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  • Crises d'adolescence contre la haine

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    politique, société, jeunes, djeuns, profs, enfants, ados, politique, société, amaury watremezNotre société de progrès, pour lutter au mieux contre la paupérisation montante et les fondamentalismes religieux haineux dont l'islamisme, est bien mal armée. Elle est même très mal barrée pourrait-on dire crûment. Il faut avouer que celles et ceux censés transmettre culture et valeurs aux jeunes générations n'assument plus leur rôle, le refusent catégoriquement sous divers prétextes. Ils n'en finissent pas de rêver sur leur enfance, leur adolescence. Ils ne se voient pas vieillir et ne veulent surtout pas mûrir.

     

    Un des symptômes de cette immaturité est le refus catégorique de la controverse, de la polémique. Un dialogue doit forcément se terminer dans le « rose bonbon », la panacée universelle que sont pour notre époque conformiste les lieux communs mièvres qu'elle affectionne. Il faut absolument se rassurer et constater que tout n'est pas tout noir n'est-ce pas ?

     

    C'est un peu normale, notre société se compose principalement d'individus dont la crise post-pubertaire n'en finit pas, même à quarante ans bien sonnés passés. La plupart des grandes personnes réputées raisonnables sont toujours dans la rébellion adolescente post-pubertaire, en particulier contre l'autorité du père, confondant le moindre de leurs caprices avec qui une vocation d'aventurier, qui de gourou, un autre de danseur étoile voire de première ballerine à l'Opéra pour ceux ayant les moyens de l'opération.

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  • La compassion de madame Taubira

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    politique, société, Taubira, justice, djeuns, faux culs, hypocrisie, amaury watremez

    Photo avec une copine au temps du bonheur à deux...

     

    Madame Taubira est une des dernières égéries de la gauche sociétale-libérale car, elle l'est vraiment de gauche, et ne s'en cache pas alors que tous les autres ont abandonné depuis longtemps, à de rares exceptions, l'idée de l'instauration de la dictature du prolétariat un jour. Et puis faut pas déconner, la dictature du prolétariat leur interdirait les voyages touristiques, même équitables, un peu partout. Elle est aussi un peu l'alibi de tous les bourgeois qui pensent et qui se voient comme guides, libertaires et bonhommes du peuple. En somme elle est de gauche à leur place, un genre d'alibi incarné tout comme sa loi sociétale la plus discutée en était également un....

     

    ...C'est plus simple de faire dans le sociétal que de réellement combattre la précarité et la pauvreté.

     

    Elle a toujours en elle, et cela sans que ça n'implique de ma part un jugement de valeur de ma part, juste une constatation, les opinions violemment contradictoires avec les institutions de la Républiques dans leur esprit qu'elles défendaient dans sa jeunesse indépendantiste....

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  • Les français et leur école, des rapports compliqués

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    politique, société, école, éducation, jeunes, djeuns, amaury watremezLes français entretiennent avec l'école des rapports d'amour/haine à la fois compliqués et simples à comprendre. Ils voudraient bien que celle-ci éduque leurs enfants à leur place tout en la considérant comme une garderie un peu évoluée. Ils n'aiment pas les notes, considérées comme arbitraires et injustes, mais sont les premiers à entretenir chez leur progéniture le culte de la performance scolaire et de la compétition à outrance. Ils prennent soin également lorsqu'ils ont la culture et la formation, et les réseaux « ad hoc », de placer leurs gosses dans les « boîtes à concours » publiques ou privées dés qu'ils en ont l'occasion.

     

    Les français veulent une école formant à « des trucs utiles » ou jugés utiles mais se sentent complexés si d'aventure ils ont des fortes carences culturelles, pour eux c'est la faute de l'école qui ne leur a pas transmis de culture, ressentant plus ou moins vaguement ce besoin de transmission n'ayant jamais été pris en considération pour eux.

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  • Être un « djeuns » moderne c'est super coool !

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    djeuns-1024x725.jpg

    image ci-contre de l'illustrateur matogui prise ici

     

    En écrivant ce qui suis, ce ne sont pas seulement les « djeuns » modernes qui sont réellement dans mon viseur, quoi qu'ils aient aussi une conscience et consentent d'eux-mêmes à se soumettre aux pires dérives de la modernité, c'est surtout les adultes qui ne leur ont rien transmis, ni valeurs morales, ni repères, se contentant de les habiller et nourrir (ce qui n'est déjà pas si mal j'en conviens). Les adultes créent des monstres d'égoïsme qui parfois leur font peur, mais comme tout se vend y compris leur détresse de parents, cela fait ensuite des spectacles rameutant des millions de voyeurs à la télévision qui tentent de se convaincre qu'ils sont moins nuls que ceux qu'ils voient dans le poste.

     

    Il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Les adeptes de la pensée politique positive, les pédagos libéraux-libertaires ne veulent pas s'inquiéter, tout va très bien, tout va très bien répètent-ils comme pour s'en convaincre...

     

    Pendant la semaine le « djeuns » moderne consomme de l'école, de la formation, qu'il veut « utile » pour gagner de l'argent, se fichant complètement de ce qu'elle peut lui apporter sur un plan qualitatif, pour s'élever un peu intellectuellement ou spirituellement même « a contrario » de ce qui lui est enseigné. Le djeuns moderne veut absolument s'intégrer au groupe, au collectif, il veut plus que tout « être comme tout le monde », il se fiche absolument du reste, et parle comme ses arrière-grands parents invoquant le respect à tort et à travers lorsqu'on remet en cause ses certitudes. Cette crainte de remise en cause de celles-ci montre d'ailleurs qu'il sait bien qu'elles sont bâties sur du sable...

     

    Le « djeuns » moderne est de toutes façons docile et conformiste, il ne songe même pas à se rebeller à de rares exceptions, c'est trop dangereux pour la consommation future de faire preuve d'indépendance d'esprit, voire d'un désir de sortir du troupeau d'« Elois » languides et obéissants, doux et paisibles ne songeant qu'à leur plaisir exclusif (un plaisir de bête de somme), auxquels font penser de plus en plus les gosses croisés dans la rue et ailleurs. Les rebelles, les indociles, les insoumis et les écorchés vifs sont considérés comme autant de prétentieux insondables, des vaniteux qui refusent des compromis obligatoires de refuser l'instinct grégaire social.

     

    Le « djeuns » moderne se rassure dans son mal être en achetant ou faisant acheter à ses parents les gadgets électroniques dont il est persuadé que ceux-ci lui donnent ou lui redonnent un semblant de dignité et d'amour propre.

     

    Et pour se défouler de toutes les frustrations accumulées, de toute ces aliénations technologiques il y a toujours Internet et le réseau pour exprimer toute la rancœur que l'on n'en finit pas de garder pour soi car l'on sait bien que la vie que l'on mène est vide, pleine surtout du néant, de la vacuité des valeurs que les adultes ont gardé pour eux, quand ils en ont, ou feignent d'en avoir, encore un peu. Dans les milieux huppés, c'est exactement pareil, l'on ne pense qu'au pognon, l'essentiel étant que les « djeuns » favorisés gardent intacts les apparences de « bonne vie et mœurs » des lignées dont ils seront les représentants.

     

    Le Week-end, comme il ne sait pas trop quoi faire de son temps libre, le « djeuns » moderne obéit aux injonctions, il « s'éclate » en « tribus » , en « communautés » ou croit bon de le faire, à savoir donner libre cours aux pulsions qu'il réprime pendant la semaine.

     

    Il se charge au « Raide Boule », ou équivalent ; il s'alcoolise autant qu'il peut sous l'oeil humide des salopards qui organisent ses loisirs. Et il par en quête de « meufs » pour un « furtif » vite fait bien fait, sur le parking de la « boîte » ou, c'est un rêve pour lui, dans le « carré Vi-ail-pis ». Il se couche alors très tard pour rentrer au petit matin, un peu plus hébété que les « grandes personnes » dans les « transports en commun » pour se coucher et dormir en oubliant le vide de cette société le plus longtemps possible en attendant le lundi suivant, et en craignant plus que tout de ne plus être des éléments tellement performants de la société.

     

  • Victor Hugo et les jeunes cons

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     Sur l'illustration (prise ici), le jeune grec tient un poème de Victor Hugo tiré de "les Orientales" qui évoque l'arbitraire

    poeme+victor+hugo.jpg

    tombé sur l'île de Chio, un poème qui incite à être indocile face aux "puissants"...

     

    Les « touites » des gamins ignares sur le Net m'ont rappelé cet incident caractéristique qui est arrivé dans une bibliothèque fréquentée surtout par des jeunes par obligation. Leur dernier jour de présence, ceux-ci se déguisent, ce qui pourrait être sympathique, ils ont cru bon d'ajouter comme activité le saccage de l'endroit qu'il déteste car il représente tout ce qu'ils haïssent à commencer par l'indocilité aux diktats absurdes du « vulgum pecus » qu'engendre souvent la culture. Ils ne voyaient pas le problème, ils mettaient de l'ambiance croyant également utile de se filmer pour en faire un « Harlem shake » visible sur « Ioutube », cette quête de célébrité « kleenex » même pour rien étant de leurs aspirations les plus répandues...

     

    Je précise que cette bibliothèque n'est pas dans un « quartier » chaud, même pas dans une zone à problèmes sociaux où les lieux culturels sont paradoxalement peut-être plus respectés, et que ces jeunes n'étaient pas des « racailles ».

     

    Dans notre société hyper-matérialiste surtout préoccupée par le pognon : en avoir ou pas pour consommer les objets tous plus inutiles les uns que les autres que le tout économique imposent de posséder pour être considéré par le reste du troupeau, cela fait longtemps que la culture, et en particulier la culture littéraire, est méprisée, considérée comme inutile, même s'il y avait quand même auparavant des restes de pudeur à s'avouer ignare ou inculte, du fait aussi de quelques complexes d'infériorité sociale mal digérés.

     

    Ce n'est pas que de la faute des parents qui depuis quelques décennies ont fait en sorte de ne surtout rien transmettre à leur progéniture. Ce n'est pas seulement de la faute de l'institution scolaire qui devrait peut-être se poser la question du « collège unique » ou du « bac pour tous », fixant comme but 80% de bacheliers, donnant des notes parfois absurdes (comme 21/20) à des élèves certes méritants. Ce n'est pas non plus la faute seule de la formation des professeurs dont certains choisissent la voie de l'enseignement des lettres non par goût personnel mais par défaut sans parler des élèves eux-mêmes qui prennent la filière « L » car elle est réputée « facile ».

     

    La littérature, ça sert à rien ! La littérature ça ne peut pas se quantifier en équations, ça suppose de réfléchir par soi-même ! Et en plus ça rend malheureux le consommateur docile qui s'aperçoit en lisant les classiques ou les modernes de la vacuité des aspirations que la société actuelle, festiviste et libérale-libertaire, lui propose, lire l'obligerait à remettre en question sa docilité à des sottises et son allégeance abjecte à la standardisation des choses et des esprits, bref à se poser des questions.

     

    Les imbéciles en nourrice, les boutures de crétins, les jeunes cons gardaient néanmoins leur haine de ce qui était élevé pour eux, ils faisaient montre encore d'un certain respect. Maintenant, du fait des merveilles du progrès technique, le crétin et en particulier le jeune crétin peut étaler son inculture devant le monde entier ainsi qu'on l'a vu après le bac français sur « Touitteure » mais pas seulement, où le père Hugo en a vu de toutes les couleurs, certains contributeurs ignorant visiblement qu'il est mort depuis quelques temps déjà. On en rirait si ce n'était pas dramatique. Ces gosses étalent leur incompréhension assumée et totale de la poésie, lui préférant une trivialité crasse. Ce sont déjà des éléments représentatifs de cette « nouvelle humanité libérée du passé » que d'aucuns parmi les idéologues appelaient de leurs vœux, y compris chez les adeptes du « Gender », des hommes et des femmes nouveaux à l'aise dans l'utopie qu'est pour eux ce monde, ayant déjà accepté une forme aiguë de totalitarisme de la pensée dans leurs têtes, celui-ci commençant toujours par un bon petit autodafé fût-ce au nom de bonnes intentions.

     

    Bien sûr, il y a aussi encore parfois des adolescents, comme cette jeune fille que j'évoquais il y a un an, des enfants, qui ont encore la passion des Lettres, de la lecture voire de l'écriture, qui sont obligés de ne pas trop le dire étant assimilé rapidement à la figure détestée de « l'intello » qui veut se hausser du col, se mettre en valeur au détriment des autres, ne pas obéir aux mêmes règles absurdes et complètement débiles.

     

    Bien sûr, Il y a encore un peu d'espoir mais si peu...

  • Vade-mecum de la dégénérescence dans le bus

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    Anges4.jpgAfin de mesurer efficacement la dégénérescence d'une société, la nôtre en l’occurrence, prendre les transports en commun est un bon outil, ce qui ne suscite guère de transports, et reste très commun. A ce qui suit ami lecteur, amie lectrice, tu penseras certainement que je suis anti-jeune et bien méchant envers les ados, car ce que tu lis sur le Net, il est bien rare que tu en comprennes le second degré, à de rares exceptions.

     

    Pour mesurer le degré de déliquescence de notre société spectaculaire, Il suffit donc d'écouter les conversations, d'observer les comportements, bien loin de statistiques ou de pensums sociologique, de déclarations d'intentions -toujours des bonnes- politiques. Nos politiques et nos idéologues, faut-il le dire, sortent rarement dans la rue, se confrontent rarement au monde, cela leur fait très peu et contredit leurs certitudes absconses et belles théories, et de plus, cela risquerait de les culpabiliser quant au confort matériel dont ces beaux esprits profitent sans aucun remords même en temps de crise.

     

    Il y a deux jours, dans le bus, j'ai dû subir de mon point de départ jusqu'à mon point d'arrivée une pauvre gosse, même pas « issue de la diversité » (TM°), même pas issue de milieux réputés précaires socialement, qui croyait bon de rajouter « sa race » ou « ça me pète les couilles » (je cite dans le texte) dans chacune de ses phrases, pensant certainement que cela lui donnait l'air affranchie et moderne, et qu'ainsi elle ressemblait plus aux participants décérébrés des émissions dite de « télé-réalité » dont elle rebattait les oreilles à une de ses camarades bâtie sur le même modèle ( « smartphone » (TM°) vissé à la paume de la main, « djinn » « elastis » (TM°) taille basse, sac « de marque » etc...).

     

    Celle-ci l'écoutait avec une patience et une magnanimité que j'admirais pendant que son interlocutrice racontait avec forces détails sa vie sexuelle et sentimentale dont on pouvait soupçonner que l'une et l'autre était un rien exagérée. Elle poussa la mise en scène jusqu'à passer un coup de téléphone rapide à son « copain » lui signifiant leur rupture immédiate, sous le regard admiratif du « chœur antique » que constituait deux autres gamines muettes tout du long devant tant d'indépendance d'esprit et de cœur (deux « faire-valoirs » des deux premières).

     

    Elle crut bon de conclure sur cette affirmation sur un ton satisfait :

    « Ouais, sa race, j'suis une salope, j'assume à fond ! » telle une Nabila (TM°), ou une Loana (TM°), avant les calmants et la boulimie.

     

     

    politique,société,bus,dégénérenscence,djeunsRésistant à mon envie quasiment irrépressible de me lever et d'aller lui coller une paire de gifles, car en plus elle avait une voix stridente assez insupportable, je me dis qu'elle n'était pas entièrement responsable de son attitude, de sa vulgarité et de ses lubies. Après tout, la pauvre n'était que le résultat d'une société en dégénérescence ne se souciant pas de transmettre quoi que ce soit à ses enfants et de son absence totale d'éducation, ses parents comme beaucoup d'autres ayant eu visiblement mieux à faire : acheter le dernier écran plat, « gérer » leur « capital personnel » et divers autres capitaux humains, tout dans notre société devenant un « capital » à « gérer », à participer à différentes fêtes et festivités certainement « citoyennes » et « concernées ».

     

     

    Ces enfants du spectacle et du festivisme ne sont rien d'autres que les « Elois » du livre de Wells, « La machine à explorer le temps », des « bêtes à cornes » soumises et dociles, des ruminants ne faisant que régurgiter la bouillie infâme que les « grandes personnes » qui ne veulent plus rien offrir ni transmettre leur ont donné en pitance. Ils se laisseront faire sans trop de problèmes par les Morlocks et seront dévorés. Ces pauvres enfants, les adultes leur ont dit que Dieu était mort et aussi les grandes utopies, ils sont logiques, ils respectent ce qui reste, le fric, la célébrité, la consommation des corps et des choses.


    image prise sur le site de "téléstar"


    Julien et kévina vont manger à Mc do par raftennis

  • Pauvre Oscar Wilde...

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    Publié aussi sur Agoravox

    Note, il s'agit de dérision, quand j'avais le même âge je présentais certainement, comme tout le monde, les mêmes travers..

    .

    Deux gamines dans le bus dissertent sur Oscar Wilde, certainement en raison d'un devoir qu'elles ont sur l'auteur et dandy célèbre. Je comprend incidemment qu'elles ont travaillé sur « le portrait de Dorian Gray » et que cela les angoisse -un peu, cela ne va pas jusqu'à la crise existentielle-.


    Toutes les deux ont l'uniforme habituel et de rigueur pour garder un certain rang social :


    22-napoleon-sarony-oscar-wilde-1882.jpg?w=690le « djinn » slim de couleur, le petit « poulovère » pastel, le foulard palestinien autour du coup et le « smartphone » comme vissé, apparemment, à la paume droite. Au moins si la suite de leur conversation montre que ces deux donzelles n'ouvriront un livre que contraintes et forcées, il est évident qu'elles lisent beaucoup sur les écrans, ce qui au regard du discours lénifiant sur la lecture électronique apparaîtrait comme rassurant.


    Celle qui domine le duo a des lunettes carrées de « dominatrice » dans une pub pour parfums. Toutes deux en parlant ne cessent de tripoter leur téléphone cellulaire.. ;


    La première soupire :


    « Oscar Wilde, la prof elle nous a dit, c'était un dandy, genre il se la jouait trop top modèle comme Kevin C., celui qu'est homosessuel dans la Seconde C »


    Bien sûr, une époque qui met autant d'importance sur l'apparence et le « louque » le dandysme ne peut être compris que uniquement concernant ses conséquences sur l'image donnée aux autres et l'idée que le désir de s'élever, d'être différent, hors du troupeau, est forcément une atroce prétention.


    La deuxième précise :


    « Ouais, Oscar Wilde aussi il était homo, mais en fait Kevin y sait pas encore, il m'a dit qu'il avait pas fait son choix et qu'il aimait les filles autant que les gars, d'ailleurs Oscar Wilde y s'était marié la prof elle a dit, et il avait des enfants ».


    La dominante semble agacé, son faire-valoir la reprend, elle se doit de la tancer fermement mais justement :


    « Ouais, mais en fait c'est pareil du coup comme c'était un dandy, du coup Oscar Wilde y vannait trop les autres parce qu'il se croyait plus intelligent, parce que quand il écrivait du coup et ben, les autres ils avaient la honte parce qu'il écrivait bien alors ils se sentaient ridicules et lui il le faisait exprès »


    La dominée acquiesce :


    « Ouais, ça se fait trop pas, les intellos faut toujours qu'ils la ramènent et qu'ils te ridiculisent tout ça parce qu'ils lisent des livres »


    La dominante revient au sujet qui l'inquiète, leur devoir :


    « Moi j'ai dit que Dorian Gray, c'était un type de la « haute » et qu'il aimait bien se moquer des gens simples, comme nous, parce qu'en fait il était prétentieux, comme son copain Lord Wolton, et qu'en fait Dorian Gray il est amoureux de son copain mais il n'ose pas lui dire parce qu'il se la joue trop ».


    La deuxième abonde dans le sens de sa copine :


    « Ouais, c'est pas parce que tu lis que tu seras plus intelligente, et puis les livres y parlent toujours de trucs qui existent pas alors c'est pas trop intéressant ».


    La dominante l'approuve :


    « Ouais, moi je préfère les livres de témoignages mais j'ai pas le temps de les lire parce que le soit faut que j'aille discuter sur « Emmessène » avec mon copain et puis aussi que je mette des photos sur Facebook (TM°) j'ai pas le temps moi, et pis ma « daronne » elle dit que que lire ça abîme les yeux. »


    Ici notons que tous les jeunes, qu'ils soient des « cités » ou petits bourgeois utilisent des termes réputés « canailles » ou rebelles pour se donner le genre révolté ou drôlement en phase avec la modernité, « daronne » signifiant génitrice dans le langage des « quartiers » dits difficiles, un peu à la manière des « bobos » qui placent quelques termes de « verlan » dans leur conversation pour montrer qu'ils sont encore proches du peuple.


    La dominée approuve encore derechef :


    « Ouais, avec notre vie à nous on a pas le temps de lire des livres, y faut qu'on se tienne au courant sur les « chtis à Las Vegas » « Star Ac » et aussi « The voice » parce que sinon ce serait trop la honte après avec les copines et de quoi on parlerait sur Facebook . » .


    En effet, ne pas suivre les émissions de télévision « téléréelles » à la mode fait de vous un paria social pour la génération des deux jeunes filles, un pestiféré qui n'a plus d'endroit assez sombre pour se cacher. La question de savoir si l'on aime ou pas ce genre de spectacles n'entre même pas en ligne de compte, c'est obligatoire ou quasiment...


    La dominante répond :


    « Ouais on parlerait de bouquins comme nos darons (parents) y faisaient, parce qu'y z-avaient pas des portables et la télé dans la chambre, ce serait trop « dare » ! (« dare » se dit de quelque chose qui provoque un sentiment de honte, de ridicule, avec une nuance d'incorrection).


    Les deux se mettent alors à ricaner sur un mode suraigu avec quelques hurlements pour appuyer leur hilarité, puis elles se sont alors mis à parler d'autre chose...


    Et moi j'ai songé...


    Pauvre Oscar !

    illustration empruntée à ce blog

  • Le langage et les djeuns

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     Au risque de passer pour un vieux con...

    La conversation suivante a été entendue à la télévision au zapping de Canal entre deux adolescentes de quinze, seize ans et le journaliste :

    image prise ici

    No_cellphone.jpgTous les propos rapportés ci-dessous ont été traduits du « djeuns » au français pour plus de commodités de lecture.

     Journaliste : « Est-ce que vous utilisez vos portables en cours ? »

    Ado numéro 1 (mèche, jean taille basse, écouteurs « macarons ») : « Ben oui, le portable c'est la liberté »

    Ado numéro 2 (look, voir parenthèses ci-dessus) : « Ouais, à l'école pendant les cours, c'est la prison, avec le portable au moins, on s'évade ».

    Donc, dans cette constatation, on comprend que pour ces deux jeunes filles, la liberté c'est l'esclavage, la soumission à des machines qui permettent de rester constamment relié à son réseau sans pouvoir jamais y échapper, d'être sans cesse repéré par les autres grâce au GPS.

     

    Ce ne sont pas les seuls, la plupart des ados ont un téléphone cellulaire (« téléphone portable » c'est un peu un pléonasme grotesque) qui est à la fois leur objet totem qui indique leur statut au sein du groupe et leur niveau d'intégration dans ce groupe. Les pulsions de révolte elles-mêmes sont délimitées par le groupe, et ces objets repères que l'on se doit de posséder, non pas pour s'en servir à la rigueur mais juste pour les sortir au nez de tous les passants.

    De nos jours, c'est très mal vu d'assumer sa maturité, ou le fait de vieillir. Il faut absolument rester jeune le plus longtemps possible, ou du moins correspondre aux critères de ce que l'on estime correspondre à la jeunesse : se conduire comme une midinette tout juste pubère quand on tombe amoureux, pardon quand on a envie de sortir avec « un mec » ou « une meuf ».

    A ce sujet, continuons notre étude ethnologique de la tribu « djeuns » en commentant une conversation entendue dans un bus entre deux autres adolescentes. Elles avaient toutes deux le même look ou à peu près que décrit plus haut, à savoir qu'elles observaient scrupuleusement les diktats d'habillement ridicules imposés par la pub et les médias.

    Elles parlaient « mecs » en affectant exactement le même air blasé que des quadra ou quinquagénaires ayant des heures de vol :

    Ado numéro 1 : « Et ben moi Éric, je l'ai appelé à 5h30 ce matin mais il n'a pas répondu, c'est trop trop grave (le djeuns aime le superlatif), quand quelqu'un t'appelle, tu réponds, ch'sais pas... »

    Peu au fait des coutumes courtoises en 2012 chez les djeuns, je continuais à écouter

     Ado numéro 2 : « Moi, d'toutes façons, je sors qu'avec des vieux de vingt ans, passqu'ils sont plus mûrs et plus gentils. Kevin, il a vingt-deux ans, y m'appelle « mon bébé », c'est trop mignon, et y veut que je m'habille sexy pour lui »

    Ado numéro 1, extatiquement admirative : « Wouah, j'aimerais bien moi, mais mes darons, y voudraient pas »

    (Car oui, le « djeuns » 2012 affecte de parler le langage des cités dites « sensibles » même s'il est un petit bourgeois de centre-ville)

    image ci-dessous prise ici

    le-langage-djeun-s-mode-d-emploi_b.pngSur les subtilités du langage « djeuns », J'entend cela plusieurs fois par jour autour de moi :

    « Il est dard ».

    Au début, j'ai pensé que c'était une simplification du verlan pour radin mais en fait ça veut dire pleins de choses :

    « Il est bien ».

    « ll est beau », « il est si intelligent », mais se dit aussi de quelqu'un lent à comprendre, « il est bête donc dard » voire fou, « il est dard donc malade ».

    Nan, mais franchement, amis académiciens, littérateurs, arrêtons de casser les pieds à nos chères têtes blondes avec l'accord du participe passé et les classiques des Lettres, ces enfants inventent en ce moment des mots plus simples et beaucoup plus passe-partout. Cela va nous simplifier la vie comme « relou » ou le formidable « ça le fait », de plus en plus employé par les adultes, finissent par s'entendre partout.

    A bas l'imparfait du subjonctif !

    C'est trop « dard » et pas assez !

    La bien-pensance aime bien aussi le slam, du rap sans l'obsession fessière, le sexe et celle du fric, ce qui le rend fréquentable et civiquement utile (pour du bon « care » pour la communauté). Le slam permet aussi au premier lascar venu d'imaginer qu'il a du talent et qu'il sait écrire, et de se faire un peu de thunes pour quelques vers de mirlitons. Et puis financer un atelier de slam c'est pas mal pour les finances publiques, dont on nous serine qu'il faut réduire les déficits pour stabiliser l'Euro,c'est quand même des économies intéressantes, ça évite de payer par exemple deux postes de professeurs de français au lieu d'un et ça donne bonne conscience dans le même mouvement. C'est pratique. Moi, j'ai du mal avec la vision à la fois misérabiliste et angélique de la banlieue que l'on trouve dans les textes de "Grand Corps Malade" par exemple. Pour parler d'une des idoles actuelles des MJC en dehors des champions de macramé.

    Le français, enfin la langue française veux-je dire, est mal barré, le bétail étant persuadé que c'est obsolète de bien s'exprimer et convaincu que les trois-cent trente chaînes qu'il a sur le câble ou le satellite compense son inculture crasse (cela ne l'empêche pas d'avoir des prétentions culturelles car il est sûr pour lui que lire deux ou trois articles sur Wikipédia suffit pour connaître un sujet).

  • Restons (si) jeunes ?

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    On reste très jeune aussi sur Agoravox

    Malgré mon teint éclatant et mon port de tête altier bien qu'ayant dépassé la quarantaine déjà depuis deux ans, je ne me sens plus si jeune. Je suis un peu plus essoufflé qu'avant en montant les escaliers de Montmartre, enfin, dés que je suis un peu fatigué, ma tension se rappelle à moi par un sifflement continu tant que je ne me suis pas reposé. Si je suis beaucoup plus sage en ce qui concerne la nourriture et la bonne table, j'ai tendance à ne pas l'être encore assez concernant l'heure à laquelle je rejoins les bras de Morphée.

    kirene.jpgC'est encore sur la docilité qu'il me semble avoir le plus de travail « sur moi » à faire comme disent les psychologues, ces nouveaux ecclésiastiques du monde moderne, ces nouveaux clercs qui en ont tout vu, tout entendu, et qui savent que « la chair est faible » car ils prétendent avoir lu tous les livres. J'ai malheureusement en cette époque de standardisation et de normes l'indocilité chevillée au corps.

    On ne peut pas tout avoir.

    Cela ne me dérange pas de vieillir, de mûrir, d'avoir les cheveux qui grisonnent progressivement aux tempes. Cela ne me gêne pas d'apprendre enfin à surmonter quelques unes des erreurs que tout le monde appelle son expérience. Il en est qui ne se poseront même pas la question, toute leur vie ils ne dépasseront jamais le stade de la révolte adolescente post-pubertaire.

    Quand on a quinze ans ce n'est pas très grave, on porte tous les habits que détestent PapaMaman, on écoute la musique qui emmerde le plus les adultes, on s'enferme dans sa chambre pour téléphoner des heures aux copains ou aux copines en se plaignant d'avoir une vie tellement dramatique.

    Et après, passé vingt-cinq ans, a priori, on grandit, on entre dans l'âge adulte. Ce n'est pas si grave. Et hélas c'est le lot commun.

    La société telle qu'elle est actuellement nous encourage cependant à continuer à se conduire en « homards », en boutonneux narcissiques ou en midinettes un peu trop romantiques. Certains trentenaires se réunissent pour regarder en compagnie d'autres de leurs congénères l'intégrale de « Capitaine Flam », ou « Candy ».

    Dans les soirées mondaines, on aime bien offrir aux invités des sucreries gélatineuses et colorées en laboratoires.

    Bien sûr, comme on se passe à présent de la permission de PapaMaman pour la permission de minuit, on couche à droite à gauche sans trop se soucier des interdits. Mais par contre les jeux amoureux se limitent à des minauderies de petites filles ou petits garçons, des minauderies comme celles que les adolescentes aiment bien écrire dans les marges de leur agenda, ce genre de formules que l'on croit définitives quand on a quatorze ans et qui deviennent grotesques assez rapidement par la suite : « Pardonner, jamais, oublier peut-être »...etc...

    On prend soin de son corps, on le dorlote, on contemple avec ravissement son nombril en plein centre de son ventre, on se trouve tellement performante de crever de faim toute la journée pour conserver presque indéfiniment, grâce aux progrès de la science, le corps d'une gamine à peine pubère.

    Les « quadras » adorent sortir en boîte avec des gamins ou des gamines qui pourraient être leur progéniture et se pintent au « Malibu ananas » jusque cinquante-cinq ans passés. On ne boit pas de vin, c'est une boisson de vieux et puis comme on veut prendre soin de son corps on consomme, la plupart du temps, l'alcool avec modération. Comme ils disent à la « télé ». Et bien évidemment on n'oublie pas de manger cinq fruits et légumes dans la journée et de boire beaucoup d'eau minérale pour éliminer les mauvaises toxines.

    On en reste pour la gastronomie à des plats de cantine qui font presque couler la larme à l'œil car ça rappelle la maternelle

    On retarde le plus possible l'entrée dans l'âge adulte.

    Du moins le croit-on.

    Car un jour, le quinqua qui se saoule un peu trop, la dame d'âge mûr qui se voit engoncée dans sa minijupe trop petite pour elle tel un jambon d'Arles finissent par se regarder un peu plus longuement dans le miroir, y trouver la fatigue et avoir enfin envie d'un peu de sérénité et de douceur de vivre.

    Quand ils sont sages et point trop marqués par le matraquage quotidien de la pub.

    Bien sûr, s'il est trop tard pour les sauver de l'influence de celle-ci, monsieur se mettra en tête de faire son jogging tous les jours, quitte à s'offrir avant l'âge une belle crise cardiaque due à l'effort soudain qu'il s'infligera, pendant que madame ira consulter chez un chirurgien esthétique, un gourou quelconque ou un psy (barrer la mention inutile) pour oublier les ridules qui parsèment maintenant son front.

    Et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes consuméristes qui continuera donc de tourner...

    Ci-dessous, lui aussi aime bien les produits naturels et n'a pas beaucoup vieilli dans sa tête.


    Les Nuls, ultra moux de Granier par mamat_buz

  • "Skyrock" : radio djeuns et gros sous en péril

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    Sur Agoravox aussi

    Le pédégé « historique » de « Skyrock », Pierre Bellanger, se verra certainement supplanté par Marc Laufer pour l'actionnaire principal de cette station de radio, « Axa Assurances ». Comme il ne craint pas le ridicule, et pour garder et son poste, et son salaire mirobolant, il en appelle maintenant 2993262141_1_3_Sh0OobkQ.jpgà la France du multicul' et de la tolérance « black blanc beur » pour y arriver, le tout je pense sincèrement, ce qui est le pire.

    Il nous promet un gigantesque concert "de génération", c'est du sérieux...

    Il en appelle à la France des « djeuns » et des banlieues dortoirs où il fait bon vivre en fait grâce aux « cultures urbaines », vocable assez pompeux pour désigner ce qu'aime bien les jeunes, ceci pour ne pas les culpabiliser d'aimer de la m..e, et surtout de ne plus avoir vraiment d'identité commune, qu'ils soient français de la première, deuxième, ou énième génération.

    Il ne faut pas quand même pas exagérer, « Skyrock » ce n'est pas « Carbone 14 » (j'explique à ce lien car je parle « d'un temps que les moins de vingt ans etc... ») ou « Radio Pirate » (il y eut ce film assez consensuel dessus) ni même « Radio 7 ».

    C'est une chaîne commerciale qui engrange beaucoup de profit en misant sur la démagogie, le rap, le « r'n'b » le plus dégoulinant de bons sentiments multicul' aussi, le coaching « sexo » pour les ados, avec une caution médicale, comme sur « Fun » aux « grandes » heures de « Doc » et « Difool » et j'en passe (les animateurs vulgaires et caressant bien le jeune consommateur dans le sens du poil tout en prétendant l'aider à l'émanciper alors qu'ils ne font que le pousser à se rajouter un ou deux boulets en plus aux pieds).

    blague-r-n-b-beyonce-mange-des-nems.jpegC'est encore et toujours une question de gros sous pour laquelle les uns et les autres n'hésitent pas à manipuler les jeunes, qui sont tellement malléables, il faut dire. Attention, je ne fais pas dans le refrain vieux con, les jeunes des années 20 l'étaient tout autant, tout comme ceux des années 60 ou ceux de ma génération.

    Ce qui a changé par contre est que le jeune (15-25 ans pour les statisticiens et les publicitaires) est devenu une cible prioritaire de la société de consommation et une source de profits juteux et ce de plus en plus tôt.

    Sur « Skyrock », comme sur d'autres radios « djeuns » on serine à l'auditeur adolescent que c'est bien d'écouter SA musique sur SON dernier modèle de « smartphone », qui est drôlement cool, que c'est quasiment rebelle de changer de baladeur MP3 tous les trois mois pour emmerder les adultes avec Beyoncé ou Lady Gaga dans les transports en commun ou dans la rue, alors que c'est juste pénible.

    On lui affirme aussi qu'il a raison de trouver séduisantes et drôlement sympathiques des filles vulgaires décolorées ou non habillées comme des "professionnelles" confirmées que leur titre de gloire soit d'avoir participé à une quelconque niaiserie téléréelle ou d'avoir poussé la chansonnette sur un ou deux CD.

    Sur « Skyrock » comme ailleurs, on ringardise celui ou ceux qui vont contre les vrais conformismes justement, ceux qui laissent croire aux bêtes de somme perdues dans le troupeau qu'elles choisissent elles-mêmes ce qu'elles écoutent, ce qu'elles se mettent sur le dos ou ce qu'elles mangent etc....

    Certes, sur Skyrock, il y eut aussi Maurice sur Skyrock (voir ici ce qu'il dit sur les banlieues d'ailleurs, qui est assez juste) qui donna un temps l'illusion qu'il pouvait y avoir une sorte d'équivalent de Howard Stern en France.

    Il eut du succès, car bizarrement, pour la plupart des adolescents qui sont pourtant on ne peut plus normatif et conformiste, ce qui est certes normal à leur âge, il y a un grand plaisir à écouter un type qui se moque de leur mode de vie, descend en flammes ce qu'ils aiment et passe son temps à les insulter copieusement.

    C'est facile à comprendre, c'est comme pour les adultes, le conformiste c'est bien sûr toujours le voisin.

    Howard Stern, avec des émissions comme « Jackass » qui ont poussé le « trash » jusqu'à son extrême limite ce qui l'a au fond banalisé a fini par ronronner et toutes les célébrités ont fini par se presser aux portes du studio où il enregistre son show qui a sombré dans la routine, la routine des starlettes pornos qui montrent leurs seins rechapés et des actrices qui parlent crûment de leurs problèmes de cul, sans pour autant que cela remette en question une seconde le spectacle ininterrompu dans lequel nous vivons depuis bien tôt une bonne soixantaine d'années.

    Et je me souviens quant à moi des émissions de Desproges dans les années 80, autrement plus corrosives et mieux écrites aussi...


    Les inconnus - y en a marre du rap par maroccos

  • Conseils à la jeunesse dans la rue

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    On pourra constater sur Agoravox de visu à ce lien le niveau ras les pâquerettes de certains manifestants

    Ami jeune, je vais faire comme tout le monde du haut de mes quarante ans et des brouettes, je vais faire comme si mon expérience, ce que tout le monde appelle ainsi alors qu'en fait tout le monde parle de ses erreurs, m'en donnait le droit.

    Chaque personne développe son expérience, chaque expérience est unique.

    djeunes-copie-1.jpgJe ne crois de toutes façons en aucune idéologie globalisante, aucune utopie, pour sauver les gens parfois malgré eux et surtout contre leur gré, je ne vois pas trop pourquoi on devrait faire mon bonheur ou celui de mes contemporains sans me demander mon avis ou demander l'avis de mes semblables. Je ne crois donc ni aux vertus du marxisme, encore moins à celle du libéralisme. Les auteurs de polar ont déjà largement montré en en décrivant les marges que ce système s'est bâti sur le vice, la corruption, l'avidité, l'envie. Je déteste la phrase de Thatcher qui proclame qu'« il n'y a plus de société mais seulement des individus », le même crédo de beaucoup de tes camarades pseudo-rebelles ami jeune, qui ne veulent surtout pas penser par eux-même, se prétendant quand même en révolte alors que finalement il n'y a pas plus conformiste. Il y a un gros livre qui te plairait sur le sujet, d'un écrivain « rock and roll », Greil Marcus : « Lipstick Traces ».

    Les utopies, on le voit en observant l'histoire, de celle de Jean de Leyde, en passant par les cathares, jusqu'à la Commune, se terminent toutes sur la barbarie, des massacres, le règne du plus fort et la dictature d'un tyran. C'est pour cela que la démocratie qui est à la fois le pire et le moins mauvais des systèmes existe.

    C'est pour cela qu'à dix-huit ans, tu deviens un citoyen, normalement, en théorie, un citoyen qui connait ses droits et ses devoirs envers toute la communauté sociale, sans avoir le droit de dire n'importe quoi, ou d'insulter, ou de diffamer les autres en toute impunité comme beaucoup de tes congénères ou pas semblent le croire en ce moment. Tu me diras, des hyper-diplômés ne savent pas eux-mêmes comment on élit les députés.

    Il n'y a d'ailleurs pas de citoyenneté Internet, qui est une version 2.0 de la bonne vieille délation ou de l'injure en troupeau pour beaucoup. Devenir citoyen, ça te prépare à respecter les votes des autres citoyens, à accepter ta défaite quand le parti, l'homme ou la femme que tu soutenais perd les élections. Il y a des adultes qui ne l'entendent pas de cette oreille, pour eux, quand ils perdent une élection, c'est pas grave, c'est simple : ils ne sont tout simplement pas d'accord. De toutes façons, ceux qui ne sont pas d'accord avec eux sont des cons, des réacs, des fachos. Eux sont sûrs et certains de représenter le progrès en marche. Comme ils sont un peu trouillards, cependant, et pingres, ils ne veulent pas risquer leur boulot ou une journée de salaire dans la rue, souvent ils voudraient bien t'envoyer à leur place, un peu comme à la guerre où les adultes envoient toujours les gosses se faire tuer, enfin pas leurs gosses, ceux des autres.

    Et puis leurs gosses sont le plus souvent en prépas, ils n'ont pas le loisir de défiler.

    A ce propos, ami jeune, tu restes persuadé un peu trop souvent que quand tu manques les cours aussi longtemps, tout le monde en tiendra compte à l'examen, mais là je crois que tu rêves tout éveillé. Ils seront aussi sévères que si tu avais eu tous les cours, ce qui compte pour eux, c'est que LEURS gosses réussisent. Toi, ils n'en ont rien à faire. . Ils veulent simplement que tu prennes les coups à leur place pour défendre une aussi bonne cause égalitaire que les 28 régimes spéciaux de retraite actuels, dont celui des parlementaires (comme monsieur Claude Bartolone qui se félicitait hier que tu défiles, c'est normal gràce à toi il va pouvoir continuer à toucher 2000 euros de retraite minimum par mois pour 5 ans de cotisations comme parlementaire).

    Enfin, ami jeune, il faudrait réfléchir à une autre petite chose. Quand tu défiles dans la rue, quand tu participes à ces mouvements qui bloquent les pays, ce sont toujours les petits contrats, les stagiaires, les intérimaires, donc des salariés à peine plus âgés que toi qui vont en baver quand ils ne se font pas virer parce que le patron prend le mouvement social comme prétexte pour économiser un salaire. Il y a aussi tout ses métiers largement tributaires des livraisons, des transports, certains n'auront plus qu'à mettre la clef sous la porte. Mais cela, vois tu, les adultes qui te poussent à défiler n'en ont là non plus rien à faire, ce qui compte pour eux c'est eux.

    Pas toi.

  • Leu franssé kisparle plus...

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    Passion de la langue française – recueil de textes présentés par Gérard de Cortanze

    chez Desclée de Brouwer

    Je remercie Steevy, le célèbre chroniqueur culturel de Laurent Ruquier, qui m'a inspiré le titre de cette note.

    bb1.gifJe suis en train de lire cet excellent recueil de divers textes sur la défense de la littérature et de la langue française. Au départ, il y en a qui se diront que c'est un combat d'arrière-garde, un peu poussiéreux tellement la littérature et les lettres sont méprisées comme jamais auparavant elles ne l'ont été, attaques subies du fait d'une alliance contre-nature a priori (à mon avis, elle est tout à fait logique) entre les anciens de "soissantuite", maissi ce monôme petit-bourgeois, et les partisans du tout-économique, rappelez-vous les djeuns. Entre parenthèses, et en passant, même si je trouve soissantuite parfaitement ridicule quant à ses aspirations, ceux qui ont vécu cette période en avaient, au moins, des aspirations à autre chose, de plus grand et de plus beau que la contemplation obsessionnelle de leur nombril.

    C'est un combat ultra-minoritaire, la majorité trouvant que les classiques au Collège ou des dissertations en Seconde, c'est opressif et dictatorial pour les cervelles des élèves, c'est trop difficile à comprendre pour eux des écrits qui élèvent l'esprit ou amènent à des idéaux moins terre-à-terre qu'une vie bien égoïste en lotissements rurbains. L'individu devient finalement un spéculateur de ses capacités intellectuelles, qu'il se doit d'adapter aux besoins du marché de l'emploi, devant s'estimer quant à sa valeur marchande car il n'est plus qu'une machine comme une autre, un investissement, et ensuite se vendre au plus offrant, ce qui n'est pas immédiatement utile à cette spéculation, comme les livres justement, ou l'art en général, il s'en fiche complètement, ignorant que c'est justement toutes ces choses futiles à ses yeux, petites ou grandes qui font le ciment d'une communauté et qui vont du goût d'un vin à des phrases de Chateaubriand.

    L'anglais anglicise tout ou plutôt américanise tout selon la colonisation douce dont parle Dominique Noguez dans le livre, qui date son début de la signature du Traité de Versailles dont les négociations se firent en anglais et non en français, langue diplomatique traditionnelle. Pour se moquer de cette manie du franglais, quelques écrivains, je ne sais pas si c'est Marcel Aymé ou Céline qui ont commencé (suivis ensuite par Nimier ou Blondin, ou ADG), se sont amusés à franciser l'anglais, louque pour look, poulovère pour pull-over et ainsi de suite.

    Mais on ne comprend plus, l'anglais, comme l'a dit un ministre qui depuis fait une belle carrière dans les médias, Claude Allègre en 1997, « ne doit plus être une langue étrangère » : les pièces de théâtre du répertoire devraient être au minimum sous-titrées, au mieux jouées en anglais, les articles scientifiques et universitaires rédigés en anglais, les films itou. Il faut dire que notre société est profondément influencée par la société anglo-saxonne, les chtits n'enfants français roses et meugnons ayant de plus en plus tendance depuis quelques années à muer en de grosses patates de canapé obèses et cyberautistes vautrées devant la téloche, casquettes moches sur le crâne, et/ou qui ont le nez perpétuellement vissé sur leur téléphone celullaire dernier cri, à donner de l'audience aux pires conneries, comme "Dilemme", par exemple, la dernière absconserie téléréelle, animée par Faustine Bollaert, en se nourrissant de pizzas et de la djunk food la plus écoeurante mais qui sont tellement conviviales et tellement modernes comme le leur suggère la pub.

    A gauche en grande partie, mais aussi plus généralement d'ailleurs pour ceux qui regardent le monde à travers des lunettes roses, donc également à droite, ce qui est à la mode est d'affirmer que le langage évoluant sans cesse, jargon essèmesse, verlan, qui existe depuis plus longtemps que les cités dortoirs, il faudrait que quelqu'un le dise aux rappeurs qui imaginent que ça leur donne une allure d'affranchis alors que l'on songe plutôt à un autre mot commençant par "a", exétéra, que ces nouveaux barbarismes enrichissent le français dans une sorte de progrès constant vers le bonheur de l'humanité toute entière, soucieuse du « care » de son voisin, et surtout du sien, et qui pense enfin à sortir le chien et faire la vaisselle, tout genre de petites corvées qui suffit à détruire la misère selon les éléphants roses en 2010 (persuadés qu'ils sont que cela suffira à rendre l'hyper-libéralisme plus supportable).

    Dans la bien-pensance, pour ces raisons, on aime bien "l'Esquive" parce que Marivaux en verlan c'est tellement coule, et puis c'est plus facile à comprendre, tout comme on trouve tellement génial et émouvant de voir un prof de français acheter la paix civile en jouant les rebelles "Entre les murs". De temps en temps, heureusement, il y a des inconscients comme Cécile Ladjali qui osent encore parler d'exigence et de travail, les salauds, et même d'écriture, ce truc opressif selon les pédagogistes, voire même d'écriture collective, ô scandale, des adolescents qui se donnent du mal pour écrire une pièce de théâtre qui n'est même pas slamée. Ce mouvement de progrès donne d'excellents résultats, arrivera bientôt le moment où nos chères têtes blondes reviendront à la communication bien plus simple et moins poussiéreuse que l'écriture, ce vieux machin, les grognements, et de toutes façons, ils n'auront plus à le faire, n'ayant plus besoin de sortir de chez eux, excepté à la rigueur pour des rassemblements grégaires fèce-bouquiens qualifiés sans rire par les commentateurs divers et variés de rassemblements conviviaux (sont-ils spirituels...).

    francais_moyen.jpgLa bien-pensance aime bien aussi le slam, du rap sans l'obsession fessière, le sexe et celle du fric, ce qui le rend fréquentable et civiquement utile (pour du bon « care » pour la communauté). Le slam permet aussi au premier lascar venu d'imaginer qu'il a du talent et qu'il sait écrire, et de se faire un peu de thunes pour quelques vers de mirlitons. Et puis financer un atelier de slam c'est pas mal pour les finances publiques, dont on nous serine qu'il faut réduire les déficits pour stabiliser l'Euro,c'est quand même des économies intéressantes, ça évite de payer par exemple deux postes de professeurs de français au lieu d'un et ça donne bonne conscience dans le même mouvement. C'est pratique. Moi, j'ai du mal avec la vision à la fois misérabiliste et angélique de la banlieue que l'on trouve dans les textes de "Grand Corps Malade" par exemple. Pour parler d'une des idoles actuelles des MJC en dehors des champions de macramé.

    Le français, enfin la langue française veux-je dire, est mal barré, le bétail étant persuadé que c'est obsolète de bien s'exprimer et convaincu que les trois-cent trente chaînes qu'il a sur le câble ou le satellite compense son inculture crasse (cela ne l'empêche pas d'avoir des prétentions culturelles car il est sûr pour lui que lire deux ou trois articles sur Wikipédia suffit pour connaître un sujet).

  • La culture et les jeunes

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    222.jpgLa scène prend place sur une chaîne de la TNT pendant une émission djeuns pour djeuns qui parle de l'« actu de la culture », pour les djeuns : « Kult' Djeunz » que ça s'appellerait si ça existait ce genre de choses, ce qui serait encore trop beau.

    Un quadragénaire en habits de djeuns, lunettes noires sur le nez, djinn baggys, tennis, casquette est affalé sur un immense canapé rouge, à ses côtés un comparse plus jeune en ticheurte vert ultra-serré sur lequel est imprimé « 69 » sur le devant et « serial fucker » sur le dos. Chateaubriand fait son entrée en grande tenue, la tête un peu raide, le dos très droit. Il a sa canne à la main et ses gants.

    • Salut les kids, j'espère que ça va ou qwâ ? Aujourd'hui c'est notre nouveau pote Chateaubriand qui vient nous prendre la tetê avec ses mémoires, enfin lui il appelle ça ses mémoires. Trop un truc de ouf tu voâs ?

    • J'espère qu'on va pas se faire trop ièch, lance un deuxième animateur, c'est encore des trucs de vieux, de boloss ce truc.

    • Nannn, salut Cha', tu permets que j't'appelle comme ass passke François-René, je trouve que ça fait tarlouze. Wouarf, wouarf, wouarf, rigole-t-il.

    • Bonjour Monsieur, je vous prierai de prononcer mon prénom en entier. Sinon j'en serai fort marri.

    • Ouais, mais non, d'abord j'fais cke j'veux c'est mon émission !

    • Bien, je m'incline, le désir me prend de quitter ce lieu céans mais l'honneur convient que je reste.

    • Ouaaah, comment y parle, lui ! Enculé ! Sa mère ! Y se la joue trop, croit bon de rajouter le comparse de l'animateur.

    (Rires gras et rires débiles du public qui se met à faire « who oh oh oh »). Le comparse en vert leur montre son cul, explosion de joie du public qui ne se tient plus de bonheur extatique et grégaire. Les panneaux « applause » clignotent très rapidement.

    • Alors, Cha', keskon trouve dans ton bouquin, ça déchire ou quwâ ?

    • J'exprime mes sentiments sur ma famille, ma naissance qui fût de haute lignée et mon destin exceptionnel au regard de la médiocrité des autres hommes. Mon devoir est de raconter fidèlement ce que j'ai vu ou ce que j'ai entendu dire ; je ne dois rien inventer, mais aussi je ne dois rien omettre....

    • J'te coupe Cha' passke sinon les djeuns y vont décrocher tu voâs ? De qwâ ça parle ton truc, c'est qwâ le pitch comme y dit Ardisson ?

    • C'est la providence qui nous dirige, lorsqu'elle nous destine à jouer un rôle sur la scène du monde.

    • J'calcule rien, mon pote, tu pourrais être plus clair ? Tu fais l'amour avec des meufs, tu t'fais du pognon ou bien ?

    • O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu'elle n'est qu'un reflet de notre mémoire.

    • J'pige toujours que dalle, tu fumes ou quwâ ? Que le passé d'un homme est étroit et court, à côté du vaste présent des peuples et de leur avenir immense.

    • T'as maté les eins des meufs, mwâ, y'a que ça qui m'branche mon pote ! Le reste c'est des trucs d'intellos, ou de vieux ! Balance avec mépris le comparse en vert.

    • Si l'on vous donne un soufflet, rendez-en quatre, n'importe la joue, répond l'écrivain qui se lève et donne plusieurs coups de canne à l'animateur qui hurle comme un goret que l'on égorge

    • Sécurité ! Sécurité ! Braille-t-il. Il cherche ensuite à quatre pattes les débris de ses lunettes noires.

    Deux gros bras en costume se ruent sur Chateaubriand qui en maîtrise facilement un mais ne peut éviter les poings de l'autre, il s'écroule et les deux « gorilles » l'entraîne vers le fond de la scène sous les vivats du public en délire. Il hurle : « Ouais, foutez le dehors, il est trop chiant !! ».

    Et générique.

    Avec des citations exactes de Chateaubriand

  • Mesurons la difficulté du métier d'enseignant en 2009 avec le Père Fouettard

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    Le sketch est très, très pertinent, sur tout, voire en-deça de la vérité, en fait c'est pire je pense mais tout aussi drôle. Il manque le portable allumé constamment à la main. Ci-dessous, réactions d'ados que j'imagine lisant ce blog ! (pardon d'avance les djeuns qui lisent ce blog, mais je sais que ça vous fait rire aussi).

    Note personnelle : Suite à ma note sur le keffieh (sa signification profonde qui n'en fait pas un vêtement anodin) qu'avait lu des djeuns d'un établissement où j'officiais, à la fin de l'année j'avais eu une révolte des keffiehs, toutes les filles de la classe avaient choisi d'en mettre un pass que ce que les profs il a écrit, ça se fait trop pas !

    - Ouah, ça se fait trop pas !

    - C'est un vieux qui se fout de nous; il se prend la tetê !

    - Tu vas voir, il va critiquer le portable, quand c'était les années 60, il aurait pas voulu du téléphone !

    - Ouais, il est trop dard ce vieux !

    Rires post-pubères (voir sketch)

    - Ouais, il est sur fessebouc aussi, ça se fait trop pas pour un gars de son âge !

    - C'est comme moi, j'suis allé sur MSN , hé ben y'avait un vieux qui voulait sortir avec moi, mais je lui ai dit, moi je ne mange pas de ce pain là !

    - ???????

    - Enfin, j'veux dire, je couche pas avec les vioques, merde, quoi ! Je choisis ma life, et c'est pas mes remps (mes parents ou mes darons) qui décident. Et puis il avait un polo trop moche, c'était même pas un Lacoste.

    Le Père Fouettard

  • La vie des djeuns avant la rentrée

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    7d91f11619perry1.jpgQuatre djeuns attendent devant le Café des Arts à Evreux. Comme on va le voir, ce sont quatre jeunes rebelles épicuriens qui veulent vivre à fond, ou plutôt, pardon, "à donf"...

    Deux en djins baggys, une avec total louque : frange, chemise d'homme à carreaux et chorte en djin, collant opaque et tennis rouges, une autre avec un pantalon de sultan des Mille et une nuits également à la mode...

    -Salut dit-elle

    -Ouais salut disent les autres, c'est pas coule  rajoutent-ils c'est la rentrée.

    -Ouais moi j'en ai déjà trop marre de l'école

    -Moi je suis trop content on va avoir Madame Rivière en français, elle est trop sympa, on travaille pas avec elle, elle nous fait des photocopies et puis on parle avec elle avoue la jeune fille à frange (note : coupe ringarde il y a dix ans, et maintenant tendance, ça va, ça vient la mode).

    -Elle est naze Rivière, rispostent les trois autres, nous on s'en fout, on préfère profiter des vacances à donf.

    Un ange passe, visiblement occupé à téléphoner sur le dernier modèle de portable.

    -Ouais moi j'en profite à donf dit la jeune fachionista tout en relevant sa frange qui retombe aussitôt, elle ajoute : Qu'est-ce qu'on fait ?

    - Ben Ch'sais pas, disent les trois autres.

    -On va au café ?

    -Ouais, bof, y'a que des vieux

    -Ouais, mais pas çui là, y' a un prof. (Là je crois que je suis repèré)

    -Mon refrère il l'a eu, il vannait trop les élèves, ça se fait trop pas, je trouve.

    -Heureusement qu'on peut en profiter à donf jusqu'à mardi, moi je rentre à 10 heures, ça le fait pas, ça me fait ch...er (lecteur jeune, comme tu es pudique, je censure ce vilain mot), rajoute la djeun fachiône victime qui est décidément une sorte d'épiicurienne, crois-je comprendre.

    Note personnelle : Cela fait bientôt vingt minutes qu'il profite à donf des vacances plantés entre l'arrêt de bus et le café.

    Ils décident enfin de lever le camp, la jeune sultane croit alors bon de persifler : "T'as vu le prof y boit un Perrier-menthe, comme ma daronne (mère en langage djeuns), trop un truc de vieux..."

  • Les djeuns et l'Europe sur France 4

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    01862908-photo-samuel-etienne-presente-questions-de-generation-sur-france-4.jpgHier sur France 4, j'ai regardé le débat sur les élections européennes organisé dans l'émission de Samuel Étienne qui propose aux politiques de répondre aux questions de djeuns, lycéens, censés représenter leur génération. Il y a un matheux, un littéraire, un bon élève, un type déjà engagé (ça se voit il a une queue de cheval et des lunettes), une passionaria (ça se voit, elle a un keffieh), une jeune pouffiasse de base qui ricane toutes les deux minutes derrière sa main. Si c'est ça leur génération, je m'inquiéte déjà. Comme invités politiques, il y avait Arlette Laguillier,Jean-Luc Mélenchon, Dupondt-Aignan dont j'apprécie le bon sens quand il décrit l'impossibilité de s'entendre à 27 mais qui reste un libéral pur sucre, Frédéric Lefèbvre, et son indéfrisable, un type du NPA en chemise super bien repassée, un jeune militant issus des minorités envoyé là au casse-pipes par le PS (dommage qu'aucun ténor ne soit venu), pouf pouf, désigné pour représenter la jeunesse et la diversité, avec un discours très lénifiant, Marielle de Sarnez et ses airs de bonne copine BCBG, Cécile Duflos des Verts, qui doit être très sympathique mais que l'on a envie de gifler quand on l'entend parler, et Bruno Gollnish, égal à lui-même, que les djeuns invités regardaient avec le dégoût qu'il convient, n'ayant pas compris que ce n'est qu'un épouvantail qui permet de pas aborder les sujets qui fâchent, et personne de "Libertas".

    Ce qui m'a frappé est que tout ce petit monde se connaît bien, et se tutoie, excepté Arlette qui est bloqué en 1974, cette connivence de prime abord me fait suer, c'est quand même gênant, finalement ces bonnes gens pourraient se passer du peuple, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon dont je me sentais le plus proche quant à ses considérations sur l'Europe et qui rappela que PS et Modem ont approuvé le traité de Lisbonne en passant par dessus la tête des électeurs. Mais on était là surtout dans le discours qui fait plaisir, les belles paroles bien creuses des djeuns : "J'veux dire, ouais, faudrait quand même qu'on s'entraide", "Ouais d'accord, on discute mais qu'est-ce qu'on fait maintenant, merde !" (cri de révolte post-pubertaire) ou encore le meilleur ou le pire "Ouais, j'veux dire, des pêcheurs y'en aura plus bientôt alors c'est pas grave ceux qui sont au chômage maintenant" ou le "c'est dommage que le débat politique il n'ait lieu que sur des thèmes français" etc...etc...arrêtons là le florilège. Samuel Étienne était manifestement de parti-pris, coupant les ex-"nonistes" (Ouuh pas bien) et laissant parler sans les interrompre les autres : "Europe = Progrès = Bien Universel" pour parler de manière aussi complexe que Cécile Duflos. La plupart de ces jeunes sont au bout du compte déjà conditionnés pour l'arbitraire de décisions prises unilatéralement sans l'accord des citoyens, quand c'est au nom de l'Empire du Bien.

  • Le pognon et les « djeuns » en 2009

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    1711414622_small.jpgEntendu ce matin devant une boulangerie en attendant le bus à Bernay...

    Quatre jeunes sont devant l'entrée, ils comptent leurs pièces jaunes.

    Jeune gars « tectonik » (djin slim, coupe en balai-brosse) :

    -On a pas assez, un pain au chocolat, ça coûte 1 euro et on a que 95 centimes !

    Jeune mi « gothique » (il a un pentacle de sorcier au cou), mi « tectonik », il a un louque bon marché mais soigné dans le genre, avec toile d'araignée au « bic » sur la main droite :

    -On a qu'à attendre Sylvain, tiens je le bippe...

    Il prend son téléphone l'air inspiré de celui qui a des relations qui comptent mais personne ne décroche :

    -Ah, merde, il est pas là.

    Quand soudain, roulements de tambour, sonneries célestes, Sylvain le sauveur arrive, grand type costaud, cheveux coupe « marine » en parka fourrée, sac au dos « de marque » :

    (Il ne s'arrête pas devant la piétaille, il entre dans le magasin, quelques instants passent, il ressort)

    -J'ai acheté que deux pains au chocolat pour vous, moi y faut que je garde deux euros pour acheter le Cid pour la prof de français, c'est cher putain ! (un livre est toujours trop cher aux yeux du djeun en 2009 pour qui c'est une dépense inutile)

    Les autres jeunes cons acquiescent ; Sylvain sort de sa poche le dernier modèle de téléphone « ail-fone » :

    -Ma mère elle m'a pris le « teutche ène rolle 398 » avec le forfait Orange à 50 euros mais on peut même pas tchatter sur Internet (le djeun adore bavarder sur Internet plutôt qu'en vis-à-vis où il ne saura pas trop quoi dire).

    Respectueusement, on regarde l'appareil, Sylvain, grand seigneur, accepte de le passer de main en main sauf un :

    -Non, pas toi, Johan, tu viens de toucher les pains au chocolat.

    Il croit bon de rajouter, touchant sa parka avec un semblant de volupté :

    -Ma mère elle m'a acheté la parka de marque (la marque fait la dignité du djeuns) comme ça samedi, pour que je soye élégant pour la Saint Valentin (fête que les djeuns trouvent très bien en 2009). Ma copine elle était trop contente, avant elle trouvait que je faisais trop « keuss » (se dit en langage djeun de quelqu'un de maigre ou de pauvre, voire qui fait pauvre ce qui est presque la même chose).

    Les autres se taisent, remplis de révérence, l'air stupide des gars contents d'avoir un copain et costaud et plein aux as, Sylvain continue sa péroraison (à parler quoi, les djeuns qui me lisent) :

    -Et en plus, ma mère nous a inscrit à « 12 coeurs » (émission de téléréalité trash de NRJ12 basée sur le déshabillage et physique et intellectuel de 6 couples de djeuns décérébrés).

    Pendant que Sylvain savourait son moment de gloire, mon bus arrivait, et je les laissais là à leurs discours...

     

  • Les jeunes sont-ils incultes ?

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    inculte.jpgBien sûr, et de plus en plus, ceci pour répondre rapidement à la question, mais attention, jeune, toi qui me lis du CDI de ton collège ou de ton lycée en faisant semblant de faire des recherches sous "Gougueule", ce n'est pas un texte anti-jeunes qui suit, je te rassure, il y en a autant pour les adultes. Certes, depuis que l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans, les jeunes n'ont jamais vraiment goûté le savoir, mais ils avaient au moins des bases par leur famille ou par des institutions comme le cours complémentaire en campagne : un doigt de Victor Hugo, un peu de Jules Verne, et un ou deux poèmes en langue étrangère, la "Lorelei" de Heine ou des vers de Shakespeare, sans parler de la capacité à rédiger des lettres dans un français impeccable.

     

    Maintenant, je pense que le but principal du programme est surtout de leur permettre de déchiffrer la notice d'utilisation du dernier portable vanté par la pub ou un tract de l'UMP. C'est amusant que ce soit d'anciens gauchistes qui entretiennent cela en affirmant dans les cours de linguistique universitaire que l'ortaugraffe est une chose relative et subjective, voire oppressive, d'accord mais ensuite on fait comment pour se comprendre ? De toutes façons, ce qui vient avant eux ne compte pas :

    "J'étais pas né, je m'en fous".

     

    Ils vivent dans le présent perpétuel, comme la plupart des critiques de cinéma dont la cinéphilie commence aux années 80 ou comme ces "critiques" littéraires qui favorisent les écrivains "pipôle" au dépens d'auteurs plus exigeants, ils ne connaissent des sentiments qu'une vague mièvrerie, le genre de sensiblerie à la con d'une pub pour charcuterie industrielle sous cellophane, ou l'émotion cadrée de la téléréalité, et l'"éclatage" continuel. Ce qui fait réfléchir c'est pour les vieux. On ne va quand même pas s'ennuyer à regarder des films en noir et blanc, il faut dire que la pensée et la mémoire, comme les rêves, sont en noir et blanc. Et les adultes de leur emboîter le pas.

     

    Comme me l'a dit un jour un parent d'élève : "ma fille elle a tout ce qu'il faut pour se cultiver, on lui a mis la télé par câble dans sa chambre". Effectivement. Comme je lui conseillais aussi d'acheter de temps à autre un ou deux livres, ces machins avec des pages en papier, elle m'a regardé avec des yeux ronds l'air de dire : "quoi çà se fait encore ces machins là ?". Elle a donc cru utile de rajouter que non "passque chez eux on est modernes".

    en photo une jeune inculte obèse fan, vraisemblablement, de "Tokyo Hotel", et souscrivant aux modes parmi les plus ridicules.

    Par là des perles de culture dans des copies de BTS (je voulais en citer une ou deux mais elles sont toutes amusantes)

  • Le keffieh, accessoire de mode ou la mode c'est vraiment très con (bis)

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    668636984.jpgLe keffieh, ou اسقوفية , est de plus en plus porté en Europe comme un accessoire de mode par de jeunes écervelés/és (voir figure 1, une danseuse de tecktonik en djine "slim"et figure 2, une clubbeuse) qui n'ont pas la moindre idée de sa signification alors qu'au départ, il en a deux très fortes : celle de la cause palestinienne pour l'époque moderne, c'est Yasser Arafat qui l'a adopté en 1962, alors que c'était le voile des paysans. Mais c'est aussi le symbole des quatre tribus de l'Islam (raison pour laquelle le keffieh a quatre couleurs) à l'assaut du reste du monde. Maintenant, les 832759713.jpgpalestiniens connaissent les opinions d'un porteur de keffieh à la couleur de son voile : laïc, noir, religieux, rouge, les deux autres couleurs se rencontrant surtout en Asie, vert et violet. Le keffieh c'est un peu comme la tête de Che Guevara multipliée à l'envie sur des mugs, des casquettes et des Ticheurtes que d'autres écervelées portent sans connaître quoi que ce soit de la vie du révolutionnaire, ou comme le visage de Mao sérigraphié par Andy Warhol. C'est surtout plutôt un signe de haine à la base, ce voile, que d'ailleurs, peu de palestiniens portent quotidiennement comme j'ai pu le constater là-bas, ou alors quelques touristes, les membres d'ONG privilégiant le "chèche" et le louque "fier nomade du désert". La mode ne peut pas tout détourner, tout banaliser, tout affadir.