela fait vingt-quatre ans que le discours consistant en somme à magnifier la jeunesse d'avant pour mieux noircir celle de maintenant m'agace toujours prodigieusement. Cette jeunesse actuelle est le fruit de l'éducation que les adultes, tous les adultes, leur ont ou pas donné.Elle est le fruit de l'atomisation de la société en différentes tribus et communautés étanches les unes aux autres. Et les réacs ou pseudo-réacs n'en sont pas moins responsables que les autres menant le plus souvent leur vie personnelle, sexuelle et sentimentale de la même manière libertaire que les autres.

     

    Ce n'est pas eux les gosses qui en sont responsables, ils en sont victimes. Et la plupart ont encore au cœur des aspirations élevées à un monde plus équitable, une société où la valeur principale ne serait pas juste l'argent et les moyens de le dépenser, une société sans plus aucune humanité. Devenus des grandes personnes, on me dira qu'il oublie toutes ces belles idées. A moins que ce monde et que les gosses ne finissent comme dans « Demain les mômes » de Jean Pourtalé ce qui paraît en bonne voie de réalisation.

    Lire la suite

  • Chroniques du réel – Subversion efficace du pédagogisme

    Imprimer Pin it!

    école, chroniques du pays réel, éducation, Education Nationale, société, amaury watremezL'histoire vraie que je raconte ci-dessous montre combien les clichés sur les « jeûnes » sont abscons, combien aussi cette société est criminelle laissant leurs aspirations aux idéaux, à la culture souvent en friche volontairement. C'est mieux d'avoir des individus uniquement soucieux de leur dernier gadget électronique que des personnes véritablement capables de mûrir et remettre en question leurs certitudes et celles de leurs groupes, de leur ethnie, de leur religion. Et puis les encourager à réfléchir par eux-mêmes c'est aussi les encourager à se libérer de l'arbitraire de notre monde consumériste.

     

    Quand j'étais enseignant en Lettres et Histoire en enseignement professionnel, dans un lycée de « cités » d'Évreux, je devais ainsi que les collègues des autres matière mettre en œuvre un « machin » pédagogiste s'appelant le PPRE (ou Programme Personnalisé de Réussite Éducative). Comme le contenu de la chose était loin d'être clairement précisé, nous ne savions pas trop quoi en faire. L'une d'entre nous se dit alors que cela pourrait être l'occasion d'ouvrir les élèves à une association humanitaire. Nous aurions présenté quelque chose aux élèves les faisant sortir un peu du cocon de leurs préjugés.

     

    Ce serait au moins ça...

    Lire la suite

  • Pédagogie de la réforme du collège

    Imprimer Pin it!

    politique, école, éducation nationale, société, najat vallaud belkacem, collège, amaury watremezLa réforme du collège produit de nombreuses turbulences ces derniers mois parmi les enseignants et les parents d'élèves, sans que ceux-ci ne soient vraiment écoutés, sans que leur anxiété exprimée en particulier dans des grèves ne soit prise en compte. Encore une réforme ne servant à rien selon la plupart des observateurs. A droite on l'imagine parfois construite dans les cabinets noirs de l'anti-France, désirant la détruire par plus de laxisme et un nivellement par le bas de l'instruction publique assortis d'une pédagogie qui s'inspirerait de doctrines infernales et cosmopolites. A gauche d'aucuns accusent les financiers, les plus riches, les réactionnaires, les cibles habituelles.

     

    Les professeurs sont chargés de mettre en place à marche forcée une réforme que pour la plupart ils n'approuvent pas et sur laquelle ils n'ont pas été consultés alors qu'étant les premiers concernés. Ils se doivent de mettre en place les fameux EPI (ou Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) censés favoriser la synergie entre les enseignants sans en comprendre le contenu, sans avoir été réellement formés excepté ceux sortant des ESPE (ex-IUFM) et encore.

     

    Et Najat Vallaud-Belkacem est chargée de tous les maux alors qu'elle n'est ni décisionnaire ni responsable de la réflexion menée en amont. Généralement on oublie également que la politique menée par l’Éducation Nationale est essentiellement budgétaire. Elle a pour but de diminuer les dépenses en pratiquant un « turn over » du personnel que Pierre Gattaz lui-même n'oserait rêver, en les payant des salaires parmi les plus bas d'Europe, en leur déniant la moindre reconnaissance. Certains professeurs contractuels (remplaçants) cumulent ainsi jusqu'à quarante-deux CDD en une quinzaine d'années sans que cela ne choque les syndicats ou les représentants du gouvernement.

    Lire la suite

  • Le Mammouth a le dos large

    Imprimer Pin it!

    éducation nationale, société, politique, école, rentrée scolaire, parents, enfants, élèves, amaury watremezLes mammouths étaient des animaux un peu lents, à poil long car frileux. Il était très difficile pour les hommes préhistoriques de les chasser car il était quasiment impossible de lui faire prendre une direction qu’il n’avait pas choisi. On avait beau le cribler de flèches, il continuait à se mouvoir longtemps, même lorsque son cadavre était enfin à terre agonisant. A chaque rentrée, le  « Mammouth » actuel, l’Education Nationale,  est malmené, les décisions des ministres successifs le dirigeant ou essayant de le faire raillées, moquées, conchiées.  On prétend en conséquence que cet animal préhistorique refuse d’évoluer vers le XXIème siècle.

     

    Il lui est reproché de ne plus apprendre grand-chose aux élèves à commencer par les fondamentaux, de ne plus transmettre de culture ou de valeurs ni même d’éducation basique.

     

    Les enseignants sont jugés trop laxistes, trop idéologues, pas assez engagés, trop zélés et trop indifférents. Ils sont perçus à droite comme les anciens « hussards noirs » de la République, ce qu’ils ne sont plus, et à gauche comme les garants des progrès de la société, ce qui n’est pas non plus leur rôle exclusif. D’aucuns se disent que c’était « mieux avant », avant les multiples réformes de l’enseignement débutant en 1977 avec la réforme Haby. Mais « avant » bien que les élèves sachent mieux lire et mieux compter, beaucoup étaient laissés sur le bord du chemin, les trop rêveurs, ceux qui n’étaient pas scolaires, inadaptés aux normes.

    Lire la suite

  • Les profs boucs-émissaires commodes

    Imprimer Pin it!

    Ecole, Education Nationale, société, politique, amaury watremez, parentsAu moment du bac cela ne rate jamais, on a le droit aux mêmes polémiques depuis des années, aux mêmes questionnements graves « d'experts » lunettés et cravatés sur la baisse de niveau des élèves depuis des décennies, sur leur manque quasiment total d'appétence des jeunes pour la culture. Sur les réseaux sociaux, l'on fait circuler les pires « tweets » des gosses après les épreuves, les plus décomplexés en matière d'ignorance crasse, avec le plus grand nombre de fautes dans une phrase, ce que je trouve toujours intéressant, dirons nous, quand c'est présenté par des « facebookiens » ou des « tweetonautes » commettant autant d'erreurs de syntaxe que les jeunes montrés comme des demeurés.

     

    Le tout est imputé uniquement à l’École et son « management » défaillant comme si l’Éducation des enfants, la transmission des valeurs et d'une culture ne relevait que des profs et de l'Institution, comme si les parents n'étaient pas des citoyens responsables s'engageant et capables de voter pour des candidats ayant les meilleures solutions pour l’École, éloignées de celles proposées par des idéologues détachés du terrain, proposant de revenir à la transmission des savoirs par exemple, ainsi que l'on en parlait ici...

    Lire la suite

  • L'intelligence sous-évaluée

    Imprimer Pin it!

    Dans les réformes éducatives on ne tient que rarement compte d'une certaine catégorie d'enfants dont le système scolaire et la société se méfient particulièrement : les enfants surdoués.

     

    cerveau, intelligence, éducation, société, politique, amaury watremez, école, éducationCes enfants ne rentrent pas dans le cadre, et ils n'ont pas besoin des enseignants de la même manière que les autres. Alors que la plupart des représentants de cette classe d'âge à des difficultés à comprendre une partie d'un motif intellectuel les gosses surdoués le considèrent déjà dans son ensemble, voire même ils en voient la trame, saisissant les implications d'un raisonnement plus rapidement que la moyenne et donc s'ennuyant très vite. L'ennui est leur principal ennemi car progressivement, alors que leurs capacités sont laissées en friche ils négligent leur parcours d'études et se retrouvent souvent en situation d'échec.

     

    Un surdoué ne l'est pas forcément, selon le cliché habituel, pour tout. Il le sera surtout pour ce qui l'intéresse, domaine pour lequel il conservera constamment une curiosité très vive, voulant tout savoir du sujet le passionnant. Il est intellectuellement précoce, doté d'un haut potentiel. C'est un « zèbre » selon le terme de Jeanne Sihaud-Facchin, détonnant parmi les autres être humains par les rayures que sont ses capacités exceptionnelles....

    Lire la suite

  • Les français et leur école, des rapports compliqués

    Imprimer Pin it!

    politique, société, école, éducation, jeunes, djeuns, amaury watremezLes français entretiennent avec l'école des rapports d'amour/haine à la fois compliqués et simples à comprendre. Ils voudraient bien que celle-ci éduque leurs enfants à leur place tout en la considérant comme une garderie un peu évoluée. Ils n'aiment pas les notes, considérées comme arbitraires et injustes, mais sont les premiers à entretenir chez leur progéniture le culte de la performance scolaire et de la compétition à outrance. Ils prennent soin également lorsqu'ils ont la culture et la formation, et les réseaux « ad hoc », de placer leurs gosses dans les « boîtes à concours » publiques ou privées dés qu'ils en ont l'occasion.

     

    Les français veulent une école formant à « des trucs utiles » ou jugés utiles mais se sentent complexés si d'aventure ils ont des fortes carences culturelles, pour eux c'est la faute de l'école qui ne leur a pas transmis de culture, ressentant plus ou moins vaguement ce besoin de transmission n'ayant jamais été pris en considération pour eux.

    Lire la suite

  • Le choc des incultures

    Imprimer Pin it!

    politique, société, éducation, école, françois-xavier bellamy, amaury watremezA propos « Les déshérités : Ou l'urgence de transmettre » de François-Xavier Bellamy aux éditions Plon (voir le livre à ce lien amazon, le site dédié à l'ouvrage : rencontres avec l'auteur, « signatures » ; sa page sur le site de l'éditeur).

     

    Jeune enseignant de philosophie d'abord enthousiaste effectuant sa première rentrée, François-Xavier Bellamy se fait reprocher de la bouche d'un inspecteur venu le visiter de vouloir transmettre un savoir à ses élèves et des méthodes de réflexion ou d'argumentation. Il le lui dit clairement :

     

    « Vous n'avez rien à transmettre » .

     

    Et pourtant le nouveau professeur constate le besoin impérieux des élèves de recevoir une culture, des valeurs morales, leur soif d'apprendre malgré leur paresse chronique induite par une éducation ne leur ayant fixé aucune valeur. Nouveaux « déshérités » livrés à eux-mêmes, ces jeunes sans aucuns repères comprennent inconsciemment de quelles carences graves ils souffrent. Ils sont en général extrêmement jaloux de ceux ayant eu la chance insigne d'avoir été éduqués au Beau ou au Savoir.

    Lire la suite

  • Le Harcèlement scolaire : Souffrance silencieuse

    Imprimer Pin it!

    politique,école,harcèlement,éducation,enfants,adolescents,amaury watremezDepuis les attentats de « Charlie Hebdo » et de « l'Hypercasher », les autorités et la presse font beaucoup d'effets de manche sur la laïcité, un problème de volonté politique soit dit en passant et pas seulement de moyens, et de la « com » sur l'Éducation. Ils laissent pourtant de côté, la rejetant du revers de la main, une autre question brûlante témoignant de la violence brute, virtuelle ou non, en progression constante dans les écoles quel que soit le milieu observé :

    Lire la suite

  • Contractuels de l'Education Nationale – un scandale bien caché à la Rentrée 2013

    Imprimer Pin it!

    precarite_m1.jpgUn contractuel est un professeur remplaçant, ou professeur documentaliste remplaçant nommé pour quelques semaines, quelques mois, voire pour l'année scolaire. Même s'il reste contractuel d'une année sur l'autre son ancienneté n'est pas prise en compte et son salaire stagne autour du SMIC, et ce, selon son emploi du temps car il ne touchera ce salaire, 1400 Euros nets en moyenne, que s'il est à plein temps. Certains contractuels travaillent pour l'équivalent d'un RSA, et on leur recommande de ne pas se plaindre...

     

    Il peut espérer un Contrat à Durée Indéterminée, mais de par des conditions tellement drastiques que c'est très compliqué. Un contractuel en CDI n'a aucune certitude de garder son emploi, il n'a aucune garantie. Cela ne change que peu de choses finalement à sa précarité, alors qu'il prouve par son expérience sa compétence, expérience évaluée par des « visites conseils » des stages, des inspections.

     

    Il n'a pas le droit d'être handicapé, le handicap n'étant reconnu que s'il est titulaire, ou si il y a des besoins dans sa matière. Il n'a pas le droit d'avoir des difficultés de circulation. Il ne doit pas avoir des problèmes de santé. Il est toujours « suspect » et doit sans cesse prouver ses compétences et ses diplômes (il arrive souvent qo'on demande aux contractuels « s'ils ont le bac », on le soupçonne toujours d'incompétence etc...)

     

    Il peut espérer passer les concours, mais il faut savoir que les formateurs des ex-IUFM, maintenant ESPE, n'aiment pas du tout les contractuels qui ont souvent une expérience contredisant la formation qu'ils donnent, et que les « précaires » du public tentant ces concours sont plus sévèrement jugés.

     

    Quelques chiffres :

    Dans l'Académie de Rouen, sur 800 contractuels employés en 2012/2013, seuls 324 ont retrouvé un emploi.

     

    Pour une raison, beaucoup de collègues titulaires ont souhaité se mettre en « reconversion » et ont été favorisés dans l'attribuation des postes, parfois pour travailler dans le même établissement que le conjoint, qui fait jouer son ancienneté dans l'établissement. Ces collègues en « reconversion » sont par définition novices dans leur nouvelle matière, donc moins compétents que les contractuels qui exerçaient sur le même poste avant.

     

    De nombreux contractuels enseignants sont en grande majorité en surendettement, en grande précarité de logement, ce qui ne leur offrent pas toutes les conditions pour espérer réussir qui une formation, qui un concours.

    Ce scandale qui revient chaque année de ces « intermittents du tableau noir », la précarité enseignante est méprisé par la gauche, enfin, le PS, par la plupart des syndicats et par le gouvernement qui parlait de résorber la précarité comme par l'UMP...

     

    Enfin, une recommandation aux collègues contractuels : Surtout ne pas avoir peur d'évoquer cette précarité et de la faire connaître, la seule conséquence que cela risque d'entraîner c'est que celle-ci soit résorbée. Ecrivez à vos recteurs, à vos élus, à la presse.

     

     

    Grandgil (alias Amaury Watremez) – contractuel depuis 2001, et qui n'a plus peur


    image prise ici

  • Merci Salima

    Imprimer Pin it!

    breves51d6959ec798b_1-578759.jpgLa petite Salima qui a eu 21,21 au bac par le jeu des options, elle venait tous les jours au CDI du lycée pour bosser, toujours sympa, souriante et modeste, une jeune fille moderne et sage en même temps Salima, et travailleuse, un modèle

    Elle est curieuse de tout, lisant de tout, intelligente, pas un mouton docile qui gobe tout sans rien essayer de comprendre, pas un esprit obtus qui fait tout ce qu'on lui dit sans réfléchir...

    Elle n'avait pas besoin de pédagogisme, d'angélisme, de traitement de faveur, ou de défaveur...

    Elle ne voit rien d'extraordinaire dans ses résultats, elle m'a dit : "j'ai travaillé c'est tout et parce que j'ai vraiment envie de faire de l'astronomie". Ce n'est pour elle que la première marche.

    (et elle m'a dit merci de maintenir une ambiance de boulot au CDI ce dont je lui suis reconnaissant ...)
    Son exemple me réconforte et me rassure...

    l'article de Paris Normandie sur Salima ici

    photo prise sur le site de Paris Normandie, article du 5/07/2013

  • Le petit Nicolas et la « Théorie du Genre »

    Imprimer Pin it!

    Le petit Nicolas revient aussi sur Agoravox

    Cela fait bien longtemps que je n'avais pas fait de pastiche du Petit Nicolas, alors que c'est extrêmement agréable à écrire. Visiblement, l'idée de parler de sujets de société à travers les yeux de ce personnage ne semblant pas mauvaise, je me suis demandé ce que cela donnerait sur le « Gender ».

    Toujours en hommage à Sempé et Goscinny...

    arton1698.jpg?1270662054Monsieur le directeur est venu dans notre classe ce matin avec une dame qui avait un grand carton dans les bras. Cela n'arrive pas souvent, et quand il vient nous savons que nous ne devons pas faire les guignols sinon la maîtresse ne sera pas contente du tout.

    Quand il est entré, la maîtresse a dit « Debout », le directeur a dit « Assis ». Le directeur a soupiré en regardant dans la cour et en rajustant ses lunettes puis il nous a dit que la dame qui était avec lui allait nous parler des théories sur le genre pour notre éducation citoyenne et qu'il fallait bien l'écouter. Il a essayé de sourire à la dame qui était à côté mais nous sentions bien qu'il n'avait pas envie, il a soupiré de nouveau et est sorti.

    La dame a eu les yeux comme Eudes quand il a envie de donner un coup de poing sur le nez à quelqu'un et la maîtresse a dit doucement qu'elle allait s'asseoir au fond de la classe, comme Clotaire quand il est puni à la récréation quand nous avons eu interrogation et Clotaire est puni après chaque interrogation.

    La dame s'est assise à moitié sur le bureau en balançant ses jambes, elle ressemblait un peu au « Bouillon » ce qui était normal car c'était sa petite nièce qui avait des longues études comme elle nous l'expliqua pour se présenter. Elle avait les cheveux coupés courts comme Eudes et une grosse voix comme lui.

    Elle se mit debout et elle demanda si quelqu'un avait entendu parler des « théories du Genre ». Agnan leva la main tout de suite et expliqua que selon cette théorie les garçons n'étaient pas vraiment des garçons, et les filles pas vraiment des filles, mais que c'était les parents et les professeurs qui nous obligeaient à le devenir, la pression sociale dit-il.

    Il est fou Agnan.

    Il se rassit tout rose, comme quand il est content de lui, la dame avait l'air très contente aussi.

    Eudes se leva pour protester et dit qu'il était un vrai garçon, et il dit aussi que Agnan était un sale cafard; et une vraie fille, et qu'il allait lui donner un coup de poing sur le nez s'il disait le contraire non mais sans blagues monsieur.

    Agnan se mit à pleurer, à crier et à se rouler par terre en hurlant que personne ne l'aimait, qu'il n'était pas un sale cafard et qu'il allait porter plainte pour harcèlement moral, homophobie et injures contre Eudes.

    Alceste aussi se mit à dire qu'Agnan était un cafard de dire ça et qu'il était un vrai garçon lui, c'est alors que Maixent répliqua en disant que lui plus qu'Alceste qui était un gros qui mangeait tout le temps. Alceste déposa soigneusement son deuxième pain au beurre de la matinée et cria : 

    « Qui est gros monsieur, je vous prie ? ».

    J'ai bien vu que la maîtresse faisait semblant de ne pas rigoler mais qu'elle se cachait derrière le pupitre.

    Tout le monde faisait les guignols, on rigolait bien, c'était chouette. La dame se passa la main sur la figure comme le photographe en début d'année quand il essaie de prendre une photo de notre classe, et elle était toute rouge. Elle fit son truc avec son regard, et tous les copains et moi on s'est assis très vite, et on a arrêté de rigoler, et aussi la maîtresse derrière son pupitre qui était comme Clotaire quand elle le prend à dire des blagues à un copain..

    La dame a fait comme si elle était calme comme « le Bouillon » quand il ne veut pas avoir à crier dans la cour et elle se passa la main sur le visage très lentement.

    Elle a dit à Agnan que ce n'était pas la faute de son petit camarade qui était victime de son conditionnement machiste et d'un environnement conservateur. Elle dit qu'il y avait même encore des éducateurs, en regardant la maîtresse, qui rougit, qui était encore soumis au modèle maternant absurde qu'on leur imposait.

    Elle rajouta que c'est à cause de cela que les jeunes femmes modernes et intelligentes qui ne correspondent pas aux canons de la beauté moderne ne trouvent pas de mari dans ce monde phallocrate, mais que ce n'était pas grave car les jeunes femmes modernes peuvent très bien se débrouiller sans mari.

    Elle était un peu agitée quand elle dit cela.

     

    7526537.jpgElle a dit juste après qu'elle devait sortir pour boire un verre d'eau, qu'elle se sentait un peu lasse. Elle est sortie très vite, et nous avons recommencé à faire les guignols, mais la maîtresse était revenue à son bureau et nous n'avons plus eu envie de rigoler car elle avait ses yeux en colère.

    La dame n'est pas revenue. Mais à la place le directeur est venu nous dire que la nièce du Bouillon était tombée malade, que nous allions être très déçus mais qu'elle ne pourrait pas continuer à parfaire notre éducation citoyenne. Nous n'étions pas déçus du tout, cette fois-ci même Clotaire trouvait cela très chouette de faire un problème de mathématiques avec un train qui part à 15h42 de Montbéliard et un autre qui part, mais en omnibus, à 14h54 de Lyon.

    Le soir je suis allé voir Marie-Hedwige dans son jardin. Je lui ai dit que selon la dame, elle n'était pas une vraie fille. Elle a fait son coup de battre des cils très vite en me regardant avec ses yeux très bleus, et alors j'ai un peu chaud aux joues et j'avais le cœur qui battait un peu plus vite.

    illustration du haut prise ici

    portrait de Marie-Edwige pris ici

  • L'éducation commence en famille, se termine à l'école

    Imprimer Pin it!

    Aussi sur Agoravox
    Et sur Antidoxe

    Ce qui permet de voir les commentaires à cet article sur un site plutôt à gauche, et sur un site plutôt libéral...

    Le nouveau gouvernement a pour priorité l'éducation ce qui est bien légitime, avec comme moyens avoués la création de postes et d'emplois de soutiens pour les élèves et d'une restauration des moyens. C'est tout ce qu'il y a de plus honorable et l'auteur de ce texte le salue en toute sincérité, ce qui est fait pour l'instruction et la formation culturelle et citoyenne des adolescents et des enfants, après tout, c'est toujours bon à prendre.

    image empruntée ici (site de "l'île aux jouets")

    158-566-large.jpgCependant, comme tous les gouvernants avant eux, le nouveau gouvernement oublie une variable importante, fondamentale, du problème :

    La place de la famille et de l'éducation reçue à travers elle. Ce n'est pas simplement une question de postes, de moyens, de nouveau budget, c'est aussi et d'abord une question globale de société.

    Or, depuis une cinquantaine d'années, ce n'est pas que les enfants soient mal éduqués ou mieux éduqués, mais plus éduqués du tout, le plus important pour eux devenant leurs besoins de consommer les biens et services que le système consumériste leur enjoint de consommer pour être insérés dans la chaîne économique dont ils deviennent des rouages dociles .

    Les parents, sous la pression de tel ou tel psychologue médiatique, de tel ou tel groupe de pression, ont fini pour la plupart de démissionner de leur autorité et de leurs charges de parents, se contentant, c'est au moins quelque chose, de nourrir et vêtir leur progéniture.

    Les parents laissent la responsabilité de l'éducation, ou de leur formation comme citoyens, des gosses aux professeurs dés la maternelle, considérée comme une garderie de luxe, le primaire, idem, le collège, perçu de même manière, et le lycée.

    On reproche aux enseignants d'être soit trop sévères, soit trop laxistes. Et bien sûr paresseux, car la tâche qu'on leur demande est titanesque et quasiment impossible : réussir à rattraper plusieurs années d'absence totale de repères, y compris les plus basiques, chez des élèves dont les géniteurs se comportent parfois comme des copains du même âge : le père joue à la console avec son fils, la mère s'habille comme sa fille, elle adore que l'on dise d'elles qu'on dirait des « jumelles du même âge ».

    Les parents ai:ment à évoquer leur passé idéalisé d'élève ou modèle, rarement il faut bien le dire, c'est mal considéré aussi par les adultes d'être un genre d'intello, ou d'élève chahuteurs et rigolos qui « faisaient tourner en bourrique les profs quand ils étaient jeunes, et d'ailleurs c'est pour cela qu'ils n'ont pas réussi leurs études », « les profs ne les aimaient pas ».

    Depuis quelques années du fait d'internet, ce genre d'argumentaire se complexifie, si un parent n'a pas fait d'études, ce n'est pas parce qu'il était juste fainéant, ou simplement insouciant, mais c'est parce que l'école ne forme qu'à un seul modèle social et que lui était rebelle à ce modèle, ou alors plus chic, invoquer le syndrome d'Asperger

    Aucun d'eux ne songerait à se rappeler son absence totale d'efforts personnels tout au long de sa scolarité. Le simple fait de prononcer le mot « effort » ou « exigence » ou tout simplement « travail » vous fait passer pour un réactionnaire.

    C'est à peine si on ne demande pas aux enseignants d'aller passer les examens et concours à la place du petit dernier ou de la petite dernière, au minimum doit-il fournir en quelque sorte des diplômes « clés en main » ou en kit où il ne reste plus qu'à l'élève à recopier en somme et éviter toutes contraintes considérées comme inutiles.

    Comment d'ailleurs un élève peut-il se concentrer dans sa chambre alors qu'il a un portable (voire deux), son propre ordinateur, sa propre télévision (avec le « satellite » vu comme éducateur culturel de compensation) et bien sûr la console de jeux dernier cri ?

    Il est persuadé ainsi que ses parents que de toutes manières il lui suffit maintenant de taper sa recherche sous « Google » (TM°) quand il cherche une réponse à un quelconque questionnement sur une lacune de connaissances.

    Ce qui est rare bien sûr, sauf quand il doit aider un comparse à répondre à un jeu télévisé, les quiz télévisuels trop culturels étant d'ailleurs stigmatisés comme réservés aux vieux. Bien sûr, les parents et leur progéniture feignent de croire que ça suffit, et que l'esprit d'analyse ou le sens critique s'acquièrent facilement, d'un claquement de doigts.

    Bien sûr, toutes ces questions qui remettent en question le mode de fonctionnement de la majorité des parents et de leurs enfants actuellement, personne ne veut se les poser. Cela reviendrait à remettre en cause la consommation reine dans notre société, ainsi que la satisfaction immédiate des désirs et pulsions, que la plupart voit comme le seule but de la société actuelle.

     

  • Un peu de philosophie pour les potaches et les adultes

    Imprimer Pin it!

    On philosophe aussi sur Agoravox

     « Peut-être la vérité est-elle une femme qui a de bonnes raisons de ne pas vouloir montrer ses raisons. »

    (Préface au « Gai Savoir », Nietzsche)

    « La plus grande partie de la vie passe à mal faire, une grande partie à ne rien faire, toute la vie à ne pas penser à ce que l'on fait.»

    (Extrait des « Lettres à Lucilius » de Sénèque)

    « L'ordre de la pensée est de commencer par soi, et par son auteur et sa fin.»

    (Extrait des « Pensées » de Pascal, le philosophe préféré d'Achille Talon)

    achille-talon.jpgCe matin, le potache affolé révisait fébrilement les fiches constituées théoriquement pendant l'année sur la philosophie, matière qui lui fait peur car elle lui semble hautement subjective, et qu'elle pousse à la réflexion, ou bien ne faisant semblant de rien, il fumait une clope, ou une substance prohibée, à l'entrée du lycée, en attendant l'heure fatidique, se demandant pourquoi les smartphones sont encore interdits pour composer en examens, ce qui lui semble scandaleux.

    Il cherche de plus en plus, de toute manière, sans souci de vérifications des sources ou de la validité des arguments défendus, sur Internet de quoi répondre rapidement aux questions qui lui sont posées durant son cursus.

    Pourquoi se fouler puisqu'il y a Google ?

    De toutes façons, il ne cherche pas, comme la plupart des adultes, de sens à ses actions ou à sa vie, il n'en a cure. Ce qui les motive c'est de gagner beaucoup d'argent en travaillant un minimum afin de se payer tous les gadgets parfaitement inutiles que la pub voudrait lui imposer comme indispensables.

    De plus selon lui, comme selon l'opinion la plupart des élèves, et de leurs parents, la philosophie ne sert à rien, comme les arts plastiques ou la musique. C'est aussi l'opinion courante de la plupart des adultes qui y rajoute la littérature. Tout ce qui n'est pas immédiatement quantifiable, tout ce qui n'est pas réductible en slogan ou en équations, tout ce qui demande un effort de compréhension à moyen ou long terme, est immédiatement déconsidéré par la société actuelle qui veut de l'immédiateté, du rapide, du bref, du qui ne demande pas trop .

    Les sujets pour les séries Littéraires étaient intéressants, surtout le deuxième :

    « Peut-on prouver une hypothèse scientifique ? » et « L'homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même? »

    Était proposé aussi pour les courageux un commentaire de texte extrait du Gai savoir de Nietzsche.

    Le deuxième sujet est vraiment passionnant dans la réflexion qu'il est censé provoquer. A l'âge des impétrants à la philosophie auquel il était proposé, on se fait beaucoup d'illusions sur soi, tout comme les adultes qui continuent également à s'en faire plus tard, qui sont entretenus dans leur vice par Internet, pouvant se rêver journaliste, pamphlétaire, conférencier, historien, et j'en passe, d'un clic de souris.

    Les sujets pour les économistes consistaient en :

    « La liberté est-elle menacée par l'égalité? » ou sur « L'art est-il moins nécessaire que la science ».

    Le premier sujet est pleinement dans l'époque libérale, le deuxième devrait parler aux futurs bacheliers qui seront tentés de répondre tout de suite non, oubliant vite qu'ils disposent d'une conscience, que celle-ci a besoin de se nourrir de culture, de beauté, d'intelligence pour exister, et que c'est ce le quasi-privilège de l'homo-sapiens que nous sommes tous, a priori. Il est à la mode en ce moment de prétendre que l'homme est loin d'être le seul être à disposer de cette faculté d'apréhender tout seul son existence, sa personne et ceux qui l'entourent. C'est toujours amusant à lire sous la plume de Jonathan Swift qui fait des chevaux les êtres les plus nobles sur terre dans « les voyages de Gulliver ».

    ou un extrait des « Bienfaits » de Sénèque.

    Cet auteur, confronté à la difficulté d'être sage, conserve l'idée des stoïciens des « biens préférables ».

    Ainsi il vaut mieux être riche que pauvre, bien portant plutôt que malade etc... Néanmoins, ces biens ne sont pas les biens véritables qui se situent dans le bien moral, la hauteur et la droiture.

    Dans le traité « Des bienfaits », Sénèque affirme également le caractère pleinement humain des esclaves. Les esclaves, les pauvres, les précaires, le sont par convention sociale ou par accident, par malchance, par déveine, mais non par nature. Bien des esclaves ont rendu des services à leur maître et il faut donc reconnaître une plus grande place aux esclaves que ne le fait la loi dans la société de son temps.

    Notre époque de progrès donne beaucoup moins de place aux exclus qui n'ont plus la plupart du temps que la haine, l'invective, la révolte pour s'exprimer, ou « s'indigner ».

    Les sujets pour les scientifiques et les matheux était :

    « La culture dénature-t-elle l'homme? » ou « Peut-on avoir raison contre les faits ? ».

    ou un texte de Pascal était proposé aux amateurs de génie amoureux de leur soeur. Je sais, c'est méchant avec le philosophe, mais enfin comment peut-on écrire ce genre de choses :

    «La vie n'est bonne qu'à étudier et à enseigner les mathématiques.»

    Le premier sujet est totalement dans l'air du temps, il réconcilie bizarrement certains croyants pour qui les clercs ont trahi l'Église et l'Évangile en se sécularisant progressivement au cours des siècles, et les progressistes pour qui il convient de revenir à un état de l'être humain qui aurait été perverti par des théories contre nature lui otant sa « simplicité animale », ou ces modernistes pour qui le progrès mènera à un homme « amélioré » par la technique informatique et cybernétique, et donc libéré des contraintes simplement humaines.

    Ce qui dénote dans les deux cas une haine de l'humanité. On se dit qu'une époque qui fantasme à un tel point sur la fin du monde et l'Apocalypse ne peut être qu'un temps de rejet total de ce qui fait cette humanité, imparfaite par nature, bien que beaucoup de théoriciens aient voulu la normer, la mettre en bouteille.

    Le deuxième sujet proposé aux scientifiques est typique de la manière dont les idéologues de tout genre du monde moderne considèrent leurs idéologies, à savoir comme disant toujours la vérité, quitte à dénaturer les faits pour l'imposer. Les faits ne sont rien à leurs yeux. Si ceux-ci contredisent leurs opinions, ils ne sont pas intéressants. « Dieu est mort » a dit l'un, peut-être pour certains, mais pas les dogmes impliqués par les théories se voulant globalisantes en tout cas, qui sont encore des plus pregnants.

    Un philosophe l'a dit, il ne fallait pas dire ce qui se passait vraiment en URSS pour ne pas désespérer Billancourt, ou à Cuba, ou au Venezuela. Ils mettent en balance les bienfaits parfois réels de leurs idées mises en pratique dans ces pays et les quelques « dérives » survenus qui ne seraient rien en regard du bien créé.

    « Qu'est-ce que quelques vies humaines en comparaison du bonheur universel promis par leur doxa ? » Pensent-ils.

    J'ai parlé de ces pays, c'est exactement pareil quant au discours ultra-libéral pour qui la richesse de quelques uns, le progrès technique foudroyant, valent bien « quelques » morts, et « quelques » souffrances à leurs yeux.

  • Les violences dans la cour de récré

    Imprimer Pin it!

    Il en est question aussi sur Agoravox

     Le gouvernement vient de prendre des mesures concrètes pour lutter contre le harcèlement des adolescents ou des enfants. Ce harcèlement n'a plus de limites, il peut trouver une résonance qu'il n'aurait pas trouvé auparavant par le Réseau et par l'usage charb.gifintensif des téléphones portables (des témoignages à ce lien).

    dessin pris ici

    Ces initiatives ne peuvent être que saluées (on lira ici un article au sujet des souffrances que cela provoque chez les enfants qui souffrent des violences scolaires).

    On voit aussi que finalement les enfants et les adolescents ne font qu'imiter les adultes qui en croyant libérer leur parole n'ont fait que détruire les garde-fous de bon sens qui permettaient auparavant de nuancer un discours sans que celui-ci ne verse aussitôt dans la haine absolue, ou l'adulation sans conditions.

    Certes, il a toujours existé, même quand les élèves portaient des blouses ou des uniformes, ce qui ne changeait pas grand-chose, que ce soit avant ou après la puberté, des périodes très normatives, filles ou garçons sont très douées pour reprocher à l'autre une différence parfois minime : un enfant un peu trop gros, trop maigre, trop grand, trop petit, trop ci, ou trop ça etc...

    Le fait que l'on soit normatif à ses âges est somme toute normal, car c'est le moment où la personnalité s'affirme, où l'individu se cherche, et parfois a beaucoup de mal à se trouver.

    La souffrance poussant à être mal dans sa peau quand on est au collège ou au lycée, ou à l'école primaire, à divers degrés, encourage à rechercher un standard confortable, où l'on peut se lover sans trop de mal, une identité de groupe fondée sur la possession d'objets totémiques, un smartphone dernière génération dont on n'a finalement nul besoin à douze ans, des images quelconques, ou un « uniforme » commun, ceux qui portent des jeans, de telle ou telle taille, de telle ou telle forme, de telle ou telle marque (attention, c'est important la marque), ceux qui mettent des survêtements été comme hiver, ceux qui portent les casquettes d'une manière ou d'une autre, les choix de vêtements et d'accessoires étant des choix de signes de reconnaissance communs pour trouver ce que l'on croit être une identité.

    Bien sûr, quand on est adolescent, on ignore que l'on construit son identité pour soi, et non pour les autres, ces autres fussent-ils très proches.

    Beaucoup d'adultes n'ont pas digéré leur enfance, et encore moins leur adolescence. Ils sont restés bloqués à cette période de leur existence, construisant très souvent le reste de leur vie comme une revanche ou une vengeance sur les humiliations subies plus jeunes, celles-ci fussent-elles imaginaires car parfois elles le sont aussi.

    Maupassant le dit dans un de ses contes, il n'y a rien de plus cruel humainement qu'une cour de récréation.

    3507-1-sa-majeste-des-mouches.jpg

    illustration tirée du film de Richard Brooks d'après "Sa Majesté des mouches" prise ici

    Un peu plus semble-t-il depuis que paradoxalement les pédagogistes et les partisans du libertarisme quant à l'éducation ont décidé qu'il ne saurait y avoir de bornes, de limites à fixer aux enfants, que l'éducation d'ailleurs est forcément oppressive, que si on laisse les petits chéris se développer naturellement et sans les contraindre à quoi que ce soit, ils s'intéresseront forcément à la culture, à la réflexion, à une vie saine et proche de la nature, et qu'ils prendront soin de leurs corps avec sagesse et raison.

    Il faut dire que les pédagogistes, les libertaires infantiles, les adeptes de Laurence Pernoud et Françoise Dolto, voient l'enfance comme elle est représentée dans « les enfants de Timpelbach », dans « le club des 5 » d'Enid Blython, ou autres « Petites Filles Modèles » où les mamans peuvent être « très colère », mais pas trop sévères, où les méchantes filles et les méchants garçons sont toujours cruellement punis.

    La Comtesse de Ségur est coutumière du fait, Gourmandinet, le petit page espiègle mais un peu trop gourmand dans « Blandine, Bonne-Biche et Beau-Minon » finit le crâne écrasé sous une pierre.

    Il n'y a pas besoin de la littérature pour savoir que l'enfance n'a rien d'un vert paradis.

    Plutôt que les œuvres citées ci-dessus, les enfants livrés à eux-mêmes ont plutôt tendance à se conduire comme dans « Sa majesté des mouches ».

    Depuis à peu près quarante-trois ans, on voit en effet que les enfants actuels sont préoccupés de lecture, de raisonnements savants, qu'ils ne regardent pas la télévision et ne sont pas du tout des cibles pour la publicité, pour laquelle ils représentent un marché d'appel fabuleux.

    Mais trêve d'ironie, car comme l'a dit un commentateur distingué sur un autre de mes articles, trop d'ironie tue l'ironie.

    Les histoires de harcèlement scolaire qu'on lit cette semaine dans « Marianne » provoque l'écœurement car ce que l'on constate c'est surtout la lâcheté de certains adultes qui se cachent non derrière leur petit doigt mais derrière telle out elle excuse bidon, c'est pas de leur faute si un enfant souffre de moqueries, c'est celle des parents, de l'institution ou de l'enfant lui-même.

    Il n'est pas rare d'entendre ces adultes dire quand ils évoquent les cas de maltraitance psychologique ou de harcèlement moral que oui bien sûr, c'est mal mais que tel enfant est un peu « effémine » alors c'est logique, qu'il est trop « timide », qu'il est trop bien élevé parfois aussi.

    Et bien souvent, par lâcheté ou pour acheter la « paix sociale » car c'est plus simple les adultes préfèrent se mettre du côté des rieurs et des moqueurs plutôt que de la victime à qui l'on dira que « c'est pas méchant »...

    Quant aux pédagogistes, ou aux libertaires infantiles, ils ne comprennent finalement pas que c'est justement parce qu'il n'y a plus beaucoup de barrières dans l'éducation, qu'il n'y a plus de bornes, plus de repères que les enfants se conduisent parfois plus volontiers en boutures de miliciens en herbe qu'en enfants sages et enthousiastes d'apprendre et de progresser (un article à lire aussi sur ce sujet sur « Marianne 2 »).

    Il n'y a pas qu'au collège, au lycée ou à l'école primaire que l'on peut déplorer ces violences. Celles-ci se constatent aussi dans les "grandes" écoles, et ce dans tous les quartiers, des plus favorisés aux moins.

    Chaque année, pour rigoler grassement et intégrer les nouveaux arrivants à la classe préparatoire ou à la première année en grande école, on leur fait subir un bizutage, c'est-à-dire qu'on les humilie systématiquement afin de se venger de l'humiliation subie l'année précédente ou pour compenser une virilité défaillante. Il est de bon ton dans ces établissements de haute tenue morale et éthique (c'est eux qui le disent)  d'humilier les plus faibles, ceux qui ont un physique hors-norme et les jeunes filles bien sûr. Une fois cagoulé ou masqué, l'être humain, quel que soit son milieu social, se laisse volontiers aller à l'abjection et une jeune fille violentée pendant un bizutage c'est pareil qu'une jeune fille violentée en "tournante" dans une cave d'immeuble de cité, c'est la même violence.

    Je m'étonne toujours que les dirigeants des grandes écoles, catholiques parfois, si prompts par ailleurs à dénoncer la décadence du système éducatif, ferment les yeux là-dessus, je suis toujours effaré de ces braves petits soldats, premiers de la classe tellement dociles, prêts à se coller un sac poubelle sur le dos et vendre du papier-cul dans le métro pour le plaisir douteux de faire partie de la meute.

    f60535ce574a0121a1036bcf1a33518f.jpgGare à celui qui ne se laisse pas faire, il n'aura accès à aucun cours ou photocopies de l'année, et ceci sous l'oeil bienveillant et ému des directeurs des grands établissements préparant aux grandes écoles devant un tel esprit de corps. Car, attention, on est entre gens de même milieu, choisis et sélectionnés sur dossier, y compris dans le public où on aura la précaution de conserver deux ou trois classes "poubelles" alibis. Finalement, de la cité au beau quartier, c'est toujours la loi de la jungle, la loi du mâle alpha.

    Bien sûr, il y a des "bizutages", ils sont rares, bon enfant, comme ces étudiants en STAPS de première année qui doivent montrer leur habileté devant les amphis des universités voisines, ou ceux des Beaux Arts. Je me rappelle de cette jeune femme qui racontait son bizutage des années après en feignant d'en rigoler -jaune-, obligée de se déshabiller devant un amphi de futurs médecins, devant des amis de son mari tous rotarysés et gourmettisés qui eux, en rigolaient encore franchement et non sans élégance néanderthalienne.

    On remarquera enfin que le bizuteur adore les symboles nazis, ça le fascine, ça le rend nostalgique...

    Ci-dessous des ados vus par les pédagogistes

  • Mesurons la difficulté du métier d'enseignant en 2009 avec le Père Fouettard

    Imprimer Pin it!

    Le sketch est très, très pertinent, sur tout, voire en-deça de la vérité, en fait c'est pire je pense mais tout aussi drôle. Il manque le portable allumé constamment à la main. Ci-dessous, réactions d'ados que j'imagine lisant ce blog ! (pardon d'avance les djeuns qui lisent ce blog, mais je sais que ça vous fait rire aussi).

    Note personnelle : Suite à ma note sur le keffieh (sa signification profonde qui n'en fait pas un vêtement anodin) qu'avait lu des djeuns d'un établissement où j'officiais, à la fin de l'année j'avais eu une révolte des keffiehs, toutes les filles de la classe avaient choisi d'en mettre un pass que ce que les profs il a écrit, ça se fait trop pas !

    - Ouah, ça se fait trop pas !

    - C'est un vieux qui se fout de nous; il se prend la tetê !

    - Tu vas voir, il va critiquer le portable, quand c'était les années 60, il aurait pas voulu du téléphone !

    - Ouais, il est trop dard ce vieux !

    Rires post-pubères (voir sketch)

    - Ouais, il est sur fessebouc aussi, ça se fait trop pas pour un gars de son âge !

    - C'est comme moi, j'suis allé sur MSN , hé ben y'avait un vieux qui voulait sortir avec moi, mais je lui ai dit, moi je ne mange pas de ce pain là !

    - ???????

    - Enfin, j'veux dire, je couche pas avec les vioques, merde, quoi ! Je choisis ma life, et c'est pas mes remps (mes parents ou mes darons) qui décident. Et puis il avait un polo trop moche, c'était même pas un Lacoste.

    Le Père Fouettard

  • Les lectures du Père Fouettard - "Collèges de France" de Mara Goyet

    Imprimer Pin it!

    Le Père Fouettard ne peut pas s'en empêcher, il a des lectures très polémiques...

    Extrait de "Collèges de France" de Mara Goyet

    Portrait du prof démago
    h-3-1290838-1246436130.jpg"Le problème du prof démago, c'est souvent qu'il est chouette : il a envie de plaire à tout le monde et l'on a envie d'être son copain. Contrairement au prof élitiste, qui ne se balade jamais sans son "Budé" de Juvénal et l'œuvre complète de Chateaubriand, utilise des expressions latines, ose dire que certains élèves sont ignobles, émet l'idée qu'il y a un petit problème de niveau, se plaint de la carence d'autorité dans l'établissement - personnage qu'il est facile (trop facile) pour certains de détester -, le prof démago est désarmant. On a un mal fou à en penser du mal. Il vous renvoie même une image désastreuse de vous-même. Il vous oblige à des remises en question permanentes. On se sent rigide, strict, vieillot, distant. On a toujours l'impression de n'avoir rien compris. Il a plein d'idées chouettes, se "bouge" pour les "gosses", est au fait de la situation familiale de chacun (et c'est vrai qu'il y a souvent de quoi excuser les élèves tant c'est peu réjouissant), connaît les secrets de l'établissement, possède la clef de toutes les salles, participe à toutes les réunions, fait des projets avec la ville, le département, la région, visite tous les salons (la porte de Versailles est son royaume), dialogue avec les élèves, sait ce qu'ils pensent de vous, connaît les surnoms, les potins, parle jeune... Un peu mono, un peu GO, un peu assistant social, très pote et complice, pas mal aîné grand frère, il lui reste peu de temps pour être prof."

    Ma propre lecture du livre...

    630mara-goyet.jpgje trouve qu'il manque à ce livre une véritable réflexion de fond : sur la formation des enseignants, mais aussi de tous les personnels gravitant autour des établissements scolaires, sur leur statut, sur leur place dans la société (fortement remise en cause : fainéants, etc.), sur le rôle exact que l'on veut donner à l'éducation aujourd'hui : former des consommateurs décérébrés et passifs, ou bien des hommes et femmes responsables, sur la place de certaines matières, fortement dévaluées aussi, lettres, dont les lettres classiques, que l'on ne juge pas utile d'enseigner à certaines filières et c'est dommage, sur le statut des élèves, sur la démagogie ambiante les concernant, sur le besoin d'un renouveau d'exigence, etc.
    Ce livre est parfois dans les effets un peu facile. L'Éducation telle qu'elle se conçoit actuellement est sclérosée, il faut aller vers plus d'efficacité, sous-entendu laisser tomber les savoirs considérés comme inutiles pour la vie en entreprise, la culture en général en première ligne, appuyer sur un déterminisme social beaucoup tôt que maintenant et en fait accentuer les inégalités. Pourtant, l'école a été une chance pour beaucoup de personnes, elle peut l'être pour les populations issues de l'immigration, les plus pauvres. Elle est même à l'absurde une chance de révolte contre l'autorité, de découverte de sa propre conscience personnelle et de l'exercice de son libre-arbitre.

  • Ach, la rentrée, Gross Malheur !

    Imprimer Pin it!

    Roses-for-Stalin-by-Vladimirskij.jpgJ’aime bien ce titre, ça m’amuse, ça me rappelle Michel Serrault dans « le Viager » quand le film évoque la « drôle de Guerre ». La rentrée revient, et avec elle le mauvais temps, hier un beau ciel bleu méditerranéen qui me donne envie de suite de reprendre l’avion, aujourd’hui la flotte. Il y a des choses qui ne changent pas, à la télévision ce sera toujours aussi nul que l’on soit en vacances ou rentrés dans nos pénates. On passe de la douzaine de crétins du Loft de TF1 à la douzaine de crétins fiers de bouffer des vers géants blanchâtres et gélatineux au bout du monde (note personnelle : quand je dis « blanchâtre et gélatineux » ça m’évoque tout de suite Balladur, c’est étrange, non ?). On est fatigué de devoir causer à l’importun qui se plante devant vous en énumérant benoîtement une bonne dizaine de lieux communs météorologiques ou conjoncturels d’un air béat et content de lui : le connard que quand tu le croises dans la rue, tu cherches tout de suite à l’éviter mais il finit tout de suite par te mettre quand même le grappin dessus. Tu crois qu’il passe sans te voir mais il s’arrête net quand tu t’arrêtes (je ne suis pas asocial et caustique pour un rond, je vous défend de vous moquer, mais c’est assez pénible).

    9783822826195_2.jpgMaisbon, comme on dit maintenant, c’est la vie, il faut retourner gagner son pain à la sueur de son front, se lever aux aurores alors que le coq n’a même pas chanté (le fainéant est encore au pieu), Minet n’a même pas montré son potron, et aller prendre les transports en commun, du moins si l’on est un type concerné par la pollution, l’écologie, le commerce équitable et tout le toutim, ce qui est bien sûr mon cas : je regarde toujours si des chtits n’enfants n’africains ont été exploités gentiment ou pas gentiment, payés ou pas payés quand j’achète du café ou une bouteille de « Mort Subite » (des mauvaises langues prétendent qu’on la fabrique en faisant flotter des nourrissons dans du houblon ce qui lui donne son incomparable douceur). Vous n’allez pas me croire mais je ne mens pas, j’ai été réveillé cette nuit par des chauve-souris piaillant devant mes fenêtres, accrochées aux poutres de l’espèce de grange qui jouxte mon immense propriété (je l’avais dit, ça vous fait rire, mais vous avez tort car c’est vrai, juré, craché). Je leur ai jeté un morceau du militant UMP que je gardai pour les mauvais jours dans mon grenier (il faut dire que c’est nourrissant ce truc mais pas très digeste), elles lui ont sucé son sang et sont allé soutenir Luc Châtel dans un supermarché (Là, j’avoue, ce n’est pas vrai, comment aviez-vous deviné ? Vous êtes d’une perspicacité sans pareil).

    en photos, de jeunes écoliers pendant une leçon de choses avec leur gentil maître qui aiment les roses, et en-dessous de jeunes lycéennes allant au-devant de la vague de la rentrée.

  • Le piège de la burqua - réponse à une lectrice

    Imprimer Pin it!

    hijab%20france.jpgJ'ai rencontré dans la rue une lectrice qui m'a parlé de mes notes sur la burqa ou le niqab. Elle me reprochait de ne pas voir que derrière ce problème il y a des personnes, des femmes qui font le choix de mettre le voile. J'étais bien embêté car je m'aperçois que les mots frappent beaucoup plus fort parfois qu'on ne le voudrait. Et puis j'étais content et flatté de provoquer au moins le débat et une discussion qui est toujours plus enrichissante « ad hominem » que sur Internet où elle a tendance à vite se radicaliser. Peut-être diront les esprits raisonnables, cela devrait me pousser à mettre de l'eau dans mon vin, il ne saurait bien sûr en être question.

    Comme je lui ai dit, ce n'est pas tant le voile ou les traditions la question mais que c'est finalement une sorte de piège tendu à ces femmes afin de les rejeter en dehors de la communauté nationale. La communauté ce n'est pas le groupe ou la tribu à laquelle on appartient, ni même un groupe statistique, mais la nation française. Elle est mise à mal depuis longtemps par justement le communautarisme qui voudrait que l'on vive tous chacun dans son coin, avec ses propres habitudes intellectuelles, croyances et mode de vie. Je suis toujours frappé que cela fait vingt-cinq ans que les choses empirent, à cause de la gauche et de la droite en même temps, je me rappelle de mes années de collège où l'origine des uns ou des autres n'était même pas une question ou un problème tout comme leur couleur de peau.

    Elles n'ont pas à l'être. Point.

    En discutant avec cette lectrice, je me suis aperçu également que les mots « intégration », « assimilation » ou autres sont des idioties, si on pose la question de l'intégration ou de l'assimilation c'est que finalement on n'en veut pas, ou que l'on s'en fout comme ces édiles municipales qui font tout pour rejeter les minorités en périphéries, que ce soit les minorités ethniques, religieuses, ou sociales. Cela m'a aussi confirmé dans l'idée que la laïcité française dans son état actuel est une plaisanterie, une farce, car elle n'existe plus depuis longtemps et se fonde surtout sur le rejet de la foi en général et d'une en particulier à l'origine, et que parfois une supposée tolérance est surtout engendrée par le racisme et la xénophobie.

    Cependant, je ne suis pas d'accord sur une chose, toute tradition (il y a des traditions très neuves comme celle du voile justement) ou habitude n'est pas respectable parce que l'on a envie de la pratiquer. Ce serait également une déviation de la foi ou de la spiritualité dont on se réclame. Par contre, je la rejoins complètement sur un point, on devrait beaucoup plus discuter avec ces jeunes femmes qui mettent le voile de leur choix, en discuter avec elles et non les traiter comme des sujets de laboratoire.

  • Neuf ans d'ancienneté = zéro expérience : un cas présenté par le Père Fouettard

    Imprimer Pin it!

    tableau_noir.jpgUn précaire enseignant, non titulaire donc, remplaçant depuis neuf ans, reçoit hier une lettre de son autorité de tutelle lui signifiant que comme il ne relève pas du ministère concerné et encore moins du corps des fonctionnaires, il n'est pas apte à candidater à un concours qui ne demandait aucune condition de statut.

    Il a pris tous les contrats, que ce soit près de chez lui ou à "Pétaouschnok", a passé les concours, dans sa matière c'est fermé depuis trois ans, mais il essaie de se requalifier quand même.

    C'est peine perdue, il se heurte à un mur d'incompréhension totale car même les personnes censées le défendre lui opposent les mêmes arguments que son autorité de tutelle.

    Ce sont donc des clowns grotesques en somme. Ne pleurez pas si l'Éducation Nationale s'effondre, par votre faute.

    Vous parlez de Sarkozy, vous vous opposez à la loi sur les universités, très bien, commencez donc par le statut des précaires, chers amis de gôche et les autres. L'abstention diminuera très vite et il y aura des gens pour voter pour vous.

  • Le jour de la grande assemblée à l'école de Poudlard – le sort de la « réunionnita pénibila »

    Imprimer Pin it!

    harry-potter-5.jpgLes sorciers ne se réunissaient pas souvent du temps de Dumbledore qui avait en horreur les interminables palabres, ces discussions qui ne servaient qu'à mettre en valeur l'orgueil de tel ou ou tel enseignant de l'école de magie, et parler sans fin comme si ils avaient été frappés par le mauvais sort de la « grande parlotte infernale », engendré par la magie de « celui dont on ne prononce pas le nom ».

    Le nouveau directeur était un grand homme au teint pâle, aux sourcils marqués dissimulés par l'ombre du grand chapeau de sorcier, il avait des yeux de loup-garou, il aimait beaucoup parler quant à lui aussi. Il arrivait que ses yeux s'éclairassent d'une lueur diabolique. Harry s'en méfiait. Il était assis à sa droite, attendant Hermione et Ron, les trois amis étant les représentants des élèves. Hermione surgit brusquement d'une des grandes portes, et Ron arriva bien sûr en retard.

    *

    A l'assemblée, il y avait les professeurs de formules magiques, celle chargée des soins à apporter en cas de blessures, qui cachait à grand-peine son ignorance en matière de blessure à l'âme, les professeurs de vol sur balai, la bonne fée un peu décatie chargée de la chorale, celle de traçage de pentacles à la craie, celui qui transmettait les langues étranges du pays des feuilles séchées, l'autre qui partageait son savoir des sabirs gutturaux des trolls amateurs de charcuterie et de bière, les gardiens du soir et du jour de Serpentard et Gryffindor, l'un d'eux, arrivée depuis peu pour garder Serpentard, portait un badge proclamant : « Non à la molduphobie », ce qui était hypocrite de sa part car elle n'en fréquentait aucun, et avait toujours une réaction de recul quand elle croisait par hasard Harry, qui était à moitié moldu, dans les couloirs, et le nouveau professeur de grimoires, celui qui avait dit s'appeler Smallbarrick, un personnage rondouillard et sympathique mais au regard toujours inquiet.

    Les trois jeunes amis aimaient bien Smallbarrick mais ils ne comprenaient pas sa perpétuelle inquiétude, qui confinait souvent à l'angoisse, son manque de confiance en lui quant à ses capacités magiques, alors qu'il réalisait pourtant de magnifiques grimoires. Il avait été sauvé par Harry de la possession diabolique de Voldemort il y avait quelques temps déjà. Les autres nouveaux professeurs de Poudlard évitaient soigneusement de lui adresser la parole, ils considéraient souvent son ventre proéminent avec un mépris qu'ils ne cherchaient même pas à dissimuler. Pourtant Smallbarrick était toujours avenant, agréable, d'abord facile et prêt à rendre service. Il y avait là-dessous un grand mystère.

    *

    Le nouveau directeur commença son discours avec emphase, il félicita chacun des nouveaux professeurs qui étaient tous arrivés peu après sa venue et soumit à l'appréciation des enseignants les propositions faites par les trois amis et les autres élèves. Elles furent toutes rejetées avec violence, du moins ils voulaient bien les appliquer mais condition d'être largement rétribués en diamants, pierres précieuses et livres de magie rares. Quand l'un d'eux s'exprimait c'était pour flatter le nouveau directeur ou un autre parmi eux. Le remplaçant de Dumbledore eut comme un sourire de triomphe, ses yeux s'éclairèrent d'une lueur jaunâtre et il sembla à Harry que des poils commençaient à lui pousser sur ses oreilles qui s'allongeaient et s'effilaient, comme celles d'un chien...

    ...ou d'un loup-garou.

    Arrivé aux propositions concernant Smallbarrick, il ricana doucement et annonça que cela ne servait à rien d'en parler puisqu'il avait prévu de diminuer largement le rôle du professeur de grimoires à la prochaine rentrée. Regardant Ron, Harry, et Hermione, qui lui sourirent, Smallbarrick prit son courage à deux mains et s'insurgea contre le traitement hautain dont il était la victime, gardant son sang-froid mais sa voix trahissant bien malgré lui certainement son émotion et sa colère. On vit alors nettement que le nouveau directeur n'arrivait plus à cacher les transformations que sa fureur devant la résistance de Smallbarrick provoquaient, il grondait, bavait, éructait, tout comme tous les nouveaux enseignants de Poudlard.

    Les trois jeunes sorciers et Smallbarrick reculaient prudemment vers la porte de sortie, effrayés devant le spectacle horrible de la douzaine de lycanthropes qui avançaient lentement vers eux leurs horribles gueules grandes ouvertes prêts à les tailler en pièces. C'était tous des créatures de Voldemort.

    Cette révélation causa des sueurs froides à Harry, ainsi il ne serait donc jamais libéré, devant sans cesse protéger ceux qu'il aimait, sans être certain qu'il serait là à chaque fois. Ils avaient tous volontairement subi le sort de la « réunionnita pénibila », un sort extrêmement dangereux et maléfique qui fait de ses victimes des créatures de la nuit.

    Harry, Ron et Hermione levèrent leurs baguettes et prononcèrent la formule contenue dans un des splendides grimoires de Smallbarrick : « La bêtise ne peut être vaincue tout à fait, seul un trait d'argent en libère ». Un rayon d'un blanc éclatant jaillit des trois baguettes à la fois et frappa le loup-garou qui avait été le nouveau directeur en plein coeur. Il fut réduit en poussière ainsi que ses comparses. Mais Voldemort restait à vaincre, lui qui restait encore caché dans son palais immense et sombre.

  • Où est passé "la journée de la jupe" ?

    Imprimer Pin it!

    la-journee-de-la-jupe_487.jpg"La journée de la jupe" est sortie dans 53 salles en France, confidentiellement donc, et ce malgré un succès considérable lors de sa première diffusion en "prime time", les rediffusions prévues sur Arte un peu plus tard ont été annulées. Il y a des vérités qui ne sont pas bonnes à dire. Pourtant, son interprète principale était considérée jusque là comme parfaitement dans la ligne qu'il faut. Sur le "café pédagogique" j'ai lu des réactions d'enseignants et de personnels de l'Éducation peu contrastées et surtout indignées : les personnes sont choquées que les filles musulmanes soient montrées comme des victimes, ce qu'elles sont souvent pourtant, tout comme les filles d'autres confessions, que l'on montre un caïd d'origine africaine (ils se fixent sur ce personnage alors qu'un autre des caïds est un petit français blanc, bien blanc, voire même un peu pâlot), que l'on parle de la lâcheté ordinaire (dont ils se plaignent par ailleurs) ou de l'hypocrisie des réactions, (voir celles de M.A.M après les émeutes de Strasbourg). On parle du film avec des pincettes, on l'accuse presque de racisme, plusieurs programmateurs de cinéma l'oublient curieusement quand dans leur clientèle il y a des gamins de cités. Étrangement, d'ailleurs, il semble que l'on peut être choqué par le film, réclamer plus de justice sociale et bizarrement mettre ses gosses dans des bonnes écoles quitte à cirer les pompes des uns ou des autres.

    Ils prétendent souvent que c'est parce que le film est d'abord passé à la télévision, c'est de très mauvaise foi bien entendu quand on se rappelle des premiers films de Laurent Cantet, présentés d'abord sur Arte eux aussi, ou d'autres films d'abord passés sur Canal + avant de connaître les honneurs des salles obscures. On préfèrerait le joli petit conte comme "Entre les murs" tout à la gloire de son initiateur. Contrairement à ce qu'affirme le Monde, le film a du succès puisque dans 53 salles il a fait 40000 entrées soit un peu plus de 750 spectateurs par salle. Ce film a un regard franc et sans concessions sur les problèmes des banlieues, présentant tout les cas de figures. Il a ce courage de prendre le problème à bras le corps même si cinématographiquement ce n'est pas excellent, c'est du théâtre filmé. Mais il provoque des débats qui seraient peut-être salutaires, à moins bien sûr que nos responsables politiques s'en foutent finalement de ces problèmes évoqués ?

  • Vive "la journée de la jupe " !

    Imprimer Pin it!

    f9bb9460-1556-11de-b069-ff05ab5472f1.jpgJe vais être direct, même si ce n'est pas un chef d'oeuvre (bien sûr) ce film fait un bien fou. Enfin ! Enfin quelqu'un qui n'aligne pas les clichés mièvres à la file sur la banlieue comme un philosophe de comptoir enfile les perles. Enfin un film sans bons sentiments et clichés larmoyants !

    Sonia Bergerac est prof dans un collège difficile (Adjani excellente dans son rôle, plus que depuis des années, je trouve qu'elle n'a pas été aussi bonne depuis longtemps). Un jour, un flingue tombe du sac d'une petite crapule, à bout de nerfs, elle craque et ramasse l'arme qu'elle braque sur les élèves. Dans un magasine culturel de bon ton, il vaut mieux avoir sa carte de chrétien de gauche pour le lire et supporter, on trouve ça irréaliste : un gamin ne peut pas avoir un flingue et une prof ne peut pas craquer comme ça. Les gamins réagissent tous différement, les filles disent ce qu'elles ont sur le coeur petit à petit, les insultes quand elles osent être un peu féminines, les saloperies qu'elles supportent de la part de connards arrogants. Un des garçons, plus timide, moins violent, se révolte contre la violence également. Il est à noter que les adolescents sont également excellents. A l'extérieur, chacun réagit à son échelle, ce qui domine étant la lâcheté, l'aveuglement et la bêtise. Les parents de Sonia essaient de la raisonner, les élèves découvrent alors qu'elle est d'origine algérienne (Comme Isabelle Yasmine Adjani), mais qu'elle a choisi un mode de vie trop libre aux yeux de sa famille qui l'a rejeté. Cela aurait tout changé pour eux mais pour Sonia c'est encore de trop, car elle voulait simplement vivre librement libérée de la connerie. Mais ce n'est plus possible.

    1108717642.jpgOn n'est pas dans la mièvrerie de "L'esquive", ce n'est pas une sorte de docu-fiction mais pas tant fiction mais pas tant documentaire que ça comme "Entre les murs", qui est finalement un long clip à la gloire d'un saint laïc ou qui du moins croit l'être, Bégaudeau. Dans "la journée de la jupe", on parle de tout : l'ignorance, l'hypocrisie, la lâcheté de ceux qui achètent la paix sociale dans les cités par la démagogie, l'intégrisme religieux entraîné par la méconnaissance de ses propres origines, les gamins se comportant en miliciens glaçants, les profs qui craquent, qui abandonnent les principes de l'éducation, qui se laissent mener, qui ne comprennent rien. Il y a les flics copains, les flics qui veulent tout faire péter, les racistes qui ne veulent pas entendre parler d'aide aux pauvres, les jeunes trouillards, les vieux qui veulent encore en découdre, ceux qui jouent l'écoute et sont collés aux stéréotypes, les parents qui ne veulent pas voir le réel, les parents qui se raccrochent à des traditions stupides par peur de perdre leur âme, le racisme, ou plutôt les racismes, tous les racismes bien sûr et pas seulement celui des blancs.Ce film montre l'influence profonde de la téléréalité, de l'obsession de la célébrité à tout prix qui n'est pas un truc drôlement coool à la Warhol, montre qu'il n'y a plus que ça, et que la culture est de plus en plus réservée aux plus favorisés.

    Ce film renvoie dans les cordes les idéologues, qui ne veulent pas voir le réel, les nostalgiques de l'ancienne école qui n'était pas mieux, les politiques qui sont dans la négation totale de la réalité, qui méprisent le terrain, qui ne veulent rien entendre : les tournantes, les caïds qui tiennent en coupe réglée leur territoire, les armes, la sottise, la sottise et encore elle. Et à la fin le tout finit par une tragédie. Ce film est vrai, car un jour, j'en témoigne, un prof peut avoir envie de pèter un câble devant l'ignorance crasse assumée, la violence, la lâcheté des nantis, et leur hypocrisie enrobée de bons sentiments.

    Et puis j'aime toujours autant l'émotivité d'Adjani, sa sensiblité à fleur de peau qui quand elle est aussi bien canalisée est étonnante. J'y retrouve toute la sensibilité dont sont capables ces peuples de ces régions du monde qui sont pour moi définitivement des terres saintes...

  • Les sombres souvenirs d'enfance de Carlos Gimenez

    Imprimer Pin it!

    « Paracuellos » de Carlos Gimenez

    carlos_gimenez.jpgGimenez était l'auteur dans les années 70 de bandes dessinées psychédéliques de Science-Fiction puis ensuite d'albums plus adultes, plus « almodovariens », sur la vie sexuelle des madrilènes avant, pendant et après Franco. Gimenez a un humour absurde et un sens profond de la caricature et de la dérision. Il semble qu'il ait acquis tout cela en réaction à son enfance passée dans une institution pour enfants pauvres et pour orphelins aux temps les plus durs du franquisme. Certains diraient que c'est seulement la faute du franquisme, c'est un peu facile, sous nos cieux républicains et démocrates, les choses ne se passaient et ne se passent pas beaucoup mieux pour les gosses les moins gâtés par la vie (et qui sont toujours autant méprisés). Il a commencé par dessiner des tranches de vie de cette période par désir de catharsis en les traitant avec un humour distancié et très caustique, surtout envers les adultes responsables de ces horreurs, en procédant deux pages par deux pages, en parlant surtout de lui au départ puis en consacrant au fur et à mesure les autres histoires à ses camarades, chacune portant le nom d'un des enfants. Ces histoires sont aujourd'hui réunis en un recueil de 299 pages.

    Les esprits chagrins trouveront ça un peu larmoyant, et pleurnichard, tout ce qui parle de la souffrance des plus petits, en particulier des gosses, leur paraissant à chaque fois insupportable car la compassion est perçue comme une faiblesse et parce que la souffrance fait tout simplement peur. J'ose espérer que c'est seulement de la pudeur de leur part. On ne veut pas la voir, surtout quand elle ne concerne pas son nombril, encore moins quand il s'agit d'enfants maltraités. L'institution est tenue par un prêtre qui en est le directeur, un imbécile dur et sans pitié, pontifiant et pétri de certitudes absurdes sur l'éducation. Il est secondé par une gouvernante, une vieille fille revêche et perverse, une brute décervelée, également phalangiste, et une infirmière cacochyme. Et « Paracuellos de Jamara » est le nom de l'endroit. Le style de Gimenez est relativement éloigné de « Cria Cuevos » et plutôt à rapprocher du cinéma italien, et pas seulement celui qui parle beaucoup de l'enfance, comme les films de Luigi Commencini. On songe aussi parfois aux premiers films de Fellini. Plus tard, il apparaît que Guillermo del Toro s'est inspiré de « Paracuellos » pour « L'échine du diable » mais aussi pour « Le Labyrinthe de Pan ».

    Je me demande toujours si le directeur et le personnel de cette institution prétendument fervents catholiques, ou d'autres au Brésil pour qui le viol et l'inceste ne méritent pas l'anathème, pour le reste (l'avortement) je n'en discuterais pas (on saisira l'allusion), se rappelaient ou se rappellent de ce que dit le Christ dans l'Évangile du sort réservé à ceux qui font du mal aux plus faibles, il eût mieux valu pour eux qu'ils ne voient jamais le jour). C'est toujours également un peu la même chose quand un type se prétendant providentiel, que ce soit un petit gros général, un barbichu ancien journaliste, un adepte de Georges Sorel et des mouvements de menton, un peintre raté ou un ancien séminariste presque russe, il veut faire le bonheur du peuple malgré lui, selon bien sûr sa propre conception du bonheur dont les défenseurs encore maintenant sont comme autant de fanatiques illuminés et aveuglés par leur ferveur. Ce sont toujours les enfants qui subissent en premier les conséquences de leur sottise...

    ParacuellosPlanche.jpg

  • Rencontrer les personnages des livres de son enfance

    Imprimer Pin it!

    51XF1KK8EFL._SL500_AA240_.jpgOn cherche souvent des drames affreux, des mélos atroces derrière les situations, on s'imagine un secret terrible et puis quand on comprend, on se dit : "Ce n'était que ça finalement". Je vois cet homme, la quarantaine, qui parle désir, passion, amour, qui s'imagine vivre des sentiments comme un roman  pour finir par s'apercevoir que si il a tellement d'attirance pour une femme c'est parce qu'elle ressemble presque exactement à Claude du "Club des cinq" dans les illustrations des romans homonymes des années 70 par Jean Sidobre. On se disait qu'il y avait un secret avec les filles, on aurait bien rencontré des filles comme Claude, toujours à l'aventure avec son chien, garçon manqué mais féminine, casse-cou et coquette. Et toute cette comédie, c'était ça, réaliser son fantasme d'embrasser un personnage de fiction confondu avec une personne bien réelle. Ce que l'on sentait dans les illustrations, c'était comme un trouble diffus, quelque chose de caché mais mal, pas entièrement, et effectivement, Jean Sidobre illustrait aussi des albums "pour adultes" ce qui transparaissait dans ses dessins pour enfants, ce qui dans la décennie pré-cité ne choquait personne, bien au contraire à la rigueur. Il s'était dit en la rencontrant qu'il l'avait déjà vue quelque part, comme tout le monde le croit en tombant amoureux, et c'était dans un livre. Mais cela il le comprend bien plus tard...Trop tard.

  • Les littéraires au pouvoir !

    Imprimer Pin it!

    ecrire.jpgDepuis quelques décennies, disons que ça commence avec le positivisme, le raisonnement mathématique est favorisé à très haut degré par l'école et la société. Cela s'est accèlèré un peu plus encore depuis quarante ans, et curieusement depuis que les théoriciens de "Maissoissantuite" ont pris le pouvoir dans le monde de l'éducation (ils y sont toujours, passant du col Mao au "bling-bling" sarkozyste sans problèmes), se basant sur une idée "pratique" de l'éducation qui fait l'on ne devrait apprendre que ce qui est utile ou ce qui paraît utile, oubliant que la civilisation n'est pas dans l'utilitaire mais dans le superflu.

    louis-ferdinand-celine-a-meudon.jpgC'est aussi dû à la haine de ce que l'on appelait pendant les années 70 les "humanités bourgeoises". On fabrique donc dans l'inconscience et la bonne humeur, et la bonne conscience, des générations d'incultes, d'ignares fiers de l'être, de crétins obéissants dont l'univers se résume à leur nombril. Le littéraire n'a pas droit de cité, y compris dans les filières dites littéraires, il est pris pour un doux illuminé, un naïf, un type ou une fille déraisonnable. Il s'étonne que les gens si raisonnables, à l'esprit mathématique si bien cadré, ne s'émeuvent guère de l'injustice ou de la folie qui s'est emparée du système, on lui dit qu'il n'y comprend rien, qu'il n'y connaît rien et qu'il faut laisser dire et réfléchir les gens sérieux même si ce sont eux qui nous ont conduit à la ruine. Pourtant, le littéraire voit bien que la démocratie est de plus en plus une farce, il voit bien le soulagement du troupeau bêlant de s'en remettre de plus en plus au bon vouloir des gouvernants, considérant que la contradiction est une folie.

    imprimerie-gutemberg.jpgJe pense en particulier à cette militante clamant à la télévision, au salon de l'Agriculture, qu'elle ne se rappelle pas ce que dit le nabot l'an dernier au même endroit, parce que "elle elle ne voit que l'avenir, le futur" (le journaliste aurait dû faire un test, la traiter de connasse et voir si elle s'en souvient ou pas dix secondes après). Je songe aussi à Stéphane Guillon qui a balancé quelques vannes, pourtant pas trop méchantes, sur DSK, après tout ce monsieur avec tout ces titres est un adulte majeur et responsable de ses actes publiquement ayant justement un mandat public, et se fait étriller pour cette raison par quelques journalistes, auditeurs mécontents, et même dans "Marianne". Ce n'est même plus le sens de la contradiction qui est remis en cause mais l'esprit d'analyse dont le littéraire est capable de faire preuve. Un littéraire se demande pourquoi quelque chose se passe d'une manière et pas d'une autre, il demandera pourquoi une formule mathématique ou scientifique permet d'obtenir tel résultat, il ne voit pas pourquoi il les appliquerait les yeux fermés. Finalement, on lui reproche de ne pas être docile.

    Proust.jpgCela développe enfin en l'induisant une littérature parfaitement anodine, ou basée uniquement sur l'ego de l'auteur qui fait sa thérapie en écrivant ses livres, nous bassinant avec ses états d'âme (voir Angot) sur sa vie quotidienne totalement intéressante mais qui "parle" selon le terme admis au lecteur qui veut de toutes façons qu'on ne lui parle que de lui, et qui est "tellement simple et tellement authentique" selon également les termes consacrés : dire qu'on aime la soupe "poireaux-pommes de terres" et qu'on lit les magasines féminins et que l'on en rit parce que l'on n'est pas prétentieuse, hein, je pense à Anna Gavalda, etc... ça fait tellement proche d'une authenticité de bazar qui semble tout droit sortie du cerveau d'un créatif de pub. Ou alors, quand on a quelques bribes, quelques restes, on nous casse les pieds avec le "Nouveau Roman" dont l'originalité consista à faire de la banalité le thème principal de la littérature, surtout évacuer l'imagination et tout ce qui s'y rattache, ou, horreur, le style qui fait prétentieux selon les lieux communs contemporains.

    ayme.jpgJ'aime bien que Proust se laisse aller à décrire sur quinze pages tout ce que lui évoque le parfum d'une rose ou bien la vierge de la cathédrale d'Amiens, et qu'il prenne son temps, atteignant un degré de raffinement que l'on aimerait bien retrouver ne fût-ce qu'un tout petit peu. Bien sûr, en 2009, les imbéciles ne verront qu'en Proust un homosexuel hyper-mondain et cancanier qui ragote sur les puissants et les riches, oubliant l'essence même de "la Recherche du Temps perdu", les mêmes ne verront qu'en Céline le misanthrope fêlé, le fou antisémite, jusqu'au délire morbide, oubliant ce qu'il a inventé et apporté au monde et à sa compréhension avec un seul livre qui est "le Voyage...". J'en ai pour ma part plus qu'assez de voir à la télévision, de lire dans les journaux, des critiques qui la plupart du temps ne connaissent l'oeuvre de l'auteur dont ils parlent que par oui-dires ou clichés faciles (Bernanos=guerre d'Espagne, Aragon=communisme etc...). Et enfin je redis toute ma tendresse pour Marcel Aymé capable de signifier toute la bêtise des hommes mais aussi l'amour qu'il leur porte quand même en quelques pages dans des petites histoires semblant si légères alors qu'elles vont au fond des choses l'air de rien tout comme Vialatte dont je découvre le "Bestiaire" en ce moment.

    photos : Condorcet, Céline à Meudon, Gutemberg, Proust, et la statue de Marcel Aymé rue de Norvins, loin des touristes et autre plaie d'Egypte.

  • Foutus profs précaires !

    Imprimer Pin it!

    Lu ça sur un tract d'un syndicat enseignant (le SNES) cette phrase qui m'a fait bouillir :

    classe1.jpg"L'emploi de nombreux vacataires et contractuels entraînera une baisse de qualité de l'enseignement".

    C'est ce que pense en fait la plupart des collègues certifiés (qui ont le CAPES) et agrégés sans trop le dire jusque là, qui sont également persuadés que leurs concours leurs donneraient plus de compétence.

    Je trouve ça rigolo vraiment.

    De par mon expérience de contractuel justement (professeur remplaçant non-titulaire pendant huit ans), j'ai souvent constaté :

    - que les contractuels s'adaptent plus vite à une équipe

    - prennent les élèves plus rapidement en charge

    - et ont l'habitude de préparer des cours avec méthode et précision plus rapidement que les collègues titulaires.

    Donc sont au moins aussi compétents voire plus de par leur expérience dont leur employeur, l'Éducation Nationale, ne tient aucun compte ni quant à leur salaire ou leur carrière.

    Et sont méprisés par les autres professeurs qui ne les considèrent que rarement comme de vrais professeurs (malgré leurs dénégations souvent -comment dire- faux-culs ?)

    Par contre, j'ai vu un grand nombre de collègues néo-titulaires sortant de l'IUFM très forts sur les cours et le vocabulaire de didactique mais incapable de tenir une classe ou...d'enseigner.