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docilité

  • Peut-on se passer de littérature ?

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    "Mais, sous la surface, traversant l'indifférence, un nouveau système est né. S'endurcir. Rejeter le romantisme."

    Rimbaud (Arthur)

    other03.jpgLa littérature ça ne sert à rien, c'est un divertissement, c'est frivole, et sans importance.

    C'est un truc d'adultes infantiles, qui ne sont pas vraiment sortis de leur puberté, soumis au complexe de « Peter Pan ». Les adeptes du tout économique détestent la littérature car elle fait perdre du temps à l'individu, le rend moins performant et le fait réfléchir et sur sa condition, et sur sa consommation. Du coup, il achète moins et se rend compte que changer de « portable » toutes les deux semaines, parce que la pub et les médias lui intiment de le faire, c'est stupide. C'est très mauvais pour le business. Bien évidemment, les torchons qui parlent de cul, de coucheries diverses, qui balancent des noms de pipeaules, les insanités qui se prétendent politiquement incorrectes alors qu'elles sont justes amorales, ou xénophobes, ou racialistes, c'est parfait parce que ça, par contre, ça fait marcher la boutique. Il est parfois les littérateurs eux-mêmes pour prétendre à l'inutilité de la littérature, tels les promoteurs du grisailleux Nouveau Roman, certains parmi eu n'ayant pu s'empêcher malgré tout et malgré eux d'avoir du talent.

    Les pubards adorent ça. Là, ils peuvent déterminer un coeur de cible : du bourgeois libéral-libertaire qui a aménagé son loft au faubourg Saint Antoine à l'électeur UMP serreur de fesses effaré quand il regarde la télé et toutes les incivilités (à lui on lui vendra de la guerre de civilisations, de l'affrontement ethnique, des barbares à nos portes).

    Ceux qui ont une idéologie à vendre, une doctrine censé remettre tout le bazar laissé par l'humanité en place, régler tous les problèmes et rendre les chtits n'enfants heureux, n'aiment pas non plus la littérature, ou alors si l'engagée, ils aiment bien, pour eux si la littérature ne l'est pas elle n'a aucune utilité sociale. Il faut que la littérature démontre, soit exemplariste. Ce qui est étrange est qu'ils haïssent les livres et les auteurs qu'ils voient comme inutiles mais en parlent souvent, très souvent. Et d'aventure, si les disciples du tout économique ou les bons apôtres de quelque doctrine fumeuse réussissent à imposer leurs vues, la première chose à laquelle ils s'en prennent c'est justement la littérature : par la censure plus ou moins larvée, par le bourrage des crânes du troupeau docile, qui est ravi de ne plus avoir à penser par lui-même (c'est fatigant) et l'endoctrinement, au pire ils brûlent les livres en autodafés publics. C'est donc plutôt contradictoire.

    Pourtant les uns comme les autres ont largement pénétré le milieu littéraire depuis longtemps y imposant leur réseau, je parle à droite et à gauche, de l'antifâchisme de gôche à l'anti-boboisme de droâte. On place les copains, copines, la nièce de l'un, la tante de l'autre, le cousin machin ou l'oncle. Ainsi, ils restent entre eux, dans une consanguinité intellectuelle et matérielle de bon aloi. C'est du social en circuit fermé ce qui est pratique.

    Ils restent en famille.

    On peut donc très bien se passer de lire, ce sera plus facile pour rester docile.

    Bien sûr, il sera beaucoup plus délicat de s'élever un peu ensuite...