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  • Ce que révèle l'affaire Tristane Banon sur la France actuelle...

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    débat animé en perspective sur Agoravox

     Ce n'est pas que je sois vraiment un fan de Berlusconi, qui gouverne l'Italie en s'appuyant sur des méthodes éprouvées par divers syndicats officieux, financiers ou criminels, et parfaitement sans scrupules. Mais je suis toujours surpris depuis quelques semaines d'entendre les militants de gauche, les hommes et les femmes politiques émettre un avis outré quand ils parlent des soirées « bunga, bunga » du président du conseil italien.

    photo ci-dessous prise ici

    e538c016-b177-11e0-b563-e77537dce5e6.jpgDans son cas, ce n'est donc pas la marque d'une personnalité séductrice qui aime les femmes ?

    Comme pour DSK ?

    Alors que c'est exactement le même comportement avec les femmes ?

    Je soutiens donc totalement par ce texte Tristane Banon et Anne Mansouret qui subissent depuis quelques temps un flot de boue qu'elles reçoivent en pleine figure, un flot de boue dont on leur impute en plus la responsabilité comme on le constate en écoutant les propos des uns et des autres, dans les journaux « people » (il faut voir les couvertures serviles concernant Anne Sinclair et son mari), dans la rue, sur le net, parmi les politiques, dont un candidat à la primaire qui a un nom de pays aux fromages insipides se conduisant mais ce n'est pas le seul en jésuite :

    « Qui, moi ? Non, je n'étais pas au courant », je ne savais rien. »

    A qui veut-il faire croire ça ?

    Je pense aussi à Aurélie Filipetti qui aura gardé les faits enfouis pendant huit ans, car si on est de gauche et écologiste, féministe et pour la libération des mœurs, il n'en reste pas moins que l'on est ambitieuse et que l'on aime bien les ors de la République quitte pour cela à ne pas aider une victime d'agression sexuelle.

    Et qu'au fond, on se conduit comme dans les familles dites bourgeoises avant, on étouffe le scandale, surtout pas de scandale, pas de vagues.

    En cas d'affaires de mœurs, c'est il est vrai toujours les mêmes comportements que l'on remarque quel que soit le milieu, le contexte, la hauteur du statut social de celui qui s'est conduit en porc.

    Si la femme se fait agresser, c'est que quelque part, elle l'a bien voulu, il y a toujours ce soupçon.

    Et je ne parle pas des affaires de pédophilie, soigneusement étouffées, et là aussi c'est contradictoire. Car ceux qui la pratiquent affichent des opinions très libérales sur leurs pratiques sexuelles, en quoi cela les gênent-ils si ce n'est plus un tabou ? Serait-ce donc qu'ils restent au fond hypocrites ?

    Rien ne change, c'est exactement comme du temps où les notables engrossaient la bonne qu'ils viraient quand même quelques mois plus tard pour immoralité.

    On se conduit bien docilement afin que rien ne puisse atteindre les caciques du parti. Il n'y a plus de souci du sort des précaires, dont les femmes de ménage, il n'y a plus de souci des sans-papiers, comme l'a été Nafissatou Diallo, il n'y a plus que des bourgeois qui veulent que l'on étouffe leurs turpitudes morales car ils restent au fond des puritains.

    L'affaire DSK a au moins un mérite, elle révèle un peu plus chaque l'ignominie de politiques qui jouent les belles consciences alors que ce ne sont que des privilégiés qui défendent leurs privilèges, elle révèle également l'ignominie d'une grande partie des citoyens français, égarés par trente ans de sottises idéologiques hypocrites serinés sur tout les tons, persuadés qu'il est normal qu'un type qui a du pouvoir, de l'argent et des réseaux se conduise en pauvre type au fond, qui ne sait pas se contrôler, en queutard qui saute sur tout ce qui se bouge.

    On ne voit pas trop maintenant l'intérêt que Tristane Banon ou Anne Mansouret pourrait maintenant en retirer, contrairement à ce qui leur est maintenant reproché. Elles n'ont rien à y gagner. On ne voit pas trop non plus pourquoi elles feraient partie d'une espèce de complot car elles n'en tirent aucun bénéfice.

    Et ce que l'affaire DSK révèle aussi c'est surtout, d'abord et avant tout l'état de décrépitude déplorable des valeurs ayant cours en France, pays devenu une « société de porcs » (selon le terme de Gilles Châtelet, et aussi, de Léon Bloy).

  • L'inquiétante crise de l'Euro

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    en débat sur Agoravox

     Ce qui inquiète vraiment en ce moment du point de vue politique, ce qui interpelle « quelque part » comme dirait l'autre, ce n'est pas l'Affaire DSK, ce n'est pas les coups médiatiques des uns et des autres, les vilaines rumeurs, vraies ou fausses, le bébé de Carla ou la podophilie de Georges Tron.

    photo du Parlement Européen de Strasbourg ci-dessous prise ici

    54624_960_une_flotte_d_ipad_au_parlement_europeen.jpgTout cela c'est du badinage au bout du compte, celui-ci ayant au moins l'intérêt de montrer la connivence extrêmement importante existant entre la plupart des politiques et le monde médiatique, et également l'hypocrisie de beaucoup de soutiens de gauche de DSK.

    Cela prouve aussi que le débat politique est en bonne santé malgré tout en France.

    Ce qui inquiète vraiment c'est la crise de l'Euro et ses conséquences gravissimes en Europe et en France.

    En Grèce, comme en Espagne, comme au Portugal ou en Irlande d'ici peu et bientôt en Italie, il n'est pas question de sauver l'économie de ces pays, mais de sauver l'Euro dont la mise en place s'est fondé sur de nombreux pré-supposés monétaristes énoncés par Milton Friedman et son fils David, qui quant à lui est encore plus radical que son père, appliqués avec enthousiasme par Jean-Claude Trichet à la BCE, donc ultra-libéraux, entrainant la domination des « marchés » et un endettement catastrophique des pays entrant dans la zone Euro, une entrée pour laquelle il n'était pas prêt.

    C'est l'alliance objective de la sociale-démocratie européenne, des libéraux et des milieux d'argent qui a conduit à ce désastre.

    Après la guerre, beaucoup se sont demandés ce qu'il fallait faire pour qu'une autre boucherie mondiale n'arrive plus.

    A juste titre d'ailleurs.

    C'était encore le règne des idéologies toutes puissantes, s'affrontant à l'Est et à l'Ouest, des utopies que l'on croyait réalisables. Les idées à la base de l'Europe étaient de celles-ci, se fondant aussi sur un texte célèbre, prononcé le 21 Août 1849 au Congrès de la Paix, de Victor Hugo prédisant la création des « États Unis d'Europe ».

    C'est sur cette base que fut signé le Traité de Rome du 25 mars 1957 instituant la Communauté Économique Européenne avec six membres fondateurs :

    La France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays Bas et le Luxembourg.

    Le Traité est entré en œuvre le 1er Janvier 1958 instituant quelques principes de fonctionnement, ne serait-ce que sur la politique agricole commune.

    Les inspirateurs de la CEE, Jean Monnet, Paul-Henri Spaak, avaient en tête son élargissement et le passage rapide à l'Europe politique.

    Progressivement, la nation est devenue le mal absolue, comme tous les symboles s'y rattachant, abandonnés aux extrêmes :

    Drapeau, bâtiments, culture, et même la citoyenneté, amenant les citoyens à réagir de plus en plus en consommateurs de leurs droits et devoirs, et non en personnes responsables. Rabâcher la vulgate du « vivre ensemble », qui comporte surtout quelques lieux communs avec lesquels tout le monde sera d'accord, ne sert à rien si par ailleurs l'on entreprend de complètement démonter ce qui constitue l'essence même de ce que devrait être la citoyenneté dans un pays.

    Pourtant, comme Hannah Arendt l'explique dans son livre sur les origines des totalitarismes modernes en trois parties (l'Antisémitisme publié en France en 1973, l'Impérialisme publié en 1982 et le Système Totalitaire publié en 1972), ce n'est pas la nation et une conception haineuse de celle-ci qui est à l'origine du nazisme, du fascisme, du stalinisme ou de la guerre, mais que ces régimes étaient des perversions du marxisme et du libéralisme, des conséquences logiques de la massification des être humains, celle-ci continuant, les individus n'étant plus considérés comme personnes mais simplement sous l'angle collectif.

    Le traité sur l'Union Européenne ou Traité de Maastricht a été signé le 7 Février 1992 entre les 12 pays membres de l'époque, il est entré en vigueur le 1er Janvier 1993. Il a permis la mise en place de l'Espace Schengen, supprimant les frontières et les contrôles douaniers, en théorie, en son sein, le tout prévu par un accord signé en octobre 1985.

    Le TUE prévoyait également le création de l'Euro, celui-ci est entré en vigueur le 1er janvier 1999 pour les entreprises et le monde des finances, et en 2002 pour les particuliers. A l'époque, l'on avait annoncé que sa mise en place n'engendrerait pas de hausse des prix supérieure à celle prévue si le Franc était resté la monnaie nationale. En catimini, le 1er Août 2001, sous le gouvernement Jospin, est passée la loi organique relative aux lois de finance, ou LOLF, censée assainir les finances publiques et la répartition des crédits. Un de ses premiers résultats fut le licenciement « sec » de quelques milliers de « précaires » de la Fonction Publique.

    Grâce à ce lien, on pourra constater quant à l'inflation ce qu'il en vraiment été...

    Ou de manière ludique en regardant cette vidéo qui dit des choses tout à fait sérieuses en faisant rire, jaune...

    photo de la Commission de Bruxelles ci-dessous prise ici

    Belgique-Bruxelles-Commission-Europeenne-Siege-1.jpgLa plupart de ces étapes ont été accomplies sans jamais vraiment consulter les peuples, considérés comme incapables de réfléchir à leur destin ou de choisir quoi que ce soit. Pourtant le 29 Mai 2005, à la question du référendum d'initiative populaire, portant sur l'approbation du traité sur une constitution européenne, 54,68% des votants ont répondu clairement « non ».

    Il ne faut pas être naïf, ce « non » était certainement également dû à un rejet de la politique intérieure française menée à l'époque, et non à un rejet de l'Europe. Mais, ce « non » était l'expression de la volonté du peuple, exprimée également par ras-le-bol contre toute la connivence constatée pendant la campagne précédant le référendum pendant laquelle dirigeants, secteur financier, et médiatique, poussaient à voter « oui », le « non » étant montré comme synonyme du retour à la barbarie et bien entendu, selon la formule consacrée utilisée par les oligarques et leurs séides quand ils n'ont plus d'arguments du retour aux heures les plus sombres de notre histoire, au populisme, et au poujadisme (à cet effet je précise que je ne suis pas petit commerçant ni militant de leur cause).

    Pour l'Europe et ses institutions, cela ne pouvait convenir pour l'Union maintenant constituée de 27 pays, il a bien fallu trouver une parade permettant pour dire les choses clairement un réel et net déni de démocratie. C'est là qu'un mouvement d'indignation eut pu prendre place. On déplaça deux ou trois adjectifs, on rajouta une ou deux virgules, et l'on fit ratifier cette fois par le seul parlement le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre 2007.

    Il est entré en vigueur le 1er décembre 2009.

    On constate depuis quelques temps déjà, le tout mis un peu en lumière depuis quelques jours, l'inféodation quasiment totale des institutions européens aux agences de notation économique, et aux fluctuations des marchés. L'Europe mise en place n'est pas celle des peuples, ce n'est pas une Europe sociale, et encore moins une Europe à vocation politique, elle a pour vocation évidente les intérêts des oligarques économiques et politiques, et rien d'autres. Sarkozy, DSK, Bush, père et fils, Obama, ne sont que des émanations de ce système assurant le service après vente du nouvel ordre mondial se construisant sur le dos des peuples.